Le 4 juin dernier, principalement au Jardin botanique

Publié le 28 juillet 2026 | Temps de lecture : 1 minute
Pâturin commun
Trolle ‘Lemon Queen’
Géranium sanguin ‘Elke’
Benoite
Zizia doré

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14
1re photo : 1/320 sec. — F/8,0 — ISO 1250 — 155 mm
2e  photo : 1/2500 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
3e  photo : 1/1600 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
4e  photo : 1/1250 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 160 mm
5e  photo : 1/400 sec. — F/6,3 — ISO 640 — 100 mm

2 commentaires

| Botanique, Fleurs, Nature | Mots-clés : , , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le traité nucléaire américain avec l’Arabie saoudite

Publié le 26 juillet 2026 | Temps de lecture : 8 minutes


 
Introduction

En vertu du Droit international, n’importe quel pays peut se doter d’infrastructures nucléaires civiles en vue, par exemple, de produire de l’électricité ou des isotopes radioactifs à des fins médicales.

Pendant des années, l’administration Biden exigeait que l’Arabie saoudite normalise ses relations avec Israël comme condition préalable à tout transfert technologique à ce sujet.

À l’époque, Washington était même prêt à donner à la dictature saoudienne des garanties de sécurité équivalentes à l’article 5 du Traité de l’Otan si celle-ci devenait alliée d’Israël.

En d’autres mots, l’administration Biden voulait que les États-Unis s’engagent à entrer en guerre contre tout pays qui oserait attaquer l’Arabie saoudite. Comme si celle-ci était membre de l’Otan. À la condition toutefois qu’elle ratifie au préalable les Accords d’Abraham.

Le traité nucléaire signé plus tôt cette semaine par l’administration Trump assure ce transfert technologique à l’Arabie saoudite sans l’obligation de s’entendre avec Israël.

De plus, contrairement à l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien, les inspecteurs chargés de vérifier le respect du traité avec la dictature saoudienne ne seront plus des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique, renommés pour leur rigueur.

Ce seront plutôt de simples inspecteurs américains. Des inspecteurs sans doute aussi vigilants que ceux qui inspectent les avions de Boeing dont les portes et les hublots disparaissent en plein vol…

Dès son annonce, Israël a fait savoir qu’il s’opposait catégoriquement à ce traité.

Obliger Washington à guerroyer

Pour être adopté, il ne suffit pas que ce traité soit signé de part et d’autre par les négociateurs des deux pays; il doit être ratifié par le Sénat américain.

Dès l’annonce de sa signature par l’administration Trump, à l’appel de Benyamin Netanyahou, le lobby juif américain s’est activé dans le but de convaincre le Sénat de refuser sa ratification ou d’adopter un texte qui n’est pas identique à ce qui a été convenu.

Dans un cas comme dans l’autre, cela équivaut à saboter l’entente.

Donald Trump aurait pu demeurer ferme et exiger que le Sénat entérine le traité tel quel. Mais dès la condamnation publique du premier ministre israélien, il a plutôt fait volteface.

Le rétropédalage de Trump

La crainte du gouvernement israélien, c’est que l’Arabie saoudite, dès qu’elle sera capable d’enrichir le minerai d’uranium, poursuive cet enrichissement jusqu’aux concentrations qui sont nécessaires pour fabriquer une bombe nucléaire.

Afin d’apaiser le gouvernement de Benyamin Netanyahou, Donald Trump a rétropédalé dès le lendemain de la signature de ce traité en prétendant faussement que cet accord était conditionnel à ce que l’Arable saoudite devienne signataire des Accords d’Abraham.

Or cela est impossible.

En contrepartie d’investissements américains ou israéliens, les Émirats ont détourné le regard face aux massacres liés à la guerre coloniale qu’Israël livre en Palestine. Mais l’Arabie saoudite ne le peut pas.

Cette dernière n’est pas seulement une pétromonarchie; c’est également une théocratie. En d’autres mots, c’est le ‘Vatican’ de l’Islam sunnite. Non seulement y trouve-t-on plusieurs lieux saints, mais l’université de Médine (située dans ce pays) est le gardien de l’orthodoxie musulmane telle que l’Arabie l’interprète.

