La pollution atmosphérique à Montréal en aout 2023

1 septembre 2023


 
Dans mes exercices de diction, je me rappelle cette phrase : « Il a tant plu qu’on ne sait plus dans quel pays il a plus plu. Mais au surplus, s’il eut moins plu, ça m’eut plus plu.»

(C’est bizarre; ça m’a jamais servi…)

En aout au Québec, il y a eu plusieurs journées totalement ou partiellement ensoleillées. Mais ce qu’on retient, c’est qu’en gros, ce fut un mois pluvieux.

En plus de nettoyer l’air de la pollution causée par les feux de forêt des deux mois précédents, cette pluie a abaissé la température.

Si bien que le mois d’aout, habituellement chaud et humide, transforma la vallée du Saint-Laurent en oasis de fraicheur pour des millions de touristes qui ont choisi de venir nous rendre visite le mois dernier.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Fizgibbon et le parc automobile du Québec

17 août 2023

Introduction

Un bon ministre de l’Économie doit d’abord penser en termes macroéconomiques.

Plus tôt cette semaine, M. Fitzgibbon a déclaré que pour atteindre la carboneutralité, le Québec devrait réduire de moitié son parc automobile, peu importe qu’il s’agisse de voitures à essence que de voitures électriques.

Dans une perspective planétaire

Ce que la plupart des Québécois ne réalisent pas, c’est que là où l’électricité est produite par des centrales au charbon (comme en Alberta et dans beaucoup de pays européens) ou par des centrales nucléaires (comme en France ou en Ontario), les voitures électriques, indirectement, y carburent respectivement au charbon et à l’isotope radioactif.

En réalité, le Québec est un des rares endroits au monde où on produit uniquement de l’électricité ‘verte’.

Or du strict point de vue environnemental, carburer au charbon est pire que faire le plein d’essence.

Quant aux voitures électriques, personne ne calcule l’empreinte environnementale non seulement de la fabrication de ces véhicules lourds (en raison de leur imposante batterie), mais également en raison des métaux toxiques que renferment leurs piles électriques et qui, éventuellement dans les cimetières de voitures, migreront lentement vers les nappes phréatiques.

En somme, on ne sauvera pas la planète en fabriquant des voitures électriques; on passera simplement de la pollution de l’air à la pollution des sols… jusqu’à ce que le recyclage de leurs batteries soit généralisé.

Puisqu’encore aujourd’hui, on peine à recycler une chose aussi simple que du papier ou du verre, on pourrait attendre plus longtemps qu’on pense pour voir un recyclage à 100 % du contenu des batteries de nos voitures.

L’exemple finlandais

Pays de 5,4 millions d’habitants, la Finlande a investi des sommes considérables dans l’électrification des transports collectifs.

L’efficacité de son réseau est telle que le nombre de véhicules dans ce pays est de 4,95 millions d’unités (dont 2,85 millions de voitures), alors qu’au Québec, il est de 8,49 millions d’unités (dont 5,59 millions de voitures).

C’est 627 véhicules en Finlande par mille personnes, comparativement à 1 000 véhicules par mille personnes au Québec.

Pour l’ile de Montréal, cette différence équivaut à faire disparaitre 694 000 véhicules qui y encombrent les rues.

Pour l’ensemble du Québec, c’est comme enlever 3,1 millions de véhicules des routes.

Dans le cas précis des automobiles, par mille de population, il y 49 % moins d’autos en Finlande qu’au Québec. Ce qui prouve que le souhait du ministre Fitzgibbon — une réduction de moitié du parc automobile québécois — est possible sans coercition… à la condition d’offrir en contrepartie du transport en commun fiable, économique et sécuritaire.

Mais cela nécessite des dizaines de milliards de dollars d’investissements publics, comme l’a fait la Finlande pendant quarante ans.

Au final, l’électrification du transport en commun profite évidemment à ses utilisateurs. Mais il profite peut-être plus à ceux qui ne l’utilisent pas puisqu’il réduit les embouteillages, la congestion routière et la rage au volant.

Revenons au Québec

De 1990 à 2020, le Québec a réduit ses émissions de GES en dépit d’une croissance de sa population de 23 % et d’une hausse de son PIB de 67 %.

La baisse de 13,2 % des émissions de GES observée au Québec au cours de cette période est principalement attribuable à la diminution des émissions du secteur de l’industrie et du secteur du chauffage résidentiel, commercial et institutionnel.

Au contraire, le secteur des transports a augmenté ses émissions de 36,8 % pour atteindre 42,8 % de toutes les émissions québécoises en 2020.

Toutefois, ce secteur comprend les automobiles, les camions légers, les véhicules lourds (autobus, camions, tracteurs, etc.) et les autres (motocyclettes, véhicules au propane et au gaz fossile).

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Définies comme était des véhicules légers d’au plus 3 900 kg — ce qui est le cas même des véhicules utilitaires — les automobiles (en jaune, ci-dessus) ne représentent que 28,0 % des GES émis par le secteur des transports, lui-même responsable de 42,8 % de la production québécoise de GES.

En somme, les autos émettent 12,0 % des GES québécois.

Pour atteindre nos objectifs climatiques, rien ne doit être épargné. Ce qui fait que même douze pour cent, c’est trop.

Mais aussi controversée qu’elle soit, la déclaration du ministre est en deçà de la vérité; même si plus aucune voiture à essence ne roulait au Québec demain matin, cette mesure réduirait instantanément les GES de 12 %. Lorsqu’on lui ajoute la réduction de 13 % réalisée jusqu’ici, cela ferait un total de 25 %.

Le Québec serait alors loin de ses engagements climatiques, soit de réduire ses GES de 37,5 % par rapport avec leur niveau de 1990.

Conclusion

Au Québec, on ne construit pas de voitures et on ne raffine pas de pétrole.

Chaque fois qu’on achète une voiture ou qu’on fait le plein d’essence, c’est de l’argent qui sort de nos poches pour enrichir les régions du monde qui produisent des voitures, des pièces automobiles, des pneus, ou de l’essence.

En somme, favoriser l’achat ou l’utilisation des automobiles (peu importe lesquelles), c’est saigner l’économie du Québec.

Par contre, le Québec est un producteur important de matériel destiné au transport en commun, qu’il s’agisse de wagons de métro ou d’autobus.

Développer l’économie du Québec, c’est favoriser la production de biens et de services québécois et leur exportation à l’Étranger. C’est comme ça qu’on développe l’économie nationale.

Aussi souhaitable que soit un investissement massif du Québec dans le transport en commun, l’atteinte de nos cibles environnementales nécessite un changement radical de toutes nos habitudes de consommation.

Le ministre Fitzgibbon l’a bien compris et on doit le féliciter pour sa franchise.

Références :
Fitzgibbon insiste, il faudra réduire considérablement le parc automobile québécois
GES 1990-2020
La ‘batterification’ des transports
Le derrière miraculeux de la ministre
Le transport en commun finlandais : le matériel roulant
Pierre Fitzgibbon

Parus depuis :
The Urban Mobility Scorecard Tool: Benchmarking the Transition to Sustainable Urban Mobility (2023-08-25)
La demande des véhicules électriques dépasse les prévisions d’Hydro-Québec (2024-01-29)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Feux de forêt et pollution montréalaise

30 juin 2023


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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’eau potable sans polluants éternels

12 juin 2023


 
On appelle ‘polluants organiques persistants’, une famille de plus de quatre-mille composés chimiques dotés de propriétés antiadhésives, imperméabilisantes, et résistantes aux fortes chaleurs.

Découverts dans les années 1940, ils sont sont largement utilisés depuis les années 1950 dans divers produits de consommation courante : protecteurs à textile (ex.: Scotchgard™), mousses anti-incendie, revêtements antiadhésifs (ex.: Teflon™), etc.

À Montréal, l’eau du robinet en contient 13 nanogrammes par litre. Ce qui est inférieur à la norme canadienne de 30 ng/l.

On peut éliminer ces produits de l’eau de consommation à l’aide de pichets filtrants qui répondent à la norme américaine NSF 53. C’est le cas des filtres Brita™.

Ceux-ci captent non seulement les métaux lourds comme le plomb et le mercure, mais également les polluants éternels.

Références :
Peut-on éliminer les perfluorés de l’eau du robinet ?
Substances per- et polyfluoroalkylées

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Doit-on fermer la fonderie Horne ?

21 septembre 2022

Le cas similaire d’Asbestos

En 2012, le gouvernement péquiste de Pauline Marois décidait d’interdire l’exploitation de l’amiante au Québec.

Puisque la plus grosse mine d’amiante au monde se trouvait à Asbestos, les opposants à cette mesure prédisaient que cette municipalité deviendrait une ville-fantôme.

Un an avant cette décision, au recensement de 2011, la ville d’Asbestos comptait 7 096 habitants. Une décennie plus tard, sous le nom de Val-des-Souces, elle en comptait 7 088, Il s’agit donc d’une perte de huit habitants, soit 0,1 % de sa population en dix ans.

Ceci étant dit, on y trouve encore des cas d’amiantose. Mais uniquement chez d’anciens mineurs; il n’y a plus aucun nouveau cas.

Toutefois, la santé a un prix; le revenu total médian y est de 30 600$ par année, alors qu’il est de 40 800$ pour l’ensemble de la population québécoise.

Cet écart de 33,3 % (en comparaison avec la médiane québécoise) existait déjà en 2011; il était alors de 38,4 % chez les hommes et de 41,3 % chez les femmes.

Bref, la vie s’est améliorée à Val-des-Sources depuis la fermeture du principal employeur de la ville.

Le cas de Rouyn-Noranda

Depuis des mois, le bureau régional de la Santé publique et la direction nationale sont en conflit.

Surtout depuis que cette dernière a censuré une étude scientifique commandée par le bureau régional afin d’analyser les effets néfastes de l’arsenic sur la population de Rouyn-Noranda.

Le Dr Horacio Arruda fit disparaitre tout le chapitre à ce sujet dans le rapport préparé par le bureau régional sous le prétexte que cela risquait d’inquiéter la population…

Ces jours-ci, la direction nationale tergiverse quant aux normes à imposer à la fonderie Horne.

Depuis des années, celle-ci possède une dérogation qui lui permet d’émettre 33 fois plus d’arsenic que la norme québécoise de 3 ng par mètre cube d’air.

Alors on négocie en secret avec la minière en vue d’une nouvelle dérogation ‘définitive’ qui dépasserait de seulement cinq fois la norme québécoise. Et ce, à partir de 2027.

Mais il faut savoir à qui on a affaire. La rubrique que Wikipédia consacre à Glencore (propriétaire de la fonderie) est sans équivoque; cette minière n’hésite pas à polluer partout où elle opère à travers le monde. La seule chose qui compte pour elle, ce sont les redevances versées à ses actionnaires.

Malheureusement, ce ne sont pas les ‘mous’ qui dirigent actuellement la Santé publique du Québec qui ont la trempe pour lui tenir tête.


 
Sur les marchés internationaux, le cours du cuivre atteint des sommets. Précisons que cette envolée des prix est antérieure aux sanctions occidentales contre la Russie.

C’est maintenant que Glencore a les moyens de dépenser les sommes importantes qui sont nécessaires pour moderniser ses installations de Rouyn-Noranda.

Espérer une nouvelle norme moins complaisante qui prendrait effet dans cinq ans, c’est risquer de se retrouver avec un nouveau contexte mondial du prix du cuivre que Glencore pourrait invoquer pour retarder sa mise en application.

C’est maintenant qu’il faut menacer de mettre la clé dans la porte de l’usine si elle ne se soumet pas dans les plus brefs délais à la norme de trois nanogrammes d’arsenic par mètre cube d’air.

Conclusion

Le plus grand risque que court la population de Rouyn-Noranda, ce n’est pas la fermeture de la fonderie Horne; c’est que cette ville devienne un désert médical. En d’autres mots, une ville où plus aucun médecin du Québec n’acceptera que ses enfants respirent de l’arsenic et conséquemment, où tous les médecins seront partis exercer leur profession ailleurs.

Pour éviter cela, il faut mettre fin à la pollution par l’arsenic de la fonderie Horne.

Maintenant que l’internet à haute vitesse est accessible partout sur le territoire québécois (grâce, avouons-le, à la CAQ), il est temps que Rouyn-Noranda fasse preuve d’audace et se réinvente en ville du XXIe siècle.

À ceux qui craignent ce saut vers l’inconnu, regardez la ville de Val-des-Sources…

Références :
Arsenic : le bof! de la Santé publique
Amiante chrysotile: le Canada fait volte-face
Données de 2011 pour Asbestos
Données du recensement de 2022 pour Val-des-Sources
Données du recensement de 2022 pour le Québec
Fonderie Horne — Des travailleurs intimidés, le syndicat lance un appel au calme
Horacio Arruda a empêché la diffusion de données sur le cancer à Rouyn-Noranda

Paru depuis :
Fonderie Horne : une cour d’école couverte de poussières d’arsenic emportées par le vent (2023-05-03)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Arsenic : le bof! de la Santé publique à Québec

26 août 2022
Minerai de sulfure d’arsenic

J’adore le journaliste Thomas Gerbet.

C’est lui et son équipe qui ont eu l’idée d’aller mesurer la quantité d’arsenic dans la poussière intérieure de trois maisons et d’une garderie situées à moins d’un kilomètre de la fonderie Horne de la ville de Rouyn-Noranda.

Ils y ont trouvé de l’arsenic à concentration moyenne de 29,2 mg/kg. Dans une maison du quartier montréalais de Rosemont choisie arbitrairement, cette concentration est de 1,8 mg/kg (seize fois moins).

Précisons que faire le ménage fréquemment diminue la quantité de poussière dans une maison, mais ne change pas sa concentration de polluants.

Si on exclut le sable à l’extérieur d’une garderie (changé régulièrement), les analyses ont révélé une concentration moyenne d’arsenic de 75,4 mg/kg dans le sol extérieur.

Au Québec, la norme maximale est de 30 mg/kg pour un terrain résidentiel et de 50 mg/kg pour un terrain industriel. En Ontario, la limite est de 18 mg/kg alors qu’en Alberta, c’est 17 mg/kg pour un terrain résidentiel.

La direction régionale de la Santé publique recommande aux familles de laisser leurs chaussures à l’extérieur de la maison, de passer l’aspirateur régulièrement et de laver les surfaces fréquemment. On leur conseille aussi de fermer les fenêtres les journées très venteuses.


 
Chaque deux à huit ans, les terrains des maisons situées à proximité de la fonderie sont testés par le bureau régional de la Santé publique.

Mais il ne semble pas que Québec ait alloué des budgets pour faire tester l’arsenic à l’intérieur des maisons. Si bien que les tests de Radio-Canada semblent être une primeur.

Toujours au-dessus de tout, le directeur de la Santé publique n’a pas été surpris par l’annonce de ces résultats puisque la poussière dans l’air, selon lui, finit toujours par retomber quelque part…

Donc c’est normal… tout en étant préoccupant.


 
Sur les marchés internationaux, à des prix variant entre huit-mille et dix-mille dollars la tonne, le cours du cuivre atteint des sommets en dix ans. Précisons que cette envolée des prix est antérieure aux sanctions occidentales contre la Russie.

Cela signifie que la minière Glencore, propriétaire de la fonderie Horne, a amplement les moyens de moderniser ses installations vieillissantes de Rouyn-Noranda.

Toutefois, en vertu des traités de libre-échange, on ne peut pas limiter les perspectives d’enrichissement des investisseurs, à moins que cela soit justifié.

En somme, la fonderie Horne ne possède pas un droit acquis à polluer, mais on ne peut limiter la pollution qu’elle cause qu’à la condition de pouvoir démontrer scientifiquement son danger devant les tribunaux du pays.

Or, dans ce cas-ci, la Santé publique est mi-chair mi-poisson. Inquiète, mais pas trop. Soucieuse, oui, évidemment, mais confiante que des demi-mesures pourraient peut-être s’avérer suffisantes.

Si la Santé publique recommandait la fermeture de la fonderie, le gouvernement du Québec serait en meilleure position pour négocier.

Le Dr Luc Boileau n’a pas inventé l’empathie autre que celle qu’il récite du bout des lèvres. Froidement d’accord avec l’augmentation de pollution atmosphérique par le nickel à Limoilou, le voilà tout ponce-pilate quand un gros incinérateur de déchets industriels empoisonne lentement par l’arsenic les habitants de Rouyn-Noranda.

À un salaire de plus d’un quart de million$ par année, les contribuables méritent mieux.

