Introduction
Les médias ont tendance à juger sévèrement le cheminement apparemment imprévisible du président américain. Comme si ce dernier était incapable d’une vision stratégique à long terme.
C’est ainsi que ses accusations d’ingérence chinoise dans les élections américaines sont perçues comme une marotte dont la dangerosité se limite à saper la confiance des Américains dans le système démocratique de leur pays.
En réalité, tout cela est beaucoup plus préoccupant qu’on pense.
Le cas roumain
Depuis deux ans, Emmanuel Macron s’est mêlé des élections en Géorgie, en Roumanie, en Moldavie et en Arménie afin d’y faire élire des dirigeants européistes et otaniens.
En 2024-2025, dans le cas de la Roumanie, les services de renseignements français ont soumis à leurs homologues roumains un rapport qui suggère faussement que la Russie aurait moussé sur TikTok la popularité d’un candidat à l’élection présidentielle en cours.
De plus, l’ambassadeur de France en Roumanie a fait pression sur le président de la Cour constitutionnelle roumaine à l’occasion d’une rencontre portant sur la démocratie et la nécessité de règlementer l’internet.
Pour verrouiller l’inéligibilité du candidat sur lequel la France s’acharnait, la Cour européenne des droits de la personne (CEDH) rendait, le lendemain de cette rencontre, un jugement qui stipule que le droit à des élections libres et démocratiques (en Roumanie comme ailleurs) n’est pas garanti dans le cas d’une élection présidentielle.
En raison de l’opacité de la magistrature, on ne saura jamais le rôle joué par des juges nommés par Macron dans cette décision de leurs collègues de la CEDH.
Le Titanic des élections de mi-mandat
Donald Trump est prisonnier du lobby juif américain et celui des sionistes chrétiens qui constituent la base de son électorat.
Or l’un et l’autre sont catégoriquement opposés à tout accord de paix qui leur semblera avantageux pour l’Iran.
La poursuite de la guerre contre ce pays provoquera inévitablement une nouvelle hausse du prix du pétrole et le mécontentement des consommateurs américains.
La conséquence, déjà prévisible, est une débâcle des candidats républicains lors des prochaines élections législatives de mi-mandat.
Ce qui inquiète Donald Trump, c’est moins la perte de son pouvoir presque absolu sur le Congrès, que la menace que cette perte fait peser sur l’enrichissement actuellement illimité de l’empire financier de Trump à la faveur de l’exercice de ses fonctions présidentielles.
La deuxième tentative de coup d’État
Les accusations répétées de Trump selon lesquelles l’élection présidentielle qu’il a perdue en 2020 contre Joe Biden était truquée ont été la prémisse de sa première tentative de coup d’État, le 6 janvier 2021.
De manière similaire, on doit prévoir que les accusations répétées contre l’ingérence chinoise soient la prémisse d’une contestation à la roumaine du résultat des élections de mi-mandat.
Une contestation qui justifiera les pouvoirs exceptionnels dont il se dotera pour contrer ceux d’un congrès qui sera composé en bonne partie d’adversaires politiques élus grâce à la Chine, prétendra-t-il.
D’où l’application immédiate de décrets présidentiels que les tribunaux américains mettront des mois à invalider. Voilà, concrètement, en quoi consistera cette deuxième tentative d’usurpation du pouvoir.
Dans la conclusion de notre texte au sujet de l’inéligibilité de Nicolas Sarkosy, nous écrivions :
Lorsqu’on confie à la magistrature le pouvoir de condamner quelqu’un à une peine d’inéligibilité, cela correspond au pouvoir des juges de priver le peuple de son droit de choisir ses dirigeants.
Ce pouvoir exceptionnel se justifie exclusivement dans un cas très précis : lorsqu’on est condamné pour tentative de coup d’État.
Par définition, un coup d’État a pour but de s’emparer du pouvoir indépendamment de la volonté populaire. C’est une négation de la souveraineté du peuple et conséquemment, un crime contre la Démocratie qui mérite l’emprisonnement et la peine de mort politique, soit l’inéligibilité.
À la suite de la première tentative de coup d’État de Donald Trump, les États-Unis ont négligé de colmater une faille que n’avaient pas prévue les pères fondateurs de la démocratie américaine.
Il y a tout lieu de craindre que cette négligence déclenche des troubles importants aux États-Unis quand seules les armes — celles de l’armée ou celles des citoyens — seront capables de mettre fin aux abus de pouvoir de Donald Trump.
Références :
Assaut du Capitole par des partisans de Donald Trump
Dans un discours à la nation, Trump accuse la Chine d’ingérence électorale
Déchiffrer Donald Trump
États-Unis : l’importance politique des sionistes chrétiens
L’ambassadeur de France en visite au CCR – Discussions sur la démocratie et la nécessité de réglementer Internet (en roumain)
La volonté populaire en Europe soumise à la dictature des juges : le cas de la Roumanie
L’inéligibilité de Sarkozy : les juges vs la souveraineté du peuple
Quand un juge prive un candidat de sa candidature pour méfaits, corruption ou crimes, il prive, qu’en vue superficielle, le peuple d’un candidat et de son droit de le juger lui-même à son tour en une sorte d’appel. Non.
Cette exclusion permet au peuple de choisir entre une brochette de candidats tous honnêtes et une autre avec une pomme pourrie.
S’il le laisse passer, comme malheureusement les deux Cours les plus hautes de France ont laissé passer Marine Le Pen, elles abandonnent leur pouvoir judiciaire (qui est de juger) au profit du pouvoir populaire (qui n’est que d’élire) et du pouvoir des assemblées (qui n’est que de légiférer).
L’idée, dangereuse, selon laquelle le peuple est au-dessus de sa propre constitution démocratique, ou au-dessus des lois ou au-dessus des jugements de cours est une corruption. Corruption par mésusage des institutions par les partis et les coalitions sociales en lutte pour le pouvoir.
Le mot d’ordre doit être strict : sans obéissance stricte à la loi, et durant toute sa vie, un candidat n’est pas digne de l’être. L’opinion, la déontologie dans les statuts des partis doivent le mentionner expressément.
Le premier filtrage est dans la constitution des partis.
Jean-Pierre met la barre trop basse : Hitler a été élu en 1933, à peine 10 ans après son coup d’État raté avec Ludendorff. Nous l’avons payé cher.
Il faut mettre la barre la plus haute possible. Ainsi, des condamnations répétées d’excès de vitesse sur les routes devraient situer le niveau de cette barre.
On ne cherche pas des saints comme candidats. Juste des citoyens honnêtes irréprochablement et disciplinés. Impeccablement. Deux qualités de force morale invincibles contre deux épreuves constantes chez un élu : savoir résister à l’argent et savoir résister à l’intimidation
En comparaison avec un marché aux légumes : sur les tablettes un seul oignon pourri jette à terre la réputation de tous les exposants du marché. Au Vietnam en 2025, je déambulais dans un marché où des rats étaient, ventre ouvert, exposés à la vente. Je n’y ai rien acheté.
Mais je rejoins Jean-Pierre sur l’essentiel : Donald Trump, si les lois américaines avaient été plus précises et plus vigilantes ou simplement appliquées, n’aurait jamais pu être élu président.
En démocratie, le peuple possède le pouvoir souverain de choisir ses dirigeants politiques, aussi imparfaits soient-ils. C’est ça, la démocratie.
Sous réserve d’une tentative de coup d’État, ce droit a préséance sur le pouvoir (et non le droit) des magistrats d’ordonner l’inéligibilité d’un candidat en vertu des lois adoptées par le législateur.
Ces lois — toujours appliquées de manière discriminatoire — servent à manipuler le peuple afin de l’obliger à ne voter qu’à l’intérieur d’une liste ‘aseptisée’ de candidats.