À Montréal, bloquer la construction domiciliaire est payant

2 juin 2024
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Tomber des nues

Le 28 mai dernier, le quotidien La Presse révélait l’importance des délais pour obtenir un permis de construction à Montréal.

Là où cela prend en moyenne plus d’un an, la mairie de l’arrondissement est aux mains d’une personne élue sous la bannière du parti municipal de Valérie Plante dans cinq cas sur six (en jaune dans le graphique).

Là où cela prend entre neuf mois et douze mois, là encore c’est cinq arrondissements sur six.

Mais là où c’est le moins lent, c’est l’inverse; cinq arrondissements sur sept sont aux mains de l’opposition.

Lorsqu’on calcule la moyenne de ces moyennes, celle-ci est de 364 jours dans les arrondissements dirigés par une personne alliée de Mme Plante et de 253 jours (le tiers plus vite) lorsque le maire ou la mairesse d’arrondissement est d’une autre formation politique.

En prenant connaissance de cette nouvelle de La Presse, Valérie Plante tombe des nues : “ C’est inacceptable ” dit-elle.

On se rappellera qu’à la suite de l’incendie du 226 de la place d’Youville, Mme Plante avait appris en lisant le Globe and Mail que dans le quartier du Vieux-Port, le service des incendies avait suspendu dès 2018 l’application de la règlementation concernant les sorties de secours.

En prenant connaissance la nouvelle du quotidien torontois, Valérie Plante tombait des nues : “ C’est inacceptable ” disait-elle.

C’est à se demander si Mme Plante sait ce qui se passe dans sa ville. Heureusement qu’il y a des journalistes pour le lui apprendre…

Comment en est-on arrivé là ?

Mme Plante fut élue mairesse en novembre 2017 sous la promesse, entre autres, de construire six-mille logements sociaux.

En réalité, son intention était de ne rien dépenser à ce sujet, mais plutôt de forcer les entrepreneurs en construction à réaliser sa promesse à elle.

Comment ? En refusant de délivrer des permis de construction aux grands projets domiciliaires à moins qu’ils comprennent 20 % de logements sociaux, 20 % de logements abordables et 20 % de logements familiaux.

Une fois élue, l’administration Plante mit trois ans et demi pour peaufiner le règlement à ce sujet, finalement adopté en avril 2021. Durant tout ce temps, les entrepreneurs ont été maintenus dans l’incertitude quant à savoir ce que la ville appelait un logement ’social’, ‘abordable’ ou ‘familial’.

Incapables de juger de la profitabilité de leurs projets montréalais, la majorité des entrepreneurs se sont consacrés à la construction domiciliaire en banlieue.

Si bien qu’à l’élection municipale suivante, en moyenne 271 logements sociaux avaient été construits annuellement. Pour un total de 1 082 logements sociaux achevés et habités en quatre ans, soit 18 % des six-mille promis.

Apprenant la nouvelle dans le Journal de Montréal, Mme Plante ne tomba pas des nues cette fois, mais déclara plutôt que tous les logements sociaux promis (les six-mille) étaient construits ou en voie de l’être. Comme si on pouvait déménager dans un logement en voie de devenir habitable.

À l’élection municipale suivante, Mme Plante en promit encore davantage. Mais après avoir appris que son adversaire en promettait plus qu’elle (50 000 nouveaux logements, dont dix-mille sociaux), la mairesse sortante haussa sa promesse à 60 000 logements ‘abordables’, de manière à être celle qui en promettait le plus.

Depuis l’adoption de son règlement en 2021, un seul projet social, totalisant 86 appartements, a été mis en chantier.

Au total, les mises en chantier dans le Grand Montréal sont passées de 32 300 logements en 2021 à 15 200 en 2023. Comme elles ont chuté partout au pays en raison de la hausse des taux d’intérêt.

En dépit de cette hausse, les promoteurs qui aimeraient aller de l’avant plutôt que d’attendre une baisse éventuelle des taux d’intérêt font face à un obstacle insurmontable; la lenteur de la ville de Montréal à accorder de nouveau permis de construction.

Plus de quatre-mille mises en chantier sont bloquées par les arrondissements de la ville, les plus pointilleux desquels étant ceux dirigés par des maires d’arrondissement élus sous la bannière du parti municipal de Valérie Plante.

Dans les autres, on respecte à contrecœur le règlement de l’administration Plante. Ce qui fait qu’on l’applique en tournant les coins ronds. Résultat ? Les effets néfastes du règlement se font moins sentir.

Mais puisque le règlement en question prévoit des pénalités importantes pour les entrepreneurs qui diffèrent leurs projets, dans les arrondissements détenus par le parti de Valérie Plante, le règlement est essentiellement une source de revenus.

C’est ainsi que la ville a collecté 26 millions$ de pénalités au cours des deux premières années de son application. Et c’est sans compter l’économie des frais de pavage, des raccordements d’eau potable et d’égout qu’elle aurait assumés si ces nouveaux ensembles résidentiels avaient vu le jour.

À long terme, un boom immobilier majeur (comme celui qui est nécessaire pour faire face à la crise du logement) est une source de revenus pour la ville.

Mais à court terme, c’est le contraire puisqu’il oblige la ville à dépenser une fortune pour construire les infrastructures municipales qui sont nécessaires pour desservir tous ces nouveaux logements.

Pour éviter l’endettement ou, au contraire, la hausse des taxes, l’administration Plante semble préférer l’étalement progressif de la construction domiciliaire en bloquant les projets en cours. Ce qui lui permet entretemps de collecter les pénalités.

C’est ainsi que le responsable de l’habitation au comité exécutif de la ville déclarait fièrement : “ On a amassé 26 millions$ en deux ans [de pénalités]. Presque autant que dans les quinze années précédentes. Alors c’est quand même un succès.

Évidemment, présenté comme ça…

Références :
Délais pour permis de construction — « Ce n’est pas satisfaisant, c’est inacceptable », dit Valérie Plante
Des chantiers sur pause malgré la pénurie
Le feu à la place d’Youville : pour la scission de l’arrondissement Ville-Marie
Le logement social à Montréal : les promesses en l’air
Moratoire d’inspection des pompiers: Valérie Plante appelle le contrôleur général à la rescousse
Permis de construction à Montréal — Des « délais interminables »
Règlement « 20-20-20 » — le dur test de la réalité pour Valérie Plante
Un seul projet de logement social approuvé en deux ans

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Valérie Plante et le wokisme d’affaires

24 mai 2024

Introduction

Puisque chaque personne est unique, tous les humains contribuent à la diversité de notre espèce.

Toutefois, dans le vocabulaire woke, le mot ‘diversité’ possède un sens particulier. Il désigne l’ensemble des personnes qui ne sont pas des hommes hétérosexuels à la peau pâle.

En novembre 2020, l’avocate Cathy Wong — la deuxième personne en ordre d’importance à la ville (après la mairesse) — demandait officiellement au conseiller municipal de l’arrondissement de Snowdon de ne pas se représenter à l’élection municipale de 2021 ‘afin de faire place à la diversité’.

Parce que, selon l’administration Plante, les Juifs ne font pas partie de la diversité.

L’approvisionnement inclusif

Dernièrement, Montréal a dévoilé les principes qui guideront l’attribution de ses contrats d’ici la fin de la décennie.

Dans le document ‘Approvisionnement responsable : Plan d’action 2030’, on y apprend qu’en matière d’acquisition, la ville favorisera progressivement les fournisseurs issus de la diversité. L’an dernier, la ville en comptait déjà 950 dans le fichier de ses fournisseurs.

Pour en faire partie, l’entreprise doit être détenue et exploitée dans une proportion de plus de 50 % par des membres d’une minorité visible, ethnique ou ‘racisée’, par des femmes, par des membres d’une communauté autochtone, par des handicapés ou par des personnes de la
communauté LGBTQ2+.

Mais si les acheteurs de la ville ont à choisir entre deux fournisseurs, l’un dirigé par une lesbienne ‘blanche’ asthmatique et l’autre par un hétérosexuel ‘noir’ manchot, à qui doit-on accorder le contrat ?

Pour ce faire, le comité chargé d’attribuer le contrat devra procéder à une analyse différenciée ‘intersectionnelle’ au cours de laquelle, guidés par des experts en sciences sociales, les décideurs prendront en compte ces différentes réalités.

Malgré cela, le document de la ville demeure imprécis.

Si, de l’avis des experts, il vaut mieux être lesbienne asthmatique que ‘noir’ manchot, jusqu’à combien le prix de la soumission de la première peut-il être supérieure à celui du deuxième et obtenir quand même le contrat ?

Dans le cas des personnes dont l’identité de genre est fluctuante, si Bianca (par exemple) est redevenue Serge mais a oublié d’en aviser les responsables du fichier des fournisseurs, s’agit-il d’une fraude et, si c’est le cas, les procureurs de la ville s’adresseront-ils aux tribunaux pour récupérer les sommes versées à Serge par erreur ?

Conclusion

Le document ‘Approvisionnement responsable : Plan d’action 2030’ est merveilleusement bien écrit. On perdrait son temps à y chercher un mot ou une phrase susceptible de heurter la sensibilité des personnes si promptes à se sentir victimisées.

Mais sous un enrobage sucré, très certainement conçu par une firme de relations publiques, se cache une politique où les décisions d’affaires de la ville se prendront dorénavant par des gens qui traineront le boulet de l’idéologie woke.

Références :
Approvisionnement responsable : Plan d’action 2030
Le manque de jugement de l’avocate Wong

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Dehors, les ‘puants’ !

29 novembre 2023
Bibliothèque Maisonneuve

Introduction

Dès l’an prochain, les usagers des quarante-cinq bibliothèques publiques de Montréal pourront en être expulsés et mis à l’amende si d’autres usagers sont incommodés par l’odeur qu’ils dégagent.

Le texte définitif du règlement municipal est à venir. Mais essentiellement, c’est ce qu’il dira.

L’amende

Déjà le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal trouve choquant ce projet de règlement. Selon cet organisme, ce règlement stigmatiserait des êtres vulnérables.

Nous y reviendrons.

D’autre part, cet organisme plaide que l’imposition d’amendes élevées (de 350$ à 1 000$ par offense) est contreproductive. Pour un sans-abri, que l’amende soit de cinquante dollars ou de cinq-millions, c’est pareil; c’est une somme qu’il est incapable de payer.

Lorsque la ville voudra engager des poursuites pour non-paiement de ces contraventions, elle devra recourir à des procureurs rémunérés au tarif horaire de 500$ à 1 000$ et à un juge municipal payé un quart de million$ par année.

Si le tribunal ordonne la confiscation de ses biens, cette saisie ne couvrira pas, dans l’immense majorité des cas, les sommes dues. Donc il faudra les condamner à la prison.

Or par année, l’emprisonnement dans une prison à sécurité minimale coute environ 81 820$, soit 225$ par jour.

Il serait préférable que les préposés d’une bibliothèque vérifient la disponibilité de places dans les refuges pour itinérants et paient un taxi pour amener le sans-abri aux portes d’un refuge éloigné, où il aura le choix d’y entrer ou de poursuivre sa vie à l’extérieur (si c’est son désir).

La discrimination

Un règlement qui ne vise rien est un règlement qui ne vaut rien. La discrimination est ce qui permet de distinguer le contrevenant et de le punir sélectivement. Donc, par nature, toute loi ou tout règlement est discriminatoire.

La personne puante peut être un sans-abri, un fumeur qui se présente avec un cigare qu’il vient d’éteindre ou toute personne qui empeste le parfum.

Ce qu’oublient les organismes de défense des sans-abris, c’est que la puanteur est une agression pour les autres. En effet, tout comme la personne qui crie, la personne qui pue agresse les autres. Le premier par l’ouïe, le second par l’odorat.

La grande majorité d’une population normale aura de la difficulté à se concentrer et à lire un document quand son voisin empeste.

Cette sensibilité s’explique, entre autres, par le fait que les cellules sensitives du nez sont les seules qui connectent directement le cerveau à l’extérieur du corps, ou plus précisément aux récepteurs de l’odorat situé à la surface de la muqueuse nasale. Toutes les autres cellules nerveuses du corps font synapse avec d’autres cellules nerveuses avant d’arriver au cerveau.

Conclusion

Si on veut plus d’endroits pour abriter les sans-abris — on en compte actuellement dix-mille au Québec, dont trois-mille femmes — il faut construire plus de refuges pour les accueillir et non transformer les bibliothèques en refuges pour itinérants.

Si nos bibliothèques veulent être ‘inclusives’, elles doivent l’être d’abord et avant tout à l’égard de ceux qui viennent pour y lire en toute quiétude. Parce que c’est ça, la vocation essentielle d’une bibliothèque.

En rédigeant la version définitive de son règlement, la ville de Montréal devra garder à l’esprit qu’il est possible, dans un avenir moyennement rapproché, que toutes les bibliothèques publiques — comme tous les espaces disponibles — soient réquisitionnées par l’État pour accueillir les sans-abris que seront devenus des dizaines de milliers de travailleurs à faible revenu jetés à la rue en raison de l’aggravation de la crise du logement.

La manière avec laquelle on traite nos sans-abris aujourd’hui pourrait être celle avec laquelle on traitera demain des milliers d’entre nous…

Références :
Bibliothèques publiques de Montréal : Vous puez ? Vous sortez !
Coûts de la criminalité et des interventions du système de justice pénale

Paru depuis : Les itinérants ne sont pas des lépreux (2023-12-01)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif PanLeica 8-18 mm — 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 250 — 8 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les 200 arbres à couper le long du boulevard Pie-IX

12 août 2023


 
Introduction

Jeudi dernier, on apprenait que la ville de Montréal compte couper environ deux-cents arbres situés le long l’extrémité sud du boulevard Pie-IX, plus précisément entre l’avenue Pierre-de Coubertin et la rue Notre-Dame.

Selon les autorités municipales, ces coupes se justifient par les aménagements de la voie publique rendus nécessaires par le prolongement du SRB (Service rapide par bus).

Ce soir-là, au Téléjournal de Radio-Canada, les quelques personnes interrogées ont exprimé unanimement leur opposition à cette mesure.

Je ne comprends pas pourquoi.

J’imagine que si les gens passaient moins de temps à déambuler la tête penchée vers l’écran de leur téléphone ‘intelligent’ et levaient les yeux vers la canopée de ces arbres, ils auraient vu à quel point ces arbres souffrent et enlaidissent le boulevard Pie-IX.

Rappel historique

Il y a quelques années, des milliers de frênes montréalais ont dû être abattus afin de limiter la propagation d’un coléoptère mortel pour eux, l’Agrile du frêne.

Pour meubler l’espace laissé vacant, les autorités municipales ont planté diverses essences d’arbres, dont une variété d’ormes à croissance très rapide.
 

 
Justement à cause de la rapidité de leur croissance, ces arbres fabriquent un bois mou qui casse facilement lors des tempêtes de verglas ou simplement lors de grands vents.

Leur feuillage asymétrique, percé de meurtrissures béantes, témoigne des sévices qui leur ont été infligés au cours de leur croissance.

De plus, au sud de l’avenue Pierre-de Coubertin, le trottoir borde le boulevard Pie-IX. Ce qui fait que ces arbres ont tous été plantés sur des terrains privés.
 

 
À cause justement de leur proximité avec les trottoirs, l’écorce de plusieurs d’entre eux a été abimée lors du déneigement. Dans la photo ci-dessus, on notera l’ombre insatisfaisante laissée au sol par ces arbres au feuillage clairsemé.

Et seule la pluie sur ces terrains étroits sert à abreuver ces arbres puisque tout ce qui tombe sur Pie-IX est dévié vers les égouts.

Ce sont donc des arbres infirmes dont tout le système racinaire est atrophié sous la voie publique et n’est développé que du côté des terrains privés.

Résultat : tous ces arbres croissent péniblement et sont plus sujets aux maladies qu’ils ne le seraient en pleine nature.

Refaire en mieux

Les travaux du SRB sont une occasion de repartir à neuf.

Lorsqu’on regarde les rues récemment réaménagées par la ville dans les quartiers ouvriers, on remarque que moins d’eau de pluie est détournée vers les égouts. Par exemple, plus d’eau sert à nourrir les plantes qui décorent les saillies de trottoirs.

Le même souci guidera l’aménagement de cette nouvelle section du boulevard Pie-IX.

Au lieu d’être un long ilot de chaleur, le centre de cette artère sera planté d’arbres plus vigoureux.

Et on fera de même de chaque côté de ce boulevard. Si bien que leur feuillage sera plus opaque et fera plus d’ombre rafraichissante pour les piétons que celui de ces arbres chétifs au travers desquels on peut voir le ciel.

La ville promet que pour chaque arbre coupé sur Pie-IX, deux arbres le remplaceront.

Conclusion

Toutes les grandes villes du monde sont le résultat d’essais et d’erreurs.

Les arbres plantés il y a quelques décennies par la ville le long du boulevard Pie-IX sont en bonne partie des arbres qui font pitié.

Le réaménagement de cette artère importante est une occasion en or de faire beaucoup mieux.

Ne la ratons pas.

Référence : Bus express sur le boulevard Pie-IX: des centaines d’arbres abattus?

Détails techniques de la photo : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/5000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
2e  photo : 1/5000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 29 mm
3e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le laisser-faire de l’administration Plante face aux chauffards

25 juin 2023

Les excès de vitesse, en général

En ordre décroissant d’importance, les quatre causes des accidents mortels impliquant de piétons à Montréal sont :
• l’excès des voitures dans nos rues,
• les angles morts des véhicules utilitaires et des camions,
• la vitesse des voitures et,
• l’absence presque totale de répression policière.

On estime que 70 % des conducteurs dépassent la limite de vitesse dans les zones de 30 km/h, soit près des parcs et des écoles.

Là où la limite est de 40 ou 50 km/h (dans les zones résidentielles), cette limite est dépassée dans 50 % des cas. Sur les autoroutes du Québec, la proportion des conducteurs qui excèdent la limite permise grimpe à 75 %.

En 2022, les policiers de Montréal ont donné 47 770 constats d’infraction reliés à des excès de vitesse. Cela représente moins d’un dixième de un pour cent des déplacements effectués à vitesse excessive cette année-là sur l’ile de Montréal.

En somme, l’immense majorité des chauffards peuvent y rouler en toute quiétude.

Les excès de vitesse près des écoles

À Montréal, depuis des années, les demandes de citoyens pour ajouter des passages piétons supervisés par des brigadiers scolaires sont presque systématiquement refusées.

Quant aux pétitions des citoyens, la ville a adopté à leur sujet des exigences telles qu’elles rendent impossible leur recevabilité.

Mais puisque les excès de vitesse sont, de l’avis même des policiers, une cause importante de la mortalité sur nos routes, comment les forces de l’ordre protègent-elles nos enfants sur leur chemin vers l’école ?

Depuis 2019, l’administration Plante a diminué le nombre d’agents affectés au respect des règles de circulation automobile.

En 2018, les agents de circulation donnaient douze-mille contraventions pour excès de vitesse dans les zones scolaires de la métropole. L’an dernier, ils en ont émis 5 299, soit moins de la moitié.

La répression policière à ce sujet se fait surtout à l’occasion d‘opérations de surveillance. Évidemment, deux patrouilleurs peuvent spontanément partir à la course pour arrêter une voiture qui leur file sous le nez à toute vitesse. Mais l’essentiel de la répression policière se fait lors d’opérations concertées.

À titre d’exemple, au cours des douze mois qui ont précédé l’homicide de Mariia Legenkovska, seuls trois constats pour vitesse excessive ont été délivrés par la police de Montréal à l’intersection où l’écolière devait être happée mortellement.

Et ces contraventions ont toutes trois été données entre 7h55 et 8h33 le 8 septembre 2022. En d’autres mots, à part cette opération policière d’une demi-heure, l’intersection a été livrée au bon vouloir et au laisser-faire pendant plus d’un an.

Plus grave encore, des sept écoles situées sur le territoire desservi par le poste de quartier No 22, seule celle de Mariia Legenkovska a été protégée pendant 38 longues minutes en 2022; les autres écoles ont été laissées totalement à la merci des chauffards.

Références :
Fillette happée à Montréal : « Ça fait des années qu’on dit que c’est dangereux »
Les Québécois roulent beaucoup trop vite, martèlent les directeurs de police
L’intersection où est morte la petite Mariia toujours aussi dangereuse
Normes et procédure pour l’implantation de ralentisseurs
Pourquoi si peu de dos-d’âne dans les rues résidentielles de Montréal ?
Rapport 2022 du Service de police de la ville de Montréal
Sécurité des piétons : réduire la vitesse ou implanter le péage ?
Seulement trois excès de vitesse ont été punis en un an près de l’école de la petite Mariia

Paru depuis : Les gros véhicules augmentent le risque de décès (2023-09-01)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Pourquoi si peu de dos-d’âne dans les rues résidentielles de Montréal ?

7 juin 2023


 
De tous les arrondissements de Montréal, Ville-Marie est celui où surviennent le plus d’accidents impliquant des piétons. Évidemment, c’est un arrondissement très achalandé puisqu’il comprend le Centre-Ville et le Vieux-Montréal.

En plus de ses grandes voies de circulation, l’arrondissement comprend beaucoup de rues secondaires où il n’existe pas ou peu de mesures destinées à limiter la vitesse des automobiles, une des quatre causes des accidents mortels de piétons.

Dans l’ordre, ces causes sont :
• l’excès des voitures dans nos rues,
• les angles morts des véhicules utilitaires et des camions,
• la vitesse des voitures et,
• l’absence presque totale de répression policière.

En 2016, la Direction régionale de santé publique a réalisé une étude qui prouve que les saillies de trottoir — ces rétrécissements de la largeur des rues à l’approche d’une intersection — réduisaient de 23 % le nombre de piétons blessés alors que les dos-d’âne, peu couteux mais moins efficaces, les réduisaient de 6 %. Ce qui est quand même appréciable.

À la suite du décès d’une fillette de sept ans survenue en décembre dernier à proximité de son école dans l’arrondissement Ville-Marie, on a appris que depuis des années, les citoyens réclamaient en vain des mesures pour que la ville sécurise les environs des écoles fréquentées par leurs enfants.

En deux mots, la ville est sourde aux demandes des citoyens parce qu’elle a adopté en 2014 des normes qui rendent impossible l’acceptation de ces demandes, sauf en cas de PPP.

Ici, PPP ne signifie pas ‘Partenariat public-privé’, mais ‘Parents qui protestent avec des pancartes’. Les PPP sont la seule manière pour les parents de forcer la ville à protéger leurs enfants.

Pour qu’une pétition citoyenne soit recevable, il faut l’accord du service des incendies. Or justement, les pompiers sont, en principe, opposés aux dos-d’âne parce qu’ils ralentissent, selon eux, leurs interventions.

Et ce, malgré le fait que sur une rue résidentielle, un dos-d’âne ne ralentirait cette intervention que de quelques secondes. Or, disent-ils, en cas d’incendie, chaque seconde compte.

Si les pompiers changeaient d’avis, qu’arriverait-il ? Cela ne changerait rien parce que dirigeants municipaux ont tout prévu.

Les normes municipales exigent qu’une pétition à ce sujet soit signée par 75 % des citoyens touchés (locataires et propriétaires).

De plus, les propriétaires de six immeubles résidentiels situés au plus près de l’endroit où serait ajouté un dos-d’âne devront unanimement être d’accord.

Si un des immeubles appartient à une compagnie à numéro, les pétitionnaires devront découvrir à qui cet immeuble appartient, où ce propriétaire est domicilié ou fait affaire, et obtenir son accord, à défaut de quoi la pétition est irrecevable.

Si toutes ces conditions sont réunies mais que la pétition est rejetée (même à tort, en vertu d’un détail insignifiant), on doit attendre deux ans avant d’en présenter une nouvelle.

Et ce qui est vrai pour l’arrondissement Ville-Marie s’applique également pour le reste de la ville.

Voilà pourquoi il y a si peu de dos-d’âne dans les rues résidentielles de Montréal.

Pour en avoir, les citoyens doivent se transformer en PPP, bien à la vue des journalistes…

Références :
Êtes-vous pour ou contre les dos d’âne?
Normes et procédure pour l’implantation de ralentisseurs

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les guides touristiques de Montréal

17 avril 2023
L’édicule de style Art nouveau de la station de métro Victoria

À la belle saison, lorsque je vois des gens qui prennent des photos à proximité d’un site touristique que je connais bien (comme celui ci-dessus), il m’arrive de m’approcher d’eux et, s’ils parlent français, de leur demander s’ils aimeraient que je leur raconte son histoire.

Je le fais à titre bénévole, évidemment. Parce qu’autrement, il faut un permis municipal.

Pour l’obtenir, il faut suivre une formation de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec. Cette formation de 240 heures coute 2 500 $. En plus, le prix du permis municipal est de 105 $ par année.

Cela évite qu’on s’improvise guide touristique et qu’on raconte n’importe quoi. Comme, par exemple, que l’ile de Montréal est un territoire mohawk que les colons français auraient volé ou conquis.

Montréal ne compte que 149 guides certifiés. C’est peu lorsqu’on sait qu’annuellement, plus d’un million de touristes visitent Montréal et que celle-ci jouit d’un riche passé. À la différence de milliers de villes nord-américaines dont il n’y a pas grand-chose à dire.

Intérieur de l’hôtel de Lauzun

Dans une ville comme Paris, certains lieux ne sont accessibles aux touristes que lors d’une visite guidée. Par exemple, l’hôtel de Lauzun — qui a conservé son décor d’origine du XVIIe siècle — est trop petit pour être ouvert au tourisme de masse.

Pour le visiter, par petits groupes de 14 à 20 personnes, il faut réserver des mois à l’avance et acquitter le prix de la visite guidée (une vingtaine d’euros).

En Amérique du Nord, seules trois villes exigent que les guides touristiques y soient qualifiés : Montréal, New York et Québec.

Mais comme presque tout ce qui touche l’industrie touristique à Montréal (dont l’hébergement de courte durée), l’obligation d’obtenir un permis municipal n’a pas pour but de protéger le public, mais de constituer une source de revenus pour la ville.

En effet, personne n’est mandaté pour faire respecter la règlementation à ce sujet.

C’est ainsi qu’au cours des dernières années, l’administration Plante n’a délivré aucun constat d’infraction à l’encontre du grand nombre de guides amateurs qui offrent illégalement des visites payantes du Centre-ville ou du Vieux-Montréal.

Références :
Deuxième voyage à Paris : jour 10
Règlement sur les guides touristiques
Tourisme à Montréal Suivez le guide… illégal
Une entrée de métro parisienne… à Montréal

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif PanLeica 25 mm F/1,4 (2e photo), et OM-D e-m5 transformé en appareil infrarouge à spectre complet, objectif M.Zuiko 25 mm F/1,2 + filtre VertX1 B+W 061 + filtre bleu FS KB20 + filtre bleu 80C d’Hoya (1re photo)
1re photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
2e  photo : : 1/100 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le feu à la place d’Youville : pour la scission de l’arrondissement Ville-Marie

21 mars 2023

Avant-propos

Airbnb est une plateforme de location de courte durée née en 2008.

Deux copains californiens eurent l’idée d’offrir à prix modique le petit déjeuner à des visiteurs qui accepteraient de dormir sur un matelas pneumatique dans des pièces de leur appartement transformées en dortoir.

Textuellement, Airbnb ou Air Bed and Breakfast veut dire ‘Lit pneumatique et petit déjeuner’.

L’incendie du 226 place d’Youville

Aspect de l’édifice William-Watson-Ogilvie avant l’incendie

Le Jeudi 16 mars dernier, dans le Vieux-Port de Montréal, un incendie a ravagé vers 5h45 l’édifice William-Watson-Ogilvie, construit en 1890.

Situé au 226 place d’Youville, à l’intersection de la rue du Port, l’édifice est adossé au sud et à l’est à d’autres bâtiments.

Si bien qu’on en sortait par l’entrée principale (au coin de la rue) ou en empruntant l’escalier métallique rétractable accroché au mur extérieur donnant sur la rue du Port.

L’édifice de trois étages abritait quatorze logements, en plus des bureaux d’une firme d’architectes au rez-de-chaussée. Une partie de ces logements étaient consacrés à de la location de courte durée sur Airbnb.

En raison de l’animation et du bruit susceptible de nuire à la quiétude nocturne des touristes, la location sur Airbnb est interdite dans le Vieux-Port par la ville de Montréal.

Le sinistre a fait un mort, six disparus, et neuf blessés, dont deux qui ont été hospitalisés à une unité de soin pour grands brulés.

L’édifice appartient à un avocat montréalais dont le permis d’exercice est l’objet de limites imposées par le Barreau du Québec (l’Ordre professionnel des avocats). Et ce, probablement à la suite d’une condamnation pour fraude en janvier 2021.

Selon celui-ci, il n’exerce plus sa profession, se consacrant plutôt à son important parc immobilier. Fait à noter : ce n’est pas cet avocat qui louait une partie des logements sur Airbnb; c’était un de ses locataires.

Ce dernier sous-louait plusieurs unités locatives dans l’édifice. Puisqu’il est rare qu’un locataire ait besoin de plusieurs logements, on peut présumer que le propriétaire savait qu’ils étaient sous-loués (en ignorant peut-être que c’était sur Airbnb).

Depuis le sinistre, la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec se blâment mutuellement à ce sujet.

Ce qui complique la discussion, c’est que l’on confond deux choses qui n’ont pas de rapport, mais qui se chevauchent dans ce cas particulier; la location illégale et la sécurité des bâtiments.

La location illégale découle du laxisme à la fois du gouvernement et de la ville, alors que la sécurité des bâtiments est une responsabilité exclusive de la ville.

La location illégale sur Airbnb

La loi québécoise exige qu’on obtienne un certificat délivré par le ministère du Revenu pour chaque unité locative (chambre, appartement ou maison) offerte à la location de courte durée.

Sur les 13 913 unités offertes sur Airbnb au Québec, 92,5 % le sont illégalement. À Toronto et Vancouver, ce pourcentage est respectivement de 55,8 % et de 23,5 %.

Sur Airbnb, les personnes intéressées à louer un logement connaissent d’avance sa situation géographique approximative, son prix de location et peuvent voir des photos de l’intérieur de l’unité locative, des aires communes et de la vue sur la ville.

Mais ils ne connaitront le pseudonyme du ‘locateur’ et l’adresse exacte du logement qu’après avoir acquitté le prix de location.

Ce qui complique la tâche des inspecteurs du ministère du Revenu; ils doivent louer un logement pour découvrir son adresse exacte et enfin pouvoir vérifier si un certificat a été délivré à son sujet.

En Ontario et en Colombie-Britannique, il est interdit à Airbnb de permettre qu’un logement soit offert en vente si l’annonce à son sujet ne précise pas son numéro de certificat.

En cas de non-conformité, c’est Airbnb qui est coupable.

Le gouvernement du Québec se propose d’adopter des exigences similaires.

Idéalement, dans le cas des villes qui ont adopté une règlementation à ce sujet, celles-ci devraient émettre les certificats et percevoir les frais d’enregistrement puisqu’elles sont mieux en mesure de distinguer là où la location est permise et là où elle est interdite.

Mais dans ce cas-ci, ce n’est pas la location qui a causé ces décès; la cause réside dans les graves lacunes à la sécurité de l’édifice.

Sans Airbnb, d’autres personnes auraient été locataires : en cas d’incendie, ce serait elles qui auraient été brûlées vives.

La sécurité du bâtiment

On sait qu’une adolescente et son conjoint ont péri dans le sinistre parce que la chambre qu’ils ont louée ne comportait pas de fenêtre vers l’extérieur et que, au moment de leurs deux appels désespérés au 9-1-1, le brasier était rendu à la porte de leur chambre.

D’une survivante de l’incendie, on sait également qu’aucun avertisseur de fumée n’a résonné cette nuit-là pour prévenir les personnes endormies du danger. C’est le bruit du crépitement des flammes et la fumée qui ont incité son conjoint à briser la vitre par laquelle ils sont sortis de leur appartement loué au sous-sol.

De plus, on sait du collègue avocat qui représente le propriétaire, qu’au cours de la dernière inspection municipale du bâtiment, la ville n’a pas demandé l’installation de gicleurs.

Installer des gicleurs coute cher. Voilà pourquoi la ville ne les exige pas systématiquement. Toutefois, lorsqu’il s’agit d’un édifice patrimonial adossé à d’autres édifices tout aussi importants, il est étonnant que la ville ne les juge pas nécessaires.

De plus dans l’arrondissement que j’habite, les pompiers visitent systématiquement les unités d’habitation pour vérifier la présence de détecteurs de fumée.

Il y a quelques mois, lors de leur plus récente visite, ils ont vérifié le mien et m’en ont offert gratuitement un neuf, malgré le fait que celui que j’avais (également donné par eux trois ans plus tôt) était censé être bon pour sept autres années.

De toute évidence, un tel service n’est pas offert dans l’arrondissement Ville-Marie.

Trop de responsabilités pour une seule personne

Il faut savoir qu’à Montréal, la mairesse de la ville est également mairesse de l’arrondissement Ville-Marie. Or son territoire comprend le centre-ville et le Vieux-Montréal.

Gérer à la fois la métropole du Canada et l’immense arrondissement Ville-Marie est trop pour elle. Comme il le serait pour n’importe qui.

Si bien qu’indépendamment de l’opinion qu’on pourrait avoir d’elle en tant que mairesse, il est clair que son bilan en tant que mairesse d’arrondissement est exécrable. À la fois au sujet de la sécurité des piétons que celle des locataires de l’arrondissement Ville-Marie.

En réalité, le Centre-Ville devait disposer de son propre maire d’arrondissement. Tout comme le Vieux-Montréal.

Dans le cas de cet incendie, Mme Plante a clairement manqué à son devoir. Tout comme c’est le cas au sujet de la petite Mariia Legenkovska, tuée récemment par un chauffard en se rendant à l’école.

Références :
Au moins une personne manque à l’appel après un grave incendie dans le Vieux-Montréal
Et Québec dit : emmenez-en des Airbnb !
Incendie dans le Vieux-Montréal : « Je visite mes immeubles tous les jours », jure le propriétaire
Incendie dans le Vieux-Montréal : sept personnes portées disparues
Incendie dans le Vieux-Montréal : un locataire dénonce le manque d’issues de secours
«Tout autour éclatait et tombait»: un résident sauvé in extremis raconte l’incendie du Vieux-Montréal
Un dix-huitième piéton mort à Montréal en 2022

Parus depuis :
Des murs coupe-feu retirés pour gagner plus sur Airbnb (2023-03-22)
Des chambres sans fenêtre approuvées par la Ville (2023-03-24)
Incendie dans le Vieux-Montréal: une chambre à louer sur Airbnb comme celle de Charlie Lacroix (2023-03-24)
L’intersection où est morte la petite Mariia toujours aussi dangereuse (2023-05-06)
Moratoire d’inspection des pompiers: Valérie Plante appelle le contrôleur général à la rescousse (2023-05-16)
Recul du nombre d’inspections de bâtiments par les pompiers dans Ville-Marie (2023-07-10)
Pas de maire directement élu dans Ville-Marie (2024-04-19)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le sondage woke de la ville au sujet de la sécurité piétonnière

10 février 2023


L’administration Plante procède actuellement à un sondage visant à savoir à quel point les piétons sentent qu’il est facile, confortable et sécuritaire de traverser les rues de Montréal.

Les premières questions servent à recueillir l’identité du répondant (prénom, nom et courriel). Il s’agit donc d’un sondage nominatif (et non anonyme).

Pourtant, à la 36e question, ce répondant — dont on connait l’identité — est invité à révéler à la ville son orientation sexuelle. De plus, on lui demande sa ‘race’ et son origine ethnique (Note : on pourra cliquer sur l’image ci-contre pour l’agrandir).

De tout le sondage, c’est la seule question qui permet de cocher plusieurs réponses.

Même s’il est possible de cocher ‘Je refuse de répondre’, on se demande pourquoi la ville tente de connaitre les préférences sexuelles du répondant (LGBTQ2+), sa ‘race’ (Autochtone, minorité ‘visible’), et son statut ethnique.

À la limite, on pourrait justifier la demande de préciser s’il est né hors du pays si les feux de circulation possédaient un aspect qui variait d’un pays à l’autre. Ce qui n’est pas le cas; qu’il s’agisse des feux de circulation pour automobilistes, pour piétons ou pour cyclistes, c’est tout fait en Chine. Donc c’est pareil.

Alors revenons à la question 36.

Peu importe l’orientation sexuelle, la coloration de la peau ou l’origine ethnique, les piétons sont sujets aux mêmes risques, liés à quatre causes :
• l’excès de voitures dans nos rues,
• les angles morts des camions et des véhicules utilitaires,
• l’excès de vitesse, et
• le temps trop court réservé à la traversée des piétons.

Dans l’immense majorité des cas — en fait, à l’exclusion des attentats terroristes et de la rage au volant — aucun automobiliste ne le fait exprès pour tuer un piéton. Du coup, personne ne cible des piétons en raison de leur langue ou de la couleur de leur peau. Encore moins en fonction de leur orientation sexuelle.

Alors pourquoi poser la question ?

Cette manie de contribuer à ce que la pigmentation de la peau soit un facteur identitaire est typique du racisme américain.

Rappelons par exemple, que de 1930 à la présidence d’Obama, les personnes dites ‘de couleur’ devaient cocher la case ‘N…’ aux recensements fédéraux (ci-contre).

Le sondage de la ville est atteint par cette peste sociologique liée à l’obsession multiculturaliste de la ‘race’, de l’ethnie, ou de la tribu.

La seule case pertinente à la question 36 est celle relative aux personnes en situation de handicap puisqu’évidemment, la traversée des rues leur pose un problème particulier.


 
Au-delà de son caractère woke, ce qui frappe dans ce sondage, c’est l’importance démesurée qu’il accorde au marquage au sol; huit des 38 questions cherchent à savoir l’opinion du répondant quant au genre de lignes blanches qui balisent le mieux les traverses de piétons (photos ci-dessus).

Comme si la ville croyait protéger les piétons avec de la peinture.

De la même manière, la question No 8 porte sur les petites caméras de surveillance qui n’entrainent aucune contravention.

Le fiasco des voitures prisonnières sur l’autoroute 13 pendant des heures au cours d’une tempête de neige prouve qu’elles ne donnent rien; des préposés voient leurs images, mais personne n’agit.

Finalement, la question 32 demande aux répondants de préciser les aménagements qu’ils considèrent comme exemplaires, ici ou ailleurs, et d’expliquer pourquoi.

En d’autres mots, au lieu de demander aux répondants de choisir, à l’aide de photos, l’aménagement qu’ils jugent exemplaire, la ville pose ici une question ouverte à laquelle on ne peut répondre que si on connait déjà des exemples à travers le monde.

Bref, l’amateurisme de ce sondage est une preuve supplémentaire du peu de considération que la ville accorde à la sécurité des piétons et de son obsession woke au sujet de l’identité sexuelle, ethnique et ‘raciale’ de ses citoyens.

Références :
Autoroute 13 : un tourbillon d’appels à la SQ lors de la fameuse tempête de mars 2017
L’invention des races humaines
L’obsession américaine de la ‘race’

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à la sécurité des piétons, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les ‘urineurs’ de Soho

17 janvier 2023

Préambule

À l’Université de Montréal, la tour centrale se dresse au-dessus de la bibliothèque principale et sert à entreposer ses livres. En plus, l’université compte plusieurs bibliothèques satellites disséminées sur son campus.

Autrefois, le vandalisme était répandu dans celles de médecine et de pharmacie; beaucoup de livres devaient y être achetés de nouveau parce que certains étudiants préféraient déchirer des pages plutôt que de transcrire le texte qui les intéressait.

Au comité des bibliothèques où je siégeais à titre de représentant étudiant, on parlait de procéder à une campagne de sensibilisation auprès des étudiants, d’installer des caméras de surveillance, et de hausser le montant des amandes pour vandalisme.

J’avais plutôt proposé qu’on installe deux photocopieuses en libre-service à un prix modique (5 cents la photocopie). À l’époque, toutes les photocopieuses se trouvaient à l’extérieur des bibliothèques, parfois loin d’elles.

Malgré le bruit anticipé de ces machines, c’est cette suggestion qui fut retenue : du jour au lendemain, le vandalisme cessa.

L’odeur d’urine à Soho

Au Moyen-Âge, Londres était une ville surpeuplée et sale. C’était une agglomération à l’urbanisme anarchique où les maisons étaient couvertes de suie puisqu’on s’y chauffait au charbon. Une ville surpeuplée de miséreux le jour, et de rats la nuit.

Devenue depuis la métropole d’un empire, Londres s’est grandement améliorée.

Mais certains problèmes persistent.

Depuis plusieurs années, les habitants et les commerçants de Soho — un quartier à la mode de l’ouest de Londres — s’y plaignent de l’odeur laissée par les visiteurs qui, surtout les fins de semaine, urinent dans les ruelles ou sur les murs des bâtiments.

Récemment, le conseil municipal de Westminster (qui a autorité sur Soho) a décidé de s’attaquer à ce problème. À cette fin, on compte badigeonner le bas des murs du quartier d’une peinture antiurine.

Présentée comme une merveille de haute technologie, cette peinture possède la propriété de laisser sur les surfaces une couche hydrofuge qui fait rebondir tout liquide qui y est projeté. Et du coup, qui éclabousse les ‘urineurs’.


 
Le quartier de Soho possède une superficie de 2,6 km². Si on demande au moteur de recherche de Google de nous indiquer où s’y trouvent des toilettes publiques, on apprend qu’il n’y en a que trois (en rouge), toutes à la périphérie nord du quartier.

Évidemment, aux heures où ils sont ouverts, on peut toujours emprunter la toilette d’un commerce, d’un pub ou d’un restaurant. Mais ceux-ci ont le droit de réserver leurs lieux d’aisance à leur clientèle.

Conclusion

Tout comme les photocopieuses préviennent le vandalisme dans les bibliothèques, les toilettes publiques permettent le soulagement de besoins irrépressibles.

Il est trop tôt pour juger de l’efficacité de la peinture antiurine à Soho. Mais il serait étonnant que dans les années qui viennent, on nous rapporte une ‘épidémie’ de vessies éclatées sous la pression du trop-plein d’urine…

En d’autres mots, il faudra bien que dans ce quartier, on se soulage quelque part… ou qu’on évite de le fréquenter.

Références :
Un quartier de Londres introduit une peinture « anti-urine » qui éclabousse

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Écrit par Jean-Pierre Martel