Quand la police craint d’être accusée de racisme

Publié le 5 juin 2026 | Temps de lecture : 7 minutes

Une arrestation qui tourne mal

Tard dans la soirée du 3 décembre 2025, les services d’urgence de Southampton (une ville portuaire du sud de l’Angleterre) reçoivent un appel au sujet d’un incident qui vient de survenir.

L’appelant est le frère de Vickrum Singh Digwa. Celui-ci a eu une dispute qui a mal tourné avec un inconnu.

Vickrum Singh Digwa est un Britannique de 22 ans de religion Sikh. L’inconnu est Henry Nowak, 18 ans, étudiant en première année en comptabilité à l’université de Southampton.

À l’arrivée des patrouilleurs, Vickrum Singh Digwa se présente comme la victime d’un ‘assaut raciste’ au cours duquel Henry Nowak a arraché son turban.

Henry Nowak git au sol sur le terrain d’un voisin.

Interrogé à son tour, Henry Nowak accuse Vickrum Singh Digwa de l’avoir poignardé et se plaint d’avoir de la difficulté à respirer.

Toutefois, il fait noir. De plus, Henry Nowak porte des vêtements sombres. Si bien que les policiers n’arrivent pas à voir où seraient situées ses blessures.

Ne disposant d’aucun indice qui leur permettrait de croire que l’état de faiblesse apparente d’Henry Nowak s’expliquerait par une intoxication à l’alcool ou à une drogue, les policiers font fi du principe de précaution, n’appellent pas des secouristes, et se contentent de lui réciter ses droits civiques pendant qu’ils le menottent.

Une minute plus tard, l’état d’Henry Nowak s’est tellement détérioré qu’un patrouilleur tente une réanimation cardiorespiratoire.

En vain; Henry Nowak meurt sous leurs yeux.

Ces jours-ci, cet assassinat provoque de vives réactions en Grande-Bretagne et ailleurs dans le monde. Sur les médias sociaux, le Département d’État américain a accusé la police britannique de partialité en créant deux classes de citoyens.

Pourquoi un crime commis il y a six mois provoque-t-il maintenant autant de réactions ?

C’est que le jugement en première instance vient d’être publié.

Les détails

Dans son jugement de dix pages, le juge Willima Mousley révèle le fond de l’histoire.

Ce soir du 3 décembre 2025, Henry Nowak revient à pied d’une fête organisée pour célébrer la fin de sa session universitaire. Il a bu, mais son taux d’alcoolémie ne dépasse pas la limite légale pour prendre le volant.

Sur son chemin, il passe devant la résidence familiale de Vickrum Singh Digwa. Ce dernier s’en prend à lui pour des raisons demeurées obscures.

Comme le feraient bien des jeunes de son âge, Henry Nowak a le réflexe de sortir son téléphone et de filmer ce qui se passe.

C’est alors que Vickrum Singh Digwa le lui arrache des mains. Ce vol déclenche une bagarre au cours de laquelle Vickrum Singh Digwa perd son turban. Fou de rage, il sort un couteau d’une vingtaine de centimètres et poignarde Henry Nowak à cinq reprises.

Lorsqu’arrivent les policiers, Henry Nowak se trouve sur le terrain du voisin (plutôt que devant la maison familiale de Vickrum Singh Digwa).

Cela s’explique par la tentative d’Henry Nowak d’échapper à son agresseur. Il a donc escaladé une clôture, avant de glisser du capot de la voiture du voisin stationnée devant son entrée de garage.

Avant l’arrivée des policiers, Vickrum Singh Digwa s’est contenté de filmer sadiquement, sur son propre téléphones, la fuite désespérée de sa victime. Voilà pourquoi, c’est son frère qui a appelé les services d’urgence.

En raison de la mort d’Henry Nowak, les journalistes n’ont pas pu obtenir son témoignage et se sont contentés de la version officielle des faits.

Jusqu’à maintenant, on ignorait la nature de cet assaut raciste à l’origine du conflit. La lecture du jugement nous apprend que l’adolescent de 18 ans a qualifié Vickrum Singh Digwa de ‘Paki’ (un diminutif de Pakistanais).

Voilà donc le ‘crime’ qui a motivé les policiers à menotter cet adolescent, trop faible pour se relever.

Les viols collectifs de Telford

Ce fait divers survient huit ans après la révélation des viols collectifs de Telford (une agglomération située au sud-ouest de l’Angleterre).

Pendant quatre décennies à partir du début des années 1980, un réseau d’environ deux-cents personnes — à 84 % des Britanniques d’origine pakistanaise — a agressé sexuellement près d’un millier d’adolescentes ‘blanches’ (sauf trois d’entre elles).

Si ce réseau a pu opérer en toute impunité pendant une si longue période, c’est qu’à chaque fois, le rapport des policiers ou des intervenants des services sociaux a été classé sans suite par leurs supérieurs par crainte d’être accusés de racisme par la communauté sikhe, renommée pour son activisme politique.

C’est une vaste enquête du Sunday Mirror, publiée le 11 mars 2018, qui a révélé l’ampleur du scandale.

Se taire pour ne pas alimenter l’intolérance

Dans n’importe quelle société, rien n’est plus dangereux que de faire croire à une majorité de citoyens qu’elle est victime d’une minorité ethnique facilement reconnaissable.

Pour éviter d’alimenter ce faux sentiment d’injustice, les pouvoirs publics ont le devoir de faire en sorte que tous les citoyens soient égaux devant la loi.

Comment se fait-il que devant une ‘agression’ insignifiante — qualifier quelqu’un de ‘Paki’ — les policiers ne trouvent rien de mieux que de menotter un adolescent de 18 ans dans le but apparent de judiciariser l’affaire ?

Normalement, ils auraient dû donner une contravention à Vickrum Singh Digwa pour les avoir dérangés pour aussi peu et chercher plutôt à comprendre l’état dans lequel se trouvait Henry Nowak.

Dans sa décision, le juge Willima Mousley prend soin de n’adresser aucun reproche aux policiers impliqués dans cette affaire.

S’appuyant sur l’avis de l’expert médical qui a témoigné devant lui, le juge soutient que la condition d’Henry Nowak était tellement précaire à l’arrivée des policiers que même s’ils avaient, par mesure de prudence, appelé une ambulance, cela n’aurait rien changé à l’issue fatale de cette affaire.

Compte tenu de la perforation d’un de ses poumons et de la quantité de sang retrouvé à l’autopsie dans la cavité thoracique ou abdominale d’Henry Nowak (1,2 litre de sang), il est clair que relever une personne étendue au sol pour la faire assoir et l’incliner vers l’avant afin de lui menotter les mains dans le dos était une idée dangereuse qui a très certainement accéléré la mort d’Henry Nowak.

Aucun ambulancier au monde n’aurait transporté un tel patient autrement qu’étendu sur une civière, quitte à lui attacher les membres par des sangles si on soupçonne qu’il fait semblant.

Le tollé provoqué par l’attitude policière envers Henry Nowak fait l’affaire des milieux xénophobes, heureux de condamner la partialité des policiers dans ce cas-ci.

Mais si les milieux dits ‘de gauche’ faisaient davantage preuve de discernement, ils ne laisseraient pas à la droite le monopole de l’indignation populaire contre les abus du wokisme.

Références :
Affaire des viols collectifs de Telford
Europe’s far right exploit Henry Nowak murder in UK with populist rhetoric on race
Former police officer in hiding after being falsely linked to Henry Nowak arrest
Le kirpan et la sécurité
Man who said he carried knife as part of Sikh faith guilty of murdering Southampton student
No 10 dismisses US claim of ‘two-tier’ UK policing after Henry Nowak murder
The King -v- Vickrum Singh Digwa

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Trouver chaussure à son pied

Publié le 24 mai 2026 | Temps de lecture : 1 minute

L’expression ‘Trouver chaussure à son pied’ signifie trouver un objet qui convient ou trouver un partenaire sexuel.

La réclame ci-contre parait quotidiennement dans le Journal de Montréal depuis des semaines.

Il y eut une époque où on se servait des femmes — ici en tenue légère et en pose suggestive — pour mousser la vente d’un banal produit de consommation.

Mais de nos jours, on s’étonne que cette réclame n’ait pas encore été retirée à la suite de protestations.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’empreinte environnementale des centres de données est un secret protégé par le droit européen

Publié le 20 mai 2026 | Temps de lecture : 2 minutes

Le fonctionnement de l’intelligence artificielle repose sur des centres de données qui sont de colossaux consommateurs d’énergie et d’eau.

Avant d’autoriser l’implantation d’un tel centre sur son territoire, une municipalité doit connaitre son empreinte environnementale, notamment ses besoins en ressources aquifères.

Depuis 2023, l’Union européenne obligeait ces centres à divulguer un certain nombre d’indicateurs : consommation d’énergie, usage de l’eau, efficacité énergétique ou encore performances techniques.

À la suite des pressions de Microsoft et de Digital Europe (qui défend à Bruxelles les intérêts des géants de l’informatique), la Commission européenne a décidé que cette empreinte environnementale relevait du secret industriel.

Le mois dernier, le quotidien Le Monde révélait que la Commission a ajouté une clause de confidentialité dans la règlementation européenne sur les centres de données.

Avant d’autoriser la construction d’un centre de données, il sera dorénavant illégal pour une municipalité d’exiger connaitre combien d’eau sera nécessaire à son fonctionnement.

On ignore les raisons qui justifient cette décision. C’est donc dans le secret le plus total que la Commission a accordé cette faveur aux géants américains de la tech.

Ce qui contribue aux soupçons de corruption qui planent déjà sur les diverses instances de l’Union européenne.

Références :
Comment Microsoft et le lobby de la tech ont fait entrer le secret dans le droit de l’UE sur les centres de données
La corruption au parlement européen
Stratégie industrielle du Québec : la panne d’idée de François Legault

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| Corruption politique, Politique internationale, Technologie | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’industrie de la transformation de genre

Publié le 24 mars 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

À quatorze ans, une adolescente a-t-elle la maturité pour renoncer définitivement à enfanter ? C’est la question que je me suis posée en lisant un article publié vendredi dernier.

Dans ce texte, on apprend que le Collège des médecins a classé sans suite une plainte concernant une docteure qui a prescrit de la testostérone à une adolescente mineure qui, en absence de ses parents, lui exprimait sa volonté de changer de genre.

« La fertilité, je comprends que c’est loin peut-être, pour toi, à 14 ans. Est-ce que c’est quelque chose que tu veux conserver avant de commencer ?» demande la docteure à la jeune adolescente, qui lui répond qu’elle sait déjà qu’elle ne veut pas d’enfant.

Les études ont démontré que dans la majorité des cas, la dysphorie de genre a disparu à l’arrivée de l’âge adulte. Autrement dit, le meilleur remède à la dysphorie de genre, c’est la puberté suivie de l’adolescence.

Indépendamment des prétentions du contraire, il n’existe pas de preuve que le traitement pharmacologique de cette atteinte soit supérieur à ces remèdes naturels que sont la puberté et l’adolescence.

Toutefois, ce qu’on ignore, c’est leur efficacité dans les cas graves. En somme, dans ces cas, doit-on traiter ou non ? Personne ne le sait.

Lorsqu’une jeune fille considère que son sexe biologique (le sexe féminin) ne correspond pas à ce qu’elle aspire à devenir à l’âge adulte, le traitement médical comprend trois étapes.

Elle reçoit d’abord des bloqueurs de la puberté, puis des injections de testostérone et enfin, elle subit l’ablation des seins. Ce sont les trois étapes d’une thérapie ’transaffirmative’.

La deuxième étape, soit la prescription de testostérone, comporte un risque de stérilité.

À l’étape finale (la chirurgie), c’est l’expérience de l’allaitement maternel qui est irrévocablement abandonnée.

Autrefois, les chirurgiens attendaient que leur patiente ait atteint l’âge de la maturité avant de procéder à l’ablation des seins. Ce n’est plus le cas de nos jours. En 2023 au Québec, 18 adolescentes mineures ont subi une telle opération.

Pour justifier sa pratique de la médecine transaffirmative à l’insu des parents, une thérapeute déclarait à l’émission Enquêtes que les parents ne savent pas ce qui se passe dans la tête de leurs enfants.

Il est difficile de croire qu’après une ou deux consultations de moins d’une heure, une docteure soit plus compétente pour juger de l’à-propos d’une transition de genre que ceux qui ont élevé cette fillette depuis 14 ans et qui l’ont vu s’entêter à vouloir un objet dont elle s’est lassée ultérieurement.

Effectivement dans les trois cas d’ablation des seins chez des mineures interrogées par l’émission Enquêtes, une seule n’a pas regretté son choix; les deux autres ont souhaité une reconstruction mammaire quelques années plus tard.

Conclusion

Les enfants qui éprouvent de la dysphorie de genre font partie de l’ensemble beaucoup plus vaste des gens qui sont mal dans leur peau.

On peut l’être parce qu’on se trouve laid, parce qu’on est obèse ou trop maigre, trop grand ou trop petit, et finalement parce qu’on estime être né(e) homme dans un corps de femme ou l’inverse.

Et comme c’est le cas chez toutes les personnes insatisfaites d’elles-mêmes, le conflit entre le sexe biologique et l’identité de genre entraine un certain nombre de conséquences cliniques, dont l’anxiété, la dépression, l’insomnie et, dans les cas extrêmes, les idées suicidaires.

Aux États-Unis, les médecins qui font partie des activistes de la ‘transaffirmation’ se sont assurés que les normes de pratique de leur ordre professionnel soient conformes à leur idéologie.

Leur influence a déteint au Québec. Voilà pourquoi, ici même, les parents ont été dépossédés de leur droit de décider de ce qui est le mieux pour leur enfant au profit de l’industrie de la transition de genre, seule compétente pour en juger.

Dès la puberté, celle-ci s’est donné la mission de libérer la fillette du déterminisme de son héritage génétique et de répondre aux besoins du marché.

Références :
Blâmée pour avoir prescrit trop rapidement de la testostérone à une ado
La dysphorie de genre chez l’enfant
La théorie du genre et ses excès
Psychosexual Outcome of Gender-Dysphoric Children
Standards of Care for the Health of Transgender and Gender Diverse People
Transition médicale de genre chez les mineurs : le Québec va-t-il trop vite?

Parus depuis :
Psychiatric Morbidity Among Adolescents and Young Adults Who Contacted Specialised Gender Identity Services in Finland in 1996–2019: A Register Study (2026-04-04)
Jeunes trans: le silence déshonorant des ordres professionnels (2026-04-05)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La guerre pour changer les mentalités

Publié le 13 mars 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

En Afghanistan, la charia (qui a force de loi) autorise le mari à battre son épouse si, pour ce faire, il évite d’utiliser une force excessive, c’est-à-dire une force provoquant des fractures, des plaies ouvertes ou des hématomes.

Plus tôt cette semaine, un juge afghan a refusé d’accorder le divorce à une femme fouettée par son mari à coups de câble métallique (le fil de recharge d’un téléphone multifonctionnel). Pendant plusieurs jours, la femme a porté les marques des coups appliqués sur son dos et sur ses bras.

Reconnu pour son tempérament vif, cet époux avait l’habitude de frapper sa femme et de l’humilier en lui rappelant son infirmité (une jambe plus courte que l’autre).

« Vous voulez divorcer rien que pour ça ?» lui a demandé le juge avant d’ajouter : « Quelques ‘corrections’ n’ont jamais tué personne.»

De 2001 à 2014, quarante-mille soldats canadiens ont occupé de facto ce pays afin de prévenir le retour au pouvoir des Talibans.

Auprès de l’opinion publique canadienne, l’opération a été présentée comme une ‘mission’ destinée à faire évoluer les mentalités arriérées du pays, notamment au sujet des femmes.

En 2006, nous prédisions :

Dès que les étrangers auront quitté le pays, les Afghans s’empresseront d’oublier la contribution insignifiante du Canada à l’évolution de leur pays : les insurgés seront présentés comme des patriotes et le régime en place comme l’équivalent du régime Pétain sous l’occupation nazie en France. Les soldats canadiens qui y auront laissé leur peau seront morts en vain.

Effectivement, les milliards de dollars dépensés par l’Occident n’ont pas empêché le retour au pouvoir du régime obscurantiste des Talibans.

Plus d’une décennie plus tard, nous voilà prêts à répéter la même erreur dans le pays voisin, soit l’Iran.

Comme pour les Talibans, il est difficile d’avoir la moindre empathie à l’égard du régime misogyne qui dirige actuellement l’Iran.

Mais ceux qui croient qu’une guerre dans ce pays permettrait aux Iraniennes d’échapper au joug qui pèse sur elles devraient se rappeler les leçons de l’histoire : on ne change pas la mentalité d’un peuple à la pointe du fusil.

Références :
A few beatings won’t kill you’: judge rejects divorce request of woman abused by husband in Afghanistan
La mission canadienne en Afghanistan ou la perpétuation de coutumes arriérées

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La stérilisation forcée de 300 000 Péruviennes

Publié le 8 mars 2026 | Temps de lecture : 3 minutes


Avant-propos : Depuis quelques années, pour célébrer la Journée internationale des femmes (le 8 mars), ce blogue inverse ce jour-là la règle grammaticale selon laquelle le genre masculin l’emporte sur le genre féminin. En conséquence, dans ce texte qui suit, le féminin inclut le masculin.

Il a fallu 29 années.

Il y a trois jours, la Cour interaméricaine des droits de la personne a condamné le gouvernement péruvien pour la mort de Celia-Edith Ramos-Durand, survenue en 1997 à l’occasion d’une stérilisation forcée.

Le Pérou était alors gouverné par Alberto Fujimori, soutenu par les États-Unis. Or l’aide américaine, par le biais de la Banque mondiale, était conditionnelle à ce que le Pérou endigue sa croissance démographique.

En moyenne, les familles autochtones y avaient cinq ou six enfants.

Au nom de lutte contre la pauvreté, le gouvernement Fujimori entreprenait donc, de 1996 à 2000, une campagne de contrôle de la natalité qui consistait à stériliser de force les populations pauvres et analphabètes du pays.

Et ce, avec d’autant plus de zèle que c’est dans ces milieux que les rebelles communistes du Sentier lumineux recrutaient le plus facilement de nouvelles combattantes.

Au fur et à mesure que s’accélérait cette campagne de stérilisation forcée, on manqua de chirurgiennes. On formera donc à la hâte des ‘praticiennes’. Poussées par les cibles à atteindre et les quotas à respecter, celles-ci opérèrent dans des conditions sanitaires de plus en plus précaires.

Au total, on estime que 300 000 femmes (pour la plupart, âgées de 20 à 25 ans) ont subi une ligature des trompes et que 30 000 hommes ont été vasectomisés.

Le nombre précis des personnes mortes des suites de cette stérilisation n’est pas connu. Toutefois, les ONG du pays estiment qu’il se compte en milliers de personnes.

La première action en justice a été intentée en 1999 (au sujet d’une autre victime que celle dont on parle). Elle s’est résolue par une entente hors cour que le gouvernement n’a pas respectée.

Puis ce dernier s’est engagé dans une guérilla judiciaire qui a duré trois décennies dans le but que les autres plaignantes, ruinées, abandonnent leur combat.

Les dirigeantes du pays se sont contentées de créer un registre où les plaignantes (la plupart analphabètes) pouvaient s’inscrire. Et on a coupé les subventions accordées aux ONG qui travaillaient à les défendre.

Bref, le jugement de Cour interaméricaine des droits de la personne est le premier, après 29 ans, à rendre justice au nom d’une des 300 000 victimes de cette campagne d’épuration ethnique.

Références :
Alberto Fujimori
Au Pérou, 300 000 femmes stérilisées de force
La dette du Pérou envers les milliers de femmes stérilisées de force
La stérilisation involontaire en pays démocratique
Le Pérou condamné pour la mort d’une femme lors d’une campagne de stérilisations forcées
Le Pérou responsable du décès d’une paysanne stérilisée de force
Pérou: 10 ans après les stérilisations forcées, les femmes andines réclament justice: en vain
Stérilisation forcée au Pérou
Stérilisation forcée au Pérou : “Après des décennies d’incertitude, il y aura enfin une décision”

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La coiffure asexuée

Publié le 19 février 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

Historique

C’est hier que Radio-Canada révélait qu’un salon de coiffure de Longueuil avait été condamné à payer une amende de 500$ pour ne pas avoir offert des coupes de cheveux ‘non genrés’ sur son site de réservation par internet, une situation corrigée depuis.

Dans cette affaire, le plaignant est un traducteur à l’emploi du gouvernement canadien qui désire ne pas être identifié ni comme un homme ni comme une femme.

Pour toute personne qui n’exerce pas le métier de coiffeur, il peut sembler difficile d’imaginer à quoi peut ressembler une coupe de cheveux asexuée. Mais cela existe; on trouve sur l’internet une multitude de styles de cheveux courts, plutôt originaux, présentés comme ‘non binaires’.

Au-delà de l’anecdote

Pour faire de la liberté individuelle le marqueur exclusif de la Démocratie parlementaire, les pays occidentaux ont poussé toujours plus loin la frontière de l’égalitarisme.

Après l’égalité sexuelle — accordée légalement aux femmes occidentales après que cette égalité fut obtenue par les femmes russes lors de la Révolution bolchévique — les pays occidentaux ont accordé aux homosexuels les mêmes droits constitutionnels que ceux dont se prévalent les hétérosexuels.

Encore là, un pays comme Cuba les avait devancés.

Depuis quelques années, l’Occident s’est distingué en étendant ce combat égalitaire à l’identité de genre.

C’est ainsi que l’article 10 de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne interdit toute discrimination ou préférence fondée, entre autres, sur l’expression de genre.

Au-delà de la controverse suscitée par la condamnation du salon de coiffure dont nous avons parlé plus tôt, la loi consacre le droit constitutionnel des personnes qui veulent ne ressembler ni à des hommes ni à des femmes.

Même si je ne suis pas partisan de la théorie du genre, il faut se rendre à l’évidence; tous les salons de coiffure du Québec devront se plier à la loi.

Bref, qu’on le veuille ou non, c’est ça qui est ça.

Références :
Charte québécoise des droits et libertés de la personne
La dysphorie de genre chez l’enfant
La théorie du genre et ses excès
Le droit au X – et à l’indifférence
40 coupes de cheveux courtes non binaires qui inspirent l’expression de soi
Un salon de coiffure condamné à payer 500 $ à une personne non binaire

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La corruption des élus à Ottawa

Publié le 17 décembre 2025 | Temps de lecture : 3 minutes

Il y a six ans, nous écrivions :

Un des grands tabous de la politique canadienne est la corruption au sein du gouvernement fédéral.
[…]
…seulement pour 2017, c’est plus de 600 000 $ en voyages gratuits qui ont été payés par des gouvernements étrangers à des parlementaires fédéraux. Le tout de manière parfaitement légale parce que rien ne s’y oppose.

Précisons qu’Ottawa est libre de mettre sur pied des missions d’observation auxquelles participeraient un certain nombre de ses députés.

Mais est-ce normal que des gouvernements étrangers ou des ONG financées par des intérêts étrangers tentent d’influencer nos parlementaires en procédant à des visites guidées ?

Au Canada, il suffit que le tout soit déclaré au Commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique pour que ce ‘cadeau’ soit considéré comme parfaitement légal.

Imaginez qu’au lieu d’un voyage, toutes dépenses payées, un député reçoive plutôt une enveloppe brune dans laquelle se trouveraient un billet d’avion à destination d’un pays étranger, accompagné d’une liasse de ‘brownies’ destinée à défrayer ses frais de séjour, qu’en penserait-on ?

C’est pourtant ce qui est arrivé à cinq députés libéraux et un député du NPD, selon ce que nous apprenait hier un article publié par Radio-Canada.

Pudiquement, le diffuseur canadien parle d’un voyage effectué ‘à l’invitation’ de la Canadian Muslim Vote alors qu’en réalité, il s’agit bel et bien d’un voyage organisé et défrayé par elle.

Précisons qu’à Ottawa, le député qui n’occupe aucune fonction particulière reçoit annuellement 178 900 dollars. Cette indemnité de session est amplement suffisante pour lui permettre de faire le tour du globe, s’il le désire.


 
Non seulement le narratif de Radio-Canada évite soigneusement de présenter ce voyage comme une tentative d’influencer l’opinion de ces six députés à l’égard de la colonisation israélienne en Cisjordanie, mais le diffuseur public a également censuré et fait disparaitre toute trace des commentaires (comme celui ci-dessus) qui présentait ce voyage sous un autre angle que celui choisi par Radio-Canada.

Cette corruption systémique, taboue pour Radio-Canada, n’est sans doute pas étrangère aux déboires actuels du Parti libéral du Québec après qu’il ait choisi de confier sa direction à des gens qui ont fait carrière à Ottawa.

Sans vouloir insinuer que Pablo Rodriguez soit corrompu — sans preuve du contraire, je le crois innocent — il est clair que dans ses valises, il transportait des gens dont l’éthique politique laisse à désirer.

Références :
Corruption fédérale : les voyages forment la vieillesse
Des députés canadiens se voient refuser l’entrée en Cisjordanie
Gagnants ou perdants : ce qu’ils gagnent, ce qu’ils perdent

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La ‘faille Vaillancourt’ et les ‘brownies’ libéraux

Publié le 25 novembre 2025 | Temps de lecture : 3 minutes


 
À la fin de 2010, le débuté Serge Ménard (du Bloc Québécois) avait révélé avoir été l’objet d’une tentative de corruption de la part de Gilles Vaillancourt, alors maire de Laval.

Le Code criminel fédéral interdisait la tentative de corruption d’un député ou d’un fonctionnaire. Mais la loi ne prévoit rien lorsqu’on tentait de soudoyer une personne qui n’a pas encore été choisie pour représenter son parti.

Le 4 décembre 2010, nous demandions donc que cette ‘faille’ soit corrigée.

Mais neuf ans plus tard, nous écrivions :

Copiée sur le modèle québécois, la loi fédérale au sujet du financement politique limite sévèrement l’importance des sommes d’argent qu’on peut offrir aux politiciens fédéraux. Pour Ottawa, le politicien nait le jour de son élection à titre de candidat à une élection fédérale.

Avant d’être choisi représentant d’une formation politique, le candidat à l’investiture de son parti peut accepter toutes les contributions qu’on peut lui faire. C’est la faille ‘Vaillancourt’, dénoncée sur ce blogue en 2010, mais qui n’a toujours pas été colmatée.

Depuis 2019, un ministre libéral — Bill Morneau, ministre fédéral des Finances — a démissionné dans la foulée du scandale de WE Charity.

Son patron, le premier ministre du Canada, continuait d’exiger que chaque candidat libéral rapporte des dizaines de milliers de dollars de financement politique à son parti.

Or on sait, par expérience, qu’obliger les ministres à se ‘prostituer’ pour la caisse du parti mène à de la corruption politique.

Malgré cela, le Parti libéral fédéral a continué ses petites magouilles habituelles… jusqu’au jour où tout cela éclate au visage de sa succursale québécoise

Lorsqu’un homme politique quitte son poste ministériel à Ottawa pour diriger le Parti libéral du Québec, cela est excellent pour ce parti puisque le ‘transfuge’ possède déjà une solide expérience politique.

Mais quand celui-ci amène avec lui à Québec sa garde rapprochée — c’est-à-dire des personnes qui ont développé une culture politique étrangère à la nôtre — cela est une transposition risquée (ou Rizqy).

La nouvelle selon laquelle un billet brun de cent dollars (surnommé ‘brownie’ en anglais) était versé à chaque personne qui votait pour Pablo Rodriguez lors de la course à la chefferie québécoise du Parti libéral, rend plus urgent de donner suite à notre demande d’il y a quinze ans.

Références :
Corruption fédérale : les voyages forment la vieillesse
Corruption : la faille « Vaillancourt » doit être colmatée
Corruption libérale : chassez le naturel…
L’argent comptant et la corruption du Parti libéral du Québec
L’argent de la corruption libérale
Ottawa, nid de corruption

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| 2018-202X (années Legault), Corruption politique, Politique québécoise | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Quand l’antiracisme perpétue la notion fallacieuse des races humaines

Publié le 24 octobre 2025 | Temps de lecture : 1 minute

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Écrit par Jean-Pierre Martel