Un ‘pogrome’ à Amsterdam : vraiment ?

Publié le 9 novembre 2024 | Temps de lecture : 6 minutes

Je ne sais pas qui est ce petit génie qui a décidé d’inviter un club israélien à participer cette semaine à un match de football à Amsterdam.

Si on boycotte les équipes sportives russes en Occident, je ne vois pas pourquoi on devrait inviter des équipes israéliennes, tant que durera le massacre des civils dans la bande de Gaza.

Déjà, en mars dernier, des partisans de cette équipe de foot avaient causé du grabuge à l’occasion d’une joute à Athènes.

Après que des immigrés eurent scandé ‘Free Palestine’, certains de ces partisans se sont attaqués à eux pour leur infliger une solide correction.

De plus, ils ont battu un homme d’origine égyptienne à une sortie de métro. Selon certaines sources, le jeune homme s’était drapé d’un drapeau palestinien. La victime fut hospitalisée.

Au sujet des violences survenues en marge du match disputé à Amsterdam, j’ai soigneusement analysé les clips vidéos publiés par les médias occidentaux.

Deux de ces clips documentent des attaques antisémites.

Dans le premier, un partisan des Jaunes — c’est la couleur du maillot de l’équipe israélienne lorsqu’elle joue à domicile — est assis par terre, entouré de gens hostiles qui veulent lui faire dire ‘Free Palestine’.

Dans l’autre, un passant terrorisé déclare ne pas être juif, apparemment pour éviter qu’on s’en prenne à lui. Toutefois, puisque cela ne n’a pas empêché d’être battu, on peut penser qu’il s’est trompé quant à l’identité de ses assaillants.

Mais la plupart des autres prouvent, au contraire, les méfaits commis par les partisans des Jaunes.

Dans deux clips, on les voit s’attaquer à deux propriétés privées en prenant l’initiative de déchirer les drapeaux palestiniens qui pendaient à la fenêtre de deux maisons différentes.

Ils ont brisé les fenêtres d’une troisième maison parce que le drapeau palestinien était trop haut pour qu’ils puissent le retirer.

Un autre clip montre une foule de partisans des Jaunes qui descendent un escalier mécanique. Leur chant joyeux indique qu’on les voit avant le match puisqu’ils l’ont perdu. Mais que chantent-ils donc ?

Sur l’internet, on en trouve plusieurs traductions légèrement différentes, mais qui reviennent au même. La version qui me semble la plus plausible est celle-ci :
— olé, olé. Mort aux Arabes !
— olé, olé. Nous vaincrons.
Laissons l’armée israélienne gagner. ‘Phoque’ les Arabes !

De plus, durant le match, ces partisans ont refusé de respecter la minute de silence en hommage aux victimes des inondations à Valence. Pourquoi ? Parce que l’Espagne a récemment annulé une importante vente d’armement destiné à Israël.

Que s’est-il passé après la défaite du club des Jaunes ? Apparemment, l’esprit n’était plus à la fête.

Leurs partisans ont passé leur mauvaise humeur sur les manifestants propalestiniens hostiles venus à leur rencontre. Les affrontements ont provoqué cinq hospitalisations et 62 arrestations.

Les médias occidentaux ont beaucoup fait circuler un clip vidéo qui montre, parait-il, un partisan de l’équipe des Jaunes fuyant des personnes déchainées contre lui. Puisque ce clip ne montre que des gens habillés de noir, cela est plausible.

Toutefois, lorsqu’on voit l’ensemble du clip de 33 secondes (et plus précisément son début), on voit qu’un petit nombre des agresseurs portaient du jaune.


 
Annet de Graaf, la créatrice de ce clip, a accusé ceux qui le diffusent de propager des nouvelles fallacieuses puisqu’il montre, au contraire, quelques-uns des partisans des Jaunes qui, ce soir-là, frappent des gens et des véhicules avec la boucle métallique de leur ceinture.

Finalement, dans un autre clip, on voit un homme évanoui au sol recevant des coups de pieds de personnes qui l’injurient en israélien.

Toutes les agences de presse occidentales (et conséquemment, tous les médias qui publient leurs dépêches) ont aussitôt relayé comme un fait avéré l’accusation du gouvernement israélien selon laquelle, les Pays-Bas ont été complices d’un ‘pogrome’.

Rappelons qu’un pogrome est une émeute, tolérée ou soutenue par les autorités, dirigée contre les Juifs, et accompagnée de pillage et de meurtre.

Sans remarquer qu’il y a là une très légère exagération, les plus hauts dirigeants des Pays-Bas et de l’Union européenne se sont empressés de blâmer ceux parmi leurs citoyens qui s’en sont pris à ces voyous étrangers, racistes et violents, qui sèment la bisbille partout sur leur passage.

Références :
A mob of Israeli thugs (fans of Maccabi Tel Aviv) attack a Palestinian in ATHENS (vidéo)
Avant les violences, des hooligans du Maccabi Tel-Aviv avaient semé le trouble à Amsterdam
Chaos in Athens: Maccabi fans unleash unrest at Syntagma Square
Comment la guerre au Moyen-Orient a plongé Amsterdam dans la violence (en néerlandais)
Des hooligans du Maccabi Tel Aviv agressent un chauffeur de taxi à Amsterdam (en néerlandais)
Du silence du boycott pour Valence à « la mort des Arabes »
Israeli soccer fans assault foreigner in downtown Athens
Un premier avion transportant des Israéliens évacués d’Amsterdam atterrit à Tel-Aviv
When far-right football fans take to the streets in Israel

Parus depuis :
Des témoins oculaires filment comment les supporters du Maccabi sont eux-mêmes entrés sur le sentier de la guerre après avoir perdu un match (en néerlandais) (2024-11-09)
Images du ponçage dur du Maccabi : « Ils ont donné des coups de pied à notre porte et ont essayé d’entrer dans notre maison » (en néerlandais) (2024-11-09)
Hoologans israéliens : quand un adolescent donne des leçons de journalisme aux médias dominants (vidéo) (2024-11-09)
Muslim Rights Watch dépose une plainte contre les supporters du Maccabi : « Des gens ont reçu des crachats et des coups de pied » (en néerlandais) (2024-11-11)
Amsterdam : cinq hommes condamnés pour violences contre des supporters israéliens du Maccabi Tel-Aviv (2024-12-24)
Amsterdam : quatre hommes condamnés pour violences contre des supporteurs israéliens du Maccabi Tel-Aviv (2025-03-19)
Dutch foreign minister quits over failure to secure sanctions against Israel (2025-08-23)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Transport en commun : les comptables à la rescousse de la CAQ

Publié le 8 novembre 2024 | Temps de lecture : 5 minutes
Passagers évacuant un train en panne dans le tunnel du métro

Le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) est pro-automobile et anti-transport en commun.

Contrariée d’avoir à payer le déficit croissant des sociétés de transport, la CAQ a demandé un audit à leur sujet, c’est-à-dire un examen de leurs comptes et leurs états financiers.

Hier, les comptables de Raymond Chabot Grant Thornton ont rendu public leur rapport. Celui-ci signale qu’il serait possible de réaliser 346 millions de dollars d’économies en ‘optimisant’ les dépenses des sociétés de transport.

On connait la chanson.

Depuis plusieurs décennies, nous élisons des partis politiques qui promettent ‘de couper dans le gras’, de procéder à la ‘réingénierie’ de l’État, de ‘remettre de l’argent’ dans les poches des contribuables. Le tout sans affecter la qualité des services que nous recevons, parait-il.

Le résultat, c’est que notre filet de protection est en ruine, que la construction de logements sociaux se fait au compte-goutte (aggravant la crise du logement), et qu’il y a annuellement mille pannes (de plus de cinq minutes) dans le métro de Montréal alors que certaines années, sur la ligne principale du métro de Paris, il n’y en a aucune (aucune comme dans zéro).

Évidemment, la firme Raymond Chabot Grant Thornton a raison; on peut toujours presser le citron encore plus tant qu’il n’est pas complètement sec, faire appel au privé (qui s’en mettra plein les poches) et appliquer au transport en commun les recettes désastreuses que la CAQ et le PLQ ont appliquées à notre système de Santé.

La vérité, c’est que le transport en commun souffre de sous-investissement chronique.

Si la CAQ disposait d’une véritable stratégie industrielle — autre que la filière batterie (qui bat de l’aile) — elle aurait compris que plus les Québécois achètent des voitures, plus des milliards de dollars quittent chaque année le Québec pour enrichir les pays qui produisent les voitures et l’essence que nous leur achetons.

Depuis qu’elle est au pouvoir, la CAQ a payé les factures du Réseau express métropolitain (déjà en construction), mais elle a différé tous les autres projets de transport en commun à l’exception du Service rapide par bus le long de la rue Pie-IX.

Elle a même retardé l’achèvement des stations à venir du REM (donc autres que les quatre déjà en service) puisque plus le réseau s’agrandit, plus son déficit d’opération s’accroit.

Finalement, rien ne nous assure que l’annonce toute récente du prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal ne pourrait pas faire l’objet d’une autre volteface de la CAQ.

Avec un gouvernement réellement nationaliste au pouvoir, le Québec investirait massivement dans le transport en commun électrique fabriqué au Québec.

Dans l’étude que j’ai réalisée en 2018 en comparant la Finlande au Québec, cette étude concluait que si nous avions investi dans le transport en commun comme la Finlande l’a fait depuis quatre décennies, il y aurait 3,1 millions de véhicules de moins sur nos routes, dont 694 000 sur l’ile de Montréal.

Ce qui prouve qu’investir dans le transport en commun, ce n’est pas seulement avantageux pour ceux qui l’utilisent, mais également pour les automobilistes.

En effet, en faisant disparaitre un grand nombre de voitures qui encombrent nos rues, cela entraine une conduite plus agréable pour les automobilistes qui restent, moins d’accidents, moins de rage au volant, et des milliards de dollars de moins dépensés annuellement au Québec à l’achat de voitures et à leur entretien.

Finalement, si nous voulons sauver la planète, il faut moins consommer. Et un des moyens d’y parvenir, c’est de cesser, lorsque cela est possible, d’acheter des voitures, qu’elles soient à combustion ou électriques.

Et pendant que la CAQ cherche à assécher les finances de nos services de transport en commun, la Chine construit un TGV de 1 629 km qui traversera l’Himalaya au cout de cinquante-milliards de dollars. Et la Russie, en dépit des sanctions financières de l’Occident, annonçait en septembre dernier qu’elle construira un TGV entre Moscou et Saint-Pétersbourg, long de 680 km, au cout de 24 milliards d’euros.

Références :
Fizgibbon et le parc automobile du Québec
Le TGV entre Moscou et Saint-Pétersbourg prend forme et il sera un des plus rapides au monde
Le transport en commun finlandais : le matériel roulant
Métro de Montréal : le champion mondial des pannes
Portes palières et pannes de métro
Prolongement de la ligne bleue : les travaux sont lancés
Transport collectif : une firme mandatée par Québec a trouvé comment économiser 346 M$
Why is China Building a $50 Billion Railway in the Himalayas? (vidéo)

Paru depuis : 102 interruptions d’au moins une demi-heure: l’année 2024 fut pénible pour les usagers du métro (2025-01-27)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Et finalement un lis et d’autres hémérocalles de 2024

Publié le 6 novembre 2024 | Temps de lecture : 1 minute
Lis ‘Zeba’
Hémérocalle ‘Pardon Me’
Hémérocalle ‘Mid Winter Fire’
Hémérocalle ‘Fashion File’
Hémérocalle ‘Chicago Apache’

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 82 mm
2e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 142 mm
3e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
4e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
5e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Encore plus d’hémérocalles de 2024

Publié le 5 novembre 2024 | Temps de lecture : 1 minute
Hémérocalle ‘Search for Scarlet’
Hémérocalle ‘Yazoo Eye-Catcher’
Hémérocalle ‘Chicago Apache’
Hémérocalle ‘Pink Treat’
Hémérocalle ‘Wild Wolf’

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 110 mm
2e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 106 mm
3e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
4e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 115 mm
5e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


D’autres hémérocalles en 2024

Publié le 4 novembre 2024 | Temps de lecture : 1 minute
Hémérocalle ‘Wild Worf’
Hémérocalle ‘All American Chief’
Hémérocalle ‘Cœur Atout’
Hémérocalle ‘Janice Brown’
Hémérocalle ‘Green Revolution’
Hémérocalle ‘Work It Girl’

 
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 97 mm
2e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 90 mm
3e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 75 mm
4e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
5e  photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 97 mm
6e  photo : 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 50 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Des hémérocalles en 2024

Publié le 2 novembre 2024 | Temps de lecture : 1 minute
Hémérocalle ‘Belle Cook’
Hémérocalle ‘Spacecoast Sea Shells’
Hémérocalle ‘Allegiance’
Hémérocalle inconnue
Hémérocalle fauve ‘Kwanso’
Hémérocalle ‘Joan Senior’

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 130 mm
2e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 75 mm
3e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
4e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 62 mm
5e  photo : 1/200 sec. — F/9,0 — ISO 320 — 85 mm
6e  photo : 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 100 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La condamnation de toute désobéissance civile

Publié le 2 novembre 2024 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

Lorsque les partisans de Martin-Luther King décidaient de s’assoir au comptoir d’un restaurant, dans une section où cela leur était défendu en vertu de lois ségrégationnistes, leur désobéissance civile était directement reliée à un interdit qui n’avait pas sa raison d’être.

Bloquer un pont ou jeter de la sauce tomate sur La Joconde de Léonard de Vinci n’est pas un droit. Si c’était un droit, s’en prévaloir en violant une loi qui s’y oppose serait de la désobéissance civile.

Dans un cas comme dans l’autre, ce sont plutôt des coups de publicité en faveur de groupuscules radicaux auxquels appartiennent les auteurs de ces méfaits.

S’incliner devant l’ordre établi

Plus tôt cette semaine, en réaction au blocage du pont Jacques-Cartier, Québec Solidaire a refusé son consentement pour que soit débattue une motion gouvernementale condamnant toute désobéissance civile.

Québec Solidaire doit être félicité pour s’être tenu debout.

On aurait tort de croire que la désobéissance civile n’a de place que dans l’Amérique raciste de Martin-Luther King ou dans l’Inde sous colonisation anglaise de Gandhi.

Très peu de Québécois se rappellent les circonstances entourant la création du parc canadien de Forillon, en Gaspésie.

En 1970, 225 familles vivaient en parfaite autarcie sur le territoire qui allait devenir celui de ce parc.

Mais le 17 juillet de cette année-là, sous la pression d’Ottawa, le gouvernement du Parti libéral du Québec (PLQ) adopte la loi P-8; celle-ci accordait à Québec tous les pouvoirs en vue de la création du parc.

Faisant la sale besogne au nom du fédéral, le gouvernement du PLQ a réduit tous ces gens à la misère en leur accordant une somme moyenne équivalente à 30 000$ (en dollars d’aujourd’hui) en échange de leur maison, de leur grange, de leur terrain, de leur terre à bois, et de leurs animaux.

Cette spoliation est un scandale qui a été d’autant plus facilement oublié qu’il n’a été marqué d’aucun incident violent.


 
D’autre part, à l’époque où Paul Desmarais était propriétaire de Sagard — le luxueux domaine forestier de 76 km² qu’il possédait dans Charlevoix — si Québec et Ottawa avaient décidé de l’acheter pour une bouchée de pain en vue d’en faire un parc, qu’aurait fait le milliardaire ?

À la manière des expropriés de Forillon, se serait-il laissé expulser de chez lui, escorté par des agents de la Sécurité du Québec, pendant qu’on mettait le feu à son château ?

Il aurait plutôt fait appel aux avocats les plus compétents du pays et se serait battu jusqu’en Cour suprême, si nécessaire, pour conserver la propriété de son bien.

En effet, le recours aux tribunaux et l’utilisation de la ‘procédurite’ pour retarder et faire obstacle à la volonté de l’État contituent le privilège de celui qui en a les moyens.

Par contre, la désobéissance civile, c’est la résistance du pauvre.

En profitant d’un fait divers insignifiant pour tenter de jeter le discrédit sur toute désobéissance civile, la CAQ est le successeur idéologique du duplessisme.

Références :
50 ans de Forillon: encore de tristes souvenirs pour les expropriés
Grève de l’amiante
QS s’oppose à une autre motion condamnant la désobéissance civile

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les résultats de l’élection législative en Géorgie

Publié le 27 octobre 2024 | Temps de lecture : 7 minutes


 
Introduction

C’est hier qu’avaient lieu les élections législatives en Géorgie, un pays de Transcaucasie peuplé d’environ cinq-millions de personnes (en rose sur la carte ci-dessus).

Parmi la multitude des formations politiques en lice, c’est le parti au pouvoir (Rêve Géorgien) qui a obtenu le plus de votes, soit 54,1 %.

Cette victoire est d’autant plus remarquable que les quatre principaux partis d’opposition n’ont recueilli qu’un total de 37,6 % des votes. Et ce, alors que Rêve Géorgien est au pouvoir depuis plus d’une décennie.

Les lecteurs de ce blogue qui ont lu le troisième volet de la série consacrée à l’histoire récente de la Géorgie ne seront pas surpris de voir à quel point l’usure du pouvoir semble si peu avoir affecté la popularité de ce parti.

Nous y reviendrons.

La couverture médiatique en Occident

Comme c’est habituellement le cas lorsqu’une consultation populaire ne donne pas le résultat espéré par l’Occident, cette victoire a été rapportée négativement.

De Londres, The Guardian titre « L’opposition pro-européenne de Géorgie en appelle à protester contre les résultats électoraux ‘truqués’ ».

Faisant fi des guillemets qui nuancent la manchette du Guardian, CNN affirme : « L’opposition pro-européenne de Géorgie crie au scandale pendant que le parti au pouvoir soutient avoir gagné l’élection ».

La manchette de la BBC est presque identique; « L’opposition pro-européenne de Géorgie dénonce des élections volées alors que le parti au pouvoir revendique la victoire ».

Chez nous, Le Devoir parle d’un scrutin émaillé d’actes de violence.

Radio-Canada titre : « Après la victoire du parti au pouvoir, la Géorgie s’éloigne de l’UE ». Toutefois, l’article coiffé de ce titre relativement neutre reprend essentiellement les accusations des autres médias occidentaux.

Tout cela est basé sur les allégations trumpiennes des partis d’opposition.

Qu’en est-il véritablement ?

Le scrutin a effectivement été émaillé d’actes de violence.

De plus, des observateurs occidentaux ont raison d’affirmer vaguement qu’il y a eu des ‘inégalités entre les candidats, des pressions et des tensions’.

L’inégalité entre les candidats signifie que ceux dont la caisse électorale est mieux garnie ont davantage été enclins à acheter des votes.

Un peu comme Elon Musk organise aux États-Unis une loterie quotidienne d’un million de dollars en faveur de ceux qui s’engagent à voter pour Donald Trump.

Quant aux pressions, elles concernent les rappels aux fonctionnaires de voter du ‘bon bord’ (ce qui ne veut pas dire que, dans l’isoloir, ils cèdent à ces menaces).

Les mœurs politiques en Géorgie sont plus ‘viriles’ que les nôtres. C’est ainsi qu’il arrive que les députés en viennent aux coups lorsque les esprits s’échauffent au parlement.

Lors de l’élection législative précédente, après la réélection de Rêve Géorgien, un incident a été passé sous silence par nos médias.

Le 7 novembre 2020, le directeur de la Commission électorale d’un arrondissement de la capitale géorgienne a été assassiné après avoir refusé un pot-de-vin de 50 000 $US offert par deux militants de l’opposition pour qu’il prétende faussement que les élections législatives avaient été truquées.

En Géorgie, 50 000 $US représentent une somme considérable que seuls des organismes financés de l’Étranger peuvent se permettre.

Il faut donc prendre garde de la vision en blanc et noir de la propagande occidentale.

Les bousculades provoquées cette année par des agitateurs ne doivent pas nous impressionner. Ils ont pour but d’entacher la légitimité d’une élection perdue d’avance et de permettre aux partis d’opposition de faire en Géorgie ce que Trump fait depuis sa défaite électorale de 2020.

Les raisons de la victoire de Rêve Géorgien

Dans son émission de ce matin sur CNN, le chroniqueur Fareed Zakaria soutenait que, de nos jours, les partis politiques américains ne s’opposent plus en fonction de leurs politiques d’intégration raciale ou de la répartition de la richesse.

L’électorat se divise maintenant en fonction de fractures sociales et de divisions culturelles.

Du côté démocrate, on aura davantage de diplômés d’études post-secondaires, des personnes urbanisées, des partisans de la laïcité, des femmes, et des électeurs de ‘gauche’.

Du côté républicain se retrouvent davantage de personnes moins instruites, de personnes provenant de milieux ruraux, de fervents croyants, des hommes et des électeurs de ‘droite’.

La même chose se rencontre en Géorgie.

Dans la capitale et, dans une moindre mesure, dans les villes de province, les jeunes branchées épousent avec enthousiasme la défense des minorités de genre et les causes à la mode en Occident.

Toutefois, la moitié du peuple géorgien vit sur de petites exploitations agricoles où sont partagées des valeurs traditionnelles, soit celles soutenues par le clergé orthodoxe.

Pour ces personnes, un sermon dominical rappelant l’importance des valeurs chrétiennes a plus d’influence que n’importe quel message posté sur un média social américain.

Or justement, la campagne électorale du parti au pouvoir s’est axée sur la défense des ‘valeurs géorgiennes’ : le travail, la foi, la famille (traditionnelle) et la condamnation des mœurs occidentaux, jugés décadents.

Divisés entre eux par leurs politiques économiques et sociales, les partis d’opposition n’ont pas su faire valoir autre chose que leur accusation simpliste contre le Rêve Géorgien d’être à la solde de Moscou.

Ce qui est extrêmement réducteur aux yeux des Géorgiens eux-mêmes qui, comme leurs dirigeants, voient en Ukraine ce qui arrive quand un pays limitrophe de la Russie choisit de devenir son ennemi militaire.

Bref, aussi anti-russes soient-ils (depuis la guerre russo-géorgienne de 2008, qui a duré neuf jours), les Géorgiens ont choisi la prudence plutôt que la témérité d’une jeunesse branchée qui s’empressera de fuir à l’Étranger si la guerre devait éclater dans leur pays.

Références :
Après la victoire du parti au pouvoir, la Géorgie s’éloigne de l’UE
Bidzina Ivanishvili Backs Anti-Western Policies, Threatens Repressions
Elon Musk’s daily $1 million giveaway to registered voters could be illegal, experts say
En Géorgie, une bagarre au Parlement pendant la discussion sur les « agents de l’étranger »
Georgia’s pro-EU opposition calls for protest over ‘rigged’ election result
Georgia’s pro-EU opposition cries foul as ruling party claims election victory
Georgia’s pro-EU opposition says vote stolen as ruling party claims victory
Two Detained on Bribing, Threatening Late District Election Commission Head

Parus depuis :
Preliminary Report of the International Election Observation Mission (2024-10-27)
Findings of the OSCE/ODIHR over parliamentary elections were overall positive – Irakli Kobakhidze (2024-11-01)
Final Report of the International Election Observation Mission (2024-12-20)

Pour consulter en ordre chronologique tous les textes de cette série consacrée à l’histoire récente de la Géorgie, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


De 2000 à 2020 : principal partenaire commercial

Publié le 26 octobre 2024 | Temps de lecture : 1 minute
Cliquez sur la photo pour l’agrandir

En vingt ans, le commerce international s’est recentré sur l’Asie.

Au début du millénaire, les États-Unis étaient le principal partenaire commercial de la majorité des pays du monde.

De nos jour, c’est la Chine.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Quelques fleurs de juillet 2024 – III

Publié le 25 octobre 2024 | Temps de lecture : 1 minute
Lis asiatique ‘Scarlett’
Souci des jardins
Mauve des bois
Nid de guêpes dans un poirier

 
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/250 sec. — F/13,0 — ISO 1600 — 135 mm
2e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
3e  photo : 1/6400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
4e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 150 — 90 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel