Un peu de la faune du Jardin botanique

Publié le 9 septembre 2023 | Temps de lecture : 1 minute
Canard noir
Belle-Dame
Écureuil gris
Tortue peinte mâle (Chrymesis picta)
L’observateur

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 (et multiplicateur de focale MC-14 à la 4e photo)
1re photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 75 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 500 — 150 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 320 — 210 mm
4e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
5e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm

Un commentaire

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Nucléaire québécois : créer la demande

Publié le 7 septembre 2023 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

Devrait-on rouvrir la centrale nucléaire Gentilly-2, fermée depuis 2012 ? C’est la question que se pose le nouveau président d’Hydro-Québec.

Afin de juger de l’opportunité de la rouvrir, il a confié à la firme d’ingénierie SNC-Lavalin le mandat d’en évaluer le potentiel.

Pourquoi SNC-Lavalin ?

Par le biais de la société Énergie atomique du Canada (ÉACL), le gouvernement fédéral était propriétaire, jusqu’en 2011, de tous les réacteurs nucléaires ontariens, c’est-à-dire de presque toutes les centrales nucléaires du pays.

Lorsque l’ÉACL s’est départie de ses centrales en 2011, c’est la firme SNC-Lavalin qui s’en est portée acquéreuse pour la modeste somme de 15 millions$.

Dans les faits, les 1 200 membres du personnel d’ÉACL sont devenus des employés de SNC-Lavalin. Depuis, cette firme de génie-conseil compte parmi son personnel presque tous les experts canadiens dans le domaine nucléaire.

Confier à SNC-Lavalin le mandat de recommander ou non la réouverture de Gentilly-2, c’est placer l’entreprise en conflit d’intérêts puisque c’est elle qui, tout probablement, aurait le contrat de réfection si le CAQ devait en décider ainsi.

Cela est d’autant plus probable qu’en mai 2023, la Caisse de dépôt et placement (créature de l’État québécois) possédait 19,9 % des actions de SNC-Lavalin. Ce qui en fait l’actionnaire principal.

À l’extérieur du pays, il existe des experts indépendants. Pourquoi ne s’est-on pas adressé à eux ?

C’est que les centrales canadiennes (dont Gentilly-2) sont des réacteurs de type CANDU, c’est-à-dire des réacteurs à l’uranium naturel (non enrichi) refroidis à l’eau lourde (où le deutérium replace une partie des atomes d’hydrogène).

En France, les centrales nucléaires utilisent de l’uranium enrichi. Refroidies à l’eau ordinaire, ces centrales sont construites près d’un cours d’eau dont le débit est dévié pour refroidir le cœur du réacteur.

Évidemment, en cas de canicule, la centrale est à l’arrêt forcé lorsque le niveau de l’eau est trop bas et/ou la température de l’eau, trop élevée.

En somme, SNC-Lavalin ne possède pas seulement le monopole canadien des experts nucléaires, mais également le monopole mondial des experts en réacteurs CANDU.

Bref, pour évaluer les couts de la réouverture de Gentilly-2, aucune entreprise canadienne n’est plus compétente que SNC-Lavalin pour en juger.

La boite à surprise

Privée du gaz fossile russe (le moins cher au monde), l’industrie lourde européenne perdait ainsi un avantage compétitif.

Discréditée au lendemain de la catastrophe à la centrale de Fukushima en 2011, l’énergie nucléaire renait de ses cendres sous l’aspect d’une énergie qui ne contribue pas au réchauffement climatique et qui ne contamine, au fond, que temporairement les sites d’enfouissement de ses déchets radioactifs. Temporairement, puisqu’après quelques millions d’années, ça ne parait plus du tout…

Même les Verts européens qui sont membres d’une coalition gouvernementale (comme en Allemagne) prêchent pour ses vertus ‘environnementales’. C’est tout dire.

Partout en Occident, on s’intéresse au nucléaire en tant que solution de rechange aux hydrocarbures fossiles. Ce qui fait hésiter tout le monde, c’est l’incertitude quant aux couts.

Olkiluoto

Lorsque la Finlande a décidé de doter sa centrale nucléaire d’Olkiluoto d’un troisième réacteur, elle a eu la sagesse de faire en sorte que le consortium international chargé de sa réalisation assume la totalité des dépassements de cout.

Débuté en 2003, le réacteur devait être prêt vers 2011. Il ne fut opérationnel que cette année, après douze ans de retard.

Le réacteur de 3 milliards d’euros en couta finalement dix-milliards de plus (un dépassement de 14,7 milliards$ canadiens). Cette somme fut donc payée par le consortium franco-allemand.

Et puisque l’État français est propriétaire à 86 % de la composante française de ce consortium, les contribuables français ont donc partiellement payé la note.

À la lumière de l’expérience finlandaise, SNC-Lavalin a décidé en 2019 d’abandonner le modèle des contrats clés en main à prix forfaitaire.

Ce qui veut dire que si cette firme d’ingénierie devait en arriver à la conclusion qu’on pourrait rouvrir Gentilly-2 pour une somme dérisoire et que, rassuré, le gouvernement de la CAQ décidait d’aller de l’avant, c’est l’État québécois qui paiera la note en cas de dépassements de cout.

Conclusion

Les quelques millions de dollars que recevra SNC-Lavalin pour évaluer l’opportunité de rouvrir Gentilly-2 sont du gaspillage des fonds publics.

Si la firme d’ingénierie devait en arriver à la conclusion que Gentilly-2 est un éléphant blanc, elle ne nous apprendra rien de neuf; on le sait depuis 2012.

Et si au contraire, elle devait juger que la réouverture de Gentilly-2 est possible à prix très raisonnable, qui la croira compte tenu de ses conflits d’intérêts à ce sujet ?

Références :
Accident nucléaire de Fukushima
Centrale nucléaire
Centrale nucléaire d’Olkiluoto
Gentilly-2 : État de la situation en 2012
Réacteur CANDU
Sauver Gentilly-2 : un combat perdu d’avance
SNC-Lavalin étudie la centrale nucléaire Gentilly
SNC-Lavalin poursuit son virage stratégique

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| 2018-202X (années Legault), Économie, Environnement, Politique québécoise | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Un peu de la flore du Jardin botanique

Publié le 6 septembre 2023 | Temps de lecture : 1 minute
Joubarbe des sables ‘Allionii’
Alstromère ou lis du Pérou
Euphorbe
Lis splendide
Alocasia
Buddleja

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/500 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 55 mm
2e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
3e  photo : 1/800 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 40 mm
4e  photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 500 — 150 mm
5e  photo : 1/160 sec. — F/5,0 — ISO 500 — 75 mm
6e  photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 500 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les Cannas

Publié le 4 septembre 2023 | Temps de lecture : 1 minute


Cliquer sur une image pour l’agrandir

Les cannas sont des vivaces dont la racine horizontale (appelée rhizome) donne naissance à des racines secondaires et à d’autres tiges aériennes (en d’autres mots, à d’autres cannas).

Selon la variété, la hauteur des plantes varie de 0,45 à 5 mètres.

Sans compter le millier de cultivars, il en existe environ 25 variétés sauvages, toutes originaires d’Amérique latine. Les pétales de ces dernières sont étroits et monochromes alors que les pétales des cultivars sont beaucoup plus larges, souvent mouchetés d’une autre couleur.

Ressemblant parfois à ces mouchoirs de soie qui jaillissent mollement de la poche d’un chemisier, leurs fleurs asymétriques arborent des teintes de jaune, de crème, d’orange, de rouge, de rose, d’abricot ou de violet.

Au jardin, les canas aiment le soleil, de même que des sols humides, bien riches en engrais.

Canna ‘Casa del Sol’

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/5000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
2e  photo : 1/5000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
3e  photo : 1/3250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
4e  photo : 1/125 sec. — F/8,0 — ISO 500 — 48 mm

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| Botanique, Fleurs, Nature | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


D’autres plantes, le mois dernier

Publié le 2 septembre 2023 | Temps de lecture : 1 minute
Lis splendide
Hémérocalle ‘White Eyes Pink Dragon’
Artichaut ‘Vert Globe’
Immortelle à bractée
Raisins à vin ‘Prairie Star’

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
2e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
3e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
4e  photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 110 mm
5e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 150 mm

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| Botanique, Fleurs, Fruits, Nature | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La pollution atmosphérique à Montréal en aout 2023

Publié le 1 septembre 2023 | Temps de lecture : 1 minute


 
Dans mes exercices de diction, je me rappelle cette phrase : « Il a tant plu qu’on ne sait plus dans quel pays il a plus plu. Mais au surplus, s’il eut moins plu, ça m’eut plus plu.»

(C’est bizarre; ça m’a jamais servi…)

En aout au Québec, il y a eu plusieurs journées totalement ou partiellement ensoleillées. Mais ce qu’on retient, c’est qu’en gros, ce fut un mois pluvieux.

En plus de nettoyer l’air de la pollution causée par les feux de forêt des deux mois précédents, cette pluie a abaissé la température.

Si bien que le mois d’aout, habituellement chaud et humide, transforma la vallée du Saint-Laurent en oasis de fraicheur pour des millions de touristes qui ont choisi de venir nous rendre visite le mois dernier.

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| Environnement, Pollution | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’intelligence artificielle (IA) et la généralisation du conformisme intellectuel

Publié le 31 août 2023 | Temps de lecture : 6 minutes
Théâtre d’Opéra Spatial, du logiciel Midjourney

Les robots conversationnels à l’école

Selon un sondage récent réalisé au Canada :
• 52 % des étudiants adultes recourent déjà à l’IA pour réaliser leurs travaux scolaires,
• 87 % d’entre eux estiment qu’elle les aide à produire des devoirs de meilleure qualité,
• 68 % croient avoir obtenu ainsi de meilleures notes, et pourtant…
• 6 élèves sur 10 considèrent que son utilisation représente de la tricherie.

Parmi ceux qui l’utilisent :
• 37 % vérifient toujours les faits rapportés dans les textes créés par IA,
• 58 % les vérifient parfois, et
• 5 % ne les vérifient jamais.

AI et spéculation boursière

Créé par les comuniqués de presse, l’engouement médiatique pour l’IA vise à attirer des capitaux, principalement aux États-Unis.

En effet, s’il y a des chercheurs en IA dans plusieurs grandes villes (dont Montréal), on ne doit pas perdre de vue que la ‘Mecque’ de l’IA, c’est la Vallée californienne du silicone.

Convaincre les spéculateurs que l’avenir appartient à l’IA — en somme, que s’ils investissent dans l’IA alors que celle-ci est encore balbutiante, ils deviendront un jour immensément riches — cela provoque automatiquement un flux de capitaux vers les entreprises qui créent de l’IA ou celles qui sont les mieux placées pour en profiter.

L’impact de l’IA sur l’emploi

La construction automobile et la fabrication des semi-conducteurs sont des exemples de domaines où on a largement fait appel à la robotisation.

Dans les grandes usines manufacturières, partout où des humains travaillaient comme des robots, ils ont été remplacés par des robots.

De la même manière, un jour viendra où partout où les humains pensent comme des robots, ils seront remplacés par l’IA.

Sans les logiciels qu’ils exécutent, les ordinateurs les plus puissants du monde ne sont rien d’autre que des tas de plastique et de métal incapables de comprendre autre chose que des 0 et des 1. Ce qui les rend moins stupides, ce sont les logiciels qu’ils exécutent.

L’intelligence imputée à l’IA, c’est celle de ceux qui la programment. Rien de plus. Même la faculté d’apprendre des robots conversationnels découle des algorithmes conçus par des programmeurs.

Voilà pourquoi on peut prévoir le déclin des emplois où la réaction des travailleurs est prévisible puisque le but de n’importe quel algorithme, c’est de synthétiser la prévisibilité.

Le talon d’Achille de l’IA

S’il est vrai que l’IA peut créer une chanson ‘à la Beatles’, un portrait semblable à ceux peints par Léonard de Vinci, un plan d’architecte dans le style du Corbusier, elle est incapable d’originalité.

L’image au début du présent texte est magnifique. Mais ce n’est rien d’autre que de l’art pompier inspiré du XIXe siècle.

Quant aux textes générés par IA, lorsque 99,9 % des opinions exprimées sur l’internet partagent le même avis — ce qui est souvent le cas en Occident au sujet des nouvelles internationales — il est impossible que l’IA en vienne à une opinion nuancée parce que la nuance n’existe pas.

Si l’IA allait à l’encontre des idées reçues, elle susciterait la controverse et conséquemment, on s’empresserait de modifier ses algorithmes.

Or, elle ne peut synthétiser qu’à partir de son champ de recherche. Celui-ci est limité à ce qu’on écrit en Occident. Aux yeux de l’IA, ce qui n’y est pas disponible sur l’internet n’existe pas.

C’est ainsi que la littérature n’est prise en considération que si elle est numérisée et disponible à partir des serveurs sur lesquels l’IA opère.

IA et Dexédrine™

Lorsque j’étudiais à l’université, une rumeur voulait qu’une partie des étudiants en médecine prenaient, à proximité des examens, de la Dexédrine™ (une amphétamine). Et ce, afin de pouvoir étudier plus tard la nuit et d’augmenter, disait-on, la rétention des informations apprises.

Je n’ai jamais cherché à prendre des amphétamines pour une raison très simple; je voulais être convaincu que ma réussite scolaire dépendait de moi et non d’une pilule.

De plus, arrivé sur le marché du travail, je voulais posséder l’assurance de la personne compétente et non être hanté le reste de ma vie professionnelle par le syndrome de l’imposteur.

Conséquemment, si j’ai un conseil à donner aux étudiants d’aujourd’hui, c’est de développer votre propre personnalité. Or la véritable originalité, c’est celle de la pensée.

De nos jours, les grandes multinationales s’appuient sur des influenceurs pour convaincre le public qu’on développe sa personnalité en consommant différemment des autres.

Un artiste masculin se distinguera par son allure ‘non binaire’ et par la couleur de son Cutex™. Le jeune par son piercing ou ses tatouages. L’homme ou la femme par l’originalité de sa tenue vestimentaire.

Malheureusement, tout cela est du domaine des apparences.

Conclusion

En raison de sa facilité d’utilisation, l’IA est aussi irrésistible que la pomme que la méchante reine offrait sous son déguisement à Blanche-Neige.

Aussi tentante soit-elle, l’IA propage la paresse intellectuelle. En d’autres mots, elle prépare la disqualification, sur le marché du travail de demain, des personnes qui n’ont pas appris à penser par elles-mêmes. Comme une drogue abrutissante.

En somme, l’IA facilite aujourd’hui la réussite de ceux qu’elle réduira à la misère demain.

Référence : Utiliser l’IA, c’est tricher, d’après une majorité d’étudiants et d’étudiantes

Paru depuis : ‘Impossible’ to create AI tools like ChatGPT without copyrighted material, OpenAI says (2024-01-08)

Détails techniques de l’image : Générée par le logiciel Midjourney, l’œuvre intitulée ‘Théâtre d’Opéra Spatial’ a remporté en 2022 le premier prix dans la catégorie des œuvres numériques du concours artistique de la foire annuelle du Colorado.

Selon la jurisprudence américaine, tout résultat généré par intelligence artificielle n’est pas protégé par des droits d’auteur. Conséquemment, on peut copier cette image librement.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La judiciarisation extrême

Publié le 29 août 2023 | Temps de lecture : 6 minutes

Introduction

Pour qu’un ‘crime’ le soit au sens juridique, il faut qu’il constitue une infraction au Code criminel. Or c’est le législateur qui en décide. Pas le Conseil des ministres. Pas le gouvernement. Mais plutôt le parlement lorsqu’il se transforme en législateur en adoptant des lois.

Et ce sont les pouvoirs répressifs de l’État — les forces de l’ordre, les tribunaux et les prisons — qui sont chargés de faire respecter la volonté du législateur.

Il n’y a pas que les meurtres qui sont des infractions au Code criminel; la possession simple de cannabis, par exemple, était une offense criminelle… jusqu’à ce qu’elle soit décriminalisée par le parlement canadien.

N’importe qui peut s’adresser aux tribunaux civils. Toutefois, le pouvoir d’entamer des poursuites criminelles appartient exclusivement à la DPCP (la Direction des poursuites criminelles et pénales) au Québec et à un organisme similaire au fédéral.

Jouissant d’une totale autonomie, la DPCP est composée d’avocats. Son rôle est de recevoir les preuves jugées irréfutables par la police et d’estimer s’il est approprié de saisir les tribunaux à ce sujet.

Mais dans l’exercice de ses fonctions, il arrive que la DPCP manque grossièrement de jugement. En voici un exemple.

Le cas

On appelle ‘voie de fait’, toute violence légère commise à l’encontre d’une personne sans provoquer de lésion corporelle. Elle désigne un comportement ou un acte portant atteinte aux droits de la personne.

Le 14 juin dernier, un garçon de 12 ans a été acquitté de l’accusation de voie de fait portée contre lui par la DPCP parce qu’il avait chatouillé sa demi-sœur alors qu’ils regardaient un film.

Cet acquittement est connu du grand public deux mois et demi plus tard grâce à une révélation du quotidien La Presse.

La preuve soumise à la Cour a démontré que la fillette de 11 ans n’avait pas consenti à être chatouillée par son demi-frère âgé d’un an de plus et donc, techniquement, que ce dernier avait utilisé sa force enfantine pour prévaloir.

Le fond de l’histoire est simple. Nés d’un même père, les deux enfants sont de mères différentes. Or les deux femmes se détestent.

Six semaines après le ‘crime’, la mère de la fillette a convaincu cette dernière de porter plainte auprès de la police.

Invoquant la violence et l’absence de consentement, la mère a harcelé les policiers jusqu’à ce que ceux-ci, de guerre lasse, finissent par porter plainte auprès de la DPCP.

Le monopole dont jouit la DPCP vise à protéger le système judiciaire des plaintes futiles susceptibles de monopoliser les ressources limitées des tribunaux et de les paralyser.

Parce que les procureurs de la DPCP et les avocats pigistes à qui ils délèguent certains de leurs dossiers gagnent plus de 200$ de l’heure, on s’attend à ce que ces professionnels fassent preuve de discernement.

Pour justifier sa décision d’aller de l’avant, l’avocate de la DPCP invoque le fait que la preuve était irréfutable.

Effectivement, le garçon admettait lui-même avoir donné des petits coups avec ses mains sur les cuisses de sa demi-sœur assise à côté de lui même après que celle-ci lui ait demandé d’arrêter.

Selon certaines études féministes, regarder avec insistance une femme ou l’inviter au restaurant une deuxième fois après avoir essuyé un refus, cela constitue de la violence sexuelle.

À plus forte raison, selon l’avocate de la DPCP, lorsqu’un enfant de 12 ans touche les cuisses de sa demi-sœur de 11 ans sans son consentement, cela constitue une violence inacceptable qui justifie une accusation criminelle.

On reste donc sans voix devant la décision stupide de l’avocate Béatrice Fecteau de judiciariser, au nom de la DPCP, les taquineries (c’est le mot utilisé par la magistrate) entre les deux enfants.

De plus, même je suis entièrement d’accord avec la juge Geneviève Marchand — la seule adulte sensée dans cette affaire — je ne m’explique pas pourquoi cette magistrate n’a pas rendu sa décision séance tenante. En d’autres mots, pourquoi a-t-elle cru bon prendre cette cause en délibéré afin de rédiger son jugement de six pages ?

Conclusion

Je suis exaspéré de voir qu’on abandonne les causes contre des assassins qui n’ont pas eu leur procès dans des délais raisonnables, alors :
• que la DPCP gaspille notre argent à tenter de criminaliser les taquineries enfantines,
• que les avocats s’en mettent plein les poches en multipliant les requêtes dilatoires,
• que les juges prennent des causes en délibéré alors qu’ils devraient rendre jugement séance tenante, et
• que la juge en chef de la Cour du Québec ordonne aux magistrats des causes criminelles de ne siéger qu’un jour sur deux alors qu’au Canada anglais, ils siègent quatre jours sur cinq.

Dans la constitution d’un Québec indépendant, on prendra soin de pallier les abus de monopole de la profession juridique en retirant à celle-ci le pouvoir de se sanctionner elle-même.

Références :
Décision de la juge Geneviève Marchand
Devant la justice à 12 ans pour avoir « achalé » sa demi-sœur
Doit-on fermer l’université Laval ?
L’esprit de caste de la juge Lucie Rondeau
Réforme de la juge Rondeau : 9000 causes criminelles en péril, selon Québec
Un garçon de 12 ans acquitté d’avoir « taquiné » sa demi-sœur

Compléments de lecture :
Les abus de procédure du ministère des Transports
Les familles Caïn et Abel
Les tribunaux et la vieille au déambulateur
MMA : Maudite justice de merde !

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le maïs transgénique et l’impérialisme anglo-saxon

Publié le 26 août 2023 | Temps de lecture : 7 minutes

Avant-propos : le bannissement du blé transgénique au Canada

Depuis 2020, l’Argentine est le seul pays au monde à permettre la culture d’un blé transgénique sur son territoire.

Autorisés à titre expérimental, des essais de culture de blé OGM ont toutefois été menés en pleine nature de 1997 à 2005 au Canada et dans seize États américains.

Mais ces expériences sont demeurées sans suite puisque ces céréales n’ont jamais été autorisées à être commercialisées au Canada ou aux États-Unis.

Puisqu’il est impossible d’empêcher le vent de disséminer le pollen d’une plante OGM, un cas de blé transgénique a officiellement été découvert en Alberta en 2018, soit quatorze ans après la fin des essais canadiens.

Depuis 2004, il est probable que les gènes du blé transgénique de Monsanto se sont disséminés bien au-delà de ce champ albertain.

Pourquoi le Canada, d’habitude si servile à l’égard de l’industrie agrochimique, a-t-il tenu tête à Monsanto ? C’est en raison de l’opposition farouche des agriculteurs des provinces de l’Ouest, soutenus par le puissant Canadian Wheat Board, l’organisme qui possédait à l’époque le monopole de la commercialisation du blé canadien.

Pour justifier son refus d’homologuer le blé transgénique, Ottawa invoquait le principe de précaution. Le blé étant à la base de l’alimentation canadienne — puisqu’on le retrouve dans le pain, les pâtes, les pâtisseries, la bière, etc.— on jugeait préférable de ne pas transformer les Canadiens en rats de laboratoire sur lesquels serait évaluée la toxicité chronique du blé transgénique chez l’Humain.

Le bannissement du maïs transgénique au Mexique

Le maïs possède dans l’alimentation des Mexicains la même importance que le blé possède dans l’alimentation des Canadiens.

Après que le gouvernement mexicain eut autorisé la culture expérimentale de maïs OGM sur quelques milliers d’hectares en 2009, un collectif de producteurs mexicains (la Colectividad del maíz) obtint quatre ans plus tard une injonction dite ‘de précaution’ sur la base que la Constitution mexicaine garantit le droit à un environnement propre et considérant que la pollinisation croisée du maïs génétiquement modifié menaçait l’intégrité des variétés de maïs indigènes. Or, ceux-ci occupent une place centrale dans les paysages, les cultures et les cuisines du pays.

Les avocats mexicains ayant eux aussi la manie de multiplier les requêtes afin de maximiser leurs honoraires, la contestation juridique de cette injonction dura huit ans. Finalement, la Cour suprême du Mexique valida en 2021 l’injonction accordée en 2013.

Après avoir perdu une centaine de requêtes à ce sujet, les compagnies américaines touchées par ce bannissement ont convaincu l’administration Biden de menacer le Mexique de représailles en prétendant que les actions de ce pays seraient une violation de l’Accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.

Étonnamment, le gouvernement fédéral canadien a décidé d’appuyer les menaces américaines contre le Mexique afin de le forcer à ouvrir son marché au maïs transgénique.

Conjointement, le ministre canadien du Commerce international et celui de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire ont publié hier le communiqué suivant :

« Le Canada partage les préoccupations des États-Unis selon lesquelles le Mexique ne respecte pas les obligations en matière d’études scientifiques et d’analyse des risques en vertu du chapitre sur les mesures sanitaires et phytosanitaires de [l’accord de libre-échange].»

« Le Canada estime que les mesures adoptées par le Mexique ne sont pas étayées scientifiquement et qu’elles risquent de perturber inutilement les échanges commerciaux sur le marché nord-américain.»

En réalité, l’innocuité du maïs transgénique chez l’Humain n’a jamais fait l’objet d’une étude.

Les seuls données qui existent à ce sujet sont des études ‘maison’ financées par les semenciers. Il s’agit d’études effectuées en éprouvette et d’autres, dites de ‘toxicité chronique’ (de seulement 30 ou de 90 jours), effectuées chez l’animal.

Aucun rapport avec la consommation, toute sa vie durant, de la cuisine mexicaine.

Considérant que leurs études constituent de la propriété intellectuelle — donc protégées par les droits d’auteur — ces compagnies soumettent secrètement leurs ‘études’ aux organismes règlementaires (qui acceptent de les considérer) tout en leur interdisant de les rendre publiques.

Résultat : la communauté scientifique est incapable de réfuter, s’il y a lieu, les études dont le protocole est déficient ni de découvrir les conflits d’intérêts dont se sont rendus coupables leurs auteurs.

L’argument selon lequel la décision mexicaine n’est pas basée sur la science oublie hypocritement de dire que, tout comme le bannissement du blé OGM au Canada, l’interdiction mexicaine obéit essentiellement au principe de précaution.

Conclusion

On n’imagine pas le mélange de fascination et de détestation que suscitent les pays riches d’Occident auprès de la population des pays émergents.

Autant la technologie occidentale crée l’émerveillement, autant notre manie de faire la morale aux autres et nos menaces de sanctions économiques envers quiconque s’oppose à notre volonté irritent les pays auxquels nous adressons nos reproches.

C’est sans doute pourquoi 85 % de la population mondiale habite dans des pays qui n’ont pas adopté de sanctions contre la Russie et qui refusent de s’impliquer dans la guerre en Ukraine. Pour eux, il s’agit d’un conflit entre pays occidentaux (la Russie étant jugée comme tel malgré son système politique différent).

Il y a quelques années, au Forum économique de Davos, un conférencier du tiers-monde (de l’Inde, je crois) avait provoqué un tonnerre d’applaudissements en déclarant, en réponse à une question de l’assistance, que rien ne lui ferait plus plaisir que de voir les Occidentaux s’entretuer du premier jusqu’au dernier.

Les États-Unis et le Canada se prétendent de grands défenseurs de la Démocratie. Mais ce qu’ils oublient, c’est que la Démocratie, c’est le pouvoir souverain du peuple.

Quand le peuple mexicain est massivement hostile au maïs transgénique et préfère s’alimenter des variétés traditionnelles de maïs qui sont à la base de leur alimentation depuis des siècles, cette volonté populaire doit prévaloir, au nom de la Démocratie, sur des intérêts économiques étrangers.

De plus, on peut raisonnablement penser que si le bannissement du blé transgénique par le Canada et les États-Unis est conforme au traité de libre-échange nord-américain, il est probable que le bannissement du maïs transgénique au Mexique l’est également.

Mais cela n’empêche pas les États-Unis et le Canada, en tant que pays riches et puissants, de menacer le Mexique de représailles et de tenter de le forcer à plier devant les géants de l’agrochimie mondiale.

Leurs menaces sont révélatrices de l’incapacité des peuples anglo-saxons de se mettre à la place des autres, de faire l’effort de les comprendre et de respecter leurs préoccupations fondamentales.

Références :
Blé génétiquement modifié
Contamination de blé OGM en Alberta
Contamination du maïs mexicain : la controverse scientifique
Innocuité du maïs transgénique : les doutes
Interdiction du maïs génétiquement modifié : le Canada appuie les États-Unis dans un désaccord avec le Mexique
La contamination par les OGM au Canada
Mexique – La Cour suprême valide le moratoire sur le maïs OGM
Le maïs transgénique est-il inoffensif ?
Monsanto abandonne le blé GM
Monsanto abandonne le blé transgénique sous la pression des consommateurs

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Fleurs d’aout 2023

Publié le 25 août 2023 | Temps de lecture : 1 minute
Hibiscus ‘Sweet Caroline’
Physostégie de Virginie ‘Eyeful Tower’
Hémérocalle ‘Heather Rose’
Immortelle à bractées

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
2e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 106 mm
3e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 125 mm
4e  photo : 1/280 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 115 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel