Déjà quinze-millions de requêtes…

Publié le 18 novembre 2021 | Temps de lecture : 1 minute

Quelque part à travers le monde, un lecteur vient de demander la quinze-millionnième requête en vue de consulter un document sur ce blogue.

Pour vous remercier de l’intérêt que vous portez à ce qu’on y trouve, j’ai décidé de vous offrir quelques-uns de mes fonds d’écran préférés. Ils sont offerts pour votre usage personnel, sans but lucratif.

La résolution de ces images est celle de mon MacBook Pro, soit 2880 x 1800 pixels.

Pour en télécharger une copie, cliquez d’abord sur l’imagette ci-dessous. Sa version en haute résolution apparaitra. Cliquez droit pour copier. Puis choisissez l’option Enregistrez sous… pour copier le fichier dans le répertoire approprié de votre ordinateur.

Dans le sens habituel, ces photos, montrent :
• la Place de la Vieille Ville de Prague,
• la Place Desjardins à Montréal,
• un papillon Morpho Blanc,
• le puits de lumière des Galeries Lafayette à Paris,
• la Rua Dr. António Sousa Macedo à Porto,
• à la forteresse de Suomenlinna d’Helsinki.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le boomerang de l’arrestation citoyenne

Publié le 17 novembre 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

Dans plus d’une trentaine de pays, la loi permet à une personne qui n’est pas policier de procéder à une arrestation.

Dans la plupart des cas, il s’agira d’un citoyen armé qui arrête un malfaiteur qui vient de commettre un méfait sur sa propriété ou qui y est entré par effraction.

Il peut s’agir également d’un gardien de sécurité armé qui arrête un malfaiteur qui vient de commettre un délit dans un commerce sous sa surveillance.

Dans tous les cas, la loi exige que le citoyen qui procède à l’arrestation ait été témoin du crime et que l’individu appréhendé soit remis à la police dans les plus brefs délais.

Dans certains pays, la loi ordonne la fin de l’arrestation citoyenne dès que le suspect a fait la preuve de son identité — ce qui est le présage de poursuites éventuelles devant les tribunaux — à moins que la gravité de l’acte exige la remise aux mains des forces policières.

Contrairement à un policier, un citoyen qui procède à l’arrestation d’une autre personne peut être accusé de violation de droits civiques si l’arrestation est injustifiée.

Au Canada, on ne peut procéder à une arrestation citoyenne qu’en cas de délit en vertu du Code criminel canadien. En d’autres mots, un citoyen ne peut pas arrêter une personne sur le motif de la violation d’un règlement municipal ou d’une loi provinciale, sauf en Ontario où cela est permis dans des cas très précis.

En France, la personne appréhendée doit avoir été prise en flagrant délit d’un crime punissable d’une peine d’emprisonnement. L’usage de la force n’est permis qu’en cas d’autodéfense.

Aux États-Unis, tout citoyen peut arrêter une personne lorsqu’il est témoin d’un crime. La liste des crimes qui peuvent donner lieu à une arrestation citoyenne varie d’un État à l’autre. Dans certains États américains, on peut arrêter quelqu’un d’autre au simple motif de tapage nocturne.

En conclusion, au Canada, un citoyen témoin de la commission d’un crime (au sens du Code criminel) peut arrêter le malfaiteur sur-le-champ et le remettre aux autorités policières dans les plus brefs délais.

Toutefois, s’il ne s’agit pas d’une offense selon le Code criminel canadien, c’est celui qui arrête l’autre qui viole la loi.

Références :
Ce qu’il faut savoir au sujet de l’arrestation par de simples citoyens
Citizen’s arrest
L’État de la Géorgie radie la loi sur les arrestations citoyennes
Loi sur l’arrestation par des citoyens et la légitime défense
Que comprendre des gens qui croient avoir le droit d’arrêter des politiciens

Paru depuis :
Un conspirationniste blessé lors d’une tentative d’« arrestation citoyenne » de policiers (2022-08-18)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La chasse à l’Autochtone

Publié le 15 novembre 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

Introduction

Tout comme pour le racisme tout court, il existe différents degrés de sévérité dans le racisme systémique.

Celui-ci est patent dans le refus du gouvernement québécois de mettre en tutelle le service de police de la ville de Repentigny, dont le racisme, qui dure depuis des années, est une gêne nationale.

De plus, lorsqu’un enfant Autochtone tombe à ce point malade qu’il faut d’urgence le transporter par avion à un hôpital situé dans le Sud, le Québec est la seule province canadienne qui refuse que l’enfant soit accompagné de sa mère ou d’un autre parent.

Mais il y a pire. Parce qu’il y a toujours pire…

Le racisme colonial anglais

Il y eut une époque où les colons anglais pratiquaient la chasse à l’Autochtone. Comme on pratique, de nos jours, la chasse à l’orignal (l’élan d’Amérique).

Le génocide réussi des Béothuks à Terre-Neuve (devenu province canadienne en 1949) est le résultat de cette chasse.

Elle fut également pratiquée aux États-Unis.

De 1675 à 1760, les gouvernements de la Nouvelle-Angleterre ont émis 69 décrets accordant une prime équivalente à douze-mille dollars d’aujourd’hui pour le scalp d’un Autochtone mâle, la moitié pour le scalp d’une Autochtone et un peu moins pour celui d’un enfant.

Une cinquantaine d’autres décrets ont été promulgués ailleurs aux États-Unis, jusqu’aussi récemment que 1885.

En principe, la prime était accordée uniquement pour l’homicide d’un Autochtone issu d’une des nombreuses nations hostiles. Mais comme il était impossible de distinguer, par exemple, le scalp d’un ‘bon’ Iroquois d’un ‘mauvais’ Algonquin, n’importe quel scalp était récompensé.

Cette récompense équivalait à la solde d’un soldat anglais pour deux ans de service.

Parfois, quand un groupe de colons exterminaient tout un village, en plus de la prime, on leur accordait le territoire occupé par les scalpés afin qu’ils puissent s’y établir. C’est ainsi que des milliers d’acres de terres en Nouvelle-Angleterre sont devenus des territoires ‘non cédés’.

En 1755, l’honorable Spencer Phips, en sa qualité de lieutenant-gouverneur de la baie du Massachusetts, promulguait un décret qui déclarait la nation des Penobscots comme cible d’extermination et ordonnait aux sujets de sa Majesté de saisir toutes les occasions de traquer, de capturer, de tuer, et de les éradiquer tous.

Une recherche en cours dans les archives coloniales de la Nouvelle-Angleterre a documenté jusqu’ici 375 primes versées à la suite de 94 réclamations, représentant des déboursés équivalents à plus de quatre-millions de dollars d’aujourd’hui.

Dès 1790, une fois par décennie, le recensement effectué par le gouvernement fédéral américain servait, entre autres, au décompte national des esclaves.

En 1860, on ajouta l’item ‘Indians’ au choix de réponses à la question qui portait sur la ‘race’ du citoyen afin de documenter le génocide en cours des Autochtones du pays.

Références :
Ces cowboys de Repentigny qui déshonorent le métier de policier
Le génocide des Béothuks à Terre-Neuve
Le racisme systémique en mode binaire
Le transport aérien d’urgence d’enfants autochtones malades : la cruauté de l’État québécois
L’obsession américaine de la ‘race’
New England once hunted and killed humans for money. We’re descendants of the survivors

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le bleu du drapeau français

Publié le 15 novembre 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

Au Québec, encourager le Tricolore, c’est être partisan du club de hockey les Canadiens de Montréal.

Mais en France, le tricolore, c’est le drapeau national.

Avant d’être un drapeau, c’était un ornement circulaire porté à la coiffe ou à la boutonnière des révolutionnaires de 1789.

L’année suivante, l’Assemblée constituante décidait que tous les navires français devaient battre un pavillon rouge blanc bleu (et non l’inverse) dont les bandes se disposeraient à la verticale.

Et ce, pour les distinguer des navires néerlandais qui, depuis le XVIe siècle, battaient un pavillon aux mêmes couleurs, mais disposées à l’horizontale.

Il fallut attendre le 15 février 1794 pour que la Convention nationale adopte officiellement le drapeau bleu blanc rouge (dans cet ordre).

Originellement, le bleu du drapeau français était bleu marine.

En 1955, le Conseil de l’Europe adoptait le drapeau européen, composé de douze étoiles à cinq branches sur fond bleu mariane. Ce bleu légèrement plus pâle est la couleur d’un ciel ensoleillé sans nuages. On l’appelle ainsi parce que depuis le XVe siècle, il est la couleur officielle du voile porté par la Vierge Marie.

Sous le président Valéry Giscard d’Estaing — fervent europhile — le bleu du drapeau français était passé de marine à mariane, de manière à mieux s’harmoniser au drapeau européen lorsque les deux sont placés côte à côte.

Rebelle, la marine française a toujours conservé le ‘vrai’ drapeau issu de la Révolution.

S’appuyant sur les pouvoirs régaliens du chef de l’État français, le président Emmanuel Macron a décidé secrètement de revenir aux couleurs originelles du tricolore, le 13 juillet 2020 (la veille de la fête nationale française).

Hier, les journalistes d’Europe 1 rendaient publique cette décision. Depuis, les spéculations vont bon train quant au sens qu’il faut lui donner.

Pour l’instant, cette modification n’a pas été imposée aux bâtiments officiels français; seul de drapeau du palais de l’Élysée arbore les nouvelles couleurs de la France.

Références :
Drapeau européen
Emmanuel Macron a changé la couleur du drapeau français
Emmanuel Macron a changé la couleur du drapeau français (et ce n’est pas anodin)
Le drapeau français
Les partisans du Tricolore festifs, sous la pluie
Sacré bleu: French flag changes colour – but no one notices

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’appui aux restrictions sanitaires

Publié le 14 novembre 2021 | Temps de lecture : 2 minutes

Introduction

La firme de sondage Pew Research Center a publié le 23 juin dernier les résultats d’une consultation téléphonique effectuée du 1er au 7 février 2021 auprès de 2 596 Américains et du 12 mars au 26 mai 2021 auprès de 16 254 adultes répartis dans seize autres pays développés.

La majorité des personnes consultées croient que la lutte sanitaire a causé des divisions au sein de l’opinion publique.

Dans 12 des 13 pays consultés à la fois l’an dernier et cette année, la proportion des personnes de cet avis s’est accrue.

Au Canada, ceux qui le croient sont passés de 29 % des personnes consultées en 2020 à 61 % en 2021. Aux États-Unis, cette proportion, déjà à 77 % l’an dernier, a atteint 88 % en février de cette année.

En France et en Belgique, elle est passée respectivement de 49 % à 68 % et de 55 % à 66 %.

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Ceci étant dit, le calcul de la médiane générale révèle que moins d’une personne sur cinq croit qu’on a utilisé des moyens excessifs pour combattre cette pandémie. La majorité des gens sont à peu près également partagés entre ceux qui estiment que les moyens étaient appropriés (41 %) ou insuffisants (37 %).

En Extrême-Orient et en Océanie — où les mesures imposées ont souvent été draconiennes — une médiane de 63 % des gens approuvent les décisions prises par leurs dirigeants.

En comparaison avec les pays occidentaux, ce consensus s’est établi en grugeant de moitié autant le groupe de ceux qui auraient voulu moins de restrictions sanitaires que celui qui en aurait voulu plus.

Référence :
People in Advanced Economies Say Their Society Is More Divided Than Before Pandemic

Parus depuis :
COVID-19 – Sondages sur les attitudes et comportements des adultes québécois (2022-02-22)
Un Québécois sur quatre appuie le message des manifestants antimesures sanitaires (2022-02-22)

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les 2Frères

Publié le 13 novembre 2021 | Temps de lecture : 2 minutes
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Le duo 2Frères est composé des frères Érik et Sonny Caouette, originaires de Chapais (une ville minière située dans la région Nord-du-Québec).

Après avoir regardé une émission de télévision qui leur était consacrée, j’ai décidé de passer en revue leur discographie sur iTunes. Ce qui m’a amené à acheter plusieurs de leurs chansons.

Leurs enregistrements se caractérisent par trois choses : une diction impeccable, leur veine mélodique et un talent exceptionnel à pondre de manière concise un récit parfaitement bien fignolé.

Sur ce dernier point, on peut donner l’exemple de 33 Tours, relatant une histoire où on ne sait plus très bien, entre le disquaire et sa cliente, qui a réussi à séduire l’autre.

Le chant est simple, sans démonstration de virtuosité. Tout au plus, à la fin des phrases musicales de certaines chansons (dont Un peu de toi), on maintiendra légèrement le chant une fraction de seconde au-delà de ce qui est nécessaire à la prononciation de la dernière syllabe.

En passant en revue les chansons offertes sur les trois albums publiés jusqu’ici, on aurait intérêt à écouter également les chansons jugées de moindre intérêt qui, dans bien des cas, sont de véritables petits bijoux.

Je pense à ‘Ti-gars’ (coté 2/11), qui décrit les émotions qui bousculent la vie des parents, de la naissance à l’âge adulte d’un enfant.

Et à ‘Grande personne’ (coté 7/11) qui, à l’inverse, présente une relation père-fils décrite du point de vue de l’enfant.

Bref, un duo dont la popularité est amplement méritée.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14 — 1/200 sec. — F/4,0 — ISO 500 — 90 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’urbanisme cellulaire

Publié le 12 novembre 2021 | Temps de lecture : 6 minutes

C’est dans les années 1960 que s’est considérablement développé le système autoroutier du Québec.

Depuis longtemps, on peut facilement acheminer les marchandises dans tous les coins du pays. Exception faite de quelques villages isolés.

Quant au transport automobile, il y eut une époque où il était normal d’aller travailler loin de son domicile et de compter sur l’État pour faciliter ses déplacements. Ou de parcourir des dizaines de kilomètres pour aller magasiner à ce gigantesque centre commercial qui raréfié les commerces des environs.

Au XXe siècle, le mode de développement anarchique nécessitait toujours plus de voies rapides pour effectuer des déplacements sur des distances toujours plus grandes.

C’est cet urbanisme tentaculaire qu’on peut voir de nos jours en Californie.

Ce que l’exemple californien nous enseigne, c’est que plus on construit d’autoroutes, plus on favorise l’étalement urbain. Et plus on favorise l’étalement urbain, plus on rend indispensable la possession d’une voiture. Ce qui augmente la circulation automobile et favorise par endroits la congestion routière. Et plus apparaissent des problèmes de congestion routière, plus il faut développer de nouvelles autoroutes. Et ainsi de suite.

La véritable solution à la congestion routière, ce n’est pas davantage de routes, mais moins de voitures.

Construire plus de routes, cela augmente la production d’asphalte, de béton, de voitures et d’essence. Tous dommageables à l’environnement.

À l’avenir, il faut diminuer notre empreinte environnementale en-deçà de la capacité de renouvellement de la planète. Ce qui exige de nous des changements draconiens.

Ce qu’il faut favoriser, c’est l’urbanisme cellulaire. À l’image du Portugal où chaque ville est un amas contigu de paroisses ‘civiques’ (ou freguesias).

Et dans chacune d’elles, on trouve tous les commerces de proximité; épicerie, pharmacie, restaurants, modiste, comptoir de nettoyage des vêtements, dépanneurs (appelés supérettes en France), etc.

Comme à Paris, où ces commerces de proximité abondent le long des petites rues généralement peu fréquentées par les touristes.

Idéalement, tout l’essentiel pour vivre devrait se situer à moins de quinze minutes de marche de son domicile.

Et comme le corps humain possède certains organes spécialisés (cerveau, cœur, poumons, reins, intestins), la ville devrait avoir un centre-ville pour y acheter des biens spécialisés ou des produits de luxe. Un ou plusieurs parcs industriels pour y concentrer les manufactures et les usines. Un quartier des affaires pour y accueillir les institutions financières. Un aéroport si la taille de l’agglomération le justifie. Et çà et là, de même qu’en périphérie, des parc forestiers lui servent de poumons verts.

Le tout alimenté par un réseau routier qui, comme le système sanguin, va de l’autoroute à la ruelle selon qu’on s’avance profondément dans le tissus urbain proprement dit.

Et plutôt que développer de nouvelles frequesias, il faut favoriser la construction en hauteur et ainsi, augmenter la densité urbaine et accroitre la prospérité des commerces de proximité.

Il faut augmenter la densité urbaine puisqu’un réseau de transport en commun efficace n’est rentable que lorsqu’on atteint une certaine densité de population.

Grâce à un investissement colossal dans son réseau de transport en commun, la Finlande a fait en sorte que pour chaque tranche de mille citoyens, il y a 373 véhicules de moins sur les routes et autoroutes finlandaises en comparaison avec celles du Québec.

Cela équivaut, par exemple, à faire disparaitre 694 000 véhicules qui encombrent les voies de circulation sur l’ile de Montréal.

Pour l’ensemble du Québec, c’est comme enlever 3,1 millions de véhicules de nos routes.

Et dans ces villes nouvelles à dimension humaine, il faut placer le piéton au sommet des utilisateurs de la voie publique. Au deuxième rang, se trouvent les adeptes des modes de déplacement à traction humaine (vélos et trottinettes). Et au dernier rang, les automobilistes.

Ce qui implique la réduction de la taille des voies dédiées à l’automobile et une élimination totale, si possible, des mortalités causées aux piétons et aux cyclistes. Et ce, au prix d’un accroissement considérable (et assumé) des problèmes de circulation des voitures.

Piétons, vélos et voitures circuleront dans leur propre couloir de déplacement comme le sang et la lymphe ont leur propre circulation (respectivement sanguine et lymphatique).

De plus, il ne faut pas hésiter à bannir les automobiles des centres-ville. Les seuls véhicules autorisés devraient être les autobus, les taxis et les camions qui approvisionnent les commerces, de même que ceux qui livrent la marchandise à domicile.

On devrait aménager au pourtour des centres-ville (devenus pédestres) des stationnements souterrains reliés à un réseau piétonnier également souterrain (comme celui de Montréal).

Pour terminer, tous les terrains vacants en périphérie des villes, généralement laissés en friche par des spéculateurs, devraient être confisqués (c’est-à-dire sans dédommagement financier) lorsqu’ils demeurent inutilisés pendant plus de dix ans.

Tout comme c’était le cas chez les Hurons-Wendats à l’époque où le récollet Gabriel Sagard a visité la Huronie au XVIIe siècle.

En somme, lorsqu’on achète à bas prix une terre agricole et qu’on la laisse à l’abandon, les arbres finissent par y pousser. Ce qui la rend impropre à l’agriculture (sans défrichement), mais la rend parfaite pour y aménager un parc forestier.

Généralement situés en périphérie du développement urbain, ces terrains deviendront des espaces verts. Comme le sont le bois de Boulogne et le bois de Vincennes, poumons verts de Paris.

Voilà, en résumé, ce à quoi consiste l’urbanisme cellulaire.

Références :
Deux semaines à Palm Desert (2e partie)
Gabriel Sagard en Huronie
Le transport en commun finlandais : le matériel roulant

Paru depuis :
Densifier, c’est aussi démocratiser (2022-06-19)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’aspiration populaire au changement en temps de pandémie

Publié le 11 novembre 2021 | Temps de lecture : 6 minutes

Introduction

La firme de sondage Pew Research Center a publié le 21 octobre dernier les résultats d’une consultation téléphonique effectuée du 1er au 7 février 2021 auprès de 2 596 Américains et du 12 mars au 6 mai 2021 auprès de 16 254 adultes répartis dans seize autres pays développés.

Globalement

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Une médiane se définit la valeur centrale séparant une population en deux parties égales.

Dans ce cas-ci, dans huit pays étudiés, moins de 56 % des gens souhaitent que le système politique de leur pays soit réformé de manière importante ou du tout au tout. Dans neuf autres pays, ce souhait est partagé par 56 % de la population ou plus.

Dans les 17 pays analysés, ceux qui souhaitent des changements majeurs sont majoritairement pessimistes quant à la probabilité que cela arrive.

Aux États-Unis et en Corée du Sud, neuf personnes sur dix perçoivent des conflits importants entre les partisans de différentes formations politiques. Cette perception est associée à une insatisfaction quant au fonctionnement de la démocratie et au désir de réformes politiques.

Pour ce qui est d’une réforme économique majeure, la médiane est de 51 %.

Selon les sondages successifs de la Pew Research Center réalisés depuis plus d’une décennie, le désir de réforme économique est le plus important dans le sud de l’Europe.

Les peuples insatisfaits de la situation économique ont davantage tendance à être critiques quant au fonctionnement de la démocratie dans leur pays et du coup, sont davantage portés à y vouloir des réformes politiques importantes.

De la même manière, les parents pessimistes quant à l’avenir économique de leurs enfants sont particulièrement nombreux à souhaiter des réformes économiques majeures.

Le désir de changement est moins vif à l’égard du système national de santé. L’insatisfaction à ce sujet est la plus élevée en Grèce et aux États-Unis.

Les gens qui croient que leur gouvernement a mal géré la crise sanitaire causée par le Covid-19 sont aussi plus nombreux à être insatisfaits du fonctionnement démocratique de leur pays et à espérer des réformes politiques importantes.

De plus, ils sont également plus nombreux à vouloir une réforme majeure du système de Santé. Ce qui ne signifie pas qu’ils soient critiques envers le personnel soignant.

Le désir de réformes politiques

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En analysant plus finement l’aspiration au changement politique, on constate que la médiane des pays est de 38 % quant à des changements majeurs et de 23 % quant au désir d’une réforme complète.

Le paroxysme de la volonté révolutionnaire se trouve en Espagne, en Corée du Sud, aux États-Unis et en Italie. Aux États-Unis, le désir d’une réforme complète est de 47 % chez les partisans démocrates et de 38 % chez les partisans républicains.

Dans ce pays, 85 % de la population souhaitent des changements majeurs ou draconiens : aux deux tiers, ils sont convaincus que cela n’arrivera pas.

En Italie, où le désir de réforme est encore plus élevé (à 89 %), ce pessimiste atteint plus des quatre cinquièmes de ceux qui veulent des changements importants.

À l’opposé, la satisfaction à l’égard du statuquo est maximale en Nouvelle-Zélande et en Suède.

Le désir de réformes économiques

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En Italie, en Grèce et en Espagne, une forte proportion de citoyens estiment que la situation économique de leur pays est mauvaise. Cette opinion est associée, évidemment, au désir de réformes économiques importantes.

Aux États-Unis, 80 % des Démocrates estiment que le système économique de leur pays a besoin de changements majeurs. Cet avis est partagé par 50 % des Républicains.

Le désir de réformes du système de santé

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C’est aux États-Unis et en Grèce qu’on trouve le plus de gens qui souhaitent des changements majeurs de leur système de santé.

Aux États-Unis, chez les partisans démocrates, 39 % souhaitent une réforme complète et 47 % veulent des changements majeurs du système de santé. Chez les partisans républicains, ces pourcentages sont respectivement de 20 % et de 43 %.

Au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Corée du Sud, les vieillards sont plus nombreux à estimer que leur système de santé devrait être l’objet de réformes importantes (sans doute en raison de la mortalité élevée due au Covid-19 dans les hospices).

Aux États-Unis, ce sont des adultes plus jeunes qui croient le plus en la nécessité d’une réforme des soins de santé.

Le respect des libertés individuelles

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Au cours de la pandémie actuelle, beaucoup de gouvernements nationaux ou locaux ont gouverné par décret. Ce qui leur a permis d’exercer de larges pouvoirs.

De manière générale, les deux tiers des gens sont d’avis que leur gouvernement n’a pas abusé des pouvoirs qu’il s’est arrogés.

Dans les pays d’Extrême-Orient et d’Océanie, les citoyens sont les plus nombreux à partager cet avis alors que, paradoxalement, c’est dans ces pays où les mesures sanitaires ont été les plus draconiennes.

Dans le cas particulier de la France, la proportion des citoyens qui croient que l’État ne respecte pas les libertés individuelles est passée de 22 % en 2008, à 36 % en 2014, à 33 % en 2017 et à 41 % cette année.

En Allemagne, aux États-Unis, en Italie, en Suède, en Corée du Sud et en Espagne, l’avis que l’État respecte les libertés individuelles augmente avec le niveau de scolarité.

Dans tous les pays, les partisans du parti qui forme le gouvernement sont davantage d’avis qu’il n’abuse pas de ses pouvoirs.

L’écart est le plus important en Grèce; 85 % des partisans du parti au pouvoir sont de cet avis alors que ce pourcentage tombe à 35 % chez ceux qui appuient des partis d’opposition.

Plus les gens croient leur gouvernement respectueux des libertés individuelles, plus ils se disent satisfaits de leur système démocratique.

Référence :
Citizens in Advanced Economies Want Signifiant Changes to Their Political Systems

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La propagande haineuse contre les Autochtones doit cesser

Publié le 10 novembre 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

En 1623, lorsque Gabriel Sagard se rend en Huronie — située à l’époque au cœur de la région des Grands Lacs — il est accompagné de deux autres frères récollets, dont Nicolas Viel.

À son retour vers Québec en 1625, le canoë du frère Viel chavire dans les rapides de la rivière des Prairies où il se noie.

En raison de sa rivalité avec les Hurons-Wendats, le chef algonquin Tessouat a fait répandre dès 1634 la rumeur selon laquelle cet accident aurait été volontaire. En d’autres mots, qu’il s’agirait d’un homicide commis par les Hurons-Wendats.

Cela est improbable pour deux raisons. Premièrement, au cours de son séjour contemporain en Huronie, Gabriel Sagard (confrère de Viel) décrit l’extraordinaire hospitalité dont il fut l’objet. Et deuxièmement, les Hurons-Wendats ont ramenés sains et saufs les deux autres confrères de Nicolas Viel, Gabriel Sagard et Joseph Le Caron.

Malgré cela, l’accusation du chef Tessouat fut reprise par le père jésuite Paul Le Jeune dans son récit de voyage de 1634.

Le monument au frère Viel
Socle du monument au frère Viel
Socle du monument à Ahuntsic

Dans le quartier montréalais d’Ahuntsic, devant l’église de la Visitation, on peut voir deux monuments dont le socle reproduit un extrait du récit de voyage du jésuite Paul Le Jeune.

Cet extrait pue la haine raciale.

D’autre part, le 28 octobre dernier, on apprenait l’intention du pape François de visiter au Canada dans le cadre d’un processus de guérison et de réconciliation avec les victimes des pensionnats autochtones.

D’ici là, il serait souhaitable que cette propagande religieuse d’une autre époque soit supprimée. Non seulement parce qu’elle est préjudiciable à la démarche du pape, mais surtout parce qu’il s’agit pour l’instant d’une calomnie (jusqu’à preuve du contraire) qui est profondément choquante.

On s’étonne que cela n’ait pas été enlevé plus tôt.

Références :
Gabriel Sagard en Huronie
Nicolas Viel
Paul Le Jeune
 

Postscriptum du 27 aout 2023 :

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Depuis la parution de ce texte, on a ajouté une plaque qui masque le texte offensant. Lors d’une courte entrevue accordée par le curé de la paroisse, celui-ci révélait qu’on envisage la possibilité d’y inscrire un texte qui replace mieux cet incident dans le contexte de l’époque.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + filtre bleu FS KB20 + filtre FS VertX1a + filtre Lee No 354 (Special Steel Blue) — 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 24 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’unilinguisme anglais à Immigration Canada

Publié le 10 novembre 2021 | Temps de lecture : 6 minutes

Au Canada, la compétence constitutionnelle en matière d’immigration est exclusivement fédérale.

Depuis 1991, Ottawa délègue toutefois au Québec les dossiers d’immigration ‘ordinaires’ tout en se réservant ceux des réfugiés et les demandes pour motif de réunification familiale.

Dans le cas des réfugiés, Ottawa ne peut pas déléguer leurs dossiers en raison de son obligation de répondre de ses obligations internationales à ce sujet.

À Montréal, Immigration Canada s’occupe non seulement des demandes d’immigration pour tout le Québec, mais opère également un Centre de soutien à la clientèle qui dessert l’ensemble du pays. Dans ce centre, 80 % des appels sont en anglais.

Invoquant des difficultés de recrutement, Immigration Canada annonçait dernièrement sa décision d’embaucher des agents unilingues anglais à ce centre d’appels.

Dans la mesure où l’appelant pitonne ‘un’ pour parler en français et ‘two’ pour parler en anglais (ou l’inverse), cette décision semble anodine.

Pourtant, à l’annonce de cette nouvelle, l’Assemblée nationale a réagi en adoptant unanimement une résolution de la députée Ruba Ghazal (de Québec solidaire) demandant que la Loi 101 s’applique non seulement aux entreprises sous l’autorité d’Ottawa, mais également aux ministères fédéraux.

Pourquoi une réaction aussi vive ?

C’est qu’il n’y a pas de barrière étanche entre le personnel de ce centre d’appels et les agents d’immigration proprement dits. En d’autres mots, les préposés de ce centre d’appels ne sont pas que des téléphonistes; ce sont des agents d’immigration à qui on attribue la tâche de répondre aux appels.

Entre l’agent qui prend les appels et celui qui procède à l’analyse des documents généralement soumis par courrier ou qui procède, si nécessaire, à une longue entrevue effectuée face à face avec un requérant, il n’y a qu’un pas.

Les problèmes de recrutement d’Immigration Canada au Québec s’étendent bien au-delà de son centre téléphonique. La cause profonde de ces difficultés vient de l’obligation des francoQuébécois d’être bilingues pour y travailler, que ce soit dans le centre d’appels ou ailleurs.


 
Selon le recensement de 2016, un Québécois sur deux est unilingue français. En imposant la nécessité du bilinguisme à ses employés francoQuébécois (mais pas aux angloQuébécois), Ottawa exerce une discrimination à l’embauche contre la moitié des personnes susceptibles de travailler pour lui à Montréal.

Sans cette exigence, ce ministère pourrait doubler la taille de son personnel au Québec. Mais il s’y refuse.

Officiellement, on justifie ce refus par la nécessité de comprendre les demandes concernant les réfugiés, rédigées très majoritairement en anglais.

Mais par ailleurs, dans les dossiers d’immigration au Québec, une partie importante des demandes au motif de réunification familiale (probablement la majorité) concernent les francoQuébécois dont les parents vivent dans des pays de la Francophonie.

Alors pourquoi l’obligation du bilinguisme s’applique aux agents francophones (pour qu’ils comprennent les dossiers des réfugiés) mais pas aux agents anglophones (pour comprendre les dossiers de réunification familiale) ?

La réponse est simple; parce que c’est un prétexte.

La véritable raison est que les rapports des agents québécois adressés à Ottawa doivent être rédigés en anglais. Il en est de même des notes ajoutées aux dossiers électroniques des requérants. Afin que les décideurs d’Ottawa puissent les comprendre.

Lorsque les citoyens francophones s’adressent aux services à la clientèle situés dans les régions francophones du pays, ils trouvent facilement un employé qui parle leur langue. Mais derrière cette façade, la fonction publique fédérale à Ottawa est très largement unilingue anglaise, à l’image de la population canadienne elle-même.

C’est donc à dire qu’au sein de la fonction publique fédérale, la langue de travail, c’est l’anglais. Voilà pourquoi les agents québécois d’Immigration Canada doivent être de parfaits locuteurs anglophones; afin de rédiger des rapports compréhensibles à Ottawa.

En diminuant ses quotas d’immigration, le gouvernement de la CAQ augmente la proportion des personnes admises au Québec en vertu des pouvoirs que le fédéral ne lui a pas délégués.

En raison du rôle stratégique que joue l’immigration dans l’anglicisation du Québec, il était prévisible qu’Ottawa en profiterait pour augmenter la proportion de ses agents incapables de traiter les demandes d’immigration rédigées dans une autre langue que l’anglais.

Pour paraphraser un courriel que le Parti Québécois expédiait à ses membres la semaine dernière, je dirais : rester dans le Canada, c’est consentir à notre extinction.

Références :
Aperçu du fonctionnement interne de l’État canadien
Embauche d’agents d’immigration anglophones : « Un manque de respect », dénonce Québec
Immigration Canada recrute des agents uniquement anglophones au Québec
Immigration : l’illusion des prophéties
La politique migratoire de la CAQ
Liste des régions bilingues du Canada aux fins de la langue de travail
Quatre-millions de Québécois victimes de discrimination à l’embauche
Rapport du vérificateur au sujet des centres d’appels
Un fonctionnaire fédéral défend son droit de travailler en français

Parus depuis :
Refus massif d’étudiants africains francophones : Ottawa accusé de « discrimination » (2021-11-28)
« Je suis effondré » : le cri du cœur d’un étudiant africain refusé par Ottawa (2022-01-28)
Ottawa accusé de retarder l’immigration francophone (2023-05-18)
Immigration: le Canada répond «in English only» (2023-05-19)

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Écrit par Jean-Pierre Martel