La place des Montréalaises ou le design sans âme

Publié le 22 novembre 2025 | Temps de lecture : 5 minutes
Vue aérienne

Située à l’ouest de la rue Sanguinet (au haut de la photo), entre l’avenue Viger (à gauche) et l’esplanade du Champ-de-Mars (coin supérieur droit), la place des Montréalaises est un espace public de deux hectares qui rend hommage à 21 femmes; sept pionnières qui ont marqué l’histoire de Montréal et les 14 victimes du féminicide de l’École polytechnique.

Annoncée par l’administration Coderre en 2017, la place fut réalisée principalement sous l’administration Plante au cout de cent-millions de dollars.

Elle se divise en trois parties : les Boisés, l’Emmarchement Hommage, et le Pré fleuri.

Les Boisés

Les Boisés constituent la partie nord de la place. Entourant sur trois côtés la station de métro Champ-de-Mars, ils célèbrent la mémoire de Marie-Josèphe-Angélique.

Actuellement peu arborés, les Boisés le seront davantage quand le tout sera à maturité.

Marie-Josèphe-Angélique est une esclave noire de 29 ans accusée d’avoir provoqué un incendie qui a jeté à la rue plusieurs centaines de personnes en 1734.

Elle fut pendue puis brulée le 21 juin de cette année-là, après avoir avoué sa culpabilité sous la torture et à la suite d’un procès au cours duquel les témoignages entendus étaient le reflet des préjugés de l’époque.

Bref, il n’existe aucune preuve sérieuse ni de sa culpabilité ni de son innocence.


Miroir des Montréalaises

Dans cette partie de la place, on trouve le Miroir des Montréalaises, œuvre de l’artiste Angela Silver, chargée de cours à l’École d’architecture de McGill. Y sont gravés les noms des 21 femmes honorées.

L’Emmarchement Hommage


Emmarchement Hommage

Entre les Boisés et le Pré fleuri, le trajet en zigzag conçu pour les personnes handicapées porte le nom d’Emmarchement Hommage.

Il comprend des gradins décorés, çà et là, de lettres majuscules individuelles qui, selon les concepteurs, composent les noms de toutes les Montréalaises. Évidemment.

Le Pré fleuri

Le Pré fleuri

La place est complétée par une immense dalle triangulaire en béton, percée de trous dans lesquels poussent des plantes décoratives. Ce sont autant de bouquets offerts aux femmes que cette place honore.

Les défauts majeurs de la place des Montréalaises

Il est indéniable que les femmes ont marqué l’histoire de notre ville. L’idée de leur rendre un hommage particulier est donc une excellente idée.

Malheureusement, cet hommage souffre de deux défauts majeurs.

La première est l’éclectisme de son message.

Il y a des lieux pour se recueillir devant un monument qui rappelle les victimes d’une tragédie et il y a d’autres lieux pour célébrer les personnes qui ont fait la grandeur de notre histoire.

Voilà pourquoi les cimetières accueillent plus souvent des cénotaphes que des arcs de triomphe.

En combinant les deux, la place des Montréalaises est inconsistante.

D’autant plus qu’elle élève au rang de martyre une personne controversée du XVIIIe siècle, portée aux nues, de manière clivante, par le mouvement woke.

L’autre défaut de la place des Montréalaises est que c’est un ilot de chaleur. En effet, plus de la moitié de sa surface est bétonnée.

Au gros soleil, lors d’une canicule, cette place est le dernier endroit en ville où on veut se trouver.

Voilà pourquoi, du point de vue fonctionnel, elle n’est qu’un lieu de passage entre la station de métro et le Vieux Montréal.

Des arbres fruitiers et des haies

J’encouragerais les autorités municipales à modifier légèrement le concept très ‘design’ de cette place en y plantant des arbres fruitiers de différentes espèces dans les trous du Pré fleuri.

Plutôt que des bouquets — le cliché veut que les femmes aiment recevoir des fleurs — ce serait plutôt une mini-forêt nourricière qui rendrait ainsi hommage aux Montréalaises.

La nuit, en plus de la vingtaine de lampadaires déjà existants, un éclairage placé aux pieds des arbres fruitiers transformerait ceux-ci en sources lumineuses indirectes qui feraient du Pré fleuri un endroit féérique.


Zones gazonnées

La manie du gazon fait très XXe siècle. Aux pieds de l’Emmarchement Hommage, remplacer ce gazon banal par des haies basses formant un labyrinthe serait un complément interactif et ludique pour les personnes qui visiteraient la place.

Au sujet des arbres fruitiers

Pommiers du Jardin des Franciscains, à Prague

À Prague, plusieurs parcs sont plantés d’arbres fruitiers. Ils le furent à l’époque communiste, afin de nourrir gratuitement les habitants pauvres de la ville.

Faire la même chose à la place des Montréalaises, cela entraine que des fruits se retrouvent au sol à l’automne. Des fruits qui attireront de la vermine et que des employés municipaux devront enlever pour les composter.

Et ce sont également des sucs qui, en s’oxydant, terniront la blancheur du beau béton blanc de la place.

Mais c’est ça, la vie : c’est salissant.

Qu’on offre à l’automne des gâteries aux sans-abris de la ville, c’est un exemple d’empathie féminine.

Qu’on transforme une place morte en un lieu de vie et d’interactions sociales où les personnes qui habitent ou qui travaillent dans quartier aimeront passer du temps, voilà qui est très féminin.

C’est de cette manière, à mon avis, qu’on devrait rendre hommage aux Montréalaises.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’indépendance du Québec : Ottawa panique (1re partie)

Publié le 20 novembre 2025 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

Hier, à son arrivée au caucus libéral fédéral, un député représentant une circonscription de Laval peuplée majoritairement de citoyens bilingues a déclaré :

Si le Québec se sépare, comme le Parti québécois veut le faire, qui va protéger le Québec s’il ne fait plus partie du Canada ?
[…]
Ça va faciliter la tâche pour que Donald Trump vienne avec son armée, avec sa gang, prendre le contrôle du Québec
.

Un bouclier de carton

Depuis des décennies, les États-Unis sont le principal fournisseur du Canada en matière d’armement.

Les entreprises américaines ont toujours été libres d’effectuer du démarchage directement auprès des plus hauts gradés de l’armée canadienne. Si bien que ceux-ci sont devenus des évangélistes de l’industrie militaire américaine.

Le problème est de deux ordres.

Premièrement, les armes qu’achète le Canada auprès des États-Unis sont conçues pour être utilisées lors de conflits asymétriques, comme en Afghanistan et en Syrie, où les puissances occidentales avaient la maitrise des airs et bombardaient des cibles au sol dont l’armement était beaucoup moins sophistiqué.

À l’opposé, dans un conflit où l’ennemi du Canada acquiert rapidement la maitrise de notre espace aérien, ce dont le Canada a besoin, ce sont des missiles sol-air analogues à ceux que l’Ukraine utilise pour détruire les chasseurs-bombardiers russes et obliger la Russie à bombarder l’Ukraine à partir du territoire qu’elle contrôle.

Et contre les chars d’assaut américains, ce dont le Canada a besoin, ce sont des drones.

Ce qui nous amène à un deuxième problème.

Les armes les plus puissantes que la Canada achète aux États-Unis sont celles que le Pentagone peut inactiver à distance. C’est le cas des chasseurs-bombardiers F-35.

Et ce sont ces armes qui, pour fonctionner, nécessitent des données de géolocalisation fournies par les États-Unis. Comme c’est le cas des missiles antimissiles américains.

Bref, la protection actuelle du Canada contre l’envahissement improbable des États-Unis est un bouclier de carton.

La meilleure défense du Canada serait celle utilisée par la Russie pour lutter contre l’armée napoléonienne, c’est-à-dire une politique de terre brulée.

En clair, c’est la destruction de tous les oléoducs et de tous les champs pétroliers albertains, de même que de toutes les lignes de transmission électriques du Québec vers les États-Unis.

Dans ce dernier cas, nous n’avons pas besoin du Canada pour ce faire; un Québec indépendant peut très bien le faire lui-même. Et ce, beaucoup plus rapidement.

Parce que, face à une telle perspective, Ottawa hésitera toujours par crainte que l’Alberta déclenche son propre référendum en faveur de son indépendance.

Voilà pourquoi, un Québec libre de ses choix sera toujours plus prompt à défendre ses intérêts que s’il attend après que les mandarins de l’État canadien aient soigneusement pesé le pour et le contre de leurs décisions sur l’unité du pays.

Pour terminer, remercions le député Angelo Iacono de nous avoir donné une occasion de traiter de ce sujet… tout en l’invitant à travailler à ce que son gouvernement achète dorénavant des armes européennes plutôt que celles d’un pays qui nous menace et qui nous livre une guerre commerciale.

Références :
Indépendance du Québec : un député libéral fédéral craint une invasion américaine
Quand des soldats américains ont envahi le territoire canadien

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Stratégie industrielle du Québec : la panne d’idée de François Legault

Publié le 19 novembre 2025 | Temps de lecture : 7 minutes

Introduction

Sous le thème de l’avenir énergétique du Québec, le premier ministre du Québec participait la semaine dernière à l’émission Une époque formidable, animée par Stéphane Bureau.

À cette occasion, François Legault y est apparu charmeur et en pleine possession de ses moyens. Au cœur du débat, il y a notamment déclaré :

L’intelligence artificielle a besoin de centres de données. Les centres de données ont besoin d’électricité. Et il n’y en a pas aux États-Unis.

Le prochain siècle va être le siècle de l’énergie. Ça risque (sic) d’être le siècle du Québec. Parce qu’on a […] cette batterie, cette expertise d’Hydro-Québec que les autres n’ont pas.
[…]
Ce qu’on veut, […] c’est doubler la capacité [de nos barrages hydroélectriques] pour attirer plus, entre autres, de centres de données.

En premier lieu, il faut noter la constance de son point de vue à ce sujet; dès 2021, le gouvernement de la CAQ annonçait son désir de faire du Québec l’eldorado des centres de données.

D’autre part, après sept ans au pouvoir, François Legault n’a pas encore compris que, tout comme les fermes de minage de cryptomonnaie, les centres de données entrainent très peu de retombées économiques.

Ils ont besoin de main-d’œuvre au moment de la construction de leurs bâtiments. Mais une fois cela complété, ils sont hautement automatisés et donc, fonctionnent tout seuls ou presque.

Et puisque ces entreprises délocalisent leurs profits vers des paradis fiscaux, ils ne représentent pas une source intéressante de revenus pour l’État. Bref, fiscalement, c’est du bois mort.

De toute évidence, le premier ministre semble ignorer que c’est aux États-Unis, pourtant si pauvres en énergie selon lui, que se construisent les plus colossaux centres de données destinés à l’IA.

Ce qui devrait nous obliger à remettre en question le modèle de développement économique du Québec reposant un peu trop sur l’abondance de nos ressources hydroélectriques.

Colossus 2

Pour nous convaincre de la futilité des ambitions de la CAQ, il suffit de s’intéresser au cas du centre de données Colossus 2, construit plus tôt cette année à la frontière entre le Tennessee et le Mississippi.

On y trouve l’équivalent de cent-mille ordinateurs. À elle seule, l’usine a besoin d’une puissance de 1,2 gigawatt d’électricité, soit près de la moitié de la puissance combinée des centrales Manic-5 et Daniel-Johnson.

Puisque ni le Tennessee ni le Mississippi n’étaient en mesure de l’alimenter, Colossus 2 s’est doté de sa propre centrale thermique alimentée au gaz fossile. Le cout de cette infrastructure représente le cinquième du budget de construction de l’usine.

Il y a une décennie, le climat nordique du Québec et de l’Islande en faisait des lieux de prédilection pour l’implantation de centres de données.

Mais de nos jours, la densité des microprocesseurs dans une usine d’IA est telle que le simple refroidissement à l’air ne suffit plus. Il faut donc toute une canalisation d’eau froide qui vient les refroidir au plus près.

Environ le tiers de l’énergie nécessaire au fonctionnement de l’usine sert à climatiser ses microprocesseurs, c’est-à-dire à dissiper la chaleur produite par les deux autres tiers.

Pour ce faire, l’usine a besoin de 49 millions de litres d’eau par jour.

Puisque cela dépasse la capacité des usines d’épuration des villes environnantes, plutôt que de puiser dans les nappes phréatiques (qu’il aurait aussitôt asséchées), Colossus 2 a fait œuvre utile en se dotant de filtres — plus précisément, des plus grands bioréacteurs à membrane de céramique au monde — afin de traiter les eaux usées de la ville de Memphis.

Pourquoi pas le Québec ?

La question fondamentale à se poser est la suivante : alors que l’électricité du Québec est moins chère que celle de n’importe quel État américain, et même moins chère que celle produite par une centrale thermique au gaz fossile, pourquoi donc cette usine a-t-elle été construite à la jonction du Tennessee et du Mississippi.

Je n’ai pas de certitude à ce sujet.

Mon hypothèse est que pour les géants industriels qui investissent dans l’IA, celle-ci est une ressource stratégique qui sera aussi indispensable à l’avenir que l’électricité l’est aujourd’hui.

À la différence qu’une source d’énergie comme l’électricité peut être stockée dans des batteries. Par contre, on ne peut pas faire des réserves d’IA.

Ce qui signifie que toute interruption de services d’un centre d’IA entraine des conséquences immédiates et irréversibles. Bref, la fiabilité du fonctionnement de Colossus 2 est une priorité absolue.

Voilà pourquoi l’usine fonctionne partiellement en autarcie en contrôlant son approvisionnement en électricité, en eau et en refroidissement, et surtout en faisant en sorte qu’elle ne sera jamais exposée aux conséquences d’un arrêt de travail.

S’établir dans un État américain où le taux d’imposition est faible, où la population conservatrice est hostile à la syndicalisation et où la législation est répressive à l’égard des syndicats est sans doute plus avantageux aux yeux des dirigeants libertariens de l’usine que le prix de l’électricité dans une province canadienne où les lois anti-briseurs de grève sont les plus sévères en Amérique.

Au Québec, Amazon n’a pas hésité à fermer un centre de distribution de colis parce que ses employés se sont syndiqués. On peut donc penser que mettre la clé dans la porte d’un centre de données représentant un investissement de 50 milliards de dollars est une décision qu’aucun patron libertarien ne veut avoir à prendre.

À l’heure où les géants de l’informatique se perçoivent comme des entités supranationales, capables de mettre à genoux n’importe quel État, la priorité pour eux est de ne dépendre de personne, quitte à payer plus cher pour une énergie qui, de toute manière, est refilée à une clientèle captive.

Conclusion

Miser des centaines de millions de dollars sur la filière batterie était un pari risqué. Pour des raisons qui, largement, ne dépendent pas du premier ministre, cela s’est avéré un échec cuisant.

Pour redorer son blason, le premier ministre revient avec cette idée de faire du Québec l’eldorado des centres de données. C’était déjà une mauvaise idée autrefois.

Malheureusement, si le vin s’améliore en vieillissant, le vinaigre demeure toujours du vinaigre.

Parus depuis :
‘Can Utah become a data center hub without draining its water supply? (2026-01-12)
L’électricité deux fois plus chère pour les centres de données (2026-02-19)
L’Irlande, qui veut devenir le leader européen des data centers, est victime de son succès (2026-03-20)
Le Maine bloque la construction de nouveaux centres de données (2026-04-16)
US tech firms successfully lobbied EU to keep datacentre emissions secret (2026-04-17)
‘What you see here is a wetland without water’: how the datacentre boom is exacerbating Chile’s mega-drought (2026-05-26)

Compléments de lecture :
L’électricité accordée aux centres de données : du gaspillage ?
Des serveurs informatiques comme chauffe-eau (2026-03-20)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’aide médicale à mourir, est-elle parfois une solution à la maltraitance ?

Publié le 17 novembre 2025 | Temps de lecture : 3 minutes

Introduction

J’aimerais revenir aujourd’hui sur un fait divers survenu il y a un an et demi et qui me hante depuis.

En bref, un tétraplégique atteint d’obésité morbide a passé quatre jours immobile sur une civière à l’urgence d’un hôpital. En raison de cette immobilité, il a développé une plaie de lit qui s’est avérée incontrôlable dans les semaines qui ont suivi sa sortie de l’hôpital.

Dévoré vivant par ses propres bactéries cutanées, celles-ci ont creusé cette plaie jusqu’à l’os. Si bien que le patient a fini par réclamer et obtenir l’aide médicale à mourir.

La prise en charge de l’obésité morbide chez le paraplégique

Au cours de la nuit, chacun d’entre nous change de position sans nous en rendre compte.

Peu importe notre position à l’endormissement, ce changement de position est nécessaire puisqu’être alité toujours dans la même position fait en sorte que certaines parties de notre peau — coincées entre notre masse corporelle et le lit — sont privées de sang et d’anticorps. Conséquemment, elles ne peuvent pas lutter contre leur envahissement par les bactéries qui peuplent normalement notre peau.

Voilà pourquoi, dans les établissements de santé qui prennent en charge des patients paraplégiques, ces derniers doivent être tournés aux deux heures.

Malheureusement, selon les données du ministère de la Santé, plus de 3 700 personnes se retrouvent annuellement avec une plaie de lit dans les établissements de Santé du Québec.

L’optimisation des soins auquel tous les hôpitaux sont astreints depuis des années signifie qu’un établissement de santé ne doit posséder que les ressources qui lui sont nécessaires en temps normal.

Voilà pourquoi, chaque saison grippale, depuis des décennies, les urgences de tous les hôpitaux du Québec fonctionnent au-delà de leur capacité maximale.

Le patient en question s’est présenté à l’urgence en janvier, c’est-à-dire quand tout le personnel de l’urgence ne savait plus où donner de la tête.

Son changement fréquent de position est très certainement devenu une nécessité impossible de satisfaire sans compromettre les soins, voire la vie, des autres patients qui se présentaient à l’urgence.

Des questions

Je ne conteste pas le principe de l’aide médicale à mourir. À mon avis, son encadrement a fait consensus parmi toutes les parties concernées et constitue un modèle de concertation au sein de la société québécoise.

Toutefois, plusieurs questions me troublent.

Depuis l’accident qui l’a rendu paraplégique deux ans plus tôt, a-t-on proposé à ce patient une opération bariatrique destinée à réduire son poids de manière draconienne ?

La condition médicale de ce patient lui permettait-elle de recevoir ces nouveaux médicaments qui semblent provoquer une perte de poids relativement facilement ou a-t-on hésité en raison de leurs prix exorbitants ?

En somme, l’obésité morbide est-elle une condamnation à mort inévitable pour tout patient paraplégique qui se présente à l’urgence au ‘mauvais moment’ ?

De plus, à force de sous-financement chronique, en sommes-nous rendus là ?

Référence : Une plaie de lit fatale pour un tétraplégique

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une vitrine pastel pour le temps des Fêtes

Publié le 14 novembre 2025 | Temps de lecture : 2 minutes


 
Située au 3605 est de la rue Ontario, la quincaillerie J.R. Grégoire est devenue une franchise du Groupe BMR exactement un siècle après sa fondation en 1920.

Alors que la dure concurrence que leur livre le commerce en ligne oblige de nombreux détaillants à couper leurs dépenses non-essentielles (dont la décoration), ce quincailler a plutôt décidé de combattre la grisaille en se dotant des plus belles vitrines d’Hochelaga-Maisonneuve.

Celle de droite se pare des couleurs habituelles du temps des Fêtes, soit le rouge, le vert, le blanc et l’or.

Mais celle de gauche, toute en teintes pastel, est celle qui m’a particulièrement séduit et que je vous présente aujourd’hui.

Fait à noter : tout ce qu’on y voit est offert en vente à la quincaillerie. Ce qui joint l’utile à l’agréable.

L’une et l’autre de ces vitrines sont du décorateur Éric Cyr. Les personnes intéressées peuvent le contacter par téléphone (514-387-0274) ou par courriel à Eric.c.ddp@hotmail.com.







 
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2
1re photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
2e  photo : 1/40 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/40 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
4e  photo : 1/200 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
5e  photo : 1/200 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
6e  photo : 1/200 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/200 sec. — F/1,2 — ISO 500 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les lentilles canadiennes empoisonnées au défoliant avant la récolte

Publié le 13 novembre 2025 | Temps de lecture : 1 minute

Ce sont nos amis italiens qui nous avaient appris que le blé canadien était empoisonné au glyphosate avant la récolte.

Maintenant, grâce à nos cousins français, on apprend que les lentilles canadiennes sont empoisonnées soit au glyphosate ou soit au diquat (un défoliant toxique interdit en Europe).

Paru depuis : La concentration d’herbicides dans des lentilles canadiennes dépasse les normes (2025-11-28)

Complément de lecture : Encore et toujours plus de glyphosate

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Hochelaga-Maisonneuve endormi

Publié le 11 novembre 2025 | Temps de lecture : 1 minute

Hier soir, en jetant un coup d’œil par la fenêtre, je me suis rendu compte que toute cette belle neige floconneuse qui était tombée toute la journée rendait mon voisinage photogénique.

Je me suis aussitôt emparé de mon appareil photo (équipé de mon objectif préféré pour la photographie nocturne) et j’ai fait une petite marche d’une cinquantaine de minutes pour en rapporter ce qui suit.

Le long de la promenade Luc-Larivée
À la place Simon-Valois
Au Métro Ontario
Renaissance-Librairie Ontario
Au parc Jacques-Blanchet
À la bibliothèque Maisonneuve
Le marché Maisonneuve
Sur l’avenue Jeanne-d’Arc

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2
1re photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 1600 — 25 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 2000 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 1000 — 25 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 1600 — 25 mm
6e  photo : 1/125 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/80 sec. — F/1.2 — ISO 1250 — 25 mm
8e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 1600 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La remise en liberté de Nicolas Sarkosy

Publié le 10 novembre 2025 | Temps de lecture : 2 minutes

Sarkozy est un pourri. Mais n’étant plus au pouvoir, son risque de récidive est nul d’ici sa condamnation définitive par les tribunaux. D’où sa libération de prison en attendant.

Ici même au Québec, on emprisonne les gens, malgré la présomption d’innocence, seulement lorsque leur libération comporte un risque en raison de la nature du crime reproché.

La sévérité dont Sarkosy se plaint, c’est celle des lois qu’il a fait lui-même voter lorsqu’il était le président de la loi et de l’ordre. Parce qu’ils sont comme ça, les champions de la loi et de l’ordre; des hypocrites.

Dans ce cas-ci, gardons-nous bien de juger la France. Qui sont ceux, au sommet de l’État québécois, qui ont été sanctionnés par les enquêtes de l’UPAC contre la corruption sous Jean Charest ?

Il a suffi que le ‘verrou libéral’ sabote (par des fuites) toutes les enquêtes à ce sujet, pour qu’elles soient toutes abandonnées pour vice de forme par le successeur de Jean Lafrenière.

Tout comme au Québec, le chef de l’État français est intouchable de facto lorsqu’il est au pouvoir. Mais au moins, par la suite, nos cousins français n’hésitent pas à recourir à la guillotine lorsque nécessaire.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Nickel : la CAQ se laisse emplir par Glencore

Publié le 9 novembre 2025 | Temps de lecture : 4 minutes

D’abord hausser la norme

Il y a plus d’une décennie, des analyses effectuées sur la poussière qui se déposait sur le quartier ouvrier de Limoilou (situé près du port de Québec) révélaient que cette poussière contenait du nickel, un métal dont les sels sont cancérigènes.

En 2013, le gouvernement du Parti Québécois adoptait une norme maximale de 14 nanogrammes de nickel par mètre cube d’air. C’était la norme la plus sévère au monde. On était l’époque où les gouvernements étaient fiers de dire qu’ils protégeaient leur population.

Mais cette époque est révolue.

En 2022, Glencore — la minière qui transborde le nickel dans le port de Québec — a demandé que la norme québécoise soit assouplie prétextant être victime de discrimination puisqu’ailleurs dans le monde, les minières rivales sont assujetties à des normes moins rigoureuses.

Si le gouvernement de la CAQ était autre chose que la carpette sur laquelle les grandes multinationales s’essuient les pieds, il aurait répondu diplomatiquement qu’il est prêt à répondre favorablement à la demande de Glencore… À LA CONDITION que Glencore lui fasse la preuve irréfutable que cette hausse sera sans conséquence sur la santé des résidents de Limoilou.

Au lieu de cela, la CAQ a accepté d’avoir le fardeau de la preuve et a simplement commandé une petite revue de la littérature.

Malheureusement, il n’y a pas suffisamment d’études pour qu’on puisse en conclure quoi que soit quant à l’innocuité d’une hausse à 70 ng de nickel par mètre cube.

À défaut de preuves scientifiques, la CAQ aurait pu présumer que plus on respire un sel cancérigène, plus c’est néfaste. Mais c’était beaucoup lui demander…

Même haussée, la norme est impossible à respecter selon Glencore

À la suite d’un énième constat d’infraction délivré en octobre 2024 par le ministère de l’Environnement, Glencore a mandaté la firme de génie-conseil AtkinsRéalis de réaliser une étude de faisabilité.

Selon Radio-Canada, cette étude avait pour but d’évaluer la possibilité d’enfermer le processus de transbordement à l’aide d’un couvercle adapté à la configuration du navire chargé de recevoir le minerai de nickel.

Glencore utilise actuellement un système de nébulisation afin de minimiser la quantité de poussières toxiques soulevées à cette occasion.

Malheureusement, ce moyen est plutôt inefficace surtout par temps chaud, alors que les fines gouttelettes de bruine s’évaporent aussitôt.

Par ailleurs, tout le monde sait qu’une voiture qui roule à vive allure sur une route en terre battue ne soulève plus de poussière après une averse.

De la même manière, si le minerai était arrosé lors du transbordement, l’eau laverait les grosses pierres de leur poussière et cette poussière de minerai s’accumulerait au sol sous forme de boue que le vent ne pourrait plus emporter au loin.

Puisque l’étude de faisabilité d’AtkinsRéalis ne le suggère pas, est-il possible que le mandat confié par Glencore lui interdisait strictement d’émettre cette suggestion ?

Il est possible de consulter en ligne cette étude (c’est la première référence ci-dessous). Malheureusement, son avant-propos m’interdit de révéler l’information qu’elle contient.

Je me limiterai à dire que la réponse à cette question — AtkinsRéalis était-il libre de recommander l’arrosage du minerai à la place de la nébulisation — se trouve à la page 14 du rapport, au septième critère de l’étude.

Est-ce que le ministère de l’Environnement du Québec se laissera leurrer par l’étude commandée par Glencore ?

C’est à suivre…

Références :
Étude de préfaisabilité d’AtkinsRéalis
Le MELCCFP signifie une ordonnance à l’entreprise Glencore Canada Corporation
Mine Raglan
Nickel : Glencore n’a pas de solution pour couvrir ses cales, conclut une étude
Nickel : la science a le dos large

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Jeunes gens, prenez garde aux choses que vous dites…

Publié le 7 novembre 2025 | Temps de lecture : 2 minutes
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Il existe des poèmes qui sont faits pour être lus à voix haute : ‘Le Mot’ de Victor Hugo est l’un d’eux.

Publié à titre posthume en 1888, il est écrit en alexandrins — c’est-à-dire en vers de douze syllabes.

Il est dit ici par André Dussolier.

À ceux qui voudraient s’amuser à le réciter, le voici.

Jeunes gens, prenez garde aux choses que vous dites.
Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes.
Tout, la haine et le deuil ! — Et ne m’objectez pas
Que vos amis sont sûrs et que vous parlez bas… —
Écoutez bien ceci :

                        Tête-à-tête, en pantoufle,
Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
Vous dites à l’oreille au plus mystérieux
De vos amis de cœur, ou, si vous l’aimez mieux,
Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
Dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre,
Un mot désagréable à quelque individu.

Ce mot que vous croyez qu’on n’a pas entendu,
Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre,
Court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre !
Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin.
Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;
— Au besoin, il prendrait des ailes comme l’aigle ! —
Il vous échappe, il fuit, rien ne l’arrêtera.
Il suit le quai, franchit la place, et cætera,
Passe l’eau sans bateau dans la saison des crues,
Et va, tout à travers un dédale de rues,
Droit chez l’individu dont vous avez parlé.
Il sait le numéro, l’étage ; il a la clé,
Il monte l’escalier, ouvre la porte, passe,
Entre, arrive, et, railleur, regardant l’homme en face,
Dit : — Me voilà ! je sors de la bouche d’un tel. —

Et c’est fait. Vous avez un ennemi mortel.

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Écrit par Jean-Pierre Martel