Des questions au sujet de la taxe aux non-vaccinés

Publié le 12 janvier 2022 | Temps de lecture : 2 minutes

La nouvelle selon laquelle le gouvernement Legault songe à imposer une taxe aux non-vaccinés a fait le tour du monde.

Mais plusieurs questions demeurent en suspens.

Le Québec est un des rares endroits où les autorités sanitaires considèrent que l’immunité acquise naturellement en attrapant le Covid-19 équivaut à celle conférée par un vaccin et conséquemment, où on refuse de vacciner en pareil cas afin d’économiser.

En faisant prochainement sa déclaration de revenus, celui qui, après s’être rétabli du Covid-19, se voit refuser la vaccination, devra-t-il payer quand même la pénalité fiscale imposée aux non-vaccinés ?

Sur le site web d’autodéclaration que le gouvernement se propose de mettre sur pied pour pallier sa capacité insuffisante de dépistage, est-ce qu’il suffira aux antivaccins de déclarer faussement être atteints par le virus pour être considérés comme des ‘équivalents vaccinés’ et ainsi éviter de payer cette taxe ?

Comment le fisc procèdera-t-il s’il soupçonne une fraude à ce sujet ? Donnera-t-on au ministère du Revenu le pouvoir de procéder à des tests sanguins destinés à trouver la présence ou non d’anticorps témoignant que la personne a contracté ou non l’infection ?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La statue au sommet du Capitole américain

Publié le 11 janvier 2022 | Temps de lecture : 3 minutes
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Sous la protection de la Vierge ?

Les images des émeutiers à l’assaut du Capitole américain le 6 janvier 2021 ont familiarisé l’image de cet édifice néoclassique.

De loin, ce qui est intrigant, c’est la statue surdimensionnée qui surmonte le dôme de ce parlement.

Les bras entrouverts de ce personnage féminin et ses vêtements amples rappellent les représentations traditionnelles de la Vierge Marie.

Au risque de poser la question qui fâche, peut-on imaginer que l’Amérique si protestante ait senti le besoin de placer l’édifice de son parlement sous la protection de la Vierge ?

Un hommage à la liberté

Haute de 5,9 mètres, cette statue en bronze a été conçue par Thomas Crawford, un sculpteur américain travaillant en Italie.

Elle représente La Liberté triomphant dans la guerre et la paix.

On y voit une allégorie tenant une épée de la main droite, et les lauriers de la victoire (de même qu’un bouclier) de la main gauche. Le tout rappelle les statues antiques de Minerve ou d’Athéna.

Sur sa tunique légère est jeté à l’épaule gauche un lourd drapé de style autochtone.

En accord avec son symbolisme, l’allégorie devait originellement être coiffée d’un bonnet phrygien : ce couvre-chef mou, dont l’apex est replié sur lui-même, était porté par les esclaves romains affranchis.

Cette allusion à l’émancipation des Noirs suscita la colère du responsable de la décoration du Capitole, à la fois sénateur, secrétaire américain à la Défense, et… propriétaire d’esclaves.

Puisque le sculpteur était décédé avant l’achèvement de son œuvre, on modifia le modèle.

Dans la version définitive, la coiffe de l’allégorie est surmontée d’une tête d’aigle ébouriffée de plumes qui partent dans toutes les directions, mais surtout vers l’arrière.

De nos jours, cette statue est surnommée ‘Statue de la Liberté’.

La confusion avec la statue du même nom à New York est évitée par le fait qu’en anglais, celle de New York est appelée ‘Statue of Liberty’ alors que celle du Capitole est appelée ‘Statue of Freedom’.

En anglais, Liberty et Freedom sont des synonymes.

Références :
Bonnet phrygien
Philip Reid and the Statue of Freedom
Statue de la Liberté (Washington, D.C.)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La démission du Dr Arruda : bon débarras !

Publié le 11 janvier 2022 | Temps de lecture : 2 minutes

Le Dr Horacio Arruda a démissionné hier de son poste de directeur de la Santé publique du Québec.

En tant que sous-ministre ou de sous-ministre adjoint, le Dr Arruda a été un des principaux artisans de la réforme Barrette.

Sa carrière au sein de la fonction publique a été marquée par le souci de la saine gestion des dépenses de l’État. Concrètement, cela signifie par l’obsession de toujours faire plus avec moins.

Mais en tant que directeur de la Santé publique, le Dr Arruda n’a jamais eu l’envergure pour mener la lutte contre la pire pandémie depuis plus d’un siècle.

Son incompétence a été manifeste dès les premières semaines qui ont suivi l’arrivée du Covid-19 au Québec. Comment ne pas s’en douter à le voir faire campagne contre le port du masque alors que le Covid-19 s’attrape en respirant les gouttelettes respiratoires d’une personne contagieuse ?

Sa lutte sanitaire a été caractérisée par la lourdeur administrative, la lenteur à tenir compte des découvertes scientifiques, le manque de perspicacité et la désinvolture face au principe de précaution.

Grâce à son combat avaricieux, l’État a économisé dans l’achat de masque N95 pour ses travailleurs, l’acquisition d’une capacité de dépistage adéquate, et l’achat de purificateurs d’air de type HEPA dans les écoles.

Les mesures dont l’État évitait les frais se sont répercutées par des contraintes couteuses pour les petites et moyennes entreprises du Québec, acculant des centaines à la faillite.

Mais on aurait tort de penser que le Dr Arruda était la seule personne incompétente à la Santé publique du Québec.

J’invite donc son successeur à se doter d’une nouvelle garde rapprochée où seraient exclus les dinosaures de l’époque d’Arruda, et à exiger les moyens considérables qui lui sont nécessaires dans l’accomplissement de sa tâche, sans tenir compte des considérations budgétaires d’un sous-ministre.

Références :
Covid-19 : la nécessité du port du masque
Le citron

Paru depuis :
Horacio Arruda a empêché la diffusion de données sur le cancer à Rouyn-Noranda (2022-06-20)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’abondance des armes et les homicides

Publié le 10 janvier 2022 | Temps de lecture : 1 minute


 
Le droit de posséder une arme à feu est garanti par le deuxième amendement de la Constitution américaine. Le fort pourcentage d’Américains armés explique le nombre important de tueries de masse et d’homicides dans ce pays.

La contrebande canadienne d’armes de poing achetées aux États-Unis — un commerce sanctionné mollement par les tribunaux — est responsable de nombre croissant d’homicides au Canada.

À Montréal, l’année 2011 fut la plus meurtrière depuis onze ans. Sur les 37 homicides montréalais, 26 ont été des féminicides. Et c’est sans compter les tentatives de meurtre : du 1er janvier à la mi-décembre, il y en avait eu 139 (un sommet depuis 2007).

Références :
Contrôle des armes à feu aux États-Unis
Homicides en 2021: jamais autant de femmes tuées en 13 ans au Québec
Sept jours par pistolet

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : la quatrième vague chez les mineurs, du 15 octobre au 30 décembre 2021

Publié le 9 janvier 2022 | Temps de lecture : 3 minutes

Au début du mois d’octobre, l’Institut national de santé publique du Québec a modifié la présentation de ses statistiques.

Jusqu’alors, sur son site web, l’histogramme du nombre cumulatif des cas permettait de suivre l’évolution de la contagion selon les lieux où elle était décelée, notamment à l’école.

Depuis ce temps, on peut savoir le nombre cumulatif des cas décelés chez les mineurs sans pouvoir en suivre l’évolution, sinon en comparant globalement les quatre vagues actuelles de l’épidémie.

Pour connaitre l’évolution survenue au cours de la quatrième vague, il faut se rendre périodiquement sur le site de l’INSPQ et prendre en note les données qui disparaitront généralement le lendemain.

C’est ce que j’ai fait depuis le 14 octobre dernier au sujet des enfants de 0 à 9 ans, et depuis 5 novembre au sujet adolescents (quand le port du masque a cessé d’y être obligatoire à l’école secondaire).

Précisons que ce nombre cumulatif est calculé depuis le début de la quatrième vague au Québec, soit le 18 juillet 2021.


Nombre cumulatif de cas de Covid-19 chez les 0 à 9 ans au Québec au cours de la quatrième vague

  N. de cas % des fillettes % des garçons
Au 15 octobre 2021 7 753 cas 0,86 % 0,88 %
Au 22 octobre 2021 8 532 cas 0,95 % 0,97 %
Au 29 octobre 2021 9 195 cas 1,02 % 1,04 %
Au 5 novembre 2021 10 108 cas 1,12 % 1,15 %
Au 12 novembre 2021 11 182 cas 1,24 % 1,27 %
Au 19 novembre 2021 12 361 cas 1,37 % 1,40 %
Au 26 novembre 2021 13 866 cas 1,54 % 1,57 %
Au 3 décembre 2021 15 755 cas 1,75 % 1,79 %
Au 10 décembre 2021 18 222 cas 2,02 % 2,07 %
Au 17 décembre 2021 21 324 cas 2,37 % 2,43 %
Au 23 décembre 2021 25 200 cas 2,78 % 2,89 %
Au 30 décembre 2021 30 214 cas 3,34 % 3,46 %


 
Les données ci-dessus concernent les cas cas décelés à l’admission d’un hôpital pédiatrique, à une garderie publique ou à l’école primaire. De plus, elles constituent une grossière sous-estimation puisqu’au cours de cette période, on a manqué de tests, manqué de préposés au dépistage, et même manqué de formules de consentement parental.

Au sujet des adolescents, les données publiées ci-dessous couvrent en plus le congé scolaire du temps des Fêtes afin de montrer que cette période a été accompagnée d’une forte augmentation de la contagion.


Nombre cumulatif de cas de Covid-19 chez les 10 à 19 ans au Québec au cours de la quatrième vague

  N. de cas % des filles % des gars
Au 5 novembre 2021 8 578 cas 0,94 % 0,98 %
Au 12 novembre 2021 9 446 cas 1,04 % 1,08 %
Au 19 novembre 2021 10 276 cas 1,13 % 1,18 %
Au 26 novembre 2021 11 283 cas 1,24 % 1,29 %
Au 3 décembre 2021 12 547 cas 1,37 % 1,44 %
Au 10 décembre 2021 14 275 cas 1,57 % 1,63 %
Au 17 décembre 2021 16 803 cas 1,85 % 1,91 %
Au 23 décembre 2021 21 477 cas 2,37 % 2,43 %
Au 30 décembre 2021 31 060 cas 3,56 % 3,38 %
Au 7 janvier 2022 45 034 cas 5,25 % 4,71 %


Référence : Données COVID-19 au Québec

Parus depuis :
« Maman, je pense que je vais mourir » (2022-01-26)
« L’école ne nous dit plus rien » (2022-01-28)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : propager la contagion des hôpitaux vers les hospices

Publié le 8 janvier 2022 | Temps de lecture : 5 minutes

Ces jours-ci, la contamination des hôpitaux de la région des Laurentides par le Covid-19 atteint un point critique.

Actuellement en vigueur, le troisième niveau d’alerte prévoit qu’on y consacre 48 lits aux patients atteints par la pandémie. Or ils en occupent déjà 111.

Les autorités sanitaires de la région demandent donc à Québec de faire passer le niveau d’alerte à 4, soit le niveau maximal.

À l’hôpital de Saint-Jérôme, sept de ses unités sont touchées par des éclosions de Covid-19. Le quart de ceux qui travaillent à son urgence sont en quarantaine. Son propre laboratoire est touché, celui-là même qui analyse, entre autres, les prélèvements des patients soupçonnés d’être atteints par le Covid-19.

Aux soins intensifs de l’hôpital de Saint-Eustache, la moitié des lits sont fermés par manque de personnel. Neuf des quinze unités de l’hôpital sont touchées par des éclosions de Covid-19.

Affichant un taux d’occupation de 225 %, l’urgence de l’hôpital d’Argenteuil est, elle aussi, touchée par une éclosion de Covid-19.

Bref, ça va mal.

Pour pallier cela, les vieillards qui reçoivent des soins prolongés dans ces hôpitaux seront transférés vers les CHSLD (l’équivalent des Ehpad français), dans des chambres à occupation double.

Dans la directive à ce sujet, on notera que nulle part il n’est exigé que les patients soient testés avant d’être envoyés en CHSLD.

Toutefois, une autre directive, destinée aux hôpitaux, précise que chaque transfert doit être précédé d’un test de laboratoire négatif.

Malheureusement, cela laisse trop de temps entre le prélèvement et le transfert. Pour que tout cela se fasse de manière sécuritaire, ces patients devraient être testés immédiatement avant d’être transférés. Ce qui nécessite le recours à un test rapide.

Et comme il arrive que les choses ne se déroulent pas comme cela devrait, le principe de précaution exige que ces patients soient testés de nouveau, à l’aide d’un test rapide, à leur arrivée au CHSLD. Et ce, avant même de descendre du véhicule qui les a transportés.

Le CHSLD devrait avoir le pouvoir de refuser le transfert lorsque des vieillards sont positifs ou lorsqu’on a négligé de lui fournir les tests dont il a besoin pour effectuer cette vérification.

La directive ci-dessus, spécifique aux CHSLD, ne leur donne aucun moyen de se protéger des hôpitaux qui tourneraient les coins ronds dans leur hâte de se délester d’une partie de leurs patients.

À défaut de ces précautions, cette directive consiste donc à ‘pelleter’ des patients d’un endroit à l’autre — plus précisément de milieux fortement contaminés vers des milieux qui le sont moins — sans prendre les précautions qui s’imposent.

En testant deux fois, au départ de l’hôpital et à l’arrivée au CHSLD, on obtient, avec des tests rapides, une fiabilité beaucoup plus grande qu’avec un seul test analysé en laboratoire à partir d’un échantillon prélevé un ou deux jours plus tôt. Et ce, à moindre cout.

Dans le rapport qu’elle a remis le 23 novembre dernier, la Protectrice du citoyen déplorait justement qu’au cours de la première vague de la pandémie, “…les CHSLD ont été appelés à contribuer à l’exercice de délestage de lits hospitaliers, sans pour autant être pourvus de mesures ni de moyens additionnels pour faire face adéquatement aux éclosions à venir.”

Le gouvernement a promis de donner suite aux recommandations du rapport. Mais à la première occasion, il répète exactement les mêmes erreurs.

La seule différence entre le ‘pelletage’ de patients possiblement infectés au cours de la première vague et maintenant, c’est qu’à l’époque, ils étaient atteints par le Covid-19 ‘classique’ alors qu’aujourd’hui, les personnes infectées le sont, un peu par du variant Delta, ou surtout par de l’Omicron.

Or que sait-on de ce dernier ?

Celui-ci contamine autant les vaccinés que ceux qui ne le sont pas : toutefois, sa dangerosité semble relativement faible. Tout ce qu’on peut attendre de lui, c’est qu’il provoque une forte augmentation des cas et des hospitalisations de courte durée.

Donc, sans prendre les mesures appropriées, les vieillards qu’on fait sortir de nos hôpitaux par une porte feront entrer par une autre porte un nombre plus grand de vieillards qu’ils auront contaminés.

Et nous continuerons d’assister au risible cafouillage des petits génies qui dirigent la campagne sanitaire au Québec.

Références :
La COVID-19 dans les CHSLD durant la première vague de la pandémie
Niveau d’alerte rehaussé : des hôpitaux au bord de la rupture de services
Transferts vers les CHSLD : c’est pour lutter contre un « tsunami d’admissions »

Paru depuis :
Chaudière-Appalaches : des patients atteints de la COVID-19 sont renvoyés en CHSLD

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Covid-19 et les sous-vêtements de l’armée norvégienne

Publié le 7 janvier 2022 | Temps de lecture : 2 minutes

La Norvège est un pays de 5,5 millions d’habitants.

À l’exception des perturbations occasionnées l’an dernier par le ralentissement de l’économie mondiale, ce pays jouit habituellement d’une balance commerciale excédentaire grâce à ses exportations d’hydrocarbures (pétrole brut et gaz naturel).

Paradoxalement, ce pays décourage la consommation de pétrole par des taxes élevées et subventionne généreusement l’achat de véhicules électriques par ses citoyens.

Si bien que ce pays, au 15e rang mondial des producteurs de pétrole brut, est au 10e rang des pays exportateurs. En somme, le pétrole, c’est bon pour les autres.

Ses revenus pétroliers sont partiellement investis dans un fonds souverain richissime.

Et pour se protéger de la convoitise de pays prédateurs, la Norvège possède une armée de 23 000 soldats.

Le service militaire y est obligatoire. Il s’adresse à tous les citoyens adultes, peu importe le sexe.

Entre 19 et 28 ans, chaque Norvégien effectue un service militaire de 12 mois. Puis, un autre de 4 à 5 mois ultérieurement dans sa vie.

En raison de la prospérité du pays, les conscrits disposent des armes les plus sophistiquées, achetées des États-Unis, de France, d’Italie, de Corée du Sud et d’Espagne.

Bref, ses militaires ne manquent de rien. Du moins, en principe.

Mais voilà que la pandémie au Covid-19 a perturbé certains approvisionnements. Plus précisément, l’armée norvégienne manque cruellement… de sous-vêtements.

Autrefois, à l’issue de leur service militaire, les conscrits partaient avec les caleçons, les brassières et les bas (appelés chaussettes en France) mis à leur disposition à leur admission dans les forces armées.

Mais les pénuries actuelles font qu’on prie maintenant les conscrits de les retourner à l’armée à la fin de leur service militaire.

Tout cela est maintenant nettoyé, désinfecté, et reprisé (si nécessaire) puis remis aux jeunes recrues qui leur succèdent.

Comme quoi servir la patrie entraine parfois de petits sacrifices…

Références :
CIA World Factbook : Norway
Norwegian conscripts told to return underwear as Covid hits supplies

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : le dépistage parmi les travailleurs de la santé

Publié le 6 janvier 2022 | Temps de lecture : 7 minutes

À quelle fréquence doit-on les tester ?

Si la capacité maximale de dépistage des laboratoires de Santé publique était exclusivement consacrée au personnel du réseau québécois de la Santé, cela prendrait six jours. En effet, le réseau compte un peu moins de 300 000 employés alors que la capacité maximale de dépistage des laboratoires est de 50 000 tests par jour.

En mettant en télétravail tous les employés qui peuvent l’être et en permettant aux employés qui ne sont pas de contact direct avec les patients de contaminer leur lieu de travail à leur guise, on pourrait, parait-il, tester tous les autres deux ou trois fois par semaine.

On le fait déjà pour les travailleurs de la Santé qui refusent d’être vaccinés.

À l’époque du Covid-19 et de ses variants ‘lents’, tester le personnel de la Santé deux fois par semaine était une idée excellente, réclamée en vain.

Entre le moment où on attrapait le Covid-19 ‘classique’ — en inspirant les gouttelettes respiratoires d’une personne contagieuse — et le moment où apparaissaient les premiers symptômes, il s’écoulait en moyenne 5,2 jours.

Tester deux fois par semaine permettait de dépister les personnes nouvellement contagieuses (même celles encore asymptomatiques).

Mais avec les variants ‘rapides’ du Covid-19, cela ne suffit pas.

Tant avec le variant Delta que l’Omicron, cet écart est réduit à deux jours. Tester deux fois par semaine, c’est comme essayer d’attraper des moustiques avec une raquette de tennis.

En réalité, avec l’Omicron, il faut tester quotidiennement à l’aide de tests rapides. Les tests PCR (en laboratoire) prennent trop de temps pour être utiles à empêcher la propagation de l’Omicron. Tout au plus, peuvent-ils servir à confirmer, si nécessaire, la validité du résultat d’un test rapide.

Évidemment, on nous répondra que tester quotidiennement est impossible dans le contexte actuel. Ce qui est vrai; le ‘contexte actuel’ est celui d’une Santé publique qui n’a pas su, en deux ans, se doter des moyens pour combattre efficacement cette pandémie.

Ne tester que les travailleurs symptomatiques ?

Même à cette fréquence de deux fois par semaine, on ne peut pas tester tous les travailleurs de la Santé parce qu’il faut aussi tester d’autres personnes prioritaires; les patients hospitalisés symptomatiques, les Autochtones, les policiers, les pompiers, les ambulanciers, et (bientôt) le personnel scolaire.

Bref, il faut prévoir que dans les semaines qui viennent, on ne testera plus que les personnes symptomatiques au sein des groupes prioritaires. Et ce, au nom de la ‘rationalisation’ du dépistage.

Depuis le 29 décembre 2021, on ordonne aux travailleurs essentiels positifs au Covid-19 – mais asymptomatiques – de retourner travailler avant la fin de la période d’isolement lorsqu’il y a risque de rupture de services.

Dans les faits, les gestionnaires des établissements de Santé jugent qu’il y a toujours risque de bris de service; ce risque est permanent.

Normalement, les travailleurs atteints devraient retourner au travail après deux choses; leur quarantaine de huit jours et un test rapide négatif.

Puisque la mise en quarantaine est recommandée aux personnes qui ont été en contact avec une personne contagieuse, les journalistes ont cherché à savoir si les patients hospitalisés pour des raisons autres que l’infection par Covid-19 seront prévenus s’ils ont été en contact avec un travailleur encore contagieux qui a été rappelé prématurément au travail.

Apparement, cela a pris au dépourvu les autorités sanitaires qui ont pris cette question en délibéré. La réponse est simple. La contagion par Covid-19 fait partie du dossier médical d’un travailleurs de la Santé. Qu’il soit atteint par le Covid-19 ou la syphilis, c’est confidentiel.

Ce qui veut dire que les personnes qu’on placera à risque d’attraper le Covid-19 dans nos hôpitaux n’en sauront jamais rien.

Répéter les mêmes erreurs

Sur les milliers de décisions prises par les autorités sanitaires, on peut comprendre qu’on puisse, çà et là, commettre quelques erreurs. Mais il est inacceptable qu’on répète continuellement les mêmes erreurs.

Pourquoi y a-t-il eu tant de personnes contaminées dans nos établissements de Santé au début de la pandémie ? Parce qu’on a voulu à tout prix éviter la rupture des services.

C’est pour cela qu’on a obligé des travailleurs symptomatiques à se présenter au travail dans l’attente du résultat de leur test de laboratoire.

C’est pour cela qu’on a continué d’employer des travailleurs d’agences de placement qui allaient ‘boucher les trous’ d’un endroit à l’autre car le système de Santé ne peut pas fonctionner sans eux.

Et c’est pour cela qu’on a continué d’imposer des heures supplémentaires obligatoires en pleine pandémie, poussant des centaines d’infirmières à changer de vocation. Accentuant ainsi les pénuries de personnel qu’on voulait prévenir.

Propager la contagion au sein du réseau de la Santé en permettant aux travailleurs encore contagieux d’y retourner prématurément généralise les bris de service au lieu de les éviter.

Des erreurs dont la gravité est inconnue

À l’heure actuelle, on connait la contagiosité extrême de l’Omicron. Selon la CDC américaine, elle serait le triple de celle du variant Delta, lui-même très contagieux.

Par contre, on le sait moins virulent que les autres membres de la famille covidienne. Selon l’expérience sud-africaine, il est rarement mortel, autant chez les vaccinés que chez ceux qui ne le sont pas.

Mais on ne connait pas précisément sa dangerosité.

Bon an, mal an, la grippe saisonnière fait environ mille morts au Québec et provoque l’admission de milliers d’enfants dans nos hôpitaux pédiatriques.

S’il s’avère que l’Omicron n’est pas plus mortel que la grippe ordinaire, les imprudences actuelles de la Santé publique lui seront pardonnées.

Souhaitons qu’il en soit ainsi…

Références :
Covid-19 : durée de la quarantaine
L’absentéisme loin du sommet enregistré en 2020
La présence du variant Delta encore «minime» au Québec
Le variant Omicron désormais dominant au Québec
L’Omicron : l’expérience sud-africaine
Niveau d’alerte rehaussé : des hôpitaux au bord de la rupture de services
« On est pris dans un étau »
Plus de 1 million de dollars payés aux travailleurs de la santé non vaccinés du Québec
Personnes prioritaires au test de dépistage
Une infirmière symptomatique dit avoir été forcée à se présenter au travail

Parus depuis :
Tests rapides – « Nous avons manqué le bateau », estime un virologue (2022-01-14)
COVID-19 : plus de 5000 tests PCR ont été jetés sans être analysés (2022-01-21)
Plus de 2 millions de Québécois auraient eu la COVID-19 depuis décembre (2022-02-09)
Plus d’un adulte sur quatre infecté par la COVID-19 au cours de l’hiver (2022-05-09)
Le cercle vicieux des vagues de COVID-19 à répétition (2022-07-18)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Visite dans les quartiers centraux de la ville

Publié le 4 janvier 2022 | Temps de lecture : 2 minutes
À la boutique Délices Érable & Cie

À l’approche du couvre-feu, il y a moins de gens à l’extérieur dans les quartiers centraux de la ville. Ce qui donne l’impression aux rares personnes qui s’y aventurent, que la ville leur appartient.

Dans le Vieux Port

L’objectif photographique que j’ai utilisé ce soir ne possède pas de diaphragme. Sur le dessus de cet objectif, il y a une fente dans laquelle on insère une plaque trouée qui joue le même rôle.

L’ouverture de cette plaque peut être circulaire ou adopter une forme de fantaisie. Dans ce dernier cas, les sources lumineuses adoptent également cette forme (ici en étoile à cinq branches).

Iceberg, de Félix Dagenais et Louis-Xavier Gagnon-Lebrun

Lorsque j’étais à Shanghai, un visiteur asiatique avait pris ma silhouette en photo à mon insu alors que j’étais en train de photographier la ville du haut d’une haute tour.

Par hasard, nous étions sortis de cette tour en même temps. Il m’avait montré sa photo… que je m’étais empressé de photographier à mon tour.

Hier soir, j’ai remis la politesse à un touriste asiatique qui visitait le festival Luminothérapie 2022.

Écho – Le Chant de l’inconnu, de Mathias Gmachl

Sur la Place des Festivals, cette sculpture en bois est placée devant un mur (ici hors champ) sur lequel est projetée une vidéo montrant des vagues. Elle est accompagnée d’un enregistrement de chants de baleines.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif Daguerreotype Achromat 64mm F/2,9 Art Lens
1re photo : 1/100 sec. — F/? — ISO 640 — 64 mm
2e  photo : 1/20 sec. — F/? — ISO 6400 — 64 mm
3e  photo : 1/40 sec. — F/4,0 — ISO 6400 — 64 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/4,0 — ISO 6400 — 64 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Promenade éclair dans le Vieux-Montréal

Publié le 3 janvier 2022 | Temps de lecture : 1 minute
Aperçu du Kyo Bar japonais
Monument à Paul de Maisonneuve (à la Place d’Armes)
Boutique Boho Lab
Figurine de Tintin
Au restaurant Toqué!

Pour une période indéterminée, c’est le 31 décembre à 22h qu’entrait en vigueur le premier d’une série de couvre-feux nocturnes.

Vers 19h, je me suis empressé d’aller dans le Vieux-Montréal pour y capter un peu de l’atmosphère des lieux.

Pour l’occasion, j’ai apporté un objectif donne beaucoup de cachet aux photos qu’il prend (en dépit de leur manque de netteté).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif Daguerreotype Achromat 64mm F/2,9 Art Lens
1re photo : 1/25 sec. — F/? — ISO 6400 — 64 mm
2e  photo : 1/40 sec. — F/5,6 — ISO 6400 — 64 mm
3e  photo : 1/100 sec. — F/5,6 — ISO 6400 — 64 mm
4e  photo : 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 2500 — 64 mm
5e  photo : 1/100 sec. — F/5,6 — ISO 4000 — 64 mm

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