Les 51 pays complices de l’armée israélienne à Gaza

Publié le 2 juin 2026 | Temps de lecture : 2 minutes


 
D’octobre 2023 à octobre 2025, 51 pays ou entités étatiques ont exporté du matériel militaire en Israël.

En janvier 2024, la Cour internationale de justice a statué qu’il y avait un risque plausible de génocide dans la bande de Gaza et a demandé à ses 153 pays membres de prendre les mesures appropriées afin de prévenir ce risque.

Paradoxalement, après cette mise en garde, ces pays ont augmenté leurs ventes d’armements à Israël.

En montants absolus, les plus importants fournisseurs de l’armée israélienne sont les États-Unis (42 % du total), l’Inde (16 %), la Roumanie (8 %), Taïwan (4 %) et la République tchèque (3 %).

Collectivement, les membres de l’Union européenne ont fourni 19 % du matériel militaire importé par Israël. Dans tous les cas, ces pays déclarent ne lui vendre que des armes ‘défensives’ sans toutefois être en mesure d’expliquer la différence entre ce qui est défensif et ce qui ne l’est pas.

Dans la majorité des cas, ces expéditions ont été des munitions, des explosifs, et des pièces détachées d’armes ou de véhicules blindés.

Référence : Not just the US: How 51 countries armed Israel during Gaza war

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le drone russe tombé en Roumanie et le délire anti-russe de l’Otan

Publié le 31 mai 2026 | Temps de lecture : 3 minutes
Lieu de l’écrasement

Introduction

Depuis le début du mois, il est tombé des milliers de drones en Europe de l’Est, au Proche-Orient et sur les États riverains du golfe Persique.

Toutefois, celui qui est tombé dans la nuit du 28 au 29 mai derniers sur la ville roumaine de Galați — située à une dizaine de kilomètres de la frontière ukrainienne — a provoqué la réaction la plus vive dans les chancelleries occidentales.

Pourtant, ce drone, tiré de Russie, n’a provoqué que des dommages légers, et n’a causé que des blessures mineures chez deux personnes.

L’outrance des réactions diplomatiques occidentales

Le consul russe à Constanta (deuxième ville de Roumanie) a été expulsé et son consulat, fermé.

Les ministères des Affaires étrangères de France et de Grande-Bretagne ont convoqué leur ambassadeur russe respectif afin de condamner cette ‘agression’.

Sur son compte X, l’ambassadeur américain à l’Otan a déclaré que Washington se tenait solidaire aux côtés de la Roumanie.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a accusé Moscou de franchir une nouvelle limite et promis de nouvelles sanctions.

Quant à lui, le secrétaire général de l’Otan a dénoncé le comportement ‘irresponsable’ de la Russie.

Un fait divers insignifiant

Doté d’une petite charge explosive, ce projectile faisait partie d’un essaim de drones tirés par la Russie vers l’Ukraine. La majorité d’entre eux ont été abattus.

Mais le drone dont il est question a été touché par un tir et a dévié vers la Roumanie où, comme on l’a vu, il n’a causé que des dégâts mineurs.

La responsabilité russe

Soutenue par l’Otan et l’Union européenne, la Roumanie a fait porter à la Russie l’entière responsabilité des dommages causés par ce drone.

Que doit-on en penser ?

Imaginons qu’un avion d’Air France assurant la liaison entre Paris et Alger soit touché par un tir d’un groupe islamiste et que cet avion s’écrase sur la capitale algérienne, causant des centaines de morts. Pourrait-on accuser la France d’être responsable de l’accident ?

C’est la logique accusatrice des dirigeants occidentaux.

L’immaturité des dirigeants occidentaux

La Roumanie est à la périphérie du théâtre de la guerre russo-ukrainienne. Ce qui comporte des risques.

Ce sont des risques que la Roumanie doit assumer. D’autant plus qu’elle est cobelligérante, fournissant à l’Ukraine armes et munitions.

En faisant un drame du moindre fait divers de cette guerre, les dirigeants occidentaux font étalage de leur immaturité et de leur manque de pragmatisme.

Alors que les pays occidentaux n’ont plus la capacité industrielle de fournir un effort de guerre important, et alors que leurs stocks d’armements sont au plus bas en raison de leur générosité à aider l’Ukraine, les dirigeants de ces pays continuent de battre le tambour de la guerre comme si l’humiliation actuelle des États-Unis face à l’Iran n’était pas un appel à la prudence…

Références :
Bucarest accuse la Russie, qui affirme ne pas « menacer » l’Europe
Nato ready to defend ‘every inch’ of territory as Russian drone hits Romania
Une ONG proche de Nicușor Dan diffuse une théorie du complot concernant l’incident du drone à Galați. Cette théorie contredit les propos du président. (en roumain)

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à la guerre russo-ukrainienne, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’assurance dentaire et l’espionnage financier d’Ottawa

Publié le 30 mai 2026 | Temps de lecture : 3 minutes
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Moyennant l’obtention d’un mandat émis par un juge, il est normal que les corps policiers aient accès aux données bancaires d’un citoyen soupçonné de fraude ou d’un crime économique.

Toutefois, est-il normal que la couverture de l’assurance dentaire d’Ottawa soit conditionnelle au partage des informations bancaires — solde du compte courant, transactions détaillées, contributions à un REER, etc.— des six-millions de Canadiens assurés ?

C’est pourtant ce qu’Ottawa exige de connaitre cette année sous le prétexte d’identifier la personne qui demande le renouvèlement de son assurance dentaire. On peut se demander en quoi ces informations confidentielles ont la moindre utilité à cette fin.

Si Ottawa veut s’assurer que le demandeur répond toujours au critère d’admissibilité du revenu familial annuel de moins de 90 000 dollars, il le sait déjà par le biais de la déclaration de revenus.

Au cours de la demande électronique de renouvèlement, Ottawa ne devrait exiger du demandeur que de préciser son numéro d’assuré (appelé numéro de membre) et le code à six chiffres que Service Canada lui envoie par SMS. Le tout devrait prendre moins d’une minute.

En janvier 2019, le parlement canadien a voté une loi qui permet à Statistique Canada de recueillir automatiquement, et sans leur consentement, les informations bancaires de 500 000 Canadiens. Ces informations comprennent l’identité, le solde bancaire et les transactions effectuées.

Par le biais du programme canadien d’assurance dentaire, cet espionnage a donc été étendu à six-millions de Canadiens.

Depuis les révélations d’Edward Snowden en 2013, on sait que les cinq pays à majorité anglo-saxonne — les États-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande — ont mis sur pied un système de surveillance qui épie tous nos courriels, tous nos textos et toutes nos conversations téléphoniques.

Par le biais de la géolocalisation des appareils mobiles, l’État peut espionner le moindre de nos déplacements et, par croisement, savoir qui nous rencontrons.

Si ce n’est pas déjà fait, on mettrait au point un logiciel qui donnerait à l’État l’accès au micro d’un téléphone même lorsqu’on ne s’en sert pas pour que nous vivions dans un état permanent d’espionnage généralisé. Même dans les moments les plus intimes.

Toujours dans le domaine de l’intime, Statistique Canada a franchi un nouveau seuil cette année en ajoutant au recensement une question relative à l’identité de genre du répondant.

Références :
Informations bancaires: Statistique Canada veut rassurer les citoyens
L’espionnage d’Ottawa dans nos vies n’a pas de limite

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| Espionnage, Informatique, le prix du fédéralisme, Sécurité | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le rapport de OUI Québec face à l’avenir du Québec

Publié le 26 mai 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Préambule

Il y a douze ans, j’avais assisté à un colloque organisé par OUI Québec.

Presque totalement inconnu du public, ce groupuscule comptait à l’époque relativement peu de membres; environ deux-cents personnes, m’avait-on dit.

À ce colloque, je m’étais inscrit à l’atelier sur la langue.

Quelle ne fut pas ma déception de constater que OUI Québec y avait placé des petits soldats — plus précisément une poignée d’avocats — dont le rôle était de faire battre toutes les résolutions autres que celles soumises par la direction de cet organisme.

En raison de ce manque de démocratie, je m’étais promis de ne plus jamais y remettre les pieds.

Cet organisme est sorti récemment de l’ombre en publiant un rapport de 36 pages intitulé ‘La société civile québécoise face à l’avenir’.

Sonder l’affect

Il y a deux manières d’effectuer un sondage.

La première consiste à poser des questions factuelles accompagnées d’un choix de réponses. Par exemple, la question : ‘Quand s’est produite la conquête de la ville de Québec par le général Wolf ?’ accompagnée d’un choix de dates.

La deuxième manière est du domaine des sciences sociales. Elle consiste à permettre au répondant d’exprimer une sensation, une émotion, un sentiment, ou une humeur. Et ce, par le biais d’une opinion, rationnelle ou non. Par exemple : ‘Croyez-vous que la conquête anglaise de Québec fut une bonne ou une mauvaise chose, et pourquoi ?’

Le sondage effectué par OUI Québec et le rapport qui en résume les résultats font partie de la seconde catégorie.

La méthodologie du sondage

En plus d’analyser les mémoires soumis aux consultations prébudgétaires du gouvernement du Québec, OUI Québec a rencontré plus d’une cinquantaine de représentants d’organisations qui ont accepté de participer à cette consultation.

Le rapport ne dresse pas la liste des participants. Parce que, selon OUI Québec, ceux-ci parlent au nom d’organismes vulnérables qui craignent d’être ostracisés s’ils osent parler publiquement.

Courageusement, ces organismes ont livré des témoignages qui ont bouleversé la présidente de OUI Québec, selon l’entrevue qu’elle a accordée au quotidien La Presse.

Plus précisément, au sujet de l’immigration, celle-ci a été sensible aux “ inquiétudes liées à la perception des enjeux identitaires envers le mouvement souverainiste. […] On sentait la charge émotive par rapport à cette question. C’étaient des discussions chargées, intimes.

Les quatre questions du sondage

Dans chaque cas, les participants avaient à répondre à quatre questions ouvertes :
• Quelle est la mission de votre organisation ?
• Quel est l’avenir rêvé pour le Québec, du point de vue de votre organisation ?
• Qu’est-ce qui empêche aujourd’hui d’atteindre cet idéal ?
• Si vous aviez un conseil à donner au mouvement souverainiste, ce serait quoi ?

Après analyse des réponses reçues, OUI Québec a déterminé des ‘points de convergence’ et, au contraire, des ‘points de vigilance’.

Le rapport précise le pourcentage d’appui aux ‘points de convergence’. Ce qui permet d’évaluer s’ils font consensus.

Toutefois, ce n’est pas le cas des ‘points de vigilance’. Ceux-ci sont des craintes exprimées par au moins une personne, et qui ont été retenues parce qu’elles ont ému les responsables de cette consultation.

Les réactions

L’importance démesurée attachée à la moindre critique transforme la dernière partie du rapport en exercice d’autoflagellation. Ce qui a suscité la controverse sur les médias sociaux.

Citant le rapport, La Presse s’empresse de conclure que rapport prouve que le mouvement souverainiste a reculé sur la délicate question du vivre-ensemble avec les immigrants, remplaçant la fierté par la fermeture.

Conclusion

La société québécoise est davantage qu’une simple collection d’ONG issues de la ‘société civile’.

Dans aucun cas, le rapport intitulé ‘La société civile québécoise face à l’avenir’ ne peut prétendre être le miroir de la société québécoise.

C’est plutôt le reflet d’avis exprimés par une cinquantaine de personnes à l’occasion d’une consultation totalement dépourvue de rigueur scientifique.

Depuis sa fondation, OUI Québec se présente comme un organisme qui chapeaute le mouvement indépendantiste comme la papauté chapeaute le catholicisme.

Mais ce regroupement de quelques centaines de personnes — principalement des avocats et des ‘has been’ de la politique québécoise — n’a pas les moyens de son ambition.

Références :
Rapport de OUI Québec
Rapport sur la souveraineté du Québec — « Nous avons remplacé la fierté par la fermeture »

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Trois cimetières montréalais

Publié le 24 mai 2026 | Temps de lecture : 1 minute

Introduction

En remontant le boulevard du Mont-Royal (qui est une rue et non un boulevard), on accède à deux cimetières situés au nord-est du cimetière Notre-Dame-des-Neiges.

Le cimetière Shaar Hashomayim


Inauguré vers 1863, ce cimetière contient la dépouille d’environ six-mille Juifs, dont celle de Leonard Cohen.

Le cimetière Mont-Royal

Porte du cimetière Mont-Royal

Créé en 1852, le cimetière Mont-Royal couvre 165 acres (ou 66,8 hectares). Il accueille les 200 000 dépouilles de Montréalais anglophones, de Francophones protestants, et de Francophones qui ont refusé (ou se sont vus refuser) la sépulture catholique.

Le cimetière Notre-Dame-des-Neiges





 
Avec ses 343 acres (1,4 km²), le cimetière Notre-Dame-des-Neiges est plus vaste de Montréal. Depuis sa création en 1854, il a accueilli près d’un million de dépouilles.

Complément de lecture :Les cimetières anciens de Montréal — 1re partie

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet + objectif Lumix 14-45mm

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à l’infrarouge couleur, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Trouver chaussure à son pied

Publié le 24 mai 2026 | Temps de lecture : 1 minute

L’expression ‘Trouver chaussure à son pied’ signifie trouver un objet qui convient ou trouver un partenaire sexuel.

La réclame ci-contre parait quotidiennement dans le Journal de Montréal depuis des semaines.

Il y eut une époque où on se servait des femmes — ici en tenue légère et en pose suggestive — pour mousser la vente d’un banal produit de consommation.

Mais de nos jours, on s’étonne que cette réclame n’ait pas encore été retirée à la suite de protestations.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Lettre à Soraya Martinez-Ferrada — La traversée de Sherbrooke à Pie-IX

Publié le 23 mai 2026 | Temps de lecture : 2 minutes

À l’intersection de la rue Sherbrooke et du boulevard Pie-IX, seulement sept secondes sont laissées à l’usage exclusif des piétons pour franchir Sherbrooke du côté ouest de Pie-IX en direction nord.

Au-delà de ces sept secondes, on leur accorde 33 secondes supplémentaires pour compléter leur traversée. Toutefois, ils sont alors en compétition avec les automobilistes qui descendent Pie-IX en direction sud et qui tournent sur Sherbrooke vers l’ouest.

Il est à noter que les piétons qui traversent l’intersection en sens inverse (c’est-à-dire vers le sud) débutent leur traversée plus tôt. Sans qu’on sache très bien pourquoi.

À cet endroit, les trottoirs qui bordent de part et d’autre la rue Sherbrooke sont distants de 35 mètres.

Cela signifie que la seule manière pour un piéton de traverser vers le nord la rue Sherbrooke de manière sécuritaire, c’est de le faire au pas de course de 5 mètres à la seconde (ou 16,4 pieds par seconde).

Avec un bon entrainement cardiovasculaire, c’est faisable. Sinon, la sécurité des piétons est laissée entre les mains des automobilistes généralement bienveillants qui tournent vers l’ouest.

Puisque cette intersection se trouve à un jet de pierre des installations olympiques, on peut féliciter la ville pour ce moyen ingénieux de motiver les Montréalais à pratiquer la course à pied au péril de leur vie.

Toutefois, entre vous et moi, il serait peut-être plus prudent de prolonger le temps laissé à l’usage exclusif des piétons pour traverser cette rue.

Qu’en pensez-vous, madame la mairesse ?

Compléments de lecture :
Le laisser-faire de l’administration Plante face aux chauffards
Les boutons pour piétons
Les feux de circulation du XXIe siècle
L’hiver, les piétons et la police montréalaise
Pourquoi si peu de dos-d’âne dans les rues résidentielles de Montréal ?
Sécurité des piétons : réduire la vitesse ou implanter le péage ?
Traverser en dehors des clous : la gestion du risque par le piéton

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Faciliter l’éradication des Palestiniens en les désarmant

Publié le 22 mai 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Un plan de paix complice

Il y a deux jours, le représentant américain au Conseil de sécurité de l’Onu présentait le premier rapport du Conseil de la paix. Cet organisme a été mis sur pied par Donald Trump afin de vérifier la mise en œuvre de son plan dans la bande de Gaza.

La première phase de ce plan prévoyait la cessation des hostilités et un échange de prisonniers entre les belligérants.

Cet échange a bien eu lieu. Toutefois, l’armée israélienne a continué de bombarder quotidiennement la population gazaouie, mais avec moins de vigueur qu’avant.

La deuxième phase prévoyait le désarmement du Hamas (auquel le Hamas n’a jamais consenti) en contrepartie du retrait souhaitable de l’armée israélienne du territoire occupé.

Dans le rapport remis à l’Onu, le Conseil déclare que le Hamas est le principal obstacle à la poursuite du plan de paix de Trump.

Nature du Hamas

Dans le contexte d’une guerre coloniale, le colonisé a non seulement le droit de se défendre, mais également celui d’attaquer par les armes son colonisateur… du moment qu’il le fait en respectant le Droit de la guerre.

En pareil cas, le colonisateur ne possède pas, légalement, le droit de répliquer. Si c’était le cas, le Droit international reconnaitrait le droit de réprimer ceux qui s’opposent à leur dépossession et conséquemment, cautionnerait le droit de coloniser.

Les pays occidentaux ont choisi le contraire, soit de considérer le Hamas comme une organisation terroriste.

En réalité, le Hamas est le gouvernement de la bande de Gaza. En temps normal, c’est lui qui assure l’ordre et tous les services publics qui ne sont pas défrayés par des bienfaiteurs étrangers (Onu et pétromonarchies, notamment).

Depuis la réplique israélienne aux attaques du Hamas, ce dernier vit dans la clandestinité.

Quand le désarmement conduit au chaos

Rami Abou Jamous est un journaliste palestinien qui décrit le quotidien des personnes qui vivent dans la bande de Gaza.

Le 15 mai dernier, il écrivait :

[L’armée israélienne] cible particulièrement les policiers, afin de susciter le chaos sécuritaire à Gaza. Cela n’arrête pas. Presque chaque jour, un commissariat, un 4×4, un poste de contrôle est visé.

Un mois plus tôt, il écrivait :

[Si le Hamas] accepte de [se] désarmer, ce sera le début d’une guerre civile à Gaza. Les milices armées par les Israéliens auront le champ libre.
[…]
Le véritable objectif d’Israël, c’est la guerre civile. Il a vu que, malgré le génocide, beaucoup de Gazaouis veulent résister en restant chez eux. Mais si une guerre civile éclate, [ceux-ci] partiront.

Le massacre de Sabra et de Chatila

Les Palestiniens se souviennent de ce qui arrive lorsqu’ils sont sans défense.

Après avoir été chassée de Jordanie en 1970, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) s’était réfugiée au Liban.

Le 6 juin 1982, l’armée israélienne envahit ce pays et s’arrête aux portes de la capitale libanaise.

Afin d’éviter un affrontement meurtrier (autant pour l’OLP que pour l’armée israélienne), l’OLP signe le 20 aout 1982 un accord en vertu duquel elle quitte le Liban pour la Tunisie en contrepartie de l’engagement de l’armée israélienne de ne pas avancer davantage dans la ville.

Mais Israël ne respecte jamais sa parole.

Alors que l’OLP n’est plus là pour protéger les réfugiés palestiniens,
l’armée israélienne envahit Beyrouth-Ouest le 15 septembre 1982, contrairement à l’accord de cessez-le-feu signé un mois plus tôt.

Israël justifie ce redéploiement par la nécessité de maintenir l’ordre et de détruire l’infrastructure laissée par les terroristes.

Les 16 et 17 septembre, alors que les camps de Sabra et Chatila sont encerclés par l’armée israélienne et que celle-ci empêche les habitants de s’en échapper, elle laisse entrer les milices chrétiennes (financées secrètement par le ministère de la Défense israélienne) qui y tueront hommes, femmes et enfants pendant ces deux jours.

Le massacre fit entre 800 et 3 500 victimes.

Conclusion

Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, le gouvernement américain est — plus que jamais — à la solde d’Israël.

Ce que l’armée israélienne n’a pas réussi à faire depuis son invasion de la bande de Gaza, le 27 octobre 2023, Donald Trump croit y parvenir par des moyens ‘diplomatiques’.

Mais peut-on parler de diplomatie quand le principal intéressé (le Hamas) est exclu des discussions ?

Bref, Donald Trump voudrait que les Palestiniens oublient tout ce que l’histoire leur a appris (notamment au Liban) et n’offrent plus aucune résistance à leur dépossession violente.

Références :
Conseil de la paix
Gaza : le Conseil de la paix de Donald Trump étale son impuissance devant l’ONU
Gaza : les mots qui comptent
« Il n’y a pas de cessez-le-feu à Gaza »
Le Hamas est le « principal obstacle » au plan de paix, selon le Conseil de paix créé par Trump
Mouawad et la guerre civile libanaise
Plan de paix pour Gaza
« Si le Hamas est désarmé, c’est la guerre civile à Gaza »

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’empreinte environnementale des centres de données est un secret protégé par le droit européen

Publié le 20 mai 2026 | Temps de lecture : 2 minutes

Le fonctionnement de l’intelligence artificielle repose sur des centres de données qui sont de colossaux consommateurs d’énergie et d’eau.

Avant d’autoriser l’implantation d’un tel centre sur son territoire, une municipalité doit connaitre son empreinte environnementale, notamment ses besoins en ressources aquifères.

Depuis 2023, l’Union européenne obligeait ces centres à divulguer un certain nombre d’indicateurs : consommation d’énergie, usage de l’eau, efficacité énergétique ou encore performances techniques.

À la suite des pressions de Microsoft et de Digital Europe (qui défend à Bruxelles les intérêts des géants de l’informatique), la Commission européenne a décidé que cette empreinte environnementale relevait du secret industriel.

Le mois dernier, le quotidien Le Monde révélait que la Commission a ajouté une clause de confidentialité dans la règlementation européenne sur les centres de données.

Avant d’autoriser la construction d’un centre de données, il sera dorénavant illégal pour une municipalité d’exiger connaitre combien d’eau sera nécessaire à son fonctionnement.

On ignore les raisons qui justifient cette décision. C’est donc dans le secret le plus total que la Commission a accordé cette faveur aux géants américains de la tech.

Ce qui contribue aux soupçons de corruption qui planent déjà sur les diverses instances de l’Union européenne.

Références :
Comment Microsoft et le lobby de la tech ont fait entrer le secret dans le droit de l’UE sur les centres de données
La corruption au parlement européen
Stratégie industrielle du Québec : la panne d’idée de François Legault

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les prérequis iraniens à la paix

Publié le 18 mai 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Aux discussions américano-iraniennes qui servent de préalable à l’ouverture de négociations de paix, la position iranienne nous parvient au travers du filtre de l’administration Trump.

Or ce que celle-ci nous transmet, c’est une liste où les demandes iraniennes sont présentées pêlemêle alors qu’il est clair qu’elles ne peuvent pas avoir toutes la même importance aux yeux de Téhéran.

Le 12 mai dernier, sur son compte X, Ali Hashem (qui œuvre pour Alzajeera) fournissait des précisions indispensables pour bien comprendre la position iranienne. Selon ce journaliste…

Les prérequis iraniens à l’ouverture de négociations de paix avec les États-Unis sont :
• la fin de la guerre sur tous les fronts,
• la levée de toutes les sanctions économiques contre l’Iran,
• le déblocage des avoirs iraniens gelés,
• l’indemnisation des dommages et pertes de guerre, et
• la reconnaissance de la souveraineté de l’Iran sur le détroit d’Ormuz.

C’est seulement après l’acceptation de ces prérequis par Washington que Téhéran décidera de participer à des négociations de paix au sujet de son programme nucléaire.

Par expérience, les dirigeants iraniens savent qu’on ne doit jamais faire confiance à la parole des États-Unis. En obligeant, par exemple, ces derniers à débloquer préalablement les avoirs iraniens gelés, il suffit à l’Iran de les encaisser pour que cela soit irréversible. Même si Donald Trump voudrait revenir en arrière, il ne le pourra pas. Voilà pourquoi c’est un prérequis.

D’autre part, contrairement à ce que laisse entendre l’Iran, ces prérequis sont négociables à la marge.

À titre d’exemple, au cours de leur histoire, les États-Unis n’ont jamais accepté de payer pour des réparations de guerre. Mais dans ce cas-ci, ils pourraient accepter que la reconstruction de l’Iran soit financée par une taxe iranienne sur le pétrole qui transite par le détroit d’Ormuz. Pour l’instant, Washington considère cela comme inacceptable. La montée inexorable du prix de l’essence devrait les amener à changer d’idée.

Bref, il y a toujours moyen de moyenner.

Parallèlement, les dirigeants iraniens répètent à tous ceux qui veulent les entendre que l’utilisation civile (c’est-à-dire pacifique) de l’énergie nucléaire est un droit inaliénable et que son programme nucléaire actuel jouit de l’assentiment de la vaste majorité des Iraniens.

Déjà, dans des négociations antérieures, l’Iran a déjà consenti à renoncer à l’enrichissement de l’uranium, à confier ses stocks d’uranium à une puissance amie — la Russie, qui l’approvisionnerait au fur et à mesure de ses besoins civils — et à ce que les inspecteurs de l’Onu visitent ses installations.

De nombreuses voix en Iran soutiennent que si l’Iran possédait déjà l’arme nucléaire, Washington et Tel-Aviv n’auraient pas osé l’attaquer.

Pourtant, l’Inde n’hésite pas à riposter militairement au Pakistan en dépit du fait que ce dernier est une puissance nucléaire. L’Ukraine s’attaque à des cibles situées en Russie, puissance nucléaire. Et l’Iran bombarde Israël, autre puissance nucléaire.

Bref, une arme de dernier recours que personne n’ose utiliser est moins utile qu’on pense.

En réalité, l’Iran n’a pas intérêt à posséder l’arme nucléaire. Grâce à ses drones, ses missiles et le blocage du détroit d’Ormuz, l’Iran exerce depuis peu une puissance hégémonique incontestable sur l’ensemble du Moyen-Orient.

Si ce pays se dote de l’arme nucléaire, l’Arabie saoudite, à portée de tir d’Israël et d’Iran, voudra faire pareil. Elle obtiendra l’arme nucléaire de son allié, le Pakistan.

Et les Émirats, coincés entre l’Arabie saoudite et l’Iran, voudront eux aussi appartenir au ‘club’ des puissances nucléaires. Dans ce contexte, son allié israélien pourrait soutenir cette démarche.

Quand plusieurs pays du Golfe rejoindront ce club, l’Iran perdra l’effet dissuasif de la possession de la bombe nucléaire.

Toutefois, plus les Américains croiront dur comme fer que l’Iran tient absolument à se doter de l’arme nucléaire, plus grande sera la victoire apparente de Donald Trump quand l’Iran renoncera à ce qui n’a jamais été son intention.

Quant au programme balistique iranien, on ne doit pas se surprendre de son absence de la discussion; il n’est pas négociable. L’Iran a acquis une expertise mondiale dans la fabrication de ses missiles. C’est ce qu’Israël a appris à ses dépens.

Il est maintenant évident pour tous que les missiles de l’Iran confèrent à ce pays une puissance dissuasive plus grande que l’arme nucléaire possédée par Israël.

Voilà pourquoi l’Iran n’y renoncera jamais.

Références :
Al Jazeera Insider reveals Iran’s actual demnds – w/ Journalist Ali Hashem (vidéo en anglais)
Iran Specifies 5 Demands To Restart Peace Talks With US
Message d’Ali Hashem sur X

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Écrit par Jean-Pierre Martel