L’insécurité des peureux

Publié le 4 octobre 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

Dans l’espoir d’empêcher le prochain gouvernement québécois d’être majoritaire, les partis appelés à former l’opposition ont choisi comme message de fin de campagne : ‘Donnez-nous la balance du pouvoir afin d’empêcher la tenue d’un référendum qui plongerait le Québec dans l’insécurité économique.’

Ce qu’on laisse entendre, c’est que d’ici les résultats d’un troisième référendum au sujet de l’indépendance du Québec, les entrepreneurs d’ici et les investisseurs étrangers hésiteront à investir dans notre économie.

Prenons un peu de recul.

• L’insécurité en Europe

Les dirigeants européens prétendent que si la Russie gagne la guerre en Ukraine, l’Armée rouge déferlera bientôt sur l’Europe.

Afin de faire baisser les prix des hydrocarbures à l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, les pays européens ont cédé aux pressions américaines et décidé de déverser sur les marchés internationaux une partie importante de leurs réserves stratégiques alors que celles-ci sont déjà au plus bas depuis des décennies.

Ce qui signifie que si la guerre en Iran ne cesse pas de manière urgente, les pays européens devront rationner l’alimentation énergétique des particuliers et des entreprises au cours de la saison froide et peut-être au-delà.

• L’insécurité dans le Sud global

Pour prévenir la révolte populaire, tous les pays du Sud Global (à l’exception des pays producteurs de pétrole) réduisent leurs taxes d’accise sur les hydrocarbures en espérant d’ici peu la reprise de leur approvisionnement d’hydrocarbures par le détroit d’Ormuz.

Si ce n’est pas le cas, ces pays devront s’attendre à des crises économiques et politiques.

• L’insécurité aux États-Unis

Y a-t-il un gouvernement au monde plus instable que celui au pouvoir à Washington ?

Quel chef d’entreprise américain sait le prix qu’il paiera demain pour l’achat de matières premières qu’il obtient de fournisseurs étrangers ? Quelle garantie a-t-il que les produits qu’il exporte ne sera pas soumis à des représailles commerciales ?

• Au Québec

Insignifiante en comparaison des dangers qui prévalent ailleurs, l’insécurité dont parlent les futurs partis d’opposition n’existerait pas si le Québec était déjà un pays indépendant.

Elle existe et elle existera tant que le peuple québécois hésitera à assumer son destin.

Conclusion

Face aux dangers de guerre en Europe, aux dangers de paralysie économique dans le Sud global, à l’inconstance de l’administration Trump, il est évident que l’accession du Québec à l’indépendance effectué dans le respect du Droit international est parmi les plus insignifiantes des préoccupations géostratégiques du grand capital international.

Quant à nos entrepreneurs, les menaces tarifaires de Donald Trump et l’incertitude liée à la renégociation de l’ACÉUM sont des menaces considérablement plus concretes que le danger d’un troisième référendum qui s’annonce perdant.

Bref, la véritable incertitude politique et économique au Québec, c’est un gouvernement minoritaire élu lundi. Parce que cela signifie un gouvernement qui sera bientôt miné par la partisanerie politique et dont la durée de vie ne sera que de 12 à 18 mois.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le fiasco électoral de Christine Fréchette

Publié le 29 septembre 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

Depuis plusieurs mois, le Parti Québécois trône au sommet des intentions de vote.

En conséquence, la Coalition Avenir Québec (CAQ) a élaboré une stratégie électorale basée sur le clientélisme (c’est-à-dire la promesse de ‘bonbons’ aux uns et aux autres) et sur un thème central : le Parti Québécois (PQ) cherche à diviser le Canada et donc, fait le jeu de Donald Trump.

En réalité, la partition du Canada ne se fera pas tant que Trump sera au pouvoir et la critique attendue d’un gouvernement péquiste envers Mark Carney sera sélective. Comme l’est celle des partis d’opposition à Ottawa.

Pour étayer ses accusations contre le PQ, la CAQ a sorti des boules à mites un document publié en février dernier par un groupe de réflexion américain appelé ‘The Defense Analyses and Research Corporation’.

Si les journalistes n’ont pas mordu à l’hameçon, c’est moins parce que tout cela n’était plus une ‘nouvelle’ depuis longtemps, mais parce qu’ils ont lu ce document.

Or que dit-il ?

[…]
La résurgence du séparatisme québécois offre une occasion unique aux États-Unis.
[…]
Les États-Unis devraient envisager un soutien discret au PQ avant les élections. Ce soutien pourrait inclure :
• un soutien financier manifeste au PQ pendant la campagne électorale,
• des opérations psychologiques visant à attiser le séparatisme québécois et albertain, et
• des négociations commerciales secrètes avec le PQ, dans le cadre desquelles les États-Unis s’engageraient à appliquer des tarifs douaniers inférieurs à ceux appliqués au Québec par rapport au reste du Canada.

L’auteur semble ignorer que la loi québécoise sur le financement politique empêche la corruption d’un parti québécois par des intérêts étrangers. Contrairement à ce que peuvent faire les États-Unis à peu près partout ailleurs sur la planète.

Malgré la loi, un parti peut toujours se laisser corrompre illégalement. Mais quelle formation politique aimerait être éclaboussée par un autre ’Scandale des commandites’?

Dans l’ensemble, l’auteur du document ‘The Centrifugal Strategy’ ne dresse pas la liste précise des moyens à utiliser (autres que les généralités ci-dessus). De plus, il ne présente pas d’échéancier.

Dans sa propre conclusion, l’auteur va jusqu’à dire que les guerres tarifaires américaines contre le Canada — celle de Trump et toutes celles qui l’ont précédée — favorisent l’unité canadienne et que…

En réalité, le Canada est déjà en train de se fragmenter et pourrait s’effondrer en tant qu’État-nation, même sans intervention américaine.

Il nous suffit de les accompagner graduellement sur la voie de leur déclin.

Pour forcer les journalistes à parler de ce document anodin, Christine Fréchette a commis une grave erreur tactique; celle de prétendre faussement que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) était à ce point inquiet à ce sujet qu’il avait convoqué la directrice générale de la CAQ à ses bureaux.

En réalité, c’est l’inverse. C’est la directrice générale de la CAQ qui a sollicité une rencontre urgente avec le SCRS afin de porter à leur attention un document ‘préoccupant’ que les agents canadiens connaissaient déjà. Le tout afin de manipuler les journalistes.

Malheureusement pour la CAQ, ceux-ci ont fini par découvrir la vérité. Ils ont talonné la première ministre sortante pendant plusieurs jours, sabotant sa campagne électorale jusqu’à ce qu’elle avoue finalement la vérité.

Les électeurs en ont vu d’autres; voilà pourquoi ils pardonnent facilement les contrevérités des politiciens. Mais pas quand ceux-ci mentent afin de voler l’élection.

Christine Fréchette a franchi cette ligne rouge et en paie maintenant le prix alors que les intentions de vote en faveur de son parti sont en chute libre.

Références :
The Centrifugal Strategy
Our Canadian Problem

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le référendum et l’élection québécoise de 2026

Publié le 22 septembre 2026 | Temps de lecture : 3 minutes


 
L’élection québécoise actuelle n’est pas un référendum sur le référendum. La véritable question à se poser est la suivante : « Quel parti politique est le plus compétent pour diriger le Québec ?».

À cette élection-ci comme à toutes les précédentes, la réponse est le Parti québécois.

L’équipe économique du PQ est composée d’économistes alors que celle du Parti libéral du Québec est composée de gens d’affaires. Ce qui n’est pas la même chose.

Les premiers sont des experts en macroéconomie alors que l’expertise des seconds est limitée à l’entreprise qu’ils dirigent et, par ricochet, au secteur économique dans lequel ils opèrent.


Déficit commercial du Québec, de 1981 à 2012, en milliards de dollars
Balance_commerciale_30_ans

Lorsque le PQ est au pouvoir, le Québec s’enrichit en exportant plus qu’il importe. Et chaque fois que le PLQ est au pouvoir, c’est le contraire.

Ce qui permet aux premiers ministres libéraux de se vanter d’obtenir plus de péréquation du gouvernement fédéral. Preuve de notre appauvrissement.

J’aime bien François Legault. Mais je lui reproche de s’être entouré d’incompétents. De très habiles communicateurs, mais dépourvus de substance.

À preuve; l’état désastreux des finances publiques que son gouvernement nous laisse après huit ans de gaspillage et d’investissements publics désastreux.

Dans un autre ordre d’idée, lorsqu’on va au cinéma, il faut payer le prix d’entrée. On aimerait que ce soit gratuit comme c’est le cas des films qu’on voit à la télé. Mais on n’a pas le choix.

Avec l’élection du PQ, c’est pareil; le ‘billet’ à payer, c’est 130 millions pour le troisième référendum sur l’indépendance nationale.

La majorité des Québécois n’en veulent pas parce qu’actuellement ils sont contre l’indépendance. Or être pour le statuquo ou être contre le référendum, c’est pareil.

Si on juge que la CAQ devrait être reportée au pouvoir, il y a aussi un ‘ticket’ à payer; c’est le cout du Troisième lien (auquel est opposée également la majorité de la population du Québec).

Au minimum, le prix du Troisième lien, c’est dix-milliards de dollars. Peut-être vingt-milliards. Peut-être trente. Qui sait, avec la CAQ ?

Bref, le PQ ne promet pas de remettre des milliards de dollars dans les poches des contribuables : il promet de les laisser là où ils sont puisque ses promesses électorales sont, de loin, les moins couteuses de tous les partis politiques.

Cela s’appelle ‘être responsable fiscalement’.

Paru depuis : St-Pierre Plamondon ne promet plus un troisième lien (2026-09-25)

Complément de lecture : Le troisième lien est mort

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Extraire les hydrocarbures de la vallée du Saint-Laurent, est-ce rentable ?

Publié le 21 septembre 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Exploration vs exploitation

L’exploration des hydrocarbures consiste à chercher du gaz fossile ou du pétrole et, si on en trouve, à évaluer la quantité présente de même que la profitabilité de son extraction.

L’exploitation des hydrocarbures est l’extraction, le transport et la vente des hydrocarbures trouvés.

Les réserves québécoises en hydrocarbures


 
La vallée du Saint-Laurent est traversée par une formation géologique appelée ’Bassin schisteux d’Utica’.

Des formations géologiques apparentées, situées aux États-Unis, se sont avérées riches en hydrocarbures, notamment en gaz fossile (communément appelé ‘gaz naturel’).

De loin, c’est sur l’ile d’Anticosti que le potentiel du Québec en hydrocarbures a été évalué le plus sérieusement. Pourquoi là ? Parce que l’ile est peu habitée et que les puits ont été creusés loin des habitations. Ce qui favorisait l’acceptabilité sociale de la prospection.

Le schiste d’Anticosti a été formé par la sédimentation d’argile qui s’est durcie au cours des siècles. Renfermant des débris de végétaux ou d’animaux marins, ceux-ci se sont transformés en hydrocarbures sous l’action de microorganismes. Ils occupent des milliards de pores dans la roche. Ces pores comptent pour 2 à 3 % du volume de la pierre.

Selon les conditions de température ou de pression qui ont mené à la formation du schiste, ces pores ne contiennent parfois que du gaz fossile sous pression. À Anticosti, elles contiennent principalement un mélange de pétrole et de gaz fossile sous forme liquide.

Au final, l’exploration d’hydrocarbures à Anticosti a révélé que le sous-sol de l’ile renfermait des quantités très importantes d’hydrocarbures.

Toutefois, les gouttelettes qui renferment ces hydrocarbures sont tellement éloignées les unes des autres que cette dispersion empêche la rentabilité de leur exploitation.

En effet, la concentration des hydrocarbures dans le schiste québécois est trop faible pour qu’il soit rentable de briser cette roche pour en extraire le contenu.

Les techniques actuelles ne permettent que de récupérer 1,2 % des hydrocarbures qui s’y trouvent. Pour en extraire 100 %, il faudrait réduire tout le sous-sol rocheux d’Anticosti en poudre, ce qui est impensable.

Non seulement ces hydrocarbures seraient extraits à perte mais il faudrait construire des milliers de kilomètres d’oléoducs pour acheminer ces hydrocarbures (déficitaires) aux marchés.

Pourquoi a-t-on interdit l’exploration des hydrocarbures ?

Fondamentalement, ce qui protège la vallée du Saint-Laurent de l’exploitation commerciale de ses gisements en hydrocarbures, c’est l’absence de rentabilité.

Si ce n’est pas rentable, comment en est-on venu à interdire leur exploration puisqu’à elle seule, l’absence de profitabilité devrait suffire à décourager les investisseurs ?

C’est que le gouvernement libéral de Jean Charest avait accordé à une pétrolière québécoise (Pétrolia) un permis d’exploration à l’intérieur des limites de la ville de Gaspé.

Ce qui avait provoqué une vive inquiétude parmi ses citoyens quant aux risques de contamination des nappes phréatiques et conséquemment, à l’approvisionnement en eau potable.

Conséquemment, par le biais d’un règlement municipal adopté en 2012, la ville avait interdit toute fracturation hydraulique à moins de deux kilomètres d’un puits artésien. Un règlement aussitôt contesté par Pétrolia.

À l’exemple de Gaspé, plus de 70 villes avaient adopté un règlement semblable quand, en février 2014, la Cour supérieure du Québec donnait raison à la pétrolière contre la ville de Gaspé.

Deux mois plus tard, l’élection québécoise d’avril 2014 portait au pouvoir la CAQ.

Il a fallu attendre 2022 pour que le gouvernement Legault finisse par interdire l’exploration des hydrocarbures sur l’ensemble du territoire québécois.

Deux ans plus tard, Pétrolia se plaçait sous la protection de la Loi sur les faillites.

Conclusion

Des cinq partis actuellement en campagne électorale, le Parti conservateur du Québec est, de loin, le champion des promesses électorales; elles totalisent 64 milliards de dollars.

En contrepartie, ce parti prévoit épargner des sommes importantes en éliminant le gaspillage, en réduisant la taille de la fonction publique (sans affecter la qualité des services), et en créant de nouveaux revenus.

Parmi ces nouveaux revenus, il y a les 758 millions de dollars sur cinq que versera au fisc l’industrie pétrolière… à la condition qu’elle se hâte de prospecter, de construire des puits d’extraction pétrolière ou gazière, et de construite les oléoducs qui amèneront ses hydrocarbures vers des raffineries.

Si tout cela prend une décennie à se réaliser, le cadre financier du PCQ risque de s’apparenter aux beaux projets imaginés par Perrette dans la fable La Laitière et le pot au lait de La Fontaine…

Références :
Anticosti : payer 200 millions$ pour une pétrolière qui vaut 16,5 millions$
Et si la guerre au Moyen-Orient relançait les gaz de schiste au Québec?
Jugement favorable à Pétrolia : Québec interpellé
Gaspésie : la fracturation hydraulique hante Pétrolia
L’ABC du pétrole d’Anticosti
La Laitière et le pot au lait
Le Québec, paradis de l’exploration pétrolière

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le rapport de OUI Québec face à l’avenir du Québec

Publié le 26 mai 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Préambule

Il y a douze ans, j’avais assisté à un colloque organisé par OUI Québec.

Presque totalement inconnu du public, ce groupuscule comptait à l’époque relativement peu de membres; environ deux-cents personnes, m’avait-on dit.

À ce colloque, je m’étais inscrit à l’atelier sur la langue.

Quelle ne fut pas ma déception de constater que OUI Québec y avait placé des petits soldats — plus précisément une poignée d’avocats — dont le rôle était de faire battre toutes les résolutions autres que celles soumises par la direction de cet organisme.

En raison de ce manque de démocratie, je m’étais promis de ne plus jamais y remettre les pieds.

Cet organisme est sorti récemment de l’ombre en publiant un rapport de 36 pages intitulé ‘La société civile québécoise face à l’avenir’.

Sonder l’affect

Il y a deux manières d’effectuer un sondage.

La première consiste à poser des questions factuelles accompagnées d’un choix de réponses. Par exemple, la question : ‘Quand s’est produite la conquête de la ville de Québec par le général Wolf ?’ accompagnée d’un choix de dates.

La deuxième manière est du domaine des sciences sociales. Elle consiste à permettre au répondant d’exprimer une sensation, une émotion, un sentiment, ou une humeur. Et ce, par le biais d’une opinion, rationnelle ou non. Par exemple : ‘Croyez-vous que la conquête anglaise de Québec fut une bonne ou une mauvaise chose, et pourquoi ?’

Le sondage effectué par OUI Québec et le rapport qui en résume les résultats font partie de la seconde catégorie.

La méthodologie du sondage

En plus d’analyser les mémoires soumis aux consultations prébudgétaires du gouvernement du Québec, OUI Québec a rencontré plus d’une cinquantaine de représentants d’organisations qui ont accepté de participer à cette consultation.

Le rapport ne dresse pas la liste des participants. Parce que, selon OUI Québec, ceux-ci parlent au nom d’organismes vulnérables qui craignent d’être ostracisés s’ils osent parler publiquement.

Non seulement cette liste est secrète, mais en plus, OUI Québec ne donne pas les critères qui l’ont conduit à consulter tel organisme plutôt qu’un autre. En somme, ce rapport est le fruit d’un sondage dont la méthodologie est secrète et conséquemment, qui est dépourvu de valeur scientifique.

Courageusement, ces organismes ont livré des témoignages qui ont bouleversé la présidente de OUI Québec, selon l’entrevue qu’elle a accordée au quotidien La Presse.

Plus précisément, au sujet de l’immigration, celle-ci a été sensible aux “ inquiétudes liées à la perception des enjeux identitaires envers le mouvement souverainiste. […] On sentait la charge émotive par rapport à cette question. C’étaient des discussions chargées, intimes.”

Les quatre questions du sondage

Dans chaque cas, les participants avaient à répondre à quatre questions ouvertes :
• Quelle est la mission de votre organisation ?
• Quel est l’avenir rêvé pour le Québec, du point de vue de votre organisation ?
• Qu’est-ce qui empêche aujourd’hui d’atteindre cet idéal ?
• Si vous aviez un conseil à donner au mouvement souverainiste, ce serait quoi ?

Après analyse des réponses reçues, OUI Québec a déterminé des ‘points de convergence’ et, au contraire, des ‘points de vigilance’.

Le rapport précise le pourcentage d’appui aux ‘points de convergence’. Ce qui permet d’évaluer s’ils font consensus.

Toutefois, ce n’est pas le cas des ‘points de vigilance’. Ceux-ci sont des craintes exprimées par au moins une personne, et qui ont été retenues parce qu’elles ont ému les responsables de cette consultation.

Les réactions

L’importance démesurée attachée à la moindre critique transforme la dernière partie du rapport en exercice d’autoflagellation. Ce qui a suscité la controverse sur les médias sociaux.

Citant le rapport, La Presse s’empresse de conclure que rapport prouve que le mouvement souverainiste a reculé sur la délicate question du vivre-ensemble avec les immigrants, remplaçant la fierté par la fermeture.

Conclusion

La société québécoise est davantage qu’une simple collection d’ONG issues de la ‘société civile’.

Dans aucun cas, le rapport intitulé ‘La société civile québécoise face à l’avenir’ ne peut prétendre être le miroir de la société québécoise.

C’est plutôt le reflet d’avis exprimés par une cinquantaine de personnes à l’occasion d’une consultation totalement dépourvue de rigueur scientifique.

Depuis sa fondation, OUI Québec se présente comme un organisme qui chapeaute le mouvement indépendantiste comme la papauté chapeaute le catholicisme.

Mais ce regroupement de quelques centaines de personnes — principalement des avocats et des ‘has been’ de la politique québécoise — n’a pas les moyens de son ambition.

Références :
Rapport de OUI Québec
Rapport sur la souveraineté du Québec — « Nous avons remplacé la fierté par la fermeture »

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Parti Québécois : le cafouillage des constitutions successives

Publié le 3 mars 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Une nouvelle constitution provisoire

Dans son Livre bleu, le Parti Québécois propose l’adoption de deux constitutions successives.


 
La première d’entre elles, dite ‘provisoire’, serait adoptée par l’Assemblée nationale au cours du premier mandat du Parti Québécois. Et ce, à la suite d’une série de consultations régionales effectuées par une commission itinérante.

Le Livre bleu précise également :

Ce que nous souhaitons utiliser comme base aux travaux [menant à sa] rédaction, c’est […] la constitution provisoire du 18 juillet 1995.

Ce qu’on comprend entre les lignes, c’est qu’en vue du référendum d’octobre 1995, le Parti Québécois avait adopté quelques mois plus tôt un projet de constitution provisoire qui dort sur les tablettes depuis.

Et on devine également que le but des consultations régionales est de mettre à jour ce document.

Cette constitution provisoire n’entrerait pas en vigueur dès son adoption par l’Assemblée nationale, ni dès la victoire du ‘oui’ au référendum, mais dès l’effectivité de l’indépendance. En d’autres mots, dès que, juridiquement, le Québec sera devenu un pays indépendant.

En somme, cette constitution est qualifiée de ‘provisoire’ parce qu’elle régira provisoirement la République du Québec à partir du jour de sa naissance jusqu’au jour où cette république se dotera d’une constitution définitive adoptée par le peuple.


 
C’est ainsi qu’après l’accession du Québec à l’indépendance, la constitution ‘provisoire’ sera en vigueur pendant quatre à sept ans.

Le temps de former une assemblée constituante, composée de citoyens représentatifs, dont le mandat sera de rédiger le texte d’une deuxième constitution.


 
Cette deuxième constitution deviendra officielle dès son adoption par le peuple québécois lors d’un deuxième référendum.

Au sujet de cet échéancier, le chef du Parti Québécois ajoute : «…l’objectif de [la] constitution provisoire sera d’assurer la STABILITÉ et la CONTINUITÉ juridique et politique du nouvel État.»

La continuité et la stabilité… pour vrai

Il y a une décennie, nous écrivions sur ce blogue :

À l’issue d’un vote en faveur de l’indépendance, il est illusoire de penser que tous se rallieront du jour au lendemain autour du projet de pays à construire.

Les opposants à l’indépendance continueront de penser qu’il s’agit d’une erreur. Et c’est seulement après quelques années qu’ils se résigneront à l’idée que cela est irréversible.
[…]
À mon avis, [la Canadian Constitution de 1982] devrait […] continuer de s’appliquer quelques années après l’accession du Québec à l’indépendance.

C’est seulement lorsque les Québécois opposés à l’indépendance réaliseront son caractère irréversible qu’ils accepteront de participer à la rédaction d’un nouveau texte constitutionnel.

Or il est souhaitable que la rédaction d’une constitution pour le Québec soit un chantier auquel tous seront invités et que ce chantier devienne un moyen d’unir la Nation derrière un projet commun.

On aurait tort de croire que c’est ce que feront les consultations de la commission itinérante qui sera formée après la victoire du PQ aux prochaines élections.

Les Québécois fédéralistes — qui forment actuellement la majorité de la population — ne verront aucun intérêt à participer à une consultation destinée à dépoussiérer un projet de constitution temporaire, vieux de trente ans, qui ne servira à rien si le troisième référendum subit le même sort que les deux premiers.

Voilà pourquoi, le chantier d’une vraie constitution ne devrait être entrepris que lorsque nos amis fédéralistes seront prêts à saisir la main que nous leur tendrons pour construire ensemble un pays à notre image à nous tous.

Une période de réflexion deux ans devrait suffire à leur faire comprendre que c’est ça qui est ça.

C’est donc après ces deux années de réflexion que le gouvernement de la République du Québec devrait entreprendre le remplacement de la Canadian Constitution de 1982 par une seule nouvelle constitution.

Prolonger la vie de celle de 1982 (à quelques détails près) jusqu’à l’adoption par le peuple d’une nouvelle constitution québécoise parfaitement à notre gout — en d’autres mots, sauter l’étape d’une constitution provisoire — c’est simple, c’est clair et c’est rassurant…

Références :
Une constitution préréférendaire : la charrue avant les bœufs
Vers la constitution du pays du Québec

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Alexandre Boulerice : passer du NPD à QS

Publié le 25 février 2026 | Temps de lecture : 2 minutes

La rumeur veut que le député fédéral Alexandre Boulerice (du NDP) caresse l’idée de se présenter aux prochaines élections québécoises sous la bannière de Québec Solidaire (QS).

Mais voilà que, selon les statuts de cette formation politique, la circonscription dans laquelle il pourrait se présenter est réservée à une femme ou à une personne non binaire.

Au nom du pragmatisme, certains voudraient que QS renonce à ses principes afin d’accommoder l’actuel député fédéral.

Il s’agit là d’une erreur.

Un parti ne doit pas piler sur ses principes simplement pour attirer un candidat. En somme, ce n’est pas à QS de s’adapter à monsieur Boulerice; c’est plutôt à ce dernier de s’adapter à QS.

Heureusement, cela est relativement facile.

Il suffit d’une brève consultation médicale, puis d’un bon coup de sécateur au bon endroit, pour le faire passer d’Alexandre à Alexandrine Boulerice.

Mais évidemment, à froid, le sécateur, ça fait peur.

Comme solution de rechange, monsieur Boulerice pourrait se convaincre qu’il est ni homme ni femme. En d’autres mots, qu’il est devenu non binaire. Comme par magie. Et puisque personne ne sait ce qui se passe dans la tête de quelqu’un d’autre, qui pourrait mettre en doute sa parole à l’investiture de QS ?

Pour compléter sa nouvelle identité, l’actuel député fédéral pourrait s’adresser au salon de coiffure Salon10 de Longueuil.

Comme la chenille se transformant en papillon, monsieur Boulerice en ressortirait métamorphosé(e) grâce à sa coiffure non genrée. Même en conservant sa moustache et sa barbe, sa femme et ses enfants ne le reconnaitraient plus.

Et c’est ainsi qu’humblement, celui que les affiches électorales de QS présenteront familièrement comme Alex se soumettra aux règles de QS destinées à assurer une représentation équitable de toutes les identités de genre parmi ses candidats.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Analyses médicales : s’adresser au privé

Publié le 28 janvier 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

À son arrivée au pouvoir, le gouvernement de la CAQ a procédé à des baisses d’impôts auxquelles n’ont pas profité les assistés sociaux (puisqu’ils ne paient pas d’impôt) et auxquelles ont très peu profité les salariés à faible revenu (parce qu’ils en paient déjà très peu).

En somme, cette mesure a surtout profité aux contribuables qui ne sont pas dans le besoin.

Mais le gaspillage des fonds publics a fini par rattraper les cigales caquistes, confrontées de nos jours à des déficits budgétaires qui ont amené les agences de notation à réduire la cote de crédit du Québec.

Depuis le premier octobre 2024, l’accès au centre de prélèvement du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) est réservé aux patients du CUSM. C’est la même chose au Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM).

Autrefois, on pouvait y faire exécuter gratuitement les requêtes médicales émises pour n’importe quelle personne assurée par la RAMQ. Évidemment, cette gratuité était relative puisqu’au final, c’est l’ensemble des contribuables qui payaient la note.

Toutefois, il s’agissait d’une mesure progressive puisque ‘les riches payaient pour les pauvres’.

Depuis que tous les hôpitaux du Québec ont cessé de le faire (sauf pour leurs propres patients), cela signifie que vous et moi devons nous tourner vers les laboratoires privés d’analyse médicale. Le plus connu d’entre eux est Biron.

Comment ça coute ? Une formule sanguine complète coute 186$, une culture d’urine 61$, et un test de détection du cancer de la prostate 81$.

La décision de la CAQ de mettre fin à la gratuité des analyses de laboratoire est une mesure régressive dans la mesure où les salariés à faible revenu auront tendance à préférer nourrir leur famille et à payer leur loyer plutôt que de passer des tests qui les enfoncent encore plus dans la précarité.

Évidemment, si leur santé se dégrade entretemps, l’ensemble des contribuables paieront pour les soins couteux qui leur seront devenus nécessaires.

Parce qu’effectivement, les analyses de laboratoire font partie de la prévention en matière de santé.

Espérons que le gouvernement qui succèdera à la CAQ sera mieux avisé…

Complément de lecture : La cote de crédit du Québec et les cigales caquistes

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Abaisser à seize ans l’âge minimal pour voter serait une erreur

Publié le 27 janvier 2026 | Temps de lecture : 2 minutes

Lors du plus récent épisode de son émission Une époque formidable, l’animateur Stéphane Bureau nous présentait le combat que mène le parti Québec Solidaire (QS) afin qu’on abaisse l’âge minimal pour voter à seize ans.

À cette occasion, Ruba Ghazal (co-porte-parole de QS), accompagnée d’une poignée de jeunes de 16 ans intéressés par la ‘chose publique’, soulignait qu’à seize ans, si on est assez vieux pour se marier, pour conduire une voiture, et pour être appelé sous les drapeaux, on devrait être assez vieux pour voter.

Ceci est un raisonnement simpliste.

La maturité sexuelle, la maturité physique et la maturité politique ne coïncident pas. La maturité politique apparait en dernier.

La majorité des adolescents connaissent le nom du gardien de but du club de hockey Canadien, et celui de Paul Saint-Pierre-Plamondon parce que ce dernier est l’objet d’un buzz chez les jeunes.

Mais la grande majorité d’entre eux ne connaissent pas les noms du premier ministre du Canada, du premier ministre du Québec et celui du président de la République française.

Plus grave encore, même à 18 ans, la politique est un sujet qui ne les intéresse pas. Imaginez à 16 ans…

Dans le film québécois Les Plouffe, le personnage de Guillaume Plouffe revient de la Seconde Guerre mondiale auréolé de gloire parce que son talent, à l’adolescence, à lancer la balle au baseball l’a bien préparé à lancer la grenade dans les tranchées allemandes.

De la même manière, la pratique des jeux de tir à la première personne prépare le futur aviateur à exécuter avec délectation l’ordre de tirer sur des cibles humaines, qu’elles soient civiles ou militaires.

Aussi facilement que des ados tirent, ces jours-ci, sur d’autres étudiants à l’école de Brossard.

À 16 ans, on est tellement influençable que les forces armées n’ont aucune difficulté à convaincre les recrues de bombarder les soldats (et les civils) de la nation ennemie, diabolisée par la propagande.

Déjà, abaisser à 18 ans l’âge minimal pour voter était une erreur. Ne l’aggravons pas en l’abaissant davantage.

Ce qui contribuera encore plus à l’infantilisation de l’électorat.

Pour terminer, quand donc QS cessera-t-il de polluer la politique québécoise par ses idées qui n’ont pas d’allure…

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Centres de données, pillage de l’eau et la CAQ

Publié le 16 décembre 2025 | Temps de lecture : 3 minutes

Introduction

À l’époque où la chaleur dégagée par les centres de données pouvait être dissipée par de l’air froid, le climat nordique du Québec et de l’Islande en faisait des lieux de prédilection pour l’implantation de centres de données.

De nos jours, les centres de données qui font les manchettes sont ceux dédiés à l’intelligence artificielle (IA).

La taille colossale de ces usines représente un saut quantique en comparaison avec celle des plus gros centres de données qu’on construisait aussi récemment qu’il y a deux ou trois ans.

La densité de leurs microprocesseurs est telle que le simple refroidissement à l’air ne suffit plus; il faut les refroidir à l’eau.

Le refroidissement à l’eau

Puisque l’eau et l’électricité ne vont pas bien ensemble, ce refroidissement est assuré dans ces usines par une fine canalisation métallique qui frôle chacun de leurs milliers circuits électroniques.

En dépit de la fascination de nos médias pour l’intelligence artificielle, très peu de journalistes se sont intéressés à la consommation d’eau des centres de données consacrées à l’IA.

On sait que le centre de données Colossus-2 — construit à la frontière du Tennessee et du Mississippi — consomme 49 millions de litres d’eau par jour.

Pour assurer cet approvisionnement, il s’est doté d’une petite usine d’épuration afin de traiter les eaux usées de la ville de Memphis.

D’autre part, au début de 2026, Microsoft ouvrira dans le village de Mount-Pleasant (au Wisconsin), le plus grand centre de données au monde consacré à l’IA.

Il consommera 90 millions de litres d’eau potable par jour, fournis par la ville de Racine à partir de l’eau qu’elle puise dans le lac Michigan.

Une leçon pour le Québec

À l’heure actuelle, le Québec a plus de centres de données qu’il en a besoin pour assurer sa souveraineté numérique.

Pour faire oublier le fiasco de sa filière batterie, la CAQ veut maintenant attirer au Québec des centres de données dédiés à l’IA.

En plus des terres agricoles qu’il faudra dézoner, leur venue est susceptible de provoquer un désastre environnemental.

En effet, aucune municipalité ni aucune nappe phréatique au Québec n’est capable d’assouvir leur besoin gargantuesque en eau sans priver nos agriculteurs, nos industries et nos gens de l’eau dont ils ont besoin.

Prions pour que la CAQ soit chassée du pouvoir avant de mettre en œuvre cette nouvelle stratégie industrielle désastreuse.

Références :
Data Centers and Water Consumption
Data centers, backbone of the digital economy, face water scarcity and climate risk
Stratégie industrielle du Québec : la panne d’idée de François Legault
The environmental footprint of data centers in the United States
Water levels across the Great Lakes are falling – just as US data centers move in

Parus depuis :
L’électricité deux fois plus chère pour les centres de données (2026-02-19)
US tech firms successfully lobbied EU to keep datacentre emissions secret (2026-04-17)

Compléments de lecture :
US leads record global surge in gas-fired power driven by AI demands, with big costs for the climate (2026-01-29)
Des serveurs informatiques comme chauffe-eau (2026-03-20)

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