Covid-19 : ‘aplatir la courbe’ ne suffit pas

Publié le 4 novembre 2020 | Temps de lecture : 8 minutes

Un objectif voué à l’échec

Dès le début de la pandémie, les autorités sanitaires du Québec se sont donné comme but d’aplatir la courbe de la contagion au Covid-19.

À Paris et à Genève (à l’Organisation mondiale de la Santé), on utilisait la même expression. Aux États-Unis le célèbre Dr Fauci disait la même chose en anglais. Bref, toutes les autorités sanitaires d’Occident se sont passé le mot.

Mais voyez ce qui se passe en Europe ces temps-ci. Partout où on s’est contenté d’aplatir la courbe — c’est-à-dire de la réduire à un plateau qu’on croit gérable — la pandémie fait rage et les autorités sanitaires ne savent plus où donner de la tête.

En Extrême-Orient et en Océanie, on a plutôt cherché à éradiquer le virus du territoire national. Évidemment, cela est plus facile lorsqu’on est une ile ou un archipel comme c’est le cas du Japon, de Taïwan ou de la Nouvelle-Zélande.

Mais même dans les pays entourés de voisins (comme le Vietnam et la Chine), on ne s’est pas contenté d’aplatir la courbe. On a fait disparaitre complètement la pandémie, quitte à reconfiner sélectivement une ville ou une région si le mal y réapparaissait.

En réalité, dès qu’il ferme ses frontières, tout pays devient comparable à une ile.

Là où on a éradiqué le virus ce printemps, les restaurants sont maintenant pleins, les clients affluent dans les boutiques, les rues sont envahies de flâneurs et l’économie roule allègrement. Et les petits commerçants ne vivent pas dans la crainte continuelle qu’une tuile pourrait leur tomber sur la tête.

Le Covid-19 est comme un feu de broussaille. Si l’objectif des pompiers n’est que de réduire la taille des flammes, ils échoueront. Même s’ils réussissent à étouffer le brasier à l’état de tisons, ce n’est pas assez; l’incendie reprendra dès qu’ils auront le dos tourné.

Les pays riches d’Occident sont condamnés à fermer et à rouvrir leur économie de manière cyclique d’ici un an ou deux, tant qu’ils n’auront pas compris le message.

Les clés de la réussite

Le confinement total — comme celui imposé partout le printemps dernier — est extrêmement efficace. Les raisons sont évidentes; il est impossible d’attraper un microbe auquel on n’est pas exposé.

Toutefois, en lui-même, le confinement est un exercice d’utilité restreinte si on ne se prépare pas au déconfinement. Sinon, tout est rapidement à recommencer. Comme ces pompiers qui abandonnent leur combat prématurément.

Or un déconfinement, cela se prépare. Pour ce faire, il faut des millions de tests et des milliers de préposés pour tester la population et trouver les foyers d’infection.

Les pays qui ont réussi ce combat sont connus.

Toutefois, leur faible nombre de morts par million d’habitants ne signifie pas que ces pays ont sauvé des vies; ils ont plutôt différé des morts.

Le principe est de pelleter les morts vers l’avant jusqu’à ce que la pandémie disparaisse. Parce que toutes les pandémies ont une fin. C’est alors que les mortalités différées deviennent des vies sauvées.

Les autorités sanitaires qui déclarent que nous devrons apprendre à vivre avec le virus ne font qu’avouer leur échec à contenir la pandémie. Laisser se développer l’immunité grégaire n’est pas une stratégie; c’est la résignation de l’impotent.

Tous les pays qui ont excellé dans leur lutte contre la pandémie ont suivi la même stratégie.

Pendant à peine quelques semaines, ils ont confiné leur population.

Ce confinement n’est indiqué que lorsque la pandémie fait rage de partout. Si on s’y prend tôt (comme ces jours-ci en Slovaquie), on peut passer directement à l’étape suivante.

L’étape suivante est le déconfinement.

Vers la fin du confinement ou dès que le déconfinement est proclamé, on doit se lancer à la recherche généralisée des ‘tisons’, c’est-à-dire des foyers résiduels d’infection.

Les pays qui ont excellé au printemps dernier l’ont tous fait avec des moyens rudimentaires; à l’époque, les tests salivaires ou sanguins n’existaient pas encore.

Puis ils ont imposé une quatorzaine draconienne aux personnes atteintes et utilisé une multitude d’enquêteurs pour trouver les personnes qu’elles auraient pu contaminer.

En somme, on a tout mis en œuvre pour déceler et éteindre les foyers d’infection.

S’inspirant de la ‘recette asiatique’, la Slovaquie a dernièrement testé ses 5,5 millions d’habitants en deux (2) jours.

À cette fin, plus de quarante-mille testeurs — travailleurs de la Santé, forces de l’ordre et volontaires — œuvrant dans cinq-mille sites de prélèvement, ont trouvé 25 850 foyers d’infection, aussitôt confinés.

Puisque les tests utilisés en Slovaquie possèdent une efficacité située entre 70 et 90 %, on testera toute la population de nouveau dans quelques jours.

La lutte ‘broche à foin’ du Québec

Ici au Québec, on effectue quotidiennement 28 000 tests. Cela correspond à tester 0,5 % de la population par jour (cent fois moins qu’en Slovaquie).

On ne teste que les personnes symptomatiques, laissant les autres personnes contagieuses libres de propager le virus.

Qui s’étonnera du fiasco prévisible ?

Pour prévenir les contacts, les préposés sont tellement débordés qu’ils suggèrent aux personnes atteintes de le faire elles-mêmes…

Alors qu’il faut un millier de préposés dédiés à la recherche de contacts par million d’habitants (soit 8 500 pour le Québec), on n’en a que 750.

Et les délais pour obtenir le résultat des tests sont tellement longs que ces préposés sont découragés, ayant à contacter en moyenne 73 contacts pour chaque cas.

La majorité du temps, les personnes contactées peinent à se souvenir des personnes rencontrées il y a plus de trois jours.

Alors on compte sur des applications téléphoniques (vouées à l’échec) pour prévenir les utilisateurs qui ont été en contact avec des personnes contagieuses et on prie le Ciel pour qu’apparaisse miraculeusement un vaccin efficace à 100 % (ce qui est impossible avec les coronavirus).

Entretemps, on ferme des pans entiers de l’économie — des bars, des restaurants, des salles d’entrainement, des salles de spectacles, des cinémas, des auberges, des hôtels, etc.— sans que ces établissements soient en cause dans la recrudescence des cas.

En adoptant cette stratégie grossière de lutte contre la pandémie, le gouvernement québécois accule à la faillite des centaines de petites ou moyennes entreprises (PME), alors que les PME emploient la grande majorité de la population du Québec.

Puisque les autorités sanitaires du Québec s’entêtent à s’inspirer des pays qui ont foiré dans leur lutte contre la pandémie (les pays riches d’Occident), on devrait peut-être songer à confier cette lutte à des gens désireux de s’inspirer des pays gagnants, soit ceux d’Extrême-Orient et d’Océanie.

Références :
Au Québec, la grippe saisonnière est plus à craindre que le coronavirus, dit Dr Arruda
China is winning the global economic recovery
Covid-19 : évolution en sept mois
Covid-19 : les outils de recherche de contacts
Half of Slovakia’s population tested for coronavirus in one day
Mythes et réalités des vaccins contre le Covid-19

Parus depuis :
Raccourcir à 72 heures le temps entre le dépistage et l’isolement des contacts (2020-11-14)
I’ve been in Covid quarantine in South Korea – there’s a lot Britain can learn (2021-02-05)
Le plan pour éviter une troisième vague (2021-02-08)
Des tests automatisés bloqués par une exigence de dernière minute (2021-03-01)
How Taiwan triumphed over Covid as the UK faltered (2021-03-24)
Les vaccins seuls ne pourront vaincre les variants (2021-04-14)
La stratégie du «zéro COVID-19» a été plus payante que le «vivre avec» (2021-05-07)
Taipei, capitale du combat réussi contre le Covid-19 (2021-05-10)
Dépistage chez les travailleurs essentiels — une méthode « sûre, acceptable et peu coûteuse », conclut l’étude (2021-06-15)
Le cercle vicieux des vagues de COVID-19 à répétition (2022-07-18)

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

Un commentaire

| Covid-19, Santé | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Une publicité déplorable

Publié le 3 novembre 2020 | Temps de lecture : 5 minutes

Je viens de voir une nouvelle publicité gouvernementale destinée à favoriser le respect des mesures sanitaires.

Elle met en vedette un commentateur sportif qui n’est pas en cause dans la critique qui va suivre.

Sous le thème ‘Évitons les rassemblements’, on y entend :

En ce moment, il faut se serrer les coudes. Il faut juste être discipliné. Et ça, je sais qu’on est capable.

Il suffit juste de suivre les mesures en place :
• éviter les rassemblements en famille ou entre amis,
• respecter le deux mètres.

Plus on va le faire, plus vite on pourra remplir des estrades comme ici.

Pas un mot sur le port du masque. Je n’en reviens pas. En fait, je suis furieux.

‘Éviter les rassemblements’ est une autre manière de suggérer de se tenir loin des gens qui pourraient être porteurs du virus.

Cette publicité est une manière de réitérer les fondements de la lutte sanitaire au Quebec, soit de suggérer le respect de la distance sanitaire et de se laver les mains. En somme, c’est s’entêter à baser cette lutte sur les deux mesures les moins efficaces contre la pandémie.

Personnellement, je passerai la période des fêtes chez moi. C’est mon choix.

Mais nous savons tous qu’un grand nombre de personnes assisteront quand même à des réunions de famille et que d’ici là, des jeunes se réuniront plus nombreux qu’ils ne devraient l’être.

Dans une réunion de famille, il suffit de ne pas servir de boissons ni d’amuse-gueules avant le repas, pour que la plupart des invités soient capables de s’apprécier mutuellement même masqués.

De plus, on évitera toute musique d’ambiance qui aurait pour effet d’inciter les personnes présentes à hausser la voix et donc à émettre davantage de gouttelettes respiratoires et des gouttelettes projetées plus loin.

À table, ce sera différent. Au mieux, les invités mangeront dispersés ou par groupes réunissant des gens qui habitent habituellement sous le même toit.

Imaginez que chaque personne contagieuse soit une fontaine à Covid. En mangeant et en parlant — donc sans masque — elle ne contaminera que ses voisins. Mais si cette personne avait passé la soirée à visage découvert, elle aurait peu à peu contaminé tout le monde qu’elle aurait croisé.

Plus le nombre d’invités est grand, plus cela est vrai.

Voilà comment le masque, en dépit de ses limites, sauve des vies; il peut faire la différence entre contaminer quelques voisins de table ou un grand nombre d’invités.

Pour les irréductibles qui veulent absolument boire une bière et discuter entre amis, on doit faire comme les fumeurs; on met son manteau et on va discuter et boire dehors à bonne distance les uns des autres.

Pendant des mois, les autorités sanitaires du Québec ont mené une campagne rétrograde contre le port du masque. Encore de nos jours, elles préfèrent recommander la distance sanitaire, une mesure bonne mais insuffisante en elle-même pour lutter contre la pandémie.

Au cours du mois dernier (soit octobre), le nombre de morts par million d’habitants a été exactement le triple au Québec que dans le reste du pays.

Dans la lutte contre la pandémie, le Québec est la honte du Canada. On se demande pourquoi…

Je ne connais pas l’identité de celui qui a conçu cette publicité. À mon avis, ce petit génie ne mérite pas de félicitations; son ‘chef-d’œuvre’ devrait être retiré des ondes.

Tout de suite.

Postscriptum du 6 novembre 2020 : Je viens de prendre connaissance d’une autre publicité toute aussi navrante, mettant en vedette cette fois une comédienne québécoise.

De nouveau sous le thème ‘Évitons les rassemblements’, on y entend à-peu-près le même message et les deux mêmes recommandations.

À toujours voir les autorités sanitaires du Québec promouvoir les mesures les moins efficaces contre le Covid-19, on en vient à penser que leur objectif véritable, c’est celui annoncé en avril dernier; laisser se développer l’immunité ‘naturelle’. Une autre manière de dire qu’on veut que les gens attrape le Covid-19.

Postscriptum du 4 décembre 2021 : Pendant des mois, les autorités sanitaires du Québec ont conservé sur YouTube des copies de la publicité télévisée créée pour le temps des Fêtes 2020.

Maintenant que leur gestion de la crise sanitaire est remise en question dans le cadre de trois enquêtes, on détruit les preuves et on tente de réécrire l’histoire.

Voilà pourquoi ces deux vidéos ont mystérieusement disparu.

Le mal est fait. C’est à l’époque qu’il fallait promptement retirer ces publicités trompeuses. Les retirer maintenant relève de la dissimulation.

8 commentaires

| Santé | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le mot en ‘n’ dans la littérature anglo-américaine

Publié le 2 novembre 2020 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

Vendredi dernier, le ministre de l’Éducation du Québec a vivement réagi à la décision de deux commissions scolaires anglophones de bannir le manuel scolaire Journeys Through the History of Quebec and Canada.

Pourquoi cette mise à l’index ? Parce que ce manuel mentionne le titre jugé offensant d’un essai écrit en 1968 par Pierre Vallières.

Cette mention ne visait pas à inciter les élèves à lire cet essai. Jamais celui-ci n’a fait partie des lectures obligatoires ou recommandées par ces deux institutions scolaires.

La simple mention du titre N… blancs d’Amérique servait à illustrer comment se sentaient de nombreux Canadiens français à l’époque face à l’exploitation dont ils étaient victimes et à tracer un parallèle entre leur condition et celle des ‘Noirs’ américains.

À l’adolescence, si on m’avait laissé le choix entre lire ce livre et Les Trois mousquetaires d’Alexandre Dumas, devinez ce que j’aurais préféré…

Effectivement, le livre ‘scandaleux’ de Pierre Vallières est une œuvre qui a été lue par moins d’un pour cent des étudiants, qu’ils soient francophones ou anglophones.

Toute cette controverse est donc une tempête dans un verre d’eau… ou dans une tasse de thé, selon les gouts.

Mais si on estime raisonnable de bannir un livre québécois dont le titre est jugé offensant, ne devrait-on pas faire de même à l’égard des nombreux ouvrages tirés de la littérature anglo-américaine qui utilisent le mot en ‘n’ et que ces élèves ont beaucoup plus de chance de consulter parce qu’écrits dans leur langue ?

Les titres romanesques contenant le mot en ‘n’

Our n…: Sketches from the Life of a Free Black

En 1859 paraissait ce roman, écrit par Harriet-E. Wilson. Selon les historiens, ce serait la première œuvre littéraire écrite par une femme à la peau très pigmentée aux États-Unis.

De nos jours, ce livre est complètement oublié. Toutefois, il serait important que les bouquins consacrés à l’histoire de la littérature américaine qui mentionnent son titre soient retirés des étagères des bibliothèques de ces commissions scolaires afin de n’offenser personne.

Tout comme les romans suivants, qu’on prendra soin de retirer des étagères :
The N… of the Narcissus de Joseph Conrad (1897),
N… Heaven de Carl von Vechten (1926),
The Artificial N… de Flannery O’Connor (1955),
N…: An Autobiography by Dick Gregory (1964),
Up from N… de Dick Gregory (1976),
N… de Labi Siffre (1993).

Prancing N…

On fera de même pour le roman britannique Sorrow in Sunlight, un navet écrit par Carl von Vechten en 1924 et renommé aux États-Unis Prancing N…, un titre jugé plus vendeur.

Ten Little N…

Ce célèbre roman-policier d’Agatha Christie échappera à cet opprobre puisque son titre a été modifié dans les années 1980 à And Then There Were None.

Si les bibliothèques scolaires en ont de très vieux exemplaires (notamment de la rare et précieuse édition originale), on verra à les détruire.

Les romans dont le texte renferme le mot en ‘n’

Ce mot offensant est très prévalent dans la culture anglo-américaine. Des milliers d’œuvres l’utilisent ; des opérettes, des comédies musicales, des chansons populaires, des films, des pièces de théâtre, des contes pour enfants et évidemment, des romans.

Parmi ces derniers, le plus connu est Adventures of Huckleberry Finn, chef-d’œuvre de la littérature américaine écrit par Mark Twain en 1885.

Ce roman utilise le mot en ‘n’ plus de deux-cents fois.

On trouve également ce mot dans des œuvres de Wilbert Awdry, Graham Green, Carson McCullers, Rudyard Kipling, Arthur Ransome, et Virginia Wolf, entre autres.

Conclusion

Lorsqu’une personne se dit offensée par l’utilisation d’un mot, on peut soit la désensibiliser à ce mot ou la protéger de cette microagression.

La désensibiliser signifie lui faire réaliser que le mot en ‘n’ n’a pas toujours été une insulte raciste.

Mais si on préfère la protéger, il faut le faire non seulement à l’égard d’œuvres en français — qu’elle est peut-être incapable de lire de toute manière — mais surtout de la multitude des produits culturels anglo-américains.

Nous, francoQuébécois, devons accepter le fait que nos concitoyens anglophones ont le droit à l’autonomie interne. Cela signifie le droit de posséder leurs propres institutions et de prendre les décisions qui les concernent.

En contrepartie, la paix sociale au Québec exige qu’ils le fassent de manière respectueuse à l’égard du peuple francoQuébécois.

En d’autres mots, si des commissions scolaires anglophones veulent bannir un essai québécois en raison de son titre jugé offensant, ils devront bannir également la multitude d’œuvres tirées la littérature anglo-américaine dont le titre ou le texte sont susceptibles d’offenser leurs élèves sensibles.

Sinon, l’exercice n’a pour but véritable que de contribuer à la propagande angloCanadienne qui se plait à nous décrire comme des arriérés et des racistes.

Ce matin même, j’ai commandé N… blancs d’Amérique afin de voir dans quelle mesure on devrait le juger plus offensant qu’Adventures of Huckleberry Finn.

Sans cette controverse, je n’aurais sans doute pas cru bon me procurer cet essai. Je remercie donc les commissions scolaires Lester-B. Pearson et English-Montréal d’avoir suscité ma curiosité et d’avoir sans doute incité de nombreux Québécois à lire les écrits révolutionnaires de Pierre Vallières…

Références :
Appropriation culturelle et racisme anglo-saxon
L’époque troublée du premier Irlandais au Canada
Roberge dénonce la censure à l’école
Use of n… in the arts

Sur le même sujet : Le mot en haine

2 commentaires

| 2018-202X (années Legault), Politique québécoise, Racisme, Sociologie | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : évolution en sept mois

Publié le 1 novembre 2020 | Temps de lecture : 2 minutes

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.


Tableau comparatif des pays les plus atteints au premier jour de chaque mois, en nombre de morts par million d’habitants

Pays Avr. Mai Juin Juil. Aout Sept. Oct. Nov.
Pérou 2 33 149 299 588 880 983 1042
Belgique 73 676 834 842 849 853 863 1002
Espagne 194 532 581 607 608 623 684 767
Brésil 1 29 149 286 440 576 680 751
Bolivie 1 5 27 96 255 430 680 744
Chili 1 14 66 301 498 591 669 743
Québec 4 238 549 651 669 679 689 734
Équateur 6 52 210 259 325 372 646 715
États-Unis 12 199 330 395 477 570 642 713
Mexique 0 37 81 215 362 499 601 709
Argentine 1 5 12 35 79 193 448 687
Grande-Bretagne 35 414 593 647 680 611 621 687
Italie 206 467 554 575 581 587 594 642
Panama 7 44 80 149 335 463 551 624
Colombie 0 6 19 68 203 393 513 617
Suède 24 262 442 532 568 575 583 587
France 53 367 432 457 464 470 490 567
Macédoine du Nord 6 41 70 147 237 290 357 482
Arménie 1 11 46 153 253 297 325 460
Moldavie 1 31 76 136 195 250 331 447
Pays-Bas 68 285 347 357 359 363 374 434
Iran 37 75 98 130 202 257 313 418
Irlande 15 262 343 352 357 359 365 386
Bosnie-Herzégovine 1 21 47 57 100 189 263 381
Roumanie 5 39 66 87 124 192 253 368
Afrique du Sud 0 2 12 46 137 240 283 326
Rép. Tchèque 4 22 30 33 36 40 63 312
Israel 3 24 31 35 57 104 176 278
Costa Rica 0 1 2 3 30 87 180 271
Irak 1 2 5 51 119 176 228 271
Suisse 54 205 224 227 229 232 239 268
Honduras 1 8 21 50 135 189 237 268
Portugal 18 98 140 155 170 179 194 250
Oman 0 2 10 36 88 135 182 242
Rép. Dominicaine 5 28 46 69 106 160 194 207
Guatemala 0 1 6 43 109 155 181 207
Paraguay 0 1 2 3 7 48 121 196
Russie 0 8 33 65 96 119 143 193
Hongrie 2 33 55 61 62 64 81 188
Bahreïn 2 5 11 54 86 112 148 187
Bulgarie 1 10 20 34 56 93 121 187
Koweït 0 7 51 83 105 125 143 182
Albanie 5 11 11 22 56 100 135 180
Slovénie 2 46 54 56 60 67 76 175
Kirgistan 0 5 9 35 151 162 163 174
Ukraine 1 6 16 27 39 60 96 167
Arabie saoudite 0 5 15 49 82 112 137 155
Pologne 1 17 28 39 46 54 67 153
El Salvador 0 2 7 28 71 111 131 151
Croatie 1 18 25 26 35 46 69 137
RoC* 3 51 94 106 113 117 120 135
               
Hong Kong 0,5 0,5 0,5 0,9 4,5 12,0 14,0 14,0
Japon 0,4 3,6 7,1 7,7 8,0 10,0 12,4 14,0
Corée du Sud 3,2 4,8 5,3 5,5 5,8 6,4 8,1 9,1
Singapour 0,5 2,7 4,1 4,4 4,5 4,5 4,6 4,7
Chine 2,4 3,4 3,4 3,2 3,3 3,2 3,2 3,2
Vietnam 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,4 0,4 0,4
Taïwan 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.


Références :
Covid-19 : le nombre de cas en temps réel
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Données COVID-19 au Québec

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

Laissez un commentaire »

| Covid-19, Santé | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : le cas de la République tchèque

Publié le 1 novembre 2020 | Temps de lecture : 3 minutes
Vue de Prague

Le 23 mars 2020, dès l’apparition du premier mort causé par la pandémie en République tchèque, ce pays devenait le premier en Europe à imposer le port du masque.

Le 23 mai, le nombre de morts par million d’habitants (mpm) atteignait 29, soit le cinquième de ce qu’on comptait au Québec après deux mois de pandémie, deux mois au cours desquels nos autorités sanitaires à nous déconseillaient le port du masque afin de laisser se développer l’immunité ‘naturelle’.

Le pont Charles

Le 1er juillet, dans la capitale tchèque, on organisait tout le long du pont Charles un immense banquet pour célébrer la fin de la crise du coronavirus.

Le 23 septembre, la République tchèque en était à 52 mpm, soit environ le douzième du bilan meurtrier au Québec.

Mais il aura suffi de cinq semaines supplémentaires pour que l’avance tchèque s’estompe en bonne partie; du 23 septembre au 29 octobre, le nombre de mpm sautait de 52 à 267 alors qu’il progressait lentement au Québec.

Actuellement, la République tchèque est, de loin, le pays européen le plus atteint par la pandémie.

Le nombre de cas actifs y est de 178 578 personnes sur une population de 10,7 millions d’habitants. Concrètement, une personne sur 69 dans tout le pays est présentement contagieuse.

Si vous preniez le métro de Prague, dites-vous que pour chaque tranche de 69 passagers, il y a une personne qui se transforme en ‘fontaine à Covid’ dès qu’elle se met à parler.

Mais que s’est-il passé entre le 23 septembre et le 29 octobre ?

Des élections.

À la fin de l’été, alors que de nombreux Tchèques revenaient de leurs vacances à l’Étranger, rapportant ainsi le virus, le parti populiste au pouvoir a hésité à prendre les mesures parce que des élections approchaient.

En effet, les 9 et 10 octobre se tenaient les élections régionales et le premier tour des élections sénatoriales.

Pour éviter que des mesures sanitaires impopulaires nuisent à l’élection d’alliés régionaux du parti au pouvoir, on a laissé faire la pandémie quelques semaines en se disant qu’on se reprendrait lorsque le scrutin serait terminé.

Les mains liés par la stratégie gouvernementale, Adam Vojtěch, ministre de la Santé, a démissionné le 21 septembre.

La suite était prévisible. La pandémie est comme un feu de broussaille; un moment d’inattention et la première chose qu’on voit, c’est que le brasier fait rage partout.

Références :
Covid-19 : évolution en six mois
La République tchèque, rattrapée par l’épidémie de Covid-19, prend des mesures drastiques
Legault mise sur l’«immunité naturelle» des Québécois

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

Laissez un commentaire »

| Covid-19, Santé | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Là où l’heure d’été persiste

Publié le 31 octobre 2020 | Temps de lecture : 1 minute

La nuit prochaine, il faudra reculer nos horloges et nos montres afin de passer à l’heure normale (ou heure d’hiver).

Certains pays ne le font pas et demeurent à longueur d’année à l’heure d’été.

En Europe, ces pays sont l’Arménie, la Biélorussie, la Géorgie, l’Islande, la Russie et la Turquie (y compris sa partie asiatique).

Au Canada, la Saskatchewan et certaines parties de la Colombie-Britannique ne passent pas à l’heure d’hiver. Ni le Nevada aux États-Unis.

Plus nombreux, particulièrement sous les tropiques, sont les pays qui, au contraire, demeurent à l’heure d’hiver durant toute l’année.

Seuls environ soixante-dix pays changent d’heure deux fois par année.

Références :
Et si on gardait l’heure d’été toute l’année?
L’heure d’été
L’heure d’été (Wikipédia)

Paru depuis : La population préfère l’heure d’été: les Québécois veulent abolir le changement d’heure (2024-10-31)

3 commentaires

| Divers | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Qatar Airways : un examen gynécologique inapproprié

Publié le 29 octobre 2020 | Temps de lecture : 2 minutes
Cliquez sur l’image pour démarrer

Au classement des meilleurs aéroports internationaux, celui situé près de la capitale du Qatar, est un des mieux cotés.

L’an dernier, près de trente-neuf-millions de passagers y ont transité. C’est deux fois plus qu’à l’aéroport Montréal-Trudeau.

Mais ces jours-ci, pandémie oblige, il est beaucoup moins fréquenté.

Le 2 octobre dernier, un bébé vivant, né prématurément, a été trouvé dans une des toilettes pour femmes de l’aéroport.

Inquiets à l’idée qu’on puisse prendre l’avion peu de temps après avoir accouché, les autorités sanitaires ont décidé de trouver la mère.

Pour ce faire, aucun avion n’a été autorisé à décoller.

Après trois heures d’attente, toutes les passagères d’un vol de Qatar Airways en direction de l’Australie ont été priées de quitter l’avion.

Une des passagères, convaincue que ce ne serait pas long, a laissé son enfant endormi aux soins du personnel de bord.

Une femme âgée, atteinte de problèmes de la vue, a également été priée de descendre.

À l’extérieur, sur le tarmac, deux ambulances les attendaient.

Dès qu’une femme pénétrait dans un de ces véhicules, les portes étaient fermées et verrouillées.

Une par une, on les a soumises à un examen gynécologique forcé, exécuté par une infirmière masquée.

Aucune d’entre elles n’a reçu d’explication et dans aucun cas on n’a cherché à obtenir leur consentement.

Cette recherche n’a pas réussi à trouver la mère.

Toutes ont été ramenées à leur avion, certaines en larmes.

Les femmes sur le point de quitter à bord d’une dizaine d’autres avions ont également été soumises à un tel examen.

Références :
Qatar’s airport strip-searching incident shocked Australia. Here’s what we know
Women on flight from Qatar to Australia reportedly internally examined on tarmac after premature baby found in Doha airport bathroom

Paru depuis :
Qatar says those behind search of Australian women at Doha airport committed ‘illegal actions’ (2020-10-30)

2 commentaires

| Fait divers | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : la Déclaration de Great Barrington

Publié le 28 octobre 2020 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

Il existe autant de différence entre la science et les autorités scientifiques qu’il existe de différence entre Dieu et les autorités religieuses.

Dans le cas de la pandémie actuelle, personne n’est diplômé en Covid-19. Qu’on soit médecin, virologue ou épidémiologiste, chaque personne qui se présente à nous à titre d’expert est en réalité quelqu’un qui apprend sur le tas, au fur et à mesure que la science découvre les secrets du virus.

Et comme ces chefs religieux qui s’excommunient les uns les autres, les experts ne sont pas tous du même avis.

D’où le gouffre qui sépare le succès obtenu par les autorités sanitaires des pays d’Extrême-Orient et le fiasco obtenu par leurs collègues des pays riches d’Occident.

La naissance d’un manifeste

Le 4 octobre dernier, un groupe d’experts internationaux ont signé un manifeste préconisant que la lutte étatique contre le Covid-19 se limite essentiellement à une politique de protection ciblée.

Cette politique consisterait à protéger les personnes vulnérables tout en laissant l’épidémie se répandre dans le reste de la population. Comme on le fait déjà à chaque épidémie de grippe lorsque le vaccin s’avère inefficace.

L’objectif est de limiter le nombre des victimes tout en laissant le pays s’immuniser à la dure et devenir dorénavant réfractaire à toute nouvelle pandémie causée par ce virus-là.

Cette déclaration est dite de ‘Great Barrington’ parce que c’est dans cette ville de sept-mille habitants, située au Massachusetts, qu’elle est née.

Plus précisément, elle fut signée dans les bureaux de l’American Institute for Economic Research, un organisme libertarien qui est lié aux plus importants groupes de réflexion d’extrême droite aux États-Unis.

Le talon d’Achille

Pour qu’on atteigne l’immunité grégaire — soit un taux d’immunité collective qui rende la population réfractaire à la pandémie — il faut que soixante pour cent des gens aient attrapé le Covid-19 et en aient développé des anticorps.

Selon les modélisations les plus plausibles, l’atteinte de cet objectif se ferait au prix de 39 000 à 56 200 morts au Québec.

Cela correspond, en sol québécois, à plus de vingt fois le bilan meurtrier des attentats du World Trade Center de New York. En somme, l’immunité grégaire correspond à une tuerie de masse justifiée, dit-on, pour le bien de l’économie.

Malheureusement, il n’existe aucune preuve scientifique que l’immunité au Covid-19 soit durable.

On possède bien quelques rapports anecdotiques de patients réinfectés des mois plus tard, mais on ne connait pas encore l’importance réelle du phénomène.

Toutefois, une étude réalisée du 20 juin au 28 septembre auprès de 350 000 personnes choisies au hasard a révélé que l’immunité au Covid-19 ne dure que quelques mois.

D’où la question : à quoi ça sert de provoquer la mort de dizaines de milliers de personnes quand l’objectif (laisser se développer l’immunité) est perpétuellement à recommencer au bout de quelques mois ?

De plus, personne ne connait les effets à long terme de l’infection au Covid-19 au sein des groupes d’âge jugés peu à risque. Qu’en est-il cinq ou dix ans plus tard ?

Bref, la Déclaration de Great Barrington est une fumisterie.

Références :
American Institute for Economic Research
Apprendre à vivre sous la menace du Covid-19 : les non-dits de nos gouvernements
As a Covid-19 survivor, I don’t have blind faith in health experts. Here’s why
Covid-19 : la quarantaine ou le laisser-faire ? (4e partie)
COVID-19 : l’immunité « diminue assez rapidement », selon une étude
Des scientifiques lancent une pétition contre le confinement
Herd immunity letter signed by fake experts including ‘Dr Johnny Bananas’
Miser sur l’immunité collective «n’est pas une option», dit l’OMS
The pursuit of herd immunity is a folly – so who’s funding this bad science?
Un Américain devient le cinquième cas de réinfection à la COVID-19
Why herd immunity strategy is regarded as fringe viewpoint

Parus depuis :
Le rêve « utopiste » de l’immunité collective contre la COVID-19 (2022-05-01)
Le cercle vicieux des vagues de COVID-19 à répétition (2022-07-18)

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

3 commentaires

| Covid-19, Santé | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le mot en haine

Publié le 26 octobre 2020 | Temps de lecture : 5 minutes
Microagressions (du peintre congolais Mode Muntu)

La leçon de cinquième

En première année du primaire, j’étais le dernier de ma classe. En quatrième année, j’étais devenu parmi les trois meilleurs. Et en cinquième, j’étais le numéro un.

Mon institutrice était alors sœur Pierre-de-Bethsaïde. Celle-ci nourrissait une dévotion spéciale pour saint Joseph.

À l’avant de la classe, près d’une grande fenêtre, il y avait en coin une petite tablette triangulaire sur laquelle cette religieuse avait placé une statue de son saint préféré.

Chaque jour, elle lui demandait la même faveur; de faire en sorte que le lendemain soit ensoleillé.

En début d’une journée pluvieuse, elle grondait publiquement la statue, la retournait vers le coin, mettant ainsi saint Joseph en pénitence.

Cette religieuse m’aimait beaucoup.

Quand j’étais bon élève, elle s’adressait à moi en disant d’un air extasié : ‘Ah ! Mon p’tit prince de Galles’.

Mais quand je n’avais pas appris correctement mes leçons, elle fronçait les sourcils et me traitait d’espèce de prince de Galles.

Dès l’âge de dix ans, je découvrais la relativité du langage, qu’une même épithète puisse être péjorative ou flatteuse selon le contexte. Tout dépendait du ton. Et surtout, de l’intention de la personne qui l’utilise.

Parce qu’en réalité, les mots ou les gestes offensants ne sont que des conventions sociales. Si tous les hommes efféminés partaient à rire lorsqu’on les traite de ‘fifs’, on les qualifierait autrement.

Toute insulte qui perd son pouvoir offensant devient inutile.

Le mot en ‘n’

Pendant des siècles, les ‘Blancs’ américains ont utilisé l’épithète n… pour insulter ou dénigrer les ‘Noirs’.

Autrefois, l’équivalent français n’était pas une insulte. Voilà pourquoi l’auteur haïtien Dany Laferrière a écrit en 1985 un roman intitulé ‘Comment fait l’amour avec un n… sans se fatiguer’.

Vingt ans plus tard, je ne suis pas convaincu que chez les jeunes Québécois de descendance haïtienne, ce mot soit demeuré tout aussi inoffensif.

Au fil du temps, sous l’influence du cinéma américain, le mot s’est chargé d’un sens péjoratif, soit celui qu’il possède au sud de nos frontières.

Car toute langue évolue.

On aura beau reprocher aux Américains de vouloir nous faire éprouver la culpabilité de leur lourd passé esclavagiste, cela ne change pas le fait que le mot puisse offenser certaines personnes qui l’entendent.

Or il n’appartient pas aux gens au teint pâle d’en juger. Seuls ceux qui ont la peau très pigmentée peuvent distinguer l’intention offensante de ceux qui les traitent ainsi.

Bref, il y a tellement de synonymes en français que si une épithète blesse des gens, il suffit d’utiliser un autre mot à la place. Pourquoi insister ?

Quand doit-on l’utiliser quand même ?

Dimanche dernier, à l’émission ‘Tout le monde en parle’, un chanteur hip-hop qualifiait de maladresse le choix du titre ‘N… blancs d’Amérique’ par Pierre Vallières, comme si ce livre portait, littéralement, sur les ‘Noirs’ albinos des États-Unis.

En réalité, quand l’auteur écrit son essai séditieux, il est incarcéré aux États-Unis parmi des Black Panthers américains (avec lesquels il fraternise).

Son titre fait une analogie entre l’exploitation des ‘Noirs’ américains et celle de la classe ouvrière québécoise de l’époque. Pour ses compagnons de cellule, il mène fondamentalement le même combat qu’eux.

Penser que Pierre Vallières aurait dû choisir un autre titre, c’est n’avoir rien compris aux propos de l’auteur; si Pierre Vallières s’était toujours soumis à la rectitude politique, on ne l’aurait pas emprisonné. Et qui se rappellerait de lui ?

Dernièrement, à l’université d’Ottawa, une professeure d’histoire et de théorie de l’Art a mentionné le mot en ‘n’ comme exemple de transformation d’une insulte en marqueur identitaire par des ‘Noirs’ américains.

Le tollé déclenché par cet exemple parmi des internautes (principalement anglophones) est typique du manque de culture de notre époque.

Contribuer à un torrent de haine contre cette enseignante sous le prétexte qu’elle est coupable d’une ‘microagression’, c’est faire preuve de peu de jugement.

C’est également typique des gens qui cherchent à donner un sens à leur vie et qui s’enflamment pour la moindre cause.

Se sont-ils donné la peine de chercher à comprendre le sens de la démarche intellectuelle de cette professeure ?

L’enseignement universitaire est inutile s’il se limite à renforcer les préjugés des étudiants; les médias sociaux s’en chargent déjà.

Le propre de la culture est d’élargir l’esprit. À sa manière, l’enseignement universitaire y contribue.

Imaginez des élèves qui entreraient à l’université avec la conviction que la terre est plate et qui en ressortiraient plus convaincus que jamais que c’est vrai; on devrait en conclure que l’université a failli à sa mission.

Références :
Dany Laferrière sur le « mot en n » : « Un tel mot va plus loin qu’une douleur individuelle »
L’invention des races humaines
Reappropriation
Silence à CBC, prudence à Radio-Canada

Un commentaire

| Racisme, Sociologie | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Devinette : pommettes ou cerises ?

Publié le 25 octobre 2020 | Temps de lecture : 2 minutes
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

En 2015, j’ai publié cette photo, prise au marché Maisonneuve, convaincu qu’il s’agissait de fleurs de pommetiers.

Effectivement, ces fleurs sont typiques de ces arbres fruitiers.

Petits fruits jaunes

Mais en passant au même endroit il y a dix jours, j’ai remarqué que leurs fruits avaient plutôt la taille d’une cerise. Or toutes les pommettes que j’ai vues à ce jour sont sensiblement plus grosses que cela.

En cherchant des photos de cerises sur l’internet, j’ai appris qu’effectivement, certains cerisiers produisaient des fruits jaunes.

Alors, était-ce plutôt des cerises jaunes ?

Et puis un détail a attiré mon attention; sur toutes ces photos de cerises, celles-ci ont des pédoncules verts. Or les fruits ci-dessus ont des pédoncules rouges.

Dans le cas particulier des cerises de France (ou cerises douces), il me semble bien que ces fruits ont des pédoncules rouges. J’en ai souvent mangé et le souvenir que j’en ai conservé, c’est qu’elles ont toujours des pédoncules rouges.

En vérifiant de nouveau sur l’internet, je réalise que même les cerises de France ont des pédoncules verts. (C’est bizarre, j’aurais pourtant juré…).

À moins que les cerises de France aient des pédoncules verts en France, mais qu’en traversant l’Atlantique… Non, cette idée est ridicule.

Dois-je me résoudre à croire que ce sont de minuscules pommettes jaunes ?

Pour en avoir le cœur net, il suffit de couper un de ces fruits en deux; s’il contient un gros noyau central, il s’agit d’une cerise. Mais s’il renferme des pépins…

Pour obtenir la réponse à cette question, veuillez cliquer sur ceci.

Surprise !

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs Lumix Leica 42,5 mm F/1,2 (1re photo), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (2e photo) et M.Zuiko 60 mm F/2,8 Macro (photo cachée)
1re photo : 1/4000 sec. — F/1,2 — ISO 100 — 42,5 mm
2e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
photo cachée : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 60 mm

3 commentaires

| Botanique, Fruits, Nature | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel