Il n’y a pas que la Chine ou la Russie qui tentent, nous dit-on, d’influencer les élections en Occident; il y a surtout l’Union européenne.
Le 29 aout prochain, les Islandais auront à se prononcer par référendum sur l’opportunité de relancer des négociations d’adhésion à l’Union européenne.
En 2009, l’Islande avait posé sa candidature pour l’intégrer. Une candidature qu’elle avait retirée en 2015. Depuis, les négociations sont au point mort.
Entretemps, ce pays fait partie du marché commun européen depuis 1992 et de l’espace Schengen (à l’intérieur duquel il existe une libre circulation des personnes) depuis 2001. Toutefois, l’Islande n’est pas soumise aux pouvoirs supranationaux dont s’est dotée l’UE par le traité de Lisbonne.
À la suite des élections législatives de 2024, le gouvernement islandais a promis de réaliser deux référendums.
Le premier vise à donner le feu vert à l’ouverture de négociations d’adhésion. Il aura lieu à la fin du mois.
À la conclusion d’une entente entre l’Islande et l’UE, un second référendum sera organisé afin de permettre au peuple de l’adopter, s’il le juge approprié.
Cette année, sept personnalités politiques européennes de premier plan — d’Allemagne, d’Autriche, d’Espagne, et de Slovaquie, en plus de la cheffe du parti macroniste (Renew Europe) au sein du parlement européen — se sont rendues en Islande pour plaider en faveur du ‘Oui’.
En avril 2026, dans ce pays où une partie importante de la population vit des ressources maritimes, le commissaire européen chargé de la pêche a fait miroiter la possibilité de modifier la politique de l’UE à ce sujet afin qu’elle soit plus favorable à l’Islande.
En juillet, le ministre français des Affaires étrangères s’y est rendu pour déclarer aux médias locaux que l’Islande avait tout à gagner à voter ‘Oui’.
Puisque l’avertissement vague du gouvernement islandais selon lequel il ne tolèrera aucune ingérence étrangère dans les affaires intérieures du pays n’a rien donné, la première ministre islandaise, accompagnée de sa ministre des Affaires étrangères, se sont rendues à la Commission européenne pour mettre les points sur les ‘i’.
À huis clos, les deux dirigeantes ont demandé à l’UE de cesser son ingérence dans les affaires internes de l’Islande.
Références :
L’Islande demande à Bruxelles de ne pas s’immiscer dans son référendum sur l’UE
Procédure d’adhésion de l’Islande à l’Union européenne
Référendum islandais de 2026
Compléments de lecture :
La Géorgie sur la voie d’un coup d’État (2e partie)
La volonté populaire en Europe soumise à la dictature des juges : le cas de la Roumanie
L’ingérence étrangère en Moldavie