Covid-19 : la science, la médecine et les politiques sanitaires

Publié le 9 novembre 2021 | Temps de lecture : 5 minutes

Science et médecine

Ce qui contribue à faire croire que les médecins se contredisent au sujet du Covid-19, ce sont ces politiques sanitaires qui changent selon les pays ou qui changent du tout au tout avec le temps au sein d’un même pays.

Par exemple, le port du masque; d’abord déconseillé dans certains pays, puis obligatoire quelques mois plus tard.

Les preuves scientifiques au sujet du Covid-19 n’ont pas toujours été irréfutables. Mais dès le départ, ce que suggéraient les petites études a été appuyé par de plus grosses et confirmé par de plus importantes.

Bref, la science n’a jamais fait volteface au sujet du Covid-19.

Le traitement médical, lui, a été l’objet d’une controverse; celle qui concerne l’utilité de la chloroquine, défendue par quelques équipes médicales contre l’avis général du reste de la profession à travers le monde.

L’art de la politique sanitaire

L’essentiel des contradictions vient toutefois des politiques sanitaires. Et parce qu’elles ont été laissées entre les mains de médecins, cela a donné l’impression que les médecins se contredisaient.

Dès le départ, quand certains d’entre eux présument (et s’entêtent à croire) qu’une pandémie annoncée s’avèrera être un pétard mouillé comme la précédente — par exemple, l’épidémie grippale de H1N1 en 2009 — ils réagiront différemment de leurs collègues soucieux de respecter le principe de précaution.

De plus, ceux qui sont perspicaces adopteront les mesures appropriées plus rapidement que leurs condisciples hésitants qui attendent la publication d’études à grande échelle dont les résultats sont statistiquement significatifs. Ce qui prend du temps.

L’épidémiologie n’est pas une science exacte comme la chimie, la physique ou la pharmacologie. C’est une science molle comme le sont les sciences sociales, sujette à l’interprétation.

Par exemple, au cours de la première vague, on a prétendu que les enfants transmettaient difficilement le Covid-19. Et ce, à partir d’études épidémiologiques. Or il s’est avéré que c’était le cas en raison de la fermeture des écoles durant le confinement, alors que ces enfants avaient moins de contacts, donc moins d’occasions de transmettre le virus.

En réalité, la prise de décision concernant les politiques sanitaires est un art. Un art qui s’appuie sur la science mais qui dépend grandement de la psychologie collective.

Par exemple, une campagne de vaccination obtient toujours plus de succès quand la population à vacciner voit les morts s’accumuler autour d’elle. C’est psychologique…

La psychologie est importante puisque l’efficacité des mesures de mitigation contre la pandémie dépend de leur respect volontaire par la population. Voilà pourquoi la Santé publique du Québec a commandé autant de sondages au cours de cette pandémie.

Autre exemple. Depuis des décennies, obtenir la chloroquine au Canada nécessite une ordonnance médicale.

Mais en France, il a suffi que ce médicament cesse d’être offert en vente libre le 13 janvier 2020 — à l’époque où paraissaient des études (controversées) au sujet de son efficacité contre le Covid-19 — pour faire basculer une partie de la population française dans le camp des complotistes, hostiles aux mesures sanitaires.

Une autre caractéristique essentielle de toute autorité sanitaire qui aspire à bien protéger la population est le jugement.

Il y a quelques jours, une chaine télévisée d’information continue diffusait la nouvelle selon laquelle un des pays les plus vaccinés au monde, l’Islande, faisait face à une quatrième vague redoutable, en dépit de cette vaccination.

D’où la question : à quoi ça sert d’être vacciné ?


 
Effectivement, dans ce pays où 81 % des gens sont doublement vaccinés (auxquels 2 % de plus ont reçu une seule dose), cette quatrième vague est plus impressionnante que les trois premières.

Toutefois, lorsqu’on regarde le nombre de morts, depuis le 29 aout, c’est-à-dire depuis plus de deux mois, il n’y a eu qu’un seul mort dans ce pays de 3,4 millions d’habitants.

En fait, le taux de mortalité actuel dans ce pays est inférieur à celui de la grippe saisonnière.

Tout au plus, cette quatrième vague suggère qu’il serait temps de songer à administrer une troisième dose de vaccin à la population.

Conclusion

La perspicacité, la prudence (le souci d’obéir au principe de précaution) et le jugement sont les trois qualités essentielles de toute direction de Santé publique.

Puisque la Nature n’a pas distribué ces qualités équitablement, les décisions prises par les autorités sanitaires varient d’un pays à l’autre.

Cette cacophonie est responsable de l’impression que les médecins qui dirigent la lutte sanitaire ne savent pas très bien ce qu’ils font.

Pour en juger, il suffit de regarder les résultats qu’ils obtiennent.

Références :
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Grippe A (H1N1) de 2009
Share of people vaccinated against COVID-19

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La fêlure du Canada : l’adoption de la constitution sans le Québec

Publié le 6 novembre 2021 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

Il y a quarante ans, dans la nuit du 4 au 5 novembre 1981, Ottawa et les provinces anglophones du pays aplanirent leurs différends et conclurent un projet de loi constitutionnelle sans le Québec.

Cette séance ultime de négociation s’est tenue secrètement en pleine nuit, à l’insu de tous les représentants du Québec.

Dès le lendemain, le 5 novembre 1981, la Canadian Constitution fut adoptée sans nous. Elle entra en vigueur lors de sa promulgation royale le 17 avril 1982.

Une anecdote

En novembre 2013, je me trouvais à table avec deux autres co-pensionnaires d’un même appartement à La Havane; l’un était Britannique, l’autre Américain.

Évidemment, la discussion suivante s’est déroulée en anglais.

Vers la fin du repas, de but en blanc, le Britannique me demande : “C’est quoi le problème avec le Québec ?

Nous étions en vacances et du coup, ce n’était pas le temps d’énumérer la litanie des griefs du Québec depuis la conquête anglaise de 1760.

J’ai donc choisi l’argument le plus court et plus éloquent quant au statut colonial du Québec au sein du Canada.

Après lui avoir expliqué qu’en 1982, le Canada anglais avait adopté une nouvelle constitution canadienne sans nous, je lui ai demandé : “Si l’Angleterre dotait votre pays d’une constitution sans l’assentiment de l’Écosse, du pays de Galles et de l’Ulster, trouveriez-vous cela normal ?

Et comme il demeurait silencieux, je me suis tourné vers son collègue américain : “Et si les États du Nord des États-Unis dotaient votre pays d’une nouvelle constitution sans le consentement des États du Sud, trouveriez-vous ça normal ?

Et comme lui non plus n’a pas répondu, nous avons continué le repas en parlant d’autres choses.

Mon but n’était pas de les convaincre de mon point de vue, mais de susciter dans leur esprit le doute que quelque chose ne tournait pas rond dans le gentil pays du Canada (soit l’image qu’il projetait à l’époque).

L’urgence d’une nouvelle constitution canadienne

Avec l’adoption en 1975 d’une Charte québécoise des droits et libertés de la personne, le British North America Act de 1867 (qui faisait office de constitution canadienne) prenait soudainement un coup de vieux.

Mais c’est surtout l’adoption en 1977 de la Charte de la langue française (ou Loi 101) qui rendit urgente (aux yeux d’Ottawa) l’adoption d’une nouvelle constitution canadienne.

Jusqu’ici, les divers paliers de gouvernements pouvaient, dans certaines circonstances, brimer des libertés individuelles.

Par exemple, les villes pouvaient interdire le tapage nocturne ou imposer le respect de leur plan d’urbanisme. Les provinces pouvaient limiter la vitesse des automobiles ou retirer la garde d’un enfant à l’autorité de ses parents. Et le fédéral pouvait ordonner la conscription obligatoire.

Avec la Loi 101, pour la première fois, on donnait préséance à un droit collectif à caractère ethnique — le droit du peuple francoQuébécois d’assurer sa survie — sur un droit individuel, soit celui d’appartenir au groupe linguistique de son choix.

Or c’est sur cette liberté individuelle que repose la lente extinction du peuple francoQuébécois.

Sans cette protection collective, ouvrir l’école publique anglaise à tous les néoQuébécois qui le souhaitent, c’est faire en sorte que les francoQuébécois financent eux-mêmes leur propre extinction.

À l’opposé, se jugeant incapables de maintenir la fréquentation de leurs écoles et l’audience de leurs institutions culturelles sans l’assimilation des néoQuébécois, les angloCanadiens du Québec se sont sentis menacés par la Loi 101.

Pour répondre à leurs craintes, la solution d’Ottawa fut d’adopter une nouvelle constitution basée sur le multiculturalisme et notamment, sur la liberté de tout citoyen de s’assimiler au groupe linguistique de son choix.

Il était prévisible que le Québec refuserait de revêtir la camisole de force constitutionnelle conçue spécialement contre lui.

Ottawa aurait pu attendre qu’un gouvernement de ‘collabos’ succède à celui de René Lévesque. Mais dans l’urgence d’agir, on a préféré adopter cette loi fondamentale sans le Québec. En somme, on a préféré doter le pays d’une constitution illégitime.

Conclusion

Dans un empire colonial, la métropole peut consulter ses colonies lorsqu’elle s’apprête à adopter des lois qui les concernent. Mais elle n’y est pas obligée.

La meilleure preuve du statut colonial du Québec au sein du Canada, c’est cette constitution adoptée sournoisement par l’ethnie dominante.

Quand les assises d’un pays reposent sur une loi fondamentale née dans la fourberie, cette fêlure congénitale condamne inévitablement l’édifice à l’effondrement.

Ce n’est qu’une question de temps…

Références :
Il y a 40 ans, le Canada se dotait d’une entente constitutionnelle sans le Québec
Le colonialisme économique ‘canadian’
Le marécage du multiculturalisme canadien

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Michael Rousseau et le moteur de l’anglicisation du Québec

Publié le 5 novembre 2021 | Temps de lecture : 5 minutes
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Le fonctionnement interne d’Air Canada

Nommé PDG d’Air Canada le 15 février 2021, Michael Rousseau est un angloQuébécois qui vit à Montréal depuis quatorze ans.

Il y a deux jours, il a été incapable de comprendre la moindre des questions qui lui furent adressées en français à la suite de la conférence qu’il a prononcée en anglais devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

En raison de son unilinguisme absolu, les réunions du Conseil d’administration d’Air Canada se déroulent exclusivement en anglais et tous les rapports qui lui sont soumis sont rédigés dans cette langue.

Son service à la clientèle est bilingue et beaucoup de ses agents de bord le sont. Mais à l’interne, la langue de travail est l’anglais. Comme c’est le cas du gouvernement fédéral à Ottawa.

L’anglicisation favorisée par Ottawa

Depuis quelque temps, des pressions s’exercent sur le gouvernement canadien pour qu’il consente à ce que les entreprises sous son autorité (comme Air Canada) soient assujetties à la Charte de la langue française.

Ottawa n’en a pas l’intention. Voilà pourquoi on parle plutôt de la nécessité de simplement moderniser la loi fédérale sur les langues officielles.

Les politiques d’Ottawa qui visent à défendre les minorités linguistiques du pays ont toujours eu pour principal objectif de promouvoir les intérêts de la ‘minorité anglaise du Québec’ alors que celle-ci est plutôt l’annexe québécoise de la majorité angloCanadienne. En somme, ses politiques servent de paravent à la colonisation anglaise du Québec.

Jusqu’à maintenant, le gouvernement canadien n’a jamais réalisé que la principale minorité linguistique du Canada, ce sont les francoQuébécois. C’est cette minorité-là qui est menacée par l’océan anglophone nord-américain.

La discrimination à l’embauche

M. Rousseau est la preuve vivante qu’on peut très bien réussir sa vie au Québec en étant unilingue anglais.

Par contre, l’Office québécois de la langue française révélait l’an dernier que dans 63 % des entreprises de la métropole, tout candidat à l’embauche est refusé s’il ne parle pas l’anglais.

Le cas typique est celui des trottinettes Lime qui ne publiaient leurs offres d’emplois qu’en anglais et dont l’immense majorité du personnel ne parlait pas français.

Une anecdote

Il y a quelques années, dans la pièce où prenaient place les candidats en attente d’une entrevue d’embauche chez Air Canada, une jeune Montréalaise avait fait connaissance avec la personne assise à côté d’elle.

Malheureusement, cette personne ne parlait pas français alors que l’offre d’emploi stipulait l’exigence du bilinguisme. Malgré cela, c’est elle qui obtint le poste.

L’explication était simple; la version française de l’offre d’emploi exigeait le bilinguisme, alors que la version anglaise n’en faisait pas mention.

Sans le dire, ce qu’Air Canada voulait réellement, c’est quelqu’un qui parle anglais.

Conclusion

La Charte de la langue française (la Loi 101) exige l’unilinguisme français au sein des entreprises du Québec. À l’embauche, il est illégal d’exiger la connaissance de l’anglais, sauf lorsque cela est strictement nécessaire (pour servir dans sa langue la clientèle anglophone, par exemple).

Tant que les règles d’embauche au Québec exigeront illégalement la connaissance de l’anglais chez les francoQuébécois, mais n’empêcheront pas un angloQuébécois unilingue de faire carrière ici, cette discrimination à l’embauche sera le moteur de l’anglicisation de Montréal.

Hier, le Parti Québécois expédiait à ses membres un courriel intitulé ‘Rester dans le Canada, c’est consentir à notre déclin’.

Je ne saurais mieux dire…

Références :
Aperçu du fonctionnement interne de l’État canadien
Doit-on interdire l’accès à la magistrature aux avocats québécois unilingues français ?
La ministre Petitpas Taylor veut lutter contre « le déclin du français »
Langues officielles: il faut aller plus loin
La responsabilité du conseil d’administration d’Air Canada
Le PCJ, annexe de la machine coloniale canadienne
Quatre-millions de Québécois victimes de discrimination à l’embauche

Parus depuis :
Canadien National : Les francophones écartés de la table du C.A. (2022-04-21)
« It’s very english » sur la voie maritime du Saint-Laurent (2023-05-19)
Ottawa a versé des milliards pour l’anglais au Québec (2023-11-27)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Durée de l’efficacité des vaccins contre le Covid-19

Publié le 3 novembre 2021 | Temps de lecture : 5 minutes

Le vaccin de Pfizer/BioNTech en Israël


 
Alors que la troisième vague de la pandémie en Israël s’annonçait beaucoup plus meurtrière que les deux premières, une campagne massive de vaccination entamée le 19 décembre 2020 réduisit pendant plusieurs mois à presque rien le nombre de nouveaux cas et le nombre de décès par le Covid-19.

Puisqu’une deuxième dose était administrée trois ou quatre semaines plus tard, on peut estimer que la vaccination complète des Israéliens a débuté à la mi-janvier 2021.

Toutefois, l’apparition du variant Delta (B.1.617.2) à la mi-juin 2021 fit repartir à la hausse la contagion dans ce pays.

Le 1er septembre 2021, le nombre de personnes atteintes atteignait un sommet de 20 523 nouveaux cas alors que le sommet de 64 décès fut atteint quatre jours plus tard.

C’est alors que le gouvernement israélien débuta l’administration d’une troisième dose du vaccin de Pfizer/BioNTech.

La chute des cas dans les semaines qui suivirent est la conséquence d’une troisième campagne de vaccination entamée le 30 juillet.

Depuis ce temps dans ce pays, on recommande l’administration du vaccin de Pfizer/BioNTech tous les 5 mois.

Le vaccin d’AstraZeneca en Grande-Bretagne


 
Si les Israéliens servirent de sujets d’expérience pour mesurer l’efficacité concrète du vaccin de Pfizer/BioNTech, les Britanniques le furent pour leur vaccin ‘national’, celui d’AstraZeneca.

Dans ce pays, la vaccination débuta le 8 décembre 2020 alors que s’amorçait la troisième vague dans ce pays, collée sur la deuxième. Cette 3e vague atteint un sommet de 67 794 cas le 8 janvier 2021.

Grâce à une campagne de vaccination massive, cette 3e vague régressa rapidement.

Mais à peine quatre mois plus tard, une quatrième vague apparut, faisant passer le nombre de cas de 1 596 le 3 mai à 54 198 cas le 17 juillet.

De toute évidence, la protection immunitaire conférée par le vaccin d’AstraZeneca est plus courte que celle conférée par le vaccin de Pfizer/BioNTech.

Tout l’été, le variant Delta se répandit en Grande-Bretagne sans toutefois faire un grand nombre de victimes graves.

Ce n’est qu’au début du mois de septembre que le gouvernement britannique débuta progressivement l’administration d’une 3e dose du vaccin d’AstraZeneca. À ce moment-là, le nombre quotidien de nouveaux cas quotidiens variait entre trente-mille et quarante-mille.

À la mi-octobre, 1,3 million de Britanniques étaient atteints de Covid-19, le plus grand nombre depuis le début de la pandémie.

Deux études comparatives

Une première étude a mesuré l’évolution de la protection immunitaire conférée par deux doses des vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna, et d’une dose du vaccin de Johnson & Johnson.

Même si les études in vitro (en laboratoire) ne sont pas aussi fiables que des analyses populationnelles, elles en sont de bons indices.

À la suite de l’administration des deux doses du vaccin de Pfizer/BioNTech ou de Moderna, les anticorps tissulaires et sanguins diminuent rapidement après six mois.

Par contre, la dose unique du vaccin de Johnson & Johnson provoque initialement une réponse immunitaire moindre mais qui s’est maintenue à peu près stable jusqu’à la fin de l’expérience, 8 mois plus tard.

Une deuxième étude porta sur les trois seuls vaccins actuellement homologués aux États-Unis, soit ceux de Pfizer/BioNTech, de Moderna et de Janssen (ce dernier est un vaccin unidose).

Dans ce cas-ci, on a étudié la proportion de personnes vaccinées qui attrapaient le Covid-19 en dépit de leur vaccination.


 
De mars à la mi-aout 2021 (alors que le variant Delta était devenu dominant), la protection vaccinale passa de 91,9 % à 53,9 %. Le déclin fut beaucoup plus grand avec le vaccin de Janssen.

Parmi le 97 % des gens qui ont reçu une dose du vaccin de Janssen et qui attrapent quelques mois plus tard le Covid-19 en dépit de leur vaccination, la très grande majorité n’aura que des symptômes bénins puisque ce vaccin protège encore à 81 % contre l’hospitalisation cinq mois après son administration.

Postscriptum du 21 novembre 2021 : En dépit de l’efficacité du vaccin de Janssen contre les effets graves du Covid-19, les autorités américaines recommandent maintenant l’administration d’une dose de rappel de ce vaccin deux mois après avoir reçu la première. Ce qui suggère la vaccination aux deux mois avec ce vaccin.

Références :
Breakthrough SARS-CoV-2 infections in 620,000 U.S. Veterans, February 1, 2021 to August 13, 2021
Comparison of two highly-effective mRNA vaccines for COVID-19 during periods of Alpha and Delta variant prevalence
Covid-19 : face au variant Delta, l’efficacité et les limites des vaccins à ARN
Differential Kinetics of Immune Responses Elicited by Covid-19 Vaccines
Doit-on recevoir une ou deux doses de vaccin si on a déjà attrapé le Covid-19 ?
Effectiveness of the Single-Dose Ad26.COV2.S COVID Vaccine
More than 2 million people in England have had Covid booster jab
Protection of BNT162b2 Vaccine Booster against Covid-19 in Israel
UK Covid infections are at record levels, but cases may have peaked
Waning Immunity after the BNT162b2 Vaccine in Israel

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : évolution au cours des dix premiers mois de 2021

Publié le 1 novembre 2021 | Temps de lecture : 2 minutes

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.

Tableau comparatif des pays les plus atteints au premier jour de certains mois, en nombre cumulatif de morts par million d’habitants

Pays Jan. Mars Mai Juil. Sep. Oct. Nov.
Pérou 1136 1403 1843 5753 5918 5944 5963
Bosnie-Herzég. 1249 1552 2620 2965 3014 3267 3567
Bulgarie 1099 1491 2382 2620 2751 3046 3534
Macédoine du N. 1205 1509 2348 2633 2863 3208 3430
Hongrie 1002 1561 2874 3113 3121 3136 3208
Rép. Tchèque 1093 1909 2733 2825 2833 2839 2867
Brésil 916 1198 1901 2430 2712 2785 2833
Géorgie 634 884 1037 1338 1880 2255 2536
Argentine 954 1145 1407 2078 2452 2521 2535
Roumanie 826 1065 1474 1772 1812 1950 2521
Colombie 850 1168 1446 2083 2427 2450 2467
Slovaquie 412 1331 2148 2290 2297 2315 2388
États-Unis 1074 1586 1776 1864 1980 2156 2299
Slovénie 1312 1854 2048 2125 2140 2195 2287
Croatie 968 1354 1746 2012 2046 2123 2272
Paraguay 315 445 899 1786 2182 2237 2242
Belgique 1681 1899 2083 2163 2179 2197 2230
Lithuanie 588 1199 1463 1633 1706 1874 2213
Mexique 971 1430 1668 1789 1987 2125 2206
Italie 1235 1622 2004 2113 2142 2170 2189
Arménie 953 1077 1391 1522 1636 1798 2147
Tunisie 398 674 907 1262 1968 2080 2107
Royaume-Uni 1089 1805 1870 1878 1974 2002 2058
Pologne 766 1158 1796 1985 1994 2002 2038
Chili 868 1075 1374 1690 1913 1940 1954
Moldavie 746 987 1447 1539 1592 1691 1947
Espagne 1087 1488 1672 1729 1806 1848 1868
Équateur 790 888 1048 1206 1796 1822 1831
France 991 1328 1601 1698 1751 1784 1798
Portugal 685 1607 1669 1682 1747 1770 1788
Lettonie 343 866 1145 1351 1385 1463 1759
Uruguay 55 175 766 1612 1730 1736 1742
Panama 935 1341 1426 1493 1607 1643 1661
Russie 394 592 757 931 1260 1426 1642
Bolivie 780 989 1099 1417 1556 1578 1593
Ukraine 428 598 1021 1205 1240 1300 1568
Grèce 469 629 1007 1224 1319 1434 1544
Iran 655 710 849 992 1272 1414 1480
Afrique du Sud 484 836 908 1016 1371 1456 1479
Suède 861 1265 1384 1436 1440 1457 1472
Namibie 80 165 248 601 1305 1353 1366
Costa Rica 427 546 629 909 1073 1245 1363
Suisse 882 1148 1221 1250 1260 1272 1288
Liban 240 697 1074 1156 1187 1228 1254
Autriche 693 948 1131 1182 1188 1214 1253
Québec 958 1214 1276 1321 1330 1340 1348
Trinité-et-Tobago 91 99 122 610 927 1055 1216
Estonie 180 451 878 956 974 1022 1160
Serbie 373 512 733 810 840 952 1153
Allemagne 410 845 996 1089 1103 1120 1144
Irlande 453 868 984 1001 1022 1048 1085
Pays-Bas 672 908 1000 1033 1048 1058 1072
Jordanie 376 460 862 947 1010 1039 1069
Eswatini 185 558 573 578 947 1038 1056
Albanie 411 631 833 854 870 941 1020
Honduras 315 415 526 696 885 973 1012
Botswana 18 150 323 483 939 982 996
Malaisie 14 34 46 160 515 805 880
Israël 365 626 692 689 760 833 869
Palestine 273 396 625 683 704 785 841
Turquie 248 337 476 584 667 752 828
Guatemala 263 350 412 507 656 743 822
Bahreïn 201 257 368 769 782 783 783
Oman 286 300 383 598 774 778 779
Jamaïque 101 142 260 360 516 628 753
Libye 212 316 433 457 611 667 732
Cuba 13 29 58 115 476 661 728
Azerbaïdjan 262 316 445 488 554 638 692
Sri Lanka 10 22 32 145 437 602 639
Kazakhstan 94 120 168 230 495 589 635
RoC* 256 401 461 518 538 567 602
               
Vietnam 0,4 0,4 0,4 0,8 121 197 225
Japon 27,4 62,5 81,1 117 127 140 145
Singapour 4,9 4,9 5,3 6,1 9,3 17,5 71,4
Corée du Sud 17,9 31,3 35,7 39,4 44,7 48,7 55,7
Taïwan 0,3 0,4 0,5 27,7 35,0 35,3 35,4
Hong Kong 19,7 26,7 27,8 27,9 28,0 28,1 28,0
Chine 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.

En octobre, les augmentations les plus importantes ont été rapportées en Roumanie (+571), dans les Balkans (en Bulgarie +488, en Bosnie-Herzégovine +300), en Arménie (+349) et en Lithuanie (+339).

Parmi les pays modèles, la situation se dégrade toutefois dans au Singapour. Le 24 juin dernier, la cité-État a abandonné sa politique zéro Covid. Elle considère maintenant le Covid comme une maladie endémique qu’il faut tolérer dans une certaine mesure.

Références :
Covid-19 : le nombre de cas en temps réel
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Covid-19 : pourquoi le nombre de cas augmente fortement à Singapour, l’un des pays les plus vaccinés
Données COVID-19 au Québec

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Se moquer d’un garçon handicapé est un droit constitutionnel au Canada

Publié le 30 octobre 2021 | Temps de lecture : 4 minutes

Vendredi dernier, la Cour Suprême du Canada a infirmé deux jugements antérieurs qui avaient condamné un humoriste pour avoir choisi un jeune handicapé comme souffre-douleur.

De septembre 2010 à mars 2013, au cours de 230 représentations vues au total par cent-trente-cinq-mille personnes, Mike Ward a présenté un numéro dans lequel il se moquait de certaines caractéristiques physiques de Jérémy Gabriel à l’époque où ce dernier avait entre 10 et 13 ans.

Les blagues de l’humoriste étaient des descriptions péjoratives basées sur le handicap du garçon, atteint du syndrome de Treacher Collins.

À l’école, les autres enfants répétaient les insultes et exacerbaient la moquerie.

Du strict point de vue juridique, toute cette affaire se résume à la conception qu’on se fait de la discrimination (au sens d’ostracisme).

Les articles de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne (sur lesquels s’appuie cette cause) se lisent comme suit :

Article 4 : Toute personne a droit à la sauvegarde de sa dignité, de son honneur et de sa réputation.

Article 10 : Toute personne a droit […] à l’exercice […] des droits et libertés de la personne, sans distinction […] fondée sur […] le handicap ou l’utilisation d’un moyen pour pallier ce handicap.

Il y a discrimination lorsqu’une telle distinction […] a pour effet de détruire ou de compromettre ce droit

Dans un premier temps, les instances québécoises — le Tribunal des droits de la personne et la Cour d’appel du Québec — avaient estimé qu’en exposant Jérémy Gabriel à la moquerie en raison de son handicap, Mike Ward a porté atteinte à la dignité humaine du garçon.

Toutefois, en appel à la Cour Suprême, celle-ci estime que pour prouver qu’il y a ostracisme, on doit démontrer que les propos incitent à mépriser la victime ou à détester son humanité pour un motif de distinction illicite (dans ce cas-ci, son handicap physique).

On doit ensuite établir que ces propos, placés dans leur contexte, peuvent vraisemblablement avoir pour conséquence de frapper cette victime d’exclusion sociale.

Pour la plus haute instance du pays, le sort infligé à Jérémy Gabriel ne répond pas à ces critères, en dépit des apparences.

Qu’est-ce qui explique cet aveuglement ?

À deux reprises dans le jugement majoritaire de la Cour suprême, celle-ci déclare que la Charte québécoise des droits et libertés possède un champ d’application plus vaste que celui de la Charte canadienne (synonyme de la Canadian Constitution).

Selon la Cour, au chapitre des droits individuels, la Charte québécoise lie non seulement l’État, mais aussi toutes les personnes physiques et morales situées sur le territoire du Québec.

En atténuant la protection offerte par celle-ci, la Cour Suprême l’érode pour la mettre davantage en phase avec les dispositions moins contraignantes de la Canadian Constitution.

Tout comme pour la Loi 101, la Cour Suprême poursuit ainsi son travail de sape de la spécificité québécoise.

Ceux parmi nous qui voulons vivre dans une société où le mot civisme a un sens devons remettre en question notre appartenance à ce pays où l’expression publique du mépris et de l’intolérance se justifie au nom de la liberté d’expression.

Références :
Décision de la Cour suprême : Mike Ward vs Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse
Mike Ward ou le harceleur public

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le parc-nature de l’Ile-de-la-Visitation

Publié le 28 octobre 2021 | Temps de lecture : 2 minutes





 
Au nord du quartier d’Ahuntsic se trouve le parc-nature de l’Ile-de-la-Visitation. Ce parc linéaire s’étend sur 2,5 km le long de la rivière des Prairies et comprend l’ile de la Visitation.
 


 
À son extrémité ouest, le parc est traversé par le pont Papineau-Leblanc. Au-delà de ce pont, il comprend un petit étang derrière l’église de la Visitation.
 

 
Parmi les églises encore en activité, l’église de la Visitation est la plus ancienne de Montréal. Elle fut construite de 1749 à 1752, tout près de l’endroit où fut célébrée la première messe dite à Montréal, en présence de Samuel de Champlain en 1615.

Détails techniques : Panasonic GX1 infrarouge à spectre complet, objectif Lumix 14-45mm + filtre vert jaunâtre Лomo ж3-2* + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80A d’Omega
1re photo : 1/160 sec. — F/4,5 — ISO 160 — 14 mm
2e  photo : 1/100 sec. — F/8,0 — ISO 400 — 45 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/4,5 — ISO 160 — 17 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/8,0 — ISO 1600 — 14 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/8,0 — ISO 320 — 14 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/8,0 — ISO 200 — 17 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/6,3 — ISO 200 — 14 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les boutons pour piétons

Publié le 27 octobre 2021 | Temps de lecture : 7 minutes

Anecdote

Lors d’une journée fraiche et pluvieuse d’automne, à mon arrivée à l’intersection des rues de Champlain et Ontario, un policier y dirigeait la circulation en raison d’une panne d’alimentation des feux de circulation.

Le policier m’a fait attendre longuement sans doute parce qu’il avait l’habitude de ne pas interrompre à tout bout de champ la circulation pour laisser passer un seul piéton.

Mais comme il pleuvait légèrement, je suis demeuré seul pendant de longues minutes, à attendre de traverser la rue Ontario.

Sur cette rue parfois très achalandée, la circulation automobile était plutôt légère ce matin-là.

Au bout d’un long moment, j’ai demandé au policier si ce serait encore long. Ce à quoi il m’a répondu que non, sans me fournir de précisions.

Alors j’ai attendu.

Puis j’ai attendu.

Exaspéré d’attendre pour rien sous la pluie, j’ai dit d’un ton autoritaire, en regardant le ciel (comme si je parlais tout haut à moi-même) : “Les automobilistes sont au chaud dans leurs voitures, protégés des intempéries, alors que les piétons sont dehors au froid : qui devrait avoir priorité ?

Environ quinze secondes plus tard, le policier me laissait traverser. Rendu près de lui, je l’ai remercié.

Il est étonnant qu’une telle évidence ne lui ait pas traversé l’esprit.

Introduction proprement dite

En juillet dernier, le ministre des Transports de Grande-Bretagne a annoncé un plan d’un demi-milliard de dollars en vue de modifier le Code de la route de manière à placer les piétons, puis les cyclistes, au sommet de la hiérarchie des utilisateurs de la voie publique.

De ce côté-ci de l’Atlantique, on en est loin.

À Montréal, lorsqu’on parle de ‘circulation’, il s’agit soit de circulation automobile ou de circulation sanguine. La circulation pédestre n’existe pas.

À sa place, ce qui existe, c’est de la micro-mobilité durable. J’imagine que c’est un exemple de ce jargon d’experts que nos édiles municipaux adoptent pour nous impressionner.

Et pour nous convaincre qu’elle comprend bien les préoccupations des piétons et qu’elle s’identifie même à eux, la mairesse sortante n’hésite pas à dire (en parlant d’elle) qu’on est tous un peu piéton à un moment donné.

Il parait que cette boutade est drôle.

La nuit, il ne suffit pas à un automobiliste d’aller à la toilette sans effectuer le trajet en automobile, pour que cela fasse de lui un piéton.

J’ai souvent abordé les irritants qui compliquent de manière croissante la vie des piétons. Aujourd’hui, j’aimerais vous parler des boutons pour piétons.

Les boutons pour piétons

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Au sortir du stationnement du Jardin botanique de Montréal, les piétons peuvent signaler leur intention de traverser la rue Sherbrooke en appuyant sur un bouton pour piétons.

S’ils le font, cela ne donnera absolument rien.

Le temps d’attente pour que la circulation cesse sur la rue Sherbrooke demeurera inchangé.

Et le temps laissé aux piétons pour traverser cette rue, large à cet endroit de 25,4 mètres, demeurera de 31 secondes.

Lorsqu’un piéton appuie sur le bouton proprement dit, un voyant rouge juste au-dessus s’allume. Un micro fait entendre le ‘tictictic’ d’une minuterie. Mais tout cela est une illusion destinée à tromper les piétons.

Bref, la ville se moque d’eux.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

La rue Papineau débute à la rue Notre-Dame. C’est donc une intersection en ’T’.

Puisque la rue Notre-Dame est une voie de circulation très achalandée, des caméras de surveillance sont installées sur les toits.

Il semble que celles-ci soient reliées à un centre de contrôle de la circulation puisqu’en période de pointe, le temps laissé aux automobilistes qui circulent sur la rue Notre-Dame pour franchir la rue Papineau varie de 75 à 88 secondes, selon la file d’attente.

Cette variation était indépendante du fait d’appuyer ou non le bouton pour piétons.

Donc, tout comme pour la rue Sherbrooke, le bouton pour piétons n’abrège pas leur temps d’attente pour traverser la rue.

Néanmoins, il est indispensable de le faire. Sinon, le piéton n’obtiendra jamais la permission de traverser cette rue.

Par défaut, à cet endroit, les automobilistes sur la rue Papineau ont environ 17 secondes pour tourner à gauche sur Notre-Dame puisque cette rue est à sens unique à cet endroit.

Les piétons, eux, verront cette main ouverte (ci-dessus) qui leur interdit de traverser. Il est important pour eux de respecter cet interdit, à défaut de quoi ils risquent d’être fauchés par les voitures qui tournent à gauche.

Toutefois, s’ils appuient sur le bouton pour piétons, environ 24 secondes leur seront offertes pour traverser la rue Notre-Dame. Puis le feu passera brièvement au rouge. Et enfin il repassera au vert — mais cette fois seulement pour les automobilistes — pendant environ 17 secondes (comme lorsque personne n’appuie sur le bouton pour piétons).

Par défaut, cette intersection appartient exclusivement aux automobilistes. Ceux-ci n’ont pas de démarche particulière à effectuer; il leur suffit d’attendre pour qu’on permette à ceux sur la rue Papineau puis sur la rue Notre-Dame de franchir alternativement l’intersection.

Les piétons, eux, doivent quémander la permission de traverser la rue Notre-Dame.

Et comme les boutons ne se trouvent pas à toutes les intersections de la ville, si un piéton n’a bas observé leur présence, il attendra inutilement jusqu’à ce qu’il soupçonne qu’il y a quelque part un bouton sur lequel il doit appuyer.

Conclusion

La circulation sur la voie publique repose sur des conventions. Le feu rouge qui signifie arrêtez et le vert vert qui veut dire allez-y sont des conventions. Ils ne peuvent pas avoir une signification différente selon l’intersection où ils se trouvent.

Il en est de même pour les boutons pour piétons. Des boutons inutiles ici et essentiels ailleurs reflètent l’incohérence des règles de la circulation à Montréal.

Tout cela doit être repensé. Comme en Grande-Bretagne.

Les boutons pour piétons ne devraient pas être utilisés pour obliger les piétons de quémander leur droit de traverser la rue.

Ils devraient servir exclusivement lorsqu’une personne a besoin qu’on prolonge le temps normal de traversée (par exemple, un handicapé ou un adulte accompagné d’un enfant). Là et seulement là, il devrait être nécessaire d’appuyer sur ce bouton.

Ou mieux, on devrait les remplacer par deux boutons clairement identifiés; l’un pour abréger l’attente du feu vert et l’autre pour prolonger le temps de traversée.

Placer les piétons au sommet de la hiérarchie des utilisateurs de la voie publique, cela exige un changement de mentalité. Cela signifie que les piétons doivent toujours avoir le temps suffisant pour traverser une intersection et qu’on doit éviter de les faire attendre pour rien.

Références :
Est-ce que les boutons pour piétons fonctionnent vraiment?
Pedestrians get priority as UK unveils changes to Highway Code

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2
1re photo : 1/3200 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
2e  photo : 1/6400 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 26 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Peut-on sauver la planète sans rien sacrifier ?

Publié le 26 octobre 2021 | Temps de lecture : 4 minutes

Il y a bien des années, la chanteuse britannique Petula Clark chantait son grand succès ‘Tout le monde veut aller au Ciel, mais personne ne veut mourir’.

C’est là le nœud de la crise environnementale.

On connait les coupables; ce sont les autres.

Le piéton blâme l’automobiliste quand ce dernier achète un lourd véhicule utilitaire.

Celui qui choisit de s’installer à la campagne pour y élever sa famille est blâmé pour les longs trajets en auto qu’il effectue pour aller et revenir du travail.

Les agriculteurs blâment les citoyens urbanisés pour leur entêtement à manger hors saison des fruits et des légumes produits à l’autre bout du monde.

Le vieillard blâme la manie des jeunes de renouveler trop fréquemment leur garde-robe et leur gamme de produits électroniques (téléphones, tablettes et ordinateurs).

En contrepartie, les jeunes blâment les retraités pour les voyages qu’ils effectuent à l’Étranger, notamment afin de séjourner dans leur résidence secondaire pendant de longs mois.

Et personne ne veut transformer son mode de vie.

Pour sauver la planète, c’est simple; il faudrait (idéalement) cesser de consommer. Sinon, consommer préférablement des produits biodégradables.

Il faudrait se nourrir d’aliments de base produits dans son potager ou, à défaut, chez le producteur le plus près.

Il faudrait acheter un nouveau vêtement seulement lorsque celui qu’on porte est usé à la corde. Et en choisir un fabriqué avec des fibres naturelles.

Il faut laisser sur le bord de la rue ou donner à des organismes de charité les objets encore fonctionnels qui peuvent être utiles à d’autres.

Les magasins d’objets d’occasion devraient être fréquentés par tout le monde. Et non seulement s’adresser aux nécessiteux.

Il faudrait effectuer ses achats localement. Oui, on pourrait acheter en ligne. Mais pour des objets produits à proximité, et vendus par une boutique d’ici plutôt que d’ailleurs.

Il faut accepter de payer un peu plus cher pour des biens de qualité. Par exemple, éviter l’achat de ce sofa pas cher dont le faux cuir se fendillera dans deux ans et qu’on devra alors jeter.

Il faudrait travailler près de son domicile. Si on obtient un emploi dans une ville éloignée, il faudrait y déménager. Et non réclamer la construction d’une route plus rapide pour s’y rendre plus vite.

Il faudrait éviter d’acheter la nouvelle version d’un logiciel si cette version ne fonctionne que sous un système d’exploitation incompatible avec son ordinateur actuel.

Il faudrait accepter comment Dieu (ou la Nature) nous a créé plutôt vouloir nous conformer, par des moyens cosmétiques ou chirurgicaux, aux canons de beauté qu’on veut nous imposer.

Il faudrait que l’urbanisme des villes d’Amérique du Nord ressemble à celui des villes anciennes d’Europe, avec leur multitude de commerces de proximité, plutôt que d’être obligé de prendre la voiture pour acheter un litre de lait.

Il faudrait limiter la croissance de la population mondiale. Paradoxalement, il faudrait augmenter la densité urbaine puisqu’un réseau de transport en commun efficace n’est rentable que lorsqu’on atteint une certaine densité de population.

Il faudrait que le raccord d’une nouvelle maison au réseau municipal d’égouts et d’eau potable soit à la charge de son propriétaire et non à la charge des autres citoyens. Et ce, afin de lutter contre l’étalement urbain.

Il faudrait éviter de faire la guerre sauf pour se défendre d’envahisseurs ou pour protéger un ordre mondial gravement menacé.

Bref, pour sauver la planète, il faudrait vivre différemment.

Et si nous vivions différemment, une bonne partie de l’économie mondiale s’effondrerait parce reposant sur une consommation effrénée destinée à combler des besoins artificiels.

Sommes-nous prêts à en payer le prix ?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La candeur de Jean Chrétien face aux Autochtones

Publié le 25 octobre 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

Jean Chrétien fut premier ministre du Canada de 1993 à 2003 après avoir été responsable de nombreux ministères, dont celui des Affaires indiennes de 1968 à 1974.

Hier, à l’émission Tout le monde en parle, il a déclaré que même pendant les six ans et demi où il s’occupa de ce ministère, il n’avait jamais entendu parler des pensionnats autochtones.

C’est possible.

M. Chrétien a grandi alors que, du primaire au collégial inclusivement, l’enseignement était aux mains de communautés religieuses.

C’était à l’époque où on glorifiait le rôle des missionnaires auprès des ‘païens’.

J’ai un peu connu cette époque. À l’adolescence, la seule chose supplémentaire que j’ai apprise, c’est qu’en Abitibi-Témiscamingue, au cours d’une partie de chasse, les ‘Blancs’ qui violaient une femme Autochtone n’étaient jamais inquiétés par la justice.

On apprenait le viol quand les Autochtones prenaient des mesures de représailles contre les violeurs. Ce qui faisait alors l’objet d’une enquête policière.

M. Chrétien soutient donc qu’à titre de ministre de 1968 à 1974, il n’a jamais été informé du sort subi par les enfants Autochtones dans les pensionnats financés par son ministère jusqu’en 1996. Pourtant les premiers rapports officiels d’abus généralisés dans les pensionnats financés par Ottawa remontent à 1907.

Cette déclaration est une preuve supplémentaire que le fédéral est un gouvernement colonial au sein duquel les députés, les sénateurs et les ministres ne sont que l’interface entre une machine étatique et le peuple.

Et cette machine, ce sont des milliers de fonctionnaires et surtout un petit nombre de mandarins qui exercent le pouvoir dans l’ombre, animés de leur propre conception de l’intérêt de l’État.

Or, lorsqu’on veut contrôler ce que le ministre décide, on doit contrôler ce qu’il sait. Donc, de l’aveu même de M. Chrétien, on s’est bien gardé de l’informer correctement. Tout au plus, l’a-t-on avisé qu’il y avait des problèmes anecdotiques à certains endroits.

Dans un autre ordre d’idée, lorsque M. Chrétien rappelle que son épouse et lui ont adopté un Autochtone en bas âge, je ne doute pas un seul instant que ce couple ait aimé cet enfant comme le leur.

De toute évidence, M. Chrétien ne s’est jamais posé la question :
est-ce normal que des services sociaux confient de jeunes Autochtones à des ‘Blancs’ alors que les communautés autochtones, même dans la plus profonde pauvreté, sont parfaitement capables d’en prendre soin…

En d’autres mots, il ne lui est jamais venu à l’esprit que l’adoption par des ‘Blancs’ était un nouveau mécanisme d’assimilation culturelle et de ce fait, un substitut moderne aux pensionnats autochtones.

Références :
Jean Chrétien
L’adoption par des ‘Blancs’, le substitut aux pensionnats autochtones
La façade ministérielle de l’État canadien
L’histoire d’un crime national
Révélations de Robert Poëti: grand ménage au ministère des Transports
Sévices sexuels sous le nez de Chrétien à La Tuque
Un sous-ministre n’a pas à recevoir «d’ordres», selon Dominique Savoie

Paru depuis :
Sévices dans les pensionnats : « Pensez-vous que je n’aurais rien fait? » (2021-10-27)

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Écrit par Jean-Pierre Martel