La négligence à protéger les travailleurs de la Santé

Publié le 27 janvier 2022 | Temps de lecture : 7 minutes

Introduction

En temps de pandémie, on doit s’attendre à ce que certains travailleurs de la Santé puissent finir par l’attraper.

Ils peuvent être contaminés par leurs enfants puisque l’école est le principal lieu de contagion au Québec. Ils peuvent l’attraper dans le transport en commun (où il est difficile de respecter la distance sanitaire). Ou bien dans des commerces. Ou tout simplement d’un conjoint.

Mais s’il y a un lieu où personne ne devrait attraper le Covid-19, c’est bien dans un établissement de Santé. Lorsqu’un établissement de Santé contamine ses travailleurs, cela est toujours le résultat d’une négligence.

Anecdote

En avril 2020, le texte Covid-19 : la nécessité du port du masque a été écrit après avoir appris que dans un établissement de Santé où œuvrait un membre de ma famille, on interdisait le port du masque aux travailleurs. Et ce, sous la menace de sanctions administratives.

Cette parente m’avouait qu’un ami lui avait fabriqué une visière artisanale qu’elle avait l’intention de porter la fin de semaine suivante, à l’insu de son patron alors en congé.

La contamination au cours de la première vague

À l’époque, pour compenser la pénurie de masques N95 et de masques chirurgicaux — réservés aux médecins et aux professionnels qui travaillaient en zone rouge — on aurait pu permettre aux autres travailleurs de porter un masque artisanal.

Mais on le leur défendait. Sous le prétexte qu’on devait laisser se développer l’immunité ‘naturelle’ — ce qui veut dire qu’il faut que les gens l’attrapent — on forçait ces personnes à travailler sans protection.

Les autorités sanitaires croyaient naïvement que plus tôt les travailleurs de la Santé attraperaient le Covid-19, plus tôt ils en seraient immunisés et plus tôt on pourrait passer à autre chose.

La peur au ventre, ceux-ci étaient forcés de travailler dans des conditions telles que des milliers d’entre eux ont changé de vocation.

Ces démissions ont considérablement aggravé une pénurie de personnel déjà existante.

Ceux qui sont demeurés à sauver la vie des autres au péril de la leur ont représenté le quart de tous les cas de Covid-19 au Québec lors de la première vague de la pandémie.

La contamination ces jours-ci

Radio-Canada nous apprend aujourd’hui qu’au moins 360 éclosions sont actives dans les hôpitaux du Québec. Ce qui est pire que l’an dernier puisqu’on en comptait moins que cela d’aout 2020 à février 2021 (une période beaucoup plus longue).

Au cours de la vague ‘omicronne’, 1 982 employés d’hôpitaux ont attrapé le Covid-19 au travail.

Cela ne comprend pas ceux infectés dans des hospices. Et cela ne comprend pas non plus ceux qui travaillent en hôpital mais qui ont été infectés ailleurs (soit environ dix-mille travailleurs de plus).

La contamination des travailleurs entre eux, de même qu’entre des patients admis et ceux qui les soignent, est le signe que les mesures sanitaires qui prévalent en établissement de Santé sont insuffisantes.

L’État québécois tarde à se soumettre au jugement du Tribunal administratif du travail qui, il y a dix mois, lui ordonnait de fournir des masques N95 à ses travailleurs de la Santé. On le fait dans certains hôpitaux, pas dans d’autres.

Prétendre qu’il ‘faut laisser se développer l’immunité naturelle’ ou qu’il faut ‘apprendre à vivre avec le virus’ veut dire la même chose. Cela trahit le peu de détermination de ceux qu’on paie une fortune pour nous protéger.

Quand la capitulation au virus fait office de doctrine sanitaire, cela est inquiétant…

Une série de négligences

La première étape de la stratégie est le renseignement. Or dans une lutte sanitaire, le renseignement, c’est le dépistage.

Ne tester que les travailleurs symptomatiques est une négligence qui laisse les asymptomatiques contaminer leurs collègues.

Ne pas tester l’ensemble des travailleurs quotidiennement est une négligence quand toute personne nouvellement infectée devient elle-même contagieuse deux jours plus tard.

Même si on testait deux fois par semaine (ce qu’on ne fait pas), ce serait insuffisant; ce serait comme essayer d’attraper des moustiques avec une raquette de tennis.

Ordonner aux travailleurs positifs de retourner travailler avant la fin d’une période d’isolement suffisante (huit jours) est une négligence.

Conclusion

Un grand nombre de Québécois sont en attente de procédures médicales qui sont reportées de mois en mois depuis trop longtemps.

Alors on stigmatise — d’autres diraient qu’on emmerde — les non-vaccinés, accusés d’être responsables de la pénurie de lits disponibles.

Mais pourquoi y a-t-il autant de non-vaccinés dans nos hôpitaux ? La réponse simple est : précisément parce qu’ils ne sont pas vaccinés. Ce qui est partiellement vrai.

Oublions le fait qu’on aurait plus de lits sans ces politiques néolibérales qui ont réduit notre capacité hospitalière au cours des quarante dernières années.

On aurait moins de non-vaccinés à l’hôpital — et on aurait plus de lits disponibles — si on n’avait pas commis la négligence de laisser l’école devenir la plaque tournante de la contagion communautaire. Selon Radio-Canada, cinq fois plus d’écoliers sont infectés ces jours-ci qu’à la rentrée de janvier 2021.

Non seulement l’insuffisance des mesures de mitigation à l’école a entraîné dix fois plus d’admissions de courte durée dans nos hôpitaux pédiatriques, mais la contamination importante des mineurs se répercute sur les membres de leur famille, particulièrement lorsqu’ils ne sont pas vaccinés.

Voilà le fond du problème.

Et cela se répercute également sur la famille des travailleurs de la Santé dont certains ne sont toujours pas vaccinés.

On aurait plus de personnel pour s’occuper des gens hospitalisés si on n’avait pas commis la négligence de protéger insuffisamment ceux qui y œuvrent.

Bref, la situation dans laquelle nous nous trouvons tire son origine des décisions regrettables prises par la Santé publique du Québec. Un organisme qui, depuis la démission de son directeur incompétent, est comme une poule décapitée qui coure dans toutes les directions.

Références :
Au Québec, la grippe saisonnière est plus à craindre que le coronavirus
Cinq fois plus d’élèves infectés au Québec par rapport à la rentrée de janvier 2021
Cinquième vague : 2000 travailleurs de la santé infectés à l’hôpital au Québec
Covid-19 : la nécessité du port du masque
Covid-19 : le dépistage parmi les travailleurs de la santé
Covid-19 : l’utilisation ‘judicieuse’ des masques
Hypothèse : a-t-on donné naissance à un variant québécois ?
Legault mise sur l’«immunité naturelle» des Québécois
Les autorités sanitaires du Québec et la justice
Omicron : bond des hospitalisations d’enfants, mais peu de cas lourds
Travailler malade du Covid-19 en établissement de Santé

Parus depuis :
Plus de 2 millions de Québécois auraient eu la COVID-19 depuis décembre (2022-02-09)
Plus d’un adulte sur quatre infecté par la COVID-19 au cours de l’hiver (2022-05-09)
Le cercle vicieux des vagues de COVID-19 à répétition (2022-07-18)
COVID longue Des milliers de travailleurs de la santé atteints (2023-09-21)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Invitation à boycotter, pour l’instant, l’autodéclaration des résultats des tests rapides

Publié le 26 janvier 2022 | Temps de lecture : 4 minutes

Depuis hier, il est possible de déclarer au ministère de la Santé du Québec les résultats d’un test rapide de Covid-19.

Contrairement à la Grande-Bretagne, le Québec n’a pas mis sur pied un programme lui permettant de connaitre le taux de contagion à partir d’un échantillon important de participants représentatifs de l’ensemble de la population.

Jusqu’à tout récemment, le nombre de cas correspondait au nombre de résultats positifs décelés par les laboratoires de la Santé publique.

Limitée à environ 50 000 tests par jour — ce qui correspond à 0,6 % de la population du Québec — cette capacité de dépistage est rapidement devenue insuffisante à l’arrivée de l’Omicron.

Voilà pourquoi le gouvernement de la CAQ a mis sur pied un site web qui permet aux citoyens de dévoiler les résultats des tests rapides distribués gratuitement en pharmacie.

Les résultats déclarés positifs s’ajoutent donc à ceux décelés par les laboratoires de Santé publique afin de donner une meilleure idée de l’étendue de la contamination par le Covid-19.

Sur son site, le gouvernement précise :

La déclaration du résultat du test rapide est uniquement utilisée à des fins statistiques de suivi de l’utilisation de ces tests. Les résultats que vous déclarez ne seront pas inscrits dans votre preuve de vaccination. Ils ne modifieront pas le statut de protection de votre passeport vaccinal. Donc, si vous déclarez un résultat positif, votre statut vaccinal ne sera pas modifié.

Même s’il est dit que tout cela ne servira qu’à des fins statistiques, je ne compterais pas trop là-dessus.

On doit savoir que contrairement aux États-Unis, la Santé publique du Québec considère qu’attraper le Covid-19 équivaut à une vaccination.

On fait toutefois exception pour ceux qui doivent voyager à l’Étranger, notamment aux États-Unis, à défaut de quoi ils seraient refoulés aux frontières. Mais pour tous les autres, c’est non.

Ceci étant dit, il est vrai qu’attraper le Covid-19 confère une certaine immunité.

D’un côté, la personne qui attrape l’Omicron est immunisée contre ce variant. Au moment où celui-ci déferle au Québec, cela est un avantage puisque la vaccination immunise plutôt contre le Covid-19 ‘classique’ (aujourd’hui disparu) et, de manière décroissante, contre les variants apparus depuis.

Malheureusement, les études scientifiques ont démontré qu’attraper le Covid-19 confère une immunité qui varie considérablement selon la sévérité de l’atteinte.

L’absence de fiabilité de la protection acquise lors d’un épisode de contagion est la raison principale du refus des autorités américaines de considérer l’immunité ‘naturelle’ comme un substitut à la vaccination.

Les économies de bouts de chandelles du gouvernement de la CAQ sont d’autant plus incompréhensibles qu’il est impossible d’être ‘trop’ immunisé contre le Covid-19.

Les personnes qui, croyant bien faire, déclareront un résultat positif à un test rapide doivent savoir qu’elles risquent d’être punies.

Cette menace aura disparu lorsque la Santé publique aura fait volteface à ce sujet et que le ministère de la Santé se sera engagé explicitement à ne pas pénaliser les personnes qui se déclareront positives au Covid-19.

J’invite donc le ministre à clarifier la situation le plus tôt possible.

Références :
Le dépistage ‘massif’ du Covid-19 au Québec : une plaisanterie
Québec lance une plateforme de déclaration de résultats de tests rapides de COVID-19

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les lecteurs de CO₂ à l’école : une tragicomédie caquiste

Publié le 24 janvier 2022 | Temps de lecture : 8 minutes

L’interdiction des purificateurs d’air

Les purificateurs d’air de type HEPA sont des machines équipées d’un filtre à Haute efficacité contre les particules aériennes (d’où le sigle HEPA).

Ces machines aspirent l’air, le débarrassent des particules de plus de 0,3 µm (0,3 millionième de mètre), et rejettent de l’air purifié. Signalons que la taille du virus du Covid-19 est comprise entre 80 et 120 µm. En somme, ces filtres débarrassent complètement l’air qui les traverse du Covid-19.

Le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) estime que le port du masque associé à l’usage de deux purificateurs d’air de type HEPA par classe réduit l’exposition des élèves au Covid-19 de 90 %.

Voilà pourquoi, en vue de la rentrée scolaire 2021, l’Ontario a ajouté 70 000 purificateurs d’air au nombre qu’elle possédait déjà.

Au Québec, l’installation de ces purificateurs est interdite par la Santé publique du Québec. On a poussé le zèle jusqu’à faire saisir les purificateurs que des parents avaient payés de leur poche.

Les choix de la CAQ

Pour s’éviter de dépenser des millions de dollars à l’achat de purificateurs dont l’utilité sera remise en question dès que la pandémie sera terminée, le gouvernement de la CAQ a plutôt décidé d’acheter 90 000 lecteurs de CO₂ (dont près des trois quarts ont été livrés).

Mais il ne suffit pas de suspendre un lecteur de CO₂ au mur et de le connecter; il faut le calibrer. Selon le ministère de l’Éducation, il faut compter en moyenne huit jours entre l’installation et le calibrage.

Le ministère de l’Éducation estime qu’un taux de CO₂ au-delà de 1 000 parties par million (ppm) nuit à la réussite éducative.

Dans les tests-bidons que le ministère a fait réaliser l’an dernier, l’immense majorité des classes avaient des taux acceptables de CO₂.

Mais une fois les lecteurs calibrés, on découvre les réalités du monde concret et notamment, un dépassement fréquent des normes acceptables.

Vive l’air vivifiant de l’hiver !

Les lecteurs de CO₂ n’abaissent pas les taux de gaz carbonique. Ils ne font que les mesurer.

Alors que fait-on lorsqu’il y a trop de CO₂ ? Les directives de la Santé publique prescrivent d’ouvrir les fenêtres et de les maintenir ouvertes au maximum (si le local en est muni).

Dans une classe où le lecteur de CO₂ indique 2 000 ppm — ce qui n’est pas rare — pour abaisser de moitié la quantité de CO₂, il faut que la moitié de l’air de la classe soit remplacé par de l’air hivernal.

S’il fait -4°C à l’extérieur — ce qui correspond à une journée de janvier relativement douce — on abaissera le CO₂ au niveau jugé acceptable quand la température de la classe passera de 22°C à 13°C.

Ce qui veut dire qu’une partie des écoliers du Québec devront porter leurs vêtements d’hiver en classe, particulièrement ceux qui seront assis près des fenêtres.

Si l’air de la classe contenait non seulement trop de CO₂, mais contenait également des virus de Covid-19 en suspension, réduire la température de cette classe à 13°C ne ferait que réduire de moitié la charge virale de l’air ambiant.

Pour atteindre l’efficacité des purificateurs d’air associés au port du masque en classe, on doit renouveler 90 % de l’air de la classe. Ce qui, dans l’exemple que nous avons donné, ferait descendre la température sous le point de congélation (-1,4°C).

Par contre, si aucun écolier dans cette classe n’est atteint par le Covid-19, tout le monde gèlera pour rien; le risque d’attraper le Covid-19 est nul quand personne dans une classe n’est atteint par le virus, peu importe de taux de CO₂.

Si enfant, on m’avait obligé à subir cela, aujourd’hui je poserais des bombes…

La véritable utilité des lecteurs de CO₂

Les lecteurs de CO₂ ont un rôle important à jouer dans toute politique de réussite scolaire.

En effet, les études scientifiques ont démontré que lorsque les taux de CO₂ sont élevés dans une classe, les étudiants sont portés à la somnolence et ils apprennent moins facilement.

Cet achat permet au Québec de combler son retard face aux provinces anglophones du pays où les lecteurs de CO₂ sont en service depuis quelques années.

Mais il n’y a pas de rapport entre les taux de CO₂ dans une classe et la quantité de coronavirus en suspension dans l’air. L’un dépend de l’aération tandis que l’autre dépend de la contagion. Or ce sont deux choses différentes.

Revenir à l’essentiel

Le laisser-faire conduit à des choix tragiques.

Dans toute pandémie, l’essentiel est de réduire la propagation; quand un virus cesse de contaminer de nouvelles personnes, la pandémie s’arrête net.

Et pour éviter sa propagation, il faut une stratégie. La première étape de la stratégie, c’est le renseignement. Or dans une lutte sanitaire, le renseignement, c’est le dépistage.

Actuellement, la CAQ fait le contraire. Elle fait le contraire parce que le fiasco de la lutte avaricieuse qu’elle mène depuis deux ans se retourne contre elle.

Le cas des lecteurs de CO₂ en est un exemple.

La CAQ a réussi à faire croire à la population québécoise que ces appareils étaient un moyen essentiel de combattre le Covid-19 à l’école. Peut-être présumait-elle que cette pandémie serait terminée lorsqu’elle les recevrait.

Si elle avait gagné ce pari, elle en serait à les déployer afin de favoriser la réussite scolaire.

Voilà maintenant qu’elle est prise à faire le contraire; au lieu de favoriser cette réussite, elle va dégouter nos jeunes de l’école en les forçant à étudier dans des conditions climatiques totalement inacceptables.

Pendant ce temps, la pandémie se répand sournoisement en l’absence de dépistage et de mesures destinées à réduire les contacts.

Références :
Cas de COVID-19 dans les classes : des parents et des profs prennent le relais
Consignes applicables en milieu scolaire en contexte de pandémie (Covid-19)
Covid-19 à l’école : le CO₂ et la senteur des pieds
Des enseignantes et des éducatrices se font refuser l’accès aux tests PCR
Efficacy of Portable Air Cleaners and Masking for Reducing Indoor Exposure to Simulated Exhaled SARS-CoV-2 Aerosols — United States, 2021
En retard, Québec ignore le nombre de lecteurs de CO2 livrés aux écoles
La FAE demande que les données soient rendues publiques
Le Covid-19 à l’école primaire : la CAQ met en péril la santé de nos enfants
Plus de la moitié des classes du Québec n’ont pas de lecteur de CO2 fonctionnel
Qualité de l’air et installation de lecteurs de CO2
Qualité de l’air : près de la moitié des classes dépassent la cible fixée par Québec
Québec a investi une infime partie d’une enveloppe d’aide d’Ottawa
Real-world data show that filters clean COVID-causing virus from air
Une « catastrophe annoncée », selon des experts
Une enseignante sommée de retirer des purificateurs achetés par des parents
Une stratégie basée sur des « tests rapides absents »

Parus depuis :
Cinq fois plus d’élèves infectés au Québec par rapport à la rentrée de janvier 2021 (2022-01-25)
« Maman, je pense que je vais mourir » (2022-01-26)
« L’école ne nous dit plus rien » (2022-01-28)
Taux de CO2 dans les écoles – Un syndicat dénonce le « petit jeu de cache-cache » de Québec (2022-02-04)
Plus de 2 millions de Québécois auraient eu la COVID-19 depuis décembre (2022-02-09)
Un enfant sur trois a récemment été en contact avec la COVID-19 (2022-02-23)
Plus d’un adulte sur quatre infecté par la COVID-19 au cours de l’hiver (2022-05-09)
COVID-19 : et si on pouvait offrir un purificateur d’air pour 100 $ par classe? (2022-08-16)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Hypothèse : a-t-on donné naissance à un variant québécois ?

Publié le 22 janvier 2022 | Temps de lecture : 5 minutes

Le 31 décembre dernier, nous avons prédit qu’au cours de ce mois-ci, nous assisterions à :
• une augmentation très importante des cas,
• une augmentation du nombre des hospitalisations de courte durée,
• une diminution probable des admissions aux soins intensifs, et
• une diminution marquée des décès.

C’est exactement ce à quoi on pouvait s’attendre en analysant l’expérience sud-africaine.


 
Les données de ce pays indiquent clairement que l’Omicron est beaucoup moins virulent que le variant Delta.


 
Or ce n’est pas ce qu’on observe actuellement au Québec. Ici, l’Omicron ferait beaucoup plus de victimes maintenant qu’en faisait le variant Delta cet automne.


 
D’autre part, selon l’Institut national de Santé publique du Québec (INSPQ), l’Omicron a remplacé le variant Delta dans la deuxième moitié du mois de décembre; du 12 au 24 décembre 2021, il est passé de 20 % à 95 % des cas.

Ce qu’on observe actuellement aux soins intensifs de nos hôpitaux, ce serait l’effet de l’Omicron sur une population vaccinée à 90 % avec une dose, à 82 % avec deux doses, et à 36 % avec trois doses.

Or du 1er au 20 janvier 2022, le nombre de personnes aux soins intensifs de nos hôpitaux est passé de 22 à 51. Ce qui correspond, en gros, à ce qu’on voyait au cours des deux premières vagues, c’est-à-dire avant que les campagnes de vaccination commencent à porter fruit.

Pour ce qui est des décès, ils sont passés de 22 à 51 entre le 1er et le 19 janvier 2022. Cela est bien pire qu’à l’époque récente du variant Delta, où on dénombrait moins de cinq morts par jour.

En d’autres mots, le coronavirus qui circule actuellement au Québec est plus virulent que le variant Delta. Ce qui est aux antipodes de l’expérience sud-africaine.

D’où la question : est-ce bien l’Omicron ?

En réalité, on l’ignore. Le site web de l’INSPQ parle de variant Delta présomptif et d’Omicron présomptif. Pourquoi cette nuance ?

En comparaison avec le Covid-19 ‘classique’, ces deux membres de la famille covidienne se distinguent par un grand nombre de mutations génétiques. Certaines d’entre elles affectent la composition interne du virus alors que d’autres affectent la composition des spicules à sa surface, c’est-à-dire des ‘ventouses’ qui lui permettent de se fixer à certaines cellules humaines.

La Grande-Bretagne et l’Afrique du Sud sont les chefs de file en matière de séquençage génétique. Dans ces deux pays, les membres de la famille covidienne sont identifiés avec précision.

Au Québec, l’INSPQ n’est pas équipé pour faire du séquençage génétique. On fait plutôt du ‘criblage’. Cette technique consiste à chercher la présence d’un nombre limité de mutations génétiques sur les spicules.

Si la mutation ‘X’ est spécifique au variant Delta, on présumera avoir affaire à ce variant quand c’est ce qu’on trouve. À défaut de quoi, on présumera que c’est de l’Omicron.

Sur son site, l’INSPQ écrit : “Dans le contexte où le variant Omicron est devenu largement dominant, les laboratoires ont progressivement arrêté le criblage.”

En d’autres mots, depuis le 8 janvier 2022, on n’a pas la moindre idée du virus qui circule au Québec; les yeux fermés, on présume que c’est de l’Omicron.

Le problème, c’est que cet ‘Omicron présomptif’ se comporte différemment du vrai Omicron, celui identifié très précisément par séquençage génétique en Afrique du Sud.

Depuis le début de la pandémie, les experts sont formels; lorsqu’on laisse un virus proliférer au sein d’une population — sous le prétexte de laisser se développer l’immunité ‘naturelle’, par exemple — cette population se transforme alors en incubateur à mutants.

Voilà comment sont nés les super-mutants (ou variants) découverts en Afrique du Sud, au Brésil, en Grande-Bretagne et en Inde.

Dans la mesure où nos autorités sanitaires luttent contre le Covid-19 les yeux bandés, rien n’empêche de penser qu’il puisse en être ainsi au Québec.

Ce qui expliquerait tout.

Références :
COVID-19 : interrogations sur un nouveau sous-variant d’Omicron
Covid-19 : les mutants
Données COVID-19 au Québec
L’Omicron : l’expérience sud-africaine

Parus depuis :
Plus de 2 millions de Québécois auraient eu la COVID-19 depuis décembre (2022-02-09)
Un enfant sur trois a récemment été en contact avec la COVID-19 (2022-02-23)
L’histoire du variant « québécois » dont vous n’avez jamais entendu parler (2022-03-29)
Plus d’un adulte sur quatre infecté par la COVID-19 au cours de l’hiver (2022-05-09)

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’hiver au Jardin japonais

Publié le 21 janvier 2022 | Temps de lecture : 1 minute





 
La saison hivernale impose au Jardin japonais un dépouillement qui lui sied bien.

Même s’il n’a jamais vu personne faire cela avant lui, quoi de plus instinctif pour un enfant que de se laisser tomber sur le dos dans de la neige moelleuse et de balancer les bras, comme un oiseau, sous un ciel radieux.

Cette sensation de liberté est un privilège des pays où l’eau se transforme une partie de l’année en matière duveteuse d’un blanc éclatant.

Ce faisant, ici dans ce Jardin japonais, il est difficile de ne pas réaliser que la trace laissée par cet enfant a la forme d’un kimono…

Détails techniques : Panasonic GX1 infrarouge à spectre complet, objectif Lumix 14-45mm + filtre vert jaunâtre Лomo ж3-2* + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80A d’Omega
1re photo : 1/60 sec. — F/7,1 — ISO 320 — 14 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/7,1 — ISO 200 — 17 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/7,1 — ISO 160 — 14 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/7,1 — ISO 320 — 14 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Attraper volontairement le Covid-19 afin d’échapper aux mesures sanitaires

Publié le 20 janvier 2022 | Temps de lecture : 2 minutes

La Santé publique du Québec considère qu’attraper le Covid-19 dispense de recevoir une dose de vaccin. Et si la contagion est récente, on juge prématuré de recevoir la dose No 2 de ce vaccin.

Il ne fait aucun doute que l’immunité ‘naturelle’ protège contre une infection subséquente du même variant. Mais on ignore tout de la durée de cette protection. De plus, on ignore dans quelle mesure l’immunité acquise spécifiquement contre un variant protège contre les autres membres de la famille covidienne.

Pour ces raisons, les autorités américaines diffèrent d’opinion avec les nôtres à ce sujet.

Puisque les États-Unis refusent à leurs frontières les Québécois qui sont insuffisamment vaccinés (du point de vue de Washington), Québec fait exception pour ceux qui veulent voyager à l’Étranger et accepte de les vacciner selon les standards nord-américains.

Dans plusieurs pays d’Europe centrale, on partage l’opinion des autorités sanitaires du Québec.

Âgée de 57 ans, Hana Horka était une chanteuse tchèque hostile à la vaccination. Quand son mari et son fils ont attrapé le Covid-19 en dépit de leur vaccination, cela prouvait, selon elle, l’inutilité des vaccins.

Convaincue également qu’on exagère grandement la dangerosité de la pandémie, Mme Horka a profité de l’infection des autres membres de sa famille, un peu avant Noël, pour s’immuniser ‘naturellement’ en attrapant le virus et obtenir ainsi le passeport sanitaire tchèque.

Ceci dans le but d’échapper aux mesures sanitaires et vivre normalement.

Mais contrairement à son mari et son fils qui ont éprouvé des symptômes légers grâce à leur vaccination, Mme Horka est morte du Covid-19 dimanche dernier.

Deux jours avant son décès, elle postait le message suivant sur les médias sociaux : “J’ai survécu… ce fut intense. À moi maintenant le théâtre, le sauna, les concerts… et un voyage urgent à la mer.

Référence : Czech folk singer dies after deliberately contracting Covid

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Propagande canadienne vs Jeux de Beijing

Publié le 20 janvier 2022 | Temps de lecture : 4 minutes

Les Jeux olympiques d’hiver de Beijing sont l’occasion d’un choc culturel.

Aux États-Unis, la chaine NBC est le diffuseur officiel des Jeux. Face aux mesures sanitaires très strictes qui prévalent en Chine, ce réseau a décidé de couvrir l’évènement à partir de ses studios du Connecticut.

Radio-Canada a préféré se rendre sur place.

Sous le titre Ça va mal à Pékin : les tests bric-à-brac du gouvernement chinois, Radio-Canada poursuit sa propagande contre la Chine en se lançant cette fois dans une critique acrimonieuse des mesures sanitaires prises dans ce pays à l’occasion des Jeux olympiques.

De quoi parle-t-on ?

Dans ce cas-ci, Radio-Canada critique la précision jugée ‘excessive’ des tests diagnostiques réalisés par les laboratoires chinois. Ceux-ci déclarent contagieux les journalistes de Radio-Canada qui ont attrapé le Covid-19 en décembre dernier alors que les tests PCR canadiens les jugent parfaitement rétablis.

On accuse les Chinois de pousser la sensibilité de leurs tests à des niveaux extrêmes.

Qu’en est-il ?

Lorsqu’une personne est encore contagieuse, ses gouttelettes respiratoires contiennent des copies intégrales du virus.

À l’opposé, lorsqu’elle cesse de l’être, elle n’émet plus de copies complètes du virus. Toutefois, dans les jours ou semaines qui suivent, son corps se débarrasse des cellules mortes et les débris de virus.

Quand la sensibilité des tests est grande, ceux-ci détectent non seulement les copies viables du virus, mais également ces débris inoffensifs.

Voilà sur quoi reposent les accusations de Radio-Canada.

Dans le texte Covid-19 : durée de la quarantaine, nous avons vu que cette dernière devrait durer huit jours à l’issue desquels un test rapide devrait confirmer que la personne atteinte n’est plus contagieuse.

Pourquoi effectuer ce test rapide ? Parce que nous ne sommes pas tous pareils.

Dans l’étude américaine résumée par ce texte, une minorité des personnes atteintes avaient besoin de plus de huit jours pour guérir du Covid-19.

De manière à ne pas imposer une quarantaine longue à tout le monde alors qu’elle n’est justifiée que pour un petit nombre de ‘retardataires’, on préfère imposer une quarantaine courte, généralement suffisante, quitte à dépister, grâce à des tests rapides, ceux qui ont besoin de plus de temps.

Dans le fond, c’est la même chose lorsqu’on réduit la quarantaine à cinq jours; on a simplement environ trois-quarts de ‘retardataires’. D’où la nécessité encore plus grande d’avoir un test négatif avant de clore la convalescence.

Bref, en raison de la variabilité des êtres humains, des personnes atteintes par le Covid-19 peuvent incuber le virus beaucoup plus longtemps que les autres.

Peut-on être contagieux un mois après la fin des symptômes ? Aucune étude n’exclut cette possibilité. Voilà pourquoi la Chine ne prend pas de risque.

Sa politique de tolérance zéro à l’égard du Covid-19 a fait en sorte que sa lutte sanitaire s’est soldée jusqu’ici par la mort de seulement trois personnes par million d’habitants.

Partout en Occident, on s’est contenté d’aplatir la courbe. Sous le prétexte qu’il fallait laisser se développer l’immunité ‘naturelle’, on a laissé les gens attraper le virus. En somme, la capitulation au virus a fait office de doctrine sanitaire. D’où le fiasco obtenu.

Au début du mois, on comptait 1 379 morts par million d’habitants au Québec, soit quatre-cents fois plus qu’en Chine.

Si on juge un arbre à ses fruits, ce qui est ‘bric-à-brac’, ce n’est pas la rigueur des mesures sanitaires en Chine; c’est le laxisme des nôtres.

Nous, Occidentaux, avons cette détestable manie de nous croire supérieurs. Cet aveuglement nous pousse même à mépriser ce dont on devrait s’inspirer.

Et pour détourner l’attention de la réussite de la Chine dans son combat contre le Covid-19 — une réussite obtenue au prix d’immenses sacrifices — la propagande occidentale cherche à nous faire oublier que le plus fondamental des droits de la Personne… c’est le droit à la vie.

Références :
Ça va mal à Pékin : les tests bric-à-brac du gouvernement chinois
Covid-19 : durée de la quarantaine
Covid-19 : évolution en 2021
Man who survived Ebola five years ago may be source of Guinea outbreak
NBC n’enverra pas ses équipes de description à Pékin

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Vive l’hiver !

Publié le 18 janvier 2022 | Temps de lecture : 1 minute





 
La dernière fois que je me suis rendu au Jardin botanique de Montréal afin d’y prendre des photos infrarouges, mon appareil avait gelé.

De retour à la maison, il fonctionnait parfaitement. Mais sur les lieux, appuyer sur le déclencheur ne donnait absolument rien.

Aujourd’hui, j’ai apporté mon appareil infrarouge dans un sac à dos à l’intérieur duquel j’avais placé une bouteille de 250 ml remplie de graines d’orge chauffées au micro-onde. C’est plus léger qu’une bouillotte.

Cette fois, mon appareil a tenu le coup.

En raison de la tempête d’hier, toute cette belle neige fraiche resplendissait aujourd’hui au soleil.

Détails techniques : Panasonic GX1 infrarouge à spectre complet, objectif Lumix 14-45mm + filtre vert jaunâtre Лomo ж3-2* + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80A d’Omega
1re photo : 1/80 sec. — F/5,6 — ISO 160 — 14 mm
2e  photo : 1/320 sec. — F/4,9 — ISO 160 — 25 mm
3e  photo : 1/100 sec. — F/3,9 — ISO 160 — 18 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/4,8 — ISO 200 — 23 mm

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à l’infrarouge couleur, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La torture en Syrie et le Canada

Publié le 15 janvier 2022 | Temps de lecture : 3 minutes

Le colonel Anwar Raslan est un ex-officier des services syriens du renseignement.

Dans la capitale syrienne, le colonel Raslan dirigea une prison du 29 avril 2011 au 27 septembre 2012. Au cours de cette période, plus de quatre-mille détenus y ont été torturés (entrainant la mort de 27 à 58 d’entre eux).

À la fin de cette année-là, il déserta le régime de Bachar el-Assad pour se réfugier en Jordanie (où son épouse et ses enfants l’attendaient), puis en Allemagne à l’été de 2014.

Il y a deux jours, un tribunal allemand l’a reconnu coupable de crime contre l’Humanité et l’a condamné à la prison à perpétuité.

À l’époque des faits reprochés, la torture était une bizness de l’État syrien; celui-ci la pratiquait au nom de pays où le recours à la brutalité afin d’obtenir les aveux aurait indigné l’opinion publique.

C’est ainsi qu’à la demande du Canada, la Syrie a torturé Ahmed el-Maati, soupçonné de préparer des attentats terroristes contre l’édifice du parlement canadien et contre des centrales nucléaires ontariennes.

Sous la torture, il a révélé le nom de deux complices, dont Maher Arar (totalement innocent), à qui le gouvernement canadien a finalement accordé une compensation de 10,5 millions de dollars pour la torture qu’il a subie lui aussi en Syrie.

Dans le cas d’Ahmed el-Maati, il fut ensuite torturé en Égypte. Or on sait que les services canadiens du renseignement envoyaient à ce pays les questions à lui poser. Il y a tout lieu de croire que sa torture en Syrie était également téléguidée d’Ottawa.

Strictement parlant, le Canada ne payait pas pour faire torturer ses propres citoyens, mais pour les renseignements obtenus, peu importe comment.

Longtemps, cette politique d’Ottawa est demeurée un secret d’État.

Mais en décembre 2010, une agence de presse révélait l’existence d’une directive qui autorisait les services canadiens du renseignement à utiliser de l’information fournie par des agences étrangères qui aurait pu être obtenue grâce à la torture ou de mauvais traitements.

On imagine bien que lorsque le Canada demandait à la Syrie de torturer des Canadiens, le régime de Bachar el-Assad ne faisait pas cela gratuitement.

Par ricochet, la condamnation cette semaine du colonel Raslan est aussi une condamnation des pays défenseurs des droits de la personne qui, hypocritement, n’hésitent pas à financer leurs violations lorsque cela leur convient.

Pour terminer, précisons que le 18 avril 2018, le Canada cessait, officiellement, d’être client de la torture pratiquée ailleurs.

Références :
Ahmad El-Maati
Anwar Raslan
German court jails former Syrian intelligence officer for life
Le Canada et ses amis tortionnaires
Ottawa autorise les services secrets à utiliser des informations obtenues sous la torture

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une menace intolérable à la virilité des policiers italiens

Publié le 14 janvier 2022 | Temps de lecture : 3 minutes

La norme européenne FFP2 n’a pas d’équivalent en Amérique du Nord.

Les masques FFP2 bloquent 98 % des gouttelettes respiratoires dont le diamètre est d’au moins 3 µm (trois-millionièmes de mètre).

La protection qu’ils offrent est intermédiaire entre celles offertes par les masques N95 et N99.

Autant en France qu’en Italie, les forces policières ont été durement frappées par la pandémie.

La nature même du métier — qui, parfois, nécessite le combat au corps-à-corps avec celui qui résiste à son arrestation — a entrainé une contamination plus importante des forces policières que dans le reste de la population.

Et les postes vacants en raison de la quarantaine des policiers atteints par la pandémie ou en contact avec des personnes contagieuses représentent un risque pour le maintien de l’ordre public.

Voilà pourquoi l’Italie a décidé d’offrir à ses policiers des masques de qualité supérieure, soit les masques FFP2.

Malheureusement, les masques FFP2 sont très recherchés. Et il arrive qu’ils soient en rupture de stock. En pareil cas, on prend ce qu’on peut.

C’est ainsi que le général Francesco-Paolo Figliuolo — commissaire extraordinaire pour la mise en œuvre des mesures sanitaires pour contenir la pandémie et responsable de la campagne de vaccination — s’est résolu à acheter des masques FFP2 roses pour ses policiers.

Mais l’Italie n’est pas un pays comme les autres. Depuis des siècles, ce pays façonne le gout occidental du beau et de l’harmonieux dans toutes les disciplines artistiques.

Certains des plus grands couturiers, autant en mode féminine que masculine, sont des Italiens.

C’est ainsi qu’on ne peut pas aller en Italie sans être frappé par l’élégance des uniformes portés par les forces de l’ordre.

Hier, à l’ouverture des boites de masques expédiés à Bologne, Ferrare, Pavie, Syracuse, Varèse et Venise — bref, dans toutes les régions du pays — la répulsion des policiers a été immédiate; leur couleur rose jure avec la couleur de l’uniforme qu’ils portent.

Ceux-ci refusent donc de les porter, n’hésitant pas risquer leur vie en s’exposant à la pandémie plutôt que de déshonorer la virilité de leur profession.

Dans ce psychodrame dont seule l’Italie a le secret, Stefano Paolini, secrétaire général du Syndicat autonome de police (SAP) s’est empressé d’écrire à Lamberto Giannini, directeur général de la Police nationale, afin d’exprimer ses plus vives protestations.

Ce ’scandale’ s’est donc retrouvé aujourd’hui dans tous les quotidiens du pays.

Références :
Covid-19 : des policiers italiens s’insurgent contre leurs masques FFP2 de couleur rose
Italian police object to being sent pink face masks to wear on duty

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Écrit par Jean-Pierre Martel