La Troisième guerre du Golfe et l’Australie

Publié le 23 avril 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

De toutes les régions du monde, c’est en Extrême-Orient et en Océanie que le blocage du détroit d’Ormuz a eu le plus d’impact.

L’Australie est le septième producteur mondial de gaz fossile et le cinquième producteur de charbon. Même si ce pays possède de modestes réserves de pétrole (37e rang mondial), il a démantelé six de ses huit raffineries de pétrole afin de s’approvisionner à moindre cout de Singapour et de Corée du Sud. Or ces deux pays importent leur brut des pays du golfe Persique.

Pire encore, alors que l’Agence internationale de l’énergie recommande aux pays de maintenir des réserves pétrolières équivalentes à 90 jours d’autonomie, les réserves stratégiques de l’Australie ne sont que pour 30 jours.

Avec le blocage du détroit d’Ormuz, cette imprudence se retourne contre l’Australie.

Depuis quelque semaines, on assiste à une multiplication du nombre de stations-service à court de pétrole. Pour inciter les automobilistes à utiliser le transport en commun, certaines villes ont décrété sa gratuité.

Dans ce pays de l’hémisphère sud, les saisons sont inversées par rapport à nous. Pour rassurer les fermiers inquiets de ne pouvoir moissonner leurs champs par manque de diésel, le gouvernement a adopté trois mesures.

Premièrement, celle de réduire de moitié la taxe d’accise sur le carburant. Deuxièmement, de libérer le cinquième de ses réserves stratégiques principalement au profit des régions rurales du pays.

Et finalement, le gouvernement a réduit ses exigences environnementales quant à la teneur en soufre du pétrole pouvant être vendu en Australie.

Le but de cette mesure est de permettre à une des deux raffineries du pays d’écouler son pétrole sur le marché intérieur alors que ce pétrole était jusque là réservé à l’exportation car trop polluant pour les moteurs australiens.

En dépit de ces mesures, certaines stations-service plafonnent la quantité de pétrole que les automobilistes peuvent acheter. D’où le succès d’une application téléphonique comme FuelChech pour savoir, en temps réel, où on peut trouver de l’essence.

Dans le cas d’une autre guerre, celle en Ukraine, l’Australie a ouvert ses portes à quinze-mille réfugiés ukrainophones. Par contre, le 26 mars dernier, l’Australie a révoqué sept-mille visas émis à des visiteurs iraniens. Comme si, à la différence des Ukrainiens, le peuple iranien était solidaire du régime en place et donc, représentait un risque sécuritaire pour l’Australie.

Références :
Australia must continue to stand with Ukrainians seeking safety
Classement des États du monde par production de charbon
L’Australie prise au piège de la guerre au Proche-Orient
Pétrole en Australie
Top 10 des pays producteurs de gaz naturel dans le monde en 2024

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Un commentaire

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Climat : le déni australien

Publié le 8 janvier 2020 | Temps de lecture : 5 minutes

 

 
Introduction

Depuis aout dernier, les feux de brousse australiens ont détruit la végétation sur 84 000 km², réduit en cendres plus de 2 500 bâtiments (dont 1 300 maisons), tué une vingtaine de personnes et plus d’un demi-milliard d’animaux (dont des dizaines de milliers de koalas).

Jusqu’ici, les feux ont produit 250 millions de tonnes de gaz à effet de serre.

Le 18 décembre, l’Australie a connu la journée la plus chaude de son histoire (avec une moyenne nationale de 41,9°C). Le lendemain, dans la Plaine de Nullarbor (au sud-ouest du pays), le mercure a atteint 49,9°C.

Les deux pieds dans l’âge thermo-industriel

Depuis un demi-siècle, l’Australie a multiplié par sept sa production de charbon. Annuellement, elle est passée de 67,3 millions de tonnes en 1970, à 118,0 en 1980, à 210,4 en 1990, à 312,0 en 2000, à 434,4 en 2010 et à 492,8 en 2016.

Le pays est le quatrième producteur de charbon (derrière la Chine, les États-Unis et l’Inde) et le premier exportateur mondial.

En 2018, la production d’électricité était tirée à 82,9 % des combustibles fossiles; essentiellement le charbon (60,4 %) et le gaz (20,6 %).

Selon Greenpeace, les centrales au charbon australiennes comptent parmi les plus polluantes au monde quant au dioxyde de soufre : le pays ne possède aucune législation à ce sujet.

Les vastes étendues désertiques du centre du pays se prêtent très bien à la production d’énergie solaire. Pourtant, celle-ci ne représente que 3,8 % de la production nationale d’électricité.

Le pays produit 15,6 tonnes de CO2 par habitant, soit 3,6 fois la moyenne mondiale (et 7 % de plus que chaque Américain).

Si bien que c’est le pays à la plus forte empreinte écologique par habitant. Si chaque personne dans le monde consommait comme la moyenne des Australiens, l’Humanité aurait besoin de 5,2 planètes Terre pour subvenir à ses besoins.

Selon le 2020 Climate Change Performance Index, l’Australie est le 56e pire pays au monde (sur les 61 évalués) quant à ses émissions de gaz à effet de serre, à sa consommation énergétique, à son utilisation des énergies renouvelables et à ses politiques environnementales.

Le pouvoir de News Corporation

L’Australie est aux prises avec une importante concentration de la presse.

Contrôlé par la famille Murdoch, News Corporation possède près de 70 % des quotidiens du pays.

Depuis des années, cet empire médiatique nie l’importance des changements climatiques et fait ouvertement campagne contre ceux qui tentent d’alerter l’opinion publique à ce sujet.

Dans l’édition d’aujourd’hui du plus influent quotidien du pays, The Australian, les nouvelles au sujet des feux de brousse du pays occupent une place insignifiante.

Même chose pour The Courrier-Mail et le Herald Sun.

Résultat de cette manipulation de l’opinion publique, le pays est dominé depuis des décennies par des gouvernements climatosceptiques voués à la promotion des intérêts des producteurs de combustibles fossiles.

C’est ainsi que depuis 1996, l’Australie tente de miner les efforts internationaux en vue de limiter la production de gaz à effet de serre.

Pourtant.

Entre 2000 et 2013, 22 % des forêts intactes de ce pays ont été détruites. Un tiers des espèces d’insectes recensées en Australie est en risque d’extinction.

Depuis 2014, le pays a connu trois gouvernements dirigés par le Parti libéral d’Australie.

Durant son mandat d’un peu moins de deux ans (de 2013 à 2015), Tony Abbott supprimait le ministère des Sciences, l’Autorité du changement climatique, la Commission du climat et la taxe carbone (instaurée un an plus tôt).

Son gouvernement a approuvé en 2014 le rejet — dans les eaux de la Grande Barrière de corail — des déchets de dragage provenant des travaux d’extension d’un port d’exportation de charbon. Or la Grande Barrière avait déjà perdu plus de la moitié de ses coraux entre 1987 et 2014.

De 2015 à 2018, son successeur (Malcom Turnbull) a tenté en vain de faire en sorte que l’Australie s’engage à réduire des émissions polluantes. Mais il a dû y renoncer en raison de la fronde d’une dizaine de ses députés.

Depuis aout 2018, il a été remplacé par Scott Morrison, un climatoseptique notoire. Celui-ci a répété ces dernières semaines qu’il en faisait déjà assez contre le réchauffement climatique et que sa politique environnementale ne pouvait pas être tenue responsable des incendies.

Conclusion

Le cas de l’Australie montre comment la concentration de la presse aux mains de quelques uns peut conduire tout un peuple à l’aveuglement collectif.

Références :
Australia Is Committing Climate Suicide
Australia ranked worst of 57 countries on climate change policy
Australie
Énergie en Australie
Feux de brousse en Australie (2019-2020)
L’Australie brûle dans l’indifférence de ses journaux
Liste des pays par production de charbon
News Corporation

Paru depuis :
Une catastrophe prévisible (2020-01-16)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les feux d’artifice de l’Australie à Montréal, le 26 juillet 2014

Publié le 28 juillet 2014 | Temps de lecture : 1 minute

 

 
C’est sur une trame musicale composée d’extraits de films du réalisateur Baz Lurhmann (Moulin Rouge, Roméo et Juliette, Australia, etc.) que la firme Foti International Fireworks Pty Ltd a choisi de représenter l’Australie samedi dernier.

Il s’agissait d’un spectacle généreux et varié. J’ai été heureux de revoir notamment ces feux en forme de cœur, vers 2:30 — qu’on n’a pas vus depuis longtemps à Montréal — et remarquer (pour la première fois ?) ces grosses sphères bicolores dont une moitié s’illumine puis s’éteint, alors de l’autre moitié prend la relève (vers 2:55). Signalons également cette association de feux qui donnent l’impression de boules lumineuses qui explosent (plus tôt, vers 0:43).

Bref, un excellent spectacle.

Détails techniques de la vidéo : Appareil photo Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12mm F/2,0.

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Écrit par Jean-Pierre Martel