Références :
Des déchets dangereux du monde entier brûlés à la Fonderie Horne
Des poussières contaminées à l’arsenic à l’intérieur d’une garderie et de maisons
Nickel : la science a le dos large
Pour la première fois en dix ans, le cuivre dépasse 10 000 dollars la tonne
Québec exigera de la Fonderie Horne de décontaminer tous les terrains au-delà des normes

Parus depuis :
Québec refuse d’étendre l’échantillonnage à toute la ville (2022-10-31)
Fonderie Horne : une cour d’école couverte de poussières d’arsenic emportées par le vent (2023-05-03)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 60mm Macro F/2,8 — 1/125 sec. — F/10,0 — ISO 1250 — 60 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Nickel : pour protéger l’environnement, il faut le polluer, selon la CAQ

19 février 2022

En 2013, Yves-François Blanchet — l’actuel chef du Bloc Québécois à Ottawa — était ministre de l’Environnement dans le gouvernement péquiste de Pauline Marois.

Depuis des années, les habitants du quartier ouvrier de Limoilou se plaignaient que le port de Québec laissait s’échapper une poussière qui se déposait en grande quantité sur les voitures stationnées et donc, une poussière qu’ils respiraient.

Des analyses avaient révélé que cette poussière, c’était du nickel, un métal dont les sels sont cancérigènes.

En provenance des gisements du Nord-du-Québec et du Labrador, le minerai brut de nickel transite par le port de Québec avant d’être acheminé à l’Étranger pour y être raffiné. Ce qui crée très peu d’emplois ici.

Le ministre Blanchet avait fait adopter une norme maximale de 14 nanogrammes de nickel par mètre cube d’air. C’était la norme la plus sévère au monde. On était l’époque où les gouvernements étaient fiers de dire qu’ils protégeaient leur population.

Mais cette époque est révolue.

En décembre dernier, le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) annonçait son intention de hausser de cinq fois la teneur maximale permise du nickel dans l’air.

La CAQ veut ainsi augmenter la profitabilité de l’industrie minière aux dépens de la santé des Québécois.

Pour convaincre la population de l’à-propos de cette mesure, les relationnistes de la CAQ ont trouvé un argument en or. Le voici.

Pour lutter contre les changements climatiques, il faut utiliser moins d’énergies fossiles. Pour ce faire, il faut électrifier les transports. Pour les électrifier, il faut des piles électriques. Or le nickel est essentiel à la fabrication des piles.

Tout cela semble très logique. Mais on peut se demander en quoi les tonnes de poussières qu’on déversait sur Limoilou étaient utiles à la fabrication des piles.

Ne peut-on pas répliquer au ministre que plus on envoie du nickel dans l’air, moins il en reste pour fabriquer des piles ?

En effet, le nickel utile, c’est celui dans les piles, pas celui qu’on respire.

Pour la CAQ, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs; pour aider l’industrie à produire des piles à plus faible cout, on va réduire nos exigences environnementales.

En somme, les ouvriers de Limoilou devront se sacrifier pour aider la planète.

Il s’agit d’une nouvelle version de cette vieille histoire des mineurs qui doivent renoncer à leur santé pour le bien de leur patron.

Parce qu’entre nous, ce n’est pas la planète qui profitera de l’abaissement de nos exigences; on ne protège pas l’environnement en le polluant.

Ce que vise la CAQ, en bon gouvernement de droite, c’est de sacrifier la santé des familles de Limoilou sur l’autel de la rentabilité économique de minières multinationales.

Références :
Davantage de poussière cancérigène sur Québec, grâce à la CAQ
Pollution dans l’air – « Si on veut des batteries, il faut du nickel », dit Charette

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Davantage de poussière cancérigène sur Québec, grâce à la CAQ

18 décembre 2021
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Introduction

Après le chrome, le nickel est le plus dur des métaux. Cette dureté, de même que sa résistance à la corrosion, en ont fait un métal de choix pour la fabrication de la monnaie.

De 1922 à 1942, la pièce canadienne de 5 cents était composée à 99 % de nickel. Depuis 2000, elle est en acier (à 94,5 %), seulement plaquée nickel.

La toxicité du nickel

Le nickel est le plus allergisant des métaux; une personne sur huit y est allergique.

Au sujet de ce métal, Wikipédia écrit :

Certains composés de nickel sont des corps dangereux ou très toxiques, par exemple le nickel tétracarbonyle, cancérigène reconnu, présent dans les vapeurs ou fumées.

Même la poussière de nickel ou les diverses poudres de nickel finement divisés, utilisé en catalyse, sont également reconnues cancérigènes, ils provoquent d’abord par contact et à faibles doses chroniques des dermites et des allergies cutanées.

L’inaction libérale

En provenance des gisements du Nord-du-Québec et du Labrador, le minerai brut de nickel transite par le port de Québec avant d’être acheminé à l’Étranger pour y être raffiné. Ce qui crée très peu d’emplois ici.

Pendant des années, le transbordement de minerais au port de Québec soulevait d’importantes quantités de poussières qui se déposaient sur les quartiers populaires de la Basse-Ville.

Puisque tous les ports du Québec sont de compétence constitutionnelle fédérale, les autorités portuaires ignorèrent les plaintes des citoyens et ne prirent aucune mesure destinée à réduire cette pollution. Et, en bon pouvoir colonial, Ottawa refusait d’intervenir.

Les dirigeants du port eurent même l’audace d’interdire l’accès au port aux enquêteurs de la santé publique du Québec.

Toutefois, l’analyse de la poussière — déposée, entre autres, sur les voitures stationnées près du port — avait révélé une teneur élevée en nickel.

Dépourvu de colonne vertébrale face à Ottawa, le gouvernement libéral du Québec préférait fermer les yeux.

La réaction péquiste

En 2013, le gouvernement de Pauline Marois décidait d’agir et de protéger la population à ce sujet.

Son ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet — l’actuel chef du Bloc Québécois au parlement canadien — adoptait une norme maximale de 14 nanogrammes de nickel par mètre cube d’air.

De la même manière que toutes les entreprises de compétence constitutionnelle fédérale doivent respecter les règlements municipaux et les lois du Québec, le règlement péquiste assurait la prépondérance de la santé des citoyens sur l’appât du gain des autorités portuaires nommées par Ottawa.

À l’époque, le ministre Blanchet se vantait d’avoir adopté une des normes les plus sécuritaires au monde.

Mais les temps changent.

L’assouplissement caquiste

Le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) annonçait hier son intention de hausser de cinq fois la teneur maximale permise de nickel dans l’air. La norme québécoise passerait donc de 14 à 70 nanogrammes par mètre cube.

La raison invoquée par le ministre de l’Environnement est le désir d’harmoniser les normes québécoises à celles en vigueur en Ontario et en Europe, notamment dans les anciennes républiques soviétiques (dont la Russie, deuxième producteur mondial).

En réalité, il s’agit d’un moyen d’augmenter la profitabilité de l’industrie minière aux dépens de la santé des gens de Québec.

Malheureusement, on ne voit pas très bien comment cela devrait générer plus de revenus fiscaux pour le gouvernement québécois puisque l’industrie minière prélève des milliards de dollars de ressources naturelles, mais délocalise presque tous ses profits dans des paradis fiscaux.

Références :
Ingéniosité et résistance – la pièce de 5 cents
Nickel
Norme sur le nickel : le gouvernement « va trouver les citoyens sur son chemin »
Québec durcit le règlement sur la présence de nickel dans l’air

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 60mm Macro F/2,8 — 1/160 sec. — F/8,0 — ISO 200 — 60 mm

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au prix que nous payons pour appartenir au Canada, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Santé Canada = Pesticides Canada

30 juillet 2021

Introduction

La semaine dernière, à la demande de Bayer/Monsanto, Ottawa annonçait son intention de tripler la teneur maximale de glyphosate autorisée dans le blé. Cela correspond à 150 fois la limite permise à l’époque où ce défoliant était mis en marché.

Mais on n’arrête pas le progrès. Or pour le gouvernement canadien, le progrès, c’est toujours plus de pesticides dans notre diète. En fait, il suffirait d’ajouter des protéines et quelques vitamines au RoundUp™ pour en faire un aliment complet, semble-t-il…

Le progrès étant toujours en marche, c’est maintenant au tour du géant des pesticides Syngenta et des cultivateurs de Colombie-Britannique (par l’intermédiaire d’Agriculture Canada) de faire connaitre leur volonté de faire hausser les normes élastiques de Santé Canada au sujet des framboises et des gros bleuets dits ‘sauvages’.

Les petits fruits, le régal des ravageurs

Les petits fruits sont principalement composés d’eau et de glucides. Ils sont aimés des oiseaux frugivores, des mammifères, des insectes, et d’innombrables microorganismes.

Et pour protéger les récoltes de la convoitise de ces deux dernières catégories de ravageurs, les cultivateurs utilisent des pesticides. De plus en plus de pesticides.

Chaque printemps, The Environmental Working Group publie sa liste des 46 fruits et légumes les plus contaminés par des pesticides. Cette année, les bleuets sont au 16e rang (en hausse d’un rang en comparaison avec l’an dernier) et les framboises au 22e rang (inchangé).

Précisons que dans le cas des bleuets, il s’agit des gros bleuets comme ceux cultivés en Colombie-Britannique, et non des petits bleuets ‘sauvages’ du Québec et du Nouveau-Brunswick.

Une consultation bidon

Contrairement à la consultation relative à la hausse des taux limites pour le glyphosate, Santé Canada a maintenus secrets les motifs invoqués par Syngenta et les producteurs de Colombie-Britannique pour justifier leur demande de tripler la limite maximale permise du métalaxyl (un fongicide) et du sulfaxaflore (un insecticide).

Il est donc impossible de réfuter les arguments des demandeurs puisqu’ils nous sont inconnus.

De plus, il faut savoir que contrairement aux exigences imposées à l’industrie pharmaceutique à la suite du scandale du thalidomide, l’industrie agrochimique n’est pas tenue de révéler toutes les études de toxicité en sa possession. Un producteur de pesticide est libre de maintenir secrètes les études qui ne lui conviennent pas.

Puisque ces études ont été financées par l’industrie, celle-ci estime qu’elle en est propriétaire et interdit à Santé Canada d’en révéler le contenu tout en l’invitant à se baser sur elles pour prendre ses décisions.

C’est donc à dire à quel point il est presque impossible de lutter contre un adversaire aussi insaisissable que l’industrie agrochimique.

Dans le cas du RoundUp™, on sait que dès le départ, Santé Canada a accepté le principe proposé par Mosanto selon lequel tout ingrédient du produit qui n’est doué de propriétés défoliantes est présumé inoffensif.

On ne sait donc rien de la toxicité des produits extrêmement chimiques qui accompagnent le glyphosate dans la recette du RoundUp™ et il y a lieu de croire que c’est la même chose pour les produits impliqués ici.

La ministre de l’Agriculture du Canada et le premier ministre ont fait savoir qu’ils jugent important d’obtenir l’avis du public, mais qu’en bout de compte, la décision d’Ottawa serait basée ‘sur la science’.

On sait d’avance que les citoyens qui participeront à cette consultation seront presque unanimement opposés à ce qu’on augmente la quantité de produits chimiques dans leur diète, mais que leurs arguments seront jugés irrationnels.

Par opposition, ce que les mandarins de Santé Canada appellent ‘la science’, ce seront l’ensemble des études secrètes soumises par l’industrie.

Conclusion

Dans les pays qui se prétendent démocratiques, on devrait s’attendre à ce que le peuple soit souverain.

Malheureusement, dans le cas des résidus de pesticides dans notre diète, nous ne sommes pas libres de décider de notre niveau d’exposition à ces produits chimiques.

La volonté (en théorie absolue) du peuple est soumise au tribunal de hauts fonctionnaires de Santé Canada qui s’érigent en juges paternalistes de ce qui est bien pour nous.

Cette infantilisation du peuple découle de la conception de l’État que se font les mandarins de la fonction publique fédérale.

Dans tous les ministères fédéraux à vocation économique — y compris ceux qui ont une incidence indirecte à ce sujet comme Santé Canada — ces mandarins se conçoivent comme les gestionnaires suprêmes du marché intérieur canadien.

En effet, l’idéologie néolibérale a perverti les démocraties parlementaires en faisant en sorte que l’État n’est plus l’instrument de la souveraineté du peuple, mais une entreprise de services dont les contribuables sont de simples clients.

Même en élisant un autre gouvernement, cela ne changerait rien. Au Canada, n’importe quel gouvernement constitue la façade ministérielle d’une machine étatique animée par sa propre conception de l’État.

Dans un pays qui possède une longue tradition constitutionnelle, le rapport entre le pouvoir judiciaire, le pouvoir politique et celui détenu dans les faits par les mandarins de la fonction publique est presque immuable.

Cela est une protection contre les dérives autoritaires d’un chef d’État. Par contre, le pouvoir du peuple demeure celui qu’il était au XIXe siècle; celui de choisir périodiquement ses dirigeants politiques à la suite de quoi il doit assumer passivement les conséquences, heureuses ou malheureuses, de ce choix.

La seule manière d’établir un assujettissement permanent du pouvoir politique à la volonté populaire, c’est en faisant table rase des vieilles démocraties parlementaires héritées du XIXe siècle et de créer un nouvel État construit sur des bases nouvelles.

C’est ce que permet l’indépendance du Québec. Celui-ci n’est rien d’autre qu’une occasion de nous affranchir de l’État pétrolier canadien et d’ériger un État digne du XXIe siècle; écologique, juste, laïque, républicain, et voué au bonheur du peuple.

Références :
Encore et toujours plus de glyphosate
La façade ministérielle de l’État canadien
Le thalidomide et le MER/29
Les céréales canadiennes contaminées au glyphosate
Pesticides dans les petits fruits : l’identité des demandeurs dévoilée
Pesticides : Ottawa veut permettre plus de résidus dans les bleuets sauvages
Shopper’s Guide to Pesticides in Produce™

Parus depuis :
Santé Canada envoie 229 pages blanches en réponse à une demande d’accès à l’information (2022-10-24)
Ottawa s’associe au lobby agrochimique en pleine réforme controversée (2023-05-03)
Pesticides : démission « révélatrice » d’un scientifique nommé par Ottawa (2021-07-18)
« Tiger Team » : quand fonctionnaires et lobbyistes coopèrent dans l’ombre (2023-09-26)

Postscriptum du 5 aout 2021 : À la suite du tollé provoqué par cette annonce, le gouvernement canadien a renoncé pour l’instant à toute hausse de pesticides avant une revue complète du processus décisionnel à ce sujet.

Référence :
Ottawa suspend tous les projets de hausse des limites de pesticides dans les aliments

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les légumineuses canadiennes, elles aussi, empoisonnées au glyphosate

29 juillet 2021

Il y a deux ans, lorsque j’ai appris que le blé canadien était tué au glyphosate avant d’être récolté — une pratique agricole non autorisée mais sur laquelle le gouvernement canadien ferme les yeux — ma réaction avait été de purger mon garde-manger de toutes les pâtes et les céréales qui s’y trouvaient et de les remplacer par des produits bios.

La semaine dernière, à la demande de Mosanto/Bayer, Santé Canada annonçait son intention de hausser les teneurs permises de glyphosate dans les céréales et les légumineuses vendues au pays.

Doit-on comprendre qu’au Canada, on empoisonne également les légumineuses au défoliant afin de simplifier leur récolte ?

Pour en avoir le cœur net, j’ai tenté de faire germer quelques-uns des pois chiches dont je me sers pour fabriquer mon houmous maison.

Ceux-ci, au lieu de germer, ont simplement pourri. Or des graines incapables de germer, ce sont des graines mortes.

Comme je l’ai fait il y a deux ans pour mes pâtes alimentaires, j’ai purgé ce matin mon garde-manger de la provision de pois chiches en vrac que je possédais et j’ai acheté deux kilos de pois chiches bios (à 4,99$ du 454g).

Ceux-ci sont importés de Turquie.

Je sais, il est plus écologique d’acheter localement. Mais que voulez-vous ? Quand le gouvernement de son propre pays préfère obéir aux intérêts des géants de l’agrochimie mondiale plutôt qu’à la volonté populaire, que faire ?

Références :
Encore et toujours plus de glyphosate
Les céréales canadiennes contaminées au glyphosate

Paru depuis :
Cancers liés au Roundup — Bayer perd de nouveau en appel (2021-08-10)

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Écrit par Jean-Pierre Martel