FrancoFolies de Montréal – Aperçu du Jour 3

Publié le 10 juin 2012 | Temps de lecture : 3 minutes
Grenadine
Kevin Parent
Amylie
Groovy Aardvark
Bodh’Aktan
Galaxie

Pour cette troisième journée des FrancoFolies, je suis coincé : je travaille jusqu’à 18h. Puis dès 19h30, j’assite au premier volet d’une intégrale des symphonies de Brahms jouées par l’Orchestre métropolitain. D’ici là, je papillonne d’une scène à l’autre pour y prendre quelques photos tout en mangeant un Hot-Dog acheté sur la rue.

À mon arrivée à proximité de la scène SiriusXM, la chanteuse Amylie y chante un morceau entrainant, frais et pétillant comme une flûte de champagne. Le répertoire de cette chanteuse est composé de chansons pop avec un accent rétro et une touche électro.

Sans attendre le reste, je me dirige vers le Pub urbain Molson M pour y apercevoir Kevin Parent. Malgré une popularité qui lui aurait permis de jouer sur une des grandes scènes du festival, ce chanteur a préféré s’offrir un spectacle intime devant les dizaines de privilégiés qui ont réussi à prendre place sous cette tente, tandis qu’au moins un millier de personnes supplémentaires s’entassent à l’extérieur pour l’entendre et l’entrevoir.

Pendant ce temps, Amylie et ses musiciens se produisent sur la Place des festivals. Le temps de quelques photos et je dois me rendre prestement à la Maison symphonique de Montréal

Après deux symphonies de Brahms, je retourne aux FrancoFolies. Un seul adjectif pour qualifier le reste de la soirée : énergique.

D’abord l’énergie brute de Groovy Aardvark, un groupe punk/rock alternatif francophone, originaire de Longueil. La Place des festival est pleine de monde. Devant la scène, au moins trois personnes font du « body surfing » sur une foule enthousiaste.

À 22h, Bodh’aktan, un groupe de la Côte-Nord du Québec, se produit sur l’esplanade de la Place des Arts. Ce groupe joue de la musique inspirée des reels écossais et irlandais. Leur spectacle endiablé est une suite de danses et de musique à boire. Pas de longues présentations. Pas de ballade pour reprendre son souffle. Une heure d’énergie brute, sans répit.

Dans ce que j’ai entendu jusqu’ici cette année aux FrancoFolies, Bodh’aktan est mon coup de cœur. Si vous aimez la musique trad, courez entendre ce groupe remarquable, de préférence dans un lieu où l’on peut danser.

De 23h à minuit, le groupe Galaxie se produit sur la scène Ford enfumée. Puisque je dois rentrer me coucher, je prends quelques photos et je m’engouffre dans le métro.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm R
1re photo : 1/100 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 40 mm
2e photo  : 1/250 sec. — F/5,3 — ISO 4000 — 120 mm
3e photo  : 1/200 sec. — F/5,0 — ISO 320 — 100 mm
4e photo  : 1/160 sec. — F/4,7 — ISO 3200 — 74 mm
5e photo  : 1/100 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 40 mm
6e photo  : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 2500 — 125 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


FrancoFolies de Montréal – Aperçu du Jour 2

Publié le 9 juin 2012 | Temps de lecture : 2 minutes
Diane Tell et ses invités
Patrice Michaud
Hôtel Morphée

Travail oblige, je suis arrivé aux FrancoFolies vers 21h30. Sur la Place des festivals, Diane Tell entammait la deuxième moitié de son spectacle. Au bénéfice des plus jeunes, Mme Tell est connue, entre autres, pour son succès « Si j’étais un homme ». Son répertoire étant plutôt limité, elle s’était entourée de quelques invités.

De 22h à 23h, l’auteur-compositeur Patrice Michaud, entouré de quatre musiciens, donnait son spectacle sur l’esplanade de la Place des Arts. Cet artiste est également un fin raconteur qui s’inspire de son enfance ou de la vie de son coin de pays (la Gaspésie) pour livrer à son auditoire une série d’anecdotes amusantes entre ses chansons. Bref, j’ai beaucoup aimé sa prestation, mi-récital, mi-spectacle d’humour.

À 23h, le groupe Hôtel Morphée se produisait à la scène Ford. Pressé par la nécessité de rentrer chez moi, je n’ai pu assister que quelques instants à ce concert, le temps de prendre une photo (celle ci-dessus).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm R
1re photo : 1/80 sec. — F/4,0 — ISO 2500 — 40 mm
2e photo  : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 4000 — 150 mm
3e photo  : 1/80 sec. — F/4,0 — ISO 1250 — 40 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


FrancoFolies de Montréal – Aperçu du Jour 1

Publié le 8 juin 2012 | Temps de lecture : 2 minutes
Vue générale de la Scène Ford
Daran
Manifestants
Pierre Lapointe

Hier soir avait lieu le spectacle d’ouverture des FrancoFolies de Montréal. À l’affiche, successivement Dionysos et les Revenants, puis Daran, et enfin Pierre Lapointe.

Je suis arrivé vers 20h30. Le spectacle de Daran était déjà commencé. Vers la fin, de jeunes manifestants ont traversé la foule. Les dix dernières minutes de la représentation se sont donc perdues dans une cacophonie de slogans et de bruits de casseroles qui n’ont pas altéré la bonne humeur de la foule, plutôt sympathique à leur cause.

Puis ce fut le tour de Pierre Lapointe. Celui-ci a interprété quelques uns de ses succès bien connus. Vers 22h la pluie a commencé et je suis rentré chez moi.

Bref, voici quelques photos que j’ai rapportées de cette soirée agréable.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 20 mm F/1,7 (première photo) et M.Zuiko 40-150 mm R (les autres)
1re photo : 1/160 sec. — F/2,5 — ISO 200 — 20 mm
2e photo  : 1/250 sec. — F/3,2 — ISO 2500 — 150 mm
3e photo  : 1/80 sec. — F/4,0 — ISO 4000 — 40 mm
4e photo  : 1/80 sec. — F/5,6 — ISO 5000 — 150 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Armide : amour et passion chevaleresques

Publié le 19 avril 2012 | Temps de lecture : 4 minutes
Affiches à l’entrée du Théâtre Elgin

Jusqu’au 21 avril, l’Opera Atelier de Toronto présente Armide (1686), le dernier opéra terminé par Jean-Baptiste Lully. L’opéra raconte l’amour malheureux de la magicienne Armide pour le chevalier Renaud.

Après la Ville-reine, cette production sera présentée trois fois à l’Opéra royal de Versailles (du 11 au 13 mai prochains) et huit fois à New York, entre le 21 juillet et le 23 août 2012.

Dans tous les cas, l’accompagnement musical sera assuré par les membres du Tafelmusik Orchestra, soit un des meilleurs orchestres baroques au monde.

Plafond du Théâtre Elgin

Dès le départ, ce qui frappe dans cette production, c’est le jeu maniéré des chanteurs. Il s’agit ici d’un choix délibéré du metteur en scène, un choix qui se justifie dans la mesure où il ne s’agit pas de personnages de téléromans mais d’êtres plus grands que nature tirés d’un poème épique de la Renaissance. Or qui connait le langage corporel et la manière de s’exprimer des chevaliers médiévaux imaginés par un auteur italien ?

Plus précisément, il s’agit d’une dramatisation excessive de l’émotion ressentie par les personnages, dans un opéra qui repose entièrement sur la description des sentiments. À titre d’exemple, au 2e des cinq actes, quand Armide — incarnée Peggy-Kriha Dye, par une tragédienne exceptionnelle — lève son glaive pour poignarder Renaud endormi, on la voit hésiter à plusieurs reprises entre la haine éprouvée contre lui et l’éveil de la pulsion sexuelle qu’il suscite en elle, et qui lui fera finalement renoncer à ses sombres projets (ce qui, heureusement, permet à l’opéra de se poursuivre encore une heure). Cette dramatisation possède l’avantage de rendre évidente la compréhension du livret.


 
Les décors sont biens. Le véritable point faible de cette production, ce sont les costumes qui, quoique chatoyants, manquent de magnificence pour un opéra qui a contribué à la splendeur royale sous Louis XIV. Il faut préciser que si les danseuses sont vêtues de robes, leur collègues masculins dansent généralement en collants. C’est aussi la tenue vestimentaire du baryton qui incarne le personnage de la Haine et qui, heureusement, possède le gabarit ostentatoire d’un culturiste.

À Toronto, la danse baroque ne semble pas avoir atteint la maturité qu’elle a ici, à Montréal ni, à plus forte raison, celle qu’on peut constater sur les scènes baroques parisiennes. Mais on a compensé cette lacune par une créativité qui a valu aux spectateurs de très agréables numéros de danse dont un, accompagné de castagnettes, qui fut un moment de pure magie.

Les chanteurs et les danseurs semblent tous avoir moins de 35 ans. Si vous êtes habitués aux sopranos obèses, cette jeune distribution ne comporte que de jeunes adultes au physique avantageux.

Oui mais le chant dans tout cela ? Absolument impeccable. Si la diction française laisse parfois à désirer, le chant lui-même est parfait.

Et puisque l’Air du sommeil est celui qui a fait la renommée de cette œuvre, les spectateurs présents au Théâtre Elgin mardi soir eurent droit à une pièce d’anthologie de la part du ténor canadien Colin Ainsworth (pour lequel on a transposé le rôle de Renaud, originellement conçu pour un haute-contre). À Versailles, une exécution de cette qualité (précisons que dans ce cas-ci la diction était parfaite) aurait provoqué un tonnerre de bravos et d’applaudissements. À Toronto, personne n’a applaudi : je n’en suis pas revenu.

Bref, si vous passez par Toronto ces jours-ci ou si vous pouvez assister à une des représentations versaillaises, je vous invite à assister à cet opéra baroque très bien défendu par cette jeune troupe torontoise enthousiaste.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/60 sec. — F/4,4 — ISO 800 — 20 mm
2e photo  : 1/30 sec. — F/4,0 — ISO 320 — 18 mm
3e photo  : 1/4 sec. — F/4,5 — ISO 400 — 21 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Stéphane Tétreault, l’Orchestre métropolitain et Dvořák

Publié le 13 avril 2012 | Temps de lecture : 2 minutes


 
Sous la direction du chef Julian Kuerti (fils du pianiste torontois), l’Orchestre métropolitain présentait hier soir de la musique de quatre compositeurs d’Europe centrale : Smetana, Dvořák, Kodály et Bartók.

L’œuvre principale à l’affiche était le Concerto pour violoncelle op. 104 de Dvořák dont le soliste était Stéphane Tétreault, un violoncelliste qui célébrait son 19e anniversaire le mois dernier.

On jouait à guichet fermé en raison d’une importante campagne médiatique qui avait porté autant sur l’âge du soliste que sur son instrument, un Stradivarius de 1707 prêté par une mécène anonyme.

Ce matin, les critiques musicaux de La Presse et du Devoir font l’éloge des artisans de ce concert. Qui serais-je pour les contrarier; en simple mélomane, j’ai également beaucoup apprécié cette soirée quoique j’ai peu d’affinité pour la musique tapageuse de Bartók.

Pour terminer, puisque les photos ci-dessus présentent aussi la salle de la nouvelle Maison symphonique de Montréal, précisons que la construction de cet édifice, au coût de 260 millions$, a débuté en 2009 et qu’il a été inauguré en septembre dernier. 70% de la surface de la salle est recouverte de bois de hêtre provenant de la région de Gatineau.

Il s’agit d’une salle de 1 900 places, sans compter les 200 places supplémentaires derrière l’orchestre pour les choristes ou les spectateurs. Près de 200 musiciens peuvent prendre place sur scène. L’ajout de cette salle porte à 8 000 sièges la capacité totale des différentes salles de la Place des Arts, en faisant un des plus importants complexes culturels en Occident.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/25 sec. — F/3,7 — ISO 400 — 16 mm
2e photo  : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 320 — 45 mm
3e photo  : 1/20 sec. — F/5,6 — ISO 400 — 45 mm
4e photo  : 1/30 sec. — F/3,5 — ISO 320 — 14 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’opéra Atys (1676) de Lully

Publié le 19 septembre 2011 | Temps de lecture : 3 minutes

 
La redécouverte d’Atys date de 1987. Cette année-là, cette œuvre fut montée à Paris pour la première fois depuis des siècles afin de marquer le 300e anniversaire de la mort de Jean-Baptiste Lully (1632 – 1687), un compositeur français d’origine italienne.

À New York, l’opéra fut présenté en 1989 et en 1992 au Brooklyn Academy of Music (BAM). À chacune de ces deux occasions, il obtint un succès fulgurant auprès des amateurs de musique baroque de la métropole américaine.

The Brooklyn Academy of Music

Pour le gala d’ouverture des célébrations entourant le 150e anniversaire de cette institution new-yorkaise, le BAM résolu de présenter de nouveau cette œuvre phare qui a contribué à sa renommée.

L’opéra dure quatre heures (cinq avec les deux entractes). Il est basé sur un livret intéressant de Philippe Quinault.

Alors qu’il est habituel, à l’opéra, que tous les personnages soient immobiles sur scène alors que l’un d’entre eux est en train de chanter, au contraire, la mise en scène de Jean-Marie Villégier est d’une richesse inouïe, avec plein d’actions secondaires qui se déroulent en même temps que l’action principale.

Il s’agit d’une histoire d’amour et de trahison entre dieux et mortels. Avec un sujet pareil, c’était inévitable, quelques réparties font involontairement allusion à l’affaire DSK, au grand plaisir de l’assistance francophile.

Le noir et l’argent dominent les décors et costumes de la production sauf au 3e acte (si ma mémoire est bonne), où presque tous les personnages sont plutôt vêtus de satin doré et pastel.

Certains costumes datent de la production parisienne de 1987 alors que d’autres ont été refaits à l’identique. Pour refaire les nouveaux costumes, quarante artisans se sont affairés pendant deux mois.

L’opéra nécessite le concours de douze sopranos, sept hautes-contre, six ténors à la française et neuf basses, soit au total trente-quatre chanteurs, onze danseurs, et un orchestre de cinquante musiciens.

Parmi les chanteurs, la palme revient aux sopranos Emmanuelle de Negri et Anna Reinhold, au ténor Cyril Auvity (remarquable dans le rôle secondaire de Morphée), de même qu’à Bernard Deletry (parfait dans le personnage comique du père ivrogne de la fiancée du roi). Les airs réservés au chœur sont tous mélodieux et les récitatifs intéressants (quoique pas toujours parfaitement articulés).

Détails techniques de la photo de l’édifice du BAM : Panasonic GH1, objectif Lumix 7-14mm F/4,0 — 1/320 sec. — F/6,3 — ISO 100 — 8 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Souvenirs du Festival de musique baroque 2011

Publié le 28 juin 2011 | Temps de lecture : 7 minutes
Le Ballet de l’impatience

C’est avant-hier que se terminait la neuvième édition du festival de musique Montréal Baroque.

Pour la première fois de l’histoire de ce festival, la température a été fraîche et pluvieuse, ce qui a ralenti mes ardeurs à assister à certains spectacles, malgré l’achat d’une passe qui me donnait droit à tout.

À 16h le premier jour, le musicologue François Filiatrault — auteur de la presque totalité des notes du programme — prononçait une conférence sur le ballet de cour. Cette conférence, abondamment illustrée, nous préparait au spectacle qui suivait en soirée.

Donc le soir même, Les Jardins chorégraphiques — c’est le nom d’une troupe de ballet — présentaient une œuvre de Lully, Le Ballet de l’impatience, créée en 1661 et reprise à Montréal pour la première fois depuis.

En réalité, la musique et le livret de ce ballet ont été reconstitués à partir de plusieurs documents anciens alors que la chorégraphie et la pantomime sont le fruit de l’imagination débridée de ses artisans montréalais.

Il s’agit d’un ballet à sketches : on nous présente diverses situations susceptibles de générer de l’impatience. Par exemple, des procureurs qui multiplient les procédures, ce qui augmente leurs honoraires et suscite l’impatience de leur client. Chaque saynète est précédée d’un récit (en vieux français) qui nous explique ce qui va suivre.

Dans ce cas-ci, ce vieux français est celui parlé à l’époque de Louis-XIV : il ressemble à de l’acadien. On prononçait « montère l’escalié » pour « monter l’escalier ». On prononçait le « o » et le « i » de « moi » et de « toi », ce qui sonnait différemment du « moâ » et du « toâ » d’aujourd’hui et qui ressemblait beaucoup au « moé » et « toé » du bon vieux joual québécois. Cette langue, c’était celle de la cour du « Roé » Louis XIV, différente de la langue du « Roy » (comme on dit « Roy Dupuis ») Louis XIII, son père.

Le ballet proprement dit est très différent du ballet comme on le connaît aujourd’hui. Oubliez les tutus et les ballerines dansant sur le bout des orteils. C’était des pas de danse connus de la noblesse (et exécutés par certains d’entre eux dans la représentation devant le roi) et exécutés également par des danseurs professionnels. Cette danse s’accompagnait d’un jeu de main fascinant, qu’exécutaient avec beaucoup de naturel deux des quatre danseurs de la représentation montréalaise.

Quant aux décors, ceux de l’époque avaient brulé avant la première représentation à Paris : à Montréal, ils furent inexistants.

Quant à la musique authentiquement de Lully, elle fut assurée avec brio et avec fantaisie par La bande Montréal baroque, un orchestre formé pour l’occasion de plusieurs des plus brillants musiciens baroques de Montréal.

(Mon Dieu, que de mots pour ce concert d’ouverture).

Je passe sur plusieurs concerts auxquels j’ai assisté, qui furent biens (dont ces concertos créés par le musicologue montréalais Bruce Haynes — décédé quelques semaines avant le festival — à partir de cantates de Bach).

Le Gesualdo Consort Amsterdam

On nous avait prévenus que les madrigaux de Gesualdo (un compositeur de la Renaissance) créeraient l’événement à 21h ce soir-là et ce fut le cas. Exécution parfaite à capella par le Gesualdo Consort Amsterdam. Toutefois j’avoue que les œuvres pour clavecin de ce compositeur (également au programme) ne me disent rien.

Partition de Trabaci

Un des grandes surprises du festival furent les œuvres instrumentales de Giovanni Maria Trabaci (vers 1575 – 1647) présentées à 16h le 25 juin. Celui-ci a écrit les plus anciennes partitions connues écrites spécifiquement pour la harpe. Ses œuvres pour clavier sont particulièrement séduisantes. Selon le compositeur lui-même, elles peuvent être jouées par un ensemble de violes, ce qui fut le cas cet après-midi là.

À 17h30, toujours le 25 juin, le musicologue Noam Krieger a expliqué le long et tortueux cheminement qui lui a permis de reconstituer admirablement la musique du ballet de Lully présenté la veille.

L’Arion orchestre baroque

À 21h (toujours le 25), le gala célébrant le 30e anniversaire du groupe Arion fut une réussite complète. Ce groupe est déjà connu pour sa virtuosité et sa précision : ce gala fut à la hauteur de sa réputation.

Le pianofortiste Robert Hill

Quant aux polonaises séduisantes du fils cadet de Bach, Wilhelm-Friedemann Bach (1710 – 1784) — exécutées au pianoforte par l’allemand Robert Hill — elles furent pour moi une révélation. Alors que certaines de ses pièces sont épouvantablement difficiles à exécuter en raison de la virtuosité qu’elles exigent, d’autres sont d’un dépouillement extrême, lourdement chargées d’une tension émotive qui annonce le romantisme allemand (et celui de Beethoven en particulier).

Site du concert des Ensembles Ysis et La Rota

Le 26 juin à 16h, les Ensembles Ysis et La Rota présentaient la musique médiévale du Roman de F.A.U.V.E.L., une œuvre en partie en latin et en partie en vieux français. Le concert mettait en vedette les voix de deux excellentes sopranos dont la principale (dont j’ignore le nom) est absolument absolument absolument extraordinaire. Avec une légère vibration de la voix qui me rappelle (en mieux) la hongroise Mària Zàdori à ses débuts, et une habilité à broder une dentelle de notes à vous couper le souffle d’admiration.

Les artisans du spectacle « L’enfer de Macbeth, au cabaret »

Pour clôturer le festival, on présentait un texte contemporain qui parodiait le Macbeth de Shakespeare, le tout sur de la musique élisabéthaine de Purcell, de Blow et d’Eccles. Le spectacle était assuré quant à la musique par l’Ensemble Caprice (impeccable), par un chœur mixte de chanteurs assez biens, par deux comédiens montréalais assez bons et par une maitresse de cérémonie d’une drôlerie à dérider une vieille pomme. Je n’ai pas réussi à comprendre qui a écrit ce texte cynique, iconoclaste et totalement irrésistible mais je dois dire que je me suis bien amusé.

Mme Susie Napper profitant d’un moment de répit pour se reposer

Pour terminer, je dois vous parler de Susie Naper. Cette gambiste de réputation internationale est une des femmes les plus extraordinaires que compte le Québec. Sans elle, ce festival n’existerait pas. C’est grâce à son esprit d’entreprise qu’une multitude d’artisans talentueux pratiquant la musique baroque au Québec se réunissent annuellement dans cette grande fête donnée pour notre plus grand plaisir.

Bravo et merci à tous (et mes excuses à Mme Naper qui va sûrement me détester pour cette photo indiscrète).

Détails techniques des photos : Appareil Panasonic GF1, objectif Lumix 20mm f/1,7
1re photo : 1/80 sec. — F/1,7 — ISO 100 — 20 mm
2e photo  : 1/30 sec. — F/1,7 — ISO 160 — 20 mm
3e photo  : 1/60 sec. — F/1,7 — ISO 100 — 20 mm
4e photo  : 1/30 sec. — F/1,7 — ISO 200 — 20 mm
5e photo  : 1/30 sec. — F/1,7 — ISO 400 — 20 mm
6e photo  : 1/30 sec. — F/1,7 — ISO 400 — 20 mm
7e photo  : 1/30 sec. — F/1,7 — ISO 250 — 20 mm
8e photo  : 1/30 sec. — F/1,7 — ISO 160 — 20 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le festival de musique « Montréal Baroque », du 23 au 26 juin 2011

Publié le 23 juin 2011 | Temps de lecture : 1 minute


 
C’est aujourd’hui que s’ouvre officiellement la neuvième édition du festival de musique « Montréal Baroque ».

Malgré son nom, le festival présentera des œuvres de compositeurs de différentes époques : Moyen-Âge (Hildegard von Bingen), Renaissance (Carlo Gesualdo, Roland de Lassus, et Giovanni Maria Trabaci), Baroque (Johann Sebastian Bach, Antoine Forqueray, Georg Friedrich Haendel, Jean-Baptiste Lully, Johann Rosenmüller, Georg Philipp Telemann, Giovanni Maria Trabaci, et Antonio Vivaldi), et Néo-classique (Wilhelm Friedemann Bach).

À l’affiche, six grands concerts, dix concerts intimes, quinze concerts gratuits, un symposium international (en anglais), deux conférences, une classe de maitre et une série de concerts informels gratuits à partir de 23h au café À propos (situé au 300 est, rue Notre-Dame : voir le clip vidéo ci-dessous).

Quelques uns des meilleurs spectacles auxquels j’ai assisté de toute ma vie furent des Grands concerts donnés à l’occasion d’éditions précédentes de ce festival remarquable.

Référence : Festival Montréal Baroque

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Marie-Mai aux FrancoFolies

Publié le 11 juin 2011 | Temps de lecture : 1 minute
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Hier soir, en finissant de travailler, j’ai décidé d’aller faire un tour aux FrancoFolies. De 21h à 22h, Marie-Mai était en vedette sur la scène de l’Espace Ford.

Excellent spectacle. Plein d’énergie et plein de monde. Et c’était gratuit…

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Voigtländer 50mm f/1,1
1re photo : 1/30 sec. — F/1,1 — ISO 100 — 50 mm
2e photo  : 1/1600 sec. — F/1,1 — ISO 100 — 50 mm
3e photo  : 1/250 sec. — F/1,1 — ISO 100 — 50 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


La fille du régiment

Publié le 30 janvier 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

 

 
Si vous êtes abonnés à Artv, je vous invite à regarder un spectacle musical demain, lundi 31 janvier, à 21h30. L’histoire est amusante et c’est chanté en français. Les interprètes sont excellents, l’histoire est rondement menée et tous les artisans du spectacle ont admirablement bien fait leur travail. Et en plus, c’est gratuit puisqu’on est ici à la télévision. Mais — vous l’avais-je dit ? — La fille du régiment est un opéra.

C’est en 1840 que le compositeur italien Gaetano Donizetti présente son premier opéra-comique composé en français. Cette année-là, les cendres de Napoléon (mort en 1821) sont rapatriées au Panthéon. La France toute entière connaît alors un regain patriotique pour la figure napoléonienne. L’oeuvre sera donc un immense succès.

Si vous pensez qu’un opéra, c’est une suite d’airs mélodieux, détrompez-vous : c’est du théâtre chanté. Évidemment, on y trouve des airs mémorables, dont l’extrait Militaire et mari qui vaudront au chant athlétique de Juan-Diego Florez (ci-dessus) un tonnerre d’applaudissements tellement long, lors de la représentation captée pour la télévision, qu’on a dû l’abréger au montage.

Quant à la prestation de Natalie Dessay, dans le rôle-titre, je ne crois pas qu’il soit possible de trouver une autre soprano capable de la surpasser d’ici plusieurs décennies tant par la diction et la qualité de sa voix, que par son sens de la comédie.

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Écrit par Jean-Pierre Martel