Les prérequis iraniens à la paix

Publié le 18 mai 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Aux discussions américano-iraniennes qui servent de préalable à l’ouverture de négociations de paix, la position iranienne nous parvient au travers du filtre de l’administration Trump.

Or ce que celle-ci nous transmet, c’est une liste où les demandes iraniennes sont présentées pêlemêle alors qu’il est clair qu’elles ne peuvent pas avoir toutes la même importance aux yeux de Téhéran.

Le 12 mai dernier, sur son compte X, Ali Hashem (qui œuvre pour Alzajeera) fournissait des précisions indispensables pour bien comprendre la position iranienne. Selon ce journaliste…

Les prérequis iraniens à l’ouverture de négociations de paix avec les États-Unis sont :
• la fin de la guerre sur tous les fronts,
• la levée de toutes les sanctions économiques contre l’Iran,
• le déblocage des avoirs iraniens gelés,
• l’indemnisation des dommages et pertes de guerre, et
• la reconnaissance de la souveraineté de l’Iran sur le détroit d’Ormuz.

C’est seulement après l’acceptation de ces prérequis par Washington que Téhéran décidera de participer à des négociations de paix au sujet de son programme nucléaire.

Par expérience, les dirigeants iraniens savent qu’on ne doit jamais faire confiance à la parole des États-Unis. En obligeant, par exemple, ces derniers à débloquer préalablement les avoirs iraniens gelés, il suffit à l’Iran de les encaisser pour que cela soit irréversible. Même si Donald Trump voudrait revenir en arrière, il ne le pourra pas. Voilà pourquoi c’est un prérequis.

D’autre part, contrairement à ce que laisse entendre l’Iran, ces prérequis sont négociables à la marge.

À titre d’exemple, au cours de leur histoire, les États-Unis n’ont jamais accepté de payer pour des réparations de guerre. Mais dans ce cas-ci, ils pourraient accepter que la reconstruction de l’Iran soit financée par une taxe iranienne sur le pétrole qui transite par le détroit d’Ormuz. Pour l’instant, Washington considère cela comme inacceptable. La montée inexorable du prix de l’essence devrait les amener à changer d’idée.

Bref, il y a toujours moyen de moyenner.

Parallèlement, les dirigeants iraniens répètent à tous ceux qui veulent les entendre que l’utilisation civile (c’est-à-dire pacifique) de l’énergie nucléaire est un droit inaliénable et que son programme nucléaire actuel jouit de l’assentiment de la vaste majorité des Iraniens.

Déjà, dans des négociations antérieures, l’Iran a déjà consenti à renoncer à l’enrichissement de l’uranium, à confier ses stocks d’uranium à une puissance amie — la Russie, qui l’approvisionnerait au fur et à mesure de ses besoins civils — et à ce que les inspecteurs de l’Onu visitent ses installations.

De nombreuses voix en Iran soutiennent que si l’Iran possédait déjà l’arme nucléaire, Washington et Tel-Aviv n’auraient pas osé l’attaquer.

Pourtant, l’Inde n’hésite pas à riposter militairement au Pakistan en dépit du fait que ce dernier est une puissance nucléaire. L’Ukraine s’attaque à des cibles situées en Russie, puissance nucléaire. Et l’Iran bombarde Israël, autre puissance nucléaire.

Bref, une arme de dernier recours que personne n’ose utiliser est moins utile qu’on pense.

En réalité, l’Iran n’a pas intérêt à posséder l’arme nucléaire. Grâce à ses drones, ses missiles et le blocage du détroit d’Ormuz, l’Iran exerce depuis peu une puissance hégémonique incontestable sur l’ensemble du Moyen-Orient.

Si ce pays se dote de l’arme nucléaire, l’Arabie saoudite, à portée de tir d’Israël et d’Iran, voudra faire pareil. Elle obtiendra l’arme nucléaire de son allié, le Pakistan.

Et les Émirats, coincés entre l’Arabie saoudite et l’Iran, voudront eux aussi appartenir au ‘club’ des puissances nucléaires. Dans ce contexte, son allié israélien pourrait soutenir cette démarche.

Quand plusieurs pays du Golfe rejoindront ce club, l’Iran perdra l’effet dissuasif de la possession de la bombe nucléaire.

Toutefois, plus les Américains croiront dur comme fer que l’Iran tient absolument à se doter de l’arme nucléaire, plus grande sera la victoire apparente de Donald Trump quand l’Iran renoncera à ce qui n’a jamais été son intention.

Quant au programme balistique iranien, on ne doit pas se surprendre de son absence de la discussion; il n’est pas négociable. L’Iran a acquis une expertise mondiale dans la fabrication de ses missiles. C’est ce qu’Israël a appris à ses dépens.

Il est maintenant évident pour tous que les missiles de l’Iran confèrent à ce pays une puissance dissuasive plus grande que l’arme nucléaire possédée par Israël.

Voilà pourquoi l’Iran n’y renoncera jamais.

Références :
Al Jazeera Insider reveals Iran’s actual demnds – w/ Journalist Ali Hashem (vidéo en anglais)
Iran Specifies 5 Demands To Restart Peace Talks With US
Message d’Ali Hashem sur X

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Suggestions pour madame Polony

Publié le 17 mai 2026 | Temps de lecture : 2 minutes

Natacha Polony est la directrice de l’hebdomadaire Marianne.

Sur Facebook, elle a publié hier un exposé de géopolitique soulignant la voix inaudible de l’Europe dans les affaires du monde et plaidant pour une réindustrialisation du continent, notamment de la France.

Toutefois, si l’éditorialiste excelle dans le diagnostic, elle ne propose pas de remède.

Puisque mon commentaire a été censuré (par elle ou Facebook), je me permets de le reproduire ici.

Votre exposé est brillant. Mais il passe sous silence trois choses fondamentales.

Premièrement, l’Europe ne peut pas se réindustrialiser si elle ne retrouve pas l’accès fiable à des sources d’énergie qui lui donnent un avantage compétitif.

Soit, entre autres, l’accès au gaz fossile russe et conséquemment l’abandon du gaz fossile liquéfié américain (qui coutera toujours moins cher aux USA qu’une fois exporté en Europe).

Deuxièmement, les dettes nationales et la priorité budgétaire à l’armement (en vue d’une guerre prédatrice et ruineuse avec la Russie), ne laissent aucune marge de manœuvre aux gouvernements pour qu’ils puissent se doter d’une véritable politique industrielle.

Troisièmement, l’Europe doit se débarrasser (par des moyens révolutionnaires, si nécessaire) de ses élites politiques corrompues, tant au niveau national qu’européen.

Vos dirigeants doivent accéder au pouvoir exclusivement grâce à l’argent du peuple. Au Québec, seuls les citoyens d’ici peuvent contribuer à la caisse électorale d’un parti ou d’un politicien. Et ce, à hauteur maximale de 100$ (environ 75 euros) par année. Un maximum doublé les années électorales.

Tant que vos élus seront des pourris, vous serez dirigés par des traitres.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Canon français et la politisation de la cochonnaille

Publié le 17 mai 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

En 2021, afin d’encourager les producteurs agricoles durement éprouvés par les mesures sanitaires, deux entrepreneurs ont organisé aux quatre coins de la France d’immenses banquets où sont consommés des produits du terroir.

Contre la promesse d’un kilo de nourriture par convive, le prix d’entrée est de 80 euros.

À l’occasion de ces évènements, on fait rôtir à la broche des porcs entiers. Et on sert de la charcuterie, des légumes et des fruits produits localement. Évidemment, le vin (français) y coule à flots.

Depuis cinq ans, ces banquets gargantuesques obtiennent un immense succès.

Toutefois, l’entreprise qui les organise a récemment été partiellement vendue au fonds d’investissement Odyssée Impact, dirigé par le milliardaire Pierre-Edouard Stérin, soutient financier du Ralliement national, un parti français de droite.

Dès lors, les mêmes banquets, avec les mêmes menus, sont soudainement critiqués pour leur manque d’inclusivité. En effet, les fidèles dont la religion interdit la consommation de porc ne peuvent y assister à moins d’enfreindre leurs interdits religieux.

Conséquemment, au nom du vivre-ensemble et/ou de la lutte contre l’extrémisme politique, des centaines de personnes tentent de faire interdire dans leur patelin la tenue de ces banquets.

Ajouter du poulet, du bœuf ou de l’agneau au menu ne changerait rien puisque pour les Juifs orthodoxes, un aliment ne peut être cachère lorsqu’il est cuit dans un récipient où du porc a été préparé.

De plus, ils ne peuvent utiliser un ustensile qui a servi à manger un mets contenant du porc. Même s’il a soigneusement été nettoyé depuis.

Quant à elle, la religion musulmane permet la consommation de bœuf ou d’agneau, mais à la condition que l’animal a été égorgé alors qu’il regardait en direction de La Mecque.

Bref les banquets du Canon français devraient utiliser une coutellerie et des instruments de cuisine séparés pour les uns et les autres, Et s’assurer qu’on dispose séparément des objets ‘impurs’.

Et même s’ils devaient faire tout cela, ces banquets seraient boycottés quand même parce que tout cela n’est qu’un prétexte.

La véritable raison est qu’on veut faire croire que les profits réalisés par ces banquets servent à financer le Ralliement national.

Il est illusoire de vouloir tarir le financement d’un parti qualifié ‘d’extrême droite’ dans un pays (comme la France) où le financement politique est de la corruption légalisée.

Amis Français, faites en sorte que seuls les citoyens de votre pays puissent verser de l’argent à un politique ou à son parti (comme au Québec) et limitez cette contribution annuelle à 100$ (le double les années électorales) et il deviendra stupide d’empêcher vos concitoyens de se réunir paisiblement afin d’encourager vos producteurs.

Pour revenir au menu des banquets du Canon français, signalons qu’on pourrait dire la même chose de celui de nos cabanes à sucre puisqu’elles proposent des tranches de jambon nappées de sirop d’érable, des filets de porc glacés à l’érable, des oreilles de crisse, des salades parfumées au bacon, de la soupe aux pois (contenant du lard) et des fèves au lard.

Et puisque les cabanes à sucre font partie de l’identité québécoise, on s’étonne que les juges d’Ottawa ne les aient pas encore interdites au nom du multiculturalisme canadian.

Références :
C’est quoi les « Banquets du Canon » qui font polémique ?
Le succès des banquets géants du Canon français ou la bataille culturelle du terroir
Menu pour une cabane à sucre à la maison

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Dans le Vieux

Publié le 15 mai 2026 | Temps de lecture : 1 minute
Cours Le Royer
Au Vieux-Port
Écluse

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le dilemme iranien : gagner la guerre sans perdre la paix

Publié le 13 mai 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

On ne sait pas dans quel pays asiatique est né le jeu d’échecs. Mais avec certitude, on le retrouve en Perse — l’Iran d’aujourd’hui — au VIe siècle.

Et de la Perse, ce jeu — dont le nom vient justement du perse — s’est répandu à travers le monde, notamment en Europe à la faveur de l’expansion ibérique de l’Islam.

Lorsqu’on analyse le jeu d’échecs auquel se livrent les belligérants de la Troisième guerre du Golfe, on a l’impression que Téhéran a continuellement plusieurs coups d’avance sur Washington.

La raison est simple; les Iraniens se préparent à cette guerre depuis des décennies.

David contre Goliath

De loin, l’armée américaine est la plus puissante au monde. Chacun des éléments de son arsenal militaire est une merveille technologique, conçue pour affronter brillamment n’importe quelle guerre du siècle passé.

Mais nous ne sommes plus en 1945.

De nos jours, la maitrise des airs, par exemple, ne donne rien quand on ignore où se trouve l’essentiel du matériel militaire ennemi, enfoui ou caché dans des montagnes. Donc invisible aux radars et aux satellites-espions.

Depuis la guerre en Ukraine, les affrontements militaires se gagnent à l’aide de missiles, de drones, et d’intercepteurs. Le tout guidé par des radars ou des données de géolocalisation.

Ce que l’Iran possède amplement. Mais ce dont les États-Unis commencent à manquer après avoir donné généreusement les leurs à l’Ukraine et à Israël.

La stratégie iranienne

Au cours des dernières semaines, un petit nombre de navires américains ont tenté de traverser le détroit d’Ormuz — en mission de déminage ou pour sécuriser la traversée de pétroliers — mais ont dû rebrousser chemin après avoir été menacés par l’armée iranienne.

Puisque ces navires étaient à portée des missiles ennemis, pourquoi n’ont-ils pas été détruits ?

Parmi la multitude d’hypothèses qu’on peut émettre à ce sujet, celle qui m’apparait la plus plausible est celle qui soutient que le but de l’Iran n’est pas simplement de gagner la guerre.

Retournons en arrière.

En Irak, pays voisin de l’Iran, les États-Unis ont remporté la guerre contre Saddam Hussein en 2003. Mais en raison de l’incompétence de Paul Bremer III, chef du protectorat mis en place pour gérer le pays, Washington a perdu la paix; l’Irak est entré en guerre civile. Et de ce chaos est né l’organisation terroriste Daech.

Revenons au présent.

La stratégie de l’Iran n’est pas seulement de remporter cette guerre, mais surtout d’éviter de perdre la paix.

Si l’Iran avait anéanti le petit nombre de navires américains qui ont tenté de défier son autorité sur le détroit d’Ormuz ou si, lors d’une invasion militaire future, des dizaines de milliers de soldats américains devaient perdre la vie, l’Iran risque que les États-Unis se braquent contre lui pour des décennies.

Ce que veut l’Iran, c’est de crever l’abcès.

Et l’abcès, ce sont des décennies de sanctions économiques, des attaques aériennes israéliennes à répétition, des assassinats ciblés (contre un général iranien, tué par décision de Trump) ou contre des scientifiques œuvrant au programme nucléaire iranien (tués par Israël).

L’Iran en a assez. Ce pays veut créer des conditions qui forcent les États-Unis à pacifier le Proche et le Moyen-Orient.

Or ce n’est pas en transformant une invasion militaire américaine en bain de sang que l’Iran y parviendra.

Les dirigeants iraniens savent qu’on ne gagne pas aux échecs en éliminant au maximum les pièces de l’adversaire ou en tuant son roi, mais plutôt en faisant en sorte que ce dernier est menacé de capture au prochain coup sans qu’il puisse se sortir de cette impasse.

Mon hypothèse est qu’en capturant un très grand nombre de prisonniers américains et en faisant en sorte que toute tentative de les délivrer tourne à la catastrophe, ce butin — considéré comme un tout — acquerrait la même importance que celle d’un roi mis échec et mat.

Références :
Assassinat de Qassem Soleimani
Chinese military experts take stock of US munitions weak spot exposed by Iran war
Débarquement de la baie des Cochons
Échec et mat
Histoire du jeu d’échecs
Paul Bremer
Programme nucléaire iranien : ça joue dur
Ukraine’s US air defenses are at risk in Iran war

Complément de lecture : Trump pourrait gagner la guerre en Iran

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La bière à saveur enfantine

Publié le 12 mai 2026 | Temps de lecture : 2 minutes

Je lis quotidiennement l’exemplaire du Journal de Montréal qu’une voisine laisse sur mon paillasson après l’avoir lue.

Parmi ses chroniqueurs, j’aime bien Richard Martineau. Sa spécialité est l’indignation outrée. Pour lui, tout est scandaleux. Généralement, ses excès me font sourire. Sauf hier.

M. Martineau s’en prenait à une décision récente de la Société des alcools du Québec (SAQ) d’interdire au propriétaire de la brasserie montréalaise St-Rock de vendre de la bière à saveur de sloche, de bonbon, ou de barbe à papa. Aux yeux de la SAQ, ces produits ciblent des mineurs.

L’argument central du chroniqueur est que les mineures ne peuvent pas acheter des boissons alcoolisées. Donc, que les mineurs ne peuvent pas en boire.

Comme argument, c’est mince; parmi les millions de parents québécois, il y en a qui manquent de jugement et qui ne verront aucune objection à laisser leur enfant en boire.

En raison de leur aversion pour l’amertume, les enfants n’aiment pas la bière. Normalement.

Mais une fois sucrée et aromatisée, il en va autrement.

Se basant sur des études sociologiques, la Santé publique du Québec s’oppose à la vente de cigarettes aromatisées, de même que des boissons alcoolisées à saveur enfantine.

Bref, il nous arrive tous de nous lever en mauvaise forme. Je présume que c’était le cas de M. Martineau lorsqu’il a entrepris d’écrire sa dernière chronique.

Référence : Le combat débile de la Régie des alcools

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Promutuel et le grand manège du Canada

Publié le 12 mai 2026 | Temps de lecture : 2 minutes

Ces jours-ci, l’assureur Promutuel fait diffuser une réclame que probablement tout le monde a vue au Québec. Nous la publions sur ce blogue au bénéfice de nos lecteurs qui demeurent à l’Étranger.

Pendant que nous y sommes, voici quelques mots au sujet de cette compagnie.

À Huntington, en Montérégie, un groupe d’agriculteurs et de notables fondèrent en 1852 une mutuelle d’assurance contre le feu. Parmi ses fondateurs, on comptait le notaire Louis Hainault et le docteur Luc-Hyacinthe Masson qui, tous deux, avaient été impliqués quinze ans plus tôt dans la rébellion des Patriotes de 1837-1838.

Le premier avait été relâché après son arrestation en raison du rôle mineur qu’il avait joué dans les évènements. Alors que le second avait d’abord été exilé aux Bermudes (par ordre de lord Durham) pour finalement revenir au Québec en 1842 et ouvrir un magasin général à Saint-Anicet.

La rubrique de Wikipédia consacrée à Promutuel Assurances précise le rôle majeur du Dr Masson dans la mise sur pied de cet assureur.

Tout comme le mouvement des Patriotes, le Conseil d’administration de l’entreprise réunissait à l’origine des Francophones et des Anglophones dans le but, sans doute, de combattre le monopole des compagnies d’assurances britanniques au Bas-Canada (c’est-à-dire au Québec).

Au cours de ses 174 ans d’activités, l’entreprise a étendu sa protection contre l’ensemble des dommages matériels. Si bien que Promutuel emploie aujourd’hui 2 200 personnes et possède un chiffre d’affaires dépassant le milliard de dollars.

La publicité de Promutuel montre des personnes entrainées contre leur gré dans un manège, comme l’étaient sans doute les Patriotes dans le grand tourbillon de l’Histoire.

Références :
Le Dr Luc-Hyacinthe Masson (1811-1880)
Promutuel Assurance

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La clarté référendaire

Publié le 11 mai 2026 | Temps de lecture : 2 minutes

Même si Ottawa n’avait pas légiféré à ce sujet, il faut reconnaitre qu’un référendum basé sur une question tarabiscotée — comme ce fut le cas en 1980 — est une consultation populaire qui ne vaut rien.

Je suis de ceux qui croient que la prochaine question référendaire devrait être la suivante : « Voulez-vous que le Québec devienne un pays indépendant ? ». Ou quelque chose du genre.

Même la question posée en 1995 fut trop longue pour rien. Environ le quart des Québécois sont des analphabètes fonctionnels. Donc, plus c’est clair et bref, mieux c’est.

Quant aux résultats, la loi 99, adoptée en 2000 par l’Assemblée nationale, prescrit que le pourcentage gagnant doit être de 50 % + une voix.

Contestée devant les tribunaux, cette loi a été reconnue valide par la Cour d’appel en 2021.

Toutefois, depuis peu, dans certains milieux fédéralistes, on dissocie la validité légale (50 % + 1) de la validité politique.

Selon eux, non seulement la question doit être claire, mais le choix du peuple québécois doit l’être également. Autrement dit, pour devenir indépendant, le ‘Oui’ devrait l’emporter largement.

Voyons ce que cela veut dire.

Dans un cas extrême, décider que le ‘Oui’ devrait recueillir 80 % des voix ou plus, cela équivaut à donner un droit de véto aux angloQuébécois, hostiles massivement à l’indépendance. Ce qui est leur droit.

De manière similaire, exiger une majorité qualifiée des deux tiers, cela établit deux classes de citoyens puisque celui qui est fédéraliste a deux fois plus d’importance que celui qui ne l’est pas.

Toutefois, si la question référendaire était plutôt : « Êtes-vous d’accord pour que le Québec demeure une province canadienne ? », on imagine que nos amis libéraux jugeraient soudainement le ’50 % + 1’ bien suffisant…

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le choix de Montréal pour accueillir la Banque de la défense

Publié le 10 mai 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

Au début de cette année, au Forum économique mondial de Davos, le premier ministre canadien a appelé les pays occidentaux d’importance moyenne à se regrouper pour mieux contrer l’intimidation des puissances hégémoniques.

En mars dernier, sur les dix-huit pays invités par Ottawa, seulement cinq ont accepté de participer à la mise sur pied de la Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience.

Classés selon le rang mondial de leurs dépenses militaires en 2025, les pays participants sont le Canada (16e rang), la Turquie (18e), la Grèce (34e), la Lettonie (69e) et le Luxembourg (89e).

De plus, la Norvège (au 24e rang mondial) a accepté de s’y joindre à titre d’observateur.

Puisque, pour l’instant, c’est le Canada qui paie les frais de la création de cette banque, tous les participants ont accepté que le siège social de cette institution soit situé dans notre pays.

Il est possible que cette banque acquière de l’importance à l’avenir. Mais pour l’instant, l’espoir d’Ottawa de la voir se doter d’une capitalisation de 185 milliards de dollars et d’y faire travailler 3 500 personnes relève d’un grand optimisme.

Il n’en fallait pas plus pour que quatre grandes villes canadiennes se montrent désireuses de l’accueillir, soit Montréal, Ottawa, Toronto et Vancouver.

Il est très improbable que Vancouver soit choisie en raison des milliers de kilomètres supplémentaires qu’auraient à parcourir les délégations des pays participants, principalement européens.

Ottawa n’a pas la stature internationale de ses rivales que sont Montréal et Toronto.

Toronto est la capitale financière du Canada. De plus, l’Ontario possède une industrie militaire plus développée que celle du Québec grâce au fait qu’Ottawa a toujours refusé de donner au Québec sa juste part des contrats du ministère de la Défense.

Montréal, ville mi-américaine et mi-européenne, jouit du meilleur écosystème pour accueillir des institutions internationales.

Alors que les industries militaires ontariennes ne sont que des usines d’assemblage de produits basés sur de la technologie américaine, l’industrie aéronautique québécoise est le fruit du génie québécois puisque les avions de Bombardier ont été conçus au Québec.

Ce qui signifie que la contribution canadienne au partenariat canado-européen de la défense a plus de chance de réussir s’il s’appuie sur les avantages que possède Montréal.

En somme, en décidant d’établir le siège social de cette banque à Montréal, Ottawa ne fait pas une faveur au Québec; à l’inverse; c’est plutôt Montréal qui fait profiter Ottawa de son écosystème diplomatique et industriel.

Quant à l’argument selon lequel Ottawa ne devrait pas investir dans une province qui risque bientôt de faire sécession du Canada, rappelons que, pour l’instant, les Québécois paient des taxes.

Si Ottawa punit le Québec pour une indépendance qu’il ne fait pas, il est aussi bien de la faire puisqu’au moins, il en retirerait les avantages, ce qu’il n’a pas en restant dans le Canada.

Références :
Banque de la défense : comment les 4 villes candidates veulent se démarquer?
Banque de la défense : « Idéalement » un dirigeant qui parle français, dit Québec
Forum économique mondial de Davos : lisez le discours intégral de Mark Carney
Future Banque de la défense : le Canada obtient le siège social
Future Banque de la défense : Ottawa veut rallier davantage de pays avant le sommet de l’OTAN
Liste des pays par dépenses militaires

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Rien n’est plus pur que l’eau de pluie ! Vraiment ?

Publié le 6 mai 2026 | Temps de lecture : 1 minute

Les pesticides sont transportés dans l’air sur de courtes distances (sous forme de gouttelettes lors de l’épandage) ou sur de longues distances (après leur évaporation à la surface des feuilles).

En septembre dernier, une équipe franco-italienne de onze chercheurs (dont neuf de Clermont-Ferrand, en Auvergne) a publié les résultats d’une étude portant sur la présence de pesticides dans les nuages.

Trente-deux pesticides se retrouvent dans les nuages au-dessus du territoire de l’Hexagone, dont certains interdits.

Dans la moitié des cas, la concentration totale de pesticides dans l’eau des nuages était supérieure à 0,5 μg par litre. Ce qui correspond à la limite maximale permise dans l’eau potable.

Les chercheurs ont calculé que la quantité totale de pesticides présents dans les nuages qui survolent le territoire français varie de 6,4 (± 3,2) à 139 (± 75) tonnes, selon la météo.

Références :
Are Clouds a Neglected Reservoir of Pesticides?
Des dizaines de tonnes de pesticides présentes dans les nuages au-dessus de la France

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Écrit par Jean-Pierre Martel