C’est le temps des semis de tomate

10 février 2024
Tomates ‘Minuit de Montréal’

La tradition veut qu’on procède aux semis de tomate à la Saint-Joseph. Pour ceux qui ne possèderaient pas de calendrier liturgique, précisons qu’on célébrait la Saint-Joseph le 9 mars.

Mais avec les changements climatiques — particulièrement cette année, alors que l’influence planétaire d’El Niño se fait sentir — il faut planter ses semis beaucoup plus tôt. J’ai planté les miens ce matin.

Si vous possédez une surface totalement exposée au soleil — une cour arrière ensoleillée ou un balcon qui donne vers le sud — sachez que le jardinage des fruits et des légumes est un délicieux passetemps.

Mais où trouver des semences ?

Au Québec, la semencière artisanale Terre Promise vend des semences dont le taux de germination est de 100 %. De plus, ses graines ne propageront pas de maladies à l’ensemble de votre potager.

On y offre des variétés de tomates rares, presque introuvables ailleurs.

Je déconseille l’achat des sachets de semences vendus à l’épicerie parce que leur taux de germination est incertain.

Depuis des années, les tomates mures offertes en épicerie demeurent belles plusieurs semaines après avoir été cueillies à des milliers de kilomètres, tolèrent le transport prolongé sous atmosphère contrôlée, et résistent très bien aux chocs quand les consommateurs les font tomber par terre. Mais leur gout est aussi insipide que celui du tofu.

Que voulez-vous, on ne peut pas tout avoir…

Alors comment connaitre d’avance le gout des tomates que vous allez planter ?

C’est facile. Allez à l’épicerie et achetez une tomate de chacune des variétés qui y sont offertes. Dans le cas des tomates-cerises, elles sont vendues assorties en petits casseaux. Ce qui est commode.

De retour à la maison, goutez-y. Dans le cas des tomates que vous trouverez savoureuses, recueillez quelques graines, faites-les sécher sur une soucoupe ou sur un morceau de papier ciré. Un ou deux jours plus tard, plantez-les; à la récolte, les tomates-filles auront exactement le même gout que celui que vous avez aimé chez les tomates-mères.

Procurez-vous de petits pots dont le diamètre est d’environ cinq centimètres. Dans le sol humide de chaque pot, plantez une seule graine et arrosez le tout quotidiennement. Évitez que de l’eau s’accumule dans la soucoupe du pot.

Les plants de tomate auront besoin d’un tuteur. D’ici à ce que vos plants sortent de terre, recueillez des petites branches d’arbres tombées au sol et retirez leur écorce. Au moment opportun, plantez une brindille tout près du plant et reliez-les lâchement à l’aide d’un bout de corde ou autrement.

Éventuellement, au fur et à mesure de leur croissance, vous aurez à transplanter vos plants dans des pots plus grands.

Sortez-les à l’extérieur quand il n’y aura plus aucun risque de gel nocturne, soit au début de mai. Vous pouvez les sortir dès avril si vous prenez soin de rentrer vos pots à l’intérieur si un gel est annoncé.

Pour tout savoir à ce sujet, je recommande l’achat de la bible du cultivateur de tomates, soit La Tomate, de la terre à la table de Lili Michaud, aux éditions MultiMondes.

Détails techniques de la photo : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/160 sec. — F/11,0 — ISO 200 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La couleur saisonnière des yeux de caribou

22 décembre 2023


 
Le caribou

Ce qu’on appelle ‘caribou’ au Québec s’appelle renne d’Amérique en Europe. On lui donne ce nom pour le distinguer du renne d’Europe. En réalité, les deux appartiennent à la même espèce animale (Rangifer tarandus).

Le caribou est la seule espèce de cervidé dont les bois sont portés par les deux sexes, alors qu’ils sont réservés aux mâles chez les cerfs, les chevreuils, les orignaux, etc.

Autre distinction : parmi les ruminants, le caribou est le seul dont la diète est composée principalement de lichens.

Son lichen préféré est le Cladonia rangiferina (ci-contre), surnommé le ‘lichen des caribous’ (ou ‘lichen des rennes’). Celui-ci forme de grands tapis blanchâtres qui sont faciles à distinguer l’été.

Mais l’hiver, comment les caribous font-ils pour distinguer ce lichen blanc ?

Le tapis clair

Sur les photos de famille prises au flash, il arrive fréquemment que des personnes aient les yeux rouges. Ce phénomène est causé par la réflexion de la lumière vive sur le tissu richement vascularisé qui est situé derrière la rétine transparente.

Contrairement à l’humain, un grand nombre de mammifères ont plutôt, immédiatement derrière leur rétine, une couche de tissus extrêmement réfléchissante qui tapisse le fond de l’œil et qu’on appelle le ‘tapis clair’ (Tapidum lucidum).

Il donne ces yeux brillants à la faune éclairée la nuit par des phares d’auto.

En réfléchissant vers l’avant la lumière reçue, cette dernière effectue une deuxième traversée de la rétine. Ce qui double ses chances de stimuler les photorécepteurs rétiniens. En somme, c’est comme recevoir deux fois plus de lumière.

Chez les mammifères diurnes, la cornée et le cristallin bloquent une bonne partie de l’ultraviolet afin de protéger la vue. Chez le caribou, au contraire, ils la laissent passer à 60 %.

Mais n’y a-t-il pas un danger à cela ?


 
De loin, tous les caribous ont les yeux noirs. Mais lorsqu’on les observe de près, ils ont des reflets dorés l’été et bleu vif l’hiver.

Le caribou est en effet le seul mammifère dont le tapis clair change de couleur selon la saison.

La nuit polaire

Dans les régions les plus septentrionales du globe, de septembre à avril, le soleil descend peu à peu sous la ligne d’horizon. Ce qui donne naissance à la nuit polaire.


 
Éclairée de biais par le soleil, l’atmosphère arctique irradie vers le sol principalement de la lumière bleue, de même que l’ultraviolet (représenté en noir dans le graphique ci-dessus).

Puisque cette pénombre s’installe progressivement, nos yeux à nous s’habituent lentement à cet éclairage bleuté. Tout comme le caribou.

Mais alors que la neige réfléchit la totalité de la lumière reçue, le lichen des caribous absorbe totalement l’ultraviolet. On présume que c’est également le cas de la lumière bleue.

Si cela est exact, cela entraine que la seule lumière réfléchie par les lichens des caribous, ce sont les faibles rayons lumineux qui correspondent aux couleurs de la partie du spectre solaire représenté à droite dans le graphique ci-dessus.

En d’autres mots, aux yeux de cet animal, le lichen des caribous est de couleur orange brulé sur fond de neige pâle. Donc facile à distinguer… pour un caribou affamé.

Conclusion

Dans l’évolution des espèces, le caribou a développé des aptitudes uniques afin de s’adapter à un climat extrême.

La plus importante de ses aptitudes est celle qui lui permet de voir le lichen des caribous pâle sur un sol généralement foncé l’été, et l’inverse (foncé sur fond pâle) l’hiver.

Puisque ce n’est pas tous les lichens qui possèdent la propriété d’absorber l’ultraviolet (et la lumière bleue), une question demeure : est-ce que le lichen des caribous est leur préféré parce qu’ils en aiment de gout, ou le mangent-ils plus que les autres parce c’est celui-là qu’ils trouvent le plus facilement tout au cours de l’année ?

Références :
Cladonia rangiferina
Reindeer and the quest for Scottish enlichenment
Reindeer eyes seasonally adapt to ozone-blue Arctic twilight by tuning a photonic tapetum lucidum
Tapetum lucidum

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Un Geai bleu écologiste

14 novembre 2023



 
Le Geai bleu est un oiseau huppé légèrement plus long qu’un Merle d’Amérique (qu’on surnomme Rouge-gorge au Québec). Sur ses parties supérieures, son plumage est principalement bleu alors qu’il a le ventre et la gorge gris pâle.

Au Canada, son aire de distribution couvre le centre de l’Alberta et de la Saskatchewan, le sud du Manitoba, de l’Ontario et du Québec, de même que la totalité des provinces maritimes.

Il se rencontre dans les boisés, particulièrement là où se trouvent des hêtres et des chênes. Il s’agit d’un omnivore, se nourrissant de fruits, d’insectes et de graines. Il aime aussi les œufs, de même que les poussins d’autres oiseaux.

J’ignore si cet oiseau est abondant sur l’ile de Montréal, mais je ne me rappelle pas d’en avoir déjà vu un.

À la mi-octobre, brièvement au cours de trois jours consécutifs, l’un d’eux s’est perché sur le bord du pot de mon citronnier, transportant dans son bec un objet verdâtre et rond ressemblant à une olive.

Après l’avoir déposé, l’oiseau a remué le sol à grands coups de bec — comme s’il se prenait pour un pic-bois — a enterré son colis puis s’est envolé.

De quoi s’agissait-il ? Plutôt que de le déterrer, j’ai laissé faire.
 

 
Tout récemment émergeait du pot une petite tige au bout de laquelle quatre feuilles se sont déployées : l’oiseau avait enterré un gland.

Si les samares (ou graines) des arbres peuvent être transportées par le vent sur de grandes distances et ainsi se retrouver dans mon pot, les glands sont tellement lourds que l’apparition ici d’une pousse de chêne ne peut s’expliquer que par l’intervention de cet oiseau.

Qu’est-ce qui incite un Geai bleu à enterrer des glands ? Serait-ce pour travailler à l’expansion de son habitat naturel ? Si oui, il faudrait peut-être revoir l’expression ‘cervelle d’oiseau’…

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 150 mm
2e  photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 150 mm
3e  photo : 1/100 sec. — F/11,0 — ISO 6400 — 150 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Vues estivales du Jardin botanique de Montréal

28 octobre 2023




En fouillant dans ma photothèque, il m’arrive de trouver des photos qui auraient mérité d’être publiées mais que j’ai oubliées. Ou qui, au départ, n’avaient pas attiré mon attention.

Je vous en présente quatre, prises en 2022.

Puisque le verre qui recouvre les serres du Jardin botanique n’est pas parfaitement neutre, la dernière de ces photos était plus orangée que les autres. J’ai pris la liberté d’harmoniser les teintes des trois premières afin de rendre cette série plus cohérente.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectifs Lumix 14-42 mm (1re photo) et M.Zuiko 12-40mm F/2,8 (les autres photos) + filtre bleu B+W KB20 + filtre VertX1 B+W 061 + filtre bleu Calumet 80c + filtre polarisant Hoya PL-CIR.
1re photo : 1/125 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 17 mm
2e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 36 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 26 mm
4e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à l’infrarouge couleur, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les miscanthus de Chine

19 octobre 2023
Cliquez sur la photo pour l’agrandir

Grâce à leurs inflorescences plumeuses qui semblent jaillir au sommet de leurs tiges, les miscanthus de Chine enjolivent les jardins à l’automne.

Si certains miscanthus sont des plantes envahissantes, ce n’est pas le cas des miscanthus de Chine sous nos climats; celles-ci n’ont pas suffisamment de temps pour faire murir leurs graines quand nos hivers arrivent.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 — 1/200 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 32 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Un peu de la faune du Jardin botanique

9 septembre 2023
Canard noir
Belle-Dame
Écureuil gris
Tortue peinte mâle (Chrymesis picta)
L’observateur

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 (et multiplicateur de focale MC-14 à la 4e photo)
1re photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 75 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 500 — 150 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 320 — 210 mm
4e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
5e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Un peu de la flore du Jardin botanique

6 septembre 2023
Joubarbe des sables ‘Allionii’
Alstromère ou lis du Pérou
Euphorbe
Lis splendide
Alocasia
Buddleja

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/500 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 55 mm
2e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
3e  photo : 1/800 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 40 mm
4e  photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 500 — 150 mm
5e  photo : 1/160 sec. — F/5,0 — ISO 500 — 75 mm
6e  photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 500 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les Cannas

4 septembre 2023


Cliquer sur une image pour l’agrandir

Les cannas sont des vivaces dont la racine horizontale (appelée rhizome) donne naissance à des racines secondaires et à d’autres tiges aériennes (en d’autres mots, à d’autres cannas).

Selon la variété, la hauteur des plantes varie de 0,45 à 5 mètres.

Sans compter le millier de cultivars, il en existe environ 25 variétés sauvages, toutes originaires d’Amérique latine. Les pétales de ces dernières sont étroits et monochromes alors que les pétales des cultivars sont beaucoup plus larges, souvent mouchetés d’une autre couleur.

Ressemblant parfois à ces mouchoirs de soie qui jaillissent mollement de la poche d’un chemisier, leurs fleurs asymétriques arborent des teintes de jaune, de crème, d’orange, de rouge, de rose, d’abricot ou de violet.

Au jardin, les canas aiment le soleil, de même que des sols humides, bien riches en engrais.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/5000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
2e  photo : 1/5000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
3e  photo : 1/3250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


D’autres plantes, le mois dernier

2 septembre 2023
Lis splendide
Hémérocalle ‘White Eyes Pink Dragon’
Artichaut ‘Vert Globe’
Immortelle à bractée
Raisins à vin ‘Prairie Star’

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
2e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
3e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
4e  photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 110 mm
5e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 150 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Fleurs d’aout 2023

25 août 2023
Hibiscus ‘Sweet Caroline’
Physostégie de Virginie ‘Eyeful Tower’
Hémérocalle ‘Heather Rose’
Immortelle à bractées

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
2e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 106 mm
3e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 125 mm
4e  photo : 1/280 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 115 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel