Au campus de l’université McGill

Publié le 15 avril 2026 | Temps de lecture : 1 minute

Colonnade de l’entrée du campus
Structures humaines Vancouver (2010) de Jonathan Borofsky

Plaque commémorative
Vue du campus
Musée d’histoire naturelle Redpath

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet + objectif Lumix 14-45mm + les filtres de l’infrarouge Jaune 3629.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le double blocus du détroit d’Ormuz

Publié le 14 avril 2026 | Temps de lecture : 4 minutes


Introduction

En plus de l’hésitation à franchir le détroit d’Ormuz en raison des primes d’assurances élevées exigées par la Lloyd’s de Londres, ce détroit est l’objet de deux blocus complémentaires.

Le blocus iranien

L’Iran autorise le passage du détroit aux seuls navires ‘non hostiles’, c’est-à-dire à ceux de pays qui ne participent ni soutiennent les actes d’agression contre l’Iran.

Concrètement, cela exclut les navires qui transportent des marchandises à destination d’Israël, des États-Unis et de leurs alliés.

Peuvent l’emprunter, les navires qui transportent, par exemple, des marchandises (iraniennes ou non) vers la Chine, l’Inde, le Pakistan et la Turquie.

Deuxièmement, l’Iran exigeait (théoriquement) que la cargaison transportée ait été payée en devise chinoise (en yuans).

Dans les faits, on ne se présente pas à un terminal pétrolier comme on le fait en allant à une station-service; les achats d’hydrocarbures sont conclus plusieurs semaines d’avance. Donc le pétrole actuellement transporté a été acheté avant le début de la guerre.

Cette exigence est plutôt un avertissement adressé aux armateurs au sujet de leurs achats futurs.

Le Japon dépend fortement du pétrole saoudien. Pour le pays du soleil levant, on peut imaginer l’humiliation de recourir à la devise chinoise pour se procurer du pétrole…

Troisièmement, l’Iran a imposé un péage (allant jusqu’à deux-millions de dollars, payables en cryptomonnaie) à certains des navires autorisés à franchir le détroit.

Depuis le début de la guerre, une centaine de pétroliers ont quitté le golfe Persique, soit beaucoup moins que d’habitude.

Le blocus américain

Au blocus iranien (qualifié d’illégal par les États-Unis), s’ajoute un blocus complémentaire imposé à partir d’hier par Washington aux navires qui partent des ports iraniens.

À quelques centaines de kilomètres des côtes iraniennes, la marine américaine se propose non seulement d’arraisonner ces navires, mais également de s’emparer de leur cargaison.

On se rappellera que Donald Trump avait suspendu son interdiction d’acheter du pétrole iranien dans l’espoir de faire baisser les cours mondiaux des hydrocarbures.

La décision de remettre un blocus nuit non seulement à l’Iran, mais également à ses clients, dont la Chine.

On estime que le pétrole iranien représente officieusement 15 % des importations de la Chine. On peut s’attendre à ce que cette dernière réagisse avec fermeté à la piraterie américaine.

Si elle devait décider d’envoyer des sous-marins ou des navires de guerre pour escorter ses pétroliers, on serait alors au bord d’un conflit beaucoup plus important.

La raison du blocus américain

Quotidiennement, l’Iran a exporté 1,84 million de barils de pétrole brut (bpb) en mars et un peu moins (1,71 million de bpb) jusqu’ici en avril. Dans les deux cas, c’est plus que la moyenne quotidienne de 2025 (1,68 million de bpb).

En février de cette année — donc avant le début de la guerre — l’Iran a vendu pour 3,45 milliards de dollars de pétrole brut. Puisque le prix du brut s’est apprécié depuis, ses revenus pétroliers ont grimpé à 4,97 mlliards$ en mars, soit une augmentation de 44 %.


 
En somme, dans les premiers jours de la guerre, le blocus partiel du détroit d’Ormuz par l’Iran a provoqué une importante hausse du prix du pétrole.

La décision de l’administration américaine de permettre à l’Iran d’écouler son pétrole a brisé cet élan. Les cours du pétrole se sont alors mis à varier à la hausse ou à la baisse selon les déclarations du président américain.

Ce nouveau blocus, qui s’ajoute à celui de l’Iran, aura des répercussions prévisibles au fur et à mesure que se fera sentir la baisse de l’offre sur les marchés internationaux.

De plus, dans la mesure où toute tentative américaine de bloquer partiellement l’approvisionnement pétrolier de la Chine est un casus belli, on peut s’attendre à ce que Washington revienne sur sa décision.

Références :
Blocus «dangereux et irresponsable»: la Chine hausse le ton vis-à-vis des États-Unis
How much will US Hormuz blockade hurt Iran, and does Tehran have an escape?
La Chine et la Troisième guerre du Golfe
Pays autorisés, péage… Sous quelles conditions les navires passent-ils le détroit d’Ormuz ?
Strait of Hormuz blockade explained: why is Trump threatening to block Iranian ports and how would it work?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’antéchrist américain

Publié le 13 avril 2026 | Temps de lecture : 1 minute

Sur son compte X, Donald Trump s’est représenté hier soir en Jésus de Nazareth.

Cette image blasphématoire a été retirée ce matin en raison du tollé qu’elle a provoqué.

Paru depuis : Une image de Trump en Jésus cause un malaise (2026-04-13)

Postscriptum du 14 avril : l’adjectif ’américain’ a été ajouté au titre de ce texte.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le golfe Persique est un cul-de-sac maritime

Publié le 12 avril 2026 | Temps de lecture : 6 minutes

L’art de se jeter dans la gueule du loup

Tout navire qui entre dans le golfe Persique ne peut en sortir qu’en empruntant ce détroit dans le sens inverse.

Hier, le président américain a annoncé l’envoi de deux navires dans le détroit d’Ormuz afin d’y mener des opérations de déminage.

Puisque les pourparlers américano-iraniens étaient alors en cours au Pakistan, cette nouvelle laissait croire que ce déminage s’effectuait avec le consentement de l’Iran.

Il n’en est rien.

Après l’annonce ce matin de l’échec des pourparlers, l’Iran a réitéré que seuls les navires civils sont autorisés à traverser le détroit (sous certaines conditions) et que tout navire militaire s’y aventurant sera traité sévèrement.

Il est à noter qu’on ne rapporte aucune explosion de mine dans le golfe Persique depuis le début de la guerre. Voilà pourquoi on doit accueillir avec beaucoup de scepticisme la rumeur iranienne selon laquelle le golfe serait infesté de mines.

Pourrait-il s’agir d’un piège ?

Dans les pétromonarchies — en somme, de l’autre côté du golfe — les États-Unis sont incapables de protéger leurs bases militaires des drones et des missiles iraniens.

D’autre part, leurs porte-avions sont stationnés en haute mer par crainte d’être détruits par les missiles supersoniques iraniens.

Ils sont tellement loin des côtes iraniennes que leurs chasseurs-bombardiers sont incapables d’effectuer l’aller-retour sans être ravitaillés en plein vol par des avions-citernes (appelés justement ravitailleurs).

Conséquemment, envoyer des centaines de marins américains dans le détroit d’Ormuz pour y mener des activités de déminage, c’est les jeter dans la gueule du loup.

Du point de vue militaire, cela anticipe une répétition de la victoire décisive des Vietnamiens sur l’armée française dans la cuvette de Diên Biên Phu, en 1954.

Peu importe l’importance des efforts déployés par l’armée américaine pour sauver ses marins, les avions et les hélicoptères appelés en renfort seront abattus les uns après les autres dans ce qui sera alors un colossal exercice de tir aux plateaux d’argile.

L’Iran se contente de répliquer

Jusqu’ici, l’Iran s’est contenté de répliquer aux attaques israélo-américaines.

Après l’assassinat d’une partie de ses dirigeants, l’Iran a détruit la résidence personnelle de Benyamin Netanyahou.

Après le bombardement israélien d’installations nucléaires de l’Iran, ce dernier a endommagé la principale centrale nucléaire israélienne (Dimona).

Après le bombardement américain d’une usine de dessalement , l’Iran a fait de même contre un allié américain, soit le Bahreïn. Etc.

Mais dans le cas des navires américains de déminage, quel serait le précédent ? Tout simplement l’anéantissement de la flotte maritime iranienne par les États-Unis et par Israël dès le premier jour de la guerre.

Le Droit international

À plusieurs reprises sur ce blogue, nous avons soutenu que le Droit international était facultatif. À Davos, c’est ce que le premier ministre Mark Carney a affirmé en d’autres mots.

Dans le cas de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, elle ne s’applique pas à l’Iran puisque ce pays n’a pas ratifié le Traité de Montego Bay de 1982 et que le droit de la mer est facultatif, ne s’appliquant qu’aux pays qui choisissent de s’y soumettre.

De nos jours, l’Iran est dans une situation juridique identique à celle de la Grande-Bretagne au cours de la Deuxième Guerre mondiale. À l’époque, cette dernière s’autorisait à détruire les sous-marins et les navires marchands allemands qui se seraient aventurés dans le détroit du Pas-de-Calais.

De nos jours, en raison de la guerre, l’Iran est parfaitement justifié d’interdire le passage des navires qui appartiennent à des pays hostiles.

Signalons que les États-Unis, eux non plus, n’ont pas ratifié le Traité de Montego Bay. Or ce pays pratique effrontément la piraterie en haute mer.

Quand la marine américaine arraisonne un pétrolier appartenant à la flotte ‘fantôme’ russe — ce qui signifie simplement que ce pétrolier n’est pas assuré à la Lloyd’s de Londres — et vole son pétrole, cela est de la piraterie.

Le péage iranien

La largeur du détroit d’Ormuz est d’une cinquantaine de kilomètres. Au sud, on trouve les eaux territoriales du Bahreïn, larges de 12 milles nautiques (environ 21 km). Au nord, les eaux territoriales d’Iran, également larges d’environ 21 km. Et entre les deux, une dizaine de kilomètres en eaux internationales.

Dans les eaux qui lui sont propres, l’Iran a délimité très précisément d’étroits chenaux dans lesquels il garantit la navigation. Et c’est là que l’immense majorité des navires qui empruntent le détroit d’Ormuz préfèrent naviguer.

Ces chenaux doivent périodiquement être dragués pour évier leur ensablement. Les couts d’entretien justifient des frais de péage.

Ce qui doit nous étonner, c’est que l’Iran ne l’aie pas fait avant.

Le blocage américain du détroit

Plus tôt aujourd’hui, Donald Trump a annoncé la fermeture complète du détroit d’Ormuz, probablement afin de faciliter les activités de déminage.

Concrètement, cette mesure a pour effet d’empêcher le passage des pétroliers que l’Iran, jusqu’ici, laissait passer. Notamment, ceux qui transportent son pétrole à lui.

Pour l’Iran, cela rend impérieux l’anéantissement des navires américains mandatés unilatéralement pour déminer le détroit… en supposant que ce déminage soit justifié.

Références :
Bataille de Diên Biên Phu
Convention des Nations unies sur le droit de la mer
Droit international et géopolitique (deuxième partie)
Guerre au Moyen-Orient : en représailles aux frappes contre Natanz, l’Iran bombarde Dimona et Arad, plus de 100 blessés à déplorer
Guerre en Iran : « S’en prendre à une usine de dessalement équivaut à sortir l’arme nucléaire”
Trump annonce un blocus du détroit d’Ormuz après l’échec des négociations avec l’Iran
US-Iran talks in Islamabad stretch on as Hormuz stand-off fuels duelling claims

Postscriptum du 13 avril 2026 : Ce matin, sur les ondes de CNN, Beth Sanner — ex-directrice adjointe du renseignement national américain — a déclaré que les deux navires envoyés pour déminer le détroit d’Ormuz s’y sont rendus. Mais après avoir abattu un drone iranien aussitôt tiré vers eux (et qui servait d’avertissement), ils ont retraité au loin dans la mer d’Oman.

Ainsi s’achève l’opération de déminage des États-Unis.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’Europe et la Troisième guerre du Golfe

Publié le 11 avril 2026 | Temps de lecture : 7 minutes

Le début de la pénurie d’hydrocarbures en Europe

Il n’existe pas de pipeline ou de gazoduc qui relie le Moyen-Orient à l’Europe. Ce qui signifie que tout approvisionnement européen en provenance du golfe Persique doit nécessairement arriver par voie maritime.

L’obligation de contourner le cap de Bonne-Espérance (au sud de l’Afrique) fait en sorte que les pétroliers et les méthaniers qui franchissent le détroit d’Ormuz mettent environ un mois pour arriver en Europe.

Les derniers navires qui ont réussi à le faire avant sa fermeture, le 28 février dernier, sont arrivés en Europe plus tôt cette semaine.

Pour les cinq prochaines semaines (au moins), aucun pétrolier ni aucun méthanier n’apportera en Europe des hydrocarbures en provenance du Moyen-Orient.

Rappel géostratégique

Malgré l’écrasante supériorité militaire des États-Unis, le pays que les stratèges américains craignaient le plus, pendant des décennies, c’était la Russie.

À leurs yeux, une intégration économique entre la Russie et les pays d’Europe apparaissait comme une menace existentielle à l’hégémonie américaine.

Voilà pourquoi Washington s’est employé pendant des années à couper l’Europe de l’approvisionnement en hydrocarbures russes, notamment son gaz fossile (le moins cher au monde), qui donnait à l’industrie lourde européenne un avantage compétitif.

La guerre russo-ukrainienne a été l’occasion pour Washington de briser ce lien. En cessant volontairement cet approvisionnement, l’Europe s’est tirée dans le pied.

Et pour compenser, les pays européens se sont tournés vers d’autres fournisseurs; les États-Unis et le Qatar.

Comble de malchance, la Troisième guerre du Golfe a entrainé la fermeture du détroit d’Ormuz et le bombardement par l’Iran des installations gazières du Qatar.

Voilà pourquoi, les analystes prévoient que ce mois-ci, les États-Unis devraient bénéficier d’une augmentation du tiers de leurs exportations de pétrole, principalement vers l’Asie et accessoirement vers l’Europe.

Quant au gaz fossile, on peut s’attendre à ce que les pays européens deviennent encore plus dépendants des États-Unis. Ce qui accroit la vassalisation de l’Europe aux diktats de Washington.

Les conséquences concrètes

En France

En début de semaine, environ 18 % des stations-service dans tout le pays étaient en rupture de stock pour l’un ou l’autre des carburants qu’ils offraient. Aujourd’hui, ce pourcentage était tombé à 12 %.

Mardi dernier, des ouvriers du bâtiment et des artisans des travaux publics ont bloqué le boulevard périphérique de Nantes pour dénoncer la hausse du prix du diésel.

Selon France24, les six principaux ports de Corse sont bloqués depuis mardi matin par des pêcheurs qui protestent contre le prix élevé des carburants, déjà plus chers sur l’ile que sur le continent.

En Irlande

En République d’Irlande, une centaine de stations-service sont à court d’essence. Depuis cinq jours, des fermiers et des camionneurs bloquent certaines des autoroutes qui mènent à la capitale.

Le mois dernier, le gouvernement irlandais a décidé de consacrer 250 millions d’euros à la réduction du prix de l’essence. Parmi les mesures annoncées, on a réduit les taxes sur les carburants.

Dans l’urgence, l’État a mis sur pied un groupe pour coordonner les mesures destinées à pallier la pénurie. Déjà celui-ci prévient que la moitié des stations-service du pays pourraient bientôt fermer temporairement.

La plus grande entreprise privée de livraison de colis a suspendu ses activités.

L’Association médicale irlandaise s’est inquiétée publiquement du sort des patients incapables de se rendre à leurs rendez-vous et des difficultés rencontrées par les ambulanciers à faire le plein.

En raison de la rupture anticipée de l’approvisionnement en nourriture, en eau potable, et en moulée animale, le gouvernement a mis l’armée sur un pied d’alerte, prête à intervenir.

De plus, il a accusé les protestataires de prendre le pays en otage, ce qui a jeté de l’huile sur le feu… à défaut d’essence.

En Norvège

Le 1er avril, le gouvernement norvégien a supprimé les taxes sur l’essence. Cela n’a pas réussi à empêcher le prix du diésel d’augmenter de 23,6 %. D’où l’échec à calmer le mécontentement populaire.

Hier, un convoi de 70 à 80 camions s’est dirigé vers le parlement. Toutefois, les forces policières les ont empêchés d’atteindre leur destination.

Le carburant d’avion

Les pays du Golfe sont responsables de 40 à 60 % de l’approvisionnement européen en carburant d’avion.

Le dernier cargo transportant ce combustible a déchargé une partie de sa cargaison lundi dernier à Rotterdam et le reste à Copenhagen ce matin même.

Depuis le 28 février 2026, plus aucune goutte de carburant d’avion n’a franchi le détroit d’Ormuz à destination de l’Europe.

Hier, de son siège social mondial (situé à Montréal), le Conseil international des aéroports a prévenu les compagnies aériennes que le carburant d’avion pourrait manquer d’ici trois semaines en Europe si on ne débloquait pas le détroit d’Ormuz d’ici là.

En réalité, même si l’Iran permettait aujourd’hui la réouverture complète du détroit, l’Europe manquerait brièvement de carburant d’avion, compte tenu du temps du transport maritime. De manière urgente, l’Europe devra donc en trouver ailleurs entretemps.

En anticipation d’une crise pétrolière, le prix du carburant d’avion a augmenté de 138 % en Europe et de 163 % en Asie.

Au fur et à mesure que les réserves européennes s’épuiseront, on s’attend à ce que les prix flambent et que d’importantes surcharges soient facturées aux passagers des vols en partance des aéroports européens.

Conclusion

Avant cette semaine, l’augmentation du prix des hydrocarbures en Europe était spéculative puisque ce continent recevait encore normalement les navires qui avaient quitté le détroit d’Ormuz avant sa fermeture.

Depuis quelques jours s’amorcent les véritables pénuries de carburants.

Dans l’histoire de l’Humanité, les pénuries de pain étaient de mauvais augure. De nos jours, on doit également ajouter les pénuries de carburants. Or celles-ci ne font que commencer…

Références :
Blocages et tensions autour du prix des carburants
Carburants : l’UE dénonce la baisse de la TVA en Espagne et en Pologne
Fears of UK and EU flight cancellations as airports warn of jet fuel shortages
Fuel-price protests cause chaos in Ireland and spread to Norway
Guerre au Moyen-Orient : les ventes de pétrole des Etats-Unis n’ont jamais été aussi importantes
Le cout de la dé-Merkellisation de l’Allemagne
Les conséquences en France de la guerre au Moyen-Orient : le dossier explosif des carburants
Près d’une station service sur cinq en rupture en France, nouvelles aides envisagées

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Cessez-le-feu : le quiproquo américano-iranien

Publié le 10 avril 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

Au premier jour de la Troisième guerre du Golfe, l’assassinat par Israël d’une partie des dirigeants iraniens impliqués dans les négociations américano-iraniennes, combiné au fait qu’il n’existe pas d’ambassade d’Iran aux États-Unis (et vice-versa) ont créé un vide diplomatique entre les deux pays.

De nos jours, ils se parlent par l’intermédiaire du Pakistan et par médias interposés.

Les divergences américano-iraniennes portent actuellement sur cinq sujets principaux :
• un cessez-le-feu,
• la libre circulation maritime au détroit d’Ormuz,
• le programme nucléaire iranien,
• les réparations de guerre, et
• les sanctions économiques contre l’Iran.

Pour Téhéran, un cessez-le-feu est un prérequis à toute négociation portant sur le reste.

Cela signifie l’arrêt des bombardements américains et israéliens contre l’Iran et contre les intérêts iraniens dans la région (dont ceux au Liban).

Réciproquement, l’Iran cesserait ses frappes contre les bases militaires américaines et contre les alliés américains dans la région (Israël et les pétromonarchies).

Bref, ce cessez-le-feu équivaudrait à la suspension complète des hostilités militaires. Ce qui est la définition même d’un cessez-le-feu.

Les attentes iraniennes à ce sujet divergent entre ceux qui veulent simplement la fin des hostilités et ceux qui veulent une paix définitive.

Par contre, Washington exigeait la réouverture complète du détroit d’Ormuz comme condition préalable à l’arrêt des frappes en Iran. En d’autres mots, l’administration désirait le retour à la situation qui prévalait avant le début de la guerre. Comme si on pouvait remettre la pâte dentifrice dans le tube.

Après des frappes qui ont endommagé ou détruit 500 écoles iraniennes, de plus de 200 centres de santé et, de manière générale, de 67 000 cibles civiles, l’Iran n’est pas disposé à faire comme si rien ne s’était passé.

D’autant plus que ce pays est en position de force.

Premièrement, il a imposé la présence du vice-président américain aux négociations qui s’ouvrent aujourd’hui au Pakistan. Or c’est aux États-Unis de choisir ses propres négociateurs, pas à l’Iran.

Deuxièmement, les négociations s’ouvrent alors l’Iran empêche toujours la libre-circulation maritime au détroit d’Ormuz. Cela signifie que les exigences iraniennes ont prévalu quant au cessez-le-feu.

De manière générale, lorsqu’on regarde l’ensemble du contentieux américano-iranien, il est clair qu’il ne peut pas être résolu en une ou deux séances de négociation. Tout cela pourrait prendre des mois.

Or le temps joue en faveur de l’Iran puisque les conséquences économiques et politiques du blocage presque complet du détroit d’Ormuz exercent une pression insoutenable sur l’administration Trump.

Devant l’impatience de Donald Trump, ces négociations devraient rapidement tourner au vinaigre.

Références :
Comment le Pakistan a réussi à négocier une trêve entre l’Iran et les États-Unis
Iran war: is the US shifting away from its strategy of precision strikes?

Postscriptum du 13 avril 2026 : Au matin du 12 avril, à l’issue des pourparlers américano-iraniens, les deux parties se sont séparées sur un profond désaccord.

La vidéo suivante donne un excellent résumé du déroulement des discussions :
Iran-USA : 21 heures de négociations. zéro accord. Le dossier complet (vidéo générée par IA)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Iran : un cessez-le-feu voué à l’échec

Publié le 8 avril 2026 | Temps de lecture : 6 minutes

Introduction

À quelques heures de l’échéance fixée par Donald Trump, Washington et Téhéran se sont entendus pour suspendre la Troisième guerre du Golfe pour deux semaines.

L’Iran a accepté de rouvrir le détroit d’Ormuz à deux conditions.

Premièrement, l’arrêt des combats pour deux semaines. Et deuxièmement, l’acceptation par Washington que son plan en dix points servira de base de discussion à des négociations futures en vue de l’arrêt définitif du conflit.

Une erreur stratégique de l’Iran

La condition fondamentale de tout cessez-le-feu est l’arrêt des combats.

Dans son plan, l’Iran exige des garanties de non-agression par les États-Unis, le retrait des forces américaines de la région (c’est-à-dire le démantèlement des bases américaines au Moyen-Orient) et la cessation des combats sur tous les fronts, dont celui du Liban.

En permettant la réouverture du détroit d’Ormuz, l’Iran commet une erreur stratégique. Accepter qu’un document serve de base de discussion, cela ne signifie pas qu’on en accepte les clauses. Si tel était le cas, nous n’aurions pas affaire à un cessez-le-feu, mais à un armistice.

L’an dernier, à l’issue de la guerre des Douze Jours, la décision de Téhéran de mettre fin aux hostilités — alors que le pays avait mollement répliqué aux attaques israéliennes — avait profondément mécontenté les faucons au sein de l’armée iranienne et des gardiens de la révolution.

Cette fois-ci, tant que la guerre se poursuivait, toutes les factions du régime étaient unies dans la défense nationale contre les agresseurs occidentaux.

Mais l’annonce de cette trêve, présentée triomphalement au peuple iranien comme une victoire, masque une fracture au sein du pouvoir. Les opposants estiment, à juste titre, que l’Iran perd l’initiative (en anglais, le ‘momentum’).

Heureusement pour eux, la sale besogne de saboter cette entente est venue d’Israël.

Le déplaisir israélien

Jusqu’ici, la Troisième guerre du Golfe marquait l’apogée de la puissance de Benyamin Nétanyahou.

Sous sa gouverne, la bande de Gaza est en ruine. Les colons israéliens massacrent les Palestiniens de Cisjordanie dans l’indifférence totale de l’Occident. Le Hezbollah libanais a été décimé par des téléavertisseurs explosifs. Les installations militaires de la Syrie ont été anéanties par l’armée israélienne.

Partout en Europe, les tribunaux bâillonnent ceux qui critiquent son gouvernement en les condamnant pour antisémitisme.

Et cerise sur le gâteau, le premier ministre israélien a réussi à entrainer les États-Unis dans une guerre en Iran grâce à son ascendant sur Donald Trump.

Ce matin, en apprenant que l’administration Trump a pris l’engagement que l’armée israélienne cesserait de guerroyer contre l’Iran sans lui demander son avis, Nétanyahou est furieux.

Il appelle aussitôt Trump et réussit à lui faire dire que le cessez-le-feu ne s’applique pas aux frappes israéliennes contre le Hezbollah libanais.

Pour manifester sa contrariété, il ordonne à l’armée israélienne de bombarder le sud du Liban avec une violence inégalée depuis le début de la Troisième guerre du Golfe, faisant plus de 250 morts depuis ce matin.

En croyant que les États-Unis avaient une fois de plus renié leur parole — alors que, techniquement, Washington n’a jamais consenti au dernier item du plan iranien — Téhéran ordonne de nouveau le blocage du détroit d’Ormuz et lance quelques dizaines de drones et de missiles contre les pétromonarchies, histoire de rappeler aux partisans iraniens de la ligne dure que la guerre n’est pas finie.

La controverse aux États-Unis

Donald Trump sait qu’il s’est fait avoir en se laissant entrainer dans une guerre ruineuse contre l’Iran. Lui qui avait promis que jamais les États-Unis ne déclencheraient un conflit majeur sous sa gouverne, le voilà critiqué par sa base électorale.

Aux yeux d’un nombre croissant d’Américains, cette guerre est illégale et Israël est devenu un boulet aux pieds des États-Unis.

Les États-Unis n’ont plus besoin du pétrole et du gaz fossile produit au Moyen-Orient puisqu’ils sont devenus autosuffisants.

Pourtant, à cause de cette guerre qui ne les concerne pas, les Américains paient le pétrole beaucoup plus cher. Leur pays dépense quotidiennement deux-milliards de dollars pour entretenir le conflit. Et bientôt, le Congrès aura à se prononcer sur l’opportunité de consacrer une enveloppe de 1 500 milliards de dollars pour financer l’effort de guerre.

D’autre part, dans beaucoup de pays, la vente d’hydrocarbures ou d’électricité se fait par l’intermédiaire d’une société d’État (comme Hydro-Québec).

Pour éviter des révoltes analogues à celles des Gilets jaunes, ces pays doivent vendre leurs bons du Trésor américain et leurs lingots d’or pour pallier l’augmentation brutale du prix de l’énergie.

Cela tombe mal pour Washington. Pour ne pas augmenter les impôts, le gouvernement américain devra emprunter des sommes colossales sur les marchés financiers pour financer cette guerre.


 
Or la Réserve fédérale américaine doit offrir des taux d’intérêt de plus en plus élevés au fur et à mesure que se dégrade la confiance des investisseurs internationaux envers les États-Unis.

Donc, à bien y penser, peut-être que cette guerre n’était pas une si bonne idée…

Références :
Ce que l’on sait sur l’accord de trêve entre Washington et Téhéran
Cessez-le-feu en Iran : ce que contient le plan en 10 points de Téhéran, jugé « viable » par Trump
Guerre des Douze Jours
Iran : les infrastructures frappées avant même la fin de l’ultimatum de Trump
Le sort des bateaux coincés dans le golfe Persique reste flou
Les frappes israéliennes ont fait au moins 250 morts au Liban mercredi
Les vraies raisons pour lesquelles Israël déclenche une guerre contre l’Iran
Levée des sanctions, nucléaire… Que contient le plan iranien en dix points proposé à Trump ?
The Ceasefire That Wasn’t! What Comes Next? With Trita Parsi (vidéo en anglais)
UK security adviser attended US-Iran talks and judged deal was within reach
Uranium, levée des sanctions… Que contient le plan en dix points proposé par l’Iran à Donald Trump?
When Pakistan Warned Trump (vidéo en anglais)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La guerre d’Hiver de 1939 et les purges militaires de Trump

Publié le 7 avril 2026 | Temps de lecture : 5 minutes
Mémorial national de la guerre d’Hiver de 1939-1940, de Pekka Kauhanen (2017)

En 1938, une des grandes préoccupations de Joseph Staline est la frontière russo-finlandaise. Celle-ci est alors située à seulement 32 km de la deuxième plus grande ville de Russie, soit Leningrad (aujourd’hui appelée Saint-Pétersbourg).

À l’époque où la Finlande était un duché russe, cette proximité n’avait pas d’importance. Toutefois après l’indépendance (obtenue de la Russie en 1917), la Finlande avait développé des relations amicales avec l’Allemagne afin de faire contrepoids à son redoutable voisin.

En 1938, l’Allemagne et la Russie ne sont pas encore liées par leur pacte de non-agression (qui sera signé en aout 1939).

En cas de guerre, Staline sait que Finlande refusera que l’armée rouge traverse son territoire par crainte d’être annexée à cette occasion. Par contre, il sait que ce pays accordera cette permission à l’armée du Troisième Reich.

Le résultat, c’est qu’en cas d’invasion allemande, les troupes ennemies pourraient avancer jusqu’à 32 km de Leningrad sans rencontrer la moindre résistance.

Pour pallier cette menace, Staline offre à la Finlande un échange de territoires; la frontière russo-finlandaise serait repoussée de cent kilomètres alors qu’en contrepartie, la Russie offre à la Finlande de nouveaux territoires situés plus au nord.

Puisque ceux-ci sont de moindre importance économique, la Finlande décline l’offre. Ce qui est son droit.

Mais droit ou non, Staline veut repousser cette frontière.

Une guerre entre ces deux pays éclate donc en novembre 1939. Elle prendra fin en mars 1940. À cette occasion, l’armée finlandaise tiendra tête à l’armée russe (qui essuiera des pertes considérables).

À l’issue du conflit, le traité de Moscou est signé entre les belligérants. Concrètement, il correspond aux demandes territoriales originelles de Staline.

Chacun des belligérants proclame alors avoir gagné la guerre; la Finlande pour avoir empêché l’invasion russe et la Russie pour avoir fait repousser la frontière finlandaise.

L’importance de cette guerre vient du fait qu’un tout petit pays avait réussi à résister à un pays présumé beaucoup plus puissant qui s’est avéré être un tigre de papier.

Ce détail n’a pas échappé à Adolf Hitler. Ce qui l’a incité à rompre sa parole et à envahir la Russie à peine deux ans après la signature du Pacte germano-soviétique.

Pourquoi l’armée russe s’est-elle avérée si faible ?

Au cours des années 1930, Joseph Staline était devenu de plus en plus paranoïaque. Par crainte d’un coup d’État, il avait peu à peu ‘éliminé’ tous les généraux compétents pour les remplacer par des gens de moindre envergure, moins capables de le renverser s’ils devaient tenter de le faire.

De plus, chacun d’eux était couplé à un conseiller politique qui servait d’espion et dont le rôle était officiellement de s’assurer de sa pureté idéologique.

À la suite de l’humiliation infligée par la Finlande, Staline changea de politique, promut des stratèges compétents à la tête de son armée et s’engagea dans une course aux armements.

Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump commet la même erreur que Joseph Staline.

Il s’est d’abord entouré de ministres remarquablement incompétents.

En tant que commandant suprême des armées, Donald Trump veut que les dirigeants militaires de son pays n’hésitent pas à mettre en exécution des menaces qui sont clairement des violations du Droit international. Bref, qu’ils soient dépourvus de scrupules.

À cette fin, il a limogé le chef d’état-major des armées, les chefs de la marine, des garde-côtes, de l’Agence de sécurité nationale (NSA), ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie.

Le 3 avril dernier, son ministre de la Guerre a limogé le chef d’état-major de l’armée de terre afin de le remplacer par quelqu’un qui pourra appliquer sa propre vision et celle de Donald Trump.

Au total, à l’occasion de cette purge, une douzaine de militaires de haut niveau ont été poussés vers la sortie.

Tout cela en quinze mois.

À Washington, Donald Trump est devenu aussi puissant que Staline l’était à Moscou. Dans l’armée, personne n’ose le contredire.

Maintenant que des milliers de soldats américains s’apprêtent à envahir le territoire iranien, est-ce que les dirigeants militaires nommés par Trump feront mieux que ceux de Staline au cours de la guerre d’Hiver de 1939 ?

C’est ce que nous verrons…

Références :
Armée américaine: «La plupart des licenciements de hauts gradés concernent des femmes ou des Afro-Américains»
Guerre d’Hiver
Le patron du Pentagone, Pete Hegseth, obtient le départ du chef d’état-major de l’armée de terre

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’Iran et le port du voile

Publié le 5 avril 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

Selon la presse occidentale, le pays le plus répressif au monde à l’égard des femmes est l’Iran.

Pourtant, dans les facultés de médecine du pays, 60 % des étudiants sont des femmes et 34 % des enseignants y sont de sexe féminin. Quant aux praticiennes, elles composent 40 % des médecins spécialistes.

Comment expliquer cela ?

Voile et préjugés

Dans les familles musulmanes traditionnelles, on attache une importance démesurée à la virginité des adolescentes.

Pour les pères de famille, une adolescente déflorée souille l’honneur de la famille puisque cette dernière pourra être répudiée par son époux lorsqu’il découvrira qu’on lui a caché la vérité à ce sujet.

Comme dans nos sociétés, un mariage sera annulé si on a caché à un conjoint que sa femme ou que son mari est porteur d’une maladie héréditaire grave.

Oui, je sais, cela n’est pas pareil. Mais en Iran, ce l’est.

Dans les régions rurales et les villages d’Iran, jamais les pères n’accepteraient que leur adolescente parte seule étudier à l’université, puisqu’en cas de perte de virginité, ce serait un déshonneur.

D’autre part, l’immense majorité de la population iranienne est persuadée que le voile islamique protège la virginité des jeunes filles.

La question de savoir si cela est vrai ou non n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est qu’ils y croient.

En conséquence, des centaines de milliers de jeunes Iraniennes font des études supérieures en Iran parce qu’elles portent le voile. Autrement, elles demeureraient à la maison.

Voilà pourquoi on trouve des femmes dans presque tous les secteurs de la société iranienne.

C’est ainsi que le pont Tabiat (pont de la Nature) à Téhéran, inauguré en 2014, a été conçu par l’architecte Leila Araghian, une Iranienne alors âgée de 26 ans.

En somme, dans le contexte particulier de l’Iran, le port du voile est un vecteur d’émancipation féminine au sein des classes populaires, contrairement au cliché entretenu par nos médias.

Toutefois, l’obligation sociale de le porter est perçue comme un facteur d’oppression par une minorité grandissante constituée des femmes occidentalisée du pays.

L’histoire secrète des manifestations iraniennes de 2025-2026

Le tort de la théocratie iranienne est d’encourager la répression brutale des femmes qui protestent contre l’obligation de porter le voile.

Tout comme le coup d’État de Maïdan en 2014 a été le point de départ d’un engrenage qui a mené à la guerre russo-ukrainienne, les manifestations iraniennes de décembre 2025 et de janvier 2026 ont été le préambule à la Troisième Guerre du Golfe.

Le modus opérandi a été le même.

On a d’abord de grandes manifestations populaires en faveur d’une cause noble, suscitées par le biais des médias sociaux. Puis des tireurs d’élite œuvrant pour le compte d’un pays étranger se mêlent à la foule et vont tirer à la fois sur les policiers et sur les manifestants.

Parmi les forces de l’ordre, ils vont faire une centaine de morts. Et ce, afin d’exacerber la violence de la répression policière.

D’autres tireurs vont prendre la foule en souricière afin de l’empêcher de se disperser et d’assombrir le bilan meurtrier des émeutes.

Puis le nombre de morts (estimé à 4 507 personnes) est grossièrement exagéré par les agences de presse occidentales afin de manipuler l’opinion publique et justifier la guerre en préparation.

Selon l’ONG Human Rights Activists News Agency, après un mois de guerre, on en était déjà à 3 519 morts en Iran, dont 1 598 civils.

De la même manière que l’Occident souhaitait un changement de régime au Kremlin qui aurait porté au pouvoir Alexeï Navalny — alors que son taux de popularité n’a jamais dépassé 5 % des intentions de vote en Russie — l’Occident mise maintenant sur Reza Pahlavi, le fils héritier de l’ancien chah d’Iran, que presque personne ne connait dans ce pays.

Comme quoi plus ça change, plus c’est pareil.

Références :
Guerre au Moyen-Orient : les bilans des pertes humaines dans la région
Harcèlement et violences monarchistes visant les dissidents iraniens
Iran Protest Documentation
La place des femmes dans les études de médecine, hier et aujourd’hui
La Révolution islamique a 45 ans : les femmes iraniennes plus brillantes que jamais
L’engrenage ukrainien
Pont Tabiat : une intersection spectaculaire entre nature et architecture à Téhéran
Répression des manifestations en Iran : le G7 menace Téhéran de « mesures restrictives supplémentaires »
Répression des manifestations iraniennes en 2026
Ukraine : l’histoire secrète de la révolution de Maïdan

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à la Troisième guerre du Golfe, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La France rapatrie 129 tonnes d’or des États-Unis

Publié le 2 avril 2026 | Temps de lecture : 3 minutes


 
De juillet 2025 à janvier 2026, la Banque de France (BdF) a rapatrié à Paris tout l’or qu’elle entreposait depuis des années dans les voutes new-yorkaises de la Réserve fédérale américaine.

Plutôt qu’expédier par bateau une cargaison qui aurait valu une fortune, on a jugé plus prudent d’effectuer le transfert en deux temps. La BdF a d’abord vendu l’or entreposé à New York. Puis elle a racheté le même poids d’or sur le marché européen.

Ces nouveaux lingots représentent cinq pour cent de l’or de France, soit 19 tonnes sur 2 437. Le tout est dorénavant réuni à 27 mètres sous terre, dans un immense coffre-fort surnommé ‘La Souterraine’, situé dans le premier arrondissement de Paris.

Officiellement, cela avait pour but d’écouler de vieux lingots fondus à des époques où la purification de l’or était moins poussée qu’aujourd’hui. L’objectif de la BdF est de ne posséder que des lingots dont la teneur en or répond aux standards modernes les plus élevés (soit 99,5 % ou plus).

Après la mise à niveau de ces 129 tonnes, il en restera 134 autres, entreposées à Paris, qui ne sont pas encore aux normes de la BdF.

Depuis la saisie des avoirs russes en Occident, les banques centrales de l’Inde et de la Serbie ont rapatrié leurs réserves d’or. De son côté, la Chine a procédé à la vente partielle de ses bons du Trésor américain; ses avoirs ont baissé de 1 040 milliards$ au début de 2022 à 867 milliards$ un an plus tard.

Après la France, d’autres pays songent aussi à rapatrier leur or, dont l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie, et le Venezuela.


 
Autre signe de la dégradation de la confiance envers les États-Unis, les bons du Trésor américain à dix ans trouvaient preneurs en juillet 2020 avec un taux d’intérêt de 0,47 %. De nos jours, la Réserve fédérale américaine doit offrir des taux d’intérêt neuf fois plus élevés pour attirer des créanciers.

Références :
La Banque de France a vidé ses stocks d’or détenus à New York pour les conserver à Paris et a réalisé une juteuse plus-value de 13 milliards d’euros
La France a ramené tout son or des États-Unis
La France a rapatrié son or
La France rapatrie 129 tonnes d’or depuis les coffres américains
La Souterraine
L’or et la Banque centrale du Canada
Rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans
Réserves d’or par pays : le classement 2025

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Écrit par Jean-Pierre Martel