Compléments de lecture :
Le transport en commun finlandais : le matériel roulant
Le transport en commun finlandais : les titres de transport
Caténaires : Helsinki vs Montréal
Les villes aux meilleurs transports en commun
Publié le 28 mars 2023 | Temps de lecture : 1 minute
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Transport en commun, Urbanisme |
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Écrit par Jean-Pierre Martel
Caténaires : Helsinki vs Montréal
Publié le 26 mars 2023 | Temps de lecture : 5 minutesIntroduction
Caténaire est un mot féminin qui désigne un système de suspension des fils d’alimentation électrique des trains ou des tramways.
À Helsinki


À Helsinki, ce système comprend des mâts (ou poteaux) en treillis métallique qui se font face de chaque côté de la voie et qui sont reliés par une console (ou poutre transversale) également en treillis métallique.

Au-dessus de chaque ligne ferroviaire, un support à caténaire est fixé sous la console. Dans sa partie inférieure, celui-ci supporte le câble d’alimentation. Celui-ci est suspendu aux câbles porteurs par le biais de courts câbles verticaux appelés pendules.
De longueur variable, les pendules compensent partiellement la courbure des câbles porteurs afin de maintenir le câble d’alimentation à une distance relativement fixe de la voie ferrée.

À la gare Centrale d’Helsinki, les supports à caténaire sont fixés directement sur les mâts. Ce qui fait qu’aucune console n’enjambe les voies.
Petite parenthèse : en France

Si on utilise Google Earth pour obtenir une vue à vol d’oiseau du réseau de trains de banlieue de la région parisienne, on peut mesurer que la distance entre les consoles (et donc entre les mâts) est supérieure à cinquante mètres.
À Montréal

À Montréal, on a décidé de ne pas recourir à des consoles; les supports à caténaire sont fixés directement aux mâts.
Or les consoles servent non seulement à suspendre les supports à caténaires, ils servent également à solidifier les mâts.
Sans les avantages de cette solidification, il faut alors utiliser des mâts plus massifs et conséquemment, plus visibles.
Ceci étant dit, est-ce que les caténaires montréalaises ont une empreinte visuelle plus importante que celles d’Helsinki ? Cela est une question d’appréciation personnelle.
Toutefois, ce qui fait toute la différence est l’espacement entre les mâts des caténaires.

En plus, pour des raisons obscures, on a décidé d’espacer les mâts montréalais d’approximativement 25 mètres, comparativement à 62 mètres à Helsinki.
Pour une même distance, il faut donc 2,5 fois plus de mâts à Montréal qu’à Helsinki.

Par endroits, le Réseau express métropolitain (REM) de Montréal utilise une véritable haie de mâts. On se demande pourquoi il en faut tant.
Le climat
Mais peut-être est-ce nécessaire en raison de notre climat.
La latitude d’Helsinki est la moyenne entre Montréal et le Pôle Nord. En d’autres mots, sa latitude se compare à celle de la baie James.
Toutefois, le climat de la capitale finlandaise n’est pas aussi rigoureux qu’on pourrait le penser. Cette ville est un port qui donne sur le golfe de Finlande. Or cette immense masse d’eau lui sert de tampon thermique.
Ce qui fait que son climat se compare à celui de Montréal.
Le réseau ferroviaire électrique de la Finlande débute à Helsinki (au sud) et monte vers des régions encore plus nordiques du pays où des peuples nomades font l’élevage de hardes de caribous.
En somme, ce qui est faisable en Finlande est faisable au Québec.
La panne d’idées
Pour concevoir le REM montréalais, ses concepteurs prétendent s’être inspirés de nombreux exemples à travers le monde.
Mais à part le SkyTrain de Vancouver et quelques exemples de stations ou d’abris de style extravagant, il ne semble pas qu’on ait été plus loin qu’une recherche sur Google.
Conclusion
C’est le gouvernement libéral de Philippe Couillard qui a fait de la Caisse de dépôt et placement du Québec le maitre d’œuvre du REM.
Or ses dirigeants sont des gestionnaires de capitaux qui voyagent habituellement dans des berlines de luxe ou en avion. Du coup, ces gens ne connaissent pas grand-chose du transport en commun et encore moins de l’urbanisme de Montréal.
Il a fallu attendre l’avancement des travaux pour découvrir la laideur du système d’alimentation électrique qu’ils ont choisi pour le REM.
À la suite des nombreuses critiques à ce sujet, ils ont promis d’y remédier.
Mais au lieu de nous montrer côte à côte des prototypes grandeur nature des anciens et des nouveaux caténaires et de leurs mâts, les responsables du projet n’ont dévoilé qu’une ‘représentation artistique’ du REM vu de loin dans un paysage urbain idéalisé.
Le silence dont s’entoure le REM n’inspire pas confiance.
La seule manière d’éviter les mauvaises surprises, c’est de militer pour que la partie du REM à compléter soit souterraine.
Référence : REM : pas tout à fait comme sur la photo
Compléments de lecture :
L’indice Québec 30 et la CDPQ
REM de l’Est : à moitié redondant, éphémère et laid
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Postscriptum du 4 avril 2023 : Dans une réponse écrite obtenue après la publication de ce texte, L’équipe du REM nous a déclaré qu’il n’y a pas de distance fixe entre les mâts des caténaires montréalais; tout dépend de la géométrie de la voie. On peut présumer que ces mâts sont plus rapprochés dans les courbes. Toutefois, précise-t-on, l’espacement typique serait d’environ quarante mètres.
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2018-202X (années Legault), Politique québécoise, Transport en commun, Urbanisme |
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Écrit par Jean-Pierre Martel
L’auto-toilettage du chien
Publié le 25 mars 2023 | Temps de lecture : 1 minuteCliquez sur l’image pour démarrer
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Écrit par Jean-Pierre Martel
Mise au point du premier vaccin chinois à ARN messager
Publié le 22 mars 2023 | Temps de lecture : 3 minutesLe 2 mars dernier, l’Institut australien de politique stratégique publiait une étude effectuée sur plus d’un an et qui concluait que la recherche chinoise était en avance dans 37 des 44 technologies de pointe étudiées.
De leur côté, les États-Unis demeuraient en avance dans sept secteurs, dont la mise au point des vaccins.
Puisqu’une étude comparative aussi vaste que celle-ci exige des mois de préparation, il ne faut pas se surprendre que peu de temps après sa publication, cela ne soit déjà plus vrai.
La pharmaceutique CSPC Pharmaceutical Group — établie dans la capitale de la province du Hebei (à environ 275 km au sud-ouest de Beijing) — est une des 500 plus importantes entreprises chinoises.
L’édition de ce matin du quotidien Shanghai Daily nous apprend que son vaccin contre le Covid-19 vient d’être homologué par les autorités règlementaires du pays.
C’est le premier vaccin anticovidien basé sur la technologie de l’ARN messager. Comme le sont les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna.
Du coup, la Chine possède dorénavant une arme probablement plus efficace que les vaccins dont elle disposait jusqu’à maintenant pour protéger sa population contre la pandémie.
Cette maitrise de la technologie des vaccins à ARN messager permet à la Chine d’entrer dans le club sélect des pays capables de mettre au point des vaccins efficaces envers toute une série de maladies infectieuses contre lesquels notre arsenal thérapeutique était jusqu’ici d’une efficacité limitée. Pensons, par exemple, à la tuberculose, au paludisme, à la maladie à virus Ebola, etc.
La course technologue à ce sujet est déjà bien entamée en Occident, où BioNTech et Moderna ont une longueur d’avance sur la Chine.
Il est toutefois à prévoir que dans les domaines très précis où la Chine sera la première à mettre au point un vaccin, celui-ci sera utilisé comme outil du ‘soft power’ chinois afin de séduire de nombreux pays en voie de développement et accroitre l’influence diplomatique de la Chine sur la scène internationale.
Références :
China approves 1st domestic mRNA vaccine for COVID-19
China leading US in technology race in all but a few fields, thinktank finds
Compléments de lecture :
China bans US chipmaker Micron from vital infrastructure projects (2023-05-22)
China overtakes US in contributions to nature and science journals (2023-05-24)
Les défis de la filière des véhicules électriques (2023-05-30)
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Géopolitique, Pharmacologie, Science |
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Écrit par Jean-Pierre Martel
Le feu à la place d’Youville : pour la scission de l’arrondissement Ville-Marie
Publié le 21 mars 2023 | Temps de lecture : 8 minutesAvant-propos
Airbnb est une plateforme de location de courte durée née en 2008.
Deux copains californiens eurent l’idée d’offrir à prix modique le petit déjeuner à des visiteurs qui accepteraient de dormir sur un matelas pneumatique dans des pièces de leur appartement transformées en dortoir.
Textuellement, Airbnb ou Air Bed and Breakfast veut dire ‘Lit pneumatique et petit déjeuner’.
L’incendie du 226 place d’Youville
Aspect de l’édifice William-Watson-Ogilvie avant l’incendie
Le Jeudi 16 mars dernier, dans le Vieux-Port de Montréal, un incendie a ravagé vers 5h45 l’édifice William-Watson-Ogilvie, construit en 1890.
Situé au 226 place d’Youville, à l’intersection de la rue du Port, l’édifice est adossé au sud et à l’est à d’autres bâtiments.
Si bien qu’on en sortait par l’entrée principale (au coin de la rue) ou en empruntant l’escalier métallique rétractable accroché au mur extérieur donnant sur la rue du Port.
L’édifice de trois étages abritait quatorze logements, en plus des bureaux d’une firme d’architectes au rez-de-chaussée. Une partie de ces logements étaient consacrés à de la location de courte durée sur Airbnb.
En raison de l’animation et du bruit susceptible de nuire à la quiétude nocturne des touristes, la location sur Airbnb est interdite dans le Vieux-Port par la ville de Montréal.
Le sinistre a fait un mort, six disparus, et neuf blessés, dont deux qui ont été hospitalisés à une unité de soin pour grands brulés.
L’édifice appartient à un avocat montréalais dont le permis d’exercice est l’objet de limites imposées par le Barreau du Québec (l’Ordre professionnel des avocats). Et ce, probablement à la suite d’une condamnation pour fraude en janvier 2021.
Selon celui-ci, il n’exerce plus sa profession, se consacrant plutôt à son important parc immobilier. Fait à noter : ce n’est pas cet avocat qui louait une partie des logements sur Airbnb; c’était un de ses locataires.
Ce dernier sous-louait plusieurs unités locatives dans l’édifice. Puisqu’il est rare qu’un locataire ait besoin de plusieurs logements, on peut présumer que le propriétaire savait qu’ils étaient sous-loués (en ignorant peut-être que c’était sur Airbnb).
Depuis le sinistre, la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec se blâment mutuellement à ce sujet.
Ce qui complique la discussion, c’est que l’on confond deux choses qui n’ont pas de rapport, mais qui se chevauchent dans ce cas particulier; la location illégale et la sécurité des bâtiments.
La location illégale découle du laxisme à la fois du gouvernement et de la ville, alors que la sécurité des bâtiments est une responsabilité exclusive de la ville.
La location illégale sur Airbnb
La loi québécoise exige qu’on obtienne un certificat délivré par le ministère du Revenu pour chaque unité locative (chambre, appartement ou maison) offerte à la location de courte durée.
Sur les 13 913 unités offertes sur Airbnb au Québec, 92,5 % le sont illégalement. À Toronto et Vancouver, ce pourcentage est respectivement de 55,8 % et de 23,5 %.
Sur Airbnb, les personnes intéressées à louer un logement connaissent d’avance sa situation géographique approximative, son prix de location et peuvent voir des photos de l’intérieur de l’unité locative, des aires communes et de la vue sur la ville.
Mais ils ne connaitront le pseudonyme du ‘locateur’ et l’adresse exacte du logement qu’après avoir acquitté le prix de location.
Ce qui complique la tâche des inspecteurs du ministère du Revenu; ils doivent louer un logement pour découvrir son adresse exacte et enfin pouvoir vérifier si un certificat a été délivré à son sujet.
En Ontario et en Colombie-Britannique, il est interdit à Airbnb de permettre qu’un logement soit offert en vente si l’annonce à son sujet ne précise pas son numéro de certificat.
En cas de non-conformité, c’est Airbnb qui est coupable.
Le gouvernement du Québec se propose d’adopter des exigences similaires.
Idéalement, dans le cas des villes qui ont adopté une règlementation à ce sujet, celles-ci devraient émettre les certificats et percevoir les frais d’enregistrement puisqu’elles sont mieux en mesure de distinguer là où la location est permise et là où elle est interdite.
Mais dans ce cas-ci, ce n’est pas la location qui a causé ces décès; la cause réside dans les graves lacunes à la sécurité de l’édifice.
Sans Airbnb, d’autres personnes auraient été locataires : en cas d’incendie, ce serait elles qui auraient été brûlées vives.
La sécurité du bâtiment
On sait qu’une adolescente et son conjoint ont péri dans le sinistre parce que la chambre qu’ils ont louée ne comportait pas de fenêtre vers l’extérieur et que, au moment de leurs deux appels désespérés au 9-1-1, le brasier était rendu à la porte de leur chambre.
D’une survivante de l’incendie, on sait également qu’aucun avertisseur de fumée n’a résonné cette nuit-là pour prévenir les personnes endormies du danger. C’est le bruit du crépitement des flammes et la fumée qui ont incité son conjoint à briser la vitre par laquelle ils sont sortis de leur appartement loué au sous-sol.
De plus, on sait du collègue avocat qui représente le propriétaire, qu’au cours de la dernière inspection municipale du bâtiment, la ville n’a pas demandé l’installation de gicleurs.
Installer des gicleurs coute cher. Voilà pourquoi la ville ne les exige pas systématiquement. Toutefois, lorsqu’il s’agit d’un édifice patrimonial adossé à d’autres édifices tout aussi importants, il est étonnant que la ville ne les juge pas nécessaires.
De plus dans l’arrondissement que j’habite, les pompiers visitent systématiquement les unités d’habitation pour vérifier la présence de détecteurs de fumée.
Il y a quelques mois, lors de leur plus récente visite, ils ont vérifié le mien et m’en ont offert gratuitement un neuf, malgré le fait que celui que j’avais (également donné par eux trois ans plus tôt) était censé être bon pour sept autres années.
De toute évidence, un tel service n’est pas offert dans l’arrondissement Ville-Marie.
Trop de responsabilités pour une seule personne
Il faut savoir qu’à Montréal, la mairesse de la ville est également mairesse de l’arrondissement Ville-Marie. Or son territoire comprend le centre-ville et le Vieux-Montréal.
Gérer à la fois la métropole du Canada et l’immense arrondissement Ville-Marie est trop pour elle. Comme il le serait pour n’importe qui.
Si bien qu’indépendamment de l’opinion qu’on pourrait avoir d’elle en tant que mairesse, il est clair que son bilan en tant que mairesse d’arrondissement est exécrable. À la fois au sujet de la sécurité des piétons que celle des locataires de l’arrondissement Ville-Marie.
En réalité, le Centre-Ville devait disposer de son propre maire d’arrondissement. Tout comme le Vieux-Montréal.
Dans le cas de cet incendie, Mme Plante a clairement manqué à son devoir. Tout comme c’est le cas au sujet de la petite Mariia Legenkovska, tuée récemment par un chauffard en se rendant à l’école.
Références :
Au moins une personne manque à l’appel après un grave incendie dans le Vieux-Montréal
Et Québec dit : emmenez-en des Airbnb !
Incendie dans le Vieux-Montréal : « Je visite mes immeubles tous les jours », jure le propriétaire
Incendie dans le Vieux-Montréal : sept personnes portées disparues
Incendie dans le Vieux-Montréal : un locataire dénonce le manque d’issues de secours
«Tout autour éclatait et tombait»: un résident sauvé in extremis raconte l’incendie du Vieux-Montréal
Un dix-huitième piéton mort à Montréal en 2022
Parus depuis :
Des murs coupe-feu retirés pour gagner plus sur Airbnb (2023-03-22)
Des chambres sans fenêtre approuvées par la Ville (2023-03-24)
Incendie dans le Vieux-Montréal: une chambre à louer sur Airbnb comme celle de Charlie Lacroix (2023-03-24)
L’intersection où est morte la petite Mariia toujours aussi dangereuse (2023-05-06)
Moratoire d’inspection des pompiers: Valérie Plante appelle le contrôleur général à la rescousse (2023-05-16)
Recul du nombre d’inspections de bâtiments par les pompiers dans Ville-Marie (2023-07-10)
Pas de maire directement élu dans Ville-Marie (2024-04-19)
Centre-ville de Montréal : « On a perdu le contrôle » (2024-09-03)
Incendie mortel dans le Vieux-Montréal : le propriétaire Émile Benamor accusé de sept homicides involontaires (2026-03-18)
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Écrit par Jean-Pierre Martel
Les familles Caïn et Abel
Publié le 18 mars 2023 | Temps de lecture : 13 minutesPréambule
Voici l’histoire de deux familles voisines que nous appellerons les Caïn et les Abel.
La famille Caïn
À la fin des années 1980, lorsque les Caïn s’épousèrent, leur rêve était de s’aimer à jamais et de finir leurs jours entourés de la multitude de leurs petits enfants.
Le sort en décida autrement.
Leurs deux fils, de solides gaillards dotés d’un sale caractère, ne trouvèrent jamais de femmes capables de les endurer. Si bien que, devenus trentenaires, les fils Caïn vivent encore avec leurs parents.
Cliquez sur l’image pour l’agrandir
Il s’agit d’une maison unifamiliale à deux paliers (à gauche sur la photo) construite sur une rue paisible bordée d’une douzaine de maisons et située près de l’extrémité ouest de l’ile de Montréal.
Contrairement à la plupart de ses maisons voisines, celle-ci n’est pas dotée d’une piscine à l’arrière. Toutefois, elle est entourée de beaux arbres matures qui apportent une fraicheur bienvenue par temps de canicule.
Des douze maisons qui bordent la rue, neuf abritent des enfants. Ceux-ci se connaissent tous, s’invitent les uns les autres à des ‘pizza parties’ ou à se baigner dans la piscine.
La rue est tellement peu fréquentée que la municipalité n’a pas jugé bon la border de trottoirs.
Deux écoles primaires, une garderie et un parc se trouvent à proximité.
Pour le père Caïn et son épouse, il est impossible de prendre l’auto sans croiser des parents qui se rendent à l’école en tenant leur enfant par la main, d’autres qui, dans leur bras, amènent leur tout-petit à la garderie quand ce n’est pas ceux qui s’amusent avec les leurs au parc.
Chaque fois, il s’agit pour les parents Caïn d’un douloureux rappel que leur lignée s’éteindra un jour.
Plus jamais, la mère Caïn ne respirera l’odeur de la peau de bébé qu’on sort du bain. Plus jamais elle ne fera oublier un cauchemar à un enfant en blottissant son petit corps chaud et humide contre le sien. Plus jamais en le chatouillant, elle le fera cabrer vers l’arrière en riant.
En somme, pour les parents Caïn, jamais ils ne réaliseront leur rêve d’être entourés de leurs petits enfants émerveillés les jours de fête ou de les avoir à eux seuls lorsque les parents veulent prendre un peu de répit.
Un proverbe ancien veut que le bonheur des uns soit toujours offensant aux yeux des malheureux.
C’est ainsi qu’au fil des jours, des mois et des années, les rires et les cris des enfants du voisinage sont devenus de plus en plus insupportables aux oreilles des Caïn.
Le pire fut à l’occasion du confinement décrété au début de la pandémie au Covid-19.
Privés d’école, les enfants du coin jouaient du matin ou soir dans la rue sous l’œil bienveillant de leurs parents, bien installés dans leurs chaises pliantes.
Depuis, les Caïn n’ont pas cessé de porter plainte à la police pour les nuisances qu’ils subissaient. Ces cris d’enfants qui les empêchaient de faire la sieste l’après-midi. Ces enfants qui violaient le Code de la route en jouant dans la rue. Etc.
Et puisque la police ne faisait rien, les Caïn ont décidé de prendre les grands moyens et de documenter leur cause; ils ont fait installer huit caméras de surveillance.
En mars et mai 2021, un des fils Caïn, Michael, en a installé quatre pour surveiller devant la maison familiale. Puis une autre sur le tableau de bord de chacune des voitures des parents Caïn. Une septième qui filme au travers de la vitre arrière de la voiture du père Caïn. Et la dernière, à haute résolution, sur son casque de moto.
De plus, Michael Caïn maintenait à jour un registre dans lequel il compilait les microagressions dont sa famille était victime. Chaque incident répertorié était complété de commentaires et d’opinions au sujet des voisins qui les persécutaient.
Quand les cris devenaient insupportables, les parents Caïn fermaient leurs fenêtres et démarraient le climatiseur… à défaut de passer l’aspirateur. Lorsqu’il était dans sa chambre à l’étage, un des fils Caïn haussait le son de la musique heavy métal pour se calmer…
De tout le voisinage, le plus détestable était monsieur Abel. Marié au début de la trentaine, ce professeur aimait se promener par temps doux accompagné de ses deux fillettes, âgées respectivement de 2 et de 4 ans.
Leurs cheveux tombaient sur leurs épaules en d’amples boucles blondes qui faisaient penser aux volutes de fumée blanche qui s’élevaient vers le ciel quand Abel (le personnage biblique) offrait des sacrifices à Dieu.
Puisque la cadette de ses filles se fatiguait vide, au lieu d’aller au parc, la famille Abel préférait déambuler sur leur rue, devant leur maison et celle des Caïn. Comme pour le faire par exprès.
Évidemment, de la fenêtre en saillie de leur grande maison, madame Caïn pouvait toujours détourner le regard. Mais pour voir quoi ? Ses deux fils mal rasés effoirés devant le téléviseur du salon ?
La fête du 25 mars 2021

De tous les jours de mars 2021, le 25 fut le plus beau.
Mais pour les Caïn, ce fut le plus pénible. Un véritable enfer.
Dans son témoignage assermenté, Michael Caïn décrit le chaos et l’anarchie qui régnait ce jour-là. Les voisins avaient décidé de tenir une grosse fête d’enfants en pleine rue. Les jouets trainaient partout. Et les parents bloquaient la circulation.
Toutefois, les clips vidéos qu’il a soumis au tribunal montrent autre chose.
Ce jour-là, on célébrait l’anniversaire d’un des enfants du voisinage. Sur la chaussée, des jeunes avaient dessiné à la craie un gâteau orné du texte “Joyeux 5e anniversaire”.
Sur une table dressée devant une maison parée de ballons et de décorations brillantes, on avait disposé à volonté des croustilles, des biscuits, des petits gâteaux, des jus et de l’eau.
Un peu plus loin, une fillette de quatre ans s’amusait sur sa trottinette sous la surveillance de ses parents assis sur l’allée de leur entrée de garage. Une allée que la fillette avait décorée de dessins à la craie.
À quelques mètres, neuf enfants souriants, âgés de 2 à 8 ans, chevauchaient leurs vélos ou leurs trottinettes. Tous casqués.
Sous la surveillance de leurs parents, d’autres enfants déambulaient ou se tiraillaient amicalement en profitant de l’air frais de la banlieue.
Ici et là sur les terrains, les derniers tas de neige fondaient au soleil.
L’assaut du 25 mars 2021
Quand madame Caïn rentre chez elle ce jour-là au volant de sa voiture, il est 17h41. Au moment de tourner à l’embouchure de la rue dont il question jusqu’ici, une fillette a commencé à la traverser en trottinette.
La mère Caïn klaxonne et emprunte la rue sans ralentir.
Dès qu’elle avait vu la voiture tourner, la fillette s’était empressée en titubant de se déplacer pour la laisser passer. Ce qui ne l’a pas empêchée d’être frôlée de justesse par celle-ci.
Dans un monde mou où plus personne ne respecte rien, les Caïn se voyaient comme des promoteurs de la loi et de l’ordre. Incompris et persécutés par leur entourage.
C’est ainsi que lorsqu’ils quittent ou reviennent à leur domicile, les Caïn klaxonnent pour que ces petits mal élevés se tassent du chemin (qui n’est pas fait pour eux) et afin qu’ils aillent jouer sur leurs propriétés respectives (où ils seraient plus en sécurité).
Et pour motiver les parents à s’occuper de leur marmaille, ils rasent leurs enfants sans ralentir à la vitesse maximale permise.
En dépit des conflits, l’enseignement des Caïn porte ses fruits.
Ce jour-là, par exemple, les vidéos montrent les parents qui s’empressent d’ôter leurs enfants du chemin.
Une heure plus tard, le père Caïn arrive en voiture. À cette heure (18h46), il ne reste plus que quatre enfants et trois pères sur la rue.
Immédiatement, tous se déplacent pour le laisser passer.
Pendant qu’il les frôle à vitesse maximale, il est au téléphone avec son épouse. « Regarde-moi ça. Regarde-moi ça. Encore tous au milieu de la route !», peste-t-il.
Dès qu’il débarque de sa voiture, deux des pères se dirigent vers lui pour lui signifier de ralentir lorsqu’il passe près de leurs enfants.
Le père Caïn, rouge de colère, pointe un doigt accusateur vers monsieur Abel (qu’il a frôlé quelques secondes plus tôt). Ce dernier lui tend une main ouverte pour lui signifier de se calmer.
Le père Caïn lui crie : “La prochaine fois, je vais les frapper” et poursuit en affirmant que si jamais cela arrive, ce sera la faute des parents qui laissent leurs enfants jouer n’importe où.
Arrivé sur les lieux, l’autre fils Caïn pousse brusquement monsieur Abel. Ce dernier s’éloigne plutôt que de répliquer.
Pendant ce temps, l’autre frère Caïn (Michael) est dans la maison, en train d’appeler la police. Arrivés sur les lieux, les policiers ne procèdent à aucune arrestation et ne déposeront aucune plainte.
La menace de mort du 18 mai 2021
Entre le 25 mars et le 18 mai, les relations entre les Caïn et les Abel — qui n’ont jamais été bonnes — se sont détériorées.
Alors que monsieur Abel déambule devant la maison des Caïn, Michael Caïn effectue des réparations sur le perron. Dès que ce dernier aperçoit monsieur Abel, il l’insulte et, levant son marteau-piqueur comme s’il s’agissait d’une mitraillette, lui dit : “T’es un homme mort.”
Ce à quoi monsieur Abel répond : “Va te faire…”, tout en lui adressant un doigt d’honneur de main droite. À la suite de quoi, il déplace ce doigt d’honneur horizontalement vers sa droite d’un air méprisant. Comme pour dire : “Dégage !”
Ce que confirme le clip vidéo soumis en preuve.
Mais Michael Caïn voit dans ce dernier geste un signe qui signifie ‘Je vais te trancher la gorge’. Il porte aussitôt plainte à la police pour menace de mort.
À l’issue de sa promenade, quand monsieur Abel entre chez lui, il est attendu par les policiers qui procèdent à son arrestation.
Prologue
En vertu du droit criminel, la Direction des poursuites criminelles et pénales (la DPCP) possède le pouvoir exclusif d’entreprendre des poursuites criminelles devant les tribunaux.
Elle le fait après avoir pris connaissance d’un rapport d’enquête accompagné d’une déclaration assermentée d’un policier affirmant qu’il a acquis la conviction profonde que la personne qu’il accuse est coupable du crime reproché.
Dans ce cas-ci, les policiers n’ont pas entendu la version contradictoire de monsieur Abel. Ils se sont basés exclusivement sur les accusations de Michael Caïn.
En réalité, les Caïn sont des ‘pisseux de vinaigre’ qui empoisonnent depuis des années l’existence des policiers du quartier par leurs plaintes répétées contre leurs voisins.
Entamer une cause à partir de leur témoignage sans trop chercher plus loin était une manière d’acheter la paix.
Évidemment, dans un monde parfait, ils ne devraient pas faire cela. Mais nous vivons dans un monde imparfait.
Lorsqu’ils transmettent une enquête bâclée à la DPCP, l’avocat chargé du dossier doit avoir suffisamment de discernement pour demander un supplément d’enquête. Ce qui ne fut pas fait.
Au tribunal, dès que Me Isabelle Major, procureure de la poursuite, entend le témoignage irréfutable de monsieur Abel, elle décide de ne pas le contre-interroger et invite elle-même le tribunal à l’acquitter de l’accusation qu’elle a portée contre lui.
Autrefois, n’importe quel juge aurait prononcé un non-lieu séance tenante et l’affaire se serait arrêtée là.
Mais, ces jours-ci, les juges s’ennuient.
En janvier 2022, Me Lucie Rondeau, juge en chef de la Cour du Québec, a donné l’ordre aux juges de n’entendre les causes qu’un jour sur deux, l’autre devant être consacré à la rédaction de leurs décisions.
En Ontario et en Colombie-Britannique, les juges en Chambre criminelle consacrent en moyenne une journée sur cinq à la rédaction de leurs jugements.
En somme, le juge Rondeau veut que les juges sous son autorité consacrent 50 % de leur temps à écrire leurs jugements, plutôt que 20 % comme c’est le cas ailleurs.
Par le moyen d’une thrombose judiciaire provoquée artificiellement, la juge Rondeau veut forcer le ministre de la Justice du Québec à nommer des juges bilingues, même lorsque la connaissance de l’anglais n’est pas justifiée.
Voilà pourquoi elle a décrété une grève du zèle.
Pour meubler son temps, l’honorable Dennis Galiatsatos a décidé de prendre cette cause en délibéré et de rédiger un document de 26 pages pour justifier un non-lieu. Du jamais-vu.
Alors évidemment, dans cette longue dissertation aussi intéressante qu’inutile, on peut y voir ce qu’on veut.
Piétons Québec y a vu une reconnaissance juridique du droit des enfants de jouer dans la rue. Ah bon.
Soulignant l’absence de condamnation du professeur Abel pour avoir adressé un doigt d’honneur — ce dont il n’était même pas accusé — un grand nombre de quotidiens à travers le monde ont vu dans cette décision une légalisation du droit d’offenser.
Et un auteur de blogue y a vu une occasion de parler des grandeurs et des misères de la vie de banlieue…
Références :
Décision du tribunal
Giving the middle finger is a ‘God-given right’, Canadian judge rules
L’esprit de caste de la juge Lucie Rondeau
Un doigt d’honneur mérité
Un juge défend le droit des enfants de jouer dans la rue
Paru depuis : Accusé après un doigt d’honneur: il réclame 117 000$ aux autorités et à son voisin (2023-08-29)
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Fait divers, Justice |
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Écrit par Jean-Pierre Martel
France : la réforme des retraites finance l’augmentation des dépenses militaires
Publié le 18 mars 2023 | Temps de lecture : 3 minutesLe président de la République française a justifié le recours au bâillon pour court-circuiter l’Assemblée nationale et forcer l’adoption de sa réforme des retraites en ces termes : « Je considère qu’en l’état, les risques financiers, économiques sont trop grands.»
Son ministre délégué aux comptes publics a été plus explicite :
« C’est la réforme ou la faillite ! »
Tout comme les entreprises, l’État doit avoir en tout temps les liquidités qui lui sont nécessaires pour respecter ses engagements.
Or l’essentiel de la dette des États est constitué de bons du Trésor.
Lorsqu’ils viennent à échéance, le pays émetteur peut alors les payer (s’il en a les moyens) ou pelleter vers l’avant cette dette en émettant de nouveaux bons du Trésor pour payer les anciens.
Il y a quelques mois, l’ambitieux programme de réduction de taxes pour les riches (qui devait accroitre substantiellement la dette britannique) a été abandonné par Londres quand les bons du Trésor nouvellement émis n’ont pas trouvé preneurs.
Ce qui a entrainé la démission de la première ministre britannique.
D’abord estimé sommairement à 43 milliards de livres sterling, cette réforme devait finalement couter entre 100 et 200 milliards de livres.
Dans le même ordre d’idée, la France a dernièrement annoncé une augmentation de son budget militaire de 413 milliards d’euros en sept ans.
Par crainte de la sanction des milieux financiers, la France doit sabrer son filet de protection sociale. D’où la réforme des retraites.
Puisque le compte n’y est pas, on peut donc anticiper — lorsque la grogne populaire sera passée — d’autres compressions budgétaires reflétant les nouvelles orientations de l’Élysée.
Références :
Crise de la dette : S&P dégrade la perspective du Royaume-Uni
La Banque d’Angleterre intervient en urgence pour empêcher le naufrage de la dette britannique
L’armée française manque de munitions pour la haute intensité
Pourquoi la Banque d’Angleterre est-elle intervenue sur le marché obligataire?
Réforme des retraites : Macron justifie le 49.3 en invoquant des « risques financiers trop grands »
Retraites : la réforme pourrait rapporter 18 milliards d’euros d’ici à 2030, le gouvernement fait l’impasse sur les surcoûts
Parus depuis :
Le gouvernement [français] veut faire 10 milliards d’euros d’économies (2023-06-19)
Comptes publics : une situation alarmante (2024-09-04)
Réforme de l’assurance-chômage : le gouvernement veut atteindre entre « 2 milliards et 2,5 milliards d’euros » d’économies par an de 2026 à 2029 (2025-08-09)
Nos cousins français ont un gros problème de dette (2025-10-29)
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Course aux armements, Politique internationale |
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Écrit par Jean-Pierre Martel
Les abus de procédure du ministère des Transports
Publié le 13 mars 2023 | Temps de lecture : 5 minutesÀ plusieurs reprises sur ce bloque, j’ai accusé les avocats d’avoir transformé le système judiciaire en machine à sous au service de leur caste sociale.
Le quotidien La Presse nous en présente un exemple dans son édition d’aujourd’hui
Le 4 mars 2022, Brittany Ménard est au volant de sa Volkswagen neuve, achetée quelques heures plus tôt.
Mais voilà que sur l’autoroute 15, près de Saint-Jérôme, elle n’a pas le temps d’éviter un gros nid-de-poule aperçu au dernier instant alors qu’aucune signalisation ne prévient les automobilistes de sa présence.
L’impact est tel qu’un des pneus se fend, obligeant la conductrice à appeler une remorqueuse.
Le 16 février, soit seize jours plus tôt, un premier automobiliste avait prévenu le ministère des Transports de la présence du trou qui commençait à se former dans la chaussée.
Ce premier signalement n’a donné lieu à aucune mesure correctrice.
Le 28 mars, un deuxième automobiliste s’était plaint au ministère que sa voiture avait été endommagée lorsque le côté passager de sa voiture était tombé dans cette cavité.
Cette plainte n’a donné lieu, elle non plus, à aucune mesure correctrice.
Le 1er mars, sans avoir subi de dommage, un troisième conducteur signalait au ministère ce trou dangereux.
La veille de l’accident de Brittany Ménard, un quatrième conducteur avait communiqué avec le ministère pour rapporter que deux de ses pneus avaient crevé précisément à cet endroit.
Lorsqu’on consulte l’historique météorologique de la région montréalaise, on constate qu’il n’est tombé que 4,4 cm de neige durant tout le mois de février 2022.
Ce n’est donc pas comme si, entre le 16 février et le 4 mars, la région avait connu une succession de blizzards qui avaient empêché les ouvriers du ministère de combler de gravier le trou béant afin de réduire l’impact des chocs, à défaut de réparer la chaussée.
On n’a même pas jugé bon installer une signalisation destinée à avertir les conducteurs et prévenir les dommages sur leurs voitures.
Ce que le ministère économise en ouvriers, il préfère le dépenser en frais d’avocats pour contester les réclamations qu’il reçoit.
Dans un premier temps, la cour de première instance a condamné le ministère des Transports à rembourser à Brittany Ménard les frais de 449,55$ pour la réparation de son pneu.
À cette étape, les contribuables ont déjà payé le magistrat qui a entendu cette cause : celui-ci est payé environ un quart de million de dollars par année.
De son côté, l’avocat du ministère a été grassement payé pour préparer son argumentation (qui a échoué à convaincre le tribunal), pour aller en cour et pour plaider.
Mais plutôt que de respecter cette condamnation, les avocats du ministère ont préféré porter la cause en appel.
À la Cour du Québec, la juge Chantale Massé a refusé la demande de l’avocat du Ministère de reporter l’audience de la cause.
Il faut savoir que les nombreux moyens juridiques qui permettent aux avocats de faire trainer une cause en longueur sont autant d’occasions d’enrichissement pour leur caste sociale puisqu’à chaque fois où ils se déplacent inutilement, les juges et les avocats sont payés pareil.
À juste titre, la magistrate a estimé que le contentieux du ministère des Transports possédait suffisamment d’avocats pour qu’un collègue soit capable de prendre la relève, même à la dernière minute, compte tenu de l’absence de complexité de cette cause.
Jusqu’ici, les contribuables ont probablement dépensé des dizaines de milliers de dollars en frais juridiques pour rémunérer deux juges, des greffiers, les sténodactylos qui transcrivent tout ce qui se dit au tribunal et des gardes de sécurité qui y assurent l’ordre.
Mais ce n’est pas assez; on peut toujours extraire quelques gouttes de plus d’un citron pressé.
Plutôt de que payer les 449,55$ que mérite amplement la plaignante, voilà que les avocats du ministère ont décidé de porter en appel cette deuxième condamnation sous le prétexte que la deuxième juge a osé refuser leur demande frivole de reporter la cause.
Comme s’ils ignoraient que les tribunaux sont déjà engorgés.
À quand des tribunaux populaires présidés par des citoyens élus, des tribunaux qui auraient le pouvoir de régler des conflits mineurs et imposer des petites amendes ?
Références :
Le MTQ heurte un nid-de-poule
Repenser les tribunaux
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2018-202X (années Legault), Fait divers, Justice, Politique québécoise |
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Écrit par Jean-Pierre Martel
L’invasion de Taïwan par la Chine continentale
Publié le 12 mars 2023 | Temps de lecture : 16 minutesDeux républiques, un pays
L’Onu a été créée le 24 octobre 1945 à la suite de la ratification de sa Charte par un certain nombre de pays, dont la Chine.
À l’époque, ce pays était en proie à une guerre civile qui durait depuis des décennies. Celle-ci opposait d’une part le gouvernement du Kuomintang, soutenu par les États-Unis et dirigé par Tchang Kaï-check, et d’autre part, le Parti communiste chinois dirigé par Mao Zedong.
En 1949, lorsque le Parti communiste victorieux proclame la République populaire de Chine, Tchang Kaï-check et ses soldats se réfugient sur l’ile chinoise de Taïwan où ils fondent la République de Chine.
Chacune de ces deux républiques revendique alors la pleine et légitime souveraineté sur la totalité du territoire chinois (Chine continentale et Taïwan).
Toutefois, à l’Onu, c’est le gouvernement militaire de Tchang Kaï-check — le signataire de la Charte de l’Onu — qui représente l’ensemble de la population chinoise.
Lorsque finalement la Chine de Mao Zedong fait son entrée à l’Onu en 1971, c’est à la condition que Taïwan en soit expulsé et que Beijing soit seul à parler au nom de la nation chinoise.
Bref, en vertu du droit international, Taïwan fait toujours partie de la Chine.
Qu’il s’agisse de Taïwan et des (anciennes) régions autonomes de Hong Kong ou de Macao, la politique de la Chine a toujours reposé sur la conviction que le temps jouait en sa faveur. En somme, il suffisait d’attendre pour que, comme des fruits murs, ces territoires tombent d’eux-mêmes dans le giron chinois.
Ce fut le cas de Hong Kong et de Macao, rétrocédés à la Chine en 1997 et en 1999.
Reste Taïwan.
L’indépendance de Taïwan, un tabou
En 1947, avant la victoire du Parti communiste, l’ile de Taïwan était gouvernée de Nanjing (en Chine continentale) par le gouvernement de Tchang Kaï-check.
Or cette année-là, l’ile connut des épidémies de peste et de choléra, de même que des pénuries alimentaires. Tout cela provoqua des émeutes dont la répression par le Kuomintang fit trente-mille morts.
Deux ans plus tard, lorsque le gouvernement de Tchang Kaï-check s’exile à Taïwan, l’ile est peuplée de différents peuples hostiles pour qui les troupes de Tchang Kaï-check sont des envahisseurs.
Pendant les 38 ans qui suivirent — une période connue sous le nom de Terreur Blanche — l’ile fut placée sous le régime de la loi martiale. Aux yeux des Taïwanais, les régimes totalitaires du Kuomintang et celui de Mao Zedong semblaient bonnet blanc et blanc bonnet.
En 1986 eut lieu la première élection présidentielle au suffrage universel. En 2000, le Kuomintang perd le pouvoir et le nouveau président entreprend la consolidation de l’identité taïwanaise.
Quelques élections plus tard, Mme Tsai Ing-wen est élue à la présidence à partir d’un programme politique où transpire l’aspiration à la sécession avec Beijing.
Après une gestion autoritaire de la pandémie — moins contraignante toutefois que la politique Zéro Covid de Beijing — Taïwan leva presque toutes les restrictions sanitaires en mai 2022.
Cette liberté retrouvée fut soulignée par les dirigeants taïwanais comme un avantage d’être citoyen d’un pays libre.
Pour tous ceux qui n’ont jamais connu la dictature de Tchang Kaï-check, qui ont accès librement à la technologie occidentale et qui passent quotidiennement des heures sur les médias sociaux, il est inconcevable que leur ile puisse un jour être dirigée par le Parti communiste chinois.
Pour Beijing, il n’est plus certain que le temps joue en sa faveur.
Toutefois, un peu à l’image du Québec, l’opinion des Taïwanais est ambivalente. S’ils rejettent massivement la réunification politique de la Chine, ils rejettent aussi majoritairement son contraire, soit une indépendance qu’ils jugent imprudente dans la mesure où ils craignent qu’elle provoque l’invasion de l’ile par l’armée chinoise.
Pour une majorité de Taïwanais, l’idéal est un statuquo dont la durée serait indéfinie.
En 2022, 28,7 % des Taïwanais souhaitaient le maintien de statuquo avec la possibilité d’en décider autrement plus tard, 28,5 % voulaient le prolongement indéfini du statuquo, et 25,4 % souhaitaient le maintien du statuquo pour l’instant, mais tout en travaillant à une indépendance éventuelle.
Des relations commerciales protectrices
Dans les années qui suivirent l’avènement des microordinateurs personnels, les clones d’IBM-PC étaient tous fabriqués à Taïwan.
Peu à peu, lorsque Taïwan a perdu ce monopole, l’ile s’est recyclée dans la fabrication des semi-conducteurs.
En 2021, la production mondiale des semi-conducteurs se répartissait comme suit :
• Taïwan 65 %,
• Corée du Sud 15 %,
• États-Unis 7 %,
• Chine 6 %, et
• autres 7 %.
Or ceux-ci sont des composants essentiels de tout produit de consommation dit ‘intelligent’, du réfrigérateur haut de gamme, au téléviseur branché, en passant par l’auto électrique, etc.
Parmi les fabricants mondiaux de semi-conducteurs, c’est à Taïwan qu’on trouve TSMC (au 3e rang mondial) et MediaTek (au 9e rang). Au-delà de ce palmarès, c’est à Taïwan qu’on fabrique les puces les plus avancées du monde.
Signalons que TSMC est le fabricant exclusif des processeurs des iPhone, iPad et ordinateurs Macintosh.
Taïwan vend ses semi-conducteurs à tous ceux qui veulent en acheter.
En raison de l’importance industrielle des semi-conducteurs, toute menace à l’approvisionnement américaine en semi-conducteurs taïwanais devient une menace aux intérêts géostratégiques des États-Unis. Taïwan croit s’assurer ainsi de la protection militaire américaine en cas d’invasion chinoise.
Par contre, en étant également un fournisseur stratégique de la Chine, toute invasion de l’ile par cette dernière pourrait s’avérer catastrophique pour l’industrie chinoise si Taïwan pratiquait une politique de terre brulée — c’est-à-dire le sabotage de ses propres usines — dès le début d’une invasion chinoise.
En contrepartie, Taïwan dépend totalement des terres rares importées de Chine continentale pour la fabrication de ses semi-conducteurs.
C’est donc par le biais de cette dépendance réciproque que Taïwan espère vivre en paix avec son puissant voisin.
L’envers du décor
Afin de se préparer à toutes les éventualités, le Pentagone se livre périodiquement à des simulations de conflits armés. Deux équipes de généraux américains se font alors la guerre avec les forces dont les belligérants disposeraient si elles devaient s’affronter.
Or à l’issue de toutes les simulations d’une invasion hypothétique de l’armée chinoise à Taïwan, Washington perdait la guerre.
Convaincus que l’ile est indéfendable, les États-Unis ont commencé à se sevrer de leur dépendance en semi-conducteurs taïwanais.
En juillet 2022, le Congrès américain a adopté le CHIPS and Science Act. Celui-ci prévoit 39 milliards$ de prêts industriels et 13,2 milliards$ d’investissements publics dans la recherche relative aux semi-conducteurs.
De plus, Washington accorde un crédit d’impôt de 25 % afin de favoriser l’augmentation de la capacité manufacturière à ce sujet en sol américain (qui répondait à 37 % des besoins du pays en 1990, mais à seulement 12 % de nos jours).
Depuis l’adoption de cette loi, Micron Technology a annoncé un investissement de 40 milliards$ aux États-Unis.
Qualcomm et GlobalFoundries ont annoncé une augmentation de la capacité industrielle de leur usine de l’État de New York, au cout de 4,2 milliards$.
Parallèlement, le département du Commerce américain a ordonné l’an dernier un blocus technologique contre la Chine.
Ce blocus interdit l’exportation en Chine :
• de puces électroniques puissantes, notamment celles qui servent à l’intelligence artificielle,
• du matériel robotisé nécessaire à leur fabrication,
• des ingrédients qui entrent dans leur composition, et
• des logiciels nécessaires à leur conception.
Au départ, le blocus concernait uniquement l’exportation par des entreprises américaines. Mais depuis janvier dernier, les États-Unis ont conclu des accords avec le Japon et les Pays-Bas qui calfeutrent les fuites possibles vers la Chine de puces fabriquées dans ces deux pays.
Taïwan ne participe pas à ce blocus technologique qui n’est ni dans son intérêt commercial ni son intérêt sécuritaire.
Mais au cas, où les dirigeants taïwanais en décideraient autrement par aveuglement idéologique, la Chine a entrepris d’effectuer sa propre recherche de pointe dans ce secteur.
Le 2 mars dernier, l’Institut australien de politique stratégique publiait une étude effectuée sur plus d’un an et qui conclut que la recherche chinoise était en avance dans 37 des 44 technologies de pointe étudiées.
De leur côté, les États-Unis demeuraient en avance dans des secteurs comme les vaccins, l’informatique quantique et les systèmes de lancement de vaisseaux spatiaux.
Dans le cas de certains domaines de haute technologie, les dix meilleurs instituts de recherche au monde sont situés en Chine et produisent collectivement neuf fois plus d’études scientifiques que le deuxième leadeur mondial (souvent, les États-Unis).
En somme, il y eut une époque où la Chine était une puissance manufacturière qui se contentait de pirater des brevets occidentaux. Cette époque est révolue depuis longtemps; au cours de la dernière décennie, la Chine est lentement devenue un chef de file technologique devançant les États-Unis dans la majorité des domaines.
Inciter la Chine à s’armer
Depuis des années, des groupes de réflexion américains discutent de l’opportunité d’une guerre ‘préventive’ contre la Chine. Comme celle que la France a déclarée (et perdue) contre la Prusse en 1870.
Même si rien n’indique que Washington y songe sérieusement, la rhétorique belliqueuse de Washington à l’égard de la Chine a tout pour inquiéter cette dernière.
Jamais n’a-t-on vu deux partenaires économiques aussi intimement liés entretenir de si mauvaises relations.
Prenons trois exemples récents.
• Les dangereux ballons-espions chinois
L’armée américaine a dernièrement abattu quatre ‘ballons-espions’ chinois qui, dit-on, voulaient cartographier des bases stratégiques de lancements de missiles intercontinentaux.
Si la Chine voulait réellement obtenir une vue aérienne de ces bases, elle n’avait qu’à utiliser Google Earth. Cela aurait été plus rapide et plus économique.
D’ailleurs, elle possède 260 satellites-espions qui épient la surface du globe et photographient déjà toutes les bases américaines.
• Le danger de Tik Tok
Interdire à des fonctionnaires d’utiliser cette application, c’est l’équivalent de leur interdire de jouer aux cartes durant leurs heures de travail. Comment se fait-il qu’on ne l’ait pas fait avant ?
Mais pour ce qui est des dangers d’espionnage pour vous et moi, Tik Tok ne peut pas nous espionner plus que ce que font déjà les médias sociaux américains, c’est-à-dire le maximum que leur permet le système d’exploitation de nos ordinateurs et de nos appareils mobiles.
Pourtant, ce sont les États-Unis — qui, selon Edward Snowden, épient tous les courriels, tous les textos et tous les appels téléphoniques sur Terre — qui accusent la Chine d’espionnage…
• La Chine a causé la pandémie au Covid-19
Voilà que Washington sort maintenant des boules à mites cette vieille accusation trumpienne selon laquelle la pandémie au Covid-19 aurait été causée par une fuite d’un laboratoire virologique de Wuhan.
Tenez-vous bien; l’accusation est portée non pas par un institut renommé de recherche scientifique, mais par le département… de l’Énergie. Elle est aussitôt relayée, non pas par la CIA, mais par le FBI (dont ce n’est pas le champ d’expertise).
Sans surprise, tous les médias occidentaux se sont empressés de répéter la ‘nouvelle’ comme des perroquets.
Doit-on s’étonner qu’il y a une semaine, la Chine ait annoncé la plus importante hausse de ses dépenses militaires depuis 2019. Si les États-Unis voulaient inciter la Chine à s’armer et la pousser dans les bras de la Russie, ils n’agiraient pas autrement.
Ces jours-ci, le message de Washington à la Chine est simple; nous vous interdisons de vendre des armes à la Russie, mais dès qu’on en aura fini avec elle, on vous arrangera le portrait.
Comme c’est subtil…
Au-delà de l’Ukraine
En recourant à la totalité des sanctions économiques et financières dont ils sont capables contre la Russie, les États-Unis ont informé involontairement la Chine des moyens contre lesquels celle-ci doit se prémunir en cas d’invasion de Taïwan.
Dans le cas de la Russie (dont le PIB est intermédiaire entre celui de l’Italie et de l’Espagne), le grand capital international a relevé — en quelques mois, mais au prix d’une inflation importante — le défi d’une ‘remondialisation’ rendu nécessaire par la rupture de dizaines de milliers de liens commerciaux directs avec la Russie et la création de milliers de liens indirects (par le biais de revendeurs situés dans des pays tiers).
Toutefois, ajoutez à cela une rupture de tous les liens commerciaux directs avec la Chine — la deuxième puissance économique mondiale — et vous créez un choc qui serait probablement suffisant pour provoquer l’effondrement de l’économie mondiale.
Par exemple, un blocus économique immédiat contre la Chine ferait en sorte que toutes les tablettes des quincailleries américaines se videraient d’outils en moins d’un mois. Et les compagnies américaines qui voudraient prendre la relève en seraient incapables en raison de la pénurie de main-d’œuvre consécutive à la pandémie de Covid-19 (un million de morts aux États-Unis).
Bref, un blocus économique et financier draconien contre la Chine est imprudent à brève ou à moyenne échéance.
En cas d’invasion, ce que feront les États-Unis, c’est de faire semblant d’être surpris et de condamner sévèrement la ‘traitrise chinoise’. Ce qui, toutefois, est encore hypothétique. Comme nous le verrons plus bas.
La seule chose qui ferait mal à la Chine serait la saisie de ses avoirs en Occident, notamment les bons du Trésor américain qu’elle possède.
En 2011, la Chine détenait à elle seule 12 % de la dette du gouvernement américain. Une décennie plus tard, au début de la guerre en Ukraine, elle en détenait trois fois moins.
Depuis la saisie des avoirs russes par de nombreux pays occidentaux, la Chine a accéléré sa vente de bons du Trésor américain. Ses avoirs ont baissé de 1 040 milliards$ au début de 2022 à 867 milliards$ un an plus tard.
En vendant des actifs qui rapportent des taux d’intérêt très faibles, la Chine se donne ainsi les moyens financiers de stimuler la demande intérieure chinoise dans l’éventualité d’un blocus économique occidental consécutive à une invasion taïwanaise.
De plus, en y allant à fond de train dans la fourniture d’armes à l’Ukraine, les pays occidentaux ont abondamment pigé dans leur arsenal militaire.
À l’exception des chasseurs-bombardiers (que l’Occident hésite encore à fournir à l’Ukraine), on estime que l’arsenal militaire occidental a fondu du tiers depuis le début de cette guerre par procuration.
Ce qui en laisse moins pour aider Taïwan dans le cas d’une invasion décidée par Beijing.
Et puisque la fabrication d’armement de pointe est extrêmement lente, on pourrait penser que c’est le temps idéal pour la Chine d’agir.
Mais c’est mal connaitre ce pays.
Dans toute son histoire, la Chine n’a jamais gagné une seule guerre. Et à l’exception de l’époque de Mao Zedong, elle n’a jamais cherché à imposer aux autres pays son modèle de gouvernement basé sur la méritocratie.
Le but de la Chine est d’arriver à ses fins avec le moins d’effort possible.
Le discours autonomiste du parti taïwanais au pouvoir inquiète Beijing. Mais compte tenu de l’opinion encore nuancée des Taïwanais, la Chine possède d’autres cartes dans son jeu.
Le mois dernier, les dirigeants du Kuomintang — le principal parti d’opposition à Taïwan — ont effectué un voyage de neuf jours en Chine continentale en vue de pourparlers avec leurs anciens ennemis communistes.
Ces parlementaires taïwanais souhaitent rassurer une partie de leur électorat qui craint que Taïwan subisse le même sort que l’Ukraine en se dressant comme un ennemi militaire de son puissant voisin.
De son côté, Beijing veut offrir à ce parti des arguments qui favoriseraient sa prise du pouvoir aux élections de janvier 2024 et du coup, qui prolongerait une stabilité rassurante autant pour les Chinois de Taïwan que pour ceux de Chine continentale.
Si cette stratégie échoue, la possibilité d’une invasion chinoise à Taïwan montera d’un cran.
Références :
Biden’s hugely consequential high-tech export ban on China, explained by an expert
China leading US in technology race in all but a few fields, thinktank finds
CHIPS and Science Act Will Lower Costs
En 2022, Taïwan exporte toujours plus de semi-conducteurs
Incident 228
La Chine détient de moins en moins de dette américaine et voilà pourquoi ça ne changera pas grand chose pour les Etats-Unis
La Chine augmente son budget de la Défense
L’armée française manque de munitions pour la haute intensité
La COVID-19 résulterait d’une fuite de laboratoire, selon un rapport américain
Les réserves de change de la Chine ont diminué de 51 milliards de dollars en février
Taïwan
Taiwan Independence vs. Unification with the Mainland
Taiwan’s KMT hopes for elections boost after China trip
Why Chinese AI and semiconductors could fall decades behind under US chip ban ‘blitz’
Why is unification so unpopular in Taiwan? It’s the PRC political system, not just culture
Parus depuis :
Former Taiwan president to visit China in unprecedented trip (2023-03-20)
Semi-conducteurs : « C’est bien une guerre industrielle et commerciale qui se joue dans le camp occidental » (2023-03-31)
China bans US chipmaker Micron from vital infrastructure projects (2023-05-22)
China overtakes US in contributions to nature and science journals (2023-05-24)
Qui finance la dette des États-Unis ? (2023-06-24)
China beats US in top global scientific ‘hot papers’ ranking: report (2023-09-21)
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Géopolitique, Politique internationale, Taïwan |
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Écrit par Jean-Pierre Martel
Le Tartufe de Melbourne
Publié le 10 mars 2023 | Temps de lecture : 2 minutesEn 2018, j’avais loué un appartement en banlieue d’Helsinki à l’occasion d’un voyage de dix-huit jours dans la capitale finlandaise. À mon arrivée, une des premières choses que j’y ai faites fut d’aller acheter des vivres.
À la plus grande des deux épiceries où je suis rendu, quelle ne fut pas ma surprise d’y voir une femme ouvrant d’une main une porte vitrée donnant sur des aliments congelés et tenant dans l’autre bras un bébé qu’elle allaitait.
Le sein était bien visible, sauf le mamelon caché par la tête du nourrisson.
La chose était tellement naturelle que la mère ne semblait pas se soucier qu’on puisse la voir.
Le 9 mars 2023 — soit le lendemain de la Journée internationale des femmes — une mère qui allaitait son bébé dans la salle d’audience d’une Cour de Melbourne (la capitale de l’État de Victoria, en Australie) a été priée par le juge de quitter les lieux.
Textuellement, le magistrat s’est exprimé ainsi :
“ Madame, vous ne serez pas autorisée à allaiter un bébé en Cour. Je suis désolé. Je vous demanderais de quitter [la salle]. Ce serait une distraction pour les jurés.”
À la suite de cet incident, le porte-parole de la ministre de la Justice de l’État de Victoria a déclaré qu’aucune mère ne devrait avoir honte d’allaiter publiquement son nourrisson.
De son côté, la ministre de la Famille, Igritt Sitt, s’est dite surprise et déçue qu’une telle chose puisse se produire en 2023 :
“ Le message important que nous voulons adresser aux mères de cet État est que nous les appuyons et défendrons leur droit de prendre soin de leur famille. Et si cela signifie allaiter son enfant à l’intérieur d’un édifice public, c’est une chose que nous allons non seulement tolérer, mais même encourager.”
Références :
Judge defends ejection of breastfeeding mother and baby from Melbourne court as ‘self-explanatory’
Voyage à Helsinki : jour 1
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Écrit par Jean-Pierre Martel
