Le Canada doit-il prolonger l’agonie de l’Ukraine ?

Publié le 27 octobre 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

L’Ukraine, un pays ruiné par la guerre

Avant le début de la guerre en Ukraine, ce pays était déjà très endetté. À titre d’exemple, dès 2013, ce pays devait dix-sept-milliards de dollars de gaz fossile impayé à la Russie soit l’équivalent de la presque totalité de ses réserves de change.

Depuis l’invasion russe, l’Ukraine a vécu d’abord sous le respirateur artificiel américain. Puis sous celui de l’Union européenne (UE).

Sans cette aide, le pays serait incapable de payer non seulement la solde de ses soldats, mais également la pension des retraités, le salaire des fonctionnaires, des policiers, des médecins, des enseignants et, de manière générale, de tous ceux qui dépendent de l’État.

Le financement de la guerre par les pays de l’Otan

À la fin de 2025, l’UE décidait d’accorder 90 milliards d’euros pour aider l’Ukraine à joindre les deux bouts en 2026-2027. Mais déjà, alors que 2016 n’est pas encore terminé, l’Ukraine en demande déjà 70 milliards de plus. Pourquoi ?

En réalité, pour 2026-2027, les besoins de financement de Kyiv étaient estimés à 137 milliards d’euros. L’UE s’engageait à prendre en charge les deux tiers de cette somme, soit 90 milliards d’euros. Le reste devait être assuré par les autres alliés de l’Ukraine, notamment la Norvège et le Canada (non membres de l’UE).

Toutefois, ni la Norvège ni le Canada n’en avait décidé ainsi. Afin de faire pression sur elle, la Norvège (productrice de pétrole) était accusée de s’enrichir grâce à la guerre en vendant plus de pétrole à l’Europe (qui boycottait le pétrole russe).

Sans adresser officiellement le même reproche au Canada, l’argument tenait aussi pour l’état pétrolier canadien. Pour faire suite à la demande de l’UE, Ottawa s’engageait en mai 2026 à verser 0,17 milliard d’euros, loin de la somme que Bruxelles attendant de lui.

Il faut préciser que précédemment, à l’époque où Chrystia Freeland menait Justin Trudeau par le bout du nez, le Canada a versé généreusement 25,5 milliards de dollars canadiens à l’Ukraine.

Au sujet de la nouvelle tranche de 70 milliards d’euros réclamée par Kyiv, l’UE déboursera 46 milliards et compte sur le Canada, le Japon la Norvège et le Royaume-Uni pour éponger le reste.

Pour justifier les sommes colossales qu’elle verse au régime de Zelensky, l’UE prétend qu’elle ne fait que garantir un prêt bancaire au nom de l’Ukraine.

Finalement, cela ne coutera rien aux contribuables européens puisque ce prêt sera remboursé par la Russie dès qu’elle aura perdu la guerre, nous dit-on…

Conclusion

De nos jours, Washington ne verse plus un sou à l’Ukraine, convaincu que toute aide à ce pays ne fait qu’augmenter le nombre cumulatif des victimes de cette guerre sans en changer l’issue.

Une guerre entre deux pays voisins s’arrête quand le perdant capitule. Or dans ce cas-ci, le perdant était connu d’avance; c’était l’Ukraine.

Selon les sondages, la majorité de la population ukrainienne souhaite la fin de la guerre dans les plus brefs délais, même au prix de concessions territoriales à la Russie.

En dépit du fait que la Démocratie, c’est le pouvoir souverain du peuple, les pays qui prétendent en être les défenseurs estiment que leur volonté guerrière doit primer sur celle du peuple ukrainien.

En décembre 2025, le premier ministre belge déclarait :

Qui […] croit vraiment que la Russie va perdre en Ukraine ? C’est une fable, une illusion totale. [D’ailleurs] cette défaite ne serait pas souhaitable, car cela rendrait instable un pays doté de l’arme nucléaire.

On ignore quel est le prix des courbettes que font ces jours-ci les dirigeants européens devant Mark Carney. Mais le premier ministre canadien ferait preuve de courage s’il adoptait une position semblable à celle de son homologue belge.

Concrètement, cela veut dire cesser de financer une guerre qui n’aurait jamais dû avoir lieu.

Références :
La Norvège accusée de profiter de la guerre en Ukraine
La personnalité de l’année 2025
Le grand-père de la vice-première ministre du Canada, un collabo nazi
Les Ukrainiens face à la capitulation
L’Occident ne veut pas payer pour reconstruire l’Ukraine
L’UE trouve 90 milliards d’euros pour l’Ukraine, sans recours aux avoirs russes
Mark Carney s’engage à verser 270 M$ à l’Ukraine lors d’un sommet européen
Ukraine’s €70 billion shortfall could make or break the next EU budget

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’entente au sujet du diésel russe

Publié le 24 octobre 2026 | Temps de lecture : 6 minutes

Introduction

Le diésel (qu’on appelle gazole en France) est pour les industries ce que l’essence est pour les automobiles américaines. Les bateaux, les avions, les camions, et les moteurs industriels carburent généralement au diésel.

Même si les États-Unis sont le principal pays producteur de diésel (suivis de la Russie), leur production est insuffisante à assurer la totalité de leurs besoins. D’où la nécessité d’en importer.

Les modalités de l’entente

Le 9 octobre dernier, Donald Trump rendait publique une entente en vertu de laquelle la Russie s’engageait à vendre des millions de tonnes de diésel, acheminés aux États-Unis ou écoulés sur les marchés mondiaux :
• 300 000 tonnes (soit 2,2 millions de barils) dans les plus brefs délais,
• 500 000 tonnes (soit 3,7 millions de barils) en novembre,
• 1 000 000 tonnes (soit 7,4 millions de barils) peu après, et
• 3 000 000 tonnes (soit 22,3 millions de barils) brièvement par la suite.

Ce total de 35,6 millions de barils équivaut à 5,7 milliards de litres de diésel. Aussi impressionnant que cela puisse paraitre, tout cela ne représente que quelques jours de consommation intérieure américaine.

Le but est de faire en sorte que l’offre de diésel dépasse de manière éphémère la demande aux États-Unis. Ce qui fera baisser les prix à la pompe afin de permettre à Trump de s’en attribuer le mérite.

Si la Russie écoulait ce diésel sur les marchés internationaux (comme elle le fait déjà), l’effet aux États-Unis prendrait trop de temps.

Pour accélérer les choses, Poutine a compris qu’il lui fallait écouler son diésel directement sur le marché américain s’il veut obtenir de Trump une reconnaissance ‘éternelle’. Ce qui dure généralement un ou deux jours…

Quant à l’acheminement de ce diésel, on présumait que cela serait confié à des pétroliers américains.

Au contraire, on apprenait plus tôt cette semaine que les trois premières livraisons sont acheminées à bord de pétroliers russes.

Pourquoi par des pétroliers russes ?

Depuis des années, la marine américaine commet des actes de piraterie à l’encontre des pétroliers de la flotte ‘fantôme’ russe en les arraisonnant et en dérobant leur cargaison.

Or, dans les semaines qui viennent, les pétroliers russes seront accueillis dans les ports américains comme s’il s’agissait de navires appartenant à un pays allié.

Pour expliquer ce revirement, l’hypothèse la plus vraisemblable est que ce diésel est vendu à prix d’ami par la Russie. Pour éviter qu’une pétrolière américaine augmente simplement ses marges de profit et vende ce diésel au prix courant, la Russie s’est chargée d’acheminer elle-même le carburant.

Arrivé aux États-Unis, ce diésel entrera en concurrence directe avec celui produit en territoire américain et conséquemment, fera une pression à la baisse sur les prix payés par les consommateurs.

Aparté au sujet de la flotte ‘fantôme’ russe

Lorsqu’on entend parler de la flotte ‘fantôme’ russe, on imagine des navires à bord desquels les matelots ressemblent aux personnages du clip vidéo Thriller de Michael Jackson; des gens aux yeux cernés, aux cheveux longs et gras, et qui gesticulent comme des zombies venus d’un film d’horreur.

En réalité, désigner un pétrolier comme faisant partie de la flotte ‘fantôme’ russe veut simplement dire que ce navire n’est pas assuré par la Lloyd’s de Londres. Ce qui n’est pas obligatoire en vertu du Droit international.

Quant au fait que ce pétrolier ne bat pas un pavillon russe, cela est sans importance; à des fins d’optimisation fiscale, tous les armateurs au monde font en sorte que leurs cargos battent un pavillon de complaisance (Panama, Libéria ou autre). C’est d’ailleurs ce que faisait Paul Martin, ex-premier ministre du Canada.

Sanctuariser la production russe

En vertu de l’entente sur le diésel, toute attaque ukrainienne contre les sites de production et de raffinage des hydrocarbures russes correspond à une attaque contre les intérêts américains.

Volodymyr Zelensky a fait fi de l’interdiction publique de Donald Trump de bombarder les raffineries russes. Même si le président ukrainien avait voulu respecter cet interdit, il n’est pas certain que ses ordres auraient été respectés.

Contrairement à l’armée russe, très hiérarchisée, les régiments ukrainiens jouissent d’une grande autonomie, tout particulièrement les dronistes. Ceux-ci n’ont pas besoin d’un ordre formel pour attaquer les positions ennemies.

Ceux qui collaborent étroitement avec des conseillers militaires britanniques auraient très certainement désobéi à Zelensky puisque la Grande-Bretagne n’a cessé de pousser les Ukrainiens à la guerre.

Le refus de Zelensky d’obéir à l’administration Trump a obligé celle-ci à brider le réseau satellitaire Starshield de manière à ce que les soldats ukrainiens perdent la connexion avec leurs drones ou leurs missiles guidés au-delà d’une certaine distance.

Les dirigeants européens, dindons de la farce

Un peu partout en Europe, les stocks de carburants sont au plus bas en raison de la guerre en Iran.

Sous la menace d’être privés de diésel américain, les principaux pays européens ont accepté au début du mois de puiser en plus dans leurs réserves stratégiques dans l’espoir de faire baisser les cours actuels des hydrocarbures.

Tout cela augmente le risque de voir apparaitre cet hiver une crise énergétique en Europe si la saison froide devait s’y avérer rigoureuse.

Ces temps-ci, les peuples européens ont déjà la mèche courte. Imaginez leur réaction lorsqu’on exigera d’eux qu’ils se privent par solidarité avec l’Ukraine…

Alors que l’Union européenne (UE) vient d’adopter plus de quinze-mille sanctions supplémentaires contre la Russie, portant le total à plus de 45 000, l’UE pourrait devoir, paradoxalement, acheter auprès des États-Unis du diésel que ceux-ci auront obtenu… de la Russie.

Références :
Accord UE-États-Unis : acheter 750 milliards de dollars d’énergie américaine, un objectif « irréaliste dans les conditions actuelles »
Donald Trump et Vladimir Poutine signent un accord sur le gazole, au grand dam de l’Ukraine et de ses alliés
Gazole
Pétrole brut et Gazole: les pays du G7 vont puiser dans les réserves stratégiques
Trump eases Russia oil sanctions, but is Europe still buying Moscow’s gas?
Trump n’a « jamais » ordonné de limiter le réseau Starshield en Ukraine, dit Washington
Ukraine war briefing: Russian diesel tankers headed for North America, says Moscow, as US tries to revive peace talks
Un premier pétrolier chargé de diesel russe en route vers New York
What to know about U.S. oil production and consumption in 6 charts

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Lituanie et l’arsenal nucléaire de l’Otan

Publié le 11 octobre 2026 | Temps de lecture : 7 minutes

Introduction

La Lituanie est une des trois républiques baltes. Elle est située au sud de la Lettonie, à l’ouest de la Biélorussie, et à la fois au nord de la Pologne et d’une enclave russe appelée Kaliningrad.

Stratégiquement, ses frontières sont à 500 km de Saint-Pétersbourg — la deuxième ville la plus importante de Russie — comme les frontières de l’Ukraine sont à 500 km de Moscou.

Les leçons de la guerre

En 1962, la Crise des missiles a été déclenchée parce qu’il était intolérable aux yeux de Washington que la Russie déploie des missiles dans la cour arrière des États-Unis, soit Cuba.

En 2003, la deuxième guerre du Golfe est survenue parce qu’il était inacceptable aux yeux de l’Occident que l’Irak détienne, croyait-on, des armes de destruction massive. Une menace inacceptable pour l’Europe, pourtant située à des milliers de kilomètres.

De manière similaire, à la suite du Sommet de Bucarest de 2008, Moscou a fait savoir que l’adhésion à l’Otan de la Biélorussie, de l’Ukraine ou de la Géorgie (l’un ou l’autre de ces trois pays limitrophes) serait un casus belli, c’est-à-dire un motif qu’elle juge suffisant pour déclarer la guerre.

En somme, la Russie ne pouvait pas tolérer que l’Otan déploie des armes de destruction massive dans sa cour arrière. L’Otan n’en a pas tenu compte.

Si bien que la guerre en Ukraine a une cause profonde, soit la candidature de l’Ukraine à l’Otan. Quant au facteur déclenchant, c’est le décret ukrainien du 21 mars 2021, signé par Volodymyr Zelensky, ordonnant à l’armée ukrainienne de donner l’assaut contre la population civile des provinces peuplées majoritairement d’Ukrainiens russophones.

On aurait pu penser que la guerre en Ukraine aurait été, pour l’Otan, matière à réflexion. Il n’en est rien.

La nouvelle menace nucléaire contre la Russie

Le 9 septembre dernier, on apprenait que la Lituanie s’apprête à supprimer l’article 137 de sa constitution afin d’autoriser l’Otan à entreposer des armes nucléaires sur son territoire.

Pour entrer en vigueur, l’amendement de la constitution lituanienne devra être adopté deux fois par les deux tiers des députés, avec un intervalle minimal de trois mois entre les deux votes. Ce qui devrait être un fait accompli au début de 2027.

D’autre part, l’Allemagne se propose en 2027 de porter ses effectifs en Lituanie à 5 000 soldats, ce qui suggère la construction d’une base militaire importante, probablement gardienne des ogives nucléaires de l’Otan.

Dans l’éventualité d’une Troisième Guerre mondiale, les ogives nucléaires en Lituanie devront être tirées dès son déclenchement. À défaut de quoi, ce pays deviendra une cible prioritaire de Moscou.

Quel pays est assez stupide pour consentir à ce que son territoire devienne le théâtre d’une guerre thermonucléaire ? C’est pourtant le choix des parlementaires lituaniens.

Effectivement, le 11 septembre, Moscou a prévenue la Lituanie que cela placerait ce pays dans le viseur des armes nucléaires russes.

L’initiative lituanienne découle d’une campagne diplomatique menée depuis mars 2026 par Emmanuel Macron auprès des membres de l’Otan, les invitant à s’aligner sur une politique (volontaire) de dissuasion plus agressive envers la Russie. Cette politique autorise le transport, la fourniture et le stockage d’armes nucléaires sur leur territoire.

Déjà, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Pologne, le Royaume-Uni et tous les pays scandinaves s’y sont joints. De ceux-ci, la Finlande est le pays le plus proche de la Russie (exception faite d’une petite bande de terre au nord de la Suède).

Le 30 septembre dernier, le Kremlin a déclaré que les usines d’armement des pays européens qui produisent des armes pour l’Ukraine sont dorénavant des cibles sujettes au sabotage par la Russie.

La veille, l’Estonie (autre pays balte) accusait la Russie d’avoir commandité une explosion survenue le 15 aout à une de ses usines de drones qui approvisionnent l’Ukraine.

Lituanie vs Finlande

Puisque la Finlande (à seulement 125 km de Saint-Pétersbourg) fait pareil, pourquoi est-ce plus grave dans le cas de la Lituanie ?


 
C’est que depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les relations entre la Russie et la Finlande ont été relativement harmonieuses. La confiance était telle qu’avant 1970, la Finlande dépensait presque rien pour sa défense militaire.

Avant la guerre en Ukraine, des dizaines de milliers de Russes prenaient leurs vacances ‘occidentales’ à Helsinki. De plus, les immenses forêts de la Fédération de Russie approvisionnaient en bois l’importante industrie du meuble en Finlande.

Bref, les Finlandais n’ont jamais connu autre chose qu’une Russie redoutable, mais bienveillante. Comme nous, Canadiens, face aux États-Unis.

Par contre, les citoyens des pays baltes n’ont conservé que de mauvais souvenirs de l’époque soviétique. Voilà pourquoi, au sein de l’Union européenne, les ‘chihuahuas’ baltes n’ont de cesse que de japper contre la Russie.

Pour faire comprendre à l’Otan que les menaces russes contre le déploiement d’armes de destruction massive en Biélorussie, en Ukraine et en Géorgie sont également valables pour les autres pays limitrophes que sont les pays baltes et la Finlande, une attaque est beaucoup plus probable contre la Lituanie que contre la Finlande.

D’une part parce que la population russe n’a que de bons souvenirs de la Finlande alors que la Lituanie est dépourvue d’intérêt.

À l’opposé, il est beaucoup plus facile de convaincre les peuples occidentaux de verser leur sang pour un peuple frère comme le peuple finlandais que pour les Lituaniens dont 99,9 % des Occidentaux n’ont jamais entendu parler.

Conclusion

Lorsque la guerre en Ukraine a éclaté, les puissances occidentales pouvaient prétendre qu’elles ne se doutaient pas que la Russie était sérieuse et qu’elle mettrait en application ses menaces.

Ces menaces, c’était que Moscou n’hésiterait pas à guerroyer si la Biélorussie, l’Ukraine ou la Géorgie se transformait en lieu de stockage des armes de destruction massive de l’Otan.

En pavant la voie à ce que deux autres pays limitrophes (la Lituanie et la Finlande) prennent la relève, l’Otan oblige Moscou à attaquer un membre de l’Otan s’il veut réellement éviter d’être menacé au plus près.

Or les modifications constitutionnelles que s’apprête à adopter la Lituanie expriment une volonté beaucoup plus concrète que l’adoption par la Finlande d’une politique qui pourrait être remise en question par un changement de gouvernement.

En somme, tout cela laisse à penser que l’Otan veut déclencher la guerre avec la Russie et est prête à prendre tous les moyens pour y parvenir en prenant soin toutefois de créer l’illusion que la Russie, en Lituanie comme en Ukraine, sera l’agresseur.

Références :
Crise des missiles de Cuba
Guerre d’Irak
La Finlande lève l’interdiction des armes nucléaires pour renforcer la dissuasion de l’OTAN
La Lituanie s’apprête à autoriser le déploiement d’armes nucléaires de l’OTAN sur son territoire
La régression finlandaise
La Russie avertit que les usines européennes d’armement destinées à l’Ukraine sont des cibles militaires potentielles
La Russie sabote des usines de défense européennes
Le Kremlin met en garde la Lituanie contre un éventuel déploiement d’armes nucléaires sur son sol
L’Estonie accuse la Russie d’avoir commandité un « acte de sabotage » sur l’une de ses entreprises de drones
Litanie en Lituanie, le pays sur le point d’amender sa constitution pour faire partie « de la dissuasion nucléaire » occidentale contre la Russie
Lituanie
Sommet de l’OTAN de 2008
Ukraine : le quatrième anniversaire d’une guerre inutile

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La tenue d’élections en Russie : l’échec de l’Ukraine

Publié le 9 octobre 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

Du 18 au 20 septembre derniers, l’Ukraine a fait pleuvoir plus de 1 600 drones sur la Russie, dont 400 sur la région de Moscou alors que les Russes étaient appelés à voter.

On dira tout le mal qu’on voudra des élections en Russie, elles ont le mérite d’avoir eu lieu. Cela montre que, en dépit des bombes et des missiles, il est possible de tenir une élection.

À l’opposé, au cours de la Deuxième Guerre mondiale, les élections britanniques de 1940 ont été reportées à l’issue de la guerre. Et ce, en contrepartie de la formation d’un gouvernement d’unité nationale.

Si, à l’époque, il avait été possible de voter électroniquement (comme ce fut le cas en Russie le mois dernier), aurait-on eu besoin de reporter les élections anglaises ? Peut-être pas.

Toujours est-il que l’exemple anglais, entre autres, sert à justifier le refus de tenir des élections en Ukraine depuis sept ans.

Mais les véritables raisons sont ailleurs.

L’image de l’Ukraine entretenue par la propagande occidentale est celle d’un pays qui se bat pour la Démocratie et qui sert de rempart contre une invasion russe en Europe.

Or les sondages les plus récents démontrent que la majorité des Ukrainiens veulent la paix dans les plus brefs délais, même au prix de concessions territoriales à la Russie.

Ce qui signifie que s’il y avait des élections en Ukraine, toute formation politique pacifiste remporterait les sièges au parlement ukrainien par une écrasante majorité.

Ce qui, évidemment, est totalement inacceptable pour l’Otan puisque celle-ci veut la poursuite de la guerre jusqu’au dernier soldat ukrainien vivant.

Pour ne pas perdre le contrôle sur l’Ukraine, les puissances occidentales n’auraient d’autres choix que de se servir des tribunaux du pays pour manipuler les élections comme ce fut le cas en Roumanie.

Concrètement, cela signifie frapper d’inéligibilité tout candidat pacifiste en l’accusant de menacer l’ordre constitutionnel (qui prévoit le caractère inaliénable du territoire national).

En somme, il faudrait accuser ce candidat d’être un traitre à la solde de Moscou même si le Kremlin ne lui a jamais versé le moindre kopeck.

Rappelons que moins de deux semaines après le début de l’invasion russe, au lieu de former un gouvernement d’unité nationale selon l’exemple anglais, Volodymyr Zelensky a préféré interdire tous les partis d’opposition dont ceux qui portaient la voix de la minorité russophone du pays.

D’autre part, l’Ukraine (tout comme la Russie) est située dans une partie du monde où les mœurs politiques sont d’une extrême brutalité. Comme en témoignent les menaces de mort de Zelensky contre Victor Orbán et l’assassinat à Monaco d’un des 84 oligarques ukrainiens qui s’y sont réfugiés.

Voilà pourquoi les candidats pacifistes en Ukraine auraient certainement à craindre pour leur vie et celle de leur famille.

Tout cela pour dire que tenir des élections en Ukraine, pour les puissances occidentales, c’est ouvrir un panier de crabes puisqu’il faudra recourir à des magouilles antidémocratiques qui terniront l’image soigneusement entretenue par nos médias.

Le plus simple est de reporter indéfiniment les élections en Ukraine.

Références :
Attentat du 29 juin 2026 à Monaco
Élections en Russie : les régions occupées d’Ukraine obligées de voter
Élections générales britanniques de 1945
La volonté populaire en Europe soumise à la dictature des juges : le cas de la Roumanie
Les menaces personnelles de Zelensky contre Orbán
Le système de vote en ligne victime d’une cyberattaque en Russie
Les Ukrainiens face à la capitulation
Une attaque massive de drones perturbe le dernier jour des élections législatives russes

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La fabrication ukrainienne de missiles Patriot en temps de guerre

Publié le 16 juillet 2026 | Temps de lecture : 2 minutes


 
Introduction

Il y a une semaine, en marge du sommet de l’Otan à Ankara, le président américain a annoncé son intention d’autoriser l’Ukraine à fabriquer sur son sol des intercepteurs Patriot.

« De cette façon, vous ne pourrez pas vous plaindre qu’on ne vous en fournit pas assez » a déclaré Donald Trump.

Envoyer paitre Zelensky

On peut assembler des drones sur sa table de cuisine. Mais la fabrication d’intercepteurs nécessite de grandes usines, l’importation des pièces destinées à être assemblées, des laboratoires de contrôle de la qualité, des chaines de montage, des robots industriels, des entrepôts, etc.

Pour ce faire, l’Ukraine devra déblayer secrètement un terrain de grande taille tout en évitant sa détection par des satellites-espions russes.

De plus, il faudra y ériger une manufacture hautement robotisée dont la structure est capable de résister à une pluie de drones (voire de missiles).

En un mot, cela est tout simplement impossible.

Les demandes désespérées de Kyiv

Washington manque d’intercepteurs pour protéger adéquatement ses bases militaires et ses alliés au Proche et au Moyen-Orient.

En réponse aux demandes répétées de Zelensky d’obtenir ces précieuses armes défensives, l’administration Trump a décidé de rire de lui.

Le président ukrainien est trop intelligent pour ne pas le réaliser. Mais il est obligé de faire semblant d’y croire. Parce que s’il ose protester, on ne manquera pas de le traiter d’ingrat.

Voilà pourquoi Volodymyr Zelensky avale cette couleuvre et joue le jeu.

Toutefois, ce qui n’est pas normal, ce sont ces agences de presse et ces chroniqueurs occidentaux qui nous répètent cette sottise le plus sérieusement du monde…

Référence : Missiles Patriot fabriqués en Ukraine : coût de production, construction des usines… Après l’annonce de Trump, les questions s’accumulent

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le drone russe tombé en Roumanie et le délire anti-russe de l’Otan

Publié le 31 mai 2026 | Temps de lecture : 3 minutes
Lieu de l’écrasement

Introduction

Depuis le début du mois, il est tombé des milliers de drones en Europe de l’Est, au Proche-Orient et sur les États riverains du golfe Persique.

Toutefois, celui qui est tombé dans la nuit du 28 au 29 mai derniers sur la ville roumaine de Galați — située à une dizaine de kilomètres de la frontière ukrainienne — a provoqué la réaction la plus vive dans les chancelleries occidentales.

Pourtant, ce drone, tiré de Russie, n’a provoqué que des dommages légers, et n’a causé que des blessures mineures chez deux personnes.

L’outrance des réactions diplomatiques occidentales

Le consul russe à Constanta (deuxième ville de Roumanie) a été expulsé et son consulat, fermé.

Les ministères des Affaires étrangères de France et de Grande-Bretagne ont convoqué leur ambassadeur russe respectif afin de condamner cette ‘agression’.

Sur son compte X, l’ambassadeur américain à l’Otan a déclaré que Washington se tenait solidaire aux côtés de la Roumanie.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a accusé Moscou de franchir une nouvelle limite et promis de nouvelles sanctions.

Quant à lui, le secrétaire général de l’Otan a dénoncé le comportement ‘irresponsable’ de la Russie.

Un fait divers insignifiant

Doté d’une petite charge explosive, ce projectile faisait partie d’un essaim de drones tirés par la Russie vers l’Ukraine. La majorité d’entre eux ont été abattus.

Mais le drone dont il est question a été touché par un tir et a dévié vers la Roumanie où, comme on l’a vu, il n’a causé que des dégâts mineurs.

La responsabilité russe

Soutenue par l’Otan et l’Union européenne, la Roumanie a fait porter à la Russie l’entière responsabilité des dommages causés par ce drone.

Que doit-on en penser ?

Imaginons qu’un avion d’Air France assurant la liaison entre Paris et Alger soit touché par un tir d’un groupe islamiste et que cet avion s’écrase sur la capitale algérienne, causant des centaines de morts. Pourrait-on accuser la France d’être responsable de l’accident ?

C’est la logique accusatrice des dirigeants occidentaux.

L’immaturité des dirigeants occidentaux

La Roumanie est à la périphérie du théâtre de la guerre russo-ukrainienne. Ce qui comporte des risques.

Ce sont des risques que la Roumanie doit assumer. D’autant plus qu’elle est cobelligérante, fournissant à l’Ukraine armes et munitions.

En faisant un drame du moindre fait divers de cette guerre, les dirigeants occidentaux font étalage de leur immaturité et de leur manque de pragmatisme.

Alors que les pays occidentaux n’ont plus la capacité industrielle de fournir un effort de guerre important, et alors que leurs stocks d’armements sont au plus bas en raison de leur générosité à aider l’Ukraine, les dirigeants de ces pays continuent de battre le tambour de la guerre comme si l’humiliation actuelle des États-Unis face à l’Iran n’était pas un appel à la prudence…

Références :
Bucarest accuse la Russie, qui affirme ne pas « menacer » l’Europe
Nato ready to defend ‘every inch’ of territory as Russian drone hits Romania
Une ONG proche de Nicușor Dan diffuse une théorie du complot concernant l’incident du drone à Galați. Cette théorie contredit les propos du président. (en roumain)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les menaces personnelles de Zelensky contre Orbán

Publié le 7 mars 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

Exaspéré par le véto de la Hongrie au plan européen d’aide de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, le président Volodymyr Zelensky a menacé son homologue hongrois, Viktor Orbán, plus tôt cette semaine.

Faisant allusion à ce dernier, Zelensky a déclaré en substance que si Orbán empêchait l’armée ukrainienne de toucher les sommes qu’elle espère obtenir, il donnerait à ses soldats l’adresse civique d’Orbán pour qu’ils aillent lui parler dans le nez.

Il est à noter que les traductions française et anglaise des propos du président ukrainien varient selon les sources. Toutes s’entendent pour dire qu’il s’agirait de révéler l’adresse (et non le numéro de téléphone) du président hongrois afin que des hommes armés ‘communiquent’ ou ‘appellent’ Viktor Orbán, ou lui ‘parlent dans leur langue’. Chacune de ces versions varie en dangerosité.

Plusieurs chefs d’État européens ont jugés inacceptables les propos de Zelensky. Tout comme la Commission européenne.

Dans ce dernier cas, le blâme n’est pas venu de la bouche d’Ursula von der Leyen ni de sa ministre des Affaires étrangères, mais d’un simple porte-parole. Ce qui, en terme protocolaire, est l’équivalent d’un blâme du bout des lèvres.

La position hongroise

La Hongrie reproche à l’Ukraine trois choses; deux griefs récurrents et un grief récent.

Le premier grief récurrent concerne la violation par l’Ukraine des droits de sa minorité magyare (c’est-à-dire des Ukrainiens de langue hongroise). Et ce, malgré les engagements pris par l’Ukraine en signant les accords de Minsk.

Le second grief récurrent concerne les hommages publics rendus dans la partie ouest de l’Ukraine aux alliés zélés de l’Allemagne nazie qui ont massacré des dizaines de milliers de civils hongrois au cours de la Deuxième Guerre mondiale.

Ces commémorations joyeuses sont des insultes pour les descendants de ceux qu’ils ont tués.

De loin le plus important pour comprendre la situation actuelle est le dernier grief : la Hongrie reproche à l’Ukraine d’interrompre volontairement le transit sur son territoire des hydrocarbures russes à destination de la Hongrie depuis janvier dernier.

Le gouvernement de Kyiv soutient que cette interruption aurait été causée par une frappe russe. Une version dont la Hongrie doute.

Précisons que Zelensky interdit que des inspecteurs de l’UE viennent sur place enquêter à ce sujet et promet que la livraison de ces hydrocarbures reprendrait uniquement si l’UE le demande. Sachant très bien qu’elle y est opposée.

Dans un autre ordre d’idée, l’Ukraine peut invoquer qu’elle est souveraine, donc libre de laisser transiter ce qu’elle veut sur son territoire. Ce à quoi Orbán répond que c’est son devoir de défendre les intérêts de son pays en recourant à son droit de véto contre l’Ukraine.

Bref, c’est un dialogue de sourds.

La saisie d’un convoi de fonds

Les propos menaçants de Zelensky plus tôt cette semaine font suite à la saisie par la Hongrie de deux camions blindés transportant quarante-millions de dollars américains, trente-cinq-millions d’euros et de neuf lingots d’or d’un kilo chacun (d’une valeur approximative de 1,5 million de dollars US).

Cette cargaison proviendrait d’une succursale bancaire autrichienne, au nom d’un ou de plusieurs de ses clients. Tout cela était destiné à l’institution bancaire Ochtchadbank, propriétaire de milliers de succursales en Ukraine.

En dépit du fait que ce réseau bancaire appartient au gouvernement ukrainien, on ne doit pas le confondre avec la Banque centrale ukrainienne (détentrice de l’or et des devises auxquelles est adossée la monnaie nationale, soit l’hryvnia).

Le transfert massif de devises étrangères est très inhabituel entre simples institutions bancaires puisque les épargnants y effectuent généralement leurs dépôts et leurs retraits dans la monnaie du pays.

La Hongrie a donc ouvert une enquête afin de s’assurer qu’on n’a pas affaire à un transfert d’argent liquide destiné à alimenter la corruption généralisée qui prévaut en Ukraine.

De leur côté, les menaces de Zelensky s’expliquent par la situation désespérée dans laquelle il se trouve, à la tête d’un État mafieux où oligarques, groupes criminalisés, et miliciens néonazis n’entendent pas à rire.

Références :
Bras de fer entre Orban et Zelensky
Convoi ukrainien saisi en Hongrie : lingots d’or, millions et un ex-général du renseignement
EU blasts Zelenskyy over veiled threat against Orbán
Hungary seizes millions of euros in cash and gold from Ukrainian convoy

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Ukraine : le quatrième anniversaire d’une guerre inutile

Publié le 24 février 2026 | Temps de lecture : 8 minutes

Introduction

Selon un rapport publié récemment par le Center for Strategic and International Studies, depuis le 1er janvier 2025, l’armée russe a grugé moins de deux pour cent de plus du territoire ukrainien. En somme, l’essentiel de ses avancées date de 2024.

Il serait tentant d’y voir une stagnation du conflit.

En réalité, si le front n’a pas bougé, c’est que la guerre russo-ukrainienne s’est transformée.

Nous verrons ci-après que cette guerre n’a jamais eu pour but la conquête territoriale de l’ensemble de l’Ukraine (contrairement à ce que certains milieux aiment répéter).

Après avoir conquis presque tout ce qu’elle espérait, la Russie a entrepris la destruction fine de ce qui reste de l’effort de guerre ukrainien.

Ce qui signifie deux choses,

Premièrement, couper l’alimentation électrique des ateliers de fabrication des drones et la charge des batteries qui les alimentent.

Dans un autre ordre d’idée, on se rappellera qu’au début de cette guerre, l’Allemagne avait obligé la France à expédier par train ses chars Leclerc vers l’Ukraine par crainte que leur poids abime la chaussée des autoroutes allemandes.

Ce qui signifie que tout le matériel militaire lourd occidental arrive en Ukraine par voie ferroviaire.

La deuxième raison vise donc à la paralysie des trains électriques ukrainiens (les plus performants) qui transportent le matériel militaire occidental vers le front.

Les souffrances que cela occasionne pour la population civile en Ukraine ne sont donc que des dommages collatéraux, selon le jargon technocratique des armées de ce monde.

Après quatre ans de guerre, récapitulons : ce conflit a une cause profonde et un facteur déclenchant.

La cause profonde

La cause profonde est le désir de l’Ukraine d’adhérer à l’Otan.

En 1962, il était inacceptable pour les États-Unis que la Russie déploie à Cuba des ogives nucléaires pointées vers le territoire américain.

Ou, quelques décennies plus tard, tout aussi inacceptable que Saddam Hussein détienne, croyait-on, des armes de destruction massive. Lui dont le pays est pourtant situé à des milliers de kilomètres de l’Europe.

De la même manière, il est inacceptable pour la Russie que ses ennemis militaires puissent déployer dans sa cour arrière des armes susceptibles de l’anéantir.

Puisque le processus d’adhésion à l’Otan prend généralement des années, cela n’explique pas pourquoi c’est le 24 février 2022 que cette guerre a éclaté.

Le facteur déclenchant

Le coup d’État du 20 février 2014 — qu’on appelle en Occident la ‘révolution’ de Maïdan — et l’annonce, quelques semaines plus tard, que la langue russe serait officiellement interdite d’enseignement dans les provinces ukrainiennes peuplées majoritairement de locuteurs russophones ont déclenché une guerre civile dans l’Est du pays.

De 2014 à 2016, le gouvernement de Kyiv payait secrètement des milices néonazies provenant de l’Ouest du pays pour venir tuer la population, principalement russophone, qui vivait dans la partie orientale du pays.

Ce conflit a fait plus de quatorze-mille morts et d’innombrables blessés.

Depuis le Sommet mondial de l’Onu en 2005, la Responsabilité de protéger (R2P) fait partie du Droit international. Cette responsabilité a servi de prétexte à l’Occident pour déclencher la guerre en Syrie.

La Russie aurait pu invoquer cette responsabilité dès 2014. Mais elle s’est fait leurrer par les accords de Minsk en vertu desquels Kyiv s’engageait à respecter les droits de ses minorités linguistiques. Un engagement garanti par l’Allemagne et la France, mais qu’aucun de ces deux pays n’avait la moindre intention de faire respecter.

Comme l’ont avoué plus tard François Hollande et Angela Merkel, tout cela servait à étirer le temps afin de permettre à l’Ukraine de s’armer en vue d’une guerre avec la Russie souhaitée par l’Otan.

L’espoir de Moscou de voir les choses s’améliorer s’est arrêté net quand Volodymyr Zelensky, en vertu d’un décret signé 21 mars 2021, ordonnait à l’armée ukrainienne de donner l’assaut contre la population civile des provinces peuplées majoritairement d’Ukrainiens russophones.

Réalisant qu’on s’était moqué de lui, Poutine ordonna à l’armée russe de masser ses troupes à la frontière ukrainienne à partir d’avril 2021 et déclencha la guerre le 24 février de l’année suivante. Ce déclenchement aurait pu se faire plus tôt ou plus tard; la date exacte n’avait pas d’importance.

Saboter la paix

Depuis quatre ans, les pays européens n’ont pas cessé de saboter toutes les initiatives qui auraient pu déboucher sur une entente entre Kyiv et Moscou.

Dès le début de la guerre, Boris Johnson, alors premier ministre britannique, décourageait l’administration de Zelensky d’entériner l’accord intervenu en Turquie entre les négociateurs russes et ukrainiens.

Depuis, les dirigeants européens ne font que proposer des ‘plans de paix’ qui n’ont aucune chance d’être acceptés et dépenser des dizaines de milliards d’euros afin de financer la poursuite des hostilités.

Le bilan

• Pour l’Ukraine

De nos jours, le gouvernement de Kyiv vit sous le respirateur artificiel de l’Occident.

Il n’a plus les ressources fiscales pour payer ses fonctionnaires, ses médecins, ses enseignants, ses policiers, ses éboueurs, ses pensionnés, ses soldats et, de manière générale, tous ceux qui dépendent de l’État.

Plus de la moitié des terres arables d’Ukraine — les plus fertiles d’Europe — sont maintenant la propriété de spéculateurs américains.

La conquête russe des provinces orientales du pays ne représente pas seulement une perte territoriale pour Kyiv; c’est une perte de revenus puisque n’importe quelle usine vétuste du Donbas rapporte bien davantage en taxes et impôts qu’une petite exploitation agricole située dans le reste du pays.

Puisque le temps joue contre l’Ukraine, ce pays risque également de perdre son accès à la mer Noire et devenir ainsi un pays enclavé si la région d’Odessa tombe aux mains de l’armée russe.

• Pour l’Europe

Depuis quatre ans, les pays européens ont dépensé des centaines de milliards de dollars à soutenir une guerre perdue d’avance. Des sommes qu’ils n’ont plus pour se préparer aux défis qui les attendent.

Pendant tout ce temps, ils ont maintenu l’illusion (auprès de leurs contribuables) que tout cela serait éventuellement payé par la Russie.

Depuis que le premier ministre belge a révélé publiquement ce que tous les experts en Droit international savaient déjà, le chat est sorti du sac; ce sont les contribuables européens qui paieront la note de la poursuite de ce conflit.

Les dirigeants européens ont fait perdre à leur industrie lourde (sidérurgie, construction automobile, fabrication du verre et industrie chimique) l’avantage concurrentiel que leur donnait l’accès aux hydrocarbures russes (les moins chers au monde).

D’où l’accélération du déclin industriel de l’Europe, couplé au sabotage volontaire de son secteur agricole par le biais d’accords de libre-échange insensés.

• Pour la Chine

Lors des deux premières guerres mondiales, l’Europe s’est fait harakiri. Ce qui a propulsé les États-Unis au premier rang des puissances mondiales.

Le 2 mars 2023, l’Institut australien de politique stratégique publiait une étude qui concluait que la recherche chinoise était en avance dans 37 des 44 technologies de pointe étudiées.

Pendant que la Commission européenne s’entête à poursuivre un délire normatif et règlementaire vertueux qui étouffe son économie, et pendant que l’administration de Donald Trump s’applique à prolonger les belles années de l’âge thermo-industriel et à freiner la transition vers le futur, la Chine construit ses routes de la soie et modernise son économie.

On peut facilement présumer d’une Troisième Guerre mondiale — au cours de laquelle les Occidentaux (ce qui comprend les Russes) s’entretueront — rétablira la Chine au premier des puissances économiques mondiales.

Une position qu’elle a occupée pendant des millénaires, plus précisément jusque dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Voilà où nous mènent les va-t-en-guerre que sont une bonne partie des dirigeants occidentaux.

Références :
Après quatre ans de guerre, la ligne de front stagne en Ukraine
La personnalité de l’année 2025
L’engrenage ukrainien
Le statut des provinces ukrainiennes conquises par la Russie
Les Ukrainiens face à la capitulation
Mercosur : la perte de souveraineté alimentaire face à la guerre
The Origins of Ukraine’s Fascists & Why It Matters (vidéo)
Ukraine : l’histoire secrète de la révolution de Maïdan
Ukraine : quand l’Europe sabote les efforts de paix de Trump

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les simulacres de piraterie occidentale en haute mer

Publié le 31 janvier 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

Le 30 septembre dernier, un pétrolier en provenance de Russie était arraisonné en eaux internationales par la marine française au large de Saint-Nazaire.

Le navire est accusé d’appartenir à la ‘flotte fantôme’ russe en plus d’être soupçonné d’avoir servi, quelques jours plus tôt, de plateforme de lancement des drones qui ont mystérieusement survolé le Danemark.

Après cinq jours, le bateau a repris le large et son capitaine chinois a été relâché sous la promesse de revenir en France dans quelques mois pour faire face à la Justice française. Ce qui n’arrivera pas.

Le 7 janvier, les États-Unis ont arraisonné en mer du Nord le pétrolier russe Marinera — soupçonné de transporter du pétrole iranien — et ont confisqué sa cargaison en invoquant l’extraterritorialité du droit américain.

Le 22 février dernier, un autre pétrolier en provenant de Russie a été arraisonné par la marine française alors qu’il naviguait lui aussi en eaux internationales, cette fois en Méditerranée.

L’opération se veut conforme aux sanctions occidentales décrétées contre Moscou.

On doit savoir que ces sanctions ne font pas nécessairement partie du Droit international. Dans certains cas, elles vont même à son encontre.

À titre d’exemple, un pays est parfaitement libre de cesser d’acheter des biens produits en Russie. En principe, un tel refus est parfaitement légal… du moment qu’il ne s’agit pas d’une rupture de contrat.

À l’opposé, confisquer les intérêts courus sur les avoirs russes saisis pour les donner à l’Ukraine est une violation du Droit international.

De la même manière, les actes de piraterie contre les pétroliers russes sont acceptables de la part de l’Ukraine puisque celle-ci est en guerre contre la Russie. Mais ils ne le sont pas lorsqu’ils sont commis par des pays qui, officiellement, ne sont pas engagés dans un conflit armé contre cette dernière.

Dans un autre ordre d’idée, on doit savoir que désigner un pétrolier comme faisant partie de la flotte ‘fantôme’ russe veut simplement dire que ce navire n’est pas assuré par la Lloyd’s de Londres. Ce qui n’est pas obligatoire en vertu du Droit international.

Quant au fait que ce pétrolier, s’il appartenait à la Russie, battait un pavillon autre que celui de ce pays, cela est sans importance; à des fins d’optimisation fiscale, tous les armateurs au monde font en sorte que leurs cargos battent un pavillon de complaisance (Panama, Libéria ou autre). C’est ce que Paul Martin, ex-premier ministre canadien, faisait lui-même.

Conclusion

Il y a deux ans, nous écrivions :

[…] la soumission au droit international est facultative; on le respecte lorsque cela fait son affaire et on le viole lorsqu’il ne convient plus.

Cet avis, autrefois controversé, a gagné en crédibilité depuis qu’il a été repris par le premier ministre canadien le 20 janvier dernier à Davos.

Jusqu’ici, les sanctions décrétées contre la Russie par les pays européens ont fait plus de tort à leurs économies qu’à celle de la Russie.

Pour bien montrer qu’on fait vraiment quelque chose, ces simulacres de piraterie — qui ne le sont qu’à moitié puisque généralement les pétroliers sont libérés avec leur cargaison intacte — ne sont que des irritants pour la Russie.

Mais ces irritants sont susceptible de constituer des éléments d’escalade. Bref, encore une fois, c’est jouer avec le feu.

Références :
Droit international et géopolitique (deuxième partie)
Écoutez le discours de Mark Carney, premier ministre du Canada, à Davos
How will China respond as US expands foreign ship seizures?
La marine américaine a saisi deux pétroliers, dont le navire russe Marinera dans l’Atlantique
L’ancien empire maritime de Paul Martin au cœur des Paradise Papers
Le mystère des drones en Europe occidentale
Navire « Pushpa » de la flotte fantôme russe : les questions s’accumulent autour de ce pétrolier immobilisé au large de Saint-Nazaire
Un pétrolier « en provenance de Russie » arraisonné par la marine française en Méditerranée

Parus depuis :
Russia threatens to deploy navy to protect vessels from ‘western piracy’ (2026-02-17)
French navy seizes Russia-linked oil tanker in Atlantic (2026-06-01)
https://www.lemonde.fr/international/article/2026/10/13/la-marine-francaise-arraisonne-un-petrolier-au-sud-de-la-reunion-soupconne-d-appartenir-a-la-flotte-fantome-russe_6792875_3210.html

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La personnalité de l’année 2025

Publié le 31 décembre 2025 | Temps de lecture : 4 minutes

Bart De Wever

Bart De Wever est premier ministre belge depuis le 3 février 2025.

Toute sa carrière politique a été axée sur la défense des intérêts de la Flandre, c’est-à-dire de la partie néerlandophone de la Belgique, au point de militer en faveur de son indépendance.

Toutefois, dès son accession à sa fonction actuelle, ce politicien de droite s’est transformé en chef d’État.

Le 1er décembre dernier, il avait créé la surprise aux Grandes Conférences catholiques.

Devant ce public francophone, ultra conservateur, et attaché autant à la monarchie qu’à l’unité du pays, l’ex-indépendantiste flamand soulignait son respect pour la fonction royale, l’importance qu’il attache à son rôle de premier ministre de tous les Belges, précisant même que « la Flandre n’est pas un but en soi.»

À cette occasion, il donnait un avant-gout de ce qui allait suivre en déclarant : « Qui […] croit vraiment que la Russie va perdre en Ukraine ? C’est une fable, une illusion totale. [D’ailleurs] cette défaite ne serait pas souhaitable, car cela rendrait instable un pays doté de l’arme nucléaire.»

Deux semaines plus tard, un sondage montrait qu’il demeurait le politicien le plus populaire de Flandre. La surprise fut chez les Belges francophones où sa popularité grimpa de sept point dans la capitale et de deux points dans la Wallonie, faisant de lui une des personnalités les plus aimées chez… les Francophones.

Si bien que les auditeurs de deux chaines de télévision flamande l’ont élu ‘Belge de l’année’.

Le grain de sable dans l’engrenage

Depuis mai 2022, nous soutenons sur ce bloque qu’en vertu du Droit international, on peut geler les avoirs d’un pays ennemi, mais on ne peut pas les confisquer. En d’autres mots, on peut empêcher un pays de jouir de son argent, mais on ne peut pas le dépenser à sa place.

Depuis le début de la guerre russo-ukrainienne, les pays alliés de Kyiv prétendent le contraire. Pourquoi ?

Le but était de rassurer les contribuables face aux sommes colossales dépensées à soutenir l’Ukraine. Implicitement, le message était qu’au final c’était la Russie qui paierait la note.

À la télévision et dans nos grands médias, tous les journalistes et tous les chroniqueurs participaient à ce lavage des cerveaux.

Toutefois, au Sommet européen du 18 décembre dernier, quelle fut donc la surprise d’entendre le premier ministre Bart De Wever rompre cette omerta et déclarer que son pays s’oppose catégoriquement à la confiscation des avoirs russes en Belgique.

Or c’est dans ce pays que se trouve la chambre de compensation Euroclear qui détient la majorité des avoirs russes gelés en Occident.

Sans Bart De Wever, environ 135 milliards d’euros auraient été utilisés à prolonger de deux ans l’agonie de l’Ukraine.

Et une fois cette somme dépensée (partiellement à alimenter la corruption dans ce pays), nous aurions appris que la confiscation des avoirs russes était illégale. Donc, que nous devons rembourser la Russie pour les sommes confisquées illégalement par nos gouvernements.

Pour son courage et son audace, ce blogue lui décerne le titre de personnalité de l’année 2025.

Références :
Bart De Wever a-t-il convaincu les francophones ?
Bart De Wever, le nationaliste flamand devenu défenseur des intérêts belges
Bart De Wever, ou l’histoire d’un nationaliste flamand devenu figure incontournable des scènes belge et européenne : « C’est un évolutionniste, pas un révolutionnaire »
La saisie fictive des avoirs d’oligarques russes au Canada
« Les dix prochaines années seront difficiles » : Bart De Wever avertit les Belges, à quelques heures de 2026

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