Par un jour ensoleillé d’hiver

Publié le 20 décembre 2021 | Temps de lecture : 1 minute








 
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Ce matin au Jardin botanique

Publié le 19 décembre 2021 | Temps de lecture : 1 minute




’Un Jardin à soi’ de Michel Goulet (2010)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Davantage de poussière cancérigène sur Québec, grâce à la CAQ

Publié le 18 décembre 2021 | Temps de lecture : 4 minutes
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Introduction

Après le chrome, le nickel est le plus dur des métaux. Cette dureté, de même que sa résistance à la corrosion, en ont fait un métal de choix pour la fabrication de la monnaie.

De 1922 à 1942, la pièce canadienne de 5 cents était composée à 99 % de nickel. Depuis 2000, elle est en acier (à 94,5 %), seulement plaquée nickel.

La toxicité du nickel

Le nickel est le plus allergisant des métaux; une personne sur huit y est allergique.

Au sujet de ce métal, Wikipédia écrit :

Certains composés de nickel sont des corps dangereux ou très toxiques, par exemple le nickel tétracarbonyle, cancérigène reconnu, présent dans les vapeurs ou fumées.

Même la poussière de nickel ou les diverses poudres de nickel finement divisés, utilisé en catalyse, sont également reconnues cancérigènes, ils provoquent d’abord par contact et à faibles doses chroniques des dermites et des allergies cutanées.

L’inaction libérale

En provenance des gisements du Nord-du-Québec et du Labrador, le minerai brut de nickel transite par le port de Québec avant d’être acheminé à l’Étranger pour y être raffiné. Ce qui crée très peu d’emplois ici.

Pendant des années, le transbordement de minerais au port de Québec soulevait d’importantes quantités de poussières qui se déposaient sur les quartiers populaires de la Basse-Ville.

Puisque tous les ports du Québec sont de compétence constitutionnelle fédérale, les autorités portuaires ignorèrent les plaintes des citoyens et ne prirent aucune mesure destinée à réduire cette pollution. Et, en bon pouvoir colonial, Ottawa refusait d’intervenir.

Les dirigeants du port eurent même l’audace d’interdire l’accès au port aux enquêteurs de la santé publique du Québec.

Toutefois, l’analyse de la poussière — déposée, entre autres, sur les voitures stationnées près du port — avait révélé une teneur élevée en nickel.

Dépourvu de colonne vertébrale face à Ottawa, le gouvernement libéral du Québec préférait fermer les yeux.

La réaction péquiste

En 2013, le gouvernement de Pauline Marois décidait d’agir et de protéger la population à ce sujet.

Son ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet — l’actuel chef du Bloc Québécois au parlement canadien — adoptait une norme maximale de 14 nanogrammes de nickel par mètre cube d’air.

De la même manière que toutes les entreprises de compétence constitutionnelle fédérale doivent respecter les règlements municipaux et les lois du Québec, le règlement péquiste assurait la prépondérance de la santé des citoyens sur l’appât du gain des autorités portuaires nommées par Ottawa.

À l’époque, le ministre Blanchet se vantait d’avoir adopté une des normes les plus sécuritaires au monde.

Mais les temps changent.

L’assouplissement caquiste

Le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) annonçait hier son intention de hausser de cinq fois la teneur maximale permise de nickel dans l’air. La norme québécoise passerait donc de 14 à 70 nanogrammes par mètre cube.

La raison invoquée par le ministre de l’Environnement est le désir d’harmoniser les normes québécoises à celles en vigueur en Ontario et en Europe, notamment dans les anciennes républiques soviétiques (dont la Russie, deuxième producteur mondial).

En réalité, il s’agit d’un moyen d’augmenter la profitabilité de l’industrie minière aux dépens de la santé des gens de Québec.

Malheureusement, on ne voit pas très bien comment cela devrait générer plus de revenus fiscaux pour le gouvernement québécois puisque l’industrie minière prélève des milliards de dollars de ressources naturelles, mais délocalise presque tous ses profits dans des paradis fiscaux.

Références :
Ingéniosité et résistance – la pièce de 5 cents
Nickel
Norme sur le nickel : le gouvernement « va trouver les citoyens sur son chemin »
Québec durcit le règlement sur la présence de nickel dans l’air

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La vaccination au stade Olympique : à éviter

Publié le 17 décembre 2021 | Temps de lecture : 5 minutes
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S’il vous est possible de prendre rendez-vous ailleurs, évitez la vaccination au stade Olympique de Montréal.

Partout au Québec, le protocole élaboré par les autorités sanitaires prévoit l’obligation pour chaque personne de retirer le masque qu’elle porte afin d’en enfiler un neuf, fourni gratuitement.

À Cowansville, par exemple, la file d’attente se trouve à l’extérieur du centre de vaccination. Et c’est à l’extérieur, plus précisément à l’entrée, qu’un préposé offre un masque neuf à l’aide d’une pince.

Parfois, pour prendre un peu d’avance, ce préposé remonte dans la file plutôt que de rester à la porte. Dans tous les cas, le changement de masque s’effectue à l’extérieur, au grand air.

Ce n’est pas le cas au stade Olympique.

Après avoir fait la file dans un large couloir intérieur relié au métro, on franchit une porte. Et c’est là, dans un passage de quelques mètres de large — toujours à l’intérieur — que les gens sont obligés de retirer leur masque pour en mettre un neuf.

Pendant quelques secondes, à visage découvert, chaque personne respire quelques-unes des gouttelettes respiratoires laissées par les centaines ou les milliers de personnes qui l’ont précédé à cet endroit précis, dont quelque-uns sont nécessairement des porteurs asymptomatiques du virus.

Actuellement, le taux de positivité au Covid-19 est d’environ 5 % pour la région de Montréal. De plus, la proportion des contagions causées par le variant Omicron est d’une personne sur cinq.

Donc, sur cent Montréalais, quatre sont actuellement atteints par le variant Delta et un est atteint par l’Omicron. Et parmi ces gens, une proportion inconnue est constituée de porteurs asymptomatiques.

Le 6 avril 2021, je devais recevoir ma première dose de vaccin au stade Olympique. Mais j’ai rebroussé chemin parce qu’on m’obligeait de retirer mon masque N95 pour mettre un simple masque de procédure. J’ai plutôt choisi de me faire vacciner en pharmacie.

Les pharmaciens n’obligent le changement de masque qu’aux gens qui se présentent avec des masques non sécuritaires. C’est ainsi que je n’ai pas eu à retirer le mien.

Ce matin, j’avais de nouveau pris rendez-vous au stade Olympique afin de recevoir ma troisième dose. J’espérais que les choses s’étaient améliorées.

Cette fois, mon masque était un N99. En somme, la crème de la crème.

Mais j’ai de nouveau rebroussé chemin après qu’on ait exigé que je le retire afin de me conformer ‘au protocole’.

Lorsque les autorités sanitaires révisent leurs procédures, jamais on ne demande l’avis des préposés afin de découvrir les problèmes qu’ils ont rencontrés dans l’accomplissement de leurs tâches.

Seuls les cadres sont consultés. L’opinion d’un ‘vulgaire’ préposé n’intéresse personne.

Ceci étant dit, si un préposé a pris l’initiative de rapporter un problème, on en tiendra compte si le cadre a fait remonter l’information jusqu’au sommet de la pyramide décisionnelle. Sinon, on n’en entend jamais parler.

Voilà pourquoi j’en parle publiquement. Parce que huit mois après le 6 avril, rien n’a changé.

Faire changer de masque à tout le monde est un risque inutile. Comme les millions de risques inutiles auxquels la Santé publique a soumis la population en déconseillant le port du masque pendant des mois.

En réalité, seules les personnes qui se présentent avec des masques non sécuritaires (les masques à valve, ceux abimés, ceux tricotés en Phentex™, etc.) devaient être obligées de changer de masque.

Et même dans ces cas, jamais dans un espace clos.

Au stade Olympique, la Santé publique devrait embaucher deux préposés de plus dont la tâche serait de déceler, dans la file d’attente, les porteurs de masques inadéquats.

Lorsqu’un changement serait nécessaire, un préposé devrait retenir la place de la personne concernée dans la file d’attente, tandis que l’autre l’accompagne à l’extérieur pour le changement de masque.

Voilà comment on fait les choses correctement.

Compte tenu de la contagiosité fulgurante des plus récents variants du Covid-19, cette faille dans le protocole sanitaire devrait être corrigé dans les plus brefs délais.

D’ici là, évitez si possible la vaccination au stade Olympique.

Références :
État de la situation – ile de Montréal
La première vaccinée du Canada a contracté la COVID-19
Le N95 protège mieux que le masque médical, selon une experte des aérosols

Paru depuis :
Le CSSDM autorise le port du masque N95 à la demande du ministère (2022-01-18)

Postscriptum du 21 décembre 2021 : Dans les deux pharmacies Pharmaprix où j’ai reçu mes trois doses de vaccin, on n’oblige les gens à changer de masque que s’il est sale ou inadéquat. Je présume que dans toutes les pharmacies du Québec, on fait preuve d’autant de jugement.

Ceci étant dit, comme à Cowansville, on peut aller dans un des centres de vaccination mis sur pied par la Santé publique. Mais absolument pas dans ceux où on oblige tout le monde à retirer son masque ailleurs qu’au grand air.

Donc n’hésitez pas à rebrousser chemin et à prendre rendez-vous dans une pharmacie s’il s’avère que la Santé publique vous oblige à changer de masque dans un endroit clos, comme c’est le cas au stade Olympique.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


En présentiel ou en personne ?

Publié le 15 décembre 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

Selon le dictionnaire Larousse, présentiel se dit d’un enseignement ou d’un apprentissage qui s’effectue sur place. Sinon, ce serait du téléenseignement ou une formation à distance.

L’avantage du mot ‘présentiel’ est qu’il possède son adjectif (ex.: une formation présentielle, un atelier présentiel) alors qu’une formation personnelle n’a pas le même sens.

Pour l’instant, la plupart des dictionnaires restreignent l’utilisation de présentiel à l’enseignement et à un stage. Mais l’usage du mot tend à se généraliser.

C’est ainsi qu’on parle d’assister à un spectacle ‘en présentiel’ alors qu’il serait plus simple de dire ‘en personne’.

Effectivement, ‘en personne’ se dit de toute activité (sans exception) à laquelle on participe sur place, dans les lieux physiques où elle se déroule.

On distinguera l’artiste sur scène (et non ‘en présentiel’) de celui qui apparait en direct par vidéoconférence.

De la même manière, une allocution sera télévisée en direct ou en différé.

Doit-on écrire ‘présentiel’ ou ‘présenciel’ ?

Voyons les règles grammaticales.

Une soixantaine d’adjectifs se terminent par le son ‘-siel’.

Si on exclut les mots ou les adjectifs qui proviennent du monde informatique, les adjectifs en ‘-siel’ se divisent en deux groupes : ceux qui se terminent par ‘-ciel’ et les autres qui se prononcent pareil mais qui s’écrivent ‘-tiel’.

Une première règle exige que les mots se terminant par ‘-cie’ (ex.: superficie) ou par ‘-ice’ (ex.: artifice, cicatrice’, office), donneront des adjectifs en ‘-ciel’. Exemples : superficiel, artificiel, cicatriciel et officiel. Tous avec des ‘c’.

La deuxième règle veut que si un mot se termine par les lettres ‘-tie’ (ex.: partie), par ‘-ant’/‘-ent’ (ex.: confident, dément, résident) ou par ‘-ance’/‘-ence’ (ex.: essence, référence, substance), l’adjectif se terminera généralement (mais pas toujours) par ‘-tiel’. Exemples : partiel, confidentiel, démentiel, résidentiel, essentiel, référentiel, substantiel.

Dans plusieurs cas, cette règle s’explique par l’origine du mot. Par exemple, le mot ‘confidence’ vient du latin confidentia. Tout comme ‘confident’ vient de l’italien confidente. Il était donc normal que l’adjectif ‘confidentiel’ s’écrive avec un ‘t’.

À cette deuxième règle, il n’y a que trois exceptions ; circonstanciel, révérenciel et tendanciel.

Voilà pourquoi on devrait écrire ‘présentiel’ avec un ‘t’.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Un conte de Noël ministériel pour 2021

Publié le 14 décembre 2021 | Temps de lecture : 7 minutes

La semaine avait mal commencé.

Mon café tout juste infusé, j’entamais la lecture des grands titres des journaux sur mon iPad quand je reçois le texto suivant sur mon téléphone : ‘Qu’est-ce tu fais ? Tu ne lis pas tes courriels ?

Un coup d’œil rapide à ma messagerie et je découvre, horrifié : ‘Réunion URGENTE de la cellule de crise au bunker à 7h45 lundi matin.

Le café d’une main et la mallette de cuir noir de l’autre, j’arrive d’un pas rapide au bunker.

En ouvrant la porte, tous les regards se tournent vers moi. Cette grande table allongée aux micros dressés que j’ai déjà vue cent fois m’apparait ce matin comme un monstrueux millepattes renversé sur le dos.

Je salue tout le monde en hochant discrètement de la tête.

— « On n’est pas au PQ, monsieur Martel; les réunions commencent à l’heure, ici à la CAQ » me fait remarquer le premier ministre.

— « Oui, je suis désolé. C’est juste que… euh… que je m’excuse » répondis-je en m’assoyant, piteusement.

— « Poursuivez » dit à voix basse le premier ministre au Dr Arruda.

— « Alors comme je disais, on m’informe que les règles sanitaires du Québec sont contournées. On a déjà des directives au sujet des restaurants, des salles d’exercice, des salles de spectacle, etc. Mais on n’avait pas pensé aux étables.»

— « Aux étables…» répète un des participants.

— « Oui aux étables. On a appris que durant le temps des Fêtes, il y a des gens qui se réuniront clandestinement dans des étables.»

— « J’imagine que ces réunions, ce sont des espèces de raves…» demande la ministre de la Culture.

— « On ne sait pas. Tout ce qu’on sait, c’est qu’une famille qui n’est pas connue des policiers planifie une réunion internationale dans une étable déjà sous surveillance électronique.»

— « On attend combien de personnes à cette rencontre internationale ? » demande le ministre du Tourisme, de la chasse et de la pêche.

— « Cette famille accueillera au moins trois personnes venues d’Arabie. Les policiers sont convaincus que ce sont évidemment des terroristes, à en juger par là d’où ils viennent.»

— « Doux Jésus ! Des terroristes ! » s’exclame la ministre des Ainés.

— « Selon nos informations, les explosifs pourraient être cachés dans des cargaisons d’or, d’encens, et de myrrhe transportées par des chameaux.»

— « Des chameaux au Québec ! On aura tout vu.» fait remarquer, toujours aussi perspicace, le ministre de l’Agriculture.

— « Excusez-moi de nous interrompre. Vous avez bien dit que ces trois visiteurs étrangers arriveront d’Arabie ? » demande le ministre de l’Économie.

— « Oui, c’est exact » répond lentement le Dr Arruda.

— « Alors je pense qu’on devrait être très prudent. Je suis en discussion avec le Fonds souverain d’Arabie saoudite en vue de la construction d’une usine de transformation du mazout saoudien en engrais biologique. Tout cela fera partie de notre plan qui vise à ce que l’économie du Québec soit complètement verte d’ici le 300e anniversaire de la fondation de la CAQ, en 2311.»

— « Pour tout de suite…» intervient le Dr Arruda « …l’important à retenir est que cette rencontre pourrait se transformer en évènement superpropagateur du variant Omicron.»

En entendant ‘variant Omicron’, tous les participants se lèvent et se ruent vers les sorties. Mais les portes sont verrouillées.

— « C’est moi qui ai la clé » dit d’un air taquin le premier ministre en la montrant du bout des doigts.

Alors que les ministres reprennent leur place, Simon Jolin-Barette demande : « Mais le fédéral, ne peut-il pas arrêter ces gens-là aux frontières ? » provoquant aussitôt le rire de tous ses collègues.

— « Cré farceur » dit tendrement M. Legault à voix basse. Puis, haussant le ton : « Poursuivez Horacio.»

— « Dans cette étable, ni le père ni la mère ne portent de masque. On ne connait pas leur statut vaccinal. L’endroit n’est même pas équipé d’un détecteur de CO₂.»

— « Franchement, c’est scandaleux ! » s’exclame le ministre de l’Éducation.

— « Le plus jeune des suspects est un nouveau-né qui, dans cette étable non chauffée, dépendra de l’haleine chaude d’un bœuf pour maintenir sa température corporelle.»

— « Encore un cas de maltraitance parentale ! Ça ne finira donc jamais ? » demande, indigné, le ministre Lacombe. « Est-ce qu’on peut entendre ce qu’en pense le ministre de la Famille ? »

— « C’est que… c’est toi le ministre de la Famille » dit M. Legault.

— « Ah oui ? Mais depuis quand ? Pourquoi suis-je toujours le dernier à être informé ? »

— « Si je peux me permettre de poursuivre…» intervient le Dr Arruda, «…je dois préciser qu’entre le boeuf et le nouveau-né, on ne respecte pas la distance sanitaire. Malheureusement, on ignore tout de la transmission possible du Covid-19 entre les bovidés et nous. Imaginez si le bœuf tousse dans la main du bébé, que l’enfant ne se lave pas les mains, et qu’il se gratte le postérieur…»

— « Puisqu’un des problèmes c’est que l’étable est chauffée à l’haleine de bœuf, pourquoi ne pas accorder une subvention gouvernementale pour qu’on y installe un four à bois ? » demande le ministre du Développement régional.

— « C’est délicat…» intervient son collègue des Relations internationales. « Qui dit chauffage au bois, dit bois à débiter. Et qui dit bois à débiter, dit tronçonneuse. Or qui sait ce que peuvent faire des envoyés d’Arabie saoudite avec une tronçonneuse…»

— « Oui, mais on fait quoi, là ? » demande une voix.

— « J’ai tout prévu » poursuit le Dr Arruda « On va envoyer de nos enquêteurs sur place. Soyez sans crainte, tout cela demeurera strictement confidentiel; la grille d’évaluation, dès que complétée, s’auto-détruira automatiquement. Jamais on n’en trouvera la moindre trace…»

— « C’est mon idée, vous savez » dit fièrement le ministre de la Santé.

— «…De plus, il sera défendu aux inspecteurs de pénétrer dans l’étable » ajoute le Dr Arruda.

— « Mais si vous faites ça, vos inspecteurs ne trouveront jamais rien ? » demande la ministre de l’Enseignement supérieur.

— « Laissez-moi vous dire que si nos enquêtes épidémiologiques étaient capables de trouver quoi que ce soit, ça se saurait. Dans ce cas-ci, il leur sera défendu d’entrer dans l’étable parce nous ignorons son taux de contamination. Or si c’est comme en zone rouge, nos inspecteurs ne sont pas équipés pour se protéger adéquatement.»

La ministre de la Sécurité publique se lève : « J’ai une meilleure idée. Je prends les hélicoptères de la Sécurité du Québec, la brigade anti-émeute de la ville de Montréal équipée de bombes assourdissantes et de projectiles à mortalité réduite, et je vous règle ça en deux minutes, mes amis.» dit-elle en se frottant les mains.

— « De calme, Mme Guilbault. Assoyez-vous.» dit le premier ministre.

Finalement, le Conseil des ministres n’arrivant pas à s’entendre, Marie et Joseph, de même que leur petit Jésus, passèrent la Noël en famille. Tel que prévu.

Les rois-mages ne se sont pas présentés; la pollution atmosphérique ayant caché l’étoile qui les guidait.

Mais dans l’étable, malgré le froid et malgré la faim, on passa un long moment de bonheur.

Car au fond, rien ne vaut le temps passé avec les gens qu’on aime…


Complément de lecture : Le derrière miraculeux de la ministre

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : la nécessité d’une enquête au sujet de Santé publique du Québec

Publié le 13 décembre 2021 | Temps de lecture : 7 minutes
Mesures sanitaires recommandées au cours de la première vague

À la lumière d’aujourd’hui, presque tout ce que dit le Dr Arruda dans ce clip vidéo est faux :
• l’utilité du masque n’est pas limitée aux personnes symptomatiques ou aux travailleurs de la Santé qui œuvrent auprès d’eux,
• tousser dans son coude et se laver les mains ne sont pas les meilleurs moyens de lutter contre la transmission du Covid-19,
• en avion, ces deux mesures sont nettement insuffisantes,
• il est faux de croire que le Covid-19 n’atteint sévèrement que les personnes en mauvaise santé,
• même s’il existe des facteurs contributifs, il est également faux de prétendre que la durée de la maladie dépend de la condition physique préalable de la personne atteinte,
• il est faux de dire que le décès par le Covid-19 est limité aux personnes prédisposées,
• mais il est vrai qu’en absence de vaccin et de traitement curatif, la majorité des personnes atteintes guériront d’elles-mêmes.

La Santé publique, limace décisionnelle

On ne connait pas la date de la publication de ce clip vidéo.

Évidemment, il est facile de critiquer des mesures sanitaires anciennes à la lumière de ce qu’on sait aujourd’hui. Mais qu’en était-il autrefois ? En somme, y a-t-il déjà eu un temps où cela semblait vrai à la lumière des études publiées jusque-là ?

La réponse est non; il n’y a jamais eu l’ombre d’une preuve scientifique qui justifiait ces affirmations sauf la dernière.

La seule différence entre ce que nous savions au tout début de la pandémie et aujourd’hui, c’est qu’autrefois on ne savait pas si c’était vrai et qu’aujourd’hui on sait que c’est faux.

Prenons l’exemple du masque.

Le 10 avril 2020, je publiais le texte ‘Covid-19 : la nécessité du port du masque’. Ce texte était appuyé par plusieurs études scientifiques probantes.

De nos jours, la Santé publique est également de cet avis. Mais à quel moment s’en est-elle rendu compte ?

En juin 2020, la Santé publique ne recommandait pas le masque à la population en général. Sauf dans les situations où il lui était impossible de respecter la distance sanitaire. En somme, deux mois plus tard, si elle connaissait l’existence de ces études, elle choisissait encore de les ignorer.

En novembre 2020, en prévision du temps des Fêtes, elle ne recommandait toujours pas le port du masque lors des rassemblements. C’est pourtant plus de sept mois après que la science eut démontré formellement l’efficacité du port du masque.

Bref, il y a un écart inacceptable entre le moment de la publication d’études scientifiques et leur prise en compte par les autorités sanitaires au Québec.

Les éclaireurs de la littérature scientifique

Dans le jargon militaire, on appelle éclaireurs, les personnes envoyées en reconnaissance pour préciser la position des troupes ennemies.

Dans le cas de la guerre sanitaire contre le Covid-19, on peut se demander si les autorités sanitaires ont constitué des groupes de lecture chargés de dépouiller la littérature scientifique et d’informer formellement les décideurs quant aux plus récentes découvertes médicales.

Normalement, chaque journée aurait dû commencer par une revue des études scientifiques publiées la veille et un résumé de leurs conclusions.

À la cellule de crise constituée pour conseiller le premier ministre, ou aux réunions où on décidait des politiques sanitaires, prévoyait-on un temps pour la présentation des plus récentes découvertes scientifiques ? De plus, a-t-on demandé aux ‘éclaireurs’ si les mesures qu’on s’apprêtait à prendre étaient de nature à s’avérer efficaces compte tenu de ce qui se faisait déjà ailleurs ?

Des enquêtes trop limitées

Le gouvernement de la CAQ a ordonné la tenue de trois enquêtes au sujet de la réponse québécoise au Covid-19; l’enquête de la Protectrice du citoyen, l’enquête du Bureau du coroner, et l’enquête de la Commissaire à la Santé.

Malheureusement, ces trois enquêtes sont limitées à l’hécatombe survenue en CHSLD (l’équivalent québécois des Ehpads français).

Le mois dernier, la protectrice du citoyen publiait son rapport. On n’y trouve rien au sujet de la prise en considération de la science par les autorités sanitaires du Québec. Ce n’était pas son mandat.

La coronaire Géhane Kamel n’a pas non plus le mandat d’enquêter sur le fonctionnement interne de la Santé publique du Québec.

Quant à la Commissaire à la santé, son rôle sera d’évaluer la performance du réseau de la santé, spécifiquement (donc limitativement) pour la gestion des soins et de l’hébergement des ainés dans le cadre du Covid-19. Bref, rien qui l’autorise à enquêter sur les lacunes des autorités sanitaires.

Bref, ces trois enquêtes ne nous apprendront rien du mystère qui entoure l’adoption des mesures sanitaires par la Santé publique du Québec.

Est-ce que les autorités sanitaires du Québec feront mieux la prochaine fois ? Sauront-elles prendre les décisions appropriées si un virus complètement différent devait nous frapper un jour ?

En définitive, est-il normal qu’on doive attendre que celle-ci nous frappe pour le découvrir ?

Conclusion

Jusqu’ici, le Covid-19 a fait deux fois plus de morts (par million d’habitants) au Québec que dans les provinces anglophones du Canada.

Ce fiasco ne s’explique pas seulement par la fragilisation de nos établissements de Santé causée par la réforme Barrette et le sous-financement chronique des CHSLD.

Il s’explique également par le combat rétrograde de la Santé publique du Québec contre le port du masque, contre les tests de dépistage rapides, et contre les purificateurs d’air de type HEPA. Bref, contre tout ce qui aurait pu nous protéger.

En prévision d’une pandémie complètement différente qui pourrait survenir un jour, il nous faut mettre en place des mécanismes qui feront en sorte que les autorités sanitaires, même aussi incompétentes que celles d’aujourd’hui, seront encadrées de manière à prendre les meilleures décisions possible.

Pour instituer cela, il nous faut comprendre les lacunes actuelles et envisager les moyens d’y remédier.

Voilà pourquoi il faut instituer une enquête sur le fonctionnement interne de la santé publique du Québec.

Rétroactivement, lorsqu’on lit les textes publiés sur ce blogue au sujet de cette pandémie, il n’est pas normal que le citoyen Jean-Pierre Martel apparaisse mieux renseigné, scientifiquement, que ceux qui sont grassement payés pour nous protéger.

Références :
Covid-19 : la nécessité du port du masque
Covid-19 : l’OMS et les mesures sanitaires non prouvées
Histoire d’un fiasco – la lutte québécoise contre le Covid-19
La COVID-19 dans les CHSLD durant la première vague de la pandémie
Résumé des mesures à prendre contre le Covid-19
Une publicité déplorable

Parus depuis :
Il faut revoir le casting pandémique (2021-12-28)
Plus de 2 millions de Québécois auraient eu la COVID-19 depuis décembre (2022-02-09)
La santé publique cherchait comment justifier le couvre-feu, 6 heures avant l’annonce (2022-03-02)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les malheurs de l’Ukraine

Publié le 11 décembre 2021 | Temps de lecture : 8 minutes

Depuis des décennies, Ukrainiens et Russes entretiennent une relation conflictuelle.

De tous les évènements qui ont jalonné l’histoire de ces deux peuples, le fiasco des politiques agraires sous Staline a marqué la rupture définitive entre eux, une rupture qui est demeurée clandestine jusqu’à l’éclatement de l’Union soviétique.

Au cours de l’Holodomor — c’est le nom d’une série de famines qui ont frappé l’Union soviétique de 1931 à 1933 — entre 2,6 et 5 millions de personnes sont mortes de faim, principalement en Ukraine.

Même si Moscou a toujours prétendu que cette famine a touché l’ensemble les régions agricoles de l’URSS (dont la principale était l’Ukraine), dans l’imaginaire collectif ukrainien, il s’agissait d’une tentative délibérée d’extermination massive dirigée contre eux.

Ce préjugé (fondé ou non) a été intensifié par les exécutions et les déportations de nationalistes ukrainiens au cours des purges staliniennes de 1937-1939.

Depuis l’indépendance de l’Ukraine en 1991, l’Ukraine et la Russie sont politiquement hostiles, mais économiquement liées.

Sans le gaz naturel russe, l’économie ukrainienne ne peut fonctionner. Mais comme le gazoduc alimentant l’Ukraine alimente également l’Europe occidentale, la Russie a préféré construire un gazoduc court-circuitant l’Ukraine afin de se donner les moyens de fermer le plus ancien si elle devait juger cela opportun.

La Russie est le principal partenaire commercial de l’Ukraine; 21 % des biens importés viennent de Russie et 12 % des exportations y sont destinées.

Le conflit ouvert entre les deux pays a fait chuter le PIB ukrainien des deux tiers depuis l’indépendance.

Pour tenter de sortir du marasme économique, l’Ukraine a tenté en vain d’adhérer à l’Union européenne. Ce qui a échoué, entre autres en raison de la corruption généralisée qui y règne.

En 2014, l’annonce par l’Ukraine de son intention (qui n’aura pas le temps de se réaliser) de retirer au russe son statut de langue officielle en Crimée (peuplée à 65,3 % de russophones) a aussitôt provoqué l’indépendance de celle-ci et son rattachement à la Russie.

En réaction à l’annexion russe de la Crimée, l’Ukraine a adopté en septembre 2020 une nouvelle stratégie de sécurité nationale qui prévoit le développement d’un partenariat en vue de l’adhésion de ce pays à l’Otan.

Pour la Russie, cela est totalement inacceptable.

En tant que pays souverain, l’Ukraine est libre d’adhérer à n’importe quelle organisation internationale. Tout comme Cuba, tout aussi souverain, était libre d’acheter des missiles russes en 1962.

Ce qui n’a pas empêché le président Kennedy d’imposer un blocus maritime à Cuba et de menacer la Russie de faire sombrer tout navire qui s’approcherait des côtes cubaines. Ce à quoi la Russie finira par renoncer.

Les États-Unis ne pouvaient pas accepter qu’on installe des missiles ennemis dans leur cour arrière. C’est pareil pour la Russie; d’autant plus que les frontières ukrainiennes sont à 458 km de Moscou alors que Cuba est à 1 860 km de Washington.

Les prédécesseurs de Vladimir Poutine n’ont rien fait pour empêcher la politique d’encerclement de la Russie à laquelle l’Otan procède depuis l’effondrement de l’Union soviétique.

Presque toutes les anciennes républiques soviétiques d’Europe sont maintenant membres de l’Otan; les pays baltes (Estonie, Lettonie, et Lituanie), de la Pologne, de la République tchèque, de la Slovaquie, de la Hongrie, de la Slovénie, de la Roumanie, de la Bulgarie et de l’Albanie.

Pendant un demi-siècle, ces pays ont vécu dans la crainte d’une invasion soviétique. Elles se sont donc empressées de se mettre sous la protection de l’Otan dès que cela fut possible.

L’Ukraine veut faire de même.

Toutefois, une Ukraine militairement inoffensive correspond à un impératif stratégique pour la Russie. Et toutes les sanctions occidentales appliquées dès le lendemain d’une invasion russe ne sont rien en comparaison avec la possibilité d’un anéantissement nucléaire de la Russie par des missiles de l’Otan une fois que celle-ci les aura déployés en Ukraine.

Si Poutine laisse l’Ukraine adhérer officiellement à l’Otan, ce sera trop tard; toute agression militaire russe contre ce pays déclencherait automatiquement une guerre mondiale. Car le principe fondamental de l’Otan, c’est tous pour un, un pour tous (à la manière des Trois mousquetaires).

Or les membres fondateurs de l’Otan (les États-Unis et l’Europe occidentale) sont eux-mêmes inquiets des automatismes prévus par le traité de l’Otan. Puisque ce sont des automatismes semblables qui ont déclenché la Première Guerre mondiale à la suite d’un fait divers; l’assassinat politique d’un hériter de la couronne autrichienne à Sarajevo.

Parlons franchement; une invasion russe en Ukraine n’a pas la même importance que l’invasion de l’Allemagne par la Russie. Mais pour le traité de l’Otan, c’est pareil.

En somme, la Russie doit agir avant l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan.

S’il est vrai que la puissance militaire russe est de 5 à 10 fois inférieure à celle des États-Unis, elle est amplement suffisante pour transformer l’Ukraine en champ de ruines.

L’administration Biden a intérêt elle-même à donner à Poutine les garanties qu’il exige. À défaut de quoi, les États-Unis risquent l’humiliation comme ce fut le cas quand l’intervention russe en Syrie a fait sortir le conflit de son enlisement, après des années de piétinement américain.

Pour les États-Unis, le pire moment pour entrer en guerre contre la Russie, c’est maintenant.

Non pas qu’il la perdrait, mais ils s’y enliseraient. Et ce, pour trois raisons majeures.

Premièrement, en nombres absolus, la force ouvrière américaine est celle qui a été la plus décimée par le Covid-19. De plus, la menace de l’apparition d’un variant exceptionnellement virulent qui échapperait à la protection des vaccins actuels fait en sorte que ce n’est pas le temps, actuellement, de faire la guerre.

Deuxièmement, pour encore quelques mois, les ports américains qui donnent sur la côte du Pacifique sont débordés. Les États-Unis éprouvent donc de sérieuses difficultés d’approvisionnement en temps de paix; imaginez en temps de guerre.

Et dernièrement, les États-Unis ont délocalisé en Chine une partie importante de leur capacité industrielle. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la Chine sera heureuse de soutenir l’effort de guerre américain (et russe) parce que plus les Américains s’épuisent à faire la guerre, plus vite elle accèdera au rang de première puissance mondiale.

Au-delà des capacités guerrières indéniables de leur pays, les Américains ont encore frais en mémoire leur défaite militaire en Afghanistan. L’idée de recommencer aujourd’hui en Ukraine devrait susciter très peu d’enthousiasme.

Tout cela, Poutine le sait; de tous les chefs d’État, c’est le plus expérimenté et le plus rusé.

Or il n’a pas besoin de déclencher une guerre avec l’Ukraine; il lui suffit de lui faire peur pour obtenir sa promesse de ne jamais adhérer à l’Otan.

Et si l’Ukraine refuse, Poutine n’a qu’à annexer les provinces russophones (et consentantes) de l’Ukraine. Une annexion que la population de ces provinces sera heureuse de valider par référendum. Comme la population de la Crimée l’a fait en 2014.

Et si l’Ukraine résiste toujours, Poutine n’a qu’à paralyser l’économie ukrainienne, totalement à sa merci.

Il n’a donc pas besoin d’y déclencher la guerre. Mais si l’Ukraine l’y oblige, Poutine fera en Ukraine ce qu’il a fait en Tchétchénie…

Or justement, avec la montée du prix des hydrocarbures, il en a les moyens.

Pourquoi ne l’a-t-il pas fait plus tôt ? Justement parce que c’est un chef d’État froid, dépourvu d’impulsivité, et qui choisit toujours d’obtenir ce qu’il veut avec le moins d’efforts.

Mais si on le pousse à bout, prenez garde…

L’Ukraine devra donc renoncer à son intention d’adhérer à l’Otan ou en subir les conséquences.

L’Ukraine ne doit pas se faire d’illusion; la stratégie américaine consiste à inciter la Russie à l’envahir afin d’effrayer les anciennes républiques soviétiques et de leur vendre des armes.

Références :
Annexions : Crimée vs Palestine
Crise des missiles de Cuba
Relations avec l’Ukraine
Résumé de géopolitique mondiale (1re partie)
Ukraine
What sanctions could the US hit Russia with if it invades Ukraine?

Paru depuis :
Plus grosse affaire d’achat d’armes de son histoire: La Pologne achète 250 chars américains (2022-04-05)

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à la guerre russo-ukrainienne, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Stade de baseball à Montréal : un projet à cout nul pour l’État ?

Publié le 10 décembre 2021 | Temps de lecture : 5 minutes
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Lorsque des fonds publics sont consacrés à un projet qui rapportera à l’État autant d’argent qu’il y a investi, cela est qualifié de ‘projet à cout nul’.

Par exemple, le PQ a mis sur pied le réseau québécois de garderies publiques (les Centres de la petite enfance ou CPE).

Cette mesure sociale a substantiellement fait augmenter le taux de participation des femmes au marché du travail. Et l’impôt sur le revenu payé par ces travailleuses, de même que celui payé par les éducatrices en CPE, a généré pour l’État québécois des revenus plus grands que les sommes investies.

La création des CPE est donc un exemple de mesure sociale à cout nul.

Depuis des mois, le millionnaire Stephen Bronfman fait pression sur le gouvernement de François Legault pour que l’État québécois lui verse entre cent et trois-cent-millions de dollars pour la construction d’un stade de baseball à Montréal.

Un des arguments du promoteur est que ce stade génèrerait de l’emploi. Et même, des emplois payants.

Effectivement. Mais des emplois payants pour qui ? Pour les Québécois qui vendront de la malbouffe au salaire minimum ou pour ces mercenaires multimillionnaires qui porteront les couleurs de Montréal ?

Un autre argument concerne l’impôt payé au fisc.

Le grand patron, Stephen Bronfman, cache son argent dans des paradis fiscaux. N’importe quel joueur de baseball peut s’incorporer (comme le font déjà de nombreux médecins québécois) et faire comme M. Bronfman.

Quant aux retombées économiques, toutes les études prouvent que le sport professionnel en génère très peu.

Finalement, promet-on, le stade paiera de l’impôt foncier et des taxes sur la vente des produits qu’achèteront les partisans.

C’est vrai.

Mais est-ce que cela en vaut la peine et surtout, est-ce que c’est le rôle de l’État d’utiliser l’argent des contribuables à soutenir des assistés sociaux corporatifs ?

Si ce projet est rentable, M. Bronfman n’aura aucun mal à réunir les capitaux qu’il lui faut pour construire son stade.

S’il quête de l’argent, c’est parce que cela ne l’est pas. Or le danger, c’est que l’État mette le doigt dans un engrenage sans fin où il doit constamment mettre plus d’argent pour ne pas tout perdre l’argent investi jusque-là.

En somme, M. Bronfman est le bienvenu à Montréal. Nous serons heureux de construire les routes et les trottoirs qui mèneront à son stade. Et puisqu’on n’est jamais trop riche, parait-il, nous lui souhaitons de le devenir davantage.

Mais ni la ville, ni le Québec, ni le Canada ne devrait verser un sou dans cette entreprise. Nos gouvernements ont des priorités plus pressantes.

À l’heure où le Québec doit réinvestir massivement dans nos établissements de santé, dans notre réseau scolaire, dans nos centres de la petite enfance, dans l’électrification du transport en commun, dans le logement social et dans une colossale réorganisation économique pour pallier les changements climatiques, est-ce bien le temps d’investir pour construire un autre stade Montréal ?

Montréal compte déjà les stades suivants :
• le CEPSUM (5 400 places),
• le complexe Claude-Robillard (13 000 places),
• le stade Concordia (6 000 places),
• le stade Uniprix (12 000 places),
• le stade Olympique (65 245 places),
• le stade Percival-Molson (25 000 places),
• le stade Saputo (20 801 places).

Peut-être M. Bronfman pourrait aménager dans l’un d’eux. Et comme le bernard-l’ermite, le quitter pour un plus grand au fur et à mesure de la croissance du marché du baseball à Montréal.

Au cours de son existence, jamais le bernard-l’ermite ne construira de coquille pour s’abriter; il utilise des abris existants, et passe de l’un à l’autre selon ses besoins. Il est le modèle du développement du futur.

Pour sauver la planète, il faut dépasser l’étape du simple recyclage et aller au-delà, c’est-à-dire passer à l’étape de la consommation minimaliste, où les seuls biens matériels qu’on consomme sont ceux qui nous sont essentiels.

Ce stade de baseball représente des centaines de milliers de tonnes de béton et des milliers de tonnes d’acier, de verre et d’autres matériaux qu’il faudra produire et assembler. Tout cela pour construire un stade vide plus de 90 % du temps.

La plus belle décision que peut prendre M. Bronfman, c’est de renoncer à ce projet écologiquement arriéré.

Références :
À coût nul, vraiment ?
Stade de baseball : est-ce que le problème, c’est Stephen Bronfman?
Une manche corsée entre Legault et Nadeau-Dubois

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Défense du français : la CAQ est molle

Publié le 8 décembre 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

Radio-Canada révèle aujourd’hui la décision du gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) de créer un programme destiné à favoriser l’immigration d’unilingues anglais dans les secteurs de l’intelligence artificielle, des technologies de l’information et des effets visuels.

En vertu de ce programme, le Québec accueillera annuellement environ 300 personnes dispensées de l’obligation d’apprendre le français. On présume qu’il en sera ainsi des autres membres de leur famille.

Les entreprises qui voudront se prévaloir de ce programme devront s’engager à leur verser un salaire annuel de plus de 100 000$.

Or il s’agit de secteurs industriels qui jouissent déjà de crédits d’impôt qui subventionnent la création d’emploi.

En définitive, nous paierons en partie les salaires versés à ces riches angloQuébécois unilingues. Ceci est un autre exemple du financement de l’anglicisation du Québec avec l’argent des contribuables francophones.

De manière générale, la CAQ a considérablement réduit l’immigration de Francophones depuis son accession au pouvoir. En exigeant que ceux-ci refassent leur demande auprès de son nouveau système informatique appelé Arrima, la CAQ a même décidé de détruire les documents originaux qui lui avaient été soumis plutôt que de les retourner aux demandeurs.

Une belle façon de les décourager de venir au Québec.

Par contre, dans ce cas-ci, la CAQ veut favoriser la création d’emplois payants pour des unilingues anglophones venus d’ailleurs.

Et plutôt que d’aider nos diplômés à acquérir de l’expérience, on importera des gens qui ne comprendront jamais la culture québécoise, qui se sentiront toujours étrangers chez nous, et qui se serviront du Québec comme tremplin d’une carrière internationale, heureux de nous quitter afin de faire profiter les autres de l’expertise qu’ils auront développé ici à nos frais.

Adopté en première lecture (il en faut trois), le projet de loi 96 de la CAQ — destiné à renforcer la Loi 101 — est très décevant au chapitre de l’immigration, de la langue d’enseignement et de l’affichage commercial.

Théoriquement, le seul point fort de ce projet de loi est de soumettre toutes les moyennes entreprises aux dispositions de la Loi 101… à la condition que l’État ne distribue pas les certificats de francisation comme des bonbons.

Cette loi n’est même pas adoptée que déjà la CAQ lui perce des trous…

Qui peut croire au sérieux de la CAQ quant à la défense du français ?

Références :
Anglicisation du Québec : l’omelette de la loi 96
François Legault on boosting the birth rate, curbing immigration and ‘bonjour/hi’
Immigration : un arrimage chaotique
Le gouvernement Legault veut favoriser l’immigration de certains anglophones

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à l’anglicisation du Québec, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel