Le Canon français et la politisation de la cochonnaille

Publié le 17 mai 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

En 2021, afin d’encourager les producteurs agricoles durement éprouvés par les mesures sanitaires, deux entrepreneurs ont organisé aux quatre coins de la France d’immenses banquets où sont consommés des produits du terroir.

Contre la promesse d’un kilo de nourriture par convive, le prix d’entrée est de 80 euros.

À l’occasion de ces évènements, on fait rôtir à la broche des porcs entiers. Et on sert de la charcuterie, des légumes et des fruits produits localement. Évidemment, le vin (français) y coule à flots.

Depuis cinq ans, ces banquets gargantuesques obtiennent un immense succès.

Toutefois, l’entreprise qui les organise a récemment été partiellement vendue au fonds d’investissement Odyssée Impact, dirigé par le milliardaire Pierre-Edouard Stérin, soutient financier du Ralliement national, un parti français de droite.

Dès lors, les mêmes banquets, avec les mêmes menus, sont soudainement critiqués pour leur manque d’inclusivité. En effet, les fidèles dont la religion interdit la consommation de porc ne peuvent y assister à moins d’enfreindre leurs interdits religieux.

Conséquemment, au nom du vivre-ensemble et/ou de la lutte contre l’extrémisme politique, des centaines de personnes tentent de faire interdire dans leur patelin la tenue de ces banquets.

Ajouter du poulet, du bœuf ou de l’agneau au menu ne changerait rien puisque pour les Juifs orthodoxes, un aliment ne peut être cachère lorsqu’il est cuit dans un récipient où du porc a été préparé.

De plus, ils ne peuvent utiliser un ustensile qui a servi à manger un mets contenant du porc. Même s’il a soigneusement été nettoyé depuis.

Quant à elle, la religion musulmane permet la consommation de bœuf ou d’agneau, mais à la condition que l’animal a été égorgé alors qu’il regardait en direction de La Mecque.

Bref les banquets du Canon français devraient utiliser une coutellerie et des instruments de cuisine séparés pour les uns et les autres, Et s’assurer qu’on dispose séparément des objets ‘impurs’.

Et même s’ils devaient faire tout cela, ces banquets seraient boycottés quand même parce que tout cela n’est qu’un prétexte.

La véritable raison est qu’on veut faire croire que les profits réalisés par ces banquets servent à financer le Ralliement national.

Il est illusoire de vouloir tarir le financement d’un parti qualifié ‘d’extrême droite’ dans un pays (comme la France) où le financement politique est de la corruption légalisée.

Amis Français, faites en sorte que seuls les citoyens de votre pays puissent verser de l’argent à un politique ou à son parti (comme au Québec) et limitez cette contribution annuelle à 100$ (le double les années électorales) et il deviendra stupide d’empêcher vos concitoyens de se réunir paisiblement afin d’encourager vos producteurs.

Pour revenir au menu des banquets du Canon français, signalons qu’on pourrait dire la même chose de celui de nos cabanes à sucre puisqu’elles proposent des tranches de jambon nappées de sirop d’érable, des filets de porc glacés à l’érable, des oreilles de crisse, des salades parfumées au bacon, de la soupe aux pois (contenant du lard) et des fèves au lard.

Et puisque les cabanes à sucre font partie de l’identité québécoise, on s’étonne que les juges d’Ottawa ne les aient pas encore interdites au nom du multiculturalisme canadian.

Références :
C’est quoi les « Banquets du Canon » qui font polémique ?
Le succès des banquets géants du Canon français ou la bataille culturelle du terroir
Menu pour une cabane à sucre à la maison

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| Politique internationale | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Guerre au Proche-Orient et racisme woke

Publié le 11 juillet 2024 | Temps de lecture : 2 minutes

On apprenait hier qu’on organise sur les médias sociaux un boycottage des restaurants montréalais qui appartiennent à des Québécois de confession juive ou de descendance juive.

L’idée de boycotter les restaurants ‘juifs’ est née aux États-Unis.

L’appartenance ethnique est la fondation sur laquelle se sont édifiées les sociétés anglo-saxonnes; sous l’appellation de ‘multiculturalisme’ se cache un tribalisme qui sape la cohésion sociale de ces sociétés.

Ce tribalisme est omniprésent. Dans ces pays, même l’antiracisme (dont le wokisme) contribue à perpétuer involontairement l’enracinement profond de l’appartenance ethnique en tant que vecteur identitaire.

Lorsqu’on dit que ces restaurants sont ciblés en raison de leurs liens avec Israël, c’est faux; ils sont visés en raison de l’appartenance ethnique de leurs propriétaires.

Le boycottage des entreprises en Israël (ou celui des produits agricoles importés des colonies juives en Palestine) peut se justifier en raison de la relation entre la puissance économique d’Israël et sa puissance militaire.

Mais les restaurants ‘juifs’ de Montréal et leurs propriétaires ne paient pas d’impôt à l’État d’Israël. On peut présumer qu’il leur arrive de cotiser à des causes israéliennes, mais cela n’est qu’une présomption.

Ce boycottage est contraire à la Charte québécoise des droits et libertés. Son article 10 interdit toute discrimination fondée sur la religion et l’origine ethnique ou nationale.

Or, on a affaire ici à une discrimination ethnique qui se présente hypocritement sous le couvert de l’anticolonialisme et de l’appui à la cause palestinienne.

Que ce boycottage soit dirigé contre des entrepreneurs québécois de descendance juive, arabe, russe, chinoise ou autres, cela constitue une menace à la paix sociale québécoise. Une menace qui doit être condamnée dans les termes les plus sévères.

Références :
Boycottage de restaurants : Parce que « nous sommes juifs »
Europeans are experiencing a ‘wave of antisemitism’, survey finds
La convergence culturelle : communion et symbiose
Le multiculturalisme ou le tribalisme des sociétés anglo-saxonnes
McGill : protestataires vs donateurs

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Écrit par Jean-Pierre Martel