Introduction
Aux États-Unis, comme dans presque toutes les démocraties représentatives, le financement politique est de la corruption légalisée.
La législation qui l’encadre repose sur le principe selon lequel le candidat à une élection qui reçoit secrètement une somme d’argent est corrompu, mais si cette contribution est divulguée dans un registre public, cette faute est pardonnée comme l’est le péché au confessionnal.
L’encadrement législatif
Pour financer sa campagne électorale aux États-Unis, un candidat a le choix entre des fonds privés ou des fonds publics. C’est l’un ou l’autre.
Puisque le financement privé permet de recueillir des sommes considérables et de dépenser cet argent sans limites, presque personne, de nos jours, ne recourt au financement par l’État américain.
Environ, 0,01 % des donateurs privés assurent près de la moitié des fonds récoltés pour les élections. C’est ainsi qu’à l’élection présidentielle de 2024, le milliardaire Timothy Mellon a versé 130 millions de dollars US à la campagne de Donald Trump.
Aux élections législatives et présidentielles de 2024, il s’est dépensé plus de 2,6 milliards de dollars US.
La perte de confiance des Américains dans leur démocratie
Plus tôt cette semaine, la firme de sondage Gallup révélait que 89 % des Américains étaient persuadés que leur classe politique était atteinte de corruption généralisée.
C’est le taux le plus élevé depuis le début de ce millénaire.

Après un bond entre 2006 et 2010 — sous l’administration de G.W. Bush, au cours de laquelle le vice-président Dick Cheney multipliait les conflits d’intérêts — ce préjugé défavorable était demeuré relativement stable jusqu’en 2024, pour repartir à la hausse depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.
Cette variation de l’opinion publique américaine est principalement due aux électeurs démocrates.
Idéologiquement, les électeurs républicains ont toujours nourri le préjugé selon lequel l’État est corrompu par définition. En 2024, 87 % d’entre eux étaient déjà convaincus de la corruption généralisée des élus à Washington, comparativement à 83 % deux ans plus tard.
Par contre, chez les électeurs démocrates, cette proportion est passée en deux ans de 57 % à 91 %.
Ailleurs dans le monde
La firme Gallup a procédé à un sondage semblable dans les 39 pays membres de l’OCDE.
Chez ces pays, le préjugé selon lequel la corruption est généralisèe au sein de leur gouvernement central a diminué de 69 % à 60 % de 2009 à 2022.
Les données de l’année 2026 ne sont pas encore disponibles. Celles de 2025 indiquent que la médiane était alors de 59 %, soit 30 % de moins qu’aux États-Unis.
Après les États-Unis, le deuxième pays de l’OCDE jugé le plus corrompu par ses propres citoyens avait un pourcentage de réprobation de 79 % en 2025.
Dans les pays qui ne sont pas membres de l’OCDE et où Gallup a pu effectuer un tel sondage (ce qui exclut la Russie et l’Ukraine), seulement quatre pays ont un ’score’ supérieur à celui des États-Unis; le Liban en 2024 (à 92 %), le Pérou en 2025 (à 92 %), le Ghana et le Nigeria en 2024 (tous deux à 90 %).
Références :
Le financement des partis aux États-Unis : un regard approfondi
Partis, PAC et SuperPAC : le financement des campagnes électorales aux États-Unis
Record-High 89% in U.S. Say Government Corruption Widespread
Écrit par Jean-Pierre Martel

























































