Fuck la Cour suprême (suite)

Publié le 24 octobre 2010 | Temps de lecture : 6 minutes

Le 19 octobre dernier, je publiais un billet suggérant que le gouvernement du Québec déclare illégitimes* les dispositions de la Constitution canadienne relative à la langue d’enseignement et signifie son refus de s’y soumettre.

Les conséquences concrètes d’une telle déclaration sont les suivantes. Premièrement, le refus de participer à tout procès mettant en cause la constitutionnalité de la Loi 101 relativement à la langue d’enseignement et ce, devant n’importe laquelle instance juridique au pays. Deuxièmement, le refus d’honorer tout jugement à ce sujet, ce qui implique le refus de se soumettre à toute condamnation.

Voyons quelques objections.

Les absents ont toujours tort

Au contraire, l’expérience nous démontre que devant la Cour suprême, ce sont les présents qui ont toujours tort. Donc présents ou non, c’est pareil.

La Cour suprême n’est pas hostile au Québec ; elle ne fait qu’interpréter les lois et préciser la préséance de celles-ci en cas de conflit entre diverses dispositions législatives.

Nous avons vu dans la série Le français en péril, que le plus haut tribunal du pays a reconnu lui-même que les dispositions de Constitution canadienne relative à la langue d’enseignement ont été adoptées expressément pour contrer la Loi 101 du Québec. Donc, les dés sont pipés. Nous perdons notre temps et notre argent à plaider en faveur de la Loi 101 quand sa constitutionnalité est contestée.

Le gouvernement du Québec pourrait être condamné pour outrage au tribunal

C’est évident. Et après ? Pour un juge, l’outrage au tribunal équivaut à froncer les sourcils et à dire d’un air contrarié : « Tu n’es pas gentil ! ». C’est tout. S’il n’est pas assorti d’une amende ou d’une peine d’emprisonnement, il est sans conséquence.

Mais, justement, peut-il être assorti d’une pénalité ? N’étant pas avocat, je ne sais pas. Dans le cas d’une amende, qui va la collecter ? Voyez-vous les huissiers saisir les chaises de l’Assemblée Nationale du Québec ?

Au cours de la Deuxième guerre mondiale, le gouvernement canadien avait fait emprisonner le maire de Montréal de l’époque, Camillien Houde, en raison de son opposition à la conscription obligatoire. Son emprisonnement a duré du 5 août 1940 (le jour de son arrestation) jusqu’à l’été 1944.

De nos jours, si une folie semblable passait par la tête du gouvernement fédéral, il ne pourrait que compter sur la Gendarmerie royale et l’armée pour accomplir cette besogne puisque tous les autres corps policiers obéissent au gouvernement du Québec.

Le parti au pouvoir à Ottawa pourrait être tenté de se faire du capital politique auprès du Canada anglais en agissant de la sorte. Il faudrait donc se préparer en conséquence et tout mettre en œuvre pour que n’importe quelle tentative d’un coup de force du gouvernement fédéral tourne au vinaigre.

Les juges pourraient paralyser le système juridique

Oui, c’est une possibilité. Dans le cas d’une grève, Québec n’a qu’à voter une loi d’urgence qui ordonne le retour au travail des juges qui siègent aux tribunaux de compétence provinciale. Ces juges auraient alors le choix entre le retour au travail ou la désobéissance à la loi pour protester contre le refus de Québec d’obéir à la loi, ce qui est un peu contradictoire.

Si les juges choisissent plutôt de se traîner les pieds et d’allonger les délais de procédure, eh bien, si c’est le prix pour sauver le français au Québec, je suis prêt à payer ce prix-là.

Le gouvernement fédéral pourrait nous couper la péréquation

Le gouvernement du Québec prélève des centaines de millions de dollars d’impôt fédéral sur le revenu des employés des sociétés publiques et parapubliques, non seulement les fonctionnaires, mais également les employés d’hôpitaux, les professeurs, les policiers, les employés municipaux (note : les villes sont un domaine de compétence provinciale), etc.

Normalement ces sommes sont envoyées à Ottawa. Toutefois, si le fédéral décidait d’essayer d’affamer le gouvernement du Québec, ce dernier pourrait répliquer en le privant de la totalité de ces sommes afin d’atténuer les conséquences fiscales de la suspension des versements de la péréquation.

Conclusion

Le gouvernement fédéral et les provinces anglophones — qui ont adopté une nouvelle constitution en 1982 sur le dos du Québec — ont commis une grave erreur de jugement.

Même dans des pays envahis militairement, comme l’Irak et l’Afghanistan, la nouvelle constitution est adoptée par le peuple conquis ou ses représentants.

Dans ce cas-ci, on justifie l’imposition au Québec de cette camisole de force constitutionnelle par une logique qui découle d’intrigues de coulisses et de calculs politiques qui, avec le recul du temps, apparaissent sans importance.

Politiquement et moralement, l’adoption sans le Québec de la Constitution canadienne de 1982 est un scandale et une bombe à retardement.

Cette bombe fera son petit tic-tac tant et aussi longtemps que le Québec s’y soumettra stupidement même lorsque ses intérêts vitaux sont en jeu.

Mais le jour où le Québec décidera qu’assez c’est assez, la crise politique qui résultera de cette décision aura pour conséquence soit l’éclatement de la fédération canadienne ou, au contraire, son renforcement sur des bases nouvelles. Ce sera le résultat de la maturité et du pragmatisme des hommes et femmes politiques qui nous gouvernent.

Alors que les francophones sont devenus minoritaires à Montréal, alors qu’un nombre croissant de Néo-québécois choisissent l’anglais comme langue d’usage, alors que le gouvernement du Québec vient de s’aplatir comme une larve en légalisant les écoles passerelles, il devient de plus en plus urgent que le Québec se réveille.

*— Ces dispositions sont illégitimes parce souillées par le processus d’adoption de cette Constitution, processus au cours duquel un des peuples fondateurs du pays — le Canada anglais — impose une constitution à un autre peuple fondateur contre son gré. C’est ce qui est arrivé en 1982.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Des commerces qui ne servent pas en français

Publié le 23 octobre 2010 | Temps de lecture : 3 minutes

Avant-propos : voici une réplique que j’ai publiée aujourd’hui sur le site de Radio-Canada en réponse à trois messages postés pour commenter un reportage d’Éric Plouffe.

larousse écrit :

Ces quelques commerces, aidons les plutôt à se franciser de façon concrète.

Pour inciter les commerçants à embaucher du personnel parlant français, je ne connais pas de meilleure motivation qu’une amende sévère. Voilà quelque chose de concret. Plus que des belles paroles creuses. Et je ne connais pas de meilleure motivation pour un néo-Québécois à apprendre le français que la difficulté à gagner sa vie s’il ne parle pas notre langue.

Martineau écrit :

Juste quitte ; j’ai pas besoin de clients francais dans mon buisness (…)
Quand j’embauche, je ne cherche pas bilinque car je m’en fous…

J’aime bien les interventions de Monsieur Martineau : elles manquent un peu de rectitude politique mais ont le grand avantage de remettre à l’heure les pendules de tous ceux qui croient que l’on peut combattre le recul du français à Montréal avec des voeux pieux.

Critique écrit :

Or, Robert Plouffe ne montre que les vidéos « des pires commerces ». Évidemment, il visite NDG et l’avenue du Parc. Pourquoi ne pas aller dans le centre-ville, le Vieux-Montréal.

Le seul endroit en Amérique du Nord où je me sens chez moi, c’est au Québec. Or je ne peux pas me sentir chez moi là où on ne parle pas ma langue.

La bataille pour se faire servir en français, elle avait été gagnée dans les années ’60. Mais depuis une décennie, le français recule. Il recule sur le Plateau Mont-Royal et dans Maisonneuve (où j’habite depuis plus de trente ans), entre autres.

Je travaille dans trois établissements : environ la moitié des livreurs des compagnie de livraison de marchandise (DHL Express nommément) ne parlent pas français ou ne veulent pas le parler.

Je suis bilingue et je me fais un devoir de servir mes clients dans la langue officielle de leur choix. Toutefois, lorsque je suis client (en d’autres mots, lorsque c’est moi qui paie), j’exige d’être servi dans ma langue. C’est mon droit. Et ce n’est pas seulement mon droit dans une partie de Montréal : c’est mon droit partout au Québec.

Post-scriptum : Sur le site de Radio-Canada, 33 personnes se sont dites en accord avec mon intervention, tandis qu’une personne s’est déclarée en désaccord (soit un taux d’approbation de 97%).

Anecdote publiée à 7h58 le 31 août 2011 par un lecteur du Devoir : « J’ai porté plainte auprès de l’Office de la langue française contre un commerce du quartier chinois au sujet de l’affichage en français, ainsi que le service et les produits vendus non traduit en français. Après deux ans, rien n’a changé et on m’a fait comme réponse que si l’Office appliquait la loi, le magasin serait en faillite

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Des faits plutôt que des clichés

Publié le 20 octobre 2010 | Temps de lecture : 2 minutes

Avant-propos : voici une réplique que j’ai publiée aujourd’hui sur le site du quotidien Le Devoir en réponse à un message posté plus tôt.

bourgeoisgentilhomme écrit :

les péquistes (…) décrèteront des moratoires sur à peu près tout,
ils donneront plus de places en garderies, donneront davantage
à tous les pauvres. Au bout d’un an, on sera le pays le plus endetté
et le moins industrialisé en Amérique du Nord.

Durant neuf des dix dernières années de l’administration Landry (du Parti québécois), la croissance économique du Québec a dépassé la moyenne canadienne. À telle enseigne que le gouvernement fédéral avait décidé (à juste titre) de réduire légèrement la péréquation versée à notre province.

Aussitôt arrivé au pouvoir, le gouvernement Charest a coupé à tort et à travers dans les dépenses publiques afin de dégager (sans succès) le milliard de dollars promis comme réduction d’impôts aux riches contribuables, provoquant ainsi une contraction de l’économie. Résultat? La croissance économique du Québec est redevenue sous la moyenne dès la première année de son accession au pouvoir et n’a pas cessé de l’être depuis.

Alors monsieur le bourgeoisgentillomme, cessez ces tirades ridicules dignes de Molière et arrivez dans la réalité d’aujourd’hui, celle d’un gouvernement dont la bilan économique est désastreux (40% de perte à la Caisse de dépôt et de placement, par exemple)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Fuck la Cour suprême !

Publié le 19 octobre 2010 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

Les tribunaux, la police et l’armée constituent les outils répressifs de l’État. Lorsqu’un citoyen commet un excès de vitesse, ce n’est pas son député qui l’arrête ; ce dernier a simplement adopté une loi ou des règlements qui interdisent la conduite dangereuse, et ce sont les corps policiers et les tribunaux, payés par l’État, qui se chargent de faire respecter la volonté politique de celui-ci.

Dans la hiérarchisation des tribunaux du pays, les tribunaux de première instance sont de compétence provinciale. Au-dessus d’eux, la Cour supérieure est de compétence fédérale. La Cour d’appel du Québec, encore plus haute, est provinciale. Finalement, au faîte de cette pyramide, la Cour suprême du Canada est fédérale. Chaque niveau de gouvernement nomme ses propres juges et assure leur rémunération.

Alors si les tribunaux sont des créatures des États, pourquoi les gouvernements se soumettent-ils à leurs décisions ? Dans les États de droit, la soumission au pouvoir judicaire est essentielle à l’ordre social. Si chacun est libre d’obéir ou non aux tribunaux, la police ne peut faire respecter les lois et c’est l’anarchie. En somme, les gouvernements donnent le bon exemple.

Toutefois, cette soumission n’est rien d’autre qu’une convention. Une telle convention, aussi importante soit-elle, n’est pas sacrée. Or, il peut arriver — exceptionnellement — que des gouvernements jugent que l’avenir de leur population exige la désobéissance face à l’encadrement législatif auquel ils sont soumis.

La désobéissance civile et l’avenir du français

Précédemment sur ce blogue, nous avons vu que dans un de ses jugements, la Cour suprême du Canada a reconnu que les dispositions de Constitution canadienne relative à la langue d’enseignement ont été adoptées expressément pour contrer la Loi 101 du Québec.

Il n’est donc pas étonnant que diverses décisions de cette cour aient eu pour effet d’affaiblir la Charte de la langue française. En effet la Loi 101 exige que les Néo-québécois envoient leurs enfants à l’école publique française (à moins de payer en totalité pour l’enseignement privé dans une autre langue), alors que la constitution canadienne, au contraire, proclame la liberté de tout citoyen canadien de s’assimiler au groupe linguistique officiel de son choix et exige que les écoles publiques de la minorité soient accessibles à tous.

Or comme l’a démontré la série Le français en péril, le libre choix prescrit par la Constitution a pour conséquence inéluctable l’extinction du français au Québec.

Puisque la clause dérogatoire ne peut être invoquée par le Québec pour se soustraire à ses obligations constitutionnelles en matière de langue d’enseignement, cet affaiblissement de la Loi 101 a déjà des répercussions concrètes : les francophones sont devenus minoritaires sur l’île de Montréal et un nombre croissant d’allophones choisissent l’anglais comme langue d’adoption. Il est même devenu fréquent d’être servi en anglais alors qu’on s’est adressé en français à un employé : certains employés vont même jusqu’à refuser de nous servir en français.

Coincé entre son obligation légale de respecter la Constitution canadienne et son devoir moral d’assurer ici la survie du français, le gouvernement du Québec pourrait considérer la possibilité de la désobéissance civile.

Cette désobéissance est d’autant plus envisageable que le Québec n’a jamais signé l’entente constitutionnelle de 1982. En effet, cette constitution fut adoptée à la suite d’un déblocage survenu le lendemain d’une nuit de négociation intensive à laquelle le Québec n’avait pas été invité mais à laquelle toutes les provinces anglophones ont participé. Jamais le Québec n’a voté pour cette Constitution. Elle fut passée sur notre dos.

Imaginons que l’Assemblée nationale adopte une résolution à l’effet que dorénavant, face à tout conflit entre les dispositions de la Constitution relative à la langue d’enseignement et les dispositions correspondantes de la Loi 101, le Québec ne se sentirait pas lié par les devoirs constitutionnels imposés par le Canada anglais. Qu’arriverait-il ?

Un immense scandale et une crise politique majeure. Or cela tombe bien puisqu’à défaut d’une telle crise, jamais le Canada anglais acceptera de renégocier la Constitution canadienne.

Dans un article à suivre, nous examinerons les diverses conséquence que pourrait avoir une telle crise. Entretemps, je vous laisse songer à cette possibilité, impensable en d’autres temps, mais qui m’apparait envisageable dans le contexte actuel.

Note : la photo ci-dessus a été prise hier soir, lors de la manifestation contre la bâillon imposé pour forcer la légalisation des écoles passerelles (soit le projet de loi 103, devenu loi 115).

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La légalisation forcée des écoles passerelles

Publié le 15 octobre 2010 | Temps de lecture : 2 minutes
© 2010 — Image tirée du site de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal

Le 22 octobre 2009, la Cour suprême du Canada se prononçait contre la loi 104 (interdisant les écoles passerelles), tout en prolongeant son application pendant une année afin de laisser le temps au gouvernement du Québec de présenter une solution alternative.

Le gouvernement Charest se traîna les pieds jusqu’à la toute dernière journée de la session, en juin dernier, pour présenter la solution tant attendue, soit le projet de loi 103 (qui permet l’accès à l’école publique anglaise à ceux qui n’y ont pas droit en vertu de la Loi 101).

En supposant que le gouvernement ait été dans l’impossibilité de présenter plus tôt ce projet de loi, qu’est-ce qui l’empêchait de prolonger la session parlementaire ?

Rien. Mais plutôt que de débattre d’un sujet aussi important que l’avenir de la langue française au Québec, M. Charest s’est plutôt employé cet été à sa guérilla judiciaire contre Me Bellemare.

Si bien qu’aujourd’hui le gouvernement invoque l’urgence d’éviter un vide juridique pour imposer le bâillon à l’opposition et forcer l’adoption de son projet de loi.

Si monsieur Charest mettait autant de soin et d’énergie à défendre le français qu’il en met à garnir des coffres de son parti, il rallierait sans doute plus de personnes à sa cause.

Lundi soir prochain, le 18 octobre 2010, de 18h à 20h, se tient une manifestation-spectacle, au coin des rues McGill et Sherbrooke à Montréal, contre le projet de loi 103 (qui aura probablement été adoptée de force plus tôt dans la journée).

Références :
Jugement de la Cour suprême du Canada
Le bâillon lundi pour la loi 103 – Le gouvernement invoque l’urgence pour éviter un vide juridique

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Contre la climatisation du transport en commun

Publié le 14 octobre 2010 | Temps de lecture : 3 minutes
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L’édition d’avant-hier de l’hebdomadaire Métro (édition montréalaise) publiait une lettre de Michael Sévigny en faveur de la climatisation du métro. Ce dernier écrit : « …ni Bombardier-Alstrom, ni le gouvernement, ni la (Société de transport de Montréal) ou l’hôtel de ville n’a soulevé la question du soulagement, celui auquel les usagers rêve (sic), c’est-à-dire des wagons climatisés. ».

Monsieur Sévigny n’est pas seul dans son combat ; le parti politique Projet Montréal propose également de climatiser le métro et les autobus. Cela représente une dépense de 125 millions de dollars.

Le mois dernier, lors de mon voyage à Shanghai, j’ai eu l’occasion de constater ce qui arrive lorsqu’une société de transport dispose de wagons climatisés (photo ci-dessus). Et je suis revenu de vacances fermement convaincu que cela serait inapproprié.

Présentement, les wagons du métro de Montréal ne sont pas climatisés. Conséquemment, la température qu’il y fait est une fatalité contre laquelle tout le monde est impuissant ; lorsqu’il fait chaud à l’extérieur, il fait habituellement un peu plus chaud dans le métro et inversement, durant la saison froide, il y fait un peu mois froid qu’à l’extérieur. Dans les deux cas, les usagers sont habillés en conséquence, ce qui n’empêche pas des personnes comme M. Sévigny d’y suer à longueur d’année, selon son propre témoignage.

Mais dès que quelqu’un aura le pouvoir de contrôler la température du métro, la bataille s’engagera entre les frileux (qui détestent l’air climatisé et qui auront toujours froid) et les personnes, comme M. Sévigny, qui y suent même l’hiver et qui réclameront un métro toujours plus glacial. Il y aura ceux qui veulent qu’on tourne le bouton à gauche et ceux qui veulent qu’on le tourne à droite. Et ce sera à qui se plaindra le plus fort.

Concrètement, la Société de transport recevra chaque année des centaines de plaintes réclamant des solutions opposées. Cela signifie l’achat et l’entretien de centaines ou de milliers de systèmes de climatisation. Il faudra également prévoir des moyens d’acheminer cette chaleur vers l’extérieur des stations (afin d’éviter qu’elle ne s’accumule dans les stations, les rendant encore plus insupportables à certains) et des frais d’électricité accrus.

Quant à la climatisation des autobus, selon la STM, leur climatisation augmenterait leur consommation en carburant de 20 à 25% et engendrerait 3,200 tonnes de gaz à effet de serre de plus par an.

Si la climatisation comporte autant d’inconvénients, alors pourquoi Shanghai a-t-elle choisit de climatiser ses wagons de métro ?

C’est que, contrairement à Montréal, Shanghai dispose d’un climat sub-tropical. Le mois dernier, il a fait une température maximale de 32 degrés Celsius durant sept jours consécutifs. Pouvez-vous imaginer la température qu’il y fait en juillet et en août ? En somme, les passagers du métro de Shanghai courent un risque d’hyperthermie considérablement plus élevé que le risque encouru ici, dans une ville où il fait frais ou froid neuf mois par année, sinon plus.

Référence :
La climatisation du métro est un gaspillage énergétique, dit Transport 2000

Détails techniques de la photo : 
Panasonic GH1, objectif Lumix 20mm F/1,7 — 1/100 sec. — F/1,7 — ISO 100 — 20 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Gifle diplomatique pour Monsieur Harper

Publié le 13 octobre 2010 | Temps de lecture : 3 minutes

Le Conseil de sécurité de l’ONU est composé de quinze membres, dont cinq permanents, qui disposent chacun d’un droit de veto. En 1945, lors de la création de cette organisation, le Conseil de sécurité ne comptait que quatre membres permanents, soit États-Unis, la France, l’URSS et le Royaume-Uni. Aux lendemains de la deuxième guerre mondiale, ces pays étaient les quatre grandes puissances victorieuses de ce conflit. Depuis, la Chine est devenue le cinquième membre permanent du Conseil de sécurité.

À ce nombre s’ajoute dix membres non-permanents, élus pour deux ans par l’Assemblée générale de cette organisation. Les membres non-permanents ont droit de vote mais n’ont pas droit de veto. À six reprises depuis soixante ans, le Canada a fait application pour devenir membre du Conseil de sécurité et à chaque fois, notre pays a été élu.

Cette année, notre pays a soumis sa candidature pour la septième fois, en compétition avec l’Allemagne et le Portugal. L’Allemagne a été élue au premier tour alors qu’au second, le Portugal a obtenu 113 votes contre seulement 78 pour le Canada. Puisqu’aucun de ces deux derniers pays n’a obtenu le nombre de votes suffisant — soit les des deux tiers des pays présents à l’Assemblée générale, c’est-à-dire 127 votes — il devait y avoir un troisième tour. Plutôt que de subir une défaite cuisante, le Canada a préféré retirer sa candidature. Tous les observateurs s’entendent pour dire qu’il s’agit d’un revers extrêmement humiliant pour le gouvernement Conservateur canadien.

Dans la mesure où le Canada est perçu comme le petit caniche des États-Unis en politique étrangère, beaucoup de pays ne voient pas l’utilité de lui donner un siège au Conseil de sécurité puisque cela revient à en donner deux aux Américains. Également, le refus du Canada d’honorer ses engagements à réduire sa pollution en vertu du Protocole de Kyoto — protocole qu’il a signé — constitue un scandale diplomatique. En effet, le Droit international oblige tout pays à respecter ses engagements.

Le gouvernement Conservateur canadien, dirigé par le Premier ministre Harper, récolte donc ce qu’il a semé.

Quant à la déclaration du Premier ministre à l’effet que cette défaite ne détournera pas le Canada de ses principes, à ce que je sache, le refus d’honorer ses engagements internationaux est une absence de principe et non le contraire.

Références :
Conseil de sécurité: humiliante défaite pour le Canada
Dur revers pour le Canada aux Nations unies
Le Canada reçoit une gifle à l’ONU

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Ring de Lepage : ahurissant !

Publié le 12 octobre 2010 | Temps de lecture : 4 minutes
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Pour ceux qui ne connaissent pas Le Ring de Wagner, c’est une série de quatre opéras (donc une tétralogie) dont l’histoire est tout simplement un conte de fée pour grandes personnes, avec ses dieux, ses géants, ses nains, ses dragons, son anneau et son heaume magiques, etc.

Ma première écoute de cette tétralogie remonte à il y a vingt ans. C’était la version dirigée par Georg Solti (un chef hongrois). Celle-ci avait fait sourciller les puristes à l’époque puisque les bruits qu’on entendait dans cette version captée en studio étaient ceux créés par des bruiteurs et non des bruits de scène. Dans le monde très conservateur de l’opéra, une telle chose était presqu’une hérésie. Toutefois, dès ce moment-là, j’avais acquis la conviction que seul le dessin animé et les trucages cinématographiques pouvaient rendre justice à l’histoire extraordinaire imaginée par Wagner.

Je suis demeuré du même avis après avoir vu, beaucoup plus tard, deux versions différentes sur DVD de l’Or du Rhin (le premier opéra de la série) dirigé respectivement par Boulez et Karajan, et après avoir assisté le 9 septembre dernier, à Shanghai, à une production allemande, mise en scène par le canadien Robert Carsen.

C’est donc avec intérêt que j’ai assisté, samedi dernier, à la retransmission de L’Or du Rhin mis en scène par Robert Lepage au Metropolitain Opera. Dramatiquement et musicalement, cette production a été qualifiée de réussite par le redoutable et capricieux critique de La Presse, M. Claude Gingras. Ce dernier a presque tout aimé sauf la scénographie de Lepage. Il faut préciser que ce critique a la réputation d’assister aux opéras en lisant la partition ouverte sur ses genoux. Si cette rumeur est vraie, on se doute bien qu’il n’a pas pu apprécier à sa juste valeur le dispositif scénique du spectacle.

Ce dispositif pèse 42 tonnes et a coûté 15 millions de dollars. Il se compose d’une série de panneaux verticaux d’aluminium pouvant pivoter sur un axe horizontal. Des vidéos projetées à leur surface transforment le tout successivement en masse aquatique, en rive du Rhin, en caverne et, de manière générale, créent tous les lieux exigés par le livret.

Par exemple, au début de l’opéra, lorsque trois ondines protègent le trésor qui leur a été confié au fond du Rhin, celles-ci sont attachés à des harnais et suspendues par des fils d’acier devant la vidéo projetée d’un immense bassin d’eau, tandis qu’un logiciel fait naître au dessus de chacune d’elles des bulles dont le nombre varie en fonction de l’intensité de leur voix respective ; plus elles chantent fort, plus le logiciel leur accorde de bulles. Voilà de nos jours, comment on motive les interprètes…

Dans cette production, le metteur en scène (Robert Lepage) est québécois. Le scénographe et créateur du dispositif scénique (Carl Filion) est québécois. Les costumes ont été créés par François St-Aubin, un québécois. Les éclairages sont d’Étienne Boucher, du Québec. Les programmeurs, eux, habitent les environs de la vieille capitale. Toutefois le compositeur et librettiste (Wagner) est allemand…

Et la question qui tue (comme dirait l’animateur de Tout le monde en parle) : Est-ce que tout cela a réussit à faire naître la magie et le merveilleux du livret de cet opéra ?

Personnellement, j’ai trouvé ce spectacle ahurissant. Les éclairages ont parfaitement contribués à créer les lieux et climats des différentes scènes. Le dispositif de Filion est extraordinaire et fait entrer cet opéra dans un monde multimédia digne de notre temps. Un bémol : le butin en or massif offert comme rémunération pour la construction du palais des dieux n’était pas très impressionnant.

Je serais surpris qu’il reste des billets pour les deux autres retransmissions prévues (les 20 et 29 novembre prochains). Toutefois, cet opéra sera gravé sur DVD. Si vous êtes amateur d’opéra, il ne vous reste plus qu’à attendre la sortie du DVD, chaudement recommandé.

Références :
Das Rheingold au Metropolitan Opera – Lepage convainc New York
James Levine Is Back for Met’s Opening Night
Le «Rheingold» de Lepage au MET : tout… sauf la scénographie !

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La légalisation de la prostitution au Canada

Publié le 11 octobre 2010 | Temps de lecture : 8 minutes
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Dans son jugement du 28 septembre dernier, la juge Susan Himel de la Cour Supérieure de l’Ontario a déclaré inconstitutionnels trois articles du Code criminel du Canada entourant la prostitution. Ce sont les articles prohibant la sollicitation dans un lieu public, la tenue d’une maison close et la possibilité de vivre des fruits de la prostitution. En d’autres mots, cette juge a, de facto, décriminalisé la prostitution au Canada. Ce jugement a semé la controverse ; certains ont bien accueilli cette décision (portée depuis en appel) alors que d’autres l’ont condamnée.

Ce qui m’a incité à prendre position à ce sujet, c’est un éditorial du Devoir opposé la légalisation. J’ai été surpris de voir que certaines de celles qui prêchaient hier le droit des femmes de faire ce qu’elles veulent de leur corps — quand il s’agit de se débarrasser d’un fœtus — prêcher aujourd’hui qu’elles ne peuvent pas le louer. J’ai dû manquer une partie de la démonstration parce que cela ne me parait pas très logique. Oui ou non, les femmes ont-elles le droit de mener leur vie comme elles l’entendent ? Ultimement, ont-elles le droit de se tromper et de faire de mauvais choix ? Se sont-elles affranchies d’un pape romain pour devoir se soumettre aussitôt au dogme des papesses de la morale bourgeoise ?

Pour Marie-Andrée Chouinard du Devoir, cette forme d’exploitation sexuelle constitue une marchandisation du corps de la femme. À mon avis, cela est inexact. La femme qui se prostitue ne met pas en location le corps de toutes les femmes, mais seulement le sien. De manière analogue, si un homme se prostitue, cela n’appose pas un prix de location à mon corps à moi. S’il augmente son tarif, mon corps ne prend pas de la valeur. S’il se prostitue à rabais, cela n’a pas de répercussion ni sur moi, ni sur aucun autre homme. Donc madame Chouinard charrie.

Elle ajoute, au sujet des 33 femmes, majoritairement prostituées, assassinées en Colombie-Britannique par un tueur en série : « Ces victimes auraient-elles été épargnées dans une juridiction consacrant le règne des maisons closes légales avec réceptionniste, chauffeur, caméra vidéo et gardiens de sécurité? Il semble qu’on nage ici en pleine utopie. » Pas du tout. Si les prostituées qui exercent en maison close pouvaient choisir leur lieu de pratique comme les médecins le font, elles exerceraient leur métier de manière tout aussi sécuritaire que n’importe quel d’entre eux.

Lors de la sortie aux Pays-Bas du film The Postman, mettant en vedette Kevin Costner, on a loué le Yab Yum — le plus chic bordel d’Amsterdam (photo ci-dessus) — pour y inviter l’acteur américain et sa suite. Celui-ci était d’une humeur exécrable. S’est-il senti permis de passer sa contrariété sur les praticiennes qui s’y trouvaient ? En fait, oui. Mais pas au point de les battre ni de les blesser physiquement. Donc la prostitution sera toujours un métier difficile, légalisé ou non, mais sa légalisation permettra à certaines praticiennes de l’exercer dans des maisons closes de luxe, ce qui est impensable lorsque cette industrie est constamment menacée de perquisitions et de saisies.

D’un autre côté, pour celles qui sollicitent les clients potentiels sur la rue, la légalisation de la prostitution ne les protège pas d’un autre tueur en série. Toutefois, elle leur donne le pouvoir de s’opposer à une multitude d’abus dans l’exercice de leur métier.

Les hommes ont appris que lorsqu’une femme dit non, cela veut dire non. Mais beaucoup de clients de prostituées croient que parce qu’ils paient, ils ont tous les droits et ont droit à tout.

Avec la légalisation de la prostitution, quand une prostituée change d’avis au cours d’une prestation de service — parce qu’elle se rend compte que les exigences du client lui déplaisent ou pour toute autre raison — elle a le droit de refuser. Cela est impensable actuellement. Lorsqu’un client commence à battre une prostituée que peut faire celle-ci ? Aller se plaindre à la police ? Évidemment pas. C’est pourquoi beaucoup d’entre elles sentent le besoin de la protection d’un souteneur qui habituellement finit par abuser d’elles précisément parce qu’il sait qu’elles n’ont aucun recours. Avec la légalisation de la prostitution, les gardes du corps d’une prostituée deviennent ses employés et conséquemment, lui doivent le respect.

Et si une prostituée refuse de dispenser un service payé d’avance, que risque-t-elle ? La même chose qu’une commerçante de mauvaise foi. Quel client a le droit de battre une vendeuse parce qu’elle refuse de le rembourser ? Ce sera la même chose avec la légalisation de la prostitution. Dispensateurs et clients auront des moyens légaux de résoudre leurs conflits, d’où une diminution de la violence.

De plus, contrairement à une idée reçue, les prostituées n’entretiennent pas dans l’esprit de leurs clients l’idée que le corps de la femme est un objet de location. Le client a déjà la perception que certaines femmes sont à louer au moment où il entame la recherche d’une prostituée. Le consentement d’une d’entre elles ne fait que confirmer sa présomption de départ. Mais si toutes les femmes refusaient de se prostituer, ne serait-il pas forcé de changer d’avis ? Oui, très certainement. Mais quelles sont les probabilités que cela arrive ?

Pour Marie Charbonniaud de Châtelaine, des rapports sexuels impersonnels et répétés entraine une désensibilisation par rapport au corps et aux sentiments, ce qui peut mener à la dépression, voire au suicide (des prostituées). Hmmm… se peut-il que la toxicomanie, présente chez une bonne partie d’entre elles, soit la cause plus immédiate de ces suicides et que la dépréciation de l’estime de soi qu’entraine ce métier ne soit qu’un facteur contributif habituellement secondaire ?

Rose Dufour de la Maison Marthe écrit : « modifier les articles du Code criminel canadien dans ce sens donnerait aux proxénètes et aux acheteurs de sexe le droit constitutionnel et la légitimité de vendre nos femmes ». Je sens ici un peu d’exagération. Le jugement de la Cour suprême de l’Ontario ne permet pas de contraindre les femmes à faire quoi que ce soit contre leur gré. Il leur permet simplement de louer leur corps si elles le désirent.

Il est vrai que cela donne le feu vert à des entrepreneurs pour structurer cette industrie à leur profit. Lorsque j’ai visité Amsterdam en 2006, j’ai bien vu dans les vitrines des maisonnettes qui entourent l’église Oude Kerk, que les prostituées sont majoritairement slaves ou latino-américaines. Donc, on les a fait venir d’ailleurs pour répondre aux besoins d’une clientèle touristique, essentiellement.

La légalisation de la prostitution au Canada, risque-t-elle d’entrainer un phénomène similaire ? Sans aucun doute. Et après ? Que des touristes américains trouvent ici une liberté qui leur manque dans leur pays d’origine et qu’ils viennent ainsi contribuer à la prospérité de notre économie, est-ce si mal que cela ? Montréal a profité de la prohibition de l’alcool aux États-Unis au début du XXe siècle : pourquoi ne profiterions-nous pas de la manie actuelle de la Droite religieuse américaine de vouloir imposer ses valeurs morales puritaines à ceux qui ne les partagent pas ?

Ce qui compte, c’est la manière dont cette industrie sera encadrée. Voulons-nous voir des femmes aux seins nus dans des vitrines de magasin sur la rue Sainte-Catherine ? Voulons-nous être harcelés par des publicistes de l’industrie du sexe sur toutes les rues commerciales de la ville ? Au sortir de l’école, voulons-nous voir nos adolescentes se faire offrir des emplois bien rémunérés dans cette industrie ? Probablement pas. C’est ce qu’il faut prévoir maintenant. C’est pourquoi nous devons envisager cette légalisation d’un point de vue pragmatique et non idéologique.

Références :
La prostitution en Nouvelle-Zélande
Maisons closes: le débat est ouvert
Ontario – Un jugement ouvre la porte à la décriminalisation de la prostitution
Prostitution – Rien de banal!

Parus depuis :
Simone de Beauvoir souhaiterait une décriminalisation de la prostitution (2013-06-15)
Amnistie vote pour la décriminalisation de la prostitution et du proxénétisme (2015-08-11)
Le travail du sexe est souvent un choix, selon une recherche de l’Université de Victoria (2017-02-10)
Bilan sévère des effets de la loi de 2016 sur la prostitution (2018-04-12)
La prostitution, stratégie de survie dans le Montréal du XIXe siècle (2021-04-09)

Détails techniques de la photo : Canon Powershot G6 — 1/400 sec. — F/2,0 — ISO 50 — 7,2 mm

Post-scriptum : Trois ans après la rédaction de ce texte, la Cour suprême du Canada a confirmé — par un jugement unanime — que l’interdiction des bordels, du proxénétisme et la sollicitation était anticonstitutionnel au Canada.

3 commentaires

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Vidéotron et le financement obligatoire de la culture anglaise
par Christian Huot

Publié le 8 octobre 2010 | Temps de lecture : 3 minutes


Préambule : Voici un texte que Christian Huot a écrit en réponse au texte ‘La défense du français et le peur de la réprobation internationale’.

En raison de sa qualité, j’ai choisi de faire de ce commentaire un billet ‘officiel’ du blogue.

 
« Ceux qui soutiennent le projet de loi 103 au nom de la liberté et de l’ouverture d’esprit me font penser à ces personnages de film qui chantent des cantiques et sèment des pétales de rose en se rendant à l’arène où ils seront dévorés par les lions. »

C’est vraiment curieux…

Ceux qui soutiennent le libre choix de la langue de l’éducation au Québec, ignorent volontairement que ce choix n’existe pas hors Québec. À l’exception des « ayant droit » de la minorité historique francophone, là où le nombre le justifie, tous fréquenteront les écoles collèges et universités anglophones.

Ils ignorent aussi volontairement que ce choix de la langue n’existe pas, non plus, à la culture audiovisuelle. C’est le secret le mieux gardé du Québec, tous politiciens et tous immigrants ou allophones confondus.

Le gardien de ce secret est nul autre que le câblodistributeur Vidéotron.

Au site du câblodistributeur, à la page du service de base «classique», tous les abonnés francophones et allophones recevront et payeront obligatoirement pour les canaux et chaînes de l’anglo-saxon canadien et américain.

ABC Plattsburgh (WVNY) * CBC Montréal (CBMT) * CBC News Network * CBS Burlington (WCAX) * CJNT Montréal CNN * Country Music television (CMT) CTV Montréal (CFCF-12) * Discovery Channel * FOX Burlington (WFFF) * Global Québec (CKMI) * NBC Plattsburgh (WPTZ) * PBS Plattsburgh (WCFE) * PBS Vermont (WETK) * Rogers Sportsnet East * The Learning Channel (TLC) The Sports Network (TSN) * YTV

Cela veut dire…

S’il y a 1,8 million d’abonnés à Vidéotron, il y a au moins 1,2 millions de francophones qui financent obligatoirement la langue et culture de l’anglo-saxon.

Qui paient mensuellement 53% de leur facture ou quelque 16,8 $ millions au câblodistributeur pour ces canaux et chaînes. Peut importe s’ils ne comprennent pas la langue et la culture et ne regardent jamais ces postes de l’anglo-saxon. Sinon pas de service.

Financer son remplacement et sa propre disparition par l’éducation et la culture dans une langue étrangère, dans sa terre natale, faut le faire. C’est extrêmement rare. C’est inexistant ailleurs parmi les peuples des 25 pays des trois Amériques.

Plus soumis volontairement à un régime ethniste et colonialiste que la majorité francophone du Québec, appelés Québécois, c’est impossible à trouver ailleurs au monde.

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Écrit par Jean-Pierre Martel