La taxe Netflix : la capitulation de trop d’Ottawa

Publié le 31 juillet 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Protéger le pouvoir d’achat… pour des biens américains

Plus tôt cette semaine, Ottawa renonçait à obliger les géants du Web à payer une redevance (appelée ‘taxe Netflix’) destinée à soutenir financièrement la création de contenu culturel canadien.

Ottawa justifie sa décision en déclarant que toute taxe imposée aux géants du Web serait refilée aux consommateurs canadiens sous forme, par exemple, d’une hausse des abonnements à des plateformes de diffusion en continu.

Toutefois, cela est également vrai de l’impôt que paient ces entreprises sur les profits qu’elles déclarent réaliser au Canada. Si Ottawa veut être cohérent, ne devrait-il pas soustraire du fisc toutes les entreprises qui opèrent au pays afin qu’elles puissent refiler les sommes épargnées aux consommateurs ?

Si Ottawa veut protéger le pouvoir d’achat des Canadiens, il aurait avantage à distinguer les biens de consommation essentiels de ceux qui ne le sont pas.

Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras

La ’taxe Netflix’ devait rapporter des milliards de dollars.

Comme les présents apportés à Bethléem par les rois mages, le premier ministre canadien espère que son cadeau à Donald Trump mettra ce dernier dans de bonnes dispositions pour signer un traité de libre-échange avantageux pour notre pays.

Toutefois, nombreux sont ceux qui croient qu’il repartira en chameau sans avoir obtenu grand-chose puisque l’effet des concessions au président américain dure rarement au-delà de 24 heures.

Ce dernier est un mâle alpha qui, en raison de son narcissisme, respecte ceux qui lui ressemblent (Benyamin Netanyahou, Vladimir Poutine et Xi Jinping).

Par contre, il adore piétiner les faibles afin de démontrer publiquement sa puissance. On peut donc souhaiter bon courage à ce pauvre premier ministre canadien qui n’a pas fini de servir de paillasson à Trump puisque ce dernier sait, par expérience, que Carney finit toujours par céder à la dernière minute.

La prétendue ‘culture canadienne’

Les peuples anglophones du Canada, des États-Unis et de Grande-Bretagne font partie d’un vaste ensemble ‘anglo-saxon’ qui rayonne tout naturellement et indistinctement sur le reste du monde sans que des gouvernements aient besoin d’intervenir. Le ‘marché’ s’en charge.

Le premier ministre actuel du Canada est un mondialiste capable de passer de la direction de la Banque du Canada à celle de Grande-Bretagne comme si l’une et l’autre étaient des succursales d’un gouvernement mondialisé.

De toute évidence, l’idée de protéger la ‘culture canadienne’ (comme si elle avait quelque chose de particulier) lui est totalement étrangère.

Évidemment, il sait que les cultures autochtones du Canada possèdent des identités fortes. De même que la culture québécoise. Mais dans le monde d’où il est issu, on s’intéresse distraitement aux choses dont on ne peut pas évaluer le prix au kilo.

La tutelle culturelle d’Ottawa

Si Ottawa voulait convaincre les Québécois qu’ils ne sont jamais mieux servis que par eux-mêmes, il a parfaitement réussi en capitulant au sujet de la ‘taxe Netflix’.

Dans sa lutte séculaire destinée à protéger notre langue et notre culture, le gouvernement du Québec est handicapé par les obstacles qu’Ottawa dresse sur son chemin.

Pensons à cette camisole de force constitutionnelle que l’ethnie dominante du pays s’est empressée d’adopter sans nous en 1982 et dont le but était d’invalider des pans entiers de la Loi 101 adoptée cinq ans plus tôt par le Québec.

Pensons également à toute cette magistrature militante, nommée par Ottawa, toujours prompte à déclarer anticonstitutionnels nos efforts destinés à construire une identité qui nous soit propre.

Pensons au refus obstiné d’Ottawa de permettre au ministère québécois de l’Immigration d’obliger la connaissance préalable du français à ceux qui veulent immigrer au Québec alors qu’une exigence équivalente existe déjà dans de nombreux pays (dont la Grande-Bretagne).

Conclusion

L’abandon de la ‘taxe Netflix’ ne pénalise pas seulement les créateurs québécois de contenu culturel; il pénalise également ceux qui habitent dans les autres provinces. Toutefois ces derniers sont des victimes collatérales.

Les géants du Web sont les alliés objectifs des politiques assimilatrices d’Ottawa. L’invisibilisation du contenu québécois et la promotion assumée de la culture américaine sont autant de moyens de convaincre nos jeunes d’avoir honte de notre langue (accusée d’être sexiste) et de notre culture.

Bref, lors du prochain référendum, le peuple francoQuébécois sera confronté à un choix existentiel; prendre son destin en main ou assister impuissant à son extinction linguistique.

Références :
Annulation de la « taxe Netflix » Une décision désastreuse
« Aplaventrisme », « non-sens total » : le recul d’Ottawa sur la « taxe Netflix » dénoncé

Complément de lecture :
Mark Carney est-il l’homme de la situation ?

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au prix que nous payons pour appartenir au Canada, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Mark Carney est-il l’homme de la situation ?

Publié le 17 juillet 2026 | Temps de lecture : 2 minutes

Introduction

Le pont Gordie-Howe reliera bientôt la ville ontarienne de Windsor à la ville américaine de Detroit.

Depuis quelques jours, le premier ministre canadien a de la difficulté à expliquer pourquoi Washington recevra la moitié des revenus du péage sur ce pont alors qu’il n’a pas déboursé un cent pour sa construction (entièrement payée par le Canada).

Il y a un an, Ottawa annulait à la dernière minute la taxe numérique qu’il s’apprêtait à imposer aux géants du Web. Et ce, afin de relancer les négociations au sujet du renouvèlement de l’Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis. Ce qui n’a rien donné.

De manière générale, depuis qu’il est au pouvoir, Mark Carney n’a pas cessé de capituler face à Trump.

Mark Carney, capitaine-Canada

Nos amis fédéralistes se plaisent à répéter que l’union fait la force. Et plus particulièrement qu’un Canada uni est plus apte à affronter Donald Trump que si le Québec et le reste du pays formaient deux entités politiques distinctes. Cela semble très logique.

Mais ceci n’est vrai que si et seulement si notre général en chef ne s’évanouit pas au premier coup de feu tiré par l’ennemi…

La question est donc de savoir si notre ‘Capitaine-Canada’ actuel est un nouveau Montcalm (celui qui a perdu sur les plaines d’Abraham) ou un nouveau d’Iberville (celui qui n’a jamais perdu une seule bataille militaire de sa vie).

Poser la question, c’est y répondre…

Références :
Géants du web : le Canada annule la taxe sur les services numériques
Pont Gordie-Howe : Mark Carney peine à clarifier l’accord conclu avec Donald Trump

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La statue de Champlain à Orillia

Publié le 15 juillet 2026 | Temps de lecture : 6 minutes

Histoire et description

Le premier juillet 1925, dans la ville ontarienne d’Orillia, les célébrations du Jour de la Confédération furent toutes spéciales.

Dans cette ville située au cœur de ce qui a été la Huronie (avant sa destruction par les Iroquois entre 1646 et 1653), on inaugurait ce jour-là un monument en honneur de Samuel de Champlain.

Commandé par le gouvernement canadien et réalisé par le sculpteur britannique Vernon March, le monument comprenait à son sommet une statue de Samuel de Champlain.

Plus bas, de chaque côté, on trouvait deux groupes.

À droite, l’un montrait un missionnaire récollet dans une pause aussi théâtrale que dominatrice à l’égard de deux Autochtones à ses pieds.

Le deuxième groupe représentait un coureur des bois évaluant les fourrures que deux autres Autochtones, assis eux aussi, lui apportent.

Au centre du piédestal, une plaque de bronze portait un texte anglais dont la traduction est la suivante :

« Ce monument est érigé pour commémorer l’arrivée en Ontario de la race blanche sous la direction de Samuel de Champlain.

L’intrépide explorateur et colonisateur français, accompagné de ses hommes, arriva dans nos contrées durant l’été de 1615 et passa l’hiver suivant auprès des Indiens, établissant ses quartiers au village huron situé près d’ici.

Ce monument est un symbole de la bonne volonté entre les peuples francophones et anglophones du Canada.»

La controverse

En 2017, la statue de Champlain a été déboulonnée en raison de l’érosion de son socle. Cette année-là, Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières nations du Québec et du Labrador s’était rendu à Orillia. À cette occasion, il avait exprimé le souhait qu’on remette en place la statue de Champlain sans la plaque et les sculptures secondaires qui l’accompagnaient.

De nos jours, lorsqu’on lit les commentaires des citoyens d’Orillia aux articles publiés dans le média local de la ville, il ne semble pas que la population de cette ville soit hostile à Samuel de Champlain.

De manière générale, les gens sont partagés entre ceux qui se désolent que la ville se prive d’un œuvre d’art et ceux qui, excédés par le vandalisme dont elle est la cible, préfèrent qu’on la vende plutôt que de débourser les 250 000$ que sa restauration couterait.

Bref, on aurait tort de penser que le vandalisme de la statue de Champlain à Orillia ressemble de près ou de loin à une hostilité généralisée envers le Québec.

Mais elle suscite la violente opposition d’une poignée de militants wokes pour qui la statue de Champlain est offensante parce que le fondateur de la ville de Québec est, à leurs yeux, une ‘figure coloniale’.

En effet, Champlain est une figure coloniale comme le sont tous les personnages célèbres de Nouvelle-France. C’est ainsi qu’une bonne partie des femmes auxquelles on rend hommage à la Place des Montréalaises sont des figures coloniales.

Quand le wokisme est l’allié d’Ottawa

Au début des années 2010, un mouvement anticolonial et antiraciste a déferlé dans les facultés de sciences sociales des campus américains. Ce mouvement fut ultérieurement appelé ‘mouvement woke’.

À juste titre, ce mouvement considère que l’histoire des États-Unis se résume à la dépossession violente du territoire étatsunien peuplé originellement par les Autochtones, et la tentative de les exterminer par la famine, la guerre ou par des épidémies volontairement provoquées.

C’est grâce aux politiques d’ÉDI (Équité, diversité et inclusion), jugées réparatrices aux yeux du mouvement woke, que Washington et Ottawa en ont fait un allié.

Le peuple américain ayant tendance à juger le monde à partir d’eux-mêmes, on en vint à considérer que tous les colonialismes à travers le monde sont comme celui duquel les États-Unis sont nés.

Mais il y a une exception; c’est le colonialisme français en Amérique du Nord.

Contrairement à l’Angleterre (qui cherchait à peupler cette partie du monde), la France cherchait plutôt à y développer le commerce des fourrures.

Ce qui impliquait que Paris envoie au Canada des commis-voyageurs — appelés ‘coureurs des bois’ — partis à la rencontre des peuples autochtones afin de développer des amitiés et d’y tisser des liens d’affaires dans le but de les inciter à ‘récolter’ des fourrures pour le compte, au final, de compagnies exportatrices françaises

À l’exception de quelques accidents maladroits dans les relations entre la France et la presque totalité des peuples autochtones d’Amérique du Nord, ces derniers étaient des alliés militaires et des partenaires d’affaires.

C’est ce que le wokisme canadien s’entête à ne pas voir, un entêtement encouragé par Ottawa.

Lorsqu’Ottawa prétend que le Canada est en 1867 alors que la naissance du Canada (en tant qu’entité politique) remonte à la Renaissance, il insinue que tout ce qui s’est passé avant 1867 est de moindre importance.

De plus, il masque le fait que les descendants de colons français ont plus de légitimité que d’autres à occuper ce territoire parce que nos ancêtres sont arrivés dans cette partie du monde des siècles plus tôt. Tout comme la légitimité des peuples autochtones est indiscutable.

D’autre part, tout colonialisme visant à l’extinction d’un peuple s’accompagne d’une propagande destinée à convaincre ce peuple qu’il ne mérite pas d’exister, soit physiquement soit culturellement.

Quand le ministre fédéral Marc Miller se déclare favorable à ce que la statue de Champlain retrouve sa place à Orillia, il prend bien soin de ne pas expliquer pourquoi. Parce qu’il devrait alors s’attaquer aux préjugés wokes qui sont à la base de la contestation dont cette statue est l’objet.

L’extinction du peuple francoQuébécois par le biais, entre autres d’une immigration massive, s’accompagne d’une propagande qui vise à inculquer la honte de ce que nous sommes.

Une honte à l’œuvre auprès des jeunes francophones qui fréquentent les cégeps et universités anglophones du Québec où sévit le wokisme canadien et conséquemment, le mépris à l’égard de nos ancêtres, accusés de partager les torts du colonialisme génocidaire anglo-saxon. Ce qui est faux.

Faire disparaitre de l’espace public les hommages mérités qui sont rendus aux grands bâtisseurs de notre nation, c’est condamner à l’oubli la grandeur de notre histoire.

Références :
La statue controversée de Samuel de Champlain à Orillia: avec une seule photo, l’histoire se moque d’elle-même
Le ministre Miller souhaite la réinstallation de la statue de Champlain à Orillia
Massacre des Hurons
Sauver ou cacher Samuel de Champlain?
Suitors line up with offers for Orillia’s Champlain Monument

Compléments de lecture :
Gabriel Sagard en Huronie
Les Sauvages

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’assurance dentaire et l’espionnage financier d’Ottawa

Publié le 30 mai 2026 | Temps de lecture : 3 minutes
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Moyennant l’obtention d’un mandat émis par un juge, il est normal que les corps policiers aient accès aux données bancaires d’un citoyen soupçonné de fraude ou d’un crime économique.

Toutefois, est-il normal que la couverture de l’assurance dentaire d’Ottawa soit conditionnelle au partage des informations bancaires — solde du compte courant, transactions détaillées, contributions à un REER, etc.— des six-millions de Canadiens assurés ?

C’est pourtant ce qu’Ottawa exige de connaitre cette année sous le prétexte d’identifier la personne qui demande le renouvèlement de son assurance dentaire. On peut se demander en quoi ces informations confidentielles ont la moindre utilité à cette fin.

Si Ottawa veut s’assurer que le demandeur répond toujours au critère d’admissibilité du revenu familial annuel de moins de 90 000 dollars, il le sait déjà par le biais de la déclaration de revenus.

Au cours de la demande électronique de renouvèlement, Ottawa ne devrait exiger du demandeur que de préciser son numéro d’assuré (appelé numéro de membre) et le code à six chiffres que Service Canada lui envoie par SMS. Le tout devrait prendre moins d’une minute.

En janvier 2019, le parlement canadien a voté une loi qui permet à Statistique Canada de recueillir automatiquement, et sans leur consentement, les informations bancaires de 500 000 Canadiens. Ces informations comprennent l’identité, le solde bancaire et les transactions effectuées.

Par le biais du programme canadien d’assurance dentaire, cet espionnage a donc été étendu à six-millions de Canadiens.

Depuis les révélations d’Edward Snowden en 2013, on sait que les cinq pays à majorité anglo-saxonne — les États-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande — ont mis sur pied un système de surveillance qui épie tous nos courriels, tous nos textos et toutes nos conversations téléphoniques.

Par le biais de la géolocalisation des appareils mobiles, l’État peut espionner le moindre de nos déplacements et, par croisement, savoir qui nous rencontrons.

Si ce n’est pas déjà fait, on mettrait au point un logiciel qui donnerait à l’État l’accès au micro d’un téléphone même lorsqu’on ne s’en sert pas pour que nous vivions dans un état permanent d’espionnage généralisé. Même dans les moments les plus intimes.

Toujours dans le domaine de l’intime, Statistique Canada a franchi un nouveau seuil cette année en ajoutant au recensement une question relative à l’identité de genre du répondant.

Références :
Informations bancaires: Statistique Canada veut rassurer les citoyens
L’espionnage d’Ottawa dans nos vies n’a pas de limite

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le choix de Montréal pour accueillir la Banque de la défense

Publié le 10 mai 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

Au début de cette année, au Forum économique mondial de Davos, le premier ministre canadien a appelé les pays occidentaux d’importance moyenne à se regrouper pour mieux contrer l’intimidation des puissances hégémoniques.

En mars dernier, sur les dix-huit pays invités par Ottawa, seulement cinq ont accepté de participer à la mise sur pied de la Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience.

Classés selon le rang mondial de leurs dépenses militaires en 2025, les pays participants sont le Canada (16e rang), la Turquie (18e), la Grèce (34e), la Lettonie (69e) et le Luxembourg (89e).

De plus, la Norvège (au 24e rang mondial) a accepté de s’y joindre à titre d’observateur.

Puisque, pour l’instant, c’est le Canada qui paie les frais de la création de cette banque, tous les participants ont accepté que le siège social de cette institution soit situé dans notre pays.

Il est possible que cette banque acquière de l’importance à l’avenir. Mais pour l’instant, l’espoir d’Ottawa de la voir se doter d’une capitalisation de 185 milliards de dollars et d’y faire travailler 3 500 personnes relève d’un grand optimisme.

Il n’en fallait pas plus pour que quatre grandes villes canadiennes se montrent désireuses de l’accueillir, soit Montréal, Ottawa, Toronto et Vancouver.

Il est très improbable que Vancouver soit choisie en raison des milliers de kilomètres supplémentaires qu’auraient à parcourir les délégations des pays participants, principalement européens.

Ottawa n’a pas la stature internationale de ses rivales que sont Montréal et Toronto.

Toronto est la capitale financière du Canada. De plus, l’Ontario possède une industrie militaire plus développée que celle du Québec grâce au fait qu’Ottawa a toujours refusé de donner au Québec sa juste part des contrats du ministère de la Défense.

Montréal, ville mi-américaine et mi-européenne, jouit du meilleur écosystème pour accueillir des institutions internationales.

Alors que les industries militaires ontariennes ne sont que des usines d’assemblage de produits basés sur de la technologie américaine, l’industrie aéronautique québécoise est le fruit du génie québécois puisque les avions de Bombardier ont été conçus au Québec.

Ce qui signifie que la contribution canadienne au partenariat canado-européen de la défense a plus de chance de réussir s’il s’appuie sur les avantages que possède Montréal.

En somme, en décidant d’établir le siège social de cette banque à Montréal, Ottawa ne fait pas une faveur au Québec; à l’inverse; c’est plutôt Montréal qui fait profiter Ottawa de son écosystème diplomatique et industriel.

Quant à l’argument selon lequel Ottawa ne devrait pas investir dans une province qui risque bientôt de faire sécession du Canada, rappelons que, pour l’instant, les Québécois paient des taxes.

Si Ottawa punit le Québec pour une indépendance qu’il ne fait pas, il est aussi bien de la faire puisqu’au moins, il en retirerait les avantages, ce qu’il n’a pas en restant dans le Canada.

Références :
Banque de la défense : comment les 4 villes candidates veulent se démarquer?
Banque de la défense : « Idéalement » un dirigeant qui parle français, dit Québec
Forum économique mondial de Davos : lisez le discours intégral de Mark Carney
Future Banque de la défense : le Canada obtient le siège social
Future Banque de la défense : Ottawa veut rallier davantage de pays avant le sommet de l’OTAN
Liste des pays par dépenses militaires

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La loi C-3 ou la transmission des chromosomes ‘canadiens’

Publié le 24 avril 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

C’est en décembre dernier que le parlement canadien a adopté la loi C-3 modifiant la Loi sur la citoyenneté.

Pour la somme de 75 $, le Canada accordera sur demande la citoyenneté canadienne à toute personne étrangère capable de prouver qu’elle descend de quelqu’un qui était canadien après le 1er janvier 1947.

Les conséquences

On estime que des millions d’Américains sont qualifiés pour obtenir la double citoyenneté canado-américaine.

Alors que les citoyens américains qui travaillent à l’Étranger sont soumis au fisc américain, l’obtention de la citoyenneté canadienne ne comporte aucune obligation fiscale. Ce qui veut dire que, pour un Américain, obtenir également la citoyenneté canadienne ne comporte que des avantages.

Si on lui diagnostique un mal dont le traitement est ruineux, il lui suffira de déménager dans une province canadienne pour que celle-ci soit obligée de le traiter gratuitement.

S’il déménageait au Canada à titre d’immigrant, Ottawa serait obligé de rembourser à la province ses frais de santé jusqu’à sa naturalisation. Mais puisqu’il est déjà citoyen canadien, Ottawa n’aura rien à payer. Tout est à la charge de la province où il ira se faire soigner.

Inévitablement, le Canada devra modifier sa loi électorale afin de permettre à cette ‘diaspora’ de participer aux élections fédérales. Selon leur importance démographique, ces citoyens de l’Étranger auront droit à un ou à plusieurs députés à la Chambre des Communes.

La dissolution de l’identité canadienne

Il est difficile de comprendre l’intérêt pour le Canada de donner le droit de vote à des gens qui n’ont jamais vécu au Canada, qui ne connaissent rien ou presque de l’histoire du pays, et qui n’auront pas à subir les politiques du parti pour lequel ils auront voté.

Ce qui nous amène à nous demander : qu’est-ce qui justifie la loi C-3.

Celle-ci n’est qu’une étape de plus dans un processus qui a commencé il y a quatre décennies.

Adoptée par l’Assemblée nationale du Québec en 1977, la Loi 101 proclamait la suprématie des droits collectifs, du moins ceux qui sont nécessaires à pérenniser le français au Québec. Cinq ans plus tard, Ottawa a fait adopter par l’ethnie dominante du pays une nouvelle constitution qui proclame, au contraire, la suprématie absolue des droits individuels.

De manière encore plus ambitieuse, Ottawa cherche à substituer l’identité collective — celle basée sur la langue, la culture et l’histoire — par une identité individuelle basée sur l’identité de genre, l’orientation sexuelle et la pigmentation de la peau.

Par le biais d’un déluge migratoire et du multiculturalisme, le but est de dissoudre l’identité canadienne. Une identité qui, déjà au départ, repose sur pas grand-chose.

La loi C-3 est un pas de plus dans cette direction.

En étendant la citoyenneté canadienne à des gens qui n’ont rien de canadien à part quelques chromosomes hérités de la fesse gauche d’un ancêtre qu’ils n’ont pas connu, Ottawa poursuit cette déconstruction de l’identité canadienne.

D’où la question : c’est quoi, un Canadien ? Qu’a-t-il de particulier ?

Références :
Affaire McKinsey: tout savoir sur les relations entre le cabinet de conseil et Emmanuel Macron
100 millions de Canadiens d’ici 2100 : Ottawa dit non à l’« Initiative du siècle »
Des millions d’Américains réclament la citoyenneté canadienne : ce que la loi C-3 change vraiment
Dual citizenship, eh? Under new law, millions of Americans may now also be considered Canadian

Complément de lecture : Le multiculturalisme ou le tribalisme des sociétés anglo-saxonnes

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’aide d’Ottawa à Cuba est insuffisante

Publié le 26 février 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

Alors que l’ex-premier ministre Pierre-Elliott Trudeau (le père de l’autre) avait développé d’excellentes relations avec Cuba au point de devenir un ami personnel de Fidel Castro, son fils a détruit ce capital de sympathie par son désir narcissique de se définir comme un champion international des droits de la personne.

Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, la grenouille canadienne a cessé de se croire aussi grosse que le bœuf américain.

En raison de l’attitude plus pragmatique de Mark Carney, le gouvernement canadien annonçait hier sa décision d’accorder huit-millions de dollars d’aide à Cuba. Ottawa espère pouvoir acheminer cette somme par l’intermédiaire des agences des Nations unies.

Peu importe le canal par lequel cette aide se rendra, elle est la bienvenue. Mais elle est insuffisante.

Dans le texte qui suit, nous envisagerons cette question non pas d’un point de vue humanitaire, mais du strict point de vue des intérêts canadiens.

Nos intérêts à Cuba

Jusqu’ici, Ottawa a gaspillé des milliards de dollars pour soutenir l’Ukraine dans une guerre perdue d’avance.

Pourtant, ce pays ne vend au Canada aucun produit essentiel à notre économie et, en contrepartie, l’Ukraine a toujours été un marché d’exportation insignifiant pour le Canada.

Par contre, les entreprises canadiennes ont investi des milliards de dollars dans les infrastructures touristiques de Cuba.

À titre d’exemple, l’ile de Cayo Largo — où n’existe aucun peuplement cubain permanent — est le lieu d’implantation d’une dizaine de complexes touristiques détenus conjointement par une entreprise d’État (le groupe hôtelier Gran Caribe) et le grossiste en voyages Sunwing (détenue par la compagnie aérienne WestJet).

En raison des investissements canadiens dans l’électrification des transports de l’ile et l’abondance des panneaux solaires, les Canadiens qui y séjournent vivent protégés de la grande majorité des vicissitudes qui font partie du quotidien des habitants de l’ile principale de Cuba.

Ces jours-ci, Sunwing perd quotidiennement des millions de dollars en raison de la fermeture forcée de ses installations.

Et puisque les tout inclus ailleurs qu’à Cuba sont sensiblement plus dispendieux, beaucoup de voyageurs ont renoncé à leurs vacances hivernales, privant Air Canada, Air Transat et WestJet de millions de dollars de revenus.

Et ce, sans compter les pertes subies par les agences de voyage.

Une occasion d’aider Cuba à s’électrifier

La transition énergétique coute cher. Voilà sans doute pourquoi Cuba est demeurée si dépendante des hydrocarbures importés. Ceux-ci représentent environ 60 % de sa consommation puisque Cuba est un producteur mineur de pétrole.

Même si Washington a décidé d’alléger son blocus pétrolier contre Cuba, le Canada devrait profiter de cette crise pour acheminer vers ce pays des produits canadiens susceptibles d’aider Cuba à s’électrifier. Un peu comme Sunwing l’a fait à Cayo Largo.

Toutefois, l’électrification de cette dernière s’est faite à l’aide de produits chinois (véhicules électriques, panneaux solaires et accumulateurs électriques destinés à palier les pannes).

L’aide canadienne devrait s’inscrire dans une stratégie industrielle destinée à promouvoir les solutions canadiennes en faveur de la transition énergétique.

Le ministère canadien de l’Industrie devrait normalement posséder une liste exhaustive de toutes des entreprises qui ont quelque chose à proposer pour décarboner l’économie.

Certaines de ces solutions sont couteuses, d’autres moins.

Il serait souhaitable que l’aide canadienne à Cuba — majorée de beaucoup — serve essentiellement à donner un coup de pouce à nos entrepreneurs, tout en aidant le peuple cubain.

N’oublions jamais qu’à la suite de la Seconde Guerre mondiale, le plan Marshall n’avait pas seulement pour but d’aider l’Europe, mais également de la rendre dépendante de la technologie américaine.

Comme quoi l’un n’empêche pas l’autre.

Références :
La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le bœuf
Le Canada enverra 8 millions $ d’aide aux Cubains
US to allow Venezuelan oil sales to Cuba as alarm grows in the Caribbean

Complément de lecture : Trump et Cuba : nuire pour nuire

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Québec face au colonialisme canadian

Publié le 31 janvier 2026 | Temps de lecture : 8 minutes

Le mythe des deux peuples fondateurs

Le 22 janvier dernier, le premier ministre canadien a prononcé à la Citadelle de Québec un discours dont la vérité alternative — au sujet de l’histoire du Québec depuis la Conquête de 1760 — a surpris (soyons gentils) tous les experts à ce sujet.

L’intention n’était pas mauvaise. Il s’agissait de promouvoir l’unité du pays face à Donald Trump en renouvelant le mythe selon lequel le Canada serait le fruit d’un partenariat entre deux peuples fondateurs.

Pendant des décennies, cette thèse a été défendue par de nombreux historiens fédéralistes.

Elle s’est même enrichie grâce à des symboles dont le Canada s’est doté au XXe siècle (notamment des timbres bilingues depuis 1927, des pièces de monnaie bilingues depuis 1936), et surtout grâce à l’adoption en 1969 d’une loi sur les langues officielles (nous y reviendrons).

Le tout fut couronné par l’adoption en 1980 d’un hymne national, le Ô Canada. À l’origine, il s’agissait du chant patriotique des habitants de la vallée du Saint-Laurent (les ‘Canayens’), récupéré à la gloire du Canada actuel en escamotant soigneusement ses trois dernières strophes.

La thèse des deux peuples fondateurs a mal vieilli. Essentiellement parce qu’elle invisibilise les peuples autochtones. Or ceux-ci ont été des partenaires essentiels à la mise en valeur du territoire de la Nouvelle-France dont la vallée du Saint-Laurent était l’axe commercial principal.

De défaites constitutionnelles en humiliations publiques infligées par Ottawa, les partisans fédéralistes de la thèse des deux peuples fondateurs l’ont finalement abandonnée.

Dans tout pays démocratique peuplé de deux ethnies principales, lorsque l’une est démographiquement beaucoup plus importante que l’autre, il est normal que la première ait le dernier mot la plupart du temps.

La preuve ultime du pouvoir colonial d’Ottawa

Ce qui prouve le plus éloquemment que le Québec est une colonie canadienne, c’est l’adoption en 1982 — sans le Québec — d’une nouvelle constitution par l’ethnie dominante du pays. Et ce, à la suite d’une séance ultime de négociation, tenue secrètement, et à laquelle le Québec n’était pas invité.

Cette adoption est un scandale. Un scandale dont il est impossible de minimiser la signification politique; cette fourberie est une tache indélébile sur l’histoire canadienne.

Peut-on imaginer l’adoption par le Royaume-Uni d’une constitution écrite sans l’assentiment de l’une ou l’autre de ses nations constituantes ? Évidemment pas. Mais on peut imaginer qu’elle s’en dote malgré l’opposition de l’un ou l’autre des quatorze territoires (dont iles Malouines) qui font encore partie de son empire.

Bref, une métropole coloniale est entièrement libre de se doter d’une nouvelle constitution sans la permission de ses colonies. Voilà pourquoi le Canada s’est doté d’une constitution sans le Québec.

Le financement de la colonisation anglaise du Québec

Depuis l’adoption en 1969 de sa Loi sur les langues officielles, Ottawa supporte financièrement les institutions dont les minorités linguistiques officielles se sont dotées à travers le pays.

À l’exclusion du peuple acadien, les communautés francophones dispersées à travers le pays ne sont pas viables et n’existent qu’en raison de leur perpétuel renouvèlement.

Elles sont constituées de membres âgés dont les descendants parlent à peine français deux générations plus tard, auxquels s’ajoutent de nouveaux venus dont les descendants finiront eux aussi par s’assimiler.

Ces communautés sont comme la roue d’un moulin qui tourne passivement en raison de son approvisionnement continuel en eau, mais qui s’arrêterait de tourner si elle n’était livrée qu’à elle-même.

Le financement que leur accorde Ottawa sert de justification au véritable but de la Loi sur les langues officielles, soit de financer la colonisation anglaise du Québec.

En effet, selon le point de vue, il y a deux manières de considérer les angloQuébécois.

La première consiste à les voir comme la plus importante minorité ethnique du Québec. C’est le point de vue adopté par Ottawa. La deuxième les voit plutôt comme l’annexe québécoise de la majorité anglo-canadienne.

Appelé à se prononcer à ce sujet, le Comite des droits de la Personne de l’ONU statuait en 1993 :

To summarize, the United Nations Human Rights Committee ruled […] that Quebec’s English community does not qualify for protection as a minority language group, because it forms part of the Canadian English-speaking majority.

En d’autres mots, les Québécois anglophones ne peuvent pas être considérés comme une minorité linguistique dans le contexte canadien où ils sont majoritaires.

Financer grassement cette minorité comme le fait Ottawa, c’est doter cette minorité d’institutions florissantes qui exerceront leur attrait auprès des néoQuébécois aptes à comparer leur excellence à la vétusté de leurs équivalents francophones, victimes de leur sous-financement chronique.

Depuis toujours, Ottawa feint d’ignorer que la langue menacée au Canada, c’est le français et non l’anglais.


 
Les recensements de Statistique Canada sont formels; l’anglais progresse inexorablement au Québec depuis plus de deux décennies.

En dépit de cela, c’est l’anglais qu’Ottawa protège au Québec.

Le fédéral à l’assaut de la pérennisation du français

Le moteur qui a justifié l’adoption de la Canadian constitution de 1982, c’est l’adoption de la Loi 101 cinq ans plus tôt par le Québec.

Cette dernière proclamait la préséance de certains droits collectifs — notamment, ceux nécessaires à la pérennité de la langue française au Québec — sur certains droits individuels, dont celui de s’assimiler au groupe linguistique de son choix.

Pour contrer cela, les idéologues fédéraux ont rédigé une constitution qui consacre, au contraire, la suprématie absolue des droits individuels.

De la même manière, Ottawa a adopté la loi C-13 peu de temps après l’adoption de la loi 96, une loi québécoise destinée à renforcer (mollement) la Loi 101.

Pour éviter que les entreprises opérant dans les champs de compétence fédérale soient soumises à la loi québécoise, Ottawa a adopté une loi qui, essentiellement, dit la même chose.

Puisqu’il en est ainsi, pourquoi Ottawa a-t-il cru bon se adopter d’une loi apparemment redondante ?

C’est qu’avec la loi québécoise, les efforts de francisation des entreprises visées seront jugés par une fonction publique majoritairement francophone (celle de Québec). Alors qu’en choisissant de se soumettre à la loi fédérale, leurs efforts de francisation seront plutôt jugés par une fonction publique majoritairement unilingue anglaise (celle d’Ottawa). Avec tout le laxisme qu’on peut attendre de ces derniers.

Et quand le Parti Québécois a annoncé son intention de tenir un troisième référendum sur l’indépendance nationale, Ottawa s’est empressé de procéder à un déluge migratoire en laissant entrer au Québec des centaines de milliers de nouveaux venus, majoritairement anglophones, submergeant ainsi la capacité d’accueil et la capacité de francisation du Québec.

Conclusion

À l’occasion d’une émission récente des Mordus de la politique (sur les ondes de Radio-Canada), une analyste reprochait au chef du Parti Québécois son utilisation du mot colonialisme en parlant des relations entre Ottawa et le Québec. Un terme très fort, jugeait-elle.

Ce colonialisme est un fait.

Pour contrer les efforts du Québec pour préserver sa langue et sa culture, Ottawa n’a pas hésité à doter le pays d’une constitution illégitime et de procéder à un déluge migratoire destiné à changer irrémédiablement le profil linguistique du Québec à l’avantage de l’anglais.

Ce colonialisme, beaucoup de Québécois ne le réalisent pas. Or ils n’en prendront jamais conscience si on hésite à en parler sous le prétexte que cela place dans l’inconfort nos amis fédéralismes, si prompts à s’en accommoder.

Références :
Décision de l’Onu
Il y a 40 ans, le Canada se dotait d’une entente constitutionnelle sans le Québec
La façade ministérielle de l’État canadien
La « fiction » de Mark Carney/a>
Le colonialisme économique ‘canadian’
Mark Carney et le colonialisme canadian
Ô Canada et la laïcité

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La corruption des élus à Ottawa

Publié le 17 décembre 2025 | Temps de lecture : 3 minutes

Il y a six ans, nous écrivions :

Un des grands tabous de la politique canadienne est la corruption au sein du gouvernement fédéral.
[…]
…seulement pour 2017, c’est plus de 600 000 $ en voyages gratuits qui ont été payés par des gouvernements étrangers à des parlementaires fédéraux. Le tout de manière parfaitement légale parce que rien ne s’y oppose.

Précisons qu’Ottawa est libre de mettre sur pied des missions d’observation auxquelles participeraient un certain nombre de ses députés.

Mais est-ce normal que des gouvernements étrangers ou des ONG financées par des intérêts étrangers tentent d’influencer nos parlementaires en procédant à des visites guidées ?

Au Canada, il suffit que le tout soit déclaré au Commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique pour que ce ‘cadeau’ soit considéré comme parfaitement légal.

Imaginez qu’au lieu d’un voyage, toutes dépenses payées, un député reçoive plutôt une enveloppe brune dans laquelle se trouveraient un billet d’avion à destination d’un pays étranger, accompagné d’une liasse de ‘brownies’ destinée à défrayer ses frais de séjour, qu’en penserait-on ?

C’est pourtant ce qui est arrivé à cinq députés libéraux et un député du NPD, selon ce que nous apprenait hier un article publié par Radio-Canada.

Pudiquement, le diffuseur canadien parle d’un voyage effectué ‘à l’invitation’ de la Canadian Muslim Vote alors qu’en réalité, il s’agit bel et bien d’un voyage organisé et défrayé par elle.

Précisons qu’à Ottawa, le député qui n’occupe aucune fonction particulière reçoit annuellement 178 900 dollars. Cette indemnité de session est amplement suffisante pour lui permettre de faire le tour du globe, s’il le désire.


 
Non seulement le narratif de Radio-Canada évite soigneusement de présenter ce voyage comme une tentative d’influencer l’opinion de ces six députés à l’égard de la colonisation israélienne en Cisjordanie, mais le diffuseur public a également censuré et fait disparaitre toute trace des commentaires (comme celui ci-dessus) qui présentait ce voyage sous un autre angle que celui choisi par Radio-Canada.

Cette corruption systémique, taboue pour Radio-Canada, n’est sans doute pas étrangère aux déboires actuels du Parti libéral du Québec après qu’il ait choisi de confier sa direction à des gens qui ont fait carrière à Ottawa.

Sans vouloir insinuer que Pablo Rodriguez soit corrompu — sans preuve du contraire, je le crois innocent — il est clair que dans ses valises, il transportait des gens dont l’éthique politique laisse à désirer.

Références :
Corruption fédérale : les voyages forment la vieillesse
Des députés canadiens se voient refuser l’entrée en Cisjordanie
Gagnants ou perdants : ce qu’ils gagnent, ce qu’ils perdent

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La folie guerrière d’Ottawa

Publié le 5 décembre 2025 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

La décision du Canada de consacrer un certain pourcentage de son PIB à des dépenses militaires est souvent justifiée au nom de ses ‘obligations’ internationales.

En réalité, que ce soit 2 % (en 2014) ou 5 % (de nos jours), ces pourcentages sont des engagements volontaires pris par le Canada à l’Otan. Mais ce ne sont pas des obligations.

C’est ainsi que l’armée de l’Islande — pays de 343 500 habitants et membre de l’Otan depuis 1949 — est forte de 250 soldats et dispose d’un budget militaire proche de 0 % de son PIB.

Jamais un pays n’a été expulsé de l’Alliance atlantique parce qu’il n’en faisait pas assez : on lui fait des reproches lors des sommets de l’Otan et on le gronde sur la place publique. Mais un pays fort, sûr de lui, sait se tenir droit et ignorer les pressions qui s’exercent sur lui.

On apprend aujourd’hui qu’Ottawa a décidé d’acheter pour 3,7 milliards de dollars de bombes aux États-Unis, dont quelques milliers d’ogives haut de gamme.

Ces obus sont compatibles avec l’un et l’autre des modèles de chasseurs-bombardiers dont le Canada espère se doter.

Il existe bien une manufacture d’obus au Québec, à Salaberry-de-Valleyfield. Mais l’annonce d’aujourd’hui ne la concerne pas.

Pour guerroyer à travers le monde

L’administration Trump a décidé de changer le nom de son ministère de la Défense à celui de ‘ministère de la Guerre’. Le Canada devrait en faire autant.

Le Canada est un des très rares endroits au monde qui, par leur situation géographique, sont peu ou pas menacés par le risque d’une invasion étrangère, exception faite d’une improbable invasion américaine.

Ce qui ne veut pas dire que le Canada est immunisé contre des calamités d’une guerre.

C’est ainsi qu’au cours d’une Troisième Guerre mondiale, il est certain que des cibles stratégiques situées au Canada seront bombardées par des missiles intercontinentaux tirés par des pays hostiles (Corée du Nord, Chine ou Russie).

Pour s’en prémunir, le Canada a besoin de missiles antimissiles (ou missiles sol-air).

On ne connait pas en détail la ‘liste d’épicerie’ du ministère de la Défense, mais il ne semble pas que le Canada ait jugé bon s’en doter.

Ce que le Canada cherche à obtenir, c’est plutôt ce dont il aura besoin pour assister les États-Unis dans leurs aventures guerrières à travers le monde. En somme, pour bombarder d’autres pays.

Et, théoriquement, pour nous protéger quand tout le reste du globe aura été conquis et qu’il ne restera plus que le Canada à soumettre.

Dans le cas des bombes américaines que nous achetons, elles pourraient également être données à des pays tiers (comme l’Ukraine)… en espérant qu’elles se rendent au front.

S’armer comme en 1939-1945

Depuis plusieurs décennies, Ottawa s’équipe de capacités militaires dont il a besoin pour mener à l’Étranger des guerres de type insurrectionnel. C’est-à-dire des guerres où le Canada et ses alliés ont préalablement pris le contrôle de l’espace aérien du pays attaqué.

Mais le Canada n’a pas tiré les leçons de la guerre russo-ukrainienne et ne s’est pas demandé de quoi il a besoin pour participer à une guerre moderne.

Ce dont il espère se doter, c’est de l’équipement semblable à celui qu’il a utilisé au cours de la Seconde Guerre mondiale; des chasseurs-bombardiers, des chars d’assaut, des obus, et ainsi de suite.

Au XXIe siècle, acheter cela, c’est l’équivalent d’acheter des sabres pour la cavalerie canadienne.

Conclusion

Le débat autour des achats militaires du Canada esquive une question fondamentale; s’agit-il de la meilleure manière de dépenser l’argent des contribuables ?

En effet, l’achat d’armements est un choix politique. Dans la mesure où les revenus de l’État ne sont pas illimités, notre choix est entre des investissements utiles — écoles, hôpitaux, construction domiciliaire, infrastructures (dont le transport en commun), adaptation aux changements climatiques — ou des dépenses certainement bénéfiques pour nos alliés militaires mais qui ne servent à rien pour nous et qui comportent très peu de retombées économiques.

Références :
Hausse des dépenses militaires : la fabrication du consentement
La dangerosité de la Russie pour un Québec libre
Le Canada achète pour 3,7 milliards $ de bombes aux États-Unis
Munitions et équipement militaire : General Dynamics renforce sa position au Québec

Paru depuis : Saint-Jean-sur-Richelieu fourbit ses armes pour attirer les investissements en défense (2025-12-06)

Compléments de lecture :
Défense: Ottawa veut signer le contrat d’achat des nouveaux sous-marins d’ici juin 2026
Un rapport estime qu’Ottawa devrait opter pour des sous-marins allemands

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Écrit par Jean-Pierre Martel