Le plagiat sur l’internet : étude d’un cas

Publié le 22 décembre 2016 | Temps de lecture : 3 minutes

L’internet n’est rien d’autre qu’un nouveau mode de publication. En comparaison avec l’imprimé, la publication électronique permet d’écrire des textes ou de publier des photos à un cout tellement faible que l’entreprise créatrice devient sans risque. Conséquemment, jamais dans toute l’histoire de l’Humanité n’a-t-on assisté à une telle explosion de créativité.

Malheureusement, ce phénomène s’est accompagné de la piraterie des œuvres musicales, enlevant le pain de la bouche à de très nombreux musiciens déjà dans une situation de précarité.

De plus, au lieu de profiter de l’occasion pour développer leur habileté à l’écriture, certaines personnes se contentent de copier paresseusement du texte pris ailleurs et, dans de rares cas, d’exposer publiquement leur malhonnêteté intellectuelle par la contrefaçon des idées des autres.

En voici un exemple.

Hier, j’ai refusé de publier sur mon blogue un long commentaire expédié par un lecteur européen appelé Nicolas Cointot.

Soumis en réponse au texte Les pourparlers à Hambourg au sujet d’Alep, ce commentaire de près de 4 000 caractères avait attiré mon attention en raison de son propos décousu.

Une brève recherche sur l’internet m’a fait découvrir que ce commentaire était le fruit du plagiat du texte de Stephen M. Walt paru dans le Courrier international et du texte de Firas Kontar paru sur un blogue hébergé par Le Monde.

À cela s’ajoutait une troisième source : du texte copié à partir du blogue de l’expéditeur. Le tout était rafistolé maladroitement, ce qui a donc éveillé mes soupçons.

L’expéditeur tient un blogue sous le pseudonyme de Citizen Khane grâce à l’offre d’hébergement gratuit offert à quiconque par le Nouvel Observateur. Cet hébergement est payé par la publicité que le Nouvel Observateur ajoute aux pages web de ses internautes.

Les textes de Citizen Khane sont des collections de citations. Ce qui veut dire que même la partie copiée de son blogue n’était pas de lui.

À la lecture de ce blogue, ce qui m’a surpris, c’était de constater que Citizen Khane n’hésitait pas à trafiquer les textes qui ne convenaient pas à ses opinions personnelles.

C’est ainsi qu’un commentaire que j’ai publié sur le blogue de Jean-Pierre Filiu (ci-dessus, en haut) s’est retrouvé sur le sien (ci-dessous, en bas), falsifié de manière à me faire dire le contraire de ce que j’ai écrit originellement.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Innocuité du maïs transgénique : les doutes

Publié le 21 décembre 2016 | Temps de lecture : 11 minutes


 
Introduction

En 2010, ce blogue se faisait l’écho d’une nouvelle publiée par le Shanghai Daily rapportant des cas de toxicité animale (chez le rat, le porc, le mouton et le chien) causés par un maïs transgénique développé par Pioneer Hi-Bred International Inc.

Afin d’en avoir le cœur net, j’ai écrit à Monsanto en septembre 2013 pour leur demander les hyperliens ou une copie des études de toxicité (ou d’innocuité) de leurs maïs transgéniques chez les mammifères.

La réponse du fabricant fut la suivante :

Dear Jean-Peirre,

Thank you for contacting Monsanto regarding Genetically Modified Organisms (GMO’s).

I’d like to direct you to GMOAnswers.com, an excellent, comprehensive, web resource for consumers with questions about biotechnology in agriculture.

I’ve also included a link to a question and answer about Bt proteins, which I think may be what you are asking about when you say “toxicity of GMO corn”?
Ask Us Anything About GMOs!

The following document may be helpful as well:
Mammalian Toxicity Assessment Guidance for Protein Plant-Pesticides

The Center for Environmental Risk Assessment has a GM crop database that you can query.

Regards,

Nancy MacKinnon
Marketing Services Representative

Monsanto Canada Inc.
900-ONE Research Rd.
Winnipeg   MB   R3T 6E3

Les tests d’innocuité

En Europe comme dans beaucoup d’autres pays, on estime que si un organisme génétiquement modifié (OGM) ne se distingue que par la présence d’un gène, toute évaluation de la toxicité de l’OGM doit se limiter à l’évaluation de la toxicité du gène responsable de cette différence.

Il existe deux sortes de maïs transgénique; le maïs insecticide et le maïs résistant aux herbicides.

Le maïs insecticide ne se distingue du maïs ordinaire que par l’ajout d’un gène qui fabrique une série de protéines toxiques pour les insectes. Quant au maïs résistant aux herbicides, le mécanisme de cette résistance est plus complexe comme nous verrons plus loin.

Tests du maïs insecticide

L’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) exige des fabricants qu’ils soumettent les toxines de ces OGM à des tests de digestion en éprouvette. Si ces protéines sont bien dégradées, cela est considéré comme un indice rassurant par l’EPA.

Le mécanisme d’action de la toxine est également pris en considération. Toujours en éprouvette, si elle se fixe à un enzyme ou à un récepteur extrait de l’insecte sans se fixer sur l’enzyme ou le récepteur équivalent extrait de l’humain, cela est un autre indice rassurant.

L’étude de toxicité aigüe consiste à observer les effets d’une dose unique de 2 à 5 grammes de la toxine pure administrée à des rongeurs en observation pendant les quatorze jours qui suivent.

Si des effets secondaires sont observés, les animaux atteints sont soumis à une autopsie. Pas les autres. Si tout semble normal, on considère que la toxine est inoffensive.

La toxine utilisée dans ce test n’a pas besoin d’être extraite de l’OGM. On permet l’utilisation à la place de la toxine extraite de la bactérie dont le code génétique a été transposé dans la plante ou même, dans certains cas, extraite d’une autre bactérie complètement différente dans laquelle ce même code génétique a été implanté. Le fabricant doit alors simplement prouver l’équivalence de la toxine alternative employée.

Lorsque la toxine de l’OGM a bien passé le test de toxicité aigüe, on ne la soumet pas à des tests de toxicité chronique. Dans le cas contraire — si j’ai bien compris le texte règlementaire nébuleux que j’ai du relire trois fois — elle serait soumise à un test de toxicité qualifié de ‘subchronique’ s’étendant sur 30 jours.

Tests du maïs résistant aux herbicides

Dans le cas précis du maïs NK630, l’autorisation de la commercialisation a été obtenue après la réussite d’un test d’exposition chronique limité à 90 jours chez le rat.

Aucun gouvernement au monde n’exige des tests chroniques plus longs.

Quant à l’herbicide lui-même, les tests de toxicité aigüe s’effectuent sur le principe actif (le glyphosate) et non sur la solution commerciale de Roundup™.

Le maïs insecticide

Lorsque nous mangeons du maïs insecticide, nos sucs digestifs brisent ce gène et les protéines toxiques qu’il produit en leurs constituants plus petits, inoffensifs, communs à tous nos gènes et toutes nos protéines.

Conséquemment, il est impossible que ce maïs soit toxique pour nous, contrairement aux insectes dont la digestion n’est pas aussi complète que la nôtre et qui seront donc tués en mangeant l’insecticide contenu dans cette plante.

Essentiellement, voilà ce que dit Monsanto et l’EPA.

Pourtant…

Dans les faits, certaines études (contredites par d’autres) ont démontré la présence de protéines provenant du lait de vache dans le lait de femmes qui allaitent. En d’autres mots, lorsque ces femmes boivent du lait de vache, il arrive que les protéines bovines ne soient pas digérées et qu’elles passent intactes dans leur lait.

De nombreux témoignages de nourrices allaitant des enfants allergiques au lait de vache appuient anecdotiquement la thèse soutenue par ces études.

Est-ce que la même chose pour ce qui est des protéines insecticides de Monsanto ?

Tout en reconnaissant que les venins d’araignée et de serpent, de même que la toxine du botulisme, du tétanos, et de la diphtérie sont des protéines toxiques, l’EPA les considère comme des cas exceptionnels parmi la multitude de protéines étrangères inoffensives auxquelles les humains sont exposés. Conséquemment, elle ne voit pas de raison de se méfier à priori des toxines du maïs insecticide.

Le maïs tolérant au glyphosate (Roundup™)

Contrairement aux plantes, l’Homme ne peut pas produire certains acides aminés et doit donc les trouver dans son alimentation s’il veut fabriquer des protéines.

Les plantes créent elles-mêmes tous les acides aminés dont elles ont besoin.

À cette fin, elles ont notamment un enzyme — l’énolpyruvylshikimate-5 phosphate-3 synthase — responsable de la fabrication de trois acides aminés. Cet enzyme est absent chez l’être humain.

Le glyphosate est un herbicide qui agit en bloquant cet enzyme que nous n’avons pas et qui, normalement, devrait tuer le maïs comme n’importe quelle autre plante.

Pour créer une variété de maïs résistante à cet insecticide, Monsanto lui a implanté les gènes d’une bactérie qui possède une version différente de cet enzyme, une version très peu affectée par le glyphosate.

Une étude publiée le 19 décembre 2016 dans la revue Scientific Reports suggère que les tests d’innocuité exigés par les agences règlementaires seraient insuffisants.

Dans cette étude, on a vérifié la composition chimique du maïs NK603. On y a mesuré la teneur de 840 protéines et de 314 petites molécules chez trois groupes de grains de maïs :
• des grains de maïs NK603 cultivé sans glyphosate
• ceux provenant de maïs NK603 arrosé de glyphosate et
• des grains de maïs récoltés à partir d’une variété naturelle jugée ‘équivalente’ par Monsanto lors des études d’approbation règlementaire de son maïs NK603.

Les chercheurs ont découvert qu’entre la composition chimique du maïs NK603 et de celle du maïs naturel, les différences sont beaucoup plus grandes que prévu.

Le code génétique ajouté à la plante ne fait pas que provoquer l’apparition de l’enzyme bactérien mais affecterait l’ensemble du métabolisme de la plante, dont une augmentation de 28 fois de la teneur en cadavérine.

En comparaison avec le maïs naturel, l’inhibition du cycle de Krebs manque de peu la signification statistique chez le maïs transgénique arrosé de glyphosate (p = 0.0532). Il en est de même des taux d’acides aminés à chaine ramifiée (p = 0.0536).

Entre le maïs naturel et le maïs transgénique, les différences significatives concernent :
• les taux d’amines et de polyamines (p = 0,037)
• le métabolisme de l’acide nicotinique et de la nicotinamide (p = 0,037).

Entre le maïs naturel et le maïs transgénique arrosé de glyphosate, les différences significatives sont :
• les taux d’osamines et de nucléotides (p = 0,0007)
• le métabolisme de la sérine (p = 0,0062)
• les taux de dipeptides (p = 0,0096).

Entre le maïs transgénique arrosé ou non de glyphosate :
• le métabolisme des phénylpropanoïdes (p = 0,018)
• les taux d’osamines et de nucléotides (p = 0,0271).

À l’origine, cette étude visait à trouver la cause des perturbations métaboliques observées dans une étude antérieure des mêmes auteurs.

Cette étude antérieure, publiée en 2012, a fait l’objet d’une controverse. Rétractée à la demande de ses auteurs, l’étude a été publiée de nouveau en 2014 dans une version presque identique.

Réalisée chez l’animal, l’étude controversée avait trouvé que des rats nourris pendant deux ans avec une diète contenant 11%, 22% ou 33% de maïs NK603 présentaient des modifications biochimiques (sanguines et urinaires) indiquant des dommages rénaux et hépatiques.

Plus précisément, les chercheurs ont observé de 1,3 à 2,3 fois plus de néphropathies chez le mâle. Chez les femelles, le taux de mortalité a augmenté de deux à trois fois et les tumeurs mammaires étaient plus fréquentes.

Conclusion

Le catabolisme est la partie du métabolisme responsable des réactions de dégradations moléculaires de l’organisme. Ainsi, c’est le catabolisme qui brise les déchets cellulaires et les cellules mortes en petites molécules qui pourront être éliminés par le foie, les reins ou les poumons.

Lorsqu’on bloque un enzyme ou qu’on force la fabrication d’une substance étrangère au sein d’un être vivant, cette modification biochimique se répercute dans l’ensemble du métabolisme de cet être vivant.

S’agit-il d’une répercussion anodine ou importante ? Les exigences règlementaires actuelles ne nous permettent pas de répondre à cette question.

Dans le cas des médicaments, on les soumet à des tests de toxicité chroniques chez l’animal parce qu’il est impossible de prévoir en éprouvette les perturbations et les dommages qui pourraient être causés dans l’animal entier, alors que des millions de réactions chimiques différentes se produisent chaque seconde.

Actuellement, il n’existe pas de preuve irréfutable de la toxicité des OGM; il n’y a que des indices inquiétants. Malheureusement, à l’inverse, leur innocuité ne peut pas être garantie à partir des tests extrêmement primitifs exigés par les organismes règlementaires.

Les doutes à sujet sont tels que la prudence la plus élémentaire exige que les OGM soient soumis à de véritables tests de toxicité chronique, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Cela est d’autant plus inquiétant que nos gouvernements permettent à l’industrie de cacher la présence d’OGM dans nos aliments. Si jamais il s’avère que des OGM possèdent une toxicité chronique chez l’humain, les citoyens auront été dans l’impossibilité de s’en prémunir.

D’où l’importance d’appuyer les initiatives citoyennes en vue de l’affichage obligatoire des OGM, une mesure soutenue par 78% des Canadiens.

Références :
An integrated multi-omics analysis of the NK603 Roundup-tolerant GM maize reveals metabolism disturbances caused by the transformation process
Énolpyruvylshikimate-5-phosphate-3 synthase
Le maïs transgénique est-il inoffensif ?
Les Canadiens veulent l’étiquetage des aliments OGM
L’évaluation de la toxicité des OGM remise en cause
Long-term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerantgenetically modified maize
Maïs génétiquement modifié
Mammalian Toxicity Assessment Guidance for Protein Plant-Pesticides
Review of GMO safety assessment studies: glyphosate residues in Roundup Ready crops is an ignored issue

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’élection de Trump : l’erreur des sondages

Publié le 18 décembre 2016 | Temps de lecture : 4 minutes

La victoire électorale de Donald Trump a été une surprise pour presque tous les analystes politiques. Ces derniers se basaient sur les sondages d’opinion, unanimes à prédire la victoire d’Hilary Clinton.

Effectivement, celle-ci a obtenu deux à trois-millions de votes de plus que son adversaire. Pourtant, elle a perdu cette élection en raison d’un système électoral vicié.

En premier lieu, il est vicié par le rôle joué par le Collège électoral. Celui-ci est le verrou mis en place au XVIIIe siècle par les élites révolutionnaires pour se protéger, en cas de besoin, de l’immaturité politique du peuple américain (dans lequel ils n’avaient pas confiance).

Deuxièmement, il est vicié par une multitude de mesures adoptées pour enrayer la démocratie américaine. Sans ces mesures, l’écart entre les deux candidats aurait été encore plus grand et la victoire de Mme Clinton plus certaine.

À la lecture de la section intitulée ‘Ending Voter Suppression’ du livre ‘Our Revolution’ de Bernie Sanders, on apprend quelques-uns des moyens utilisés par les Républicains pour faire obstacle à tous ceux qui ont tendance à voter contre eux.

Sous le prétexte de lutter contre la fraude (à peu près inexistante), certains États exigent la présentation d’une pièce d’identité sur laquelle apparait la photo du détenteur. Cette carte est émise par l’État.

Invoquant l’austérité, l’Alabama a raréfié les bureaux où les Noirs se présentaient afin d’obtenir cette carte, ce qui complique leurs démarches afin de l’obtenir.

Dans les États où cette exigence s’applique, on a calculé que cela fait perdre aux candidats démocrates 8,8% de leurs appuis et aux candidats républicains 3,6%.

Au Québec, l’inscription sur les listes électorales se fait automatiquement lors des recensements. Aux États-Unis, il faut s’inscrire.

En éliminant le vote anticipé et la possibilité de s’enregistrer sur place lors du scrutin, les Républicains ont rendu plus compliqué l’exercice du droit de vote pour les catégories de citoyens négligents dans l’exercice de leurs devoirs civiques, les jeunes et les pauvres notamment.

De plus, on a diminué le nombre de bureaux de vote et de préposés à la votation dans les quartiers ‘noirs’.

Le résultat, c’est qu’à l’élection de 2012 (on n’a pas les données pour 2016) le temps d’attente pour voter dans les quartiers ‘blancs’ a été de 11,6 minutes alors qu’il a été de 23,3 minutes dans les quartiers ‘noirs’.

Dans des cas extrêmes, il faillait attendre six ou sept heures pour voter.

Contrairement au Canada où la loi oblige l’employeur à permettre à ses employés d’exercer leurs devoirs civiques, toute élection américaine qui a lieu à un autre moment que lors d’un congé ou d’un jour férié rend l’exercice du droit de vote impossible aux Américains qui cumulent plusieurs emplois pour joindre les deux bouts.

Au Canada, on estime que l’incarcération seule est la punition du condamné. Dans certains États américains, on a ajouté à cette punition la suppression de leur droit de vote.

Ce droit n’est pas automatiquement restauré lorsqu’une personne sort de prison; l’ex-prisonnier doit s’inscrire.

Cela ne peut se faire qu’après avoir effectué un certain nombre de démarches préalables comme avoir trouvé un domicile.

Le résultat est qu’environ 13% des Noirs américains (dont ceux qui ont été emprisonnés pour des délits mineurs) sont privés du droit de vote. Cela représente deux-millions de citoyens.

Voilà pourquoi la prédiction des résultats du scrutin est toujours très hasardeuse aux États-Unis lorsque les candidats sont presque nez à nez.

Croire que l’écart entre le vote et les sondages s’explique par la volatilité du choix des indécis est simpliste. Cet écart s’explique plutôt par le fait qu’on répond aux sondages beaucoup plus facilement qu’on y vote.

Les Américains aiment proclamer que leur pays est un modèle de démocratie. On conviendra qu’il s’agit-là d’un modèle très améliorable…

Références :
Élection de Trump: la colère d’un grand électeur
Le mensonge des statistiques
Our Revolution: A Future to Believe In

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Faits divers No 28

Publié le 15 décembre 2016 | Temps de lecture : 4 minutes


 
Entre l’Europe et l’Angleterre, qui peut se passer de l’autre ?

44% des exportations britanniques le sont dans l’Union européenne. Mais seulement 5% des biens et services européennes sont exportés en Grande-Bretagne.

Référence : Brexit : le grand bluff entre Londres et les Vingt-Sept


 
Le concept de ‘crime de guerre’ est né à la suite la guerre de Trente Ans (de 1718 à 1748), une guerre au cours de laquelle un tiers de la population allemande a été tué.

C’est le juriste hollandais Hugo de Groot qui développa l’idée selon laquelle toute cruauté inefficace est illégitime en temps de guerre.

Référence : Avnery U. Un crime de guerre. La Revue 2015; no 57-8: 42-4.


 
Comme la livraison à domicile de la pizza, la drogue est également livrée gratuitement aux pensionnaires de la prison de Bordeaux, à Montréal.

Mais au lieu de frapper aux portes, les livreurs empruntent la voie des airs pour acheminer leurs précieux colis, plus précisément en utilisant des drones.

Comme quoi on n’arrête pas le progrès…

Référence : Drones à la prison de Bordeaux: un colis tombé du ciel


 
Lorsque le pourcentage de la croissance économique de l’Inde dépasse celui de la Chine (7,3% vs 6,9%), on doit se rappeler qu’en 2015, le produit intérieur brut de l’Inde est de 8,0 trillions$ alors que celui de la Chine est de 19,4 trillions$.

Le problème majeur de l’économie indienne est qu’elle est tournée vers la satisfaction de son marché intérieur plutôt que vers l’exportation.

Références :
Pilling D. L’Inde devenu la Chine ? On en est loin. La Revue 2015; no 57-8: 55.
CIA – The World Factbook – China
CIA – The World Factbook – India


 
Les États-Unis représentent 5% de la population mondiale mais abritent 25% des prisonniers de la planète (soit plus de deux millions de personnes).

Au cours des quarante dernières années, le taux d’incarcération a quintuplé alors que la criminalité violente diminuait.

On impute cette augmentation à la ‘guerre contre la drogue’, aujourd’hui reconnue comme un échec total.

Référence : Marbot O. 2 200 0000. La Revue 2015; no 57-8: 67.


 
Au Canada, le taux de césariennes est passé de 21,2% à 26,3% entre 2000 et 2006. Au Québec, il est passé de 18,5% à 23,2% entre 2000 et 2009.

Selon une équipe de médecins viennois, une femme au bassin étroit n’aurait pas survécu à l’accouchement il y a cent ans. Elle le peut maintenant et transmet ainsi ses caractéristiques anatomiques à ses filles.

À mon avis, une évolution génétique dans une période de temps aussi courte serait surprenante.

Cela pourrait aussi s’expliquer par une évolution des pratiques médicales où on procèderait plus facilement à la césarienne dans les cas d’accouchements difficiles.

Référence : La césarienne influencerait l’évolution humaine


 
Comment reconnaitre un bon jambon ?

Lorsqu’il est issu de la cuisse arrière, un jambon se caractérise par des faisceaux de fibres qui vont dans le même sens et des parties discernables.

Sans interstices, nerfs, ni tendons, le jambon provient de n’importe quelle partie du porc, hachée, malaxée et reconstituée.

Une teinte rose intense révèle un excès d’antioxydants.

Référence : Ribaut JC O. Le cochon dans tous ses états. La Revue 2015; no 57-8: 151-6.


 
En Occident, le mot ‘paysage’ vient de ‘pays’; c’est la partie du pays qu’on voit. En anglais, c’est ‘landscape’ dérivé de ‘land’. En allemand, ‘landschaft’ et ‘land’.

En Chine, le signe désignant ‘paysage’ combine ceux pour ‘montagnes’ et ‘eaux’. Implicitement, c’est l’association entre le haut et le bas, l’immobile et le mobile, ce qui a une forme et ce qui n’en a pas, ce qu’on voit et ce qu’on entend.

Ainsi, la différence entre les civilisations s’expriment par le choix des mots.

Référence : Julien F. L’autre, l’en-dehors et le différent. La Revue 2016; no 59-60: 10-7.


Liste de tous les faits divers (des plus récents aux plus anciens)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La culture au service de la francisation

Publié le 14 décembre 2016 | Temps de lecture : 2 minutes

Il y a quelques années, l’entreprise pour laquelle je travaillais avait embauché un couple de néoQuébécois d’origine brésilienne.

Ceux-ci parlaient déjà le français assez bien tout en ayant des lacunes importantes quant à la compréhension de l’accent québécois.

J’avais donc décidé de parfaire leur intégration au Québec en leur prêtant mes DVD de nos meilleurs films et téléromans, à raison d’un ou de deux titres par semaine.

Cette initiative a été hautement appréciée. Ces films peuvent être vus à la télévision. L’avantage du DVD, c’est qu’on peut ajouter au besoin des sous-titres et repasser en bouche les phrases jugées difficiles à prononcer ou à comprendre.

Aujourd’hui ce couple comprend parfaitement bien le français tel qu’il est parlé au Québec. Je me plais à croire que mes DVD y sont peut-être pour quelque chose…

L’apprentissage du français est plus difficile pour la majorité des réfugiés syriens puisque souvent ceux-ci ne parlent que quelques mots de français ou rien du tout.

Ma suggestion s’adresse au ministère des Affaires culturelles et à celui de l’Immigration.

Pourquoi ne pas consacrer quelques millions$ pour financer l’ajout de sous-titres arabes aux grands succès de la cinématographie québécoise et assumer tous les couts relatifs à la mise en marché de cette nouvelle version.

Les DVD ou Blu-Ray de ces outils de francisation seraient donc dotés d’une trame sonore en français et de sous-titres en français ou en arabe, si désirés.

Par ce moyen, on donnerait aussi à nos créateurs accès au marché des centaines de millions d’Arabophones à travers le monde et on contribuerait par ce moyen au rayonnement de la culture québécoise.

De plus, par le choix et le traitement des sujets, les films québécois et nos séries télévisuelles témoignent de nos préoccupations et enseignent subtilement nos valeurs.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La leçon du projet de loi C-29

Publié le 13 décembre 2016 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

Le 12 décembre 2016, l’honorable Bill Morneau, le ministre des Finances du Canada confirmait le retrait de la section 5 du projet de loi C-29.

Rappelons que cette section avait pour effet de soustraire les banques canadiennes des dispositions de la loi québécoise sur la protection des consommateurs.

Sont méritoires de cette fin heureuse, les dix députés du Bloc québécois qui ont découvert le pot aux roses et alerté l’opinion publique, de même que le ministre Morneau qui a eu le courage de prendre cette décision plutôt que de s’entêter.

Quels enseignements doit-on en retirer ?

La culture du secret

Le projet de loi C-29 est un fourretout de 244 pages qui modifie quatorze lois.

La version électronique de ce document est extrêmement difficile à consulter. S’il est facile d’y trouver le début de la section 5, j’ai mis environ quinze minutes à chercher où elle se termine, tant la typographie et la mise en page en font un document rébarbatif.

D’où la question : Pourquoi les Libéraux ont-ils présenté cette loi ‘mammouth’ alors qu’ils n’ont pas cessé de critiquer cette pratique, instaurée par les Conservateurs ?

Je soupçonne que les coupables sont les hauts-fonctionnaires de ce ministère.

Les employés de l’État aiment travailler dans le secret. Même s’ils ont soumis au parlement, ils apprécient une distance qui les soustrait aux pressions politiques et aux immixtions partisanes dans leur travail.

L’élaboration d’une loi ‘mammouth’ permet aux hauts-fonctionnaires de submerger les élus de documentation à analyser et, dans le cas de l’opposition, de compliquer l’exercice de son devoir de surveillance.

En somme, si le ministère des Finances a continué d’agir comme sous les Conservateurs, c’est que cela convenait à sa culture du secret.

Une mentalité persistante

Au sujet du financement populaire des partis politiques, les lois (québécoise et fédérale) sont des législations révolutionnaires.

Dans toutes les autres démocraties parlementaires, le financement politique n’est rien d’autre que de la corruption légalisée.

En absence de lois contraignantes, lorsque la quête du pouvoir consiste à amasser des fonds en vue des intenses campagnes de propagande que sont les élections, l’important est de plaire à ceux qui détiennent le pouvoir économique parce que ce sont les plus importants donateurs.

En limitant la contribution des entreprises, des syndicats et des groupes de pression, les lois sur le financement politique placent les partis à la merci du peuple.

Cela devait rendre les gouvernements encore plus soucieux de servir le peuple puisque leur financement est tributaire de petites sommes recueillies en tout temps, tout au cours de l’exercice du pouvoir.

Dans tous les pays développés, le ministère des Finances occupe une place stratégique; il joue un rôle déterminant dans la prospérité économique du pays. Pour cette raison, ses hauts-fonctionnaires sont toujours parmi les plus brillants serviteurs de l’État.

Dans leur esprit, leur rôle consiste à enlever tous les obstacles qui nuisent à la liberté du commerce au sein du pays, perçu comme un marché commun au sein duquel les particularités régionales doivent être aplanies.

Or quand des banques font des représentations à l’effet que la multitude des lois provinciales destinées à protéger les consommateurs complique leurs affaires, elles trouvent chez ces hauts-fonctionnaires une oreille compatissante. Et jamais ces derniers ne chercheront à savoir ce qui justifie ces contraintes, perçus comme des obstacles à niveler.

Il y a donc lieu d’inculquer à ces personnes une préoccupation à l’égard du bien commun qui est étranger à leur mentalité, strictement liée à favoriser l’intérêt privé des producteurs de biens ou de services.

En effet, ces fonctionnaires détiennent des maitrises en administration des affaires obtenues des meilleures universités occidentales et sont beaucoup plus sensibles aux préoccupations des gestionnaires d’entreprise qu’à celles des consommateurs.

Voilà pourquoi des formations particulières devraient être mises sur pied au sein des ministères à vocation économique afin que leurs mandarins soient plus soucieux de favoriser le développement économique tout en respectant l’intérêt du peuple.

Sur le même sujet :
Le fédéral veut permettre aux banques de frauder les consommateurs

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le gouvernement Couillard accorde le droit d’expropriation aux pétrolières

Publié le 12 décembre 2016 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

Le 10 décembre 2016, sous le bâillon, l’Assemblée nationale du Québec adoptait la loi 106. Celle-ci donne aux pétrolières le droit d’expropriation.

Normalement, l’expropriation crée une obligation d’abandonner à l’État la propriété d’un bien, moyennant une indemnité, quand l’intérêt public l’exige.

Au début des années 1970, deux grands projets ont nécessité des expropriations massives : la création de l’aéroport de Mirabel (392 km²) et la création du parc national de Forillon (245 km²).

Dans son livre ‘L’expropriation du territoire de Forillon : les décisions politiques au détriment des citoyens’, l’historienne Aryane Babin explique que des centaines de familles vivaient en autarcie sur le territoire de Forillon avant la création de ce parc.

Ces familles ont été réduites à la misère par le gouvernement québécois, recevant pour leur terre à bois, leur potager, les animaux de la ferme et leur bâti (ferme et maison) une somme qui ne dépassait pas 30 000$ en dollars d’aujourd’hui.

Cette dépossession a été condamnée par tous les tribunaux auxquels les expropriés se sont adressés. Si bien que depuis, on a mis en place un certain nombre de mesures qui visent à éviter la répétition d’une telle tragédie.

En décidant de déléguer à l’entreprise privée le soin d’exproprier les territoires sur le passage du pipeline Énergie Est, le gouvernement Couillard ne fait pas que de se décharger de l’odieux d’une expropriation réalisée au bénéfice d’intérêts étrangers; il court-circuite toutes les mesures mises en place depuis Forillon.

En effet, la loi 106 ne prévoit rien qui soit destiné à encadrer le conflit d’intérêts des pétrolières, à la fois évaluatrices de la valeur d’un terrain et bénéficiaires des économies réalisées lors de son acquisition.

Concrètement, ce nouveau pouvoir accordé aux pétrolières signifie que si un citoyen refuse de vendre son terrain ou s’il demande un prix jugé excessif par la compagnie, celle-ci pourra s’en emparer de force et l’obtenir pour presque rien.

La loi 106 n’est rien de moins que la capitulation de l’État qui, au lieu de défendre le territoire national, l’offre à la convoitise irrépressible d’intérêts étrangers.

Grâce à cette loi, Trans-Canada pourra faire main basse sur tout territoire convoité et obliger leurs propriétaires à le lui céder — sous la menace d’expropriation — au plus faible prix possible.

En somme, il s’agit d’un pouvoir d’extorsion accordé légalement aux pétrolières.

Le boycottage

Le Printemps érable ne s’est terminé qu’à la suite de l’accession au pouvoir de Mme Marois.

Cette crise sociale a démontré l’inefficacité de marches de protestation contre un gouvernement libéral déterminé à parvenir à ses fins.

Voilà pourquoi je suggère un moyen nouveau, d’autant plus efficace qu’il tient compte de la vulnérabilité des partis politiques, encadrés au Québec par de strictes règles de financement.

Ce moyen nouveau, c’est le boycottage du financement populaire.

On n’a pas pris conscience de l’impact révolutionnaire de la loi sur le financement des partis politiques : celle-ci place les politiciens à la merci du peuple. Le peuple n’a plus le pouvoir uniquement au moment du scrutin : il a ce pouvoir en tout temps.

Dans ce cas-ci, il s’agit de faire cesser immédiatement toute contribution financière au Parti Libéral du Québec tant qu’il n’aura pas retiré la loi 106.

Ce qu’il faut, c’est que le mot d’ordre de boycottage se répande sur les médias sociaux, les blogues et les courriers des lecteurs, comme le feu sur une flaque de pétrole.

Le premier ministre et son cabinet ne sont que la façade derrière laquelle se cachent les véritables dirigeants du PLQ. Ceux qui mènent cette formation politique, ce sont les collecteurs de fonds. C’est à eux qu’il faut nous adresser.

Ce boycottage est le moyen ultime pour nous faire entendre d’eux.

J’invite donc les lecteurs de ce blogue à répandre le court clip vidéo ci-dessous dans les médias sociaux. À cette fin, il suffit de cliquer sur la flèche qui apparaitra dans le coin supérieur droit de la vidéo à la fin du visionnement.

Merci à l’avance.
 

 

Un commentaire

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Neuvième arrondissement de Paris

Publié le 10 décembre 2016 | Temps de lecture : 5 minutes

 
Situé sur la rive droite de la Seine, le neuvième arrondissement occupe une surface plutôt carrée de 2,2 km² sur laquelle habitent environ soixante-mille personnes.

Quand l’enceinte de Charles V, élargie par Louis XIII, fut détruite à partir des années 1670, ces espaces furent aménagés par Louis XIV en promenades plantées d’arbres.

Au XIXe siècle, lorsque ces grands boulevards s’urbanisèrent, on y ouvrit des guinguettes et des théâtres dits de boulevard. De plus, l’accroissement de la densité urbaine et le cout relativement faible des terrains incitèrent des entrepreneurs à y ouvrir des magasins à grande surface qui révolutionnèrent le commerce au détail.

De nos jours, le neuvième arrondissement porte les traces de ces bouleversements.

Il s’étend du Nord au Sud, de la place Pigalle au boulevard des Capucines, et d’Ouest en Est, de la rue du Faubourg-Poissonnière à la rue d’Amsterdam (et son prolongement au Sud, soit la rue Vignon).

Notre visite du quartier débute réellement par l’édifice emblématique du Second Empire, soit l’opéra Garnier (de 0:42 à 2:35), construit de 1862 à 1875.

Rares sont les salles d’opéra qui se caractérisent par la sobriété. S’il y en a, l’opéra Garnier n’est pas du nombre. Le luxe y est ostentatoire sans jamais tomber dans la vulgarité; dorures, mosaïques, fresques, marbre polychrome, tout y est éclat et majesté.

Parmi les groupes allégoriques qui ornent sa façade, La Danse de Jean-Baptiste Carpeaux fit scandale à l’époque de son dévoilement (à 0:44). De nos jours, l’original est au musée du Quai d’Orsay et ce qu’on voit au grand air est une copie exécutée par le sculpteur Paul Belmondo, le grand-père de l’acteur homonyme.

Précisons que les baignoires dont il est question au-dessus de cette entrée flanquée de cariatides (à 1:05) sont des loges situées sur les côtés du rez-de-chaussée de la salle. Celle-ci n’est que de 1 971 places, ce qui est peu pour une ville comme Paris.

Depuis 1964, son lustre de six tonnes éclaire une œuvre de Marc Chagall (à 2:19) en remplacement de celle, inélégante, qui s’y trouvait jusqu’alors.

De 2:29 à 2:35, il s’agit du musée-bibliothèque de l’opéra Garnier.

De 2:41 à 2:57, nous voici dans le restaurant Bouillon Chartier, construit en 1896 et qui a conservé son décor d’origine. Dans ce restaurant, les serveurs n’écrivent pas votre commande dans un calepin : ils l’écrivent sur le napperon en papier de votre table. C’est sur celle-ci qu’ils calculent l’addition.

À titre d’exemple, voici deux mets qu’on y prépare : le Museau de bœuf vinaigrette en entrée (3,8 euros) et le Pot au feu ménagère (11,2 euros).

De 3:04 à 3:15, il s’agit du magasin amiral de la chaine de grands magasins du Printemps, propriété personnelle de l’émir du Qatar.

À sa création, en 1865 (dans un édifice incendié en 1881), le Printemps offrait des produits de qualité à bas prix. On innovait en pratiquant une politique de prix fixe (donc, pas de marchandage). Le premier jour du printemps, le 21 mars de chaque année, un bouquet de violettes était remis aux clients.

Construit de 1907 à 1910, l’édifice actuel est l’œuvre de l’architecte René Binet.

Entre deux pavillons du Printemps, voici un aperçu de l’église Saint-Louis-d’Antin, seul vestige du cloitre des Capucins qui s’y trouvait (de 3:16 à 3:23). Cette église néoclassique est de l’architecte Alexandre-Théodore Brongniart.

Construite de 1780 à 1782, elle se caractérise par son extérieur d’une extrême sobriété et son revêtement intérieur à la feuille d’or et aux riches couleurs qui rappellent la décoration des villas romaines.

La voute du chœur est ornée de la fresque Saint Louis et saint François adorant le Christ ressuscité d’Émile Signol (à 3:21).

Comme c’est l’habitude dans les églises de l’ordre des Capucins, un seul bas-côté s’y trouve, ici du côté gauche de la nef. Ce bas-côté donne accès à des chapelles latérales, dont celle dédiée à la Vierge (à 3:23). L’autel de celle-ci est surmonté de la Vierge à l’enfant, sculptée par Raymond Gayrard.

De 3:25 à 3:55, nous visitons les Galeries Lafayette, nées de l’acquisition d’une série d’immeubles entre 1894 et 1905.

C’est le plus grand magasin au monde. Les ventes y atteignent parfois six-millions d’euros par jour. Afin de profiter des achats impulsifs des touristes chinois, près de la moitié des employés aux comptoirs des produits de luxe appréciés de cette clientèle — les montres suisses pour homme, par exemple — parlent le mandarin.

Son immense coupole Art nouveau a été conçue par l’architecte Ferdinand Chanut et réalisée par le maitre-verrier Jacques Grüber. Elle date de 1912. Entreposée à Clichy au début de la Deuxième Guerre mondiale, elle fut restaurée en 1973 par le petit-fils de l’architecte initial, selon les plans de l’époque.

À 4:22, il s’agit de l’église de la Sainte-Trinité, construite de 1861 à 1867, où les obsèques du compositeur Hector Berlioz furent célébrées en 1869.

Voilà qui termine cette brève visite de cet arrondissement.


Détails techniques : Le diaporama contient 118 photos et deux clips vidéos pris à l’aide d’un apparel OM-D e-m5.


En ordre décroissant d’utilisation, les objectifs furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (74 photos), le M.Zuiko 12 mm F/2,0 (12 photos), le PanLeica 25 mm F/1,4 (10 photos), le Lumix 7-14 mm F/4,0 (9 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (6 photos), l’hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (5 photos) et le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (2 photos).


Voir aussi : Liste des diaporamas de Paris

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Pipelines : le sénateur Boisvenu a raison

Publié le 9 décembre 2016 | Temps de lecture : 4 minutes

Plus tôt cette semaine, en présentant le rapport du comité sénatorial au sujet de l’infrastructure de transport du pétrole brut au Canada, le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu a blâmé les Québécois pour leur réaction émotive et irrationnelle face au passage du pipeline Énergie-Est.

Pourquoi réagissons-nous ainsi ?

L’enfant qui se met à pleurer lorsqu’il perd de vue sa mère, l’adulte dont le pouls s’accélère face au danger, répondent de la même manière face à l’inquiétude.

Tout être humain réagit viscéralement lorsqu’il est inquiet ou pire, lorsqu’il se sent menacé.

Dans le domaine du transport des matières dangereuses, si le gouvernement fédéral s’acquittait de son devoir de nous protéger, nous dormirions sur nos deux oreilles. C’est ce que nous avons fait pendant des décennies.

Mais le néolibéralisme promu par les gouvernements fédéraux (autant conservateurs que libéraux) fait en sorte qu’Ottawa préfère économiser en ne faisant rien pour nous protéger; il remet notre sécurité entre les mains d’aventuriers déterminés à maximiser leurs profits même si cela signifie la mise en péril de nos vies.

Ce que la catastrophe de Lac-Mégantic nous a appris, c’est que le fédéral se fie aveuglément à l’autodiscipline de l’entreprise privée. Plus aucune inspection et aucune vérification. Sauf à la suite d’un incident.

De plus, quand 47 personnes meurent brulées vives, quand une catastrophe environnementale de 1,5 milliard$ se produit, le fédéral ne paie que 50% des couts.

Ce qui veut dire que le fédéral économise des millions en salaires de fonctionnaires et quand cela tourne mal, nous devons non seulement enterrer nos morts, mais payer 62% de la facture (50% refilé à Québec et 12% de notre part de la moitié fédérale).

Notre réaction ‘émotive’ est la conséquence d’un gouvernement qui a le devoir de nous protéger et qui a démissionné de ses responsabilités.

Or le sénateur Boisvenu porte une lourde responsabilité à ce sujet.

En effet, celui-ci est membre du Comité sénatorial permanent des Transports et des Communications. À ce titre, il a adopté article par article, l’encadrement législatif du transport ferroviaire au pays. De plus, en tant qu’homme politique, il a défendu bec et ongles les politiques de dérèglementation du gouvernement Harper, politiques responsables au second degré de la tragédie de Lac-Mégantic.

Si le gouvernement fédéral ne se donne pas la peine d’inspecter du matériel roulant, peut-on imaginer qu’il va déterrer des pipelines pour les voir ?

Comment sera-t-il informé des fuites ? Par ce que voudront bien lui révéler les pétrolières. Et si des fuites discrètes contaminent nos nappes phréatiques, quand le saurons-nous ? Des décennies après que ces fuites auront commencé à migrer vers nos sources d’eau potable.

Et qui paiera pour l’augmentation des cancers causés par la présence de traces de substances toxiques dans l’eau du robinet ? Jusqu’à la fin des temps, qui paiera pour la fourniture d’eau embouteillée à des populations dont l’eau sera devenue impropre à la consommation ?

Le gouvernement conservateur (soutenu par le sénateur Boisvenu) n’a pas cessé de s’attaquer au financement des groupes écologistes. Quel groupe organisé sera en mesure de nous alerter des lacunes des politiques du gouvernement fédéral ?

Quand le gouvernement modifie la loi de manière à ce que toute obstruction citoyenne à la construction d’un pipeline réponde à la définition d’un acte terroriste, n’est-ce pas de nature à nous convaincre du biais de l’État à l’égard des pétrolières.

Commettre un méfait est déjà illégal : pourquoi les pétrolières auraient-elles besoin de la protection des services de renseignements antiterroristes ?

Bref, le sénateur Boisvenu a entièrement raison de critiquer les Québécois pour notre réaction émotive au sujet des pipelines. Mais si nous réagissons ainsi, à qui la faute ?

Références :
Lac-Mégantic : le silence étrange du sénateur Boisvenu
Pipelines — Le Sénat juge que les citoyens sont trop émotifs

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les pourparlers à Hambourg au sujet d’Alep

Publié le 7 décembre 2016 | Temps de lecture : 4 minutes

C’est plus tôt aujourd’hui qu’avaient lieu à Hambourg des pourparlers russo-américains en vue d’une nouvelle trêve à Alep, en Syrie.

À au moins deux reprises (les 20 et 21 octobre, puis le 4 novembre), la Russie a décrété unilatéralement des trêves pour permettre aux civils de quitter la ville assiégée.

Mais les mercenaires islamistes soutenus par l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie ont installé des tireurs embusqués le long des couloirs d’évacuation décrétés par Moscou pour empêcher les civils d’en profiter.

Les Américains tentaient donc aujourd’hui de convaincre les Russes d’accorder une trêve supplémentaire.

Le choix de la ville d’Hambourg comme lieu de ces pourparlers est ironique.

Un des livres les plus importants que j’ai lus dans ma vie est « Inferno : The Fiery Destruction of Hambourg – 1943 » de Keith Lowe.

Sans jugement moral, ce livre est la description minutieuse des bombardements anglais d’Hambourg, la ville portuaire où l’Allemagne nazie fabriquait ses sous-marins.

Après avoir bombardé les quartiers industriels de la ville, on s’est rendu compte que le Reich était en mesure de reprendre la production en moins de six mois.

Donc on a changé de stratégie. On a détruit la moitié des quartiers résidentiels de la ville dans le but de priver les usines de main-d’œuvre.

À cette fin, on a créé des murs de feu au sein desquels les civils mourraient asphyxiés par manque d’oxygène, où ceux qui voulaient fuir en étaient empêchés parce que l’asphalte se changeait en goudron sous leurs pieds, etc.

Du strict point de vue humanitaire, les bombardements russes à Alep ne sont rien en comparaison des bombardement alliés à Hambourg, à Dresde et à Hiroshima.

Le fond du problème est que la guerre est une boucherie. Elle l’a toujours été et le sera toujours.

Permettre aujourd’hui aux mercenaires islamistes de fuir la ville, c’est leur donner l’occasion de reprendre leurs forces et les retrouver à combattre ailleurs, de nouveau contre les Russes.

La stratégie occidentale est de rendre dispendieuse et inefficace l’intervention militaire russe en Syrie, comme a été ruineuse l’intervention russe en Afghanistan entre 1979 et 1989.

Le choix de la Russie à Alep est simple : prolonger l’agonie ou donner le coup de grâce.

La Russie a très bien compris la stratégie occidentale. Il est donc peu probable que ces pourparlers aboutissent à quelque chose. Alors pourquoi la Russie se plie-t-elle à cet exercice ?

La politique américaine relative à la Syrie dépend de la qualité des informations reçues par leurs services de renseignements.

À ce sujet, les Américains ont leurs espions et leurs analystes. Ils bénéficient également des informations fournies par les services de renseignements israéliens, turcs, saoudiens et jordaniens.

Mais en matière de politique internationale, on ne sait jamais qui est le manipulateur et qui est le manipulé. Les pays qui fournissent des renseignements dévoilent la partie de la vérité qui leur convient dans le but précis de tenter d’influencer leur interlocuteur.

De par la nature même de ces pourparlers, les États-Unis apprennent certaines des informations secrètes que possèdent les services de renseignements russes.

Or la Russie est au front. Grâce à la présence de ses soldats et grâce aux interrogatoires musclés des mercenaires qu’elle fait prisonniers, elle obtient des renseignements les plus crédibles au sujet de ce qui se passe réellement dans cette ville.

Et les Américains ont la tâche de distinguer entre les faits et la tentative de manipulation.

Or ce que disent les Russes aux Américains, c’est que les rebelles encore retranchés dans Alep sont presque exclusivement des milices islamistes affiliées… à Al-Qaida.

Un nombre croissant de rapports des services secrets américains indiquent, effectivement, que la Russie dit vrai.

Enlisés dans leurs contradictions, les États-Unis se retrouvent dans la situation inconfortable de plaider la pitié pour leurs ennemis jurés. Ils y sont poussés par les efforts diplomatiques de l’Arabie saoudite (membre du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU) qui tente de sauver ses ressortissants encerclés à Alep.

On peut donc présumer de la mollesse des supplications américaines en faveur d’un cessez-le-feu à Alep et des résultats de cette initiative douteuse.

Références :
Al-Qaeda group’s gains in Syria undermine U.S. strategy
Asphyxiés à Alep, les rebelles appellent à un cessez-le-feu
ONU : la Russie perd sa place au Conseil des droits de l’Homme, l’Arabie saoudite réélue

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Écrit par Jean-Pierre Martel