Les chauvesouris

Publié le 6 janvier 2021 | Temps de lecture : 2 minutes
Sérotine boréale (Eptesicus nilssonii)

Les chauvesouris sont les seuls mammifères capables de voler (et non seulement planer comme le peuvent certains écureuils).

Elles comptent pour 1 400 des 5 000 espèces de mammifères. Ce qui en fait le groupe le plus varié après les rongeurs.

Comme on peut le voir sur la photo ci-dessus, l’aile part de l’épaule à la queue. Attachée au talon, elle s’étire grâce à quatre des cinq doigts de l’animal. Le pouce fait exception; libre et de petite taille, il sert de crochet.

Si les chauvesouris ne sont actives que le soir ou la nuit, c’est que leur vol — d’une grande vivacité — provoque une très forte dépense énergétique.

Leur corps étant poilu, seules leurs ailes peuvent dissiper efficacement cette chaleur. Mais le jour, la peau sombre des ailes absorbe la chaleur du soleil. Ce qui les met à risque d’hyperthermie.

Voilà pourquoi ce sont des animaux nocturnes.

Et pour réussir à se nourrir dans le noir, ils ont développé un moyen unique de ‘voir’ la nuit: en émettant des ultrasons et en captant — à l’aide de leurs longues oreilles — ceux qui rebondissent de leurs proies.

Selon une étude réalisée en 1998 par l’université de Floride, une chauvesouris peut consommer 850 insectes volants durant ses quatre heures d’activité nocturne. Qu’ils dépècent prestement de leurs petites dents acérées.

Afin de vous présenter ces petites bêtes mal aimées, en voici quelques-unes qui font partie de la collection du musée d’Histoire naturelle d’Helsinki.

Sérotine commune (Eptesicus serotinus)
Vespertilion de Brandt (Myotis brandtii)
Sérotine bicolore (Vespertilio murinus)
Oreillard roux (Plecotus auritus)
Pipistrelle de Nathusius (Pipistrellus nathusii)
Murin de Daubenton (Myotis daubentonii)

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re, 3e et 5e photos) et M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 32 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 32 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 32 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 250 — 25 mm

Référence : Chiroptera

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le fiasco prévisible de la vaccination québécoise contre le Covid-19

Publié le 4 janvier 2021 | Temps de lecture : 4 minutes

Sous le régime d’austérité du gouvernement libéral de Philippe Couillard, notre système de santé a souffert d’importantes restrictions budgétaires.

Ces coupures ont affecté la Santé publique du Québec; son budget d’exploitation de 72 millions$ a été amputé de 23,7 millions$. Essentiellement, ce que la Santé publique a perdu, c’est une partie de son expertise.

Et cela parait.

Avant même le déclenchement de la pandémie actuelle, elle n’avait déjà plus l’envergure nécessaire pour faire face à une telle catastrophe. C’est alors que le Covid-19 est arrivé.

Depuis des mois, nous assistons au fiasco de la lutte québécoise contre cette pandémie.

Mais nous en sommes aujourd’hui à l’étape de la vaccination. Et cette étape est l’occasion unique pour la Santé publique de se reprendre. Puisque la vaccination, c’est sa spécialité.

Chaque année depuis longtemps, la Santé publique orchestre la vaccination contre la grippe saisonnière. Elle sait le nombre de vaccins à acheter. Où les obtenir. À quel prix les payer. Les endroits où les acheminer. Etc.

Bref, tout cela roule habituellement sur des roulettes. Or vacciner contre le Covid-19 ou contre le virus de la grippe, c’est pareil.

La seule différence, c’est qu’on doit vacciner presque toute la population. Ce qui est plus que d’habitude, mais pas la mer à boire.

La vaccination en est à ses débuts. Comme toute opération d’envergure, il est normal d’observer du cafouillage aux premiers jours. Par la suite, tout devrait rentrer dans l’ordre.

Toutefois, il y a un problème majeur; l’objectif de la Santé publique est de vacciner (avec deux doses) 650 000 personnes d’ici le 1er avril 2021.

Cela veut dire que si tout va bien — en d’autres mots, si on manque ni de vaccins ni de personnel pour l’administrer — seulement 7,6 % des Québécois auront été vaccinés dans trois mois. À ce rythme, il faudra plus de deux ans pour vacciner 70 % de la population et atteindre ainsi l’immunité grégaire.

Malheureusement, on ne peut pas accélérer ce rythme. Pourquoi ?

Parce que faire pénétrer une seringue dans le bras de quelqu’un d’autre est un acte médical. Ce qui n’a été délégué qu’à d’autres professionnels de la Santé.

Dans le cas des infirmières, on ne peut pas les déplacer massivement à faire de la vaccination quand les hôpitaux débordent.

Quant aux pharmaciens, ils ont déjà d’autres tâches professionnelles à accomplir. Ils ne peuvent pas vacciner du matin jusqu’au soir.

Il aurait été souhaitable que la direction de la Santé publique réclame un règlement de délégation d’acte autorisant de simples techniciens, formés adéquatement, à procéder à cette campagne de vaccination généralisée.

Mais on n’a pas jugé bon exiger un tel règlement.

Au moment où ces lignes sont écrites, on ne sait pas la durée de la protection offerte par les vaccins contre le Covid-19. Les experts américains estiment que cette protection pourrait durer huit mois.

Ce qui veut dire que toute campagne de vaccination qui prend plus de temps que la durée de cette protection est perpétuellement à recommencer.

À l’issue de la protection offerte, si on doit attendre la fin de la première campagne de vaccination (des mois plus tard) avant d’être vacciné de nouveau, que fait-on d’ici là ? C’est quoi le plan ? A-t-on même un plan ?

Face aux critiques, la Santé publique peut bien adopter une cible de vaccination plus ambitieuse : mais s’est-elle donné les moyens de l’atteindre ?

Ce qui est certain, c’est qu’au rythme actuel, la campagne de vaccination au Québec est vouée à l’échec.

Références :
Covid-19 : évolution en neuf mois
COVID-19 : le gouvernement atteindra-t-il sa cible de vaccination?

Parus depuis :
Single Covid vaccine dose in Israel ‘less effective than we thought’ (2021-01-19)
Québec cherche 6,4 millions de seringues (2021-01-27)
La Santé publique « sous-financée » pendant plus de 15 ans au Québec (2021-04-29)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : évolution en neuf mois

Publié le 1 janvier 2021 | Temps de lecture : 2 minutes

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.


Tableau comparatif des pays les plus atteints au premier jour de chaque mois, en nombre de morts par million d’habitants

Pays Avr. Mai Juin Juil. Aout Sep. Oct. Nov. Déc. Jan.
Belgique 73 676 834 842 849 853 863 1002 1434 1681
Slovénie 2 46 54 56 60 67 76 175 717 1312
Bosnie-Herzég. 1 21 47 57 100 189 263 381 833 1249
Italie 206 467 554 575 581 587 594 642 933 1235
Macédoine du N. 6 41 70 147 237 290 357 482 860 1205
Pérou 2 33 149 299 588 880 983 1042 1087 1136
Bulgarie 1 10 20 34 56 93 121 187 583 1099
Rép. Tchèque 4 22 30 33 36 40 63 312 783 1093
Royaume-Uni 35 414 593 647 680 611 621 687 868 1089
Espagne 194 532 581 607 608 623 684 767 973 1087
États-Unis 12 199 330 395 477 570 642 713 831 1074
Hongrie 2 33 55 61 62 64 81 188 516 1002
France 53 367 432 457 464 470 490 567 819 991
Mexique 0 37 81 215 362 499 601 709 818 971
Croatie 1 18 25 26 35 46 69 137 455 968
Québec 4 238 549 651 669 679 689 734 834 958
Argentine 1 5 12 35 79 193 448 687 854 954
Arménie 1 11 46 153 253 297 325 460 739 953
Panama 7 44 80 149 335 463 551 624 709 935
Brésil 1 29 149 286 440 576 680 751 815 916
Suisse 54 205 224 227 229 232 239 268 568 882
Chili 1 14 66 301 498 591 669 743 804 868
Suède 24 262 442 532 568 575 583 587 671 861
Colombie 0 6 19 68 203 393 513 617 723 850
Roumanie 5 39 66 87 124 192 253 368 601 826
Équateur 6 52 210 259 325 372 646 715 760 790
Bolivie 1 5 27 96 255 430 680 744 763 780
Pologne 1 17 28 39 46 54 67 153 465 766
Moldavie 1 31 76 136 195 250 331 447 576 746
Autriche 16 65 74 78 80 82 89 126 368 693
Portugal 18 98 140 155 170 179 194 250 449 685
Pays-Bas 68 285 347 357 359 363 374 434 550 672
Iran 37 75 98 130 202 257 313 418 576 655
Géorgie 0 2 3 4 4 5 10 84 327 634
Lithuanie 3 17 26 29 30 32 34 61 192 588
Afrique du Sud 0 2 12 46 137 240 283 326 363 484
Grèce 5 14 18 19 20 27 39 63 242 469
Irlande 15 262 343 352 357 359 365 386 417 453
Ukraine 1 6 16 27 39 60 96 167 288 428
Costa Rica 0 1 2 3 30 87 180 271 339 427
Slovaquie 0 4 5 5 5 6 9 40 158 412
Albanie 5 11 11 22 56 100 135 180 286 411
Allemagne 10 81 105 108 110 112 114 126 207 410
Tunisie 1 4 4 5 5 7 27 114 275 398
Russie 0 8 33 65 96 119 143 193 277 394
Jordanie 1 1 1 1 1 2 7 87 273 376
Serbie 3 21 28 33 67 82 86 95 189 373
Israel 3 24 31 35 57 104 176 278 313 365
Lettonie 0 8 13 16 17 18 19 39 111 343
Irak 1 2 5 51 119 176 228 271 303 315
Honduras 1 8 21 50 135 189 237 268 293 315
Paraguay 0 1 2 3 7 48 121 196 245 315
Oman 0 2 10 36 88 135 182 242 277 290
Palestine 0 0 1 2 16 31 61 94 144 275
Guatemala 0 1 6 43 109 155 181 207 231 267
Azerbaïdjan 0 1 3 22 45 54 59 74 143 262
RoC* 3 51 94 106 113 117 120 135 175 256
               
Japon 0,4 3,6 7,1 7,7 8,0 10,0 12,4 14,0 16,9 27,4
Hong Kong 0,5 0,5 0,5 0,9 4,5 12,0 14,0 14,0 14,5 19,7
Corée du Sud 3,2 4,8 5,3 5,5 5,8 6,4 8,1 9,1 10,2 17,9
Singapour 0,5 2,7 4,1 4,4 4,5 4,5 4,6 4,7 4,9 4,9
Chine 2,4 3,4 3,4 3,2 3,3 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2
Vietnam 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4
Taïwan 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.

Cet été, l’épicentre de la pandémie était en Amérique latine, notamment au Pérou, au Chili, au Brésil, au Mexique, en Bolivie, au Panama et en Colombie.

Après avoir atteint dernièrement l’Europe Centrale et l’Europe de l’Est, la pandémie a frappé depuis un mois les Balkans et les républiques baltes (où la pandémie avait fait relativement peu de victimes jusque-là).

En décembre, les augmentations les plus importantes ont été rapportées en Slovénie, en Croatie, en Bulgarie, en Hongrie, en Bosnie-Herzégovine, en Lituanie, et en Macédoine du Nord.

Références :
Covid-19 : le nombre de cas en temps réel
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Données COVID-19 au Québec

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La galaxie Caldwell 45

Publié le 31 décembre 2020 | Temps de lecture : 1 minute
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Pour célébrer le 30e anniversaire de son télescope Hubble, la NASA a rendu publiques ce mois-ci les photos de trente galaxies, nébuleuses et objets célestes éloignés.

Ces photos ont été prises par Sir Patrick Caldwell-Moore, un vulgarisateur scientifique et astronome amateur britannique.

Parmi elles, voici cette photo spectaculaire de la galaxie Caldwell 45.

Découverte en 1784 par William Herschel, cette galaxie est située à 59 millions d’années-lumière, plus précisément dans la constellation de Boötes (soit à l’ouest de la constellation du Lion et au nord de la constellation de la Vierge).

C’est dans ses nuages rouges que naissent des étoiles.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les canards en riziculture biologique

Publié le 30 décembre 2020 | Temps de lecture : 2 minutes
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Afin d’assurer la santé de leurs champs, certains riziculteurs comptent sur des milliers d’ouvriers qui, du matin au soir, travaillent bénévolement pour eux.

Depuis des siècles, les canards sont utilisés pour débarrasser les rizières des mauvaises herbes, des escargots et des autres ravageurs.

Jeunes, ils suivent spontanément les sillons à la recherche de petits escargots et d’insectes. En piétinant le lit de la rizière, ils contribuent à y oxygéner l’eau. Et en troublant l’eau, cela bloque partiellement la lumière nécessaire à la croissance des mauvaises herbes.

Et c’est sans compter sur le fait que leurs fientes engraissent le sol.

Adultes, ils sont encore plus efficaces contre les mauvaises herbes. Ils les broutent sélectivement puisque les plans de riz contiennent trop de cellulose. Or les oiseaux, contrairement aux ruminants, n’ont pas de dents.

S’il leur arrive de piétiner des plants de riz, ces derniers se redressent dans les heures qui suivent.

Bien nourrie, une cane adulte pond un œuf par jour. Si bien que la vente d’œufs et de viande de canard (engraissés gratuitement), de même que l’économie de produits chimiques, compensent en bonne partie la baisse de productivité (environ -20 %) de la riziculture bio.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le 250e anniversaire de l’Opéra Royal de Versailles

Publié le 28 décembre 2020 | Temps de lecture : 6 minutes

Introduction

Vingt-trois mois après le début des travaux, l’Opéra Royal fut inauguré au château de Versailles le 16 mai 1770.

Conçu par Ange-Jacques Gabriel (1698-1782) — premier architecte du roi depuis 1742 — c’était alors la plus grande salle de spectacle d’Europe; elle pouvait accueillir près de 1 500 personnes et, dans sa fosse d’orchestre, quatre-vingts musiciens.

À l’époque, les scènes étaient éclairées à la bougie. Puisque la salle était entièrement en bois, on construisit l’opéra à l’extrémité de l’aile nord du palais, immédiatement après le grand réservoir qui alimentait les fontaines.

Ce qui constituait le choix le plus sécuritaire en cas d’incendie.

Le 16 mai était un grand jour. Le dauphin de France, âgé de seize ans, épousait Marie-Antoinette d’Autriche, un an plus jeune que lui.

La jeune princesse était l’avant-dernière enfant de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche.

C’est dans la salle d’opéra réaménagée que fut donné le festin de noce des époux.

Le contexte politique

En 1756, la Prusse, longtemps alliée de la France contre l’Autriche, s’était retournée contre la première en concluant un traité avec l’Angleterre, rompant ainsi un équilibre diplomatique destiné à assurer la paix en Europe.

En réaction, la France s’était rapprochée de l’Autriche, ennemie de longue date, et avait proposé de concrétiser ce rapprochement par l’union dynastique des deux plus prestigieuses lignées royales d’Europe.

La seule exigence de Louis XV était que la jeune princesse autrichienne apprenne correctement le français. Ce qu’elle fit.

Nef de l’église des Augustins, à Vienne

Un premier mariage eut lieu par procuration (c’est-à-dire en l’absence du marié) le 19 avril 1770 à l’église des Augustins. Celle-ci est la plus grande des deux églises situées dans le palais impérial de Vienne.

Le 21 avril, accompagnée d’un cortège d’une quarantaine de carrosses, Marie-Antoinette entreprit le voyage inconfortable de 1 258 km qui relie Vienne à Versailles. Le périple dura vingt jours.

Au moment de traverser en sol français, on lui présenta ses nouvelles dames d’honneur et les robes à la française qu’elle devait revêtir dans une jolie cabane de bois construite pour l’occasion et qui la protégeait de la pluie battante.

Le plus difficile fut de se séparer de son petit chien, un carlin (appelé ‘pug’ au Québec) qu’elle possédait depuis son enfance.

Vers la fin de son périple, le roi, le dauphin et la cour allèrent à sa rencontre dans la forêt de Compiègne, au nord-est de Paris.

Voute de la Chapelle Royale

Le lendemain, le mariage officiel fut célébré à la Chapelle Royale. Les cinq-mille invités étaient disposés le long de leur parcours dans le château. Quelques centaines de privilégiés trouvèrent place dans la chapelle.

Scène de l’Opéra Royal

Le repas du soir eut lieu dans le nouvel opéra dont le parterre avait été haussé au niveau de la scène afin d’accueillir le maximum de convives.

Peu après minuit, les mariés se rendirent à leur chambre nuptiale. Le coucher des époux se fit devant public. Puis les jeunes mariés furent laissés à eux-mêmes.

Les cérémonies se poursuivirent durant plusieurs jours. Dans la salle de l’opéra, réaménagé comme il se doit, on présenta un opéra (Persée de Lully), trois pièces de théâtre, de même qu’un bal.

Le tout se termina le 30 mai par un feu d’artifice sur la place qui, de nos jours, est appelée Place de la Concorde (où le couple royal sera guillotiné vingt-quatre ans plus tard).

Visite de l’opéra

Intérieur de l’Opéra Royal

Le parterre y est en gradins, descendant du premier niveau jusqu’à l’orchestre. Tout autour, les trois niveaux, en retrait les uns par rapport aux autres, sont des loges à la française (sans cloisons hautes qui les séparent). Au troisième niveau, les loges sont plus profondes et le bord des loges est décoré d’une colonnade.

Colonne en faux marbre

Le décor sculpté fut réalisé par Augustin Pajou (1730-1809).

Parce qu’ils ne sont pas faits de matériaux nobles, ses éléments décoratifs n’ont pas été prélevés pour être vendus aux enchères à la Révolution. Le lieu est donc à peu près intact, tel qu’on pouvait le voir sous Louis XV.
 



 
Le plafond de cette salle fut peint en 1769-1770 par Louis-Jean-Jacques Durameau (1733-96). L’œuvre s’intitule Apollon distribuant des couronnes aux Muses.
 


 
Au fond de la salle, au deuxième niveau, se trouvent trois petites loges fermées dont l’ouverture est décorée d’arabesques dorées.

Celle du milieu était fermée par un treillis en métal lorsque le roi était absent ou lorsqu’il voulait assister à un spectacle sans être remarqué.

On y accédait en traversant l’une ou l’autre des loges où étaient stationnés les soldats chargés de protéger le roi.

Amours de Durameau

Au dernier niveau, le plafond à caissons est décoré de scènes évoquant les amours des dieux, peintes par Louis-Jacques Durameau.

Détails techniques des photos : Appareils Panasonic GH1 (1re photo) et Olympus OM-D e-m5 (les autres photos), hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (4e et 5e photos), objectifs M.Zuiko 7-14 mm F2,8 (2e et 3e photos), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos).
  1re photo : 1/13 sec. — F/3,5 — ISO 400 — 14 mm
  2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 7 mm
  3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 8 mm
  4e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 640 — 8 mm
  5e  photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
  6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 32 mm
  7e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 40 mm
  8e  photo : 1/25 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 12 mm
  9e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 14 mm
10e  photo : 1/50 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 16 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le multiculturalisme ou le tribalisme des sociétés anglo-saxonnes

Publié le 27 décembre 2020 | Temps de lecture : 9 minutes

Introduction

Dans son édition de février 2015, le bimestriel La Revue publiait une entrevue accordée par le poète syrien Ali-Ahmad Saïd-Esber.

À la question : « Que reprochez-vous aux (sociétés) arabes ?», celui-ci répondait :

D’abord une culture fondée sur une conception du pouvoir liée à l’argent et à la tribu (…).

Les Arabes n’ont pas réussi à créer un seul État de citoyenneté. Seulement des régimes basés sur des alliances tribales où la valeur de l’individu ne se définit pas par ses qualités intrinsèques mais par sa couleur ethnique et religieuse, et par sa relation avec le zaïm [NDLR – mot qui signifie chef charismatique ou leader politique].

La logique intérieure de la vie arabe est une logique fondée sur l’appartenance. C’est un monde habité par une peste sociologique et ethnique.

À la manière des sociétés arabes vues par le poète syrien, il suffit de syntoniser la télévision américaine pour être frappé par l’importance accordée aux divers groupes ethniques qui composent ce pays.

L’intégration facultative

En vertu du multiculturalisme, le nouvel arrivant au pays peut s’adapter à la société d’accueil, mais n’en a aucune obligation. Au contraire, la suprématie des droits individuels, prescrite par la Canadian Constitution de 1982, exige l’obligation de la société d’accueil de s’ajuster à lui par le biais d’accommodements, aussi couteux soient-ils.

La population du pays, qualifié de ‘post-national’, devient alors un ensemble de citoyens atomisés vivant sur un même territoire. Des citoyens qui, chacun à sa manière, se forgent une identité selon leurs affinités (ethniques, notamment).

L’importance ethnique

Au Québec et en France, dès qu’un nouveau chef de gouvernement annonce la composition de son Conseil des ministres, on y évalue la compétence des titulaires et la place faite aux femmes.

Le reste (l’ethnie, la religion, voire l’orientation sexuelle) est jugé secondaire.

Aux États-Unis, la place des femmes est également prise en considération. Mais ce qui retient surtout l’attention, c’est la nomination de ministres issus de divers groupes ethniques; première femme Autochtone à occuper tel poste, premier Latino-Américain ou premier ‘Noir’ à occuper tel autre poste, et ainsi de suite.

Avec ses 328 millions d’habitants, les États-Unis sont suffisamment populeux pour qu’on puisse y trouver des gens compétents au sein de n’importe quel groupe ethnique.

Mais l’accent porté à l’ethnie contribue à enraciner son importance en tant que facteur identitaire. C’est ainsi que les études ont démontré que les entrepreneurs américains issus de divers groupes ethniques privilégient les liens d’affaires avec leurs semblables.

L’importance de la pigmentation de la peau

Chez nos voisins du Sud, on distinguait autrefois les ‘Noirs’ et les ‘Blancs’ : depuis l’abolition officielle de la discrimination raciale, les unions interethniques ont fait en sorte qu’on parle de plus en plus des ‘Black and Brown people’ (des gens Noirs ou Bruns).

En vertu de la même logique, on peut anticiper qu’il sera bientôt question des ‘Black, Brown and Beige people’. Et finalement, des ‘Black, Brown, Beige and Off-White people’. Parce qu’on réalise très vite qu’aux États-Unis, on perd le statut de ‘Blanc’ dès qu’on n’est pas ‘pure-race’.

Quand la ‘race’ sert de paravent à la pauvreté

Au sujet du Covid-19, la télévision américaine rapporte parfois les taux de mortalité selon la race; chez les ‘Blancs’, les ‘Noirs’ et les Latino-Américains. Mais jamais ou presque selon le revenu familial.

Or il n’existe aucune preuve que les ‘Noirs’ et les Latino-Américains souffrent d’une vulnérabilité intrinsèque (c’est-à-dire génétique) au virus.

S’ils sont plus atteints, c’est en raison de leur condition sociale; appartements surpeuplés, promiscuité intergénérationnelle, de même que l’éloignement des cliniques où ils pourraient être diagnostiqués précocement, des pharmacies où ils pourraient se faire vacciner, et des épiceries offrant des aliments frais (d’où l’obésité et le diabète prédisposant à la pandémie).

Dans ce pays dominé par la droite ou l’extrême droite, on juge préférable de ne pas parler de l’influence de la pauvreté sur les taux de mortalité au Covid-19. Car cela alimenterait le discours de ceux qui réclament plus de justice sociale.

En mettant l’accent sur l’effet de la ‘race’, cela fait qu’on n’y peut rien; si les ‘Noirs’ et les Latino-Américains sont plus atteints, c’est parce que Dieu les a faits ainsi…

L’assimilation idéologique du Québec

Comme une ile entourée par un océan d’Anglophones, le Québec est à la frontière de ce tribalisme auquel nous sommes exposés par le biais de l’énorme influence culturelle et politique de nos voisins.

L’appropriation culturelle

On se rappellera de la controverse au sujet des pièces SLĀV et Kanata, accusées d’appropriation culturelle.

Appliqué aux arts de la scène, ce concept consiste à interdire aux créateurs québécois d’aborder des sujets sensibles — le KKK, l’esclavagisme noir américain, les réserves indiennes, les pensionnats autochtones — qui correspondent aux squelettes que le colonialisme anglo-saxon cache dans ses placards.

Colliger des données selon la ‘race’

En juin dernier, le Nouveau Parti démocratique (NPD) réclamait que le gouvernement fédéral punisse le Québec en raison de son refus de compiler des données au sujet du Covid-19 en fonction des ‘races’ et des origines ethniques.

Lorsque l’Institut national de Santé publique lance une campagne de sensibilisation dans l’arrondissement de Montréal-Nord, il ne le fait pas parce qu’on y trouve des ‘Noirs’, mais parce que le nombre de cas y est plus élevé qu’ailleurs.

Et les masques qu’on y distribue gratuitement ne sont pas donnés exclusivement aux minorités ‘visibles’, mais à tous puisque la contagion affecte tous les pauvres du quartier, peu importe la pigmentation de leur peau.

Concrètement, ce que demandait le NPD, c’est qu’en remplissant des questionnaires à ce sujet, on estime à quelle ‘race’ appartient la personne qu’on évalue. Ce qui contribue à entretenir ce concept fallacieux.

En effet, le racisme ne consiste pas à observer une différence de pigmentation de la peau, mais à y attacher une importance particulière.

L’exemple de McGill

Dans une lettre publiée récemment dans le quotidien Le Devoir, le professeur Martin Drapeau de l’université McGill écrit :

…voici que cette année, nos programmes comptent introduire une nouvelle échelle (…) pour favoriser l’admission d’étudiants issus de groupes dits minoritaires et adhérant à une définition de la « justice sociale » selon laquelle toute minorité est de facto opprimée.

Ce dont il s’agit, ce n’est pas d’une politique de discrimination positive en faveur de groupes ethniques victimes jusqu’ici de discrimination à l’admission, mais d’une politique favorisant le multiculturalisme, perçu comme un idéal en soi au sein de la communauté universitaire.

En réalité, qu’elle soit positive ou non, la discrimination a toujours fait partie de l’ADN de McGill.

Au cours de la première moitié du XXe siècle, dans chaque faculté, l’admission des étudiants de ‘race juive’ (comme on disait à l’époque) était contingenté; la majorité des étudiants y devait être de ‘race britannique’.

Hier comme aujourd’hui, la discrimination ethnique à McGill découle du même tribalisme qui, selon l’époque, donne des résultats différents, voire opposés.

Conclusion

Les États-Unis et le Canada sont nés de l’épuration ethnique des Autochtones par des colons européens.

De manière générale, l’appartenance ethnique est la fondation sur laquelle sont édifiées les sociétés anglo-saxonnes; ce sont des sociétés inégalitaires au sein desquelles chacun doit demeurer à sa place.

Lorsqu’un ‘Noir’ accède à la présidence américaine, il provoque immédiatement l’explosion du nombre de milices d’extrême droite partout à travers le pays. Des milices qui se donnent la mission de rétablir la suprématie violente de la ‘race blanche’.

Ce tribalisme est omniprésent. Dans ce pays, même l’antiracisme perpétue involontairement l’importance démesurée attachée à la pigmentation de la peau.

Strictement parlant, ce n’est pas la faute des peuples anglo-saxons; ceux-ci sont nés dans ce tribalisme qui les accompagne toute leur vie. Au point qu’ils ne le voient plus.

Lorsqu’on examine l’évolution du Québec depuis le dernier référendum, on constate que pour l’élite anglophone du Canada, il ne suffit pas que le Québec renonce à faire son indépendance politique; il lui faut ensuite abandonner ses valeurs républicaines (dont sa conception de la laïcité) et adopter l’idéologie raciste de nos colonisateurs.

De manière à ce que l’idée même de société distincte soit vide de sens, parallèlement à la bilinguisation de Montréal, étape intermédiaire vers l’extinction irréversible du peuple francoQuébécois.

Défendre ce que nous sommes, ce n’est pas seulement défendre le français. C’est défendre les idéaux de la Civilisation occidentale à laquelle nous appartenons contre le tribalisme barbare qui nous entoure.

Références :
Adonis (poète)
Appropriation culturelle et racisme anglo-saxon
Diversité ou discrimination? le cas universel de McGill
Le néo-racisme multiculturel du NPD
L’invention des races humaines

Parus depuis :
Des organisations « pas suffisamment noires » écartées d’un programme fédéral (2021-01-16)
L’obsession américaine de la ‘race’ (2021-10-15)
Majority of Latinos Say Skin Color Impacts Opportunity in America and Shapes Daily Life (2021-11-04)
Britain ‘not close to being a racially just society’, finds two-year research project (2023-04-09)
Association musulmane du Canada : des liens « troublants » avec un réseau de soutient du Hamas (2023-11-13)
Chute de Kaboul : le ministre Sajjan dément avoir priorisé l’évacuation de sikhs (2024-06-27)

Compléments de lecture :
La convergence culturelle : communion et symbiose
Le charabia woke de l’interculturalisme

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’accord post-Brexit ou la fabrication du consentement politique

Publié le 26 décembre 2020 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

Dans notre série au sujet de la fabrication du consentement politique, nous avions choisi trois exemples : le cas de la Chine après l’accession au pouvoir du Parti communiste, le cas des États-Unis à la veille de la guerre en Irak et, à l’opposé, le contrexemple du Brexit.

Il existe également des situations où le libre consentement d’un peuple est construit de l’Étranger et sert à lui faire consentir à son assujettissement.

Un exemple récent est celui de l’accord commercial post-Brexit, intervenu ces jours-ci entre Grande Bretagne et l’Union européenne.

Récapitulons.

Un peuple divisé

Après l’éclatement, en 2007, de la bulle spéculative des prêts à haut risque (ou Crise des subprimes), le Royaume-Uni a sévèrement été touché par la Grande Récession qui en a résulté.

Le gouvernement britannique s’est vu contraint d’imposer des mesures d’austérité qui ont provoqué des émeutes durement réprimées en 2011.

Plutôt que de condamner la cupidité des milieux financiers de Londres, certains politiciens conservateurs ont commencé à prétendre que tout cela était la faute de l’Europe; selon eux, l’Union européenne appauvrissait la Grande-Bretagne au profit des pays ‘fainéants’ du sud de l’Europe et des anciennes républiques soviétiques.

En janvier 2013, David Cameron, promet que si son parti déloge les Travaillistes du pouvoir aux élections de 2015, son gouvernement négociera un nouveau traité d’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne, traité qu’il soumettra ensuite à l’approbation du peuple britannique.

À la tête d’un gouvernement majoritaire, le premier ministre entame donc les négociations promises.

Après deux ans de négociation, l’accord intervenu est rejeté de justesse lors d’un référendum en 2017.

Après la démission de David Cameron, la première ministre Theresa May demande une renégociation. Mais l’accord intervenu avec l’Union européenne, modifié légèrement à trois reprises, est rejeté trois fois par le parlement britannique.

Arrive Boris Johnson. Celui-ci réalise d’abord la sortie ‘définitive’ du Royaume-Uni de l’Union européenne à la fin de janvier 2020.

Cette sortie s’accompagne toutefois d’une période de transition de onze mois au cours de laquelle les deux parties se donnent l’occasion de conclure un traité de libre-échange.

Pendant des mois, ces négociations trainèrent en longueur. D’une part en raison du Covid-19 qui contamina les deux équipes de négociateurs. Et aussi en raison des voltefaces et des coups d’éclat de Boris Johnson.

Il y a quelques semaines à peine, les ministres britanniques préparaient l’opinion publique anglaise à la possibilité d’un Brexit à la dure, c’est-à-dire sans accord.

Le gouvernement a les choses bien en main, disait-on. La population ne doit craindre aucune pénurie. Le Brexit ‘complet’ devrait se dérouler en douceur.

Le boomerang

Comme la majorité des pays européens, la Grande-Bretagne est durement frappée par la seconde vague de la pandémie.

Pour expliquer l’aggravation de la crise sanitaire, le gouvernement anglais avait trouvé l’excuse parfaite; c’est à cause de la virulence de la souche.

Sous le climat ingrat des iles britanniques, le Covid-19 s’était transformé en un mutant extrêmement virulent. Il ne serait pas plus mortel, mais beaucoup plus contagieux.

L’explication la plus probable, c’est que ce mutant possède un plus grand nombre de cette protéine qui le décore en surface et qui lui sert à s’agripper aux récepteurs situés à la surface de certaines de nos cellules.

Toutefois, il semble que ce mutant circule déjà à travers le monde depuis quelques mois.

Mais l’Europe n’allait pas rater l’occasion.

Si l’Angleterre est dévastée par un microbe extrêmement dangereux, il est logique de tenter de le contenir en fermant nos frontières et ainsi protéger notre peuple bien-aimé.

Et voilà que la belle excuse du mutant se retourne contre Boris Johnson.

Du jour au lendemain, plus de dix-mille camions ne peuvent plus livrer les biens produits en Grande-Bretagne vers les clients européens. Et le journal télévisé montre aux familles inquiètes ces tablettes vides de produits frais dans les supermarchés britanniques.

On a encore à l’esprit les paroles rassurantes des ministres au sujet du Brexit à la dure. Or ce que le public anglais constate maintenant, c’est à quel point la Grande-Bretagne dépend de l’Europe.

D’où le soupçon qu’un Brexit sans accord serait beaucoup plus grave qu’on le dit, voire que ce serait… Mon Dieu ! Une catastrophe ?

L’anxiété se répand alors dans le pays comme une trainée de poudre. À leur bureau de comté, le téléphone des députés britanniques ne cesse de sonner.

Pour faire cesser immédiatement le blocus économique contre son pays, Boris Johnson n’a pas eu d’autre choix que d’accepter tout de suite ce que l’Europe lui offrait.

Échec et mat.

Références :
Brexit
Bust-ups and brinkmanship: inside story of how the Brexit deal was done
Emeutes britanniques : le gouvernement réunit les responsables des réseaux sociaux
La fabrication du consentement politique : un exemple américain
La fabrication du consentement politique : un exemple chinois
Le Brexit ou l’absence de fabrication du consentement politique
Référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Souhaits du temps des Fêtes

Publié le 25 décembre 2020 | Temps de lecture : 0 minutes

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Balthasar, roi mage

Publié le 24 décembre 2020 | Temps de lecture : 4 minutes
Crèche de Kamenesky (1783) au Museu Nacional de Arte Antiga de Lisbonne

C’est après le décès de l’apôtre Matthieu que fut écrit en grec l’évangile qui porte son nom.

Au chapitre deux, dans le récit de la naissance de Jésus de Nazareth, l’évangéliste fait la première mention de ce qu’on appelle aujourd’hui ‘les rois mages’.

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand.

Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naitre ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui.»
(…)
Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’Enfant.

Quand ils virent l’étoile, ils éprouvèrent une très grande joie.

Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’Enfant avec Marie, sa mère. Et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Le nombre de ces mages n’est pas précisé. Ni leurs noms. Ni leur occupation.

Aucun des trois autres évangiles chrétiens n’en parle.

Dans l’évangile selon saint Matthieu, le mot grec utilisé pour les décrire (μάγοι) se prononce ‘mágos’ — l’accent tonique est sur le ‘a’ — et signifie ‘magicien’.

En raison des présents luxueux qu’ils apportèrent, on leur prêta une origine royale au IIIe siècle. Peu de temps après, le théologien Origène (un des pères de l’Église chrétienne) déduisit leur nombre à partir du nombre de leurs présents.

Vers le VIIIe siècle, on les nomma Gaspard, Balthazar et Melchior.

Portail de l’église priorale Notre-Dame-et-Sainte-Croix (milieu du XIIe siècle)

Au VIIIe siècle, un texte attribué à un moine anglais précisa un peu l’aspect des rois mages; Gaspar est imberbe et rose de peau, Balthasar y est décrit comme un barbu au visage sombre, et Melchior est un vieillard barbu aux cheveux blancs.

En somme, les rois mages symbolisaient des trois âges de la vie. En plus de représenter l’Humanité tout entière rendant hommage à l’Enfant Jésus.

Très lentement, cette conception des rois mages se répandit dans toute l’Europe.

L’Adoration des Mages (XVe), de Giovanni Boccati

C’est le cas, par exemple, de cette œuvre du XVe siècle où nous avons atténué les couleurs des personnages secondaires.

Toutefois, dans son Historia Trium Regum, paru en 1375, l’écrivain et frère carmélite Jean de Hildesheim fit de Balthasar un roi éthiopien (donc africain), descendant de la reine de Saba.

Dès lors, Balthasar cesse d’être simplement un adulte à la peau hâlé pour devenir très précisément un ‘Noir’.

Mais il faudra attendre l’âge des grandes découvertes maritimes — alors que des aventuriers européens entrent en contact avec des peuples d’aspect très différent d’eux — pour que des artistes de la Renaissance apprennent comment représenter correctement les Humains à la peau très pigmentée.

L’Adoration des Mages (~1461) d’Andrea Mantegna
Tiré du Livre d’heures de la Vierge selon l’usage romain (France, 1524)

C’est alors que la représentation artistique de Balthasar se fixe définitivement sous les traits d’un Africain.

Références :
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu
L’invention des races humaines
Myrrh mystery: how did Balthasar, one of the three kings, become black?
Rois mages

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Écrit par Jean-Pierre Martel