Très peu de choses séparent l’Islam sunnite de l’Islam chiite. Si l’Arabie saoudite devait donner l’impression qu’elle consent au génocide des Palestiniens, des dizaines de millions de Musulmans sunnites indignés se convertiront sur-le-champ à l’Islam chiite.

D’autant plus que la théocratie iranienne (gardienne de l’orthodoxie chiite) a obtenu un immense prestige au sein des pays musulmans pour avoir tenu tête à l’armée américaine, au prix d’immenses sacrifices.

D’autre part, il y a deux jours, 4 288 colons israéliens ont pénétré de force dans le complexe de la mosquée Al-Aqsa, située à Jérusalem-Est. Et ce, grâce à la complicité des forces armées du pays. Précisons que cette mosquée est le troisième plus important lieu saint de l’Islam.

À la suite de cette profanation toute récente, on voit mal comment l’Arabie saoudite pourrait normaliser ses relations avec Israël.

Le rétropédalage de Trump signifie que non seulement sa parole ne vaut rien, mais même sa signature ne vaut guère mieux puisqu’il se réserve le droit d’ajouter des clauses à un traité après l’avoir signé.

Le gouvernement Carney devrait avoir cela à l’esprit en renégociant des accords de libre-échange avec lui.

La motivation de Donald Trump

La menace chinoise à l’hégémonie américaine est une des grandes préoccupations de Donald Trump.

La guerre en Iran a démontré aux pays du Golfe que les États-Unis ne sont plus en mesure d’assurer leur protection. Au contraire, la présence de bases militaires américaines sur leur sol agit comme un aimant qui leur attire des ennuis.

D’où l’idée pour eux d’adopter une ambivalence stratégique en vertu de laquelle on est ami avec tout le monde, mais vraiment ami avec personne.

Concrètement, c’est un affranchissement à l’égard de l’hégémonie américaine.

Pour éviter que l’Arabie saoudite se tourne vers la Chine pour domestiquer l’atome, l’administration Trump a choisi d’abandonner l’exigence de la normalisation des liens avec Israël.

Et ce, de manière à ce qu’elle dépende de la technologie américaine. Une technologie que Washington pourrait inactiver à distance comme c’est le cas des chasseurs-bombardiers F-35.

Le joker pakistanais

Il n’y a pas que la Chine qui pourrait aider la dictature saoudienne à se doter de l’arme nucléaire; il y a aussi le Pakistan.

Or justement, les relations entre l’Arabie saoudite et le Pakistan n’ont jamais été aussi bonnes.

La diplomatie pakistanaise s’est attiré le courroux d’Israël pour avoir joué un rôle majeur dans la conclusion d’un accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran. Cet accord (dont le texte est secret) prévoyait la fin des hostilités sur tous les fronts.

Afin de saboter cet accord, Israël s’est empressé le jour même de bombarder le Hezbollah au Liban. Et c’est le Pakistan — présent à ces pourparlers à titre de négociateur — qui a contredit l’administration Trump en révélant que l’accord prévoyait bien l’interruption des hostilités sur tous les fronts.

Première pétromonarchie à signer les Accords d’Abraham, les Émirats arabes unis sont le plus fidèle allié d’Israël au Moyen-Orient. Voilà pourquoi ce pays a été la principale cible des frappes iraniennes contre les pays du Golfe.

L’alignement des Émirats sur la politique israélienne est tel que ce pays a voulu punir le Pakistan pour ses efforts diplomatiques en exigeant récemment le remboursement d’une série de prêts, totalisant 3,5 milliards de dollars, consentis au Pakistan en 1996, en 2021 et en 2023.

Coïncidence, quelques jours plus tard, l’Arabie saoudite a acheté pour 3 milliards de dollars de bons du Trésor pakistanais afin de l’aider à rembourser ses dettes.

Pour l’Arabie, cette somme, c’est de l’argent de poche. Mais pour le Pakistan, ce nouveau prêt saoudien, ajouté aux cinq-milliards déjà consentis, représentent deux pour cent de son PIB.

Si bien qu’on peut se demander si ce pays serait en mesure de dire non à l’Arabie saoudite si celle-ci devait demander l’aide du Pakistan pour se doter de l’arme nucléaire.

Quant aux États-Unis, on les voit mal punir le Pakistan pour avoir aidé secrètement l’Arabie à devenir une puissance nucléaire alors que la diplomatie pakistanaise est essentielle à sortir l’administration Trump du bourbier iranien.

De toutes manières, quand Washington l’apprendra, il sera trop tard.

Références :
Accords d’Abraham
Accord de Vienne sur le nucléaire iranien
« America First or Israel First? » Ex-Israeli Negotiator Daniel Levy on Saudi Nuke Deal, Iran & More (vidéo)
More than 4,200 Israelis storm Al-Aqsa Mosque in Jerusalem
Pakistan secures $3 billion from Saudi Arabia as ties deepen
Pakistan To Repay Historic $3.5 Billion Debt to UAE By This Deadline
Saudi nuclear deal in doubt as Trump adds new condition regarding Israel
The US-Saudi nuclear deal makes no sense
Trita Parsi Makes Blockbuster Point About Saudi Nuclear Deal (vidéo)
UAE pulls US$3.5 billion from Pakistan after Iran war mediation

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à la Troisième guerre du Golfe, veuillez cliquer sur ceci.

2 commentaires

| Géopolitique, Guerre en Iran | Mots-clés : , , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le parc La Fontaine (3e partie)

Publié le 25 juillet 2026 | Temps de lecture : 1 minute
Centre culturel Calixa-Lavallée

Théâtre de Verdure
Debout [statue de Félix Leclerc], de Roger Langevin (1990)



Ailleurs dans le parc

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet + objectif Lumix 14-45mm + les filtres de l’infrarouge Jaune 3629.

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à l’infrarouge couleur, veuillez cliquer sur ceci.

2 commentaires

| Infrarouge couleur, Photo infrarouge, Photos de Montréal, Photos de voyage, Photos du Canada | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Les étoiles qui vacillent avant l’aube
par Marc-Olivier Caffier, romancier et philosophe

Publié le 22 juillet 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

Il est des régimes qui s’effondrent dans le fracas des pierres et d’autres qui meurent dans le silence des habitudes.

La Démocratie appartient à cette seconde catégorie.

Elle ne disparait pas sous les coups d’un tyran. Elle se dissout plus souvent dans l’indifférence de ceux qui avaient cessé de croire qu’elle leur appartenait.

Les Grecs avaient pourtant perçu cette fragilité.

Aristote rappelait déjà qu’aucun régime politique n’est immortel. Chacun porte en lui les germes de sa propre corruption lorsque l’intérêt particulier l’emporte sur le bien commun. La Démocratie, disait-il, peut glisser vers la démagogie comme un fleuve déborde de son lit lorsqu’il n’est plus contenu par ses rives.

Alexis de Toqueville, observant les jeunes démocraties, entrevoyait un péril plus subtil encore; celui d’un despotisme doux où les citoyens renoncent peu à peu à leur liberté contre la promesse d’une sécurité toujours plus grande.

Le pouvoir n’opprime plus; il administre. Il ne contraint plus; il rassure. Et l’homme, lentement, oublie qu’être libre exige davantage d’efforts que d’être gouverné.

Hannah Arendt, témoin des totalitarismes du XXe siècle ajoutait une autre pierre à cette réflexion. Selon elle, les démocraties ne succombent pas seulement à la violence, mais aussi à la disparition de l’espace où les citoyens débattent, se rencontrent et construisent ensemble une vérité commune; lorsque le langage se fragmente en une multitude de certitudes irréconciliables, la Cité cesse d’être un monde partagé.

Aujourd’hui, les menaces prennent des visages nouveaux.

Les algorithmes enferment chacun dans le miroir de ses convictions. L’information se dissout dans le tumulte des émotions. Le temps politique se réduit à l’instantanéité des écrans.

Nous votons encore, certes. Mais savons-nous encore délibérer ? Nous parlons beaucoup, mais nous écoutons de moins en moins. Pourtant, l’effondrement n’est jamais une fatalité.

Spinoza voyait dans la Démocratie le régime qui respecte le mieux la puissance créatrice des hommes lorsqu’ils agissent ensemble. Cette puissance demeure intacte tant qu’existent des citoyens capables de préférer la vérité au confort du mensonge, le dialogue à l’invective, le bien commun aux passions particulières.

La Démocratie ressemble à une constellation. Aucune étoile ne suffit à dessiner le ciel. Mais lorsque plusieurs lumières s’éteignent, la nuit finit toujours par gagner.

Préserver la Démocratie n’est donc pas défendre un régime parmi d’autres. C’est entretenir chaque jour cette fragile lumière qui permet encore aux hommes de reconnaitre le chemin de leur liberté.

2 commentaires

| Opinion | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Quand les accusations d’ingérence sont la prémisse d’un coup d’État

Publié le 19 juillet 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

Les médias ont tendance à juger sévèrement le cheminement apparemment imprévisible du président américain. Comme si ce dernier était incapable d’une vision stratégique à long terme.

C’est ainsi que ses accusations d’ingérence chinoise dans les élections américaines sont perçues comme une marotte dont la dangerosité se limite à saper la confiance des Américains dans le système démocratique de leur pays.

En réalité, tout cela est beaucoup plus préoccupant qu’on pense.

Le cas roumain

Depuis deux ans, Emmanuel Macron s’est mêlé des élections en Géorgie, en Roumanie, en Moldavie et en Arménie afin d’y faire élire des dirigeants européistes et otaniens.

En 2024-2025, dans le cas de la Roumanie, les services de renseignements français ont soumis à leurs homologues roumains un rapport qui suggère faussement que la Russie aurait moussé sur TikTok la popularité d’un candidat à l’élection présidentielle en cours.

De plus, l’ambassadeur de France en Roumanie a fait pression sur le président de la Cour constitutionnelle roumaine à l’occasion d’une rencontre portant sur la démocratie et la nécessité de règlementer l’internet.

Pour verrouiller l’inéligibilité du candidat sur lequel la France s’acharnait, la Cour européenne des droits de la personne (CEDH) rendait, le lendemain de cette rencontre, un jugement qui stipule que le droit à des élections libres et démocratiques (en Roumanie comme ailleurs) n’est pas garanti dans le cas d’une élection présidentielle.

En raison de l’opacité de la magistrature, on ne saura jamais le rôle joué par des juges nommés par Macron dans cette décision de leurs collègues de la CEDH.

Le Titanic des élections de mi-mandat

Donald Trump est prisonnier du lobby juif américain et celui des sionistes chrétiens qui constituent la base de son électorat.

Or l’un et l’autre sont catégoriquement opposés à tout accord de paix qui leur semblera avantageux pour l’Iran.

La poursuite de la guerre contre ce pays provoquera inévitablement une nouvelle hausse du prix du pétrole et le mécontentement des consommateurs américains.

La conséquence, déjà prévisible, est une débâcle des candidats républicains lors des prochaines élections législatives de mi-mandat.

Ce qui inquiète Donald Trump, c’est moins la perte de son pouvoir presque absolu sur le Congrès, que la menace que cette perte fait peser sur l’enrichissement actuellement illimité de l’empire financier de Trump à la faveur de l’exercice de ses fonctions présidentielles.

La deuxième tentative de coup d’État

Les accusations répétées de Trump selon lesquelles l’élection présidentielle qu’il a perdue en 2020 contre Joe Biden était truquée ont été la prémisse de sa première tentative de coup d’État, le 6 janvier 2021.

De manière similaire, on doit prévoir que les accusations répétées contre l’ingérence chinoise soient la prémisse d’une contestation à la roumaine du résultat des élections de mi-mandat.

Une contestation qui justifiera les pouvoirs exceptionnels dont il se dotera pour contrer ceux d’un congrès qui sera composé en bonne partie d’adversaires politiques élus grâce à la Chine, prétendra-t-il.

D’où l’application immédiate de décrets présidentiels que les tribunaux américains mettront des mois à invalider. Voilà, concrètement, en quoi consistera cette deuxième tentative d’usurpation du pouvoir.

Dans la conclusion de notre texte au sujet de l’inéligibilité de Nicolas Sarkosy, nous écrivions :

Lorsqu’on confie à la magistrature le pouvoir de condamner quelqu’un à une peine d’inéligibilité, cela correspond au pouvoir des juges de priver le peuple de son droit de choisir ses dirigeants.

Ce pouvoir exceptionnel se justifie exclusivement dans un cas très précis : lorsqu’on est condamné pour tentative de coup d’État.

Par définition, un coup d’État a pour but de s’emparer du pouvoir indépendamment de la volonté populaire. C’est une négation de la souveraineté du peuple et conséquemment, un crime contre la Démocratie qui mérite l’emprisonnement et la peine de mort politique, soit l’inéligibilité.

À la suite de la première tentative de coup d’État de Donald Trump, les États-Unis ont négligé de colmater une faille que n’avaient pas prévue les pères fondateurs de la démocratie américaine.

Il y a tout lieu de craindre que cette négligence déclenche des troubles importants aux États-Unis quand seules les armes — celles de l’armée ou celles des citoyens — seront capables de mettre fin aux abus de pouvoir de Donald Trump.

Références :
Assaut du Capitole par des partisans de Donald Trump
Dans un discours à la nation, Trump accuse la Chine d’ingérence électorale
Déchiffrer Donald Trump
États-Unis : l’importance politique des sionistes chrétiens
L’ambassadeur de France en visite au CCR – Discussions sur la démocratie et la nécessité de réglementer Internet (en roumain)
La volonté populaire en Europe soumise à la dictature des juges : le cas de la Roumanie
L’inéligibilité de Sarkozy : les juges vs la souveraineté du peuple

2 commentaires

| Politique internationale | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le fleuve aux mille sources
par Marc-Olivier Caffier, romancier et philosophe

Publié le 18 juillet 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

La France n’est pas née d’un seul peuple, d’une seule langue, ni d’un seul visage; elle est un fleuve patient alimenté par d’innombrables ruisseaux.

Bien avant qu’un royaume ne dessine ses frontières, les tribus gauloises formaient déjà une mosaïque de peuples. Les Arvernes, Éduens, Parisii, Vénètes, Séquanes… Chacune portait ses coutumes, ses croyances, son génie propre.

Leur unité ne résidait pas dans l’uniformité, mais dans leur capacité à cohabiter malgré leurs différences.

Puis vinrent les Romains, apportant le droit, les routes et les villes. Les Francs offrirent leur nom au pays. Les Visigoths, les Burgondes, les Bretons, les Normands, les Flamands, les Italiens, les Espagnols, les Polonais, les Arméniens, les Portugais, les Magrébins, les Africains, les Asiatiques. Chacun ajouta une pierre à cette cathédrale invisible que l’on appelle aujourd’hui la France.

Nous oublions parfois que la richesse ne nait jamais de la répétition; une forêt où ne pousserait qu’une seule essence deviendrait fragile face aux maladies et aux tempêtes.

La biodiversité est la condition de la résilience du vivant. Il en va de même des civilisations. Une culture qui cesse de rencontrer l’autre se dessèche peu à peu, prisonnière de ses certitudes. À l’inverse, la rencontre oblige à penser autrement. Elle crée, invente, transforme.

L’identité française n’est donc pas un bloc de pierre gravé une fois pour toutes. Elle ressemble davantage à une tapisserie dont chaque génération tisse un nouveau fil sans effacer les précédents.

Les fils celtes demeurent visibles sous ceux de Rome. Ceux du Moyen Âge dialoguent avec ceux des Lumières. Ceux des migrations contemporaines prolongent une histoire qui, depuis plus de deux-mille ans, ne cesse de s’écrire.

Confondre identité et immobilité est sans doute l’une des grandes illusions de notre époque.

Ce qui demeure n’est pas la matière, mais la forme; non les visages mais les valeurs qui permettent à des visages différents de bâtir un destin commun.

Une nation ne s’affaiblit pas parce qu’elle accueille; elle s’affaiblit lorsqu’elle renonce à transmettre ce qui la rassemble : la langue, le droit, la liberté, la fraternité, la laïcité, la volonté de faire société.

La véritable menace n’est donc pas dans la diversité; elle est dans la fragmentation lorsque chacun cesse de reconnaitre l’autre comme un compagnon de route.

La diversité est une promesse. La division est un renoncement.

Depuis les tribus gauloises jusqu’à la République, la France avance comme un fleuve qui ne cesse de recevoir de nouvelles eaux sans perdre son nom. Et précisément parce qu’il accueille tant de sources qu’il demeure un fleuve vivant.

Car la plus grande richesse d’une civilisation n’est jamais la pureté de ses origines, mais la fécondité de ses rencontres.

Complément de lecture : La convergence culturelle : communion et symbiose

Un commentaire

| Histoire, Immigration | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Mark Carney est-il l’homme de la situation ?

Publié le 17 juillet 2026 | Temps de lecture : 2 minutes

Introduction

Le pont Gordie-Howe reliera bientôt la ville ontarienne de Windsor à la ville américaine de Detroit.

Depuis quelques jours, le premier ministre canadien a de la difficulté à expliquer pourquoi Washington recevra la moitié des revenus du péage sur ce pont alors qu’il n’a pas déboursé un cent pour sa construction (entièrement payée par le Canada).

Il y a un an, Ottawa annulait à la dernière minute la taxe numérique qu’il s’apprêtait à imposer aux géants du Web. Et ce, afin de relancer les négociations au sujet du renouvèlement de l’Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis. Ce qui n’a rien donné.

De manière générale, depuis qu’il est au pouvoir, Mark Carney n’a pas cessé de capituler face à Trump.

Mark Carney, capitaine-Canada

Nos amis fédéralistes se plaisent à répéter que l’union fait la force. Et plus particulièrement qu’un Canada uni est plus apte à affronter Donald Trump que si le Québec et le reste du pays formaient deux entités politiques distinctes. Cela semble très logique.

Mais ceci n’est vrai que si et seulement si notre général en chef ne s’évanouit pas au premier coup de feu tiré par l’ennemi…

La question est donc de savoir si notre ‘Capitaine-Canada’ actuel est un nouveau Montcalm (celui qui a perdu sur les plaines d’Abraham) ou un nouveau d’Iberville (celui qui n’a jamais perdu une seule bataille militaire de sa vie).

Poser la question, c’est y répondre…

Références :
Géants du web : le Canada annule la taxe sur les services numériques
Pont Gordie-Howe : Mark Carney peine à clarifier l’accord conclu avec Donald Trump

2 commentaires

| Politique canadienne | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La fabrication ukrainienne de missiles Patriot en temps de guerre

Publié le 16 juillet 2026 | Temps de lecture : 2 minutes


 
Introduction

Il y a une semaine, en marge du sommet de l’Otan à Ankara, le président américain a annoncé son intention d’autoriser l’Ukraine à fabriquer sur son sol des intercepteurs Patriot.

« De cette façon, vous ne pourrez pas vous plaindre qu’on ne vous en fournit pas assez » a déclaré Donald Trump.

Envoyer paitre Zelensky

On peut assembler des drones sur sa table de cuisine. Mais la fabrication d’intercepteurs nécessite de grandes usines, l’importation des pièces destinées à être assemblées, des laboratoires de contrôle de la qualité, des chaines de montage, des robots industriels, des entrepôts, etc.

Pour ce faire, l’Ukraine devra déblayer secrètement un terrain de grande taille tout en évitant sa détection par des satellites-espions russes.

De plus, il faudra y ériger une manufacture hautement robotisée dont la structure est capable de résister à une pluie de drones (voire de missiles).

En un mot, cela est tout simplement impossible.

Les demandes désespérées de Kyiv

Washington manque d’intercepteurs pour protéger adéquatement ses bases militaires et ses alliés au Proche et au Moyen-Orient.

En réponse aux demandes répétées de Zelensky d’obtenir ces précieuses armes défensives, l’administration Trump a décidé de rire de lui.

Le président ukrainien est trop intelligent pour ne pas le réaliser. Mais il est obligé de faire semblant d’y croire. Parce que s’il ose protester, on ne manquera pas de le traiter d’ingrat.

Voilà pourquoi Volodymyr Zelensky avale cette couleuvre et joue le jeu.

Toutefois, ce qui n’est pas normal, ce sont ces agences de presse et ces chroniqueurs occidentaux qui nous répètent cette sottise le plus sérieusement du monde…

Référence : Missiles Patriot fabriqués en Ukraine : coût de production, construction des usines… Après l’annonce de Trump, les questions s’accumulent

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à la guerre russo-ukrainienne, veuillez cliquer sur ceci.

3 commentaires

| Géopolitique, Guerre russo-ukrainienne | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La statue de Champlain à Orillia

Publié le 15 juillet 2026 | Temps de lecture : 6 minutes

Histoire et description

Le premier juillet 1925, dans la ville ontarienne d’Orillia, les célébrations du Jour de la Confédération furent toutes spéciales.

Dans cette ville située au cœur de ce qui a été la Huronie (avant sa destruction par les Iroquois entre 1646 et 1653), on inaugurait ce jour-là un monument en honneur de Samuel de Champlain.

Commandé par le gouvernement canadien et réalisé par le sculpteur britannique Vernon March, le monument comprenait à son sommet une statue de Samuel de Champlain.

Plus bas, de chaque côté, on trouvait deux groupes.

À droite, l’un montrait un missionnaire récollet dans une pause aussi théâtrale que dominatrice à l’égard de deux Autochtones à ses pieds.

Le deuxième groupe représentait un coureur des bois évaluant les fourrures que deux autres Autochtones, assis eux aussi, lui apportent.

Au centre du piédestal, une plaque de bronze portait un texte anglais dont la traduction est la suivante :

« Ce monument est érigé pour commémorer l’arrivée en Ontario de la race blanche sous la direction de Samuel de Champlain.

L’intrépide explorateur et colonisateur français, accompagné de ses hommes, arriva dans nos contrées durant l’été de 1615 et passa l’hiver suivant auprès des Indiens, établissant ses quartiers au village huron situé près d’ici.

Ce monument est un symbole de la bonne volonté entre les peuples francophones et anglophones du Canada.»

La controverse

En 2017, la statue de Champlain a été déboulonnée en raison de l’érosion de son socle. Cette année-là, Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières nations du Québec et du Labrador s’était rendu à Orillia. À cette occasion, il avait exprimé le souhait qu’on remette en place la statue de Champlain sans la plaque et les sculptures secondaires qui l’accompagnaient.

De nos jours, lorsqu’on lit les commentaires des citoyens d’Orillia aux articles publiés dans le média local de la ville, il ne semble pas que la population de cette ville soit hostile à Samuel de Champlain.

De manière générale, les gens sont partagés entre ceux qui se désolent que la ville se prive d’un œuvre d’art et ceux qui, excédés par le vandalisme dont elle est la cible, préfèrent qu’on la vende plutôt que de débourser les 250 000$ que sa restauration couterait.

Bref, on aurait tort de penser que le vandalisme de la statue de Champlain à Orillia ressemble de près ou de loin à une hostilité généralisée envers le Québec.

Mais elle suscite la violente opposition d’une poignée de militants wokes pour qui la statue de Champlain est offensante parce que le fondateur de la ville de Québec est, à leurs yeux, une ‘figure coloniale’.

En effet, Champlain est une figure coloniale comme le sont tous les personnages célèbres de Nouvelle-France. C’est ainsi qu’une bonne partie des femmes auxquelles on rend hommage à la Place des Montréalaises sont des figures coloniales.

Quand le wokisme est l’allié d’Ottawa

Au début des années 2010, un mouvement anticolonial et antiraciste a déferlé dans les facultés de sciences sociales des campus américains. Ce mouvement fut ultérieurement appelé ‘mouvement woke’.

À juste titre, ce mouvement considère que l’histoire des États-Unis se résume à la dépossession violente du territoire étatsunien peuplé originellement par les Autochtones, et la tentative de les exterminer par la famine, la guerre ou par des épidémies volontairement provoquées.

C’est grâce aux politiques d’ÉDI (Équité, diversité et inclusion), jugées réparatrices aux yeux du mouvement woke, que Washington et Ottawa en ont fait un allié.

Le peuple américain ayant tendance à juger le monde à partir d’eux-mêmes, on en vint à considérer que tous les colonialismes à travers le monde sont comme celui duquel les États-Unis sont nés.

Mais il y a une exception; c’est le colonialisme français en Amérique du Nord.

Contrairement à l’Angleterre (qui cherchait à peupler cette partie du monde), la France cherchait plutôt à y développer le commerce des fourrures.

Ce qui impliquait que Paris envoie au Canada des commis-voyageurs — appelés ‘coureurs des bois’ — partis à la rencontre des peuples autochtones afin de développer des amitiés et d’y tisser des liens d’affaires dans le but de les inciter à ‘récolter’ des fourrures pour le compte, au final, de compagnies exportatrices françaises

À l’exception de quelques accidents maladroits dans les relations entre la France et la presque totalité des peuples autochtones d’Amérique du Nord, ces derniers étaient des alliés militaires et des partenaires d’affaires.

C’est ce que le wokisme canadien s’entête à ne pas voir, un entêtement encouragé par Ottawa.

Lorsqu’Ottawa prétend que le Canada est en 1867 alors que la naissance du Canada (en tant qu’entité politique) remonte à la Renaissance, il insinue que tout ce qui s’est passé avant 1867 est de moindre importance.

De plus, il masque le fait que les descendants de colons français ont plus de légitimité que d’autres à occuper ce territoire parce que nos ancêtres sont arrivés dans cette partie du monde des siècles plus tôt. Tout comme la légitimité des peuples autochtones est indiscutable.

D’autre part, tout colonialisme visant à l’extinction d’un peuple s’accompagne d’une propagande destinée à convaincre ce peuple qu’il ne mérite pas d’exister, soit physiquement soit culturellement.

Quand le ministre fédéral Marc Miller se déclare favorable à ce que la statue de Champlain retrouve sa place à Orillia, il prend bien soin de ne pas expliquer pourquoi. Parce qu’il devrait alors s’attaquer aux préjugés wokes qui sont à la base de la contestation dont cette statue est l’objet.

L’extinction du peuple francoQuébécois par le biais, entre autres d’une immigration massive, s’accompagne d’une propagande qui vise à inculquer la honte de ce que nous sommes.

Une honte à l’œuvre auprès des jeunes francophones qui fréquentent les cégeps et universités anglophones du Québec où sévit le wokisme canadien et conséquemment, le mépris à l’égard de nos ancêtres, accusés de partager les torts du colonialisme génocidaire anglo-saxon. Ce qui est faux.

Faire disparaitre de l’espace public les hommages mérités qui sont rendus aux grands bâtisseurs de notre nation, c’est condamner à l’oubli la grandeur de notre histoire.

Références :
La statue controversée de Samuel de Champlain à Orillia: avec une seule photo, l’histoire se moque d’elle-même
Le ministre Miller souhaite la réinstallation de la statue de Champlain à Orillia
Massacre des Hurons
Sauver ou cacher Samuel de Champlain?
Suitors line up with offers for Orillia’s Champlain Monument

Compléments de lecture :
Gabriel Sagard en Huronie
Les Sauvages

Un commentaire

| Histoire, Politique canadienne, Sociologie | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


En mai dernier, principalement au Jardin botanique

Publié le 11 juillet 2026 | Temps de lecture : 1 minute
Bourgeon
Pensée
Sempervivum ‘Orchid Elf’
Canard colvert
Érable pleine lune ‘John’
Ancolie

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs PanLeica 8-18 mm (6e photo) et M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14 (les autres photos)
1re photo : 1/800 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 73 mm
2e  photo : 1/1250 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 90 mm
3e  photo : 1/400 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 155 mm
4e  photo : 1/800 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 200 mm
5e  photo : 1/250 sec. — F/10,0 — ISO 640 — 160 mm
6e  photo : 1/100 sec. — F/8,0 — ISO 200 — 18 mm

Laissez un commentaire »

| Botanique, Fleurs, Nature | Mots-clés : , , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel