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Moyennant l’obtention d’un mandat émis par un juge, il est normal que les corps policiers aient accès aux données bancaires d’un citoyen soupçonné de fraude ou d’un crime économique.
Toutefois, est-il normal que la couverture de l’assurance dentaire d’Ottawa soit conditionnelle au partage des informations bancaires — solde du compte courant, transactions détaillées, contributions à un REER, etc.— des six-millions de Canadiens assurés ?
C’est pourtant ce qu’Ottawa exige de connaitre cette année sous le prétexte d’identifier la personne qui demande le renouvèlement de son assurance dentaire. On peut se demander en quoi ces informations confidentielles ont la moindre utilité à cette fin.
Si Ottawa veut s’assurer que le demandeur répond toujours au critère d’admissibilité du revenu familial annuel de moins de 90 000 dollars, il le sait déjà par le biais de la déclaration de revenus.
Au cours de la demande électronique de renouvèlement, Ottawa ne devrait exiger du demandeur que de préciser son numéro d’assuré (appelé numéro de membre) et le code à six chiffres que Service Canada lui envoie par SMS. Le tout devrait prendre moins d’une minute.
En janvier 2019, le parlement canadien a voté une loi qui permet à Statistique Canada de recueillir automatiquement, et sans leur consentement, les informations bancaires de 500 000 Canadiens. Ces informations comprennent l’identité, le solde bancaire et les transactions effectuées.
Par le biais du programme canadien d’assurance dentaire, cet espionnage a donc été étendu à six-millions de Canadiens.
Depuis les révélations d’Edward Snowden en 2013, on sait que les cinq pays à majorité anglo-saxonne — les États-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande — ont mis sur pied un système de surveillance qui épie tous nos courriels, tous nos textos et toutes nos conversations téléphoniques.
Par le biais de la géolocalisation des appareils mobiles, l’État peut espionner le moindre de nos déplacements et, par croisement, savoir qui nous rencontrons.
Si ce n’est pas déjà fait, on mettrait au point un logiciel qui donnerait à l’État l’accès au micro d’un téléphone même lorsqu’on ne s’en sert pas pour que nous vivions dans un état permanent d’espionnage généralisé. Même dans les moments les plus intimes.
Toujours dans le domaine de l’intime, Statistique Canada a franchi un nouveau seuil cette année en ajoutant au recensement une question relative à l’identité de genre du répondant.
Références :
Informations bancaires: Statistique Canada veut rassurer les citoyens
L’espionnage d’Ottawa dans nos vies n’a pas de limite