Le plafonnement du prix du pétrole russe

Publié le 8 décembre 2022 | Temps de lecture : 6 minutes

Ursula von der Leyden, la tigresse de papier

Comme le lapin des piles Energizer, la présidente de la Commission européenne bat vaillamment le tambour de la guerre économique contre la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine.

Le fiasco des sanctions économiques entreprises jusqu’ici — qui se sont retournées contre les pays membres de l’Union européenne — n’a pas ralenti son ardeur.

Sa dernière trouvaille est le plafonnement du prix du pétrole russe.

Le résultat est connu d’avance; imaginez des milliers d’acheteurs potentiels d’un spectacle de Taylor Swift — la chanteuse la plus populaire du moment — qui décideraient qu’ils ne paieraient pas plus de 25$ du billet. Eh bien, les stades s’empliraient sans eux.

Tant que la demande mondiale de pétrole dépasse l’offre, ce sont les producteurs de pétrole qui ont le gros bout du bâton.

L’effet du plafonnement

Le pétrole brut distribué par pipeline

Le principal mode de distribution du pétrole brut russe est par pipeline. Or, depuis leur embargo de mai 2022, les pays membres de la Communauté européenne en achètent presque plus.

En payant une fortune pour du pétrole autre que russe destiné aux pays en voie de développement — qu’ils détournent afin d’assurer leurs propres besoins — les pays européens ont créé ailleurs dans le monde un vide que le pétrole russe s’est empressé de combler.

Si bien que la valeur des exportations de pétrole russe a augmenté substantiellement depuis le début de la guerre en Ukraine.

Or cette nouvelle sanction ne s’applique pas au brut que la Russie exporte par pipeline ailleurs qu’en Europe.

Le pétrole brut distribué par pétrolier

L’autre mode de transport du brut est par pétrolier. Le plafonnement s’applique donc uniquement aux pétroliers qui tenteront de décharger leur cargaison à des ports européens.

Les pétroliers qui approvisionnent en brut la Turquie, l’Inde ou la Chine échappent aux sanctions européennes… en théorie (nous y reviendrons).

Le pétrole de chaque pays producteur porte sa signature chimique. Selon sa teneur en souffre, notamment, la Communauté européenne peut savoir d’où il vient et sanctionner ses membres qui auront acheté par bateau du brut russe au-delà du prix maximal qu’elle a décrété.

Le pétrole brut distribué par train ou camion-citerne

La nouvelle sanction européenne ne s’applique pas non plus au mazout (appelé également fioul), au diésel, ou à l’essence automobile puisqu’une fois raffinée, l’essence de pétrole perd la signature chimique du brut d’origine.

Une fois raffinée, l’essence est transportée par camion-citerne ou par train.

Si du pétrole albertain peut parcourir 3 000 km pour être acheminé à Montréal, du pétrole russe raffiné en Turquie peut parcourir 2 500 km pour être livré à Berlin.

En présence de mazout turc, même si on devait se douter que c’est du pétrole russe ‘déguisé’, personne en Allemagne ou en France préfèrera greloter cet hiver plutôt que s’en servir.

Bref, au premier abord, cette nouvelle sanction est une plaisanterie ‘vonderLeydienne’. Ce n’est pas tout à fait le cas.

L’assurance

Le véritable but de la nouvelle mesure européenne concerne l’assurance maritime du transport pétrolier.

Lorsque la cargaison d’un pétrolier est détruite, son propriétaire (l’armateur ou son client) peut être remboursé par sa compagnie d’assurance.

Or 90 % du fret maritime est protégé par des compagnies d’assurances occidentales, principalement anglaises ou anglo-américaines.

Cela signifie que si un pétrolier transportant du brut russe sombre mystérieusement en mer — comme les gazoducs Nord Stream I et II ont mystérieusement été sabotés — l’assuré ne recevra qu’un prix maximal de 60 $US du baril.

De la même manière qu’il était prévisible que la fermeture des succursales russes de sociétés occidentales allait entrainer une russification de l’économie de la Russie, on peut prévoir que le refus d’assurer à 100 % la cargaison de pétroliers grecs transportant du brut russe les incitera à s’assurer ailleurs.

En d’autres mots, ce sera une occasion en or pour des puissances émergentes comme l’Inde ou la Chine de développer leur secteur financier.

Toutefois, en voulant échapper à cette nouvelle sanction européenne, même si un armateur s’assurait auprès d’une compagnie qui n’est pas occidentale, il faut savoir que toutes les compagnies d’assurances au monde sont protégées à leur tour par un ‘super-assureur’ qu’est la Lloyds of London.

Par le biais de cette dernière, les pays européens et le G7 espèrent rendre risqué le transport maritime du brut russe et du coup, décourager l’achat de cet hydrocarbure.

Mais il suffit que la Russie garantisse secrètement de payer la différence si jamais un malheur devait frapper un pétrolier transportant son pétrole pour que cette nouvelle sanction européenne ne s’avère qu’un vœu pieux…

Si bien que les principales victimes de cette nouvelle sanction européenne risquent d’être les grands assureurs londoniens.

Conclusion

Dans la chanson V’là le bon vent, v’là le joli vent, il est dit : “Visa le noir, tua le blanc. Ô fils du roi, tu es méchant.”

Dans le cas de cette nouvelle sanction, en visant l’or noir russe, la présidente de la Commission européenne fait de la blanche Albion — c’est le surnom de la Grande-Bretagne — sa victime collatérale… ce qui est une manière insidieuse de lui faire payer le prix du Brexit.

Références :
Le pétrole russe plafonné à 60 dollars après l’accord du G7 et de l’Australie
McDonald’s et la culture du bannissement
Prix du pétrole russe : le baril plafonné à 60 dollars par le G7 et l’UE

Compléments de lecture :
L’engrenage ukrainien
L’épouvantail russe

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à la guerre russo-ukrainienne, veuillez cliquer sur ceci.

Laissez un commentaire »

| Géopolitique, Guerre russo-ukrainienne, Politique internationale | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Les États-Unis nous emmerdent !

Publié le 3 décembre 2022 | Temps de lecture : 6 minutes
Cliquez sur l’image pour démarrer

Profiter de nos égouts

Jeudi dernier, l’émission Enquête révélait que des matières fécales humaines (appelées biosolides) sont utilisées pour la fertilisation des terres agricoles.

En principe, ceci est une bonne chose. Qu’il s’agisse de fumier animal ou humain, le compost créé à partir d’eux contient de l’azote, du phosphore et du potassium (comme dans les engrais chimiques), mais également des oligoéléments, c’est-à-dire des sels minéraux essentiels au métabolisme des plantes.

Dans tous les cas, on doit simplement éviter que ces engrais organiques contiennent des niveaux élevés de contaminants toxiques.

Par mesure de prudence, la règlementation québécoise stipule également que lorsque du compost est fait à partir de fumier humain, il ne doit pas servir à engraisser des sols où poussent des plantes destinées à l’alimentation humaine.

Autre avantage : leur utilisation à titre de fertilisants évite que les résidus de nos usines d’épuration soient déversés dans nos cours d’eau. Ce que des municipalités comme Montréal et Longueuil font occasionnellement.

Voilà pourquoi les municipalités paient des entreprises spécialisées pour que celles-ci les débarrassent des résidus solides de leurs usines d’épuration.

Cela est tellement payant que celles-ci donnent littéralement ces engrais aux agriculteurs qui acceptent de s’en servir.

Or cela tombe bien.

La guerre en Ukraine

Sous l’influence de la vice-première ministre, Chrystia Freeland (de descendance ukrainienne), le Canada est le seul pays du G7 à imposer des tarifs sur les engrais russes.

Si les provinces de l’Ouest produisent de la potasse, cette production est insuffisante à alimenter les producteurs de l’Est du pays.

Avant l’imposition des tarifs canadiens, 85 à 90 % des engrais utilisés au Québec provenaient de Russie. En catastrophe, nos importateurs se sont tournés vers d’autres pays (dont l’Algérie et l’Égypte) qui leur en vendent maintenant à prix d’or.

Dans ce contexte, le don d’engrais naturels à nos agriculteurs tient du miracle.

L’an dernier, le Canada a importé 70 000 tonnes de matières fécales des États-Unis. Annuellement, on estime que 2 300 camions chargés d’excréments américains traversent la frontière canadienne.

Encore un peu et le Canada offrira gratuitement des laxatifs aux Américains pour aider nos agriculteurs…

Pour l’instant, ce trafic est beaucoup plus répandu en Ontario qu’au Québec.

Autre différence, cette fois majeure, c’est que l’Ontario importe ses résidus solides d’États du Midwest américain alors qu’au Québec, nous les recevons de la Nouvelle-Angleterre.

Or, en Amérique du Nord, les contaminants éternels (nous y reviendrons) sont principalement produits dans le Midwest américain. Et c’est là qu’ils ont davantage contaminé les humains et l’environnement.

Les contaminants éternels

En 2009, la Convention de Stockholm a classé le PFOS (l’acide perfluorooctane sulfonique) et ses sels comme des polluants organiques éternels en raison de leur nature omniprésente, persistante, bioaccumulable et toxique.

Depuis, leurs fabricants les ont remplacés par des dérivés à chaine courte (les PFOA), également considérés comme des polluants majeurs.

Il est à noter que dans la rubrique qu’il leur consacre, Wikipédia affirme qu’en 2006, une étude de Santé Canada concluait en leur innocuité, ce qui est faux. Au contraire, partout à travers le monde, ces substances sont considérées comme préoccupantes.

En vertu du principe de précaution, l’État du Maine a totalement interdit leur utilisation et a condamné les terres agricoles (de même que le bétail) contaminées par ces substances.

Les entreprises qui en faisaient le commerce ont donc cherché d’autres débouchés et se sont tournées vers le Québec.

Le contraste entre les réactions

Au gouvernement québécois

À la suite du reportage de Radio-Canada, le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a déclaré :

Dans les prochaines semaines, on va modifier la règlementation pour interdire l’épandage des biosolides qui nous parviennent des États-Unis, notamment.
Et pour ce qui est des biosolides québécois, on va passablement resserrer la règlementation pour s’assurer qu’on ne compromet pas l’intégrité nos terres agricoles [et] qu’on ne menace pas la santé humaine.

Au gouvernement fédéral

Le premier ministre Justin Trudeau s’est dit troublé par les révélations de Radio-Canada et assuré que son gouvernement ‘va faire les suivis’.

En d’autres mots, c’est inquiétant mais nous allons rester, pour l’instant, assis à regarder passer le train.

De son côté, Marie-Claude Bibeau, sa ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire a été plus explicite :

Quand on parle de la gestion des matières résiduelles, c’est vraiment de juridiction provinciale. Si on a un rôle à jouer au niveau fédéral, on va prendre les actions rapidement.

Dieu merci, lorsque j’ai entendu la déclaration de la ministre fédérale, c’était au Téléjournal de 18h et non à celui de 22h parce que dans le cas contraire j’aurais mal dormi tellement cette réponse à la Ponce-Pilate m’a rendu furieux.

Comment peut-on être ministre au fédéral et ignorer ceci :

Le transport transfrontalier des marchandises est un domaine de compétence exclusive du gouvernement canadien.

Si le Québec est pris à adopter une règlementation que les États-Unis pourraient contester en vertu des traités de libre-échange conclus par Ottawa, c’est parce que ce dernier ne fait pas son job de protéger la population canadienne des dangers provenant de l’Étranger.

Conclusion

Le gouvernement canadien est toujours prompt de se servir de son pouvoir de dépenser pour envahir des domaines de compétence des provinces et ainsi leur dicter ses volontés.

Mais quand vient le temps de faire son job — délivrer des passeports ou empêcher les États-Unis de se servir du Canada comme d’une toilette — le voilà qui se soustrait à ses responsabilités.

En réalité, si le Québec veut que ses frontières servent à quelque chose, il ferait bien de penser à s’en occuper lui-même, c’est-à-dire devenir un pays indépendant.

Références :
Québec resserrera la réglementation sur l’épandage des biosolides dans les champs
Rapport d’évaluation écologique préalable sur le sulfonate de perfluorooctane, ses sels et ses précurseurs
Substances per- et polyfluoroalkylées
Tarifs sur les engrais russes : « On se pénalise nous-mêmes! »

Parus depuis :
Chemicals in sewage sludge fertilizer used on farms pose cancer risk, EPA says (2025-01-14)
Vu comme la poubelle des États-Unis, le Québec fait la manchette à l’international (2025-01-15)

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au prix que nous payons pour appartenir au Canada, veuillez cliquer sur ceci.

Laissez un commentaire »

| 2018-202X (années Legault), Agriculture, Environnement, le prix du fédéralisme, Politique canadienne, Politique québécoise | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Si possible, évitez les garderies

Publié le 2 décembre 2022 | Temps de lecture : 3 minutes

Tout comme les écoles au pire de la pandémie au Covid-19, la Santé publique veut, de nos jours, faire des garderies des lieux de contamination massive par des virus respiratoires.

Ses dirigeants libertariens professent aujourd’hui qu’il faut apprendre à vivre avec les virus comme ils répétaient autrefois leur foi en la nécessité de laisser se développer l’immunité naturelle.

De la même manière que je suggérais de porter le masque à l’époque où la Santé publique le déconseillait, aujourd’hui je déconseille aux parents qui le peuvent d’envoyer leurs enfants dans les garderies du Québec.

Si vous pouvez vous payer une gardienne, faites-le.

Pourquoi ?

Jusqu’au 23 novembre dernier, les garderies québécoises excluaient automatiquement les enfants qui manifestaient des symptômes d’infection respiratoire.

Depuis cette date, il leur est interdit de le faire au nom du retour à la normale.

Selon les autorités québécoises :

« Le fait de permettre aux enfants de fréquenter leur service de garde avec des symptômes légers est en accord avec l’approche syndromique annoncée par la Santé publique et par les autorités gouvernementales récemment.»

Existe-t-il une seule étude au monde qui prouve que si on attrape une infection virale de quelqu’un qui n’en éprouve que des symptômes légers, on attrapera nécessairement une forme bénigne de l’infection ?

Un virus est un virus : il se comporte avec une sévérité différente d’une personne à l’autre selon son état général de santé, l’état de son système immunitaire, sa vulnérabilité respiratoire aux virus, etc.

Il est donc faux d’affirmer qu’un enfant atteint légèrement est sans danger pour les autres enfants d’une garderie.

Depuis des semaines, nous sommes aux prises avec une grave pénurie de médicaments pédiatriques contre la fièvre.

De plus, lorsque l’infection respiratoire virale se complique d’une surinfection bactérienne, on manque d’amoxicilline, l’antibiotique le plus prescrit aux enfants gravement atteints.

Nos professionnels de la santé sont à bout de souffle. Les urgences des hôpitaux pédiatriques débordent. Des centaines de milliers de parents n’ont pas de médecin de famille.

Dans ce contexte, alors qu’on manque de tout pour les soigner, favoriser la contamination massive des enfants d’âge pré-scolaire est une preuve supplémentaire de la profonde incompétence de nos dirigeants sanitaires.

Références :
Au Québec, la grippe saisonnière est plus à craindre que le coronavirus
Covid-19 : la nécessité du port du masque
Vivre avec les virus, à quel prix ?

Laissez un commentaire »

| 2018-202X (années Legault), Politique québécoise, Santé | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : évolution depuis vingt-trois mois

Publié le 1 décembre 2022 | Temps de lecture : 2 minutes

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.

Tableau comparatif des pays les plus atteints en nombre cumulatif de morts par million d’habitants au premier jour du mois, en janvier de l’an dernier, puis en janvier, avril, juillet, octobre et décembre de 2022.

Pays Jan’21 Jan’22 Avril Juil. Oct. Déc.
Pérou 1136 6022 6284 6300 6430 6454
Bulgarie 1099 4510 5331 5443 5511 5558
Hongrie 1002 4072 4732 4853 4945 5027
Bosnie-Herzég. 1249 4136 4843 4878 4966 4986
Macédoine du N. 1205 3825 4429 4477 4581 4597
Croatie 968 3091 3837 3963 4166 4269
Géorgie 634 3484 4212 4238 4258 4253
Rép. Tchèque 1093 3369 3694 3751 3828 3901
Slovaquie 412 3050 3544 3687 3747 3797
Lithuanie 588 2777 3346 3466 3501 3544
Roumanie 826 3086 3421 3463 3522 3535
Slovénie 1312 2692 3122 3199 3283 3338
Grèce 469 2015 2668 2931 3209 3326
États-Unis 1074 2537 3014 3115 3240 3303
Lettonie 343 2467 3045 3177 3242 3292
Chili 868 2022 2919 3010 3178 3246
Brésil 916 2882 3067 3116 3186 3203
Pologne 766 2582 3051 3083 3116 3135
Trinité-et-Tobago 91 2050 2667 2848 2991 3034
Italie 1235 2279 2645 2794 2939 3005
Moldavie 746 2558 2846 2881 2951 2970
Arménie 953 2684 2898 2901 2922 2931
Royaume-Uni 1089 2174 2417 2630 2778 2873
Belgique 1681 2429 2640 2729 2800 2833
Argentine 954 2558 2789 2805 2814 2826
Colombie 850 2515 2694 2696 2753 2755
Russie 394 2121 2527 2610 2657 2689
Paraguay 315 2289 2562 2595 2672 2686
Ukraine 428 2217 2495 2514 2528 2558
Mexique 971 2286 2460 2474 2509 2512
Portugal 685 1869 2124 2382 2468 2510
Espagne 1087 1911 2192 2311 2444 2481
Tunisie 398 2131 2354 2378 2428 2430
France 991 1891 2173 2282 2365 2425
Autriche 693 1514 1749 2063 2289 2340
Uruguay 55 1767 2049 2096 2141 2156
Estonie 180 1459 1852 1951 2028 2111
Suède 861 1498 1796 1867 1976 2064
Québec 958 1379 1651 1827 1977 2044
Serbie 373 1467 1822 1861 1966 2010
Équateur 790 1867 1956 1965 1982 1984
Panama 1493 1682 1843 1880 1911 1917
Allemagne 410 1340 1547 1674 1789 1883
Bolivie 780 1652 1832 1831 1854 1855
Costa Rica 427 1424 1605 1644 1720 1744
Afrique du Sud 484 1509 1651 1675 1682 1686
Iran 655 1538 1633 1642 1679 1681
Suisse 882 1404 1564 1593 1617 1632
Irlande 453 1178 1348 1479 1575 1620
Liban 240 1348 1522 1547 1597 1606
Namibie 80 1397 1533 1544 1543 1549
Hong Kong 20 28 1045 1234 1337 1415
Jordanie 376 1010 1349 1352 1371 1371
Finlande 108 314 685 872 1181 1344
Pays-Bas 672 1219 1279 1300 1316 1331
Danemark 256 564 982 1109 1212 1292
Israël 365 957 1147 1175 1254 1272
Albanie 411 1120 1216 1219 1252 1254
Eswatini 185 1110 1180 1196 1200 1200
Turquie 248 584 1103 1150 1182 1185
Botswana 18 1009 1103 1124 1142 1143
Jamaïque 101 831 968 1047 1112 1112
Malaisie 14 955 1057 1078 1096 1106
Honduras 315 1029 1069 1067 1076 1080
Guatemala 263 875 936 999 1065 1074
RoC* 256 639 799 909 983 1052
             
Taïwan 0,3 35,6 35,7 283 465 602
Corée du Sud 17,9 110 323 478 554 596
Vietnam 0,4 331 430 435 436 436
Japon 27,4 146 223 249 357 397
Singapour 4,9 140 214 238 272 287
Chine 3,2 3,2 3,2 3,6 3,6 3,6

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.

Dans le tableau ci-dessus, par million d’habitants (MPM), pour les mois d’octobre et de novembre 2022 combinés :
•   1 pays a connu une diminution de la MPM,
• 21 pays ont eu entre 0 et 10 morts de plus,
• 14 pays ont eu entre 11 et 20 morts de plus,
•   3 pays ont eu entre 21 et 30 morts de plus,
•   5 pays ont eu entre 31 et 40 morts de plus,
•   8 pays ont eu entre 41 et 50 morts de plus,
•   4 pays ont eu entre 51 et 60 morts de plus.
•   5 pays ont eu entre 61 et 70 morts de plus.
•   2 pays ont eu entre 71 et 80 morts de plus.
•   3 pays ont eu entre 81 et 90 morts de plus.

Seulement six pays ont eu plus de 90 morts supplémentaires au cours de ces deux mois : loin devant les autres pays, la Finlande (+163), puis la Grèce (+117), la Croatie (+103), la Grande-Bretagne (+95), l’Allemagne (+94) et la Suède (+92).

Références :
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Données COVID-19 au Canada
Données COVID-19 au Québec

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

Laissez un commentaire »

| Covid-19, Santé | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le pré-traitement photographique

Publié le 30 novembre 2022 | Temps de lecture : 7 minutes

Introduction

À l’époque de la photographie argentique — c’est-à-dire de la photographie sur pellicule — les photos étaient développées de manière artisanale en chambre noire ou de manière commerciale en laboratoire.

En modifiant le temps de développement d’une image, on pouvait corriger un défaut d’exposition. Ce défaut pouvait être généralisé ou localisé.

En photographie numérique, on peut appliquer en quelques secondes des changements qui auraient pris un temps considérable en chambre noire.

On considère généralement que toutes les modifications subies par l’image après son enregistrement sur la carte-mémoire de l’appareil photo constituent du post-traitement.

En réalité, le post-traitement débute après que les photons de l’image aient touché le capteur de l’appareil photo. Donc, avant même que l’image soit enregistrée.

Dans le cas d’un JPEG par exemple, l’application de la balance de blanc déterminée à l’avance par la configuration de l’appareil est du post-traitement au même titre que le changement de la balance de blanc à l’ordinateur.

De la même manière, l’application de filtres artistiques dans le boitier des appareils Olympus, entre la capture de l’image par le capteur et son enregistrement sur la carte-mémoire, est également du post-traitement effectué par l’appareil-photo.

Le pré-traitement

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Avant l’invention de la photo numérique, une scène éclairée par une ampoule électrique possédait une teinte jaunâtre. Celle éclairée par un néon était verdâtre.

Pour corriger ces défauts, on vissait un filtre de couleur au-devant de l’objectif afin de corriger la température de la lumière (exprimée en degrés Kelvin). Cela s’appelait la correction des couleurs.

D’autre part, pour obtenir un flou artistique, le photographe pouvait ajouter de la buée sur la lentille avant de son objectif en y expirant la bouche grande ouverte et en s’empressant de prendre sa photo avant que la buée s’évapore.

Pour éviter cette évaporation, le photographe David Hamilton appliquait plutôt de la gelée de pétrole (Vaseline™) au pourtour d’un filtre transparent vissé à son objectif.

Bref, tout cela peut être qualifié de pré-traitement puisque l’image est traitée avant d’avoir atteint la pellicule (ou le capteur, dans le cas d’une photo numérique).

Pré- et post-traitement en photographie infrarouge

Autrefois couteuse et peu utilisée (sauf à des fins d’espionnage militaire), la photographie infrarouge a pris son essor avec l’avènement de la photographie numérique.

Le capteur d’un appareil photo numérique peut enregistrer non seulement la lumière visible, mais également l’ultraviolet et l’infrarouge.

Pour que les images qu’il capte ressemblent à ce que nos yeux perçoivent, on insère normalement dans le boitier un filtre qui bloque à la fois l’ultraviolet et l’infrarouge pour ne laisser passer que la lumière visible.

L’infrarouge noir et blanc

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

En lui retirant le filtre qui bloque l’infrarouge pour le remplacer par un filtre qui, au contraire, bloque la lumière visible, l’appareil photo ne capte alors que l’infrarouge.

D’autre part, pour effectuer de la photosynthèse, la végétation absorbe le rouge et rejette le vert. Ce dernier, rebondissant à nos yeux, fait en sorte que la végétation nous apparait verte.

L’infrarouge correspond à la chaleur du soleil. Tout comme le blanc d’œuf coagulera à la cuisson, l’infrarouge dénature les protéines végétales, dont celles impliquées dans le métabolisme de la plante. Donc, la végétation doit impérativement s’en débarrasser puisque l’infrarouge représente pour elle une menace mortelle.

Et comme la végétation réfléchit beaucoup plus l’infrarouge que la lumière visible, le feuillage des arbres variera de vert moyen à vert foncé sur une photo couleur ordinaire, alors qu’il variera à l’infrarouge de très pâle à très foncé. En somme, le feuillage aura un écart dynamique beaucoup plus grand.

C’est l’avantage de la photographie de paysage en infrarouge et c’est ce qui explique sa popularité, une fois la photo transformée en noir et blanc.

L’infrarouge en fausses couleurs

© 2022 — Baptiste Guillemin, photographe

La photographie numérique a non seulement popularisé l’infrarouge, mais l’a fait bénéficier de techniques de traitement de l’image impossible à obtenir en chambre noire.

La substitution de canal et le recours à des balances des blancs personnalisées ont permis de conférer aux photos infrarouges des teintes éloignées du réalisme photographique.

Toutefois, un des tabous de l’infrarouge en fausses couleurs est que le ciel, s’il est visible sur la photo, doit être bleu. Le reste est sujet à toutes les licences.

L’infrarouge couleur

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

C’est vers 2015 qu’un photographe français nommé Yann Philippe a mis au point un filtre qui permet, sur un appareil infrarouge à spectre complet, de mimer l’aspect de l’Aérochrome, une pellicule infrarouge de Kodak (aujourd’hui discontinuée).

Pour ce faire, M. Philippe a testé différentes combinaisons de filtres et en a choisi trois ou quatre qui, superposés, donnaient l’effet recherché.

Ce faisant, Yann Philippe donnait naissance à une nouvelle discipline au sein de l’infrarouge; l’infrarouge couleur.

En comparaison avec l’infrarouge en fausses couleurs, l’infrarouge couleur peut s’obtenir sans post-traitement. Les filtres utilisés laissent passer certaines couleurs et en masquent d’autres. Bref, ils ne révèlent que des couleurs déjà présentes dans l’image.

Photo emblématique de l’infrarouge Rose bonbon

En 2021, un deuxième style d’infrarouge couleur a été mis au point, soit l’infrarouge Rose bonbon.

L’un et l’autre marquent le retour en force du pré-traitement dans l’art photographique.

Pour terminer, précisons que l’infrarouge couleur est un sujet d’expérimentations et de recherche pour de nombreux photographes.

© 2022 — Fedia Le Grill (Filtres utilisés : Lee No 115 Peacock Blue + GRB3)

Parmi ceux-ci, mentionnons Fedia Le Grill — photographe d’avant-garde œuvrant en Bretagne — qui a exploré l’utilisation en infrarouge des filtres Lee, conçus pour les éclairagistes de scène.

Conclusion

Contrairement au post-traitement — qui aboutit généralement à du noir et blanc ou à une photo en fausses couleurs — le pré-traitement est la voie de l’avenir pour la photographie infrarouge.

D’une part parce que l’austérité du noir et blanc condamne son esthétique à une audience limitée.

Et d’autre part parce que le post-traitement en fausses couleurs nécessite une connaissance des techniques avancées des logiciels de traitement de l’image. En particulier, la substitution de canal est l’arme atomique de la retouche photographique, une arme auquel aucun photographe ne recourt normalement.

À l’opposé, le pré-traitement photographique est d’une désarmante simplicité puisqu’il correspond à du ‘prêt-à-porter’ chromatique; il suffit de visser les filtres qui correspondent à une ‘recette’ infrarouge (l’IR Chrome ou le Rose bonbon, par exemple) pour obtenir l’effet souhaité.

Et dans le bouillonnement des trouvailles qu’on peut déjà observer sur les forums consacrés à la photographie infrarouge, on peut s’attendre à ce qu’émergent des styles standardisés d’infrarouge couleur qui attireront un nombre croissant de personnes vers cette discipline photographique.

C’est dans ce sens que le pré-traitement est destiné à une grande popularité en infrarouge puisqu’il libère le photographe de l’obligation d’être un gourou de Photoshop pour pouvoir s’exprimer dans cette discipline.

Laissez un commentaire »

| Infrarouge couleur, Photo infrarouge, Photographie | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’inclusion et la diversité au fédéral

Publié le 27 novembre 2022 | Temps de lecture : 5 minutes

La lutte contre la discrimination sexuelle

Le Conseil de recherches en Sciences naturelles et en Génie du Canada (CRSNG) est un organisme subventionnaire du gouvernement fédéral.

Conformément aux directives d’Ottawa destinées à faire une plus grande place à la diversité, le CRSNG a ajouté à ses demandes de subventions la question obligatoire suivante :
« Sélectionnez l’orientation sexuelle qui correspond le mieux à la façon dont vous vous percevez présentement.»
❏ Asexuel/Asexuelle
❏ Bisexuel/Bisexuelle
❏ Gai/Gaie
❏ Hétérosexuel/Hétérosexuelle
❏ Lesbienne
❏ Pansexuel/Pansexuelle
❏ Allosexuel/Allosexuelle (“Queer”)
❏ Bispirituel/Bispirituelle
❏ Je ne m’identifie à aucune option proposée
❏ Je préfère ne pas répondre.

Le CRSNG s’assure ainsi que son attribution des fonds n’entraine pas de discrimination à l’égard des minorités sexuelles du pays.

Au ministère de la Défense

L’actuelle titulaire du poste de ministre de la Défense du Canada est l’honorable Anita Anand.

Afin de combattre la culture machiste qui règne dans nos armées et leur permettre d’accueillir enfin les personnes non binaires, celle-ci a décidé dernièrement de permettre aux soldats dits ‘masculins’ — c’est-à-dire aux soldats dotés d’un pénis — de porter une robe, du maquillage, des faux-cils, du vernis à ongles, de même que des boucles d’oreilles discrètes (moins de 2,5 cm de diamètre).

De plus, le port des sous-vêtements est maintenant facultatif à la condition que cela ne se voie pas.

Néanmoins, au cours des exercices militaires et au combat, chausser des souliers à talons hauts est encore défendu. Cet interdit se justifie pour des raisons sécuritaires… même si marcher sur une mine antipersonnelle donne le même résultat, peu importe les chaussures qu’on porte.

L’écriture woke

Le gouvernement canadien a dernièrement dévoilé un nouveau guide de rédaction de la correspondance française destiné à ses fonctionnaires et aux organismes parapublics fédéraux. Pour l’instant, ce guide est facultatif. Mais il pourrait ultérieurement devenir obligatoire.

Parmi toutes les mesures qu’on peut utiliser pour avoir l’air inclusif, rien n’est plus ostentatoire que l’adoption de l’écriture dite ‘inclusive’.

L’écriture inclusive est un ensemble de procédés de rédaction dont l’immense majorité est justifiée.

Toutefois, parmi ces procédés, le guide suggère l’utilisation de l’écriture woke. Celle-ci vise à combattre l’invisibilisation grammaticale des femmes, une source de grande injustice au pays.

C’est ainsi qu’au lieu d’écrire “Les bâtisseurs culturels montréalais”, on préfèrera écrire “Les bâtisseur·euse·s culturel·le·s montréalais·e·s”.

Les Francophones qui auront de la difficulté à lire la correspondance fédérale écrite de cette manière conserveront leur droit d’exiger qu’Ottawa communique avec eux en anglais.

Conclusion

Le fonctionnement interne de la fonction publique fédérale se fait essentiellement en anglais.

En ordre décroissant, ce qu’on trouve dans la fonction publique fédérale, ce sont des Anglophones unilingues, des Francophones bilingues et des Anglophones bilingues. En somme, des gens qui ont en commun la connaissance de l’anglais.

On peut y faire carrière toute sa vie comme unilingue anglais, mais pas si on est unilingue français puisque dans ce cas, on n’y est jamais embauché.


 
Avant de se prétendre inclusif parce que son armée est ouverte au recrutement d’une poignée de soldats non binaires, Ottawa devra faire cesser sa discrimination à l’embauche qu’il exerce contre quatre-millions de francoQuébécois unilingues.

De la même manière, il serait temps d’abolir l’Apartheid juridique et constitutionnel dont sont victimes les peuples autochtones du pays.

Il est inacceptable que la Charte canadienne des droits et libertés ne s’applique pas aux peuples autochtones du pays, régis plutôt par le droit autochtone, un droit mesquin et infantilisant qui a valeur constitutionnelle et qui est indépendant des règles juridiques qui s’applique au reste de la population canadienne.

L’inclusion et la diversité dont se vante Ottawa ne servent qu’à couvrir le pays de ridicule sur la scène internationale. Mais cela ne s’attaque pas aux problèmes fondamentaux du colonialiste canadian contre le peuple francoQuébécois et les peuples autochtones du pays.

Références :
Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada
Instructions sur la tenue
Notre sexualité ne vous regarde pas !
Pensionnats autochtones : la honte canadienne
Quatre-millions de Québécois victimes de discrimination à l’embauche
Un catalogue de vêtements non genrés pour les militaires canadiens
Un pas de plus pour l’écriture inclusive au Canada grâce aux lignes directrices du fédéral

Parus depuis :
Ottawa accusé de retarder l’immigration francophone (2023-05-18)
Immigration: le Canada répond «in English only» (2023-05-19)
GRC : de hauts gradés unilingues à des postes bilingues (2023-10-03)
Protection des enfants autochtones : des milliers de réclamations non traitées (2024-01-12)

Complément de lecture :
Banque Scotia : un questionnaire d’embauche qui indispose (2022-12-19)

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au prix que nous payons pour appartenir au Canada, veuillez cliquer sur ceci.

Laissez un commentaire »

| le prix du fédéralisme, Politique canadienne | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le début de la délocalisation industrielle de l’Allemagne

Publié le 26 novembre 2022 | Temps de lecture : 2 minutes

BASF est le plus important groupe chimique au monde.

En juillet dernier, alors que le ministère allemand de l’Industrie effectuait des consultations pour déterminer quels secteurs industriels seraient autorisés à fonctionner cet hiver en cas de pénurie énergétique, le Conseil d’administration de BASF décidait, devant cette incertitude, d’effectuer à l’Étranger le plus important investissement de l’histoire de cette compagnie.

Dix-milliards d’euros : c’est la somme que BASF a décidé d’investir d’ici 2028 à son complexe industriel de Zhanjiang, une ville portuaire située dans le sud de la Chine.

Moins de deux mois plus tard, on procédait déjà à l’inauguration de la première usine de ce complexe. Celle-ci produira annuellement 60 000 tonnes métriques de matières plastiques à des fins électroniques ou destinées à l’industrie automobile.

BASF a choisi d’investir en Chine parce que la main-d’œuvre y est relativement économique, que les droits des travailleurs sont presque inexistants et surtout parce que ce pays s’assure de l’approvisionnement énergétique des entreprises sur son territoire (au contraire de l’Allemagne).

À l’occasion de la guerre en Ukraine, le harakiri économique des pays d’Europe occidentale accélère le déplacement du centre de gravité du développement économique mondial vers la région indopacifique (que vise justement à alimenter le complexe de Zhanjiang).

Références :
BASF inaugurates the first plant of its new Zhanjiang Verbund site
Germany Plans for a Winter Without Gas from Russia

Parus depuis :
Germany confronts a broken business model (2022-12-06)
Ford to cut 3,200 jobs in Europe and move some work to US (2023-01-24)
En Allemagne, l’angoisse monte face à la vague d’investissements industriels aux Etats-Unis et en Chine (2023-05-05)
L’entreprise allemande Duravit ouvrira une usine de céramique carboneutre à Matane (2023-07-13)

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à la guerre russo-ukrainienne, veuillez cliquer sur ceci.

Laissez un commentaire »

| Économie, Géopolitique, Guerre russo-ukrainienne | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’Âge des Révoltes-II

Publié le 25 novembre 2022 | Temps de lecture : 9 minutes

La levée du couvercle

Il y a une décennie, d’importantes émeutes avaient éclaté à Londres à la suite des mesures d’austérité décrétées pour renflouer The City — le district financier de la capitale britannique — à la suite de l’éclatement de la bulle spéculative des actifs adossés à des créances immobilières douteuses.

On pigeait alors dans la poche des travailleurs pour sortir les riches financiers londoniens du pétrin dans lequel ils s’étaient mis.

Au même moment, le Québec vivait son Printemps érable, lui-même consécutif au Printemps arabe déclenché en Tunisie.

Ont suivi des révoltes en Bolivie et au Liban, de même que celle des Gilets jaunes en France.

Puis est arrivé le Grand confinement planétaire destiné à limiter la progression de la plus redoutable pandémie depuis un siècle. Financé par la planche à billets des États, ce confinement a eu pour effet de mettre le couvercle sur la marmite des révoltes sociales.

Le monde s’en va chez le diable

La promesse du néolibéralisme, c’est que libérées de taxes et d’impôts, les entreprises auraient toute la liberté de créer des emplois et de la richesse pour tous. Du coup, l’avènement de ce monde promis par le néolibéralisme devait coïncider avec une période d’aisance et de prospérité inégalée dans l’histoire de l’humanité.

Effectivement, jamais la misère dans le monde n’a autant reculé qu’au cours des dernières décennies.

Toutefois, dans les pays riches, le cycle sans fin des réductions de taxes et d’impôts (lorsque les gouvernements disposent de surplus budgétaires) suivies d’une réduction des dépenses publiques (lorsque le ciel s’assombrit) a considérablement handicapé l’aptitude des États à s’acquitter de leurs responsabilités.

Avec comme résultat :
• les urgences des hôpitaux débordent,
• l’attente pour certaines interventions chirurgicales se compte en années,
• les écoles manquent d’enseignants,
• aucun projet majeur de logement social n’a vu le jour depuis des décennies,
• les rues sont cicatrisées de crevasses mal calfeutrées,
• les usines d’épuration arrivent à leur fin de vie,
• les douaniers peinent à empêcher le trafic transfrontalier des armes,
• les poursuites contre des criminels sont abandonnées en raison des délais excessifs à les juger,
• des dizaines de milliers de requérants au statut d’immigrant attendent l’examen de leur dossier,
• l’informatisation du système de paie des fonctionnaires fédéraux est un désastre, et
• les tablettes de nos pharmaciens se vident de certains médicaments essentiels (rappelant les pénuries en Europe de l’Est avant la chute du communisme).

Y a-t-il une seule personne au monde qui estime que tout cela est normal ?

Le creux du creux, ce sont ces semaines où le Canada s’est transformé en grande prison à ciel ouvert alors que des milliers de ses citoyens ne pouvaient plus quitter le pays, faute de passeports.

Il aurait suffi d’aviser les compagnies aériennes et les douaniers aux frontières que la date d’échéance des passeports émis était prolongée jusqu’à la fin de l’année — et de prioriser l’émission des passeports à ceux qui n’en ont jamais eu — pour que cette crise se résolve du jour au lendemain.

Mais apparemment, aucun des crétins qui nous dirigent à Ottawa n’y a pensé…

La rupture d’un contrat social

Toutes les assurances reposent sur la répartition du risque. L’assuré auquel aucun incident ne justifie une réclamation paie pour le malchanceux auquel un malheur est arrivé. En contrepartie, le premier des deux devient bénéficiaire de son assurance le jour où c’est lui qui est frappé par la malheur.

Pendant toute leur vie, des millions de Québécois en bonne santé ont payé pour les soins médicaux et hospitaliers prodigués aux malades.

Mais devenus vieux, beaucoup d’entre eux sont incapables d’obtenir ce retour d’ascenseur promis. En effet, 160 000 patients sont en attente d’une chirurgie au Québec. Les listes d’attente sont telles que certains d’entre eux risquent de décéder avant d’avoir reçu les soins que leur promettait le régime public d’assurance-maladie.

Si l’État était une compagnie privée, elle serait sujette à une condamnation par les tribunaux pour rupture de contrat et serait obligée de rembourser les primes annuelles payées inutilement depuis des décennies.

En privant les citoyens du filet de protection sociale auquel ils ont droit, l’État fait office de fraudeur contre lequel la colère populaire est justifiée.

Favoriser la mortalité du Covid-19

Pendant la première année de la pandémie au Covid-19, alors que des vaccins n’étaient pas encore disponibles, la Santé publique du Québec a favorisé la contamination de la population en faisant campagne contre le port du masque et, dans le cas précis de nos hospices, en menaçant de sanction les employés qui le portaient. Et ce, bien après la fin des pénuries à leur sujet.

Ce faisant, l’État québécois porte une lourde responsabilité au sujet des milliers de morts prématurées survenus dans nos hospices.

La trahison des élites européennes

En 2003, le président français Jacques Chirac avait provoqué la colère des États-Unis en refusant de cautionner la guerre que ce pays s’apprêtait à livrer en Irak. Les Américains s’étaient alors déchainés contre les intérêts français.

Par crainte des représailles américaines, plus tôt cette année, les dirigeants d’Europe de l’Ouest ont adopté une série de sanctions économiques contre la Russie, parmi lesquelles l’interruption volontaire de leurs approvisionnements en hydrocarbures en provenance de ce pays.

Ce faisant, ils ont forcé leurs industries lourdes à se sevrer brutalement d’une ressource à bon marché qui leur conférait un avantage compétitif face à leurs concurrents américains.

La perte de cet avantage est une incitation à délocaliser leur production vers les pays où les ressources énergétiques sont abondantes et peu couteuses. Soit parce que ces pays sont des producteurs d’énergie, ou soit parce que leurs dirigeants ont eu la sagesse de résister aux pressions américaines et, au contraire, de sécuriser leur approvisionnement.

Le résultat, c’est que des millions de travailleurs européens perdront leur emploi au cours des cinq prochaines années.

Le jeu de dominos

La Russie est un des principaux exportateurs mondiaux d’acier, d’aluminium, d’ammoniac, de fer, de nickel, de néon brut, de palladium, de céréales et d’engrais chimiques.

En brisant des milliers de chaines d’approvisionnement, le boycottage de la Russie par les pays occidentaux provoque une couteuse remondialisation qui se répercute auprès du consommateur sous forme de hausses de prix.

Et pour combattre l’inflation qu’ils ont causée, ces pays haussent leurs taux d’intérêt.

Même s’ils s’en défendent, il y a lieu de croire que cette hausse vise également à provoquer une récession économique qui diminuera la consommation mondiale d’hydrocarbures. Ce qui devrait entrainer une baisse des cours mondiaux et ainsi priver la Russie des revenus dont elle a besoin pour financer sa guerre en Ukraine.

Tant que la croisade occidentale contre Moscou n’entrainait pas d’inconvénients pour nous, elle suscitait l’adhésion de l’immense majorité des Occidentaux.

Mais après des décennies où on a cultivé la recherche du plaisir, valorisé l’amour-propre, et incité les adeptes des médias sociaux à mettre en scène leur bonheur (réel ou factice), faire appel à l’esprit de sacrifice ne suscite pas un enthousiasme généralisé…

Ceux qui refusaient hier de se sacrifier à porter un masque pour protéger ceux chez qui le Covid-19 est mortel sont ceux qui aujourd’hui refusent de se sacrifier pour punir ce méchant Poutine qui persécute les gentils Ukrainiens.

Déjà, le 3 septembre dernier, des dizaines de milliers de personnes protestaient à Prague contre l’inflation, contre l’Union européenne et contre l’Otan dont on critique l’expansionnisme toxique.

Depuis, la hausse substantielle des couts du chauffage hivernal a provoqué des manifestations en Allemagne et dans plusieurs pays d’Europe centrale (en Autriche, en République tchèque et en Slovaquie, notamment).

Le reste est prévisible; au fur et à mesure que le déclin économique de l’Europe se fera sentir, les pays d’Europe occidentale — déjà très endettés — devront pratiquer une rigueur budgétaire qui, selon sa sévérité, suscitera la grogne, les protestations ou la révolte.

Références :
BASF inaugurates the first plant of its new Zhanjiang Verbund site
Gaz, armes, céréales, Otan… Les Etats-Unis, grands gagnants de la guerre en Ukraine
L’expansionnisme toxique de l’Otan
Vaste manifestation à Prague contre l’inflation, l’UE et l’Otan

Parus depuis :
Le Royaume-Uni dans l’impasse (2022-12-17)
Local. Left behind. Prey to populist politics? What the data tells us about the 2024 UK rioters (2024-09-25)
Peter Turchin, anthropologue : « Aux Etats-Unis, le mécontentement des classes populaires s’accumule depuis trente ans » (2024-11-25)

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à la guerre russo-ukrainienne, veuillez cliquer sur ceci.

Laissez un commentaire »

| Géopolitique, Guerre russo-ukrainienne | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Netflix : l’hameçonnage des données bancaires

Publié le 20 novembre 2022 | Temps de lecture : 1 minute


 
Votre abonnement à Nexflix sera bientôt annulé’. C’est sous ce titre que des millions de courriels ont été expédiés.

Essentiellement, le message prétend que Netflix éprouve des difficultés à transiger avec votre carte de crédit et vous demande d’entrer de nouveau vos informations bancaires.

En cliquant sur le lien proposé (Your account), on accède à une page web qui ressemble au site officiel de Netflix, mais qui se trouve en réalité à l’adresse protected.unasonrisaaldolor.org.

Surtout, ne répondez pas à ce courriel !

Laissez un commentaire »

| Informatique, Piraterie | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Soir d’hiver

Publié le 18 novembre 2022 | Temps de lecture : 1 minute
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Interné dans une institution psychiatrique dès l’âge de 19 ans jusqu’à sa mort le 18 novembre 1941 (à 61 ans), Émile Nelligan est le plus connu des poètes québécois.

Composé en octosyllabes vers 1898, ‘Soir d’hiver’ est un de ses poèmes les plus connus.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + filtre vert jaunâtre B+W 061 + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80C de Calumet + filtre polarisant PL-CIR d’Hoya
Photo a été modifiée en post-traitement à l’aide de Topaz Studio ; les modules logiciels Broken Bits et Starlight Glitter ont été appliqués.

Un commentaire

| Culture, Poésie | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel