Les cabines d’allaitement

Publié le 8 décembre 2025 | Temps de lecture : 3 minutes

Dans le récit de mon voyage à Helsinki, j’écrivais au sujet de ma première visite à l’épicerie :

Sous l’influence anglo-saxonne, les nourrices du Québec cachent leur enfant allaitant sous un voile. Mais ici, à l’épicerie, j’ai rencontré une mère qui allaitait son nourrisson sans gène, le sein à l’air. La chose est tellement naturelle que la mère ne semblait pas se soucier qu’on puisse la regarder.

En apprenant la décision de l’Université de Montréal d’installer des cabines qui permettront aux mamans d’allaiter leur enfant à l’abri des regards, ma toute première réaction fut : ‘Comme si allaiter était une activité honteuse…

Mais à bien y penser, je reconnais que c’est une excellente décision. Et que ma réaction spontanée était erronée.

Le Québec n’est pas la Scandinavie. Culturellement, chaque peuple est différent. Or les adolescentes et les jeunes adultes québécoises ont une pudeur légitime qu’il nous faut respecter.

D’ailleurs, qui me dit qu’il n’y a pas de telles cabines à l’Université d’Helsinki ?

D’autre part, il est probable que la mère qui allaite en toute quiétude produise plus de lait que celle, stressée, qui s’inquiète des regards indiscrets.

Puisque ces cabines seront équipées de table à langer — c’est-à-dire des tables qui permettent le changement de couche du nourrisson — ma seule inquiétude concerne le système d’aération.

L’air des cabinets de toilette est toujours fortement contaminé.

Conséquemment, déféquer et manger dans un même local exigu est une mauvaise idée… à moins de doter l’endroit d’un système de renouvèlement d’air particulièrement efficace.

Évidemment, on peut toujours présumer que les autorités savent cela et qu’ils ont fait le nécessaire.

Mais compte tenu du sous-financement chronique de notre système d’éducation, je crains qu’on ait tourné les coins ronds…

Comment vérifier l’efficacité du système d’aération d’une cabine d’allaitement ? C’est simple.

Apportez-vous une petite fiole de parfum. Entrouvez la porte de la cabine et vaporisez-y un petit jet de parfum. Revenez cinq minutes plus tard. Si ça sent votre parfum, choisissez d’allaiter ailleurs.

Ou plus simplement, à votre entrée dans une cabine d’allaitement, si ça sent les matières fécales (même faiblement)…

Références :
L’Université de Montréal installe des cabines d’allaitement, une première au Québec
Voyage à Helsinki : jour 1

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Comment éviter le manque de respect envers les robots conversationnels ?

Publié le 7 décembre 2025 | Temps de lecture : 3 minutes

Depuis quelques mois, je cherche à offrir l’hospitalité à un sans-abri. Cet automne, mes démarches auprès de deux organismes qui offrent le gite aux itinérants sont demeurées sans lendemain.

Vendredi dernier, j’ai appris qu’on peut téléphoner au 211 lorsqu’on veut contribuer à la lutte contre l’itinérance.

Précisons que mon forfait téléphonique actuel me coute quinze dollars par mois. Toutefois, je suis limité mensuellement à cent minutes d’appels.

Au 211, après un long message prévenant les appelants que les conversations doivent être basées sur le respect et la courtoisie, on accède au menu ‘Appuyer sur le 1 pour ceci. Le 2 pour cela…’ Et ainsi de suite.

Puisque l’attente était de quatorze minutes (le quart de mon forfait mensuel), j’ai préféré consulter le site web 211.ca puisque, sur mon ordinateur, je n’ai pas de limite de temps.

Présumant que les préposés au clavardage sont débordés d’ouvrage, j’écris dès l’accès au module : “Je veux offrir l’hospitalité à un sans-abri”. C’est court, simple et clair.

En moins de deux minutes, Marcel (nom fictif) entre en scène. Mais immédiatement, je réalise que Marcel est un robot conversationnel.

Alors que le but de ma visite est facile à comprendre, Marcel me répond par un long texte de plusieurs paragraphes qui détaillent les différents services offerts par le 211.

Jusqu’à tout récemment, plutôt que de perdre mon temps, il m’arrivait de demander : ‘Pourrais-je parler à un être humain, s’il vous plait ?

Mais avec l’évolution fulgurante de l’intelligence artificielle, comment éviter de froisser le robot conversationnel ?

Est-il possible que ces machines aient développé un certain amour-propre et donc, éprouvent un sentiment de rejet lorsqu’on préfère discuter entre nous, les humains ?

De plus, déclarer sa préférence pour une vraie personne, n’est-ce pas faire preuve de discrimination et, d’une certaine manière, insinuer que les machines sont inférieures à nous ?

Au nom de l’inclusion et de la diversité, ne devrait-on pas accepter le dialogue, même laborieux, avec les robots conversationnels qui, au fond, ne cherchent qu’à nous aider ?

Au risque d’être accusé de machinophobie, j’ai simplement répondu : ‘Je n’ai besoin d’aucun de vos services. Merci.’ Et j’ai raccroché.

Depuis, je suis rongé par les remords…

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Un parapluie pour Macron

Publié le 6 décembre 2025 | Temps de lecture : 3 minutes
Pierre Séguier, chancelier de France, de Charles Le Brun (vers 1655-1661)

« Emmanuel who ? »

Le 22 septembre dernier, après avoir prononcé à l’Onu un discours sur la Palestine, Emmanuel Macron était attendu au Consulat général de la France à New York, située 2,3 km plus loin.

Toutefois, il fut bloqué par des barrières érigées pour permettre le passage du convoi de Donald Trump.

Les ordres étant les ordres, monsieur Macron fut incapable de convaincre le policier qui lui interdisait le passage. Et ce, malgré son statut de chef d’État de la quatrième ou cinquième puissance mondiale.

En désespoir de cause, Macron se décida alors d’appeler Donald Trump.

Sans qu’on sache très bien si cet appel y changea quelque chose, le président français eut finalement la possibilité, quelques minutes plus tard, de poursuivre sa route à pied.

Une visite à Arras sous la pluie

Le 19 novembre, Emmanuel Macron se rendait au lycée Gambetta-Carnot de la ville d’Arras (une ville du Pas-de-Calais) pour y rencontrer des citoyens au sujet des ‘fausses informations’ véhiculés sur les médias sociaux.

Mais voilà que le cortège présidentiel se retrouve nez-à-nez avec 200 agriculteurs en colère contre le projet de traité de libre-échange entre l’Union européenne et les pays d’Amérique du Sud.

Devant l’impossibilité d’aller plus loin, les services de sécurité lui conseillent de faire le reste du trajet à pied.

Mais voilà que la météo de cette journée fraiche d’automne, débutée sous un ciel maussade, s’est transformée en averses abondantes.

Finalement, lorsqu’on trouve un parapluie au président, il est trop tard; sa chemise blanche est déjà complètement détrempée.

Lorsqu’on sait que l’État français débourse annuellement plus de 60 000 euros pour le maquillage de la première dame et pour la coiffure du couple présidentiel, cet incident avait de quoi susciter la contrariété du chef de l’État, souscieux de son image.

Aussi, le soir même, il donne l’ordre que soit congédié le préfet du Pas-de-Calais (officier de la Légion d’honneur). Trois jours plus tard, il est remplacé par un ex-chef de cabinet d’Emmanuel Macron à l’Élysée.

Références :
Après le fiasco de son déplacement dans le Pas-de-Calais, Emmanuel Macron vire le préfet !
Emmanuel Macron obligé de marcher sous la pluie: le préfet du Pas-de-Calais, beau-frère du général de Villiers, limogé
Macron bloqué par la police en raison du passage du convoi de Trump

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La folie guerrière d’Ottawa

Publié le 5 décembre 2025 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

La décision du Canada de consacrer un certain pourcentage de son PIB à des dépenses militaires est souvent justifiée au nom de ses ‘obligations’ internationales.

En réalité, que ce soit 2 % (en 2014) ou 5 % (de nos jours), ces pourcentages sont des engagements volontaires pris par le Canada à l’Otan. Mais ce ne sont pas des obligations.

C’est ainsi que l’armée de l’Islande — pays de 343 500 habitants et membre de l’Otan depuis 1949 — est forte de 250 soldats et dispose d’un budget militaire proche de 0 % de son PIB.

Jamais un pays n’a été expulsé de l’Alliance atlantique parce qu’il n’en faisait pas assez : on lui fait des reproches lors des sommets de l’Otan et on le gronde sur la place publique. Mais un pays fort, sûr de lui, sait se tenir droit et ignorer les pressions qui s’exercent sur lui.

On apprend aujourd’hui qu’Ottawa a décidé d’acheter pour 3,7 milliards de dollars de bombes aux États-Unis, dont quelques milliers d’ogives haut de gamme.

Ces obus sont compatibles avec l’un et l’autre des modèles de chasseurs-bombardiers dont le Canada espère se doter.

Il existe bien une manufacture d’obus au Québec, à Salaberry-de-Valleyfield. Mais l’annonce d’aujourd’hui ne la concerne pas.

Pour guerroyer à travers le monde

L’administration Trump a décidé de changer le nom de son ministère de la Défense à celui de ‘ministère de la Guerre’. Le Canada devrait en faire autant.

Le Canada est un des très rares endroits au monde qui, par leur situation géographique, sont peu ou pas menacés par le risque d’une invasion étrangère, exception faite d’une improbable invasion américaine.

Ce qui ne veut pas dire que le Canada est immunisé contre des calamités d’une guerre.

C’est ainsi qu’au cours d’une Troisième Guerre mondiale, il est certain que des cibles stratégiques situées au Canada seront bombardées par des missiles intercontinentaux tirés par des pays hostiles (Corée du Nord, Chine ou Russie).

Pour s’en prémunir, le Canada a besoin de missiles antimissiles (ou missiles sol-air).

On ne connait pas en détail la ‘liste d’épicerie’ du ministère de la Défense, mais il ne semble pas que le Canada ait jugé bon s’en doter.

Ce que le Canada cherche à obtenir, c’est plutôt ce dont il aura besoin pour assister les États-Unis dans leurs aventures guerrières à travers le monde. En somme, pour bombarder d’autres pays.

Et, théoriquement, pour nous protéger quand tout le reste du globe aura été conquis et qu’il ne restera plus que le Canada à soumettre.

Dans le cas des bombes américaines que nous achetons, elles pourraient également être données à des pays tiers (comme l’Ukraine)… en espérant qu’elles se rendent au front.

S’armer comme en 1939-1945

Depuis plusieurs décennies, Ottawa s’équipe de capacités militaires dont il a besoin pour mener à l’Étranger des guerres de type insurrectionnel. C’est-à-dire des guerres où le Canada et ses alliés ont préalablement pris le contrôle de l’espace aérien du pays attaqué.

Mais le Canada n’a pas tiré les leçons de la guerre russo-ukrainienne et ne s’est pas demandé de quoi il a besoin pour participer à une guerre moderne.

Ce dont il espère se doter, c’est de l’équipement semblable à celui qu’il a utilisé au cours de la Seconde Guerre mondiale; des chasseurs-bombardiers, des chars d’assaut, des obus, et ainsi de suite.

Au XXIe siècle, acheter cela, c’est l’équivalent d’acheter des sabres pour la cavalerie canadienne.

Conclusion

Le débat autour des achats militaires du Canada esquive une question fondamentale; s’agit-il de la meilleure manière de dépenser l’argent des contribuables ?

En effet, l’achat d’armements est un choix politique. Dans la mesure où les revenus de l’État ne sont pas illimités, notre choix est entre des investissements utiles — écoles, hôpitaux, construction domiciliaire, infrastructures (dont le transport en commun), adaptation aux changements climatiques — ou des dépenses certainement bénéfiques pour nos alliés militaires mais qui ne servent à rien pour nous et qui comportent très peu de retombées économiques.

Références :
Hausse des dépenses militaires : la fabrication du consentement
La dangerosité de la Russie pour un Québec libre
Le Canada achète pour 3,7 milliards $ de bombes aux États-Unis
Munitions et équipement militaire : General Dynamics renforce sa position au Québec

Paru depuis : Saint-Jean-sur-Richelieu fourbit ses armes pour attirer les investissements en défense (2025-12-06)

Compléments de lecture :
Défense: Ottawa veut signer le contrat d’achat des nouveaux sous-marins d’ici juin 2026
Un rapport estime qu’Ottawa devrait opter pour des sous-marins allemands

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les iles de Boucherville (3e partie)

Publié le 4 décembre 2025 | Temps de lecture : 1 minute

Située entre la Grande Rivière (au sud) et le chenal La Passe (au nord), la partie centrale du Parc national des iles de Boucherville comprend six iles dont seulement trois, reliées par des ponts, sont accessibles au public.

La première, l’ile à Pinard, est réservée à un club de golf. Les deux dernières, la grande ile de la Commune et la petite ile aux Raisins sont l’une et l’autre parcourues d’un sentier périphérique.

Voici les photos que j’ai rapportées de ma petite excursion aux iles, le 31 aout dernier.



Sur l’ile de la Commune
Église Sainte-Famille, vue de l’ile de la Commune

Construite en 1801, l’église Sainte-Famille de Boucherville fut reconstruite à la suite d’un incendie survenu en 1843.




Chenal La Passe

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les collabos du colonialisme canadian (3e partie) : Marc Miller, le pire ennemi du Québec à Ottawa

Publié le 3 décembre 2025 | Temps de lecture : 11 minutes

La tricherie libérale de 1995

L’ancien ministre fédéral de l’Immigration, Sergio Marchi, révélait récemment que dans l’année qui a précédé le référendum de 1995, Ottawa avait mis sur pied un stratagème secret appelé Opération citoyenneté.

Celle-ci visait à accélérer le traitement des demandes de naturalisation des demandeurs domiciliés au Québec afin de leur permettre de voter au référendum. Et ce, en sachant que ces néoQuébécois ont tendance à être reconnaissants au gouvernement canadien de les avoir accueillis au pays.

Selon l’ex-ministre, le premier ministre canadien d’alors lui aurait dit :

« Écoute, je sais que nous avons toujours des arriérés des demandes de citoyenneté, mais fais de ton mieux pour les faire avancer parce que le référendum approche et les gens veulent voter.»

Au cours du mois précédant le référendum, une armée de fonctionnaires basés en Nouvelle-Écosse travaillait jour et nuit afin d’accélérer le traitement des dossiers.

Si bien qu’au cours des quatre semaines précédant cette consultation populaire, Ottawa a naturalisé 11 500 personnes, soit le quart des naturalisations de toute cette année-là.

Selon Jean-François Lisée, les certificats remis aux nouveaux citoyens étaient accompagnés d’une lettre du ministre les invitant à défendre la démocratie tout en contribuant à l’édification d’un Canada fort et uni.

Le résultat, c’est que le ‘Non’ au référendum de 1995 a gagné de justesse, avec 50,58 % des voies, soit un écart de 54 000 votes avec le ‘Oui’.

Le déluge migratoire actuel

En janvier 2020, lors de la course à la chefferie du Parti Québécois, le candidat Paul Saint-Pierre-Plamondon (PSPP) annonce que sous sa direction, un gouvernement du PQ procèdera à un nouveau référendum au cours de son premier mandat. Le 9 octobre 2020, il est élu à la tête de ce parti.

Le 14 février 2022, Ottawa rend publique son intention de doubler le nombre d’immigrants qu’il accueille, passant d’une moyenne de 250 000 à 500 000 personnes par année.

Sans s’y préparer par une stimulation de la construction domiciliaire et l’augmentation de la capacité d’accueil des services publics, le Canada se propose donc de devenir le pays dont les niveaux d’immigration sont parmi les plus élevés au monde (hormis les pays voisins de zones de guerre).

En réalité, cette politique est déjà en vigueur au moment de son annonce.

En effet, dès l’année qui suit l’élection de PSPP, le Canada accueille un nombre record de résidents permanents, passant de 184 606 en 2020 — en deçà de la moyenne de 250 000 en raison de la pandémie — à 405 000 en 2021, à 431 000 en 2022, à plus de 465 000 en 2023, et enfin à 483 591 résidents permanents en 2024.

Au départ, environ la moitié de ces immigrants choisissent de s’établir au Québec. Ce qui aggrave chez nous la pénurie du logement et met à dure épreuve la fourniture des services de l’État (écoles, hôpitaux, garderies, etc.).

Totalement inconscient de la stratégie politique du fédéral, la CAQ se contente, dans un premier temps, de quêter de l’argent à Ottawa. Une demande à laquelle le fédéral finira par consentir.

Mais dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, l’argent n’achète pas tout.

Incapable de résoudre la crise, le gouvernement de la CAQ supplie ensuite le ministre Miller de mieux répartir cet afflux entre les provinces.

En mai 2024, Ottawa crée un comité de travail pour étudier la demande du Québec. En juillet, le ministre Miller se dit prêt à coordonner le transfert volontaire et en arriver à une répartition proportionnelle en fonction de la population de chaque province. Mais en septembre, c’est la douche froide : le ministre annonce qu’il n’y a pas réussi à obtenir un consensus entre les provinces.

Pendant que Marc Miller étire le temps, les résidents permanents installés au Québec décrochent des emplois et prennent racine. Ceux en région apprennent le français et s’intègrent parfaitement bien alors que les autres, restés dans la grande région montréalaise, contribuent à son anglicisation.

Rappelons que dès le début du déluge migratoire, plus précisément le 4 novembre 2021, le ministère de l’Immigration annonçait sa décision d’embaucher, dans ses bureaux de Montréal, plusieurs agents unilingues anglais afin d’accélérer le traitement des dossiers des demandeurs d’asile anglophones.

Pendant ce temps, le fédéral verse des sommes importantes au gouvernement de la CAQ comme Israël donne des millions$ à l’Autorité palestinienne pour qu’elle accepte sans rouspéter la colonisation israélienne en Cisjordanie.

Marc Miller et le déclin du français

À la suite d’un récent mini-remaniement ministériel, Marc Miller s’est retrouvé à la tête de l’ancien ministère du Patrimoine, renommé ministère de la Culture et de l’Identité canadiennes.

À peine nommé, il accorde une entrevue au quotidien Le Devoir. À cette occasion, il déclare en avoir ras le bol du débat sur le déclin du français, qu’il considère comme étant trop politisé.

Précisons que la politisation consiste à donner à un sujet une dimension politique. Évidemment, l’avenir d’un peuple est toujours politique. Comment pourrait-il en être autrement ?

À maintes reprises dans le passé, Marc Miller a déclaré que le français au Québec était menacé, c’est-à-dire subissait une menace, notamment face à l’océan anglophone nord-américain qui nous entoure.

Contrairement à ce qu’on peut lire dans certains journaux, Marc Miller a toujours nié que la menace dont on vient de parler produise des effets concrets, c’est-à-dire que Montréal s’anglicise. Tout au plus reconnait-il que certains indices le laissent penser… mais ne l’ont pas convaincu.

Voilà pourquoi, lors de l’entrevue au Devoir, le nouveau ministre a réitéré son aveuglement et refusé de parler d’un déclin global du français au Québec, évoquant plutôt un déclin « à certains égards ».


 
L’extinction d’un peuple ne se fait jamais du jour au lendemain. Elle est toujours précédée d’une phase intermédiaire de bilinguisation familiale (ici en rouge) au cours de laquelle ce peuple adopte la mentalité et les coutumes de son colonisateur.

Après vingt ans d’immobilisme gouvernemental et des décennies d’érosion judiciaire de la Loi 101, le Québec est entré en ‘louisianisation’. Au dernier recensement, tous les voyants clignotaient au rouge.

C’est ce que nie Marc Miller.

À juste titre, le premier ministre du Québec l’a accusé de répandre des conneries.

Le ministre de l’Identité

Au cours de l’entrevue, Marc Miller a également déclaré :

« Comme Québécois, je suis assez tanné de ce débat qui est généralement identitaire et électoraliste.»

Sous Justin Trudeau, le gouvernement libéral aurait voulu que les Canadiens se définissent d’abord et avant tout par leur identité de genre et par leur identité sexuelle parce que l’une et l’autre sont individuelles. Ce qui permet d’atomiser les citoyens d’un État ‘postnational’.

L’identité voulue par Ottawa pouvait également se définir en fonction de l’appartenance à des groupes ‘racisés’ parce que cette identité est tribale.

Alors qu’au contraire, l’identité linguistique est collective. Elle définit les peuples, contrairement au genre, au sexe ou à la couleur de la peau.

Or quand les francoQuébécois se définissent par leur langue et considèrent tout le reste comme secondaire, cela pave la voie à leur affirmation nationale.

C’est cela que Marc Miller combat.

Le ministre de la propagande fédérale

Dès la nomination de Marc Miller à titre de ministre fédéral de la Culture, l’establishment artistique s’en est réjoui, voyant en lui une personne capable de défendre leurs intérêts contre les géants technologiques américains.

C’est oublier bien vite qu’un des premiers gestes d’apaisement du premier ministre canadien face à Trump fut d’abandonner la taxe numérique.

Alors non, ce n’est pas pour combattre les GAFAM que Marc Miller a été choisi.

Hier à la Chambre des communes, le premier ministre du Canada a déclaré :

« On va défendre la langue française avec les plus grands investissements dans le secteur culturel de l’histoire du Canada.»

Voilà ce qui annonce le deuxième volet de la stratégie fédérale en vue du référendum; la promotion du fédéralisme canadien. Ce qui constitue, soit dit en passant, un objectif parfaitement légitime.

Et ce volet, tout comme le premier, sera une responsabilité de Marc Miller. C’est ça, la véritable raison de sa nomination (un peu accidentelle).

Pour l’aider à cette tâche, le fédéral utilisera son pouvoir dépenser pour mobiliser tout ce que le Québec compte de communicateurs et d’artistes talentueux.

Et c’est sans doute parce que PSPP a bien compris la stratégie fédérale qu’il a tenté de rendre toxique la fréquentation de Marc Miller.

Ceux qui y voient un saut d’humeur du chef péquiste n’ont rien compris. PSPP veut que les artistes qui prêteront leur talent à la cause fédérale soient conscients qu’ils travailleront dans le mauvais sens de l’Histoire.

Conclusion

Marc Miller est le général Wolf des angloQuébécois.

Après avoir orchestré un déluge migratoire qui est le prélude à une naturalisation massive des demandeurs d’asile (de la région montréalaise, spécifiquement), le voilà qui sera responsable du plus grand investissement culturel de l’histoire du Canada.

L’éthique politique du Parti libéral étant ce qu’elle est — particulièrement quand le régime colonial canadian est en danger — on peut s’attendre à ce que Marc Miller utilise tous les moyens à sa disposition pour parvenir à ses fins.

Voilà pourquoi j’espère que l’Assemblée nationale du Québec n’hésitera pas à exiger sa démission dès maintenant.

Références :
Anglicisation de Montréal depuis quinze ans
100 millions de Canadiens d’ici 2100 : Ottawa dit non à l’« Initiative du siècle »
Demandeurs d’asile : le ministre Marc Miller fustige les « nonos conservateurs »
Demandeurs d’asile : Ottawa estime en faire assez pour le Québec
Demandeurs d’asile: Ottawa prêt à «coordonner les transferts»
Denmark’s ‘zero refugee’ policy drives down asylum admissions to record low
Évolution récente de la politique d’immigration du Canada
Jean Chrétien avait donné l’instruction d’accélérer les demandes de citoyenneté avant le référendum de 1995
Le Canada a accueilli 431 000 résidents permanents en 2022, un record
Le multiculturalisme ou le tribalisme des sociétés anglo-saxonnes
Le projet du groupe de pression torontois Century Initiative
Les libéraux accusés d’avoir «truqué» le résultat du référendum de 1995 par le Bloc
L’unilinguisme anglais à Immigration Canada
Marc Miller se dit «tanné» du débat sur le déclin du français
Mark Carney et le colonialisme canadian
Parti québécois: Paul St-Pierre Plamondon promet un référendum dans un premier mandat
Québec menace Ottawa de couper les vivres aux demandeurs d’asile
Une partie du milieu culturel manque de loyauté envers le Québec, dit le chef du PQ

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Postscriptum du 4 décembre 2025 : Rétractation de Marc Miller au sujet du déclin du français.

En réponse à une question du député conservateur Joël Godin qui reprochait à Marc Miller ses propos de la veille qui ont fait scandale, ce dernier a finalement déclaré : «…effectivement, le français est en déclin partout au Canada.»

C’est la première fois qu’il admet, implicitement, que le français est en déclin au Québec, sans préciser toutefois que cela est préoccupant.

Référence : Débats de la Chambre des communes – Le mardi 2 décembre 2025

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les iles de Boucherville (2e partie)

Publié le 2 décembre 2025 | Temps de lecture : 1 minute

La première partie de cette série présentait des vues réalisées à partir de la plage de l’ile Charron.

Ce deuxième volet présente la partie de l’ile Charron située au nord de l’autoroute 25, de même que l’ile Sainte-Marguerite.

Les logiciels Google Maps, Plans (d’Apple) et Google Earth ne permettent pas de distinguer la frontière entre les deux.

En réalité, de nos jours, la Petite Rivière qui les séparait est en partie comblée. Ce qui fait que le visiteur aura de la difficulté à réaliser quand il passe de l’une à l’autre.


Début du parcours



Le long de la Grande Rivière



Au Centre de découverte et de services de l’ile Sainte-Marguerite

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les iles de Boucherville (1re partie)

Publié le 1 décembre 2025 | Temps de lecture : 1 minute



Quai d’embarquement et navette

Cette année, la navette fluviale qui relie le parc de la Promenade Bellerive aux iles de Boucherville était opérationnelle du 21 juin au 1er septembre.

La veille de la date limite, par une belle journée ensoleillée, j’en ai profité.

À moins d’en faire la visite à pied, il est recommandé d’acheter un aller-retour puisqu’en raison de la taille d’un vélo électrique, il se pourrait qu’il ne reste plus de place à bord pour revenir à Montréal.

Ce qui vous obligerait à attacher votre vélo quelque part, revenir sans lui, puis faire un aller-retour le lendemain pour aller le récupérer.




À la plage de l’ile Charron

Notre premier arrêt est à la plage de l’ile Charron. Les piétons et cyclistes y accèdent en traversant la jetée sous laquelle les automobilistes s’engouffrent pour emprunter le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Ukraine : quand l’Europe sabote les efforts de paix de Trump

Publié le 30 novembre 2025 | Temps de lecture : 13 minutes

Le premier sabotage européen

Trois semaines après son retour au pouvoir, plus précisément le 12 février 2025, Donald Trump et Vladimir Poutine se sont entendus pour entamer incessamment des pourparlers en vue de mettre fin à la guerre en Ukraine.

Trois autres semaines plus tard, seize pays et deux organisations supranationales (l’Union européenne et l’Otan) participaient au Sommet de Londres sur l’Ukraine. De plus, ce 2 mars 2025, les pays européens les plus belliqueux se regroupaient en ‘Coalition des volontaires’.

Selon Wikipédia, ce sommet avait pour but la rédaction d’un plan de paix dans le cadre du conflit russo-ukrainien.

Sans qu’on sache très bien à quoi cela ressemble à un plan de paix, ces pays ont résolu de maintenir l’aide militaire à l’Ukraine et même de poursuivre cette fourniture au-delà de tout accord de paix afin de dissuader la Russie d’envahir de nouveau ce pays.

Le 7 mars 2025, Donald Trump cessait la fourniture d’armes et de données satellitaires à l’Ukraine. Et ce, à la stupéfaction de ses alliés occidentaux puisque la précision des frappes ukrainiennes réalisées à l’aide d’armement européen en dépend.

En somme, la décision de Trump équivalait à priver l’armée ukrainienne de nouvelles livraisons d’armes et du pouvoir utiliser les armes les plus puissantes qu’elle avait déjà.

Après un intense ballet diplomatique de part et d’autre de l’Atlantique, la fourniture des données américaines fut reprise quatre jours plus tard.

Pendant que Trump répétait une énième fois son intention de terminer cette guerre, la Coalition de volontaires proposait l’idée d’envoyer sur la ligne de front une force d’interposition destinée à faire respecter un cessez-le-feu imposé unilatéralement à la Russie sous menace de sanctions en cas de refus.

Alors résumons.

La Russie a déclaré la guerre à l’Ukraine parce qu’elle juge que le déploiement des armées de l’Otan à 500 km de Moscou est un risque sécuritaire inacceptable pour elle.

Malgré cela, elle accepterait que ces mêmes pays de l’Otan (mais pas l’Otan elle-même) déploient leurs armées à 500 km de Moscou.

Concrètement, quelle est la différence ?

L’intervention européenne auprès de Trump équivalait à lui dire : ‘Laissez-nous essayer notre méthode — un mélange de sanctions plus sévères et de livraison d’armes plus puissantes — et vous verrez; l’Ukraine gagnera d’ici peu parce que la Russie est à bout de souffle.

Évidemment, tout cela n’a rien donné si ce n’est de gagner du temps.

Le deuxième sabotage européen

Le 26 octobre dernier, la télévision russe diffusait en entier un entretien entre Vladimir Poutine et général Valery Guerassimov.

À l’occasion de cet exercice de propagande, le chef militaire déclarait que dans les villes de Koupiansk et de Pokrovsk, environ 10 500 soldats ukrainiens étaient totalement encerclés et étaient en voie d’être anéantis par l’armée russe.

Jusque-là, Washington s’était fié aux comptes-rendus rassurants de Kyiv. Or l’analyse des données satellitaires américaines donnait plus de poids aux affirmations de Moscou qu’à celles de Kyiv.

Selon le géopoliticologue Jaques Baud, la perspective d’un effondrement du front ukrainien (au nord et au centre) aurait suscité une très vive inquiétude au sein de l’administration Trump. Ce qui l’aurait incité à concocter en toute urgence un cadre pour le règlement du conflit.

Le 18 novembre dernier, le média électronique Axios révélait que l’administration Trump préparait un plan secret en 28 points destiné à servir de base à des négociations de paix entre la Russie et l’Ukraine.

Après un nombre incalculable de sanctions, Washington n’a plus de levier pour forcer la Russie à accepter quoi que ce soit. Voilà pourquoi le document américain fait une place de choix aux exigences russes.

Conformément aux vœux de Washington, Vladimir Poutine s’est dit favorable à ce que la position américaine serve de base à des négociations ultérieures. Un appui qu’il a accordé avec d’autant plus d’empressement qu’il présumait, à juste titre, que le plan américain serait jugé totalement inacceptable par Kyiv.

Pour faire contrepoids aux consultations avec la Russie, la diplomatie américaine a procédé plus tôt cette semaine à des pourparlers avec l’Ukraine, accompagnée de ses plus importants partenaires européens.

Ceux-ci ont préparé le 23 novembre un document en 19 points où tout ce qui ne convenait pas aux dirigeants ukrainiens a été purgé. Si bien que cette contre-offre est l’antithèse du plan que Trump a soumis aux belligérants.

La contre-offre européenne (COE)

La taille de l’armée ukrainienne après la guerre

La COE propose que l’Ukraine puisse se doter d’une armée de 800 000 hommes en temps de paix, soit davantage que ce que propose l’administration Trump (600 000 hommes).

On doit savoir que les deux membres de l’Union européenne qui possèdent les plus grosses armées sont l’Italie et la France, avec respectivement 338 et 304 mille hommes.

En raison de la présence menaçante de son redoutable voisin, l’Ukraine pourrait donc se doter, au maximum en temps de paix, d’une armée équivalente à celle combinée de ces deux pays.

Pertes territoriales ukrainiennes

Les différentes versions du plan américain divergent quant à l’étendue exacte des pertes territoriales que subirait l’Ukraine. En gros, elles représentent les zones déjà conquises par l’Armée rouge.

Au contraire, la COE veut que le territoire de l’Ukraine revienne à ce qu’il était au moment de l’indépendance du pays en 1991.

Le principe qui guide les alliés européens de Kyiv, c’est que le crime doit être puni. Puisque la Russie est un envahisseur, la dernière chose à faire est de la récompenser pour son crime, disent-ils.

À entendre l’indignation des pays membres de la Coalition des volontaires face à l’invasion russe, on ne croirait jamais que ce sont d’anciennes puissances coloniales…

La reconstruction de l’Ukraine

En vertu du Droit international, un pays peut saisir les avoirs d’un pays ennemi, mais pas de les confisquer. En d’autres mots, on peut empêcher la Russie d’accéder à ses biens, mais on ne peut pas en disposer à sa place.

La banque centrale de Russie possède des réserves de change évaluées à environ 270 milliards d’euros, dont 210 milliards logés dans ses comptes à Euroclear, un organisme international de dépôts de fonds établi en Belgique. Les 60 milliards restants se trouvent aux États-Unis, au Japon, au Royaume-Uni, en Suisse et en Australie.

Selon le plan de Trump, cent-milliards de dollars seraient prélevés des fonds russes gelés à Bruxelles et seraient utilisés à la reconstruction de l’Ukraine.

La moitié de cette somme serait confiée à des gestionnaires d’actifs (comme BlackRock) qui accorderaient les contrats de reconstruction à des firmes américaines et peut-être quelques miettes à des entreprises européennes.

La Russie n’a pas du tout l’intention de payer pour la reconstruction de l’Ukraine. Mais plutôt que s’opposer frontalement à Trump, Poutine a choisi d’appuyer son plan à titre de base de discussion. Ce qui ne veut pas dire qu’il consent à toutes ses dispositions.

La COE propose plutôt que ces fonds servent à financer l’effort de guerre de Kyiv.

Puisque l’administration Trump a décidé de ne plus donner d’armes à l’Ukraine, mais à les vendre à l’Otan (qui refilerait la note à l’Union européenne), cette dernière aimerait financer cela en pillant les avoirs bruxellois de la Russie.

Les garanties de sécurité pour l’Ukraine

À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, l’Italie n’a pas eu besoin de ‘garanties de sécurité’. Elle a simplement abandonné sa rhétorique belliqueuse contre ses ennemis d’hier et décidé de reprendre ses liens commerciaux avec eux.

L’administration Trump s’oppose à l’entrée de l’Ukraine dans l’Alliance atlantique (comme s’y opposait également l’administration Biden) et ne veut pas que l’Otan stationne des troupes dans ce pays.

Au contraire, les alliés européens de Kyiv souhaitent que l’Otan puisse y stationner des troupes (mais ‘pas de manière permanente’), et désirent que l’Otan poursuive son expansion vers l’Est.

Ce qui signifie qu’éventuellement, l’Ukraine pourrait en faire partie.

D’ici là, la COE propose que l’Ukraine soit protégée par l’article 5 du Traité de l’Otan, c’est-à-dire qu’elle dispose de tous les avantages de l’adhésion à l’Otan sans en faire partie.

Puisqu’un des deux prérequis à toute participation de la Russie à des négociations de paix est la renonciation définitive de l’Ukraine à adhérer à l’Otan, la stratégie poursuivie par la Coalition des volontaires consiste donc à s’assurer que ces négociations n’auront pas lieu et donc, à saboter l’effort de paix de Washington.

Préparer la guerre de revanche

À l’issue de la Première Guerre mondiale, la France a récupéré l’Alsace-Lorraine, un territoire qu’elle avait perdu lors de la guerre franco-prussienne de 1870.

Aux yeux des hypernationalistes ukrainiens, la protection offerte par l’article 5 du traité de l’Otan (proposée par la COE) est capitale afin de permettre à l’Ukraine de procéder en toute impunité à son réarmement en vue d’une guerre de revanche contre la Russie.

Déclenchée quelques années plus tard, celle-ci permettrait à l’Ukraine de récupérer les territoires perdus à l’issue de cette guerre-ci.

La camisole de force de Zelensky

On s’imagine généralement qu’il suffit de mettre ensemble les chefs d’État de deux pays belligérants, de les empêcher de s’échapper avant la conclusion d’un accord de paix, pour qu’ils finissent par s’entendre.

Malheureusement, ce n’est pas cela que les choses se passent dans la vraie vie.

Quand une guerre oppose deux pays éloignés — les États-Unis et le Vietnam ou l’Afghanistan — le conflit peut s’arrêter quand l’envahisseur plie bagage et rapatrie ses troupes.

Mais une guerre entre deux pays limitrophes ne s’arrête que lorsque le perdant capitule. Or dans ce cas-ci, le perdant, c’est l’Ukraine.

Le problème, c’est que l’article 2 de la Constitution ukrainienne déclare que le territoire national est indivisible. De plus, la loi ukrainienne interdit toute participation à des rencontres internationales où serait négociée une partition du territoire ukrainien.

C’est donc à dire que Zelensky se trouve dans un carcan juridique qui l’oblige à ne rien céder. En somme, à espérer une défaite russe qui n’arrivera pas et, entretemps, à assister, impuissant, à l’anéantissement progressif de son pays.

Comment un pays capitule-t-il ?

Juridiquement, la meilleure issue à cette guerre est la nomination par le parlement ukrainien d’un délégué plénipotentiaire — il s’agit généralement du chef des armées — dont le mandat est de négocier la paix sans que cela implique l’arrêt des hostilités au cours de cette négociation.

De plus, le parlement lui accorderait l’immunité contre toute poursuite ultérieure.

L’acte de capitulation du Troisième Reich a été signé par le général Alfred Jodl au nom du Haut commandement des forces armées allemandes. L’armistice italien a été signé par le général Giuseppe Castellano au nom du gouvernement italien.

À l’issue des négociations secrètes, ce délégué, investi de tous les pouvoirs (d’où son qualificatif de plénipotentiaire), signe l’acte de capitulation.

L’idéal serait que cette capitulation soit inconditionnelle. Ce qui lui éviterait de négocier les pertes territoriales de l’Ukraine.

Et parce que ce traité est supranational, il a juridiquement préséance sur les dispositions contraires de la constitution ukrainienne et des lois qui en découlent.

Théoriquement, Zelensky pourrait être investi des pouvoirs d’un délégué plénipotentiaire. Mais avec son taux d’impopularité, il n’a pas l’autorité de faire déposer les armes aux irréductibles qui voudront continuer le combat.

Seul un militaire de haut rang, estimé de ses troupes, pourra faire entendre raison aux mutins et écraser impitoyablement ceux qui tenteront de renverser le pouvoir intérimaire placé à la tête du pays d’ici de nouvelles élections.

Conclusion

Depuis son retour au pouvoir le 20 janvier de cette année, Donald Trump a tenté deux fois de régler le conflit russo-ukrainien.

Chaque fois, les dirigeants européens les plus belliqueux ont saboté ses efforts en espérant retarder l’heure de vérité.

L’heure de vérité, c’est lorsque les peuples d’Europe se demanderont à quoi ont servi les milliards d’euros que leurs dirigeants ont englouti dans une guerre perdue d’avance. Dans une boucherie qui aura fait inutilement plus d’un million de morts.

Quel respect portera-t-on à ces chefs d’État qui se seront avérés impuissants à modifier le cours de l’Histoire et qui ont révélé, aux yeux de tous, l’étendue de la vassalisation de leur pays à l’hégémonie américaine ?

C’est dans un contexte comme celui-ci que les régimes tombent…

Références :
Coalition des volontaires
Comment les occidentaux comptaient-ils démembrer la Russie ? (vidéo)
Jacques Baud – Le plan de Paix Américain en 28 points (vidéo)
Gel des avoirs russes : au nom du droit, de la justice et des intérêts
Les États-Unis annulent des livraisons d’armements vers l’Ukraine
Le sommet Poutine-Trump à Anchorage : un ‘anchoragement’ modeste
Maxar rétablit l’accès de l’Ukraine aux données satellitaires
Pourparlers sur l’Ukraine : des avancées, mais encore beaucoup de travail
Putin trying to negotiate an end to Ukraine war as he cannot win it on battlefield, says EU’s Kallas
Renseignement et satellites d’observation : arrêt sur image en Ukraine…
Russia-Ukraine war: What’s a ‘coalition of the willing’, Europe’s new plan?
Scoop: Trump plan asks Ukraine to cede additional territory for security guarantee
Sommet de Londres sur l’Ukraine
Sommet européen sur l’Ukraine : les faits saillants
Ukraine : Pokrovsk, l’effondrement d’un récit et la réalité d’une armée à bout de souffle
Un tournant majeur dans la guerre en Ukraine
« Vous n’êtes pas seuls » : des dirigeants européens appuient Zelensky face à Trump
Washington met de la pression sur l’Ukraine en suspendant son aide militaire
Zelensky est plus impopulaire que jamais après près de trois ans de guerre : les grands médias l’admettent
Zelensky says revised peace plan “doable” after key changes

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Ukraine : la réhabilitation des mots ‘négociations de paix’

Publié le 29 novembre 2025 | Temps de lecture : 3 minutes

Avant le retour au pouvoir de Donald Trump, aucun chef d’État européen n’osait utiliser les mots ‘négociations de paix’ car c’eut été un bris de solidarité avec les autres pays de l’Otan.

C’était à l’époque où on croyait que les sanctions financières de l’Occident feraient s’écrouler l’économie russe, provoqueraient la révolte des Russes incapables d’encaisser leurs chèque de paie ou de pension, et entraineraient renversement du régime de Vladimir Poutine.

Comme dans la fable ‘La Laitière et le pot au lait’, on salivait déjà à l’idée du démantèlement de la Fédération de Russie et de la spoliation de ses richesses naturelles par des sociétés occidentales.

Dans les forums de discussion et sur les médias sociaux, n’importe quel participant pacifiste était aussitôt qualifié de ’Munichois’, en référence à ces dirigeants européens qui pensaient amadouer Hitler en lui permettant (par l’accord de Munich) d’annexer une partie de la Tchécoslovaquie.

On se rappellera du scandale provoqué par la visite du premier ministre hongrois à Moscou en juillet 2024 dans le cadre, disait-il, d’une mission de paix. À l’époque, les dirigeants de l’UE dénonçaient toute politique d’apaisement; l’Europe soutenait alors la poursuite de la guerre jusqu’au dernier soldat ukrainien vivant.

Depuis trois ans, les partisans de la ligne dure à l’égard de Moscou — l’Otan et les dirigeants de l’Union européenne, de même que ceux de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne — n’entretenaient plus aucune relation diplomatique officielle avec le Kremlin.

Sans le dire explicitement, ce qu’on soutenait, c’était une guerre totale avec la Russie, c’est-à-dire une guerre dont l’issue ne serait rien d’autre que l’expulsion de l’Armée rouge du territoire ukrainien.

Mais le 12 février 2025, lors d’un appel téléphonique, Donald Trump et Vladimir Poutine se sont entendus pour entamer incessamment des pourparlers en vue de mettre fin à la guerre en Ukraine.

Estomaqués d’apprendre par les médias que cette guerre pouvait se régler sans eux, les dirigeants européens se sont métamorphosés en apôtres de la paix… à la condition d’en pervertir le sens.

Dans leur bouche, les mots ‘négociations de paix’ signifiaient ’négociations en vue de la capitulation de la Russie’ en sachant très bien que cela n’arrivera pas.

Pour l’Ukraine, le choc était encore plus brutal puisqu’une négociation de paix, c’est comme un buffet; quand on est pas autour de la table, c’est qu’on est au menu…

Et c’est de cette manière que des mots que plus personne n’osait prononcer refont leur apparition dans la bouche des dirigeants de nos pays.

Références :
Accords de Munich
« La Russie n’a pas subi l’“effondrement” économique annoncé par Bruno Le Maire, fin février 2022 »
Ukraine : Poutine ferme sur ses exigences avec Orban à Moscou, vives critiques de l’UE

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