Arthur à Pop Montréal

Publié le 16 septembre 2017 | Temps de lecture : 2 minutes
Site du festival
Jean-Guy « Arthur » Cossette

Dans le cadre de la seizième édition du festival Pop Montréal — du 13 au 17 septembre 2017 — on présentait hier soir le légendaire guitariste Jean-Guy « Arthur » Cossette.

Celui-ci est connu pour avoir fait partie de différents groupes musicaux québécois : Les Jaguars, Les Sinners, et La Révolution française, en plus d’avoir travaillé avec Robert Charlebois.

Le spectacle d’hier soir pourrait être qualifié de rétro. À l’aide de ses guitares électriques d’époque, Arthur a reproduit le son des Jaguars.

Arthur et ses musiciens

Au lieu d’une console moderne destinée à modifier le son (comme on le fait de nos jours en post-production), le guitariste a connecté ses instruments à un petit synthétiseur primitif pour ajouter sur le vif de la réverbération, comme on le faisait autrefois.

Sur la photo ci-dessus, ce synthétiseur est placé vers la gauche, sur une table circulaire blanche, derrière le micro et devant la batterie.

Finalement, ce spectacle gratuit nous permettait de nous replonger dans la musique tantôt virtuose, tantôt dansante, d’une autre époque.

Référence : Les Jaguars

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2
1re photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 2000 — 25 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 800 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 640 — 25 mm

Laissez un commentaire »

| Culture, Musique, Pop Montréal | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le financement public des écoles privées au Québec

Publié le 15 septembre 2017 | Temps de lecture : 1 minute

Idéologiquement, le Journal de Montréal est un fourretout où se côtoient des chroniqueurs dont les orientations sont diverses et parfois contradictoires.

Mon préféré est un brillant intellectuel nommé Simon-Pierre Savard-Tremblay.

Son opinion au sujet du financement des écoles privées rejoint la mienne.

Plutôt que de tenter de dire la même chose que lui en mes propres mots, je préfère vous guider vers son texte, puisque je n’ai rien à ajouter.

Il suffit de cliquer sur l’image ci-dessous.
 

Photo : © — Jean-François Desgagnés/Journal de Québec/Agence QMI

Laissez un commentaire »

| 2014-2018 (années Couillard), Politique québécoise | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Les services à visage découvert et les droits constitutionnels

Publié le 14 septembre 2017 | Temps de lecture : 5 minutes

Voile_islamique
 
Lors de la cause célèbre de Zunera Ishaq, les tribunaux canadiens ont établi qu’une personne peut prêter le serment d’allégeance au pays en portant le niqab, à la condition qu’elle se soit dument identifiée au préalable.

Depuis ce temps, on sait que le port du niqab est un droit constitutionnel. Mais s’agit-il d’un droit fondamental ?

La réponse est oui si on pense que rien n’est plus fondamental qu’un droit constitutionnel.

Mais si on croit que seuls les droits de l’Homme universels sont des droits fondamentaux, la réponse est différente.

Le port du niqab et de la burka est un droit constitutionnel au Canada. Mais ce n’est pas un droit constitutionnel en France. Ce n’est pas un droit constitutionnel en Belgique. Ce n’est pas un droit constitutionnel en Allemagne. Et ce n’est même pas un droit constitutionnel au Maroc, pourtant pays musulman.

Essentiellement, les idéologues qui ont rédigé la Canadian Constitution voulaient consacrer la suprématie absolue des droits individuels pour deux raisons.

Premièrement, parce que cela permettait d’ajuster le système juridique canadien au néolibéralisme triomphant de l’époque.

Et secondairement, parce que cela permettait de bloquer une loi québécoise révolutionnaire basée, au contraire, sur la suprématie des droits collectifs, soit la Loi 101.

Ce faisant, ces idéologues n’ont pas su prévoir la montée de l’intégrisme musulman. L’intégrisme religieux a toujours existé mais le wahhabisme a pris en Occident une influence considérable, grâce aux sommes colossales que la dictature saoudienne consacre à sa promotion.

Par son projet de loi 62, le gouvernement Couillard se propose d’obliger que la demande et que la fourniture de services gouvernementaux soient faites à visage découvert.

Lorsqu’on accuse le Québec de brimer ainsi les droits constitutionnels des femmes niqabées et de celles qui portent la burka, ce qu’on fait, c’est qu’on exige la soumission du Québec à l’ordre constitutionnel dicté par le Canada anglais.

On ne se demande pas si l’interdiction du niqab et le la burka est justifiée : on constate simplement que cette interdiction est contraire à la Canadian Constitution et on voudrait que nous nous inclinions béatement devant cette dernière.

Comme s’il s’agissait d’un texte sacré que l’ancien premier ministre Pierre-Elliott Trudeau — tel Moïse descendant de la colline Parlementaire — aurait confié à son peuple de la part de Dieu.

Au contraire, la Canadian Constitution est une loi ethnique votée par l’ethnie dominante du Canada à l’issue d’une séance ultime de négociation à laquelle le Québec n’a pas été invité.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que le Canada est un pays colonial. Mais à la différence des autres — qui ont leurs colonies au loin, sous les tropiques — le Canada a les siennes dispersées sur son territoire.

Ce sont des poches autochtones régies par un apartheid juridique dont le but est leur lente extermination et le Québec dont on soutire 50 milliards$ de taxes et d’impôts en contrepartie de 9 à 12 milliards$ de péréquation s’il se tient tranquille.

Cette loi ethnique fut adoptée sans nous de la même manière qu’une colonie ne décide pas des lois que la métropole désire lui imposer.

Que l’ethnie dominante ait pu en catimini négocier une nouvelle constitution et l’adopter sans le Québec dit tout de notre statut au sein de ce pays dont les politiques multiculturelles n’arrivent pas à masquer la nature profondément raciste de ses institutions.

Dans le texte de cette constitution, il y a une clause dérogatoire. Elle peut être invoquée pour tout sauf l’article 23 qui, très précisément, est celui qui prescrit la lente extinction linguistique du Québec.

Mais on peut invoquer cette clause dérogatoire pour tout le reste. Nous serions stupides de nous en priver.

Et si les élites canadiennes anglaises ne sont pas d’accord, c’est leur problème et non le nôtre.

Dans tous les cas, il est clair qu’un Québec indépendant aura la liberté de se doter d’une constitution d’inspiration européenne plutôt que d’être enchainé à la constitution absurde adoptée par le Canada anglais en 1982.

Références :
La burka au volant : est-on devenu fou ?
Énergie au Québec
L’Allemagne interdit le voile intégral dans la fonction publique
Le Canada, un projet colonial réussi
Le Maroc interdit la fabrication et la vente de la burqa
Le prosélytisme de l’Arabie saoudite
Port du voile en hausse parmi les musulmanes au Canada
Zunera Ishaq, who challenged ban on niqab, takes citizenship oath wearing it

Parus depuis :
Sondage: les Canadiens et les Québécois favorables au projet de loi 62 (2017-10-27)
Denmark passes law banning burqa and niqab (2018-05-31)
L’Algérie interdit le port du niqab sur le lieu de travail (2018-10-21)
Switzerland to ban wearing of burqa and niqab in public places (2021-03-07)
Burqa ban bill approved by Portugal’s parliament seen as targeting Muslim women (2025-03-17)

Pour consulter les textes de ce blogue consacrés au prix à payer pour l’appartenance au Canada, veuillez cliquer sur ceci

Laissez un commentaire »

| 2014-2018 (années Couillard), le prix du fédéralisme, Politique québécoise, Sociologie | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Québec, paradis du « cheap labour » grâce au PLQ

Publié le 13 septembre 2017 | Temps de lecture : 3 minutes

C’est aujourd’hui que Statistique du Canada nous apprenait que le revenu familial au Québec était un des plus faibles au Canada.

Par ailleurs, on sait que le taux de chômage diminue au Québec depuis 1992. Il est à un creux historique.

Dans une économie de libre marché, lorsqu’une ressource se raréfie, son prix augmente.

Dans le cas de la main-d’œuvre disponible, elle se raréfie et pourtant, son prix n’augmente pas.

Que se passe-t-il ?

C’est que sous la gouverne du Parti libéral (PLQ), le Québec est devenu le paradis du travail à bon marché.

Le gouvernement Couillard laisse des sièges sociaux — lieux de salaires très bien rémunérés — devenir des coquilles vides puisque les opérations sont déménagées hors du Québec.

Le PLQ justifie son laissez-faire sous le prétexte cela était l’inverse autrefois. En réalité, on achetait des compagnies américaines lorsque le dollar canadien valait plus que la devise américaine. La situation s’est complètement inversée depuis.

De plus, le PLQ n’a pas de stratégie industrielle. Pendant les années Charest, le Plan Nord faisait office de stratégie industrielle. Il s’agissait du plus gros projet de gaspillage des fonds publics (60 milliards$), destiné à soutenir artificiellement des projets miniers qui, autrement, ne seraient pas rentables. Heureusement, ce fut un flop.

Ce qui se crée au Québec depuis quinze ans, ce sont principalement des emplois précaires, près d’un salaire minimum que le PLQ hésite à faire augmenter. Si bien que le revenu disponible par personne — au 4e rang canadien sous Landry — est lentement tombé au dernier rang canadien sous les gouvernements libéraux.

Précisons qu’en gros, le revenu disponible par personne est le salaire brut moins l’impôt. Or depuis quinze ans, le PLQ n’augmente pas les impôts mais, à la place, augmente le tarifs des services gouvernementaux. Lorsqu’on tient compte de l’augmentation des tarifs, nous sommes encore plus pauvres.

Ce que confirme aujourd’hui Statistique Canada avec ses données sur le revenu des familles.

Références :
Baie-James vs Plan Nord
Le revenu des familles québécoises parmi les plus faibles au pays
Le chômage au Canada
Le revenu des familles québécoises parmi les plus faibles au pays
Le taux de chômage atteint un «creux inégalé» au Québec

Paru depuis : La pénurie touche davantage le «cheap labour» (2017-12-28)

4 commentaires

| 2014-2018 (années Couillard), Économie, Politique québécoise | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le XVIIe congrès national du PQ

Publié le 11 septembre 2017 | Temps de lecture : 5 minutes

C’est à Montréal du 8 au 10 septembre 2017 que se tenait le XVIIe congrès national du Parti Québécois. Le congrès précédant eut lieu en avril 2011.

Comme les trois quarts des 1 500 délégués, c’était la première fois que j’assistais à un congrès politique.

Les congrès du PQ sont très différents de ceux qu’on voit dans les films américains. Dans les coulisses, pas d’alcool coulant à flots. Dans les couloirs, pas de harcèlement par de jolies demoiselles au décolleté plongeant. Et, dans la salle principale, pas d’apothéose finale au cours de laquelle les confettis et les milliers de ballons s’abattent sur les congressistes en liesse.

La première journée

Débutant par l’inscription des délégués de midi à 13h, le programme du vendredi comprenait deux activités importantes.

Répartis en sept ateliers thématiques (économie, environnement, langue, éducation, santé, famille, etc.), les congressistes participèrent à une première séance de travail de deux heures au cours de laquelle ils étudièrent les centaines de résolutions originaires d’un peu partout au Québec.

Après un repas du soir libre, un gala se déroulait dans la grande salle du Palais du congrès.

Jordi Solé i Ferrando, eurodéputé de la Catalogne

À cette occasion, on nous présenta des représentants de mouvements indépendantistes : celui de Catalogne eut droit à une ovation.

Le chef du PQ prononça par cœur un discours d’environ 90 minutes.

M. Lisée fut l’auteur des discours de plusieurs grands premiers ministres du Québec. Par moments, on aurait cru entendre ceux-ci parler par la bouche de Jean-François Lisée. En réalité, il s’agissait plutôt, à l’inverse, des mots semblables à ceux que Lisée leur faisait dire.

Non seulement Lisée écrit très bien, mais c’est un excellent orateur.

La deuxième journée

Le matin fut consacré à une deuxième séance de travail en atelier. Parallèlement à cela se déroulait le vote de confiance à l’égard du chef du parti. Chaque congressiste devait donc quitter brièvement son atelier pour aller voter.

Après une pause pour manger, les ateliers reprenaient jusqu’au milieu de l’après-midi.

Jean-François Lisée, entouré de ses députés

À 16h, au cours d’une plénière, le congrès adoptait quelques résolutions et apprenait le résultat du vote de confiance (92,5% en faveur de M. Lisée).

L’humoriste François Parenteau (et Chafiik au synthétiseur)
Daran, Alexandre Belliard, Jorane et Jean-Martin Aussant

De 20h30 à 22h, les congressistes eurent droit à un concert privé au Club Soda mettant en vedette les artistes ci-dessus (de même que Salomé Leclerc, hors-champ). On remarquera, au synthétiseur, l’économiste Jean-Martin Aussant, fondateur d’Option nationale.

La troisième journée

De 8h45 à midi, l’ensemble des congressistes adoptait le gros des résolutions priorisées par les ateliers. Ce travail se poursuivait en après-midi jusqu’à 16h30.

Le tout se terminait vers 17h.

Conclusion

Le Parti Québécois compte environ 80 000 membres. C’est plus que tous les autres partis politiques du Québec réunis. Étendu à toutes les couches sociales et à toutes les régions du Québec, ce nombre de membres fait en sorte que ce parti est branché sur la réalité québécoise.

Son volumineux cahier de résolutions est la somme des solutions souhaitées par toutes les composantes de la société québécoise afin de résoudre les problèmes auxquels ils sont confrontés.

Pour le Montréalais que je suis, c’est une occasion unique de me débarrasser de mes préjugés et de découvrir toutes les facettes de la nation à laquelle j’appartiens.

Comme chacun des représentants de ma circonscription, mon seul engagement est d’appuyer les propositions issues de cette circonscription. Quant au reste — soit l’immense majorité des propositions — chacun est libre de voter comme il l’entend.

Et pour quelqu’un qui semble avoir une idée arrêtée sur tout, il m’est arrivé souvent de changer d’idée en entendant des intervenants qui me faisaient voir un aspect de choses auquel je n’avais pas songé.

Bref, ce fut pour moi une expérience très enrichissante.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 (la 2e photo) + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14 (1re photo) et M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/125 sec. — F/4,0 — ISO 6400 — 190 mm
2e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 95 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/2,2 — ISO 1250 — 25 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm

5 commentaires

| 2014-2018 (années Couillard), Politique québécoise | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le désert, les baleines et la jungle

Publié le 8 septembre 2017 | Temps de lecture : 2 minutes

Le lac Tchad est situé à la frontière du Tchad, du Cameroun, du Nigéria et du Niger. D’une superficie de 1 540 km² durant la saison sèche, il est tout ce qui reste d’une mer intérieure appelée mer paléotchadienne.

Durant les périodes postglaciaires, le Sahara était couvert de végétation. La mer paléotchadienne couvrait alors deux-millions de km², soit dix fois la taille actuelle des Grands Lacs de l’Amérique du Nord.

Au fur et à mesure de son assèchement, le lit de cette mer accumulera les sédiments de poissons et de plantes aquatiques, particulièrement dans une formation géologique appelée dépression du Bodélé, grande de 24 000 km² et située au nord-est du lac Tchad actuel.

À vol d’oiseau, la dépression du Bodélé est une grande tache blanche allongée. Sa couleur lui vient de ses sédiments riches en phosphore.

Friables, ceux-ci sont soulevés par les grandes tempêtes de sable du Sahara qui font rage, toujours vers l’ouest, une centaine de jours par année.

Le vent y soulève 120 millions de tonnes de poussière par année, soit le cinquième du total mondial.

Or cette poussière est extrêmement importante.

Portée par les vents, une grande partie atteint le bassin amazonien en dix jours. Son phosphore contribue de façon majeure à la fertilisation de l’Amazonie.

Au cours de ce voyage, ce qui tombe dans l’Atlantique est une source alimentaire majeure du phytoplancton. Or celui-ci produit la moitié de l’oxygène terrestre, en plus de constituer la base alimentaire du krill, essentiel à de nombreux poissons et aux baleines à fanons.

Comme tout se tient…

Références :
Dépression du Bodélé
Lac Tchad
Phytoplancton
Pauchet B. Poussière de poisson. Quatre-Temps 2016; vol. 40 no 2: 55.

Laissez un commentaire »

| Environnement | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le pluriel des nombres

Publié le 7 septembre 2017 | Temps de lecture : 4 minutes
Siège de l’Académie française

L’expression d’une quantité

Si je vous dis que j’ai cent huit onces de jus en réserve, s’agit-il de cent formats de huit onces (qui font 800 onces) ou d’un format de 108 onces ?

Avec la nouvelle orthographe, c’est simple; on met un trait d’union entre tous les éléments d’un nombre écrit au long. On écrira donc cent-huit onces pour 108 onces.

Pour ce qui est du pluriel, dans les petits nombres, seuls vingt et cent sont parfois mis au pluriel.

La raison est simple; dix-sept n’est pas 10 fois 7 alors que quatre-vingts est 4 fois 20. Voilà pourquoi quatre-vingts est au pluriel.

Tout aussi logiquement, on écrira les quatre saisons et les douze mois de l’année (où quatre et douze sont au singulier). Pourquoi ? Parce que ce sont les saisons et les mois qui sont nombreux et non les chiffres 4 et 12.

À la différence d’un nombre, l’adjectif dont il est tiré se conjugue au pluriel. On parlera donc des cinquièmes Jeux olympiques et des quatre (au singulier) Jeux qui les ont précédé.

Dans les cas de vingt et de cent, ils s’accordent au pluriel seulement lorsqu’ils sont placés à la fin du nombre écrit au long. Par exemple, on écrira quatre-vingts et quatre-vingt-cinq.

Même chose pour 100. On écrira deux-cents et deux-cent-trois.

Quant à l’objet dénombré, on ne le met au pluriel qu’à partir de deux. Le médecin écrira à son patient de prendre 1,5 comprimé le matin et deux comprimés au coucher.

En anglais, le pluriel de l’objet s’applique au-delà d’un. Ce même médecin dira à un patient anglophone de prendre 1 tablet in the morning and 1,5 tablets at night.

L’expression d’un rang

Il arrive qu’un chiffre n’exprime pas une quantité mais le rang d’un objet à l’intérieur d’un ensemble.

Un livre peut avoir quatre-cents pages. Mais si je me trouve à la page 300, ce nombre n’exprime pas une quantité, mais un rang; c’est la 300e page. On écrira donc qu’il s’agit de la page trois-cent.

De la même manière, l’adresse civique indique l’ordre des maisons le long d’une rue. Le 80 de la rue Principale n’est pas un complexe immobilier formé de quatre copies de la maison située au 20 de la même rue. On écrira donc : Le Quatre-vingt (au singulier) de la rue Principale.

Même chose pour les années. L’an mille-neuf-cent est la 1900e année de notre ère. Voilà pourquoi le cent final y est au singulier.

Bref, lorsque le nombre exprime un rang, il est toujours invariable.

Mille, millions et milliards

Jusqu’à maintenant, c’est peut-être un peu compliqué, mais c’est logique.

Dépassé 999, c’est différent.

Mille est invariable pour des raisons historiques. En vieux français, mille était déjà le pluriel de mil.

On écrivait alors : « Jeanne-d’Arc est née en mil quatre cent douze » et « La dote de la reine était de deux mille écus.»

De nos jours, cette distinction a disparu. Même dans le cas des années, on peut écrire indistinctement mil-quatre-cent-douze ou mille-quatre-cent-douze à la place de 1412. Mais on ne peut écrire que deux-mille-dix-sept (jamais deux-mil-dix-sept).

Alors pourquoi donc avoir tenu à respecter cette vieille tradition alors qu’il aurait été si simple de faire en sorte que 1 000 obéisse aux même règles que 100 et 20 ?

Mystère…

Millions et milliards sont deux autres exceptions.

Ils prennent le pluriel non seulement lorsqu’ils sont placés à la fin du nombre (ex.: deux-millions d’électeurs) mais également lorsqu’ils se trouvent à l’intérieur du nombre écrit au long (ex.: deux-millions-trente dollars).

Je sais, ce n’est pas très logique, mais c’est comme ça.

Références :
Pourquoi mille est-il invariable?
Trait d’union et numéraux

Sur le même sujet : Le pluriel des couleurs

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm


Pour consulter les textes de ce blogue consacrés à la grammaire et à l’orthographe, veuillez cliquer sur ceci.

Laissez un commentaire »

| Grammaire et orthographe | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La nouvelle armée russe

Publié le 6 septembre 2017 | Temps de lecture : 3 minutes

Depuis Staline, l’armée russe possède la réputation de ne pas faire dans la dentelle. L’invasion russe en Pologne, en 1939, en est un exemple éloquent.

Mais peut-on comparer Staline à Poutine ?

Ruinée par la guerre en Afghanistan, l’URSS se disloque en 1991.

Le budget militaire russe passe de 246 milliards$ en 1988 à 14 milliards$ en 1994 — une chute de 94% en six ans — tandis que les effectifs militaires sont réduits de 80%.

Logés inconfortablement, alimentés médiocrement, les soldats reçoivent une solde de misère. À titre d’exemple, lors de l’enquête sur le naufrage en 2000 du sous-marin nucléaire Koursk — un des plus perfectionnés de la marine russe — on a appris que son commandant gagnait l’équivalent de… 60$US par semaine.

Depuis 2008, la Russie s’est lancée dans un vaste programme de réarmement. À son achèvement en 2020, ce programme aura couté 700 milliards$.

Cet investissement se fait déjà sentir.

Les effectifs russes ont triplé à 3 150 000 soldats, appuyés par deux-millions de réservistes. Pour 2015, le budget de la Défense est de 94 milliards$.

Si le conflit ethnique qui divise les Ukrainiens a fait plus de dix-mille morts, l’annexion proprement dite de la Crimée par la Russie ne s’est soldée que par six morts et très peu de pertes matérielles. Rares, dans l’histoire, ont été les annexions territoriales aussi peu meurtrières.

La brève intervention directe de la Russie en Syrie à l’automne 2015 a provoqué un renversement dans un conflit qui stagnait depuis des années. Et ce, à un cout relativement bas.

Quant aux pertes civiles syriennes, décriées par la presse occidentale, elles sont comparables aux ‘dommages collatéraux’ occasionnés par les milices appuyées par les États-Unis lors de la reconquête de Mossoul et de Raqqa (pertes dont a beaucoup moins parlé).

Depuis la modernisation de l’armée russe, si on fait le bilan des pertes humaines (civiles et militaires) occasionnées par la déstabilisation des États étrangers et les pertes directement causées par les armées russes et américaines, on arrive à ce qui suit (approximativement).

Interventions russes :
• en Géorgie (2008) : 553 morts
• en Ukraine (depuis 2014) : 10 000 morts
• en Syrie (depuis 2015) : 2 000 morts

Interventions occidentales :
• en Libye (2011) : inconnu
• en Irak : inconnu depuis 2008
• en Syrie (depuis 2011) : entre 331 765 et 475 000 morts.

Cinq à dix fois moins puissante que l’armée américaine, la nouvelle armée russe — parce que moins interventionniste que ses rivales — a causé trente fois moins de morts que les armées occidentales depuis 2008.

Références :
Copel É. L’armée russe sous Choïgou. La Revue 2016; no 65-6: 41.
Crise de Crimée
Deuxième guerre d’Ossétie du Sud
Forces armées de la Fédération de Russie
Guerre du Donbass
Intervention militaire de la Russie en Syrie
L’éclipse russe de la Syrie

Laissez un commentaire »

| Géopolitique | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Petite histoire du chocolat

Publié le 5 septembre 2017 | Temps de lecture : 4 minutes
Tasse à chocolat au Museo del Chocolate de La Havane

En 1520, le conquistador Hernán Cortés rapporte du Mexique une recette de chocolat au roi espagnol Philippe II. Il s’agit d’une boisson chocolatée appréciée par le roi aztèque Moctezuma II.

Originellement très taxé en Espagne, le chocolat est alors une boisson de luxe. On boit celle-ci chaude alors que les Aztèques la buvaient à la température ambiante.

Dans des grandes tasses, le chocolat est alors versé à partir d’une chocolatière dont le couvercle est percé d’un trou permettant d’insérer et de retirer le moussoir. Ce moulinet est une tige de bois qu’on fait rouler entre les paumes des mains afin d’homogénéiser et de faire mousser le chocolat.

D’Espagne, le chocolat passe aux Pays-Bas, possession espagnole.

Nommé gouverneur des Pays-Bas espagnols en 1555, Emmanuel-Philbert de Savoie, prince de Piémont, fait connaitre la boisson dans le nord de l’Italie d’où elle dissémine dans les pays voisins (Autriche, Suisse, Allemagne et France).

Chassés par l’Inquisition espagnole en 1609, des Juifs s’installent à Bayonne (au Sud-Est de la France) pour en faire le premier centre de production française de chocolat (position dominante que cette ville conservera jusqu’au XIXe siècle).

En novembre 1615, à Bordeaux, lors du mariage de Louis XIII et de l’infante Anne d’Autriche, une partie de la noblesse française découvre cette boisson espagnole devenue populaire dans la région.

Mais il faudra attendre l’installation de la cour à Versailles, sous Louis XIV, pour que la boisson chocolatée se généralise au sein de l’aristocratie.

Dans sa correspondance, Madame de Sévigny raconte en 1671 que la marquise de Coëtlogon but tellement de chocolat lors de sa grossesse qu’elle accoucha d’un bébé au teint foncé. Sans que cela ait rapport, précisons que le majordome de la marquise était originaire des Antilles…

De Versailles, la mode du chocolat se répand dans toutes les cours d’Europe.

Au XIXe siècle, la fabrication du chocolat subit de profonds bouleversements.

En Hollande, Van Houten invente en 1828 un procédé de solubilisation du cacao débarrassé de son huile. C’est l’invention du chocolat en poudre.

Des chocolateries industrielles naissent en Angleterre, en France, en Suisse et dans les Pays-Bas.

Et pour répondre à la demande, les producteurs européens créent des plantations de cacaoyers dans les colonies africaines de leurs pays respectifs.

Entre 1900 et 2000, la consommation du chocolat augmente de trente fois.

Fèves de cacao

Aujourd’hui, l’Afrique produit 70% du cacao mondial où les neuf dixièmes sont produits par des plantations familiales de très petite taille. Leur rémunération correspond à environ 5% du prix de vente du produit aux consommateurs.

En 1995-1996, El Niño provoque la destruction d’une grande partie des cacaoyers d’Amérique Centrale. Parmi les arbres replantés depuis au Pérou et en Équateur, environ 35% sont des hybrides CCN 51 (surnommé Don Homero).

Son rendement est spectaculaire. Il produit des fèves de cacao après seulement deux ans (au lieu de sept) et ses fèves sont quatre fois plus grosses.

Son seul inconvénient est que le cacao obtenu ne goute pas grand-chose. L’industrie compense donc en ajoutant au chocolat des arômes de synthèse afin de le parfumer.

À votre prochain achat d’une tablette de chocolat, lisez bien la liste de ses ingrédients. Celle-ci pourrait vous indiquer ce à quoi vous avez affaire…

Références :
Histoire et origine du chocolat : de l’Amérique à l’Europe
Origines et essor du chocolat
Ribaut JC. La merveilleuse histoire du chocolat risque de mal finir. La Revue 2016; no 63-4: 131-3.

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5, objectifs Lumix 12-35 mm F/2,8 (1re photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (2e photo)
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 23 mm
2e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 24 mm

Laissez un commentaire »

| Nourriture | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La Grue royale

Publié le 4 septembre 2017 | Temps de lecture : 2 minutes
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Appelé également Grue couronnée grise (ou Balearica regulorum), cet échassier vit dans les prairies inondées temporairement à proximité des lacs et des rivières du Centre-Est et dans une moindre mesure, du Sud-Est de l’Afrique.

D’une envergure de deux mètres, l’adulte mesure environ un mètre (sans les pattes) et pèse aux alentours de 3,5kg.

Il se distingue par ses joues blanches et sa tête noire couronnée d’un panache de fines plumes dorées. Les tempes sont rouges, de même que le sac qui lui pend sous la bouche.

On qualifie ce sac de gulaire puisqu’il est situé près de la gueule.

Les yeux sont bleu-gris.

Il a le corps couvert d’une magnifique succession de longues plumes qui se chevauchent du cou gris pâle au dos gris foncé.

Déployées en croissant, les ailes sont bicolores. Le haut de l’aile est blanc. Il est entouré, au bas de l’aile, par une rangée de longues plumes brunes qui deviennent noires à l’apex. La queue, plutôt courte, est noire.

L’oiseau est perché sur de longues pattes grises qui se terminent par de longs doigts qui assurent son équilibre.

Omnivore, l’oiseau se nourrit de plantes, de graines, d’insectes et de grenouilles, de vers, de petits reptiles, et de petits poissons.

Mâle et femelle construisent conjointement le nid dans les hautes herbes des zones humides, à au moins un mètre au-dessus de l’eau. Ce nid est formé d’herbes et de plantes.

La femelle y pond un à quatre œufs qu’elle couve, elle et son conjoint, pendant environ un mois. Les oisillons quittent le nid entre la 56e et la centième journée.

Son habitat naturel est menacé par le drainage, le surpâturage, la mise en culture des terres arabes, la construction des barrages et l’usage des pesticides. Voilà pourquoi, depuis 2012, on considère cet oiseau comme une espèce en danger.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm — 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm

Laissez un commentaire »

| Animaux, Nature, Ornitologie | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel