De toutes les régions du monde, c’est en Extrême-Orient et en Océanie que le blocage du détroit d’Ormuz a eu le plus d’impact.
L’Australie est le septième producteur mondial de gaz fossile et le cinquième producteur de charbon. Même si ce pays possède de modestes réserves de pétrole (37e rang mondial), il a démantelé six de ses huit raffineries de pétrole afin de s’approvisionner à moindre cout de Singapour et de Corée du Sud. Or ces deux pays importent leur brut des pays du golfe Persique.
Pire encore, alors que l’
Avec le blocage du détroit d’Ormuz, cette imprudence se retourne contre l’Australie.
Depuis quelque semaines, on assiste à une multiplication du nombre de stations-service à court de pétrole. Pour inciter les automobilistes à utiliser le transport en commun, certaines villes ont décrété sa gratuité.
Dans ce pays de l’hémisphère sud, les saisons sont inversées par rapport à nous. Pour rassurer les fermiers inquiets de ne pouvoir moissonner leurs champs par manque de diésel, le gouvernement a adopté trois mesures.
Premièrement, celle de réduire de moitié la taxe d’accise sur le carburant. Deuxièmement, de libérer le cinquième de ses réserves stratégiques principalement au profit des régions rurales du pays.
Et finalement, le gouvernement a réduit ses exigences environnementales quant à la teneur en soufre du pétrole pouvant être vendu en Australie.
Le but de cette mesure est de permettre à une des deux raffineries du pays d’écouler son pétrole sur le marché intérieur alors que ce pétrole était jusque là réservé à l’exportation car trop polluant pour les moteurs australiens.
En dépit de ces mesures, certaines stations-service plafonnent la quantité de pétrole que les automobilistes peuvent acheter. D’où le succès d’une application téléphonique comme FuelChech pour savoir, en temps réel, où on peut trouver de l’essence.
Dans le cas d’une autre guerre, celle en Ukraine, l’Australie a ouvert ses portes à quinze-mille réfugiés ukrainophones. Par contre, le 26 mars dernier, l’Australie a révoqué sept-mille visas émis à des visiteurs iraniens. Comme si, à la différence des Ukrainiens, le peuple iranien était solidaire du régime en place et donc, représentait un risque sécuritaire pour l’Australie.
Références :
Australia must continue to stand with Ukrainians seeking safety
Classement des États du monde par production de charbon
L’Australie prise au piège de la guerre au Proche-Orient
Pétrole en Australie
Top 10 des pays producteurs de gaz naturel dans le monde en 2024
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Écrit par Jean-Pierre Martel
