Armide : amour et passion chevaleresques

Publié le 19 avril 2012 | Temps de lecture : 4 minutes
Affiches à l’entrée du Théâtre Elgin

Jusqu’au 21 avril, l’Opera Atelier de Toronto présente Armide (1686), le dernier opéra terminé par Jean-Baptiste Lully. L’opéra raconte l’amour malheureux de la magicienne Armide pour le chevalier Renaud.

Après la Ville-reine, cette production sera présentée trois fois à l’Opéra royal de Versailles (du 11 au 13 mai prochains) et huit fois à New York, entre le 21 juillet et le 23 août 2012.

Dans tous les cas, l’accompagnement musical sera assuré par les membres du Tafelmusik Orchestra, soit un des meilleurs orchestres baroques au monde.

Plafond du Théâtre Elgin

Dès le départ, ce qui frappe dans cette production, c’est le jeu maniéré des chanteurs. Il s’agit ici d’un choix délibéré du metteur en scène, un choix qui se justifie dans la mesure où il ne s’agit pas de personnages de téléromans mais d’êtres plus grands que nature tirés d’un poème épique de la Renaissance. Or qui connait le langage corporel et la manière de s’exprimer des chevaliers médiévaux imaginés par un auteur italien ?

Plus précisément, il s’agit d’une dramatisation excessive de l’émotion ressentie par les personnages, dans un opéra qui repose entièrement sur la description des sentiments. À titre d’exemple, au 2e des cinq actes, quand Armide — incarnée Peggy-Kriha Dye, par une tragédienne exceptionnelle — lève son glaive pour poignarder Renaud endormi, on la voit hésiter à plusieurs reprises entre la haine éprouvée contre lui et l’éveil de la pulsion sexuelle qu’il suscite en elle, et qui lui fera finalement renoncer à ses sombres projets (ce qui, heureusement, permet à l’opéra de se poursuivre encore une heure). Cette dramatisation possède l’avantage de rendre évidente la compréhension du livret.


 
Les décors sont biens. Le véritable point faible de cette production, ce sont les costumes qui, quoique chatoyants, manquent de magnificence pour un opéra qui a contribué à la splendeur royale sous Louis XIV. Il faut préciser que si les danseuses sont vêtues de robes, leur collègues masculins dansent généralement en collants. C’est aussi la tenue vestimentaire du baryton qui incarne le personnage de la Haine et qui, heureusement, possède le gabarit ostentatoire d’un culturiste.

À Toronto, la danse baroque ne semble pas avoir atteint la maturité qu’elle a ici, à Montréal ni, à plus forte raison, celle qu’on peut constater sur les scènes baroques parisiennes. Mais on a compensé cette lacune par une créativité qui a valu aux spectateurs de très agréables numéros de danse dont un, accompagné de castagnettes, qui fut un moment de pure magie.

Les chanteurs et les danseurs semblent tous avoir moins de 35 ans. Si vous êtes habitués aux sopranos obèses, cette jeune distribution ne comporte que de jeunes adultes au physique avantageux.

Oui mais le chant dans tout cela ? Absolument impeccable. Si la diction française laisse parfois à désirer, le chant lui-même est parfait.

Et puisque l’Air du sommeil est celui qui a fait la renommée de cette œuvre, les spectateurs présents au Théâtre Elgin mardi soir eurent droit à une pièce d’anthologie de la part du ténor canadien Colin Ainsworth (pour lequel on a transposé le rôle de Renaud, originellement conçu pour un haute-contre). À Versailles, une exécution de cette qualité (précisons que dans ce cas-ci la diction était parfaite) aurait provoqué un tonnerre de bravos et d’applaudissements. À Toronto, personne n’a applaudi : je n’en suis pas revenu.

Bref, si vous passez par Toronto ces jours-ci ou si vous pouvez assister à une des représentations versaillaises, je vous invite à assister à cet opéra baroque très bien défendu par cette jeune troupe torontoise enthousiaste.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les incidents haineux au Canada

Publié le 19 avril 2012 | Temps de lecture : 2 minutes

Au Canada, on a dénombré 1 401 actes haineux commis en 2010. Ces actes vont des graffitis hostiles aux agressions physiques. Cela représente une baisse de 18% en comparaison avec 2009.

Cette baisse est attribuable au déclin des crimes violents : ceux-ci représentent 33,6% des incidents haineux au Canada. Par contre, ceux sans violence, surtout des méfaits, furent relativement stables en 2010.

Répartition par province

C’est en Ontario qu’on trouve le plus grand nombre d’incidents avec 52,7% des cas. Le Québec occupe la deuxième place avec 15,3% des incidents canadiens.


Nombre d’incidents par province ou territoire (% violents)

 • Yukon : 3 (66,7%)
 • Territoire du Nord-Ouest : 3 (33,3%)
 • Nunavut : 0
 • Colombie-Britannique : 179 (48,6%)
 • Alberta : 134 (35,1%)
 • Saskatchewan : 22 (54,5%)
 • Manitoba : 55 (18,2%)
 • Ontario : 739 (24,6%)
 • Québec : 214 (43,6%)
 • Nouveau-Brunswick : 19 (63,2%)
 • Nouvelle-Écosse : 26 (28,0%)
 • Île-du-Prince-Édouard : 2 (50,0%)
 • Terre-Neuve-et-Labrador : 5 (40,0%)


Par tranche de 100 000 personnes, la moyenne canadienne est de 4,1 incidents. Elle de 5,7 en Ontario et 2,7 au Québec.


Taux d’incidents par province ou territoire par tranche de 100 000 personnes

 • Yukon : 4,0
 • Territoire du Nord-Ouest : 6,9
 • Nunavut : 0
 • Colombie-Britannique : 4,0
 • Alberta : 3,6
 • Saskatchewan : 2,2
 • Manitoba : 4,6
 • Ontario : 5,7
 • Québec : 2,7
 • Nouveau-Brunswick : 2,5
 • Nouvelle-Écosse : 2,8
 • Île-du-Prince-Édouard : 1,4
 • Terre-Neuve-et-Labrador : 1,0


Incidents à caractère racial ou ethnique

Sur les 1 401 incidents au pays, 707 (soit 50,5% des cas) étaient à caractère racial ou ethnique. Cela correspond à une baisse de vingt pour cent par comparaison avec l’année précédente.


 
Incidents à caractère religieux

Au nombre de 395, les incidents haineux à caractère religieux représentent 28,2% des cas. Il s’agit d’une baisse du sixième par comparaison avec 2009. Selon les croyances religieuses, la répartition est la suivante.


 
Seulement 2,2% des incidents dirigés contre des Catholiques étaient violents alors que la proportion des incidents violents contre les autres dénominations religieuses variaient plutôt de 20 à 23%.

Incidents relatifs à l’orientation sexuelle

Ceux-ci représentent 15,6% des incidents haineux. Au nombre de 218, ils sont violents dans 65,2% des cas. Leur nombre a peu varié par comparaison avec 2009.

Violents ou non, ils concernent des homosexuels dans 89,9% des cas et des hétérosexuels dans 7,8% des cas. Le reste (2,3%) est relatif à des incidents où l’orientation sexuelle de la victime n’a pas été précisée.

Références :
Les crimes haineux déclarés par la police, 2010
Les crimes haineux en légère hausse au Québec
Les crimes «haineux» sont en légère hausse au Québec

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| Sociologie | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Pourquoi acheter des chasseurs F-35 ?

Publié le 16 avril 2012 | Temps de lecture : 5 minutes
Chasseur bombardier F-35

En 1999, le gouvernement fédéral de Jean Chrétien accepte que le Canada fasse partie d’un consortium de huit pays visant à mettre au point la prochaine génération de chasseurs bombardiers. Le protocole prévoyait une contribution monétaire du Canada au développement du projet mais aucun engagement d’achat.

Pourquoi le Canada a-t-il accepté de participer financièrement à ce projet ? Parce que cela rendait les entreprises militaires canadiennes éligibles à recevoir des contrats pour l’ensemble de la production du F-35 (et non seulement sur les appareils que le Canada aurait pu acheter).

Sous les Conservateurs de Stephen Harper, le Canada signe autre protocole en 2006 par lequel le Canada s’engage à faire l’acquisition de F-35. Le nombre d’avions de chasse se précise le 16 juillet 2010 : ce jour-là, le ministre de la Défense annonce que le Canada fera l’acquisition de 65 chasseurs F-35 Lightning II.

Dans toute l’histoire militaire du pays, le Canada a fait l’acquisition de plus de mille avions de chasse dont moins de cinquante ont été utilisés au combat : aucun durant la Guerre de Corée (1950-53), vingt-quatre durant la Première Guerre du golfe (en 1991), dix-huit durant la guerre du Kosovo (en 1999), aucun en Afghanistan (2001-2011), et six ou sept en Libye (en 2011).

Jusqu’ici, le Canada n’a déployé ses avions de chasse qu’en nombre limité et seulement lorsque la suprématie des airs était déjà acquise à ses alliés.

Les 1 053 autres chasseurs bombardiers servent donc à décorer magnifiquement les hangars dans lesquels le Canada les a entreposés afin de les protéger des intempéries.

Rien n’égal le spectacle de ces avions de chasse tout neufs, rutilants de propreté, que les musées militaires à travers le monde s’arracheront un jour à un prix d’or en raison de l’état impeccable dans lequel ils se trouvent. On comprendra facilement la réticence du Canada à utiliser ces coûteux appareils au combat alors qu’ils risqueraient de s’abimer…

Ces jours-ci, on s’interroge sur les coûts de ces appareils et sur la transparence (pour ne pas dire de la franchise douteuse) du gouvernement dans ce dossier.

Je ne doute pas que ces chasseurs bombardiers, lorsqu’ils seront mis en marché, seront les meilleurs au monde. Et, avec toute la naïveté qui me caractérise, je suis prêt à croire qu’ils offrent le meilleur rapport coût-bénéfice. Mais pour moi, la question fondamentale est : en avons-nous besoin ?

Malgré qu’ils se rendent plus rapidement sur les lieux d’une tragédie, aucun pays n’achète des avions supersoniques pour des missions de sauvetage en haute mer ou sur le territoire national.

On serait toutefois justifié d’acheter des avions de combat afin de protéger le pays contre des envahisseurs. Dans le cas du Canada, lesquels ?

Le Canada n’a que quatre voisins : la Russie, les États-Unis, les îles Saint-Pierre et Miquelon, et le Groenland.

La Russie ne se risquerait pas d’envahir le Canada puisque cela mettrait en péril l’approvisionnement des États-Unis en matières premières et provoquerait immédiatement l’entrée de ce pays en guerre. Si devenir un champ de bataille n’est jamais une perspective intéressante pour aucun pays, avoir 65 chasseurs F-35 ne changerait rien à ce scénario improbable.

Pour ce qui est des Américains, on voit mal pourquoi ils utiliseraient la force afin de s’emparer de ressources qu’ils obtiennent déjà pacifiquement pour une bouchée de pain, grâce à la bienveillance de nos dirigeants politiques.

Quant à la menace d’un envahissement par les milices redoutables de Saint-Pierre et Miquelon ou les Esquimaux du Groenland, j’imagine qu’un seul avion suffirait.

Il est donc évident que la seule raison qui pourrait justifier l’achat des F-35, ce sont des missions de combat à l’étranger auxquelles le Canada pourrait être invité à participer.

Puisqu’on ne peut prévoir la nature ni le lieu de ces futures missions, pourquoi ne pas nous préparer à tous les scénarios possibles en nous dotant des meilleurs avions de chasse au monde ?

Ce qui nous amène à nous demander dans quel type de guerre le Canada pourrait être invité à participer.

Si, à long terme, un conflit avec la Chine est une possibilité à envisager, il est certain que ce pays ne se risquera pas à se mesurer aux États-Unis tant que ces derniers conserveront une suprématie militaire écrasante.

Dans un avenir prévisible, le Canada aura à participer à des opérations anti insurrectionnelles comme celles menées en Afghanistan. Or dans de tels conflits, les hélicoptères et les drones sont nettement plus utiles que des chasseurs bombardiers dernier cri.

D’où la question, toujours sans réponse, pourquoi le Canada devrait-il acheter des F-35 ?

Références :
Brian Stewart: Rethink the F-35s? Let’s rethink the entire process
F-35 – Indécente insouciance
La prochaine génération du club des chasseurs : comment l’évolution des marchés façonnera-t-elle le débat sur les F35 du Canada?
Le dossier des F-35 – Vol à vue !

Parus depuis :
Trudeau annulerait l’achat des F-35 (2015-09-20)
Les drones armés vont-ils remplacer le Casque bleu canadien? (2017-12-07)
L’armée canadienne, au rapport (2018-07-14)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Gaz à effet de serre et transport en commun

Publié le 14 avril 2012 | Temps de lecture : 2 minutes

Le Québec vise pour 2020 une réduction de 20% des gaz à effet de serre (GES) sous le niveau de 1990. À lui seul, le transport génère 40% des émissions de GES de la région métropolitaine.

Puisque le secteur industriel est déjà sous le niveau de 1990, si on veut atteindre les objectifs que Québec s’est donnés pour 2020, cela doit absolument passer par un investissement dans les transports en commun.

Comment se répartit ce 40% des GES générés par le transport ? Une tranche de 19,2% (soit 48% du 40%) est causée par les camions, 14,4% (soit 36% du 40%) par les automobiles, 5,6% (soit 14% du 40%) par le transport hors route (maritime, ferroviaire et aérien) et seulement 0,8% (soit 2% du 40%) par les autobus.

Les GES émis par le transport ont augmenté de 29,6% entre 1990 et 2006, entre autres à cause de la popularité des véhicules utilitaires et des mini fourgonnettes.

Pour la période 2012-2018, le gouvernement du Québec entend débourser 16,5 milliards$ pour améliorer le réseau routier (82%) et 2,9 milliards$ (18%) dans les infrastructures terrestres du transport en commun (ce qui exclut le métro).

La Communauté métropolitaine de Montréal estime que d’ici 2020, elle a besoin de 10,3 milliards$ seulement pour la remise en état des infrastructures et le renouvellement des flottes.

De plus, il lui faudrait 8,9 milliards$ supplémentaires destinés aux nouveaux projets qui lui permettraient d’atteindre l’objectif gouvernemental d’augmenter de 40% l’utilisation du transport en commun.

Ces sommes ne tiennent pas compte des 4 milliards$ destinés à compléter les projets entamés, comme le train de l’Est (dont les coûts seront certainement revus à la baisse).

Références :
Mobilité durable – Montréal est à l’heure des choix
Transport en commun – À 82 municipalités de s’entendre pour financer un réseau en nécessaire expansion

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Stéphane Tétreault, l’Orchestre métropolitain et Dvořák

Publié le 13 avril 2012 | Temps de lecture : 2 minutes


 
Sous la direction du chef Julian Kuerti (fils du pianiste torontois), l’Orchestre métropolitain présentait hier soir de la musique de quatre compositeurs d’Europe centrale : Smetana, Dvořák, Kodály et Bartók.

L’œuvre principale à l’affiche était le Concerto pour violoncelle op. 104 de Dvořák dont le soliste était Stéphane Tétreault, un violoncelliste qui célébrait son 19e anniversaire le mois dernier.

On jouait à guichet fermé en raison d’une importante campagne médiatique qui avait porté autant sur l’âge du soliste que sur son instrument, un Stradivarius de 1707 prêté par une mécène anonyme.

Ce matin, les critiques musicaux de La Presse et du Devoir font l’éloge des artisans de ce concert. Qui serais-je pour les contrarier; en simple mélomane, j’ai également beaucoup apprécié cette soirée quoique j’ai peu d’affinité pour la musique tapageuse de Bartók.

Pour terminer, puisque les photos ci-dessus présentent aussi la salle de la nouvelle Maison symphonique de Montréal, précisons que la construction de cet édifice, au coût de 260 millions$, a débuté en 2009 et qu’il a été inauguré en septembre dernier. 70% de la surface de la salle est recouverte de bois de hêtre provenant de la région de Gatineau.

Il s’agit d’une salle de 1 900 places, sans compter les 200 places supplémentaires derrière l’orchestre pour les choristes ou les spectateurs. Près de 200 musiciens peuvent prendre place sur scène. L’ajout de cette salle porte à 8 000 sièges la capacité totale des différentes salles de la Place des Arts, en faisant un des plus importants complexes culturels en Occident.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La modestie vs le sport olympique

Publié le 12 avril 2012 | Temps de lecture : 4 minutes
Stade olympique de Montréal

Toute activité physique intense tend à faire augmenter la chaleur corporelle. Or la thermorégulation exige que la température du corps demeure à peu près constante et conséquemment, que cette chaleur soit évacuée.

À l’exception des sports d’hiver, il est donc impossible de participer à certaines disciplines olympiques sans se dévêtir ou de porter des vêtements moulants.

Dans le pays qui a vu naître les jeux olympiques, soit la Grèce antique, cela ne causait pas de problème puisque la honte du corps, un phénomène passager lié à la puberté, n’existait pas. C’est ainsi que des marathoniens pouvaient courir nus.

Chez les Romains, le lavage du corps à l’huile d’olive — en non à l’eau et au savon — se faisait à la vue de tous. Les bains publics comportaient des endroits où les baigneurs étaient nus.

Dans les arts traditionnels chinois, on ne voit pas cette glorification du corps humain comme chez les Grecs ou les Romains. Toutefois on doit savoir qu’avant l’asservissement de la Chine aux puissances occidentales, par temps chauds, les ouvriers travaillaient non seulement le torse et les jambes nus, mais également les fesses à l’air (à la manière des lutteurs japonais, de nos jours). Le mépris des conquérants anglais ont fait en sorte que cette coutume est aujourd’hui disparue de Chine.

Bref, la modestie, telle qu’on l’entend aujourd’hui, est une création des religions monothéistes; elle n’existe pas auparavant dans l’histoire de l’humanité. Mais puisque ces religions existent maintenant, il faut en tenir compte.

De manière générale, cela ne cause pas de problème sauf, justement quant à la pratique de certaines disciplines olympiques. Voilà pourquoi, à ce jour, trois pays n’ont jamais envoyé d’athlètes féminines aux Jeux olympiques : l’Arabie saoudite, le Qatar et le Brunei.

En Arabie saoudite, il n’existe aucune infrastructure sportive destinée aux femmes : au plus, celles-ci peuvent fréquenter des clubs de mise en forme qui n’ont souvent pas de piscine, de piste de course ou de terrain pour les sports collectifs.

Ce pays pourrait toutefois être représenté aux jeux olympiques de Londres par la participation de Saoudiennes vivant à l’étranger si celles-ci respectent les exigences de la charia en matière de tenue vestimentaire, ce qui constitue un handicap sérieux pour certaines disciplines.

La première participation saoudienne pourrait être la Saoudienne Dalma Rushdi Malhas, une cavalière de 18 ans qui étudie à l’université de Londres.

Pour ce qui est du Qatar, ce pays sera représenté cet été pour la première fois par des athlètes féminines. Lui-même candidat à la tenue des Jeux olympiques de 2020, ce pays est dirigé par une pétromonarchie éclairée qui a soutenu les révoltes arabes du Maghreb. C’est aussi dans ce pays qu’est située la station de télévision Al Jazeera.

À Londres, le Qatar sera représenté par trois Qataries : Bahia Al-Hamad (une médaillée des Jeux panarabes de 2011 en tir à la carabine), la sprinteuse Noor Al-Malki et la nageuse Nada Arkaji.

En dépit des efforts du Comité international olympique, le Brunei pourrait bien être le dernier pays à ne jamais avoir été représenté par une athlète féminine. Ce petit sultanat de moins de 400 000 habitants est situé en Asie du Sud-Est. Il peine à recruter des athlètes de bon niveau, aussi bien chez les hommes que chez les femmes.

Référence : Arabie saoudite, Qatar, Brunei : où sont les femmes ?

Détails techniques de la photo : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 3D 12,5mm — 1/500 sec. — F/12,0 — ISO 200 — 12,5 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’origine du sida

Publié le 11 avril 2012 | Temps de lecture : 4 minutes

Le Dr Jacques Pépin est un infectiologue à l’emploi du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. Il y a deux semaines, soit le 29 mars dernier, il a reçu le Prix de la personnalité internationale de l’année. Ce prix lui a été décerné par le Centre d’études et de recherche internationales de l’université de Montréal pour son enquête minutieuse sur l’origine du sida.

Poursuivie pendant plusieurs années, cette recherche a fait l’objet d’un livre — « The Origin of AIDS » — publié l’automne dernier aux Presses de l’université Cambridge.

De tous les singes, le chimpanzé commun est le plus proche des êtres humains, tant physiquement que génétiquement. Près de 99% de notre ADN est identique à celui de ce singe.

Depuis des milliers d’années, un virus semblable à celui du sida infecte cet animal. Ce virus — appelé virus de l’immunodéficience simienne — se transmet de la même manière que le sida, c’est-à-dire par les relations sexuelles, la grossesse et, ce qui est rare chez les singes, l’échange de sang.

De nos jours, si la population du chimpanzé compte moins de 150 000 individus, principalement en Afrique centrale, elle comptait autrefois des millions de sujets.

Ceux-ci étaient capturés, chassés pour différentes raisons et même consommés. Il suffisait donc qu’un chasseur se blesse en dépeçant un chimpanzé atteint du virus, que le sang de ce dernier entre en contact avec celui du chasseur pour que le virus se propage à l’humain.

Cela est survenu probablement à de nombreuses occasions sans entrainer d’épidémie mondiale; le chasseur et son épouse décédaient, peut-être même tout leur village, et les choses en restaient là. Mais à force de tenter le diable…

La personne à l’origine de l’épidémie actuelle a vécu au cours des trois premières années du XXe siècle. La date la plus probable à partir de laquelle le premier être humain a transmis le virus de façon efficace est 1921.

De 1921 au début des années 1950, le virus se propage lentement à la faveur de l’urbanisation (propice au développement de la prostitution) et des programmes de lutte contre des maladies tropicales dont les traitements étaient administrés par voie intraveineuse à l’aide de seringues qui étaient réutilisées pour des raisons d’économie.

Contrairement à la multiplication cellulaire des animaux, il n’existe pas de mécanisme de contrôle de la qualité chez les virus. Les mutations génétiques sont fréquentes, ce qui contribue, par tâtonnements, à l’adaptation du virus aux différents milieux qu’il rencontre.

Au cours des années, par mutation, le virus du chimpanzé est devenu celui du sida humain.

Dans les années 1950, un programme de lutte intensive contre les maladies transmises sexuellement a été mis sur pied au Congo belge (devenu République démocratique du Congo). Des milliers de personnes y ont participé. Là encore, des seringues et des aiguilles souillées étaient réutilisées d’une personne à l’autre.

Après l’indépendance du Congo (en 1960), ce pays connait différents conflits armés qui feront 3,8 millions de morts et qui mineront l’économie du pays. La prostitution devient alors le premier vecteur de l’infection.

Les déplacements de population dus aux conflits propageront l’épidémie aux pays voisins, puis à tout le centre de l’Afrique et finalement à l’Afrique du Sud. Puisque ce dernier pays possède une importante communauté indoue, l’épidémie gagne l’Inde et se répand en Asie.

Parallèlement à cette diffusion, la guerre civile congolaise provoque l’exode des fonctionnaires et des élites du pays. Afin de combler les postes vacants, les Nations Unies et le gouvernement congolais font appel à des coopérants étrangers, principalement haïtiens. Près de 4 500 Haïtiens iront donc travailler au Congo.

Le VIH est introduit en Haïti vers 1967. Le virus s’y dissémine à la faveur d’une compagnie privée impliquée dans le commerce du sang.

D’Haïti, l’épidémie gagne les États-Unis par le biais du tourisme sexuel gai. Et comme la période d’incubation est d’environ dix ans, le virus se propage sournoisement en Occident avant que le sida ne fasse son apparition en Californie en 1981 où il est alors reconnu comme une nouvelle infection humaine.

À ce jour, 67 millions de personnes ont été infectées par le VIH, dont la moitié en sont mortes.

Références :
Chimpanzé
Il était une fois le sida

Paru depuis : Le sida, de Kinshasa au reste du monde (2014-10-02)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Pollution atmosphérique : London, Montréal et Londres

Publié le 9 avril 2012 | Temps de lecture : 5 minutes

London, Ontario

La région de London est la plus polluée de l’Ontario. Annuellement, 160 332 tonnes de polluants, dont 8 050 tonnes de substances toxiques, y sont crachées par année, sans compter ceux que le vent apporte des industries américaines.

Au 2e rang ontarien, on trouve la région de Toronto avec 57 987 tonnes de polluants dont 5 750 tonnes de substances toxiques.

La liste des polluants est assez longue et comprend notamment des gaz à effet de serre et des gaz qui contribuent aux pluies acides. Toutefois, si on ne considère que les produits chimiques, dans l’ensemble des Grands Lacs, le Canada rejette annuellement dans l’atmosphère :
 • Xylène est ses isomères : 2 056,9 tonnes
 • Toluène : 1 906,6 tonnes
 • Benzène : 309,1 tonnes
 • Formaldéhyde : 208,5 tonnes
 • Plomb : 42,0 tonnes
 • Arsenic : 12,8 tonnes
 • Total de tous les produits chimiques : 32 583,6 tonnes

Montréal

Il y a peu d’industrie lourde dans la région montréalaise. La pollution qu’on y trouve provient principalement de la combustion de l’essence par les véhicules et de la pollution apportée par le vent en provenance des grands lacs.

Pourtant, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Montréal est la deuxième grande ville canadienne où la pollution atmosphérique est la plus importante, tout juste derrière Sarnia, en Ontario. Comment expliquer cela ?

Il faut préciser que le palmarès de l’OMS ne tient pas compte de la composition chimique du « smog », mais se base exclusivement sur la concentration des particules en suspension dans l’air.

Dans le cas de Montréal, environ 30% de cette pollution est apportée par le vent en provenance de Toronto et autant des zones industrielles américaines du Midwest américain.

Pour ce type précis de pollution, la qualité de l’air à Montréal se compare avantageusement à celle de nombreuses autres villes à travers le monde.

Concentration — en microgrammes par mètre cube d’air ambiant — des particules de 2,5 microns ou moins :
 • Ottawa : 5,2
 • Toronto : 7,1
 • Québec : 7,3
 • Stockholm : 10,6
 • Montréal : 11,2
 • Sarnia : 11,4
 • New York : 12,7
 • Londres : 13,5
 • Zurich : 14,7
 • Copenhague : 14,8
 • Salzburg : 16,7
 • Prague : 17,3
 • Rotterdam : 17,9
 • Rome : 19,7
 • Berlin : 20,8
 • Paris : 22,9
 • Beijing : 121 particules de 10 microns ou moins
 • Bombay : 132 particules de 10 microns ou moins

Globalement, la pollution serait à l’origine de plus de 4 000 décès chaque année au Canada, dont 1 500 dans la région de Montréal.

Londres, Grande-Bretagne

Au Royaume-Uni, la pollution cause annuellement 29 000 morts, dont 4 300 seulement pour la capitale britannique (soit autant que tout le Canada).

Selon un comité gouvernemental, la pollution atmosphérique serait un facteur contributif, parmi d’autres, dans le décès de 200 000 personnes dans ce pays en 2008. Les coûts sur le système de santé seraient de l’ordre de 12,7 à 27 milliards$ par année.

Depuis la révolution industrielle, basée en Angleterre sur la force motrice libérée par la combustion du charbon, Londres a toujours été une ville polluée. Aussi récemment que les années 1940, environ 90% de la production électrique du Royaume-Uni provient du charbon, le pétrole fournissant le reste.

Même de nos jours, ce pays dépend du charbon de manière appréciable. En 2007, la production d’énergie se partageait entre le pétrole à 38%, le gaz naturel à 37,7%, le charbon à 16,7%, l’énergie nucléaire à 5,8% et les énergies renouvelables à seulement 1,8%.

Depuis quelques années, on s’est employé à soulager la circulation automobile dans le centre de Londres. Indirectement, cela a eu des répercussions positives au niveau de la pollution. Mais la qualité de l’air et elle-même constitue une priorité secondaire des divers gouvernements en Angleterre, ces dernières étant préoccupées à réduire les déficits publics.

Parmi les mesures mises en œuvre afin de réduire la pollution à Londres, la plus farfelue a consisté en l’application d’un enduit collant sur la chaussée de plusieurs voies rapides dans le but de séquestrer les particules en suspension. Avec un succès très limité.

Normalement la pluie lave l’air d’une partie de sa pollution. Mais le mois dernier, un système de haute pression a recouvert le nord-ouest de l’Europe. Ce système a fait en sorte que la pluie a été rare. De plus, l’air pollué des centres industriels s’est accumulé et a circulé en vase clos au-dessus des Pays-Bas, de la Belgique, du nord de la France, et du Royaume-Uni. Si bien que les taux londoniens les plus élevés de pollution atmosphérique depuis trois ans y ont été enregistrés le mois dernier.

On doit donc prévoir la possibilité que les athlètes canadiens qui participeront aux Jeux olympiques de Londres aient à performer, comme les autres participants, en dépit des inconvénients des lieux, comme cela fut le cas aux Jeux olympiques de Beijing en 2004.

Références :
Air quality: A followup report
Énergie au Royaume-Uni
London air pollution worst in Ontario
Pollutionwatch: UK experienced top levels of air pollution in March
Protecting the Great Lakes – St. Lawrence River Basinand Drinking Water Sources
Qualité de l’air à Londres de 1993 à 2012
Qualité de l’air : Montréal au deuxième rang des villes canadiennes les plus polluées
Qualité de l’air – Montréal mal classée au bilan de l’OMS
Which mayoral candidate will tackle London’s air pollution?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Joyeuses Pâques

Publié le 8 avril 2012 | Temps de lecture : 1 minute



 
Voici la vitrine de Couleurs, un magasin de meubles et d’objets des années 1940 aux années 1970, situé au 3901 rue Saint-Denis.

Pour le bénéfice de ceux qui ne l’auraient pas déjà deviné, précisons que ce « Fauteuil aux poussins » ne fait pas partie des objets habituellement offerts en vente dans ce magasin…

Détails techniques :
1re photo : iPad2B — 1/15 sec. — F/2,4 — ISO 100 — 4,3 mm
2e photo  : iPad2B — 1/40 sec. — F/2,4 — ISO 100 — 4,3 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le pavillon Claire et Marc Bourgie du MBAM

Publié le 7 avril 2012 | Temps de lecture : 2 minutes

 
Le Pavillon Claire et Marc Bourgie a été aménagé dans l’ancienne église néo-romane Eskine and American, construite en 1894 et fermée au culte depuis 2004. Ce pavillon est entièrement consacré à l’art québécois et canadien.

La nef de l’église a été convertie en salle de concert. L’arrière de l’édifice a été agrandi et, sur six étages, présente 600 œuvres regroupés principalement de manière chronologique.

Le coût de cette transformation a été de 42,4 millions$. Ceci comprend l’achat de l’église, la restauration des vitraux exceptionnels de Tiffany, l’aménagement de la salle de concert, la restauration des œuvres présentés (12 610 heures de travail), et le chantier de l’aménagement arrière du pavillon.

Je ne voulais pas photographier des œuvres en particulier, quoique je n’ai pas pu y résister. Mon intention était surtout de présenter l’aménagement des lieux. Montrer ses murs aux couleurs chaudes, ses éclairages expressifs et, de manière générale, cette « mise en scène » des œuvres présentées.

Détail des œuvres :

De 0:13 à 0:23. il s’agit d’une vidéo créée par l’artiste algonquine Nadia Myre, de Montréal.

À 0:58, c’est Composition 44 (1959) de Paul-Émile Borduas.

De 1:00 à 1:08, on voit deux toiles de Jean-Paul Riopelle : Autriche (1954) et Vent traversier (1952).

À 1:19, voici Mirabia (2001), une installation de la montréalaise Dominique Blain.

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Écrit par Jean-Pierre Martel