La nouvelle guerre froide

Publié le 22 mars 2021 | Temps de lecture : 8 minutes

Introduction

Cette semaine, le nouveau président américain a qualifié son homologue russe d’assassin. Pendant ce temps, le secrétaire américain à la Défense sonnait l’alarme au sujet de l’érosion de la suprématie militaire américaine face à la Chine.

Le miroir aux insultes

En réalité, dans tous les états totalitaires, les opposants politiques s’expriment au risque de leur vie.

Parlez-en à la veuve du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, dépecé à la tronçonneuse par des sbires de MBS (Mister Bone Saw). Sans parler de toutes les personnes disparues à l’époque où Washington couvrait l’Amérique latine de dictateurs à sa solde.

Washington aura beau dire qu’en assassinant le général iranien Qassem Soleimani, il a sauvé la vie de tous les civils qu’il s’apprêtait à tuer, le fait demeure que depuis un quart de siècle, les généraux américains ont tué considérablement plus de civils que leurs collègues iraniens en guerroyant en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie.

Une suprématie menacée

À l’heure actuelle, l’arsenal militaire américain possède vingt fois plus d’ogives nucléaires que la Chine.

Le tonnage de sa marine de guerre est le double de celui de la Chine, sans tenir compte de la sophistication écrasante de la technologie qui équipe ses navires.

On compte deux-mille chasseurs-bombardiers américains versus 600 chinois.

Et la puissance américaine se déploie dans 800 bases militaires à travers le monde alors que la Chine n’en possède que trois.

Le budget militaire chinois correspond à 1,5 % de son produit intérieur brut, soit moins que la norme au sein des pays de l’OTAN.

De son côté, le budget américain à la Défense équivaut à celui combiné des dix autres pays les plus dépensiers à ce sujet, dont six alliés de Washington; la Chine, l’Inde, la Russie, l’Arabie saoudite (alliée), la France (alliée), l’Allemagne (alliée), le Royaume-Uni (allié), le Japon (allié), la Corée du Sud (alliée), et le Brésil.

Depuis plus de mille ans, le pays dominant l’est en raison de sa puissance économique.

Au cours de son histoire, la Chine a perdu toutes les guerres qui l’opposaient à ses voisins. Ce qui ne l’a pas empêché d’être, pendant des siècles, le pays le plus riche au monde.

En 1820, au sommet de sa puissance économique, le produit intérieur brut de la Chine représentait 32,9 % de l’économie mondiale. Par comparaison, de nos jours, les États-Unis en représentent un peu moins de 20 %.

La Chine commerçait avec tous les marchands prêts à donner de l’or pour se procurer des biens de luxe chinois; de la porcelaine, de la soie et des épices, entre autres.

À l’autre bout du monde, la montée en puissance de l’Angleterre débute au XVIIIe siècle avec l’invention de la machine à vapeur. Celle-ci était alimentée par une ressource naturelle très abondante dans ce pays; le charbon.

Grâce à la tisseuse mécanique, on pouvait produire du textile moins cher que partout ailleurs. Conséquemment, les filatures anglaises firent la conquête du monde.

Contrairement à la Chine qui produisait ses biens de luxe à partir de ses propres ressources naturelles — le ver à soie, le kaolin pour la porcelaine, etc.— et qui vendait ses biens aux caravaniers et aux navires qui venait s’approvisionner chez elle, l’Angleterre ne produisant pas de coton.

La marine marchande anglaise se développa pour importer des matières premières et exporter des produits finis. Et pour protéger ses sources d’approvisionnement et ses marchés d’exportation, l’Angleterre consacra une partie de sa richesse à bâtir des navires de guerre.

Avec la découverte du pétrole et l’invention du moteur à explosion, le centre de gravité de l’âge thermo-industriel bascule aux États-Unis où l’invention de la chaine de montage automobile permet aux États-Unis de faire la conquête du monde.

Par la suite, la suprématie militaire américaine sera la conséquence de la montée en puissance de son économie (et non l’inverse).

Alors que la Chine n’a jamais tenté d’imposer son modèle étatique (sauf à l’époque maoïste), la manie des peuples anglo-saxons d’imposer leurs valeurs morales aux autres les prédisposait à être manipulés par leur complexe militaro-industriel.

Au nom de la défense de la démocratie parlementaire, les États-Unis ont renversé les régimes autoritaires qui ne leur convenaient pas sans jamais réussir à pacifier les pays qu’ils ont longuement occupé militairement.

Malheureusement pour eux (et nous qui en dépendons), les Américains ont ainsi gaspillé des sommes colossales à faire la guerre, de même qu’à imposer au monde les lois écrites par le grand capital international que ce dernier fait adopter ensuite par le Congrès américain.

Une des différences fondamentales entre la Chine et les États-Unis, c’est que la Chine est autoritaire à l’égard de son propre peuple alors que les États-Unis le sont hors de leurs frontières.

Après avoir longtemps piraté la technologie occidentale, la Chine est maintenant devenue une puissance technologique à part entière.

Or, comme nous venons de le voir, la suprématie technologique — et non la puissance militaire — est l’assise de la suprématie mondiale depuis le début de l’âge thermo-industriel.

En 2015, le nombre de brevets chinois était supérieur au nombre de brevets américains, japonais, coréens et européens réunis.

En 2017, les établissements américains d’enseignement supérieur (lycées, universités, écoles spécialisées) ont décerné 3,9 millions de diplômes (dont plus d’un demi-million à des étudiants étrangers).

En 2012, les universités chinoises décernaient 6,2 millions de diplômes, sans compter les 800 000 étudiants chinois diplômés à l’Étranger.

Rien n’illustre mieux le retard technologique des États-Unis que cette contamination de milliers d’ordinateurs gouvernementaux par des virus (probablement russes), une contamination qui s’est propagée pendant des mois sans éveiller des soupçons à Washington.

L’indignation bruyante des Américains ne trompe personne; leur pays n’est plus le symbole de l’excellence.

D’autre part, depuis 1979, les États-Unis ont dépensé 3 000 milliards de dollars en dépenses militaires.

À elle seule, la mise au point du chasseur-bombardier F-35 aura couté 1 700 milliards de dollars au Trésor américain. Ce qui correspond approximativement au cout estimé de la construction (encore embryonnaire) de la nouvelle Route de la soie, ce réseau routier ultramoderne destiné à apporter à la Chine les matières premières dont elle a besoin et à exporter les biens qu’elle fabrique.

La Chine a construit près de 30 000 km de chemins de fer pour ses trains à grande vitesse, mis sur pied le plus vaste réseau de tours de transmission de téléphonie 5G, construit des ponts, des routes, modernisé ses infrastructures et construit des millions de tours résidentielles (dont beaucoup sont encore inoccupées).

Sa gestion draconienne de la pandémie au Covid-19 a non seulement épargné des millions de vies chinoises, mais lui a permis une croissance économique en 2020 alors que l’économie américaine souffrait des politiques sanitaires plus libérales décidées par une classe politique plus intéressée à se quereller au sujet du port du masque qu’à sauver des vies humaines.

En somme, les États-Unis et le Canada peuvent bien se lancer dans une guerre de mots contre la Chine et dresser un rideau de fer technologique contre elle, cela ne l’empêchera pas de nous vendre les produits électroniques qu’elle fabrique (dont nous ne pouvons plus nous passer) et de prélever ses ‘honoraires’ sur tous les produits fait ailleurs, mais dont la fabrication nécessite le recours à des métaux stratégiques dont elle détient le monopole extractif.

Oui, la Chine est une menace à la suprématie américaine. Mais cette suprématie n’est pas celle qu’on pense.

Références :
At war with the truth
Chine ou États-Unis, lequel est plus dangereux ?
Les conséquences géostratégiques du basculement vers les énergies vertes
Jamal Khashoggi
La Chine championne du monde des dépôts de brevet
La Chine, dragon de l’innovation
L’affaire Huawei : dure pour le Canada, la vie de caniche américain
Qassem Soleimani
The Pentagon’s Bottomless Money Pit
The Pentagon is using China as an excuse for huge new budgets

Parus depuis :
Géopolitique de la science : la Chine accélère (2022-06-29)
Géopolitique : « La mobilisation contre la Chine fait l’unanimité aux Etats-Unis » (2022-09-23)
Les défis de la filière des véhicules électriques (2023-05-30)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


De Montréal à Helsinki

Publié le 21 mars 2021 | Temps de lecture : 3 minutes
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Ce court diaporama est le premier d’une série consacrée au voyage à Helsinki que j’ai effectué du 31 juillet au 18 aout 2018.

Essentiellement, on y voit un aperçu de l’aéroport P.E.-Trudeau, le vol de Montréal à Amsterdam, puis celui d’Amsterdam à Helsinki.

Peu de temps après le départ d’Amsterdam, nous survolons (de 1:08 à 1:23) certaines des serres horticoles qui font la réputation de la capitale hollandaise.

À 1:28, cette vue aérienne montre le grand nombre d’iles qui entourent Helsinki.

Le golfe de Finlande qui baigne la ville sert de tampon thermique qui atténue les écarts de température entre le jour et la nuit.

Si bien qu’en dépit de sa latitude nordique de 60°10 — située entre Montréal (45°37) et le pôle Nord (90°) — les températures qui y règnent sont très près de celles de Montréal.

L’aéroport est desservi par une ligne ferroviaire circulaire à deux voies dont le terminus est situé au centre-ville d’Helsinki (plan à 1:52). Sur cette carte, chaque station est identifiée par ses noms en finlandais et en suédois.

Les trains qui y circulent dans le sens horaire forment la ligne P. Tandis que ceux qui empruntent cette ligne dans le sens antihoraire forment la ligne I.

Étant donné que la capitale finlandaise est située à l’extrémité sud du pays, les trains de cette ligne ferroviaire font office de trains de banlieue.

La plupart de ses stations sont reliées à des lignes d’autobus et, dans le cas de la capitale, à tout son réseau de transport en commun (dont le métro).

Puisque l’appartement que j’avais loué (à 58,20$Can la nuit) était à quinze minutes de marche de la station Huopalahti (à 2:05), le plus court chemin pour l’atteindre était d’emprunter la ligne I.

Au cours de ce voyage, presque tous mes repas ont été pris à l’appartement. Et comme je me suis efforcé de manger à la finlandaise, voici (à 2:17) quelques-uns des aliments typiques que j’ai achetés pour le repas du midi.

Il est à noter que le jambon et les fromages tranchés les plus couramment offerts à l’épicerie sont taillés pour être utilisés sur de petites tranches de pain de seigle.

À ceux qui hésiteraient à adopter une telle diète (qui comprenait du gruau au petit déjeuner et de la soupe et du saumon au repas du soir), sachez que la diète finlandaise est lourde, mais saine et très plaisante.

En particulier, je dois avouer que normalement, je ne suis pas friand du pain de seigle. Et pourtant, celui de marque Fazer m’a séduit par son parfum floral très agréable.

Détails techniques : Le diaporama présente 48 photos et quatre vidéos réalisés à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5 mark II.

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (39 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (5 photos) et le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (4 photos).

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Vive le printemps !

Publié le 20 mars 2021 | Temps de lecture : 1 minute
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Ce printemps-ci ne fait pas qu’annoncer le retour du beau temps; il anticipe aussi la fin d’un long hiver. Un hiver qui aura duré plus d’un an.

Le chemin qu’il nous reste à parcourir sera parsemé d’embuches et ponctué de sacrifices.

Mais l’arrivée du printemps fait partie de ces jours où l’optimisme est de mise.

Alors célébrons la renaissance de l’espoir. De notre espoir dans le retour de la vie, de l’amitié et de la joie d’être ensemble…

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le pays du bonheur

Publié le 19 mars 2021 | Temps de lecture : 2 minutes
Cathédrale luthérienne d’Helsinki

On apprend aujourd’hui que la Finlande s’est hissée de nouveau au sommet du palmarès des pays les plus heureux au monde.

Malgré des taxes et des impôts très élevés, très peu de Finlandais remettent en question leur État-providence, convaincus d’en avoir pour leur argent.

C’est pour comprendre le paradoxe finlandais que j’avais entrepris d’y prendre mes vacances annuelles en aout 2018.

Après avoir publié le récit de ce voyage, j’avais différé la publication de mes photos sous forme de diaporamas en raison de l’éclatement de la crise sanitaire.

Publier des photos de voyage quand tout le monde est confiné chez soi, c’est comme manger une grosse portion de gâteau au chocolat sous les yeux de quelqu’un au régime.

Malgré de nouveaux confinements en raison de l’émergence de variants, il est permis d’espérer que la vaccination nous apportera des jours meilleurs.

Voilà pourquoi je publierai bientôt des diaporamas qui donneront un aperçu de ce peuple qui m’a fasciné.

Référence : La Finlande, pays le plus heureux du monde

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/6400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 24 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Néolibéralisme et crises sanitaires

Publié le 18 mars 2021 | Temps de lecture : 7 minutes

La fragilisation du système de santé

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est une organisation internationale qui encourage la libéralisation économique par les moyens du libre-échange et de la concurrence afin de favoriser l’innovation et les gains de productivité.

À cette fin, elle publie des études comparatives qui permettent de distinguer les pays qui ont le mieux réussi à s’acquitter de leurs missions au plus faible cout possible.

Grâce au libre-échange, on croyait qu’il n’était plus nécessaire de maintenir des stocks stratégiques d’équipement de protection; il suffisait de commander de nouveaux masques produits à l’autre bout du monde si jamais on en avait besoin.

De plus, sous l’influence de l’OCDE, on a réduit le ratio du nombre de lits par million d’habitants et on a institué de nouveaux modèles de gestion des établissements de Santé.

Dans l’optique néolibérale, le capital est ce qu’on investit dans la construction des édifices et l’achat d’équipement. Le salaire des employés est une dépense comme le sont les frais de chauffage. Quant aux employés eux-mêmes, il s’agit d’une commodité au même titre que le mobilier… sauf que les humains sont capables de locomotion, ce qui nous dispense de les soulever pour les déplacer d’un étage à l’autre.

Dans les hospices (qu’on appelle CHSLD au Québec), on a réduit au plus strict minimum le nombre d’employés afin de maximiser leur productivité.

Et lorsque surviennent des vacances (grossesses, démissions, congés de maladie, vacances annuelles, etc.), on fait appel à des agences privées pour boucher temporairement les trous.

Ce modèle a été adopté par toutes les provinces canadiennes, poussées à cela par la diminution des transferts en Santé d’Ottawa.

Mais grâce à la réforme du ministre Barrette — réalisée par ses ajoints, dont le Dr Horacio Arruda — c’est au Québec que cette intégration entre le public et le privé a été la plus poussée.

Si bien qu’au début de la pandémie au Covid-19, certaines provinces ont été capables d’interdire les mouvements de personnel d’un établissement à l’autre alors que le Québec a voulu… mais n’a pas pu.

Il n’a pas pu parce que l’intégration entre le public et le privé est telle que sans les agences, le système s’effondre.

Une lutte sanitaire néolibérale

Au tout début de la pandémie, le premier ministre a pris la sage décision de confier la lutte sanitaire à des experts.

Mais il a commis deux erreurs.

La première aura été de confier aux mêmes personnes tous les aspects de cette crise, qu’il s’agisse de ses aspects médicaux ou de ses aspects logistiques.

La deuxième a été de confier cette lutte au Dr Arruda.

Bien que doté d’un diplôme en médecine, celui-ci n’exerce plus cette profession depuis des années, devenu gestionnaire spécialisé de notre réseau de santé.

Or sa carrière a été marquée sous le signe de l’austérité et de la recherche du résultat avec le moins d’investissements publics.

Si bien que dès le début de cette pandémie, la Santé publique a dévoilé sa stratégie sanitaire; laisser se développer l’immunité ‘naturelle’, ce qui veut dire laisser les citoyens l’attraper.

Quand les gens chargés de nous protéger d’une épidémie préfèrent au contraire qu’on l’attrape, on a un problème.

Au sein de la droite américaine, influente au sein du gouvernement actuel, vouloir combattre une pandémie, c’est comme vouloir arrêter le vent.

C’est aux États-Unis qu’on trouve la grande majorité des experts sanitaires de la planète. Sous l’administration Trump, on a systématiquement ignoré leurs avis; on a déconseillé le port du masque, on a peu testé, peu recherché les foyers de propagation et, de manière générale, laissé la pandémie faire des victimes.

Au Québec, on a fait pareil.

L’objectif des autorités sanitaires du Québec a donc été de favoriser la contagion jugée inévitable au sein de la population tout en empêchant le système hospitalier d’être débordé.

Et pour minimiser le risque de poursuites judiciaires, on a préconisé la distanciation sociale seule et le lavage des mains, c’est-à-dire les deux mesures les moins efficaces contre cette pandémie.

Tout ce qui aurait permis aux gens de se protéger efficacement (le port du masque et le recours à des purificateurs d’air de type HEPA, par exemple) a été déconseillé. Conséquemment, le nombre des hospitalisés a augmenté.

Et lorsque les hôpitaux s’approchaient du point de saturation, on a confiné.

À l’opposé du lavage des mains et de la distance sanitaire seule, le confinement est très efficace pour arrêter la propagation de l’infection. Pour une raison évidente; on ne peut attraper un microbe auquel on n’est pas exposé.

Mais dès que beaucoup de lits devenaient libres, on déconfinait sans chercher à éteindre les foyers résiduels d’infection. Ce qui aurait permis d’éradiquer la pandémie.

Et comme on baissait la garde, la contamination revenait de plus belle.

Partout en Occident, ce fut pareil.

Si bien que tous les pays riches d’Occident ont lamentablement échoué à protéger leur population contre cette pandémie. Alors qu’en Extrême-Orient et en Océanie, d’autres pays ont brillamment réussi en plaçant la protection de leurs citoyens au sommet de leurs priorités.

En voulant maintenir l’activité économique à tout prix, les pays occidentaux sont allés de confinements en déconfinements prématurés, si bien que d’un confinement-surprise à l’autre, beaucoup de petites entreprises n’ont pas survécu.

Selon le ministre de l’Économie et de l’Innovation, les mesures sanitaires ont poussé à la faillite seize-mille entreprises québécoises, ce qui représente 56 % de toutes les faillites au Canada.

À 80 %, les entreprises disparues sont des restaurants et des bars. Elles comptent pour six pour cent des entreprises du Québec (qui sont au nombre de 250 000).

À cela s’ajoute un nombre inconnu (mais probablement considérable) de petites ou moyennes entreprises qui éprouvent des difficultés financières qui menacent leur survie.

Tous les dirigeants politiques aiment annoncer des investissements de milliards de dollars. Mais ce qu’on oublie trop souvent, c’est que l’économie québécoise repose essentiellement sur la petite ou moyenne entreprise.

Ce qui emploie la majorité d’entre nous, ce sont des épiceries, des restaurants, des pharmacies, des salons de coiffure, des quincailleries, etc. Ce sont eux qui nous font vivre.

La gestion catastrophique de cette crise sanitaire — contre laquelle aucun pays riche d’Occident n’était préparé, mais qui fut pire ici qu’ailleurs — a causé non seulement une hécatombe qui prive nos sociétés de talents, mais a également brisé les vies de milliers de petits entrepreneurs qu’on associe à tort au ‘1 %’ alors qu’ils font partie, comme nous, du ‘99 %’.

Références :
Apprendre à vivre sous la menace du Covid-19 : les non-dits de nos gouvernements
Au Québec, la grippe saisonnière est plus à craindre que le coronavirus, dit le Dr Arruda
Covid-19 : ‘aplatir la courbe’ ne suffit pas
Covid-19 : la cigale québécoise
Covid-19 : l’utilisation ‘judicieuse’ des masques
Covid-19 : oui aux ventilateurs, non aux purificateurs HEPA ?
Le dépistage ‘massif’ du Covid-19 au Québec : une plaisanterie
Qu’attend Québec pour imposer le masque?
Voyage au Maroc : le Dr Arruda s’est absenté 12 jours au début de la crise

Parus depuis :
Les entreprises québécoises inquiètes pour leur avenir (2021-04-03)
La stratégie du «zéro COVID-19» a été plus payante que le «vivre avec» (2021-05-07)
Dépistage chez les travailleurs essentiels — Une méthode « sûre, acceptable et peu coûteuse », conclut l’étude (2021-06-15)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : doit-on forcer les soignants à se faire vacciner ?

Publié le 17 mars 2021 | Temps de lecture : 6 minutes

Sur les ondes de la chaine de nouvelles CNN, tous les experts juristes consultés s’entendent pour dire qu’un employeur possède le droit de contraindre ses employés à se faire vacciner s’ils sont susceptibles de contaminer sa clientèle.

Cela est d’autant plus vrai dans le cas des établissements de Santé. En raison de leur vulnérabilité, il est primordial d’assurer la protection des personnes qui y sont admises.

Mais les choses sont parfois plus complexes qu’on pense.

Le droit international est formel; chaque personne soumise à un traitement expérimental doit y consentir de manière libre et éclairée.

La campagne de vaccination au Québec se déroule selon un protocole qui n’est appuyé par aucune étude scientifique. C’est donc un traitement expérimental à grande échelle.

Lorsqu’administrées espacées correctement (soit trois ou quatre semaines et non trois mois), les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna sont efficaces à 94 % ou à 95 %. En d’autres mots, il y a 5 % ou 6 % d’échec vaccinal.

Or qu’arrive-t-il en cas d’échec vaccinal ? Les études ont démontré que parmi les vaccinés qui attrapent le Covid-19 quand même, aucun n’en meure et aucun ne l’attrape de manière suffisamment sévère pour être hospitalisé.

En somme, ils demeurent asymptomatiques ou l’attrapent comme s’il s’agissait d’une grippette.

Dans une étude de grande envergure réalisée récemment en Israël, celle-ci a démontré que le vaccin de Pfizer prévient 57 % des infections symptomatiques dès la première dose.

Si une dose de vaccin protège à 57 %, cela veut dire que la vaccination échoue dans le reste, soit 43 % de ceux qui ne reçoivent qu’une seule dose.

Dans le cas de la vaccination expérimentale du Québec, quel est le pourcentage d’échecs au-delà des trois semaines de l’expérience israélienne ? On ne sait pas. Combien de vaccinés ont attrapé l’infection d’une manière suffisamment sévère pour être hospitalisés ? On l’ignore. Et quel est le pourcentage des vaccinés qui sont morts quand même du Covid-19 ? On l’ignore aussi.

Ce qu’on sait, c’est qu’un mois après avoir administré la première dose au Canada d’un vaccin de Pfizer/BioNTech à une résidente d’un hospice et y avoir vacciné 202 autres résidents, de même que 125 membres du personnel, 37 résidents sont décédés du Covid-19 et 95 travailleurs l’ont contracté, soit 76 % du personnel.

Sachant que cette première séance de vaccination au Québec fut un évènement super-propagateur, on comprendra donc les inquiétudes des travailleurs de la Santé au sujet de leur vaccination obligatoire.

Au cours de la première vague, on a forcé les travailleurs de la Santé à travailler à visage découvert au lieu de leur suggérer de porter un masque artisanal (à défaut d’avoir la protection nécessaire).

Résultat ? 41 384 soignants ont été infectés et dix-huit en sont morts.

Doit-on maintenant forcer ces travailleurs à se soumettre à une vaccination expérimentale dont personne ne connait l’efficacité ?

Je ne crois pas. Pour une raison très simple; bien porté, un masque N95 protège autant qu’un vaccin administré correctement. Autant pour celui qui le porte que pour ceux qu’il rencontre. En somme, le masque N95 est un vaccin amovible.

Dans nos établissements de Santé, voulons-nous retourner en pénurie de personnel ? Non ? Alors il faudrait commencer à respecter ceux qui y travaillent.

S’ils préfèrent, à tort ou à raison, porter un masque N95 plutôt que de servir de sujets d’expérience à une vaccination atypique, c’est leur choix. Respectons ce choix et fournissons-leur enfin l’équipement de protection qu’ils réclament depuis le début de la pandémie.

À 43 % d’échec vaccinal, les travailleurs de la Santé savent qu’il vaut mieux compter sur la protection d’un masque N95 que sur celle d’une vaccination bâclée.

À titre d’exemple, je suis un partisan inconditionnel des vaccins. Et je veux me faire vacciner. Mais il est hors de question que je serve de cobaye aux incompétents qui dirigent la lutte sanitaire au Québec.

J’attends donc l’arrivée des vaccins à une seule dose ou je serai heureux de prendre la place d’un catholique qui refusera — Dieu merci ! — ses vaccins d’AstraZeneca (qui eux, se donnent à raison de deux doses espacées de trois mois).

Et même dans ce dernier cas, je suis inquiet puisque le premier ministre a exprimé sa volonté que tous les Québécois qui le veulent soient vaccinés (sous-entendu : avec une première dose) au 24 juin prochain.

Puisque la Santé publique du Québec a négligé de se doter des capacités logistiques de procéder à une vaccination généralisée de manière rapide, la seule manière de se conformer au souhait du premier ministre sera de différer indéfiniment l’administration de la deuxième dose.

On commence déjà à évoquer cette possibilité…

Références :
BNT162b2 mRNA Covid-19 Vaccine in a Nationwide Mass Vaccination Setting
Des masques N95 aux soignants… 10 mois après une recommandation
La moitié des soignants de première ligne ne sont toujours pas vaccinés dans le Grand Montréal
Tous les Québécois auront reçu une dose d’ici le 24 juin, prévoit Legault
Vaccins et vulnérabilité résiduelle

Parus depuis :
Même vaccinée, une femme de 50 ans est sous oxygène à cause d’un variant (2021-04-08)
Un premier cas de variant indien au Québec (2021-04-21)

Complément de lecture :
Les autorités sanitaires du Québec et la justice

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La bijouterie Fouquet

Publié le 15 mars 2021 | Temps de lecture : 2 minutes




 
De nos jours, le nom ‘Fouquet’ est associé à un restaurant situé sur les Champs-Élysées.

Mais au début du XXe siècle, qui disait ‘Fouquet’ voulait parler du bijoutier Georges Fouquet, dont les créations hors de prix faisaient l’envie de toute la haute société parisienne.

Avant d’acquérir cette célébrité, Georges Fouquet n’était qu’un des nombreux maitres de la haute joaillerie française.

En 1899, il fait la rencontre d’Alfons Mucha, artiste touche-à-tout, déjà renommé pour ses affiches. À deux, ils conçoivent une série de bijoux étranges et fascinants qui remportèrent un vif succès à l’exposition universelle de 1900.

Cette exposition fit de Fouquet le joaillier parisien à la mode et donc, le grand rival du bijoutier René Lalique. Ce dernier avait travaillé pour différents joailliers (dont Fouquet) avant d’ouvrir sa propre bijouterie en 1885.

Conscient de son nouveau prestige, quand Fouquet décida en 1901 de déménager sa bijouterie sur la rue Royale, il demanda à Mucha d’en concevoir la décoration.




 
Ce dernier imagina un espace intime d’une grande complexité décorative où plâtres, vitraux, mosaïques et sculptures en bronze n’avaient pour utilité que d’émerveiller et rendre la clientèle vulnérable à la beauté de quelques bijoux d’Art protégés ici et là sous une bulle de verre.


La boutique était tellement Art nouveau qu’elle se démoda rapidement quand ce style fut remplacé par l’Art déco.

Elle fut démontée en 1923. Heureusement, Georges Fouquet fit don en 1938 de la plupart de ses éléments au musée Carnavalet (où ces photos ont été prises).

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5, objectifs PanLeica 25 mm F/1,4 (2e, 5e et 6e photos) et M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 7 mm
2e  photo : 1/200 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 7 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 14 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 250 — 25 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 7 mm
8e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 14 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : les trois premiers mois de la vaccination au Québec

Publié le 14 mars 2021 | Temps de lecture : 8 minutes

Introduction

Le 14 décembre 2020, il y a donc trois mois, une première personne au Canada était vaccinée contre le Covid-19.

Sous l’œil des caméras de tout le pays, Gisèle Lévesque, 89 ans, recevait la première de ses deux doses du vaccin de Pfizer/BioNTech. Prévue trois mois plus tard, sa deuxième dose lui a finalement été administrée le 5 mars dernier.

Un mauvais présage

Dès le départ, les autorités sanitaires du Québec ont choisi d’espacer de trois mois les deux doses du vaccin de Pfizer alors que ce dernier a été homologué pour être utilisé à raison de deux doses espacées de trois semaines et non de trois mois.

Dans l’hospice où demeure Mme Lévesque, sur les 230 résidents, 202 ont accepté d’être vaccinés, tout comme 125 membres du personnel.

Le 14 janvier 2021, soit un mois plus tard, Radio-Canada rapportait : “ La COVID-19 continue de se propager au CHSLD Saint-Antoine, malgré l’opération de vaccination de la mi-décembre. (…) Depuis décembre, 37 résidents du CHSLD Saint-Antoine sont décédés de la maladie et 95 travailleurs de l’établissement l’ont contracté…” …soit 76 % du personnel.

De toute évidence, cette première séance de vaccination fut un évènement super-propagateur. On ne saura jamais si le virus a été apporté par les équipes de vaccination ou par les journalistes invités à couvrir l’évènement.

Mme Lévesque contracta le Covid-19 deux semaines après avoir reçu sa première dose : heureusement, elle y survécut.

Immunité modeste et immunité robuste

Au moment de la mise en marché de son vaccin, Pfizer soutenait qu’il protégeait 89 % des vaccinés après une première dose et 95 % des vaccinés après leur deuxième dose.

En se basant sur cette différence minime, la Santé publique a décidé de différer l’administration de la deuxième dose afin de vacciner le maximum de personnes avec les vaccins disponibles.

Toutefois, cette décision ne tenait pas compte du fait que le fabricant qualifiait de modeste l’immunité conférée par une première dose et de robuste celle résultant d’une deuxième dose.

Depuis, les résultats des campagnes de vaccination démontrent qu’on obtient une réponse immunitaire robuste dès la première dose du vaccin de Pfizer chez ceux qui ont déjà contracté l’infection puisque dans leur cas, le vaccin sert de rappel (comme la deuxième dose chez ceux qui n’ont jamais contracté l’infection).

De plus, dans une autre étude réalisée auprès de douze-mille vaccinés, celle-ci a démontré que le vaccin de Pfizer prévient 57 % des infections symptomatiques dès la première dose et 88 % après la deuxième dose.

Si une dose vaccin protège à 57 %, cela veut dire que la vaccination échoue dans le reste, soit 43 % de ceux qui ne reçoivent qu’une seule dose.

Qu’en est-il de l’expérience atypique du Québec ?

À part une étude très mal faite dont nous avons parlé sur ce blogue, la Santé publique n’a publié aucune donnée à ce sujet.

Quel est le pourcentage d’échec vaccinal au Québec ? On ne sait pas. Combien de vaccinés ont attrapé l’infection d’une manière suffisamment sévère pour être hospitalisés ? On l’ignore. Et quel est le pourcentage des vaccinés qui sont morts quand même du Covid-19 ? On l’ignore aussi.

Bref, si la Santé publique effectue un suivi de sa campagne de vaccination, elle est demeurée complètement opaque à ce sujet.

Ce qui n’augure rien de bon.

Par contre, lorsque la vaccination s’effectue conformément à la science, les études scientifiques ont démontré qu’aucun décès et aucune hospitalisation ne résulte de l’échec de la vaccination.

En d’autres mots, les personnes chez qui la vaccination échoue peuvent de nouveau attraper le Covid-19. Toutefois, ils l’attraperont sans s’en rendre compte ou de manière tellement faible qu’ils ne sentiront pas le besoin de se rendre à l’urgence d’un hôpital.

Ceci étant dit, une fois le vaccin administré à des millions de personnes, on pourrait se rendre compte que la probabilité d’effets graves à la suite d’un échec vaccinal n’est pas totalement nulle. Toutefois, on peut présumer que ces cas seront rarissimes.

Une vaccination à pas de tortue

La population américaine est de 330 millions d’habitants. Au moment où ces lignes sont écrites, 107 millions de doses du vaccin de Pfizer et de Moderna ont été administrées aux États-Unis.

Plus précisément, dix pour cent des gens y ont reçu une seule dose, et un autre dix pour cent ont reçu leur deuxième dose (et sont donc complètement vaccinés). En d’autres mots, un cinquième des Américains sont vaccinés, dont la moitié de ceux-ci, parfaitement.

Le président Biden s’est fixé comme objectif de faire en sorte que tous les habitants du pays qui le veulent soient vaccinés au 4 juillet prochain (le jour de la Fête nationale américaine).

Avant même que le Canada éprouve des difficultés d’approvisionnement en vaccins, les autorités sanitaires du Québec avaient comme objectif de vacciner 650 000 personnes d’ici la fin du mois de mars.

À ce jour, 648 663 doses de vaccin ont été administrées au Québec. Depuis le 5 mars, Mme Gisèle Lévesque fait partie des rares personnes qui ont reçu leur deuxième dose.

Pour atteindre l’immunité grégaire, 70 % de la population québécoise doit être complètement immunisée au virus.

Au rythme de 650 000 vaccins en trois mois, l’immunité grégaire sera atteinte dans vingt-huit mois, c’est-à-dire dans plus de deux ans, s’il suffit de recevoir une seule dose pour l’atteindre. S’il en faut deux, il faudra patienter plus de quatre ans… si l’immunité conférée dure aussi longtemps. Sinon, il faudra recommencer et vacciner perpétuellement.

Calcul détaillé

Le calcul est simple. En trois mois, administrer 650 000 doses, cela correspond à une moyenne mensuelle de 217 000 injections. C’est le rythme actuel de la campagne ‘massive’ (sic) de vaccination du Québec.

Pour atteindre l’immunité grégaire, il faut que 70 % des Québécois soient complètement immunisés au Covid-19. Or 70 %, c’est six-millions de personnes.

Divisons six-millions d’injections d’un vaccin à une dose ou douze-millions d’injections d’un vaccin à deux doses par le rythme actuel de vaccination et cela prendra respectivement 27,6 mois et 55,3 mois.

C’est un rythme sept à quatorze fois plus lent qu’aux États-Unis, sans parler d’Israël et de la Grande-Bretagne.

Conclusion

À moins d’accélérer la cadence de manière substantielle, le Québec aura donc été soumis à l’alternance incessante des confinements et des déconfinements lorsque surviendront les prochaines élections québécoises, prévues en octobre 2022.

D’une fois à l’autre aura augmenté le nombre des personnes exaspérées par les mesures sanitaires.

Pendant ce temps, aux États-Unis, les restaurants, les cinémas, et les endroits de villégiature seront noirs de gens souriants et décontractés célébrant l’éradication de la pandémie en sol américain.

Peut-être y a-t-il là matière à inquiétude pour nos dirigeants politiques.

En effet, l’heure des explications approche…

Références :
COVID-19 : Gisèle Lévesque devient la première personne vaccinée au Canada
Covid-19 : vaccination vs immunisation
Données de vaccination contre la COVID-19 au Québec
La première vaccinée du Canada a contracté la COVID-19
Sept résidents vaccinés du Centre Maimonides contractent la COVID-19
Single Pfizer vaccine shot provides strong protection for those who’ve had Covid-19, UK studies suggest
UK study finds one dose of Pfizer/BioNTech vaccine reduces risk of infection by 72%

Parus depuis
La moitié des soignants de première ligne ne sont toujours pas vaccinés dans le Grand Montréal (2021-03-17)
Même vaccinée, une femme de 50 ans est sous oxygène à cause d’un variant (2021-04-08)
St. Mary’s Hospital installs air purifiers in ER after staff outbreak (2021-05-07)
Mourir en attendant sa deuxième dose (2021-05-25)

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : oui aux ventilateurs, non aux purificateurs HEPA ?

Publié le 12 mars 2021 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

Les ventilateurs sont des appareils destinés à faire circuler l’air. Ils sont habituellement constitués de pales qui tournent autour d’un axe.

Les purificateurs sont des dispositifs qui aspirent, filtrent et rejettent l’air débarrassé de particules en suspension.

Ceux équipés d’un filtre HEPA sont utilisés dans les salles d’opération. Ils débarrassent l’air de 99,97 % des particules d’un diamètre supérieur ou égal à 0,3 µm.

L’interdiction des purificateurs

En janvier dernier, dans le but de diminuer le risque de transmission du Covid-19 en classe, des parents se sont cotisés pour acheter deux purificateurs d’air portatifs dotés de filtres HEPA.

Malheureusement, la directrice de l’école a confisqué l’appareil après avoir été avisée que pour installer un tel dispositif, il fallait obtenir au préalable l’autorisation d’un comité tripartite formé du ministère de l’Éducation, du ministère de la Santé et des Services sociaux, et de la CNESST (commission des Normes, de l’Équité, de la Santé et de la Sécurité au travail).

Pour sa part, le ministère de l’Éducation (le premier des trois) s’en remet aux experts de la Santé publique. Or ceux-ci s’y opposent pour les raisons suivantes.

Premièrement, s’il est vrai que la transmission du Covid-19 par aérosols est possible dans les locaux mal ventilés, il ne s’agit pas du mode d’infection principal selon eux.

En réalité, mode principal ou non, le principe de précaution exige qu’on mettre tout en œuvre pour protéger nos écoliers.

Deuxièmement, les dispositifs de filtration pourraient, en théorie, aider à réduire ce risque. Sauf qu’en pratique, selon ces experts, ils sont difficiles à utiliser dans une classe.

Pourtant, il suffit de connecter le fil dans la prise de courant, une tâche extrêmement compliquée, semble-t-il.

Troisièmement, on ignore qui est infecté. Conséquemment, on ignore où les placer pour qu’ils soient efficaces.

Quel dilemme; de toute évidence, les experts de la Santé publique du Québec n’ont pas inventé le bouton à quatre trous.

Les ventilateurs

Dans les édifices de la fonction publique, dans les écoles, et dans les hôpitaux, des milliers de personnes doivent travailler dans des locaux mal ventilés.

Quand ces travailleurs ont chaud, que font-ils ? Ils se plaignent. Et quand il ne se passe rien, ils se plaignent de nouveau. Jusqu’à ce qu’on trouve une solution.

Cette solution pourrait être de changer le système de ventilation. Mais cela est onéreux. Alors le plus simple est d’installer un ventilateur sur pied ou ventilateur portatif sur leur bureau.

Et le problème est réglé.

Au fil des années, l’État québécois a acheté des milliers de ventilateurs qu’on trouve un peu partout.

Le 26 février dernier, je suis allé subir des tests dans un hôpital montréalais.

Dans un des locaux où on m’a fait passer, sur une chaise située à côté du bureau de la préposée, se trouvait un ventilateur portatif relié à une prise de courant. Donc, prêt à être utilisé.

A-t-on connaissance d’une directive de la Santé publique interdisant l’usage des ventilateurs dans la fonction publique ou parapublique ? Non.

A-t-on déjà saisi un seul parmi les milliers de ventilateurs en usage dans les édifices gouvernementaux ? Non.

Alors j’aimerais qu’on m’explique pourquoi la Santé publique s’oppose à l’utilisation des purificateurs d’air de type HEPA alors que ceux-ci sont recommandés par le CDC (Centers for Disease Control and Prevention) des États-Unis, et par les autorités sanitaires de toutes les autres provinces canadiennes…

Conclusion

Si le Québec est un des endroits au monde où on trouve le plus de mortalité du Covid-19 par million d’habitants, cela n’est pas l’effet du hasard.

C’est le résultat d’une suite ininterrompue de décisions stupides prises par les autorités sanitaires du Québec.

Références :
Une enseignante sommée de retirer des purificateurs achetés par des parents
Ventilation in Buildings

Parus depuis :
German Covid super-spreader event driven by poor ventilation, study finds (2021-09-08)
Real-world data show that filters clean COVID-causing virus from air (2021-10-06)
COVID-19 : et si on pouvait offrir un purificateur d’air pour 100 $ par classe? (2022-08-16)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Vaccins et dogmes religieux

Publié le 11 mars 2021 | Temps de lecture : 4 minutes

Les savants qui consacrent leur vie à la recherche embryologique utilisent depuis près de cinquante ans une lignée de cellules fœtales obtenue par avortement. Comme le levain du boulanger, cette lignée de cellules rénales se multiplie continuellement depuis 1973.

Leurs découvertes ont permis de sauver des millions de vies humaines, notamment par la mise au point de vaccins, dont ceux d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson.

En raison de l’opposition de l’Église catholique à l’avortement, la Conférence des évêques catholiques du Canada demande aujourd’hui à ses fidèles d’éviter les deux vaccins dont on vient de parler.

En réalité, ces deux vaccins ne contiennent aucune cellule fœtale ni aucune molécule tirée d’un avorton. Mais il est vrai que le développement de ces vaccins a fait appel à cette lignée embryonnaire.

Le respect absolu de l’Église catholique à l’égard de la vie humaine fait partie de son dogme récent.

Un bref retour sur le passé nous fait remémorer l’inquisition espagnole au cours de laquelle on torturait à mort ceux qui ne voulaient pas se convertir au christianisme.

On se rappellera également les Croisades qui ont mis à feu et à sang le Proche-Orient. Et les guerres de religion qui ont ponctué l’histoire européenne pendant des siècles.

Par exemple, il est significatif que le signal du déclenchement du massacre de la Saint-Barthélemy à Paris ait été le tocsin de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois.

Les sites de vaccination au Québec ne sont pas des cafétérias. Qu’on soit catholique ou non, on reçoit le vaccin disponible ce jour-là. Le souhait que les fidèles puissent choisir le vaccin qu’ils préfèrent est un vœu pieux.

Pour un grand nombre de fidèles, la prise de position dogmatique des évêques catholiques crée un problème de conscience qui n’existait pas chez la majorité d’entre eux.

Le principal inconvénient de la ‘fatwa’ des évêques canadiens est de discréditer le catholicisme.

À travers le Canada, il existe des milliers de religieuses et d’hommes d’Église qui consacrent leur vie à aider les autres. À écouter avec empathie les confidences de ceux qui souffrent. À recueillir des vivres pour ceux qui ont faim. À donner des vêtements usagés à ceux qui ont froid.

Ces religieux sont une main-d’œuvre à bon marché pour une aristocratie religieuse coupée des problèmes du monde.

Une aristocratie qui n’a pas compris que l’Église de Rome porte encore, des siècles plus tard, les stigmates de l’excommunication ou des menaces d’excommunication dirigées contre les savants qui soutenaient que la terre n’était pas plate et que c’était notre planète qui tournait autour du soleil et non l’inverse.

Religion et science ne sont pas incompatibles, mais font un très mauvais ménage quand on insiste pour que le dogme religieux réduise au silence les découvertes scientifiques.

Bref, je suggère aux évêques catholiques de sauver les âmes et de laisser les médecins sauver les corps.

Références :
Le clergé demande d’éviter les vaccins d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson
Massacre de la Saint-Barthélemy


Postscriptum du 12 mars : Les évêques des principaux diocèses du Québec — Montréal, Québec et Longueuil — se sont dissociés totalement de la ‘fatwa’ émise par la Conférence canadienne.

Références :
Non, les vaccins contre la COVID-19 ne contiennent pas de tissus d’embryons humains
Vaccination : des diocèses déplorent les propos de la Conférence des évêques

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Écrit par Jean-Pierre Martel