Publié le 19 avril 2016 | Temps de lecture : 3 minutes
Depuis le 1er septembre 2015, le paiement en argent liquide est interdit en France pour toute transaction supérieure à 1 000 euros.
Cette limite vise à lutter contre la fraude, le blanchiment d’argent ou le financement du terrorisme. En effet, cela permet de suivre les transferts importants d’argent.
De plus, le gouvernement français a demandé aux banques de réduire la commission qu’elles prennent sur toute transaction, de manière à supprimer les montants minimums imposés par certains commerçants pour les paiements par cartes de crédit.
De nombreux commerçants acceptent déjà les paiements électroniques à partir d’un euro.
En Norvège, les espèces sonnantes ne sont plus utilisées que dans 5% des transactions. En France, c’est 15%.
Les partisans de l’abandon du paiement comptant donnent l’exemple des sans-abris qui, à l’automne 2013, vendaient le magazine Situation Stockholm dans les rues de la capitale suédoise dotés de lecteurs de cartes.
Mais la Suède est la Suède. Est-ce que les banques d’ici sont prêtes à fournir gratuitement des ordinateurs et des lecteurs de cartes à chaque mendiant afin qu’il puisse gérer son compte de banque ?
On devrait plutôt s’attendre à ce qu’elles leur imposent des frais bancaires sur chaque aumône électronique. En somme, elles s’enrichiront en ôtant le pain de la bouche des pauvres.
Afin d’aider les banques à étendre leur monopole sur toutes les transactions monétaires, l’État pourrait se charger de fournir aux mendiants ordinateurs et lecteurs de cartes. Mais j’entends déjà le milieu des affaires s’indigner contre les excès de l’État-providence, symbolisés par cette générosité jugée excessive à l’égard des démunis.
À la dernière assemblée générale des actionnaires de la Banque Nationale (une banque privée canadienne), le président de l’institution a prédit la disparition du paiement par chèque.
Conséquemment, si on ne peut plus donner de monnaie aux mendiants ni même leur émettre un chèque, nous serons ainsi soulagés de la culpabilité de leur refuser l’aumône.
Voilà ce qui complèterait le dispositif du milieu financier pour lutter contre la pauvreté; faire en sorte que les démunis crèvent de faim.
On peut imaginer que si chaque banquier était tenu de passer une semaine à vivre à la belle étoile au centre-ville de Montréal en hiver, sa perception du monde s’élargirait considérablement…
Voici les trois photos que je préfère parmi les trois-cent-cinquante-deux prises jeudi dernier au Jardin botanique.
En temps normal, je détruis systématiquement toutes celles dont les yeux de papillons sont hors foyer. Ce devait être le sort réservé à la troisième même si, dans les faits, cela ne se remarque qu’à peine.
Mais la beauté irrésistible de son décor de fleurs dressées a eu raison de mes résolutions impitoyables…
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14
1re photo : 1/250 sec. — F/6,3 — ISO 320 — 210 mm
2e photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 400 — 210 mm
3e photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 400 — 210 mm
Pour consulter les textes de ce blogue consacrés aux papillons, veuillez cliquer sur ceci
Publié le 16 avril 2016 | Temps de lecture : 4 minutes
En vertu de l’article 83.223 de la Loi antiterroriste canadienne de 2015, un juge peut ordonner la suppression de toute publication sur internet qui fait l’apologie du terrorisme.
Toutefois la loi ne précise pas d’obligation à la reddition de compte au sujet des activités de contreterrorisme des forces policières canadiennes.
Par exemple, si l’honnête propriétaire d’un journal électronique, d’un blogue ou d’un site web d’expression politique, constate la suppression de son médium sur l’internet, il n’a aucun moyen de savoir si c’est l’œuvre de pirates ou s’il a été victime d’une erreur judiciaire.
En France, les choses se passent différemment.
Lorsqu’un site est séquestré par les forces de l’ordre, les visiteurs sont redirigés vers une page web qui les avise en conséquence (ci-contre). Comme s’ils avaient tenté de pénétrer dans un lieu physique interdit par la police.
De plus, les autorités policières rendent périodiquement compte de leurs activités. Il est à noter qu’en France — contrairement au Canada — les activités ‘perturbatrices’ de l’État ne nécessitent pas l’obtention préalable de l’autorisation d’un tribunal, ce qui favorise l’efficacité des interventions policières.
L’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication est la division de la police nationale chargée de débusquer non seulement les sites terroristes, mais également les sites pédopornographiques.
Cette ‘police de l’internet’ est sous la surveillance d’une commission garante de la protection des libertés civiles. Celle-ci porte le nom de Commission nationale de l’informatique et des libertés. Neuf personnes y travaillent.
Dans l’édition d’hier matin du quotidien Le Monde, on prenait connaissance du premier rapport de cette commission.
Le blocage de sites web
Entre juillet et octobre 2015, les autorités policières ont exigé mensuellement le blocage d’une centaine de sites ou de pages web auprès d’hébergeurs. Depuis les attentats de Paris, le nombre de demandes a augmenté substantiellement, passant à environ 800 en janvier dernier.
Sur les soixante sites actuellement bloqués parce qu’ils incitaient au terrorisme ou en faisaient l’apologie, cinquante-six (93%) l’ont été depuis le 13 novembre.
À cela s’ajoute le blocage des sites pédopornographiques, beaucoup plus nombreux. En effet, on en compte deux-cent-vingt-trois, soit presque quatre fois plus que les sites liés au terrorisme.
Le blocage de pages personnelles sur des réseaux sociaux
Beaucoup de personnes croient que l’utilisation d’un pseudonyme, usuelle sur les médias sociaux, leur garantit la liberté de dire n’importe quoi.
La ‘police française de l’internet’ a demandé 1 439 retraits de contenus, dont une majorité sur les réseaux sociaux. Cette fois-ci, l’immense majorité concerne du contenu terroriste et seulement dix pour cent de contenu pédopornographique.
Dans environ 80% des cas, le blocage du contenu s’est opéré par le biais du média social lui-même et dans le reste, par le biais du fournisseur d’accès internet qui rendait possible la publication du contenu illégal.
De plus, on a demandé aux moteurs de recherche (Google, Bing, Yahoo!) de faire disparaître de leurs résultats les sites terroristes ou pédopornographiques. Sur 855 demandes de bannissement, 386 l’étaient pour du contenu terroriste et 469 pour du contenu pédopornographique.
Après analyse, la commission qui surveille l’action policière n’a pas trouvé de cas d’abus de pouvoir.
Les policiers français ont comptabilisé le nombre d’internautes qui ont tenté de se connecter à des sites interdits et qui se sont butés à l’image ci-dessus : 34 000 pour les sites pédopornographiques et de 494 pour les contenus terroristes. On peut supposer que les sites pédopornographiques attirent davantage une clientèle internationale, d’où leur audience nettement plus importante.
De ce côté-ci de l’Atlantique, le gouvernement canadien dévoile le montant des sommes dépensées à des fins sécuritaires et les organismes responsables rédigent des rapports volumineux où triomphe un jargon à partir duquel le lecteur n’a aucune idée de l’atteinte des résultats.
Conséquemment, les contribuables canadiens n’ont aucune idée de l’efficacité des brigades antiterroristes qu’ils financent. Les autorités canadiennes auraient peut-être avantage à s’inspirer de l’exemple français.
Publié le 14 avril 2016 | Temps de lecture : 8 minutes
Stéphane Dion est l’actuel ministre des Affaires étrangères du Canada.
Sous un précédent gouvernement, alors qu’il était ministre responsable de l’Unité canadienne, M. Dion avait parrainé la Loi sur la clarté référendaire, qui exige que pour être valable, tout référendum sur l’indépendance du Québec doive être basé sur une question claire et non équivoque.
Dans sa nouvelle fonction de ministre des Affaires étrangères, M. Dion est responsable du dossier des ventes d’armes canadiennes à l’Arabie saoudite.
Rappelons qu’en 2014, la dictature soutienne a commandé neuf-cents véhicules blindés à la firme ontarienne General Dynamics, pour une valeur de 15 milliards$. Le matériel doit être produit et livré sur une période de quinze ans. C’est le plus important contrat de vente de matériel militaire canadien conclu en temps de paix.
« C’est juste des jeeps »
À l’émission Tout le monde en parle, le chef du Parti libéral avait minimisé l’importance de son engagement à respecter le contrat conclu par le gouvernement conservateur en qualifiant de jeeps les véhicules produits pour l’Arabie saoudite.
Mais s’agit-il vraiment de jeeps ?
Le Light Armoured Vehicle III (ou Véhicule blindé léger III) est le modèle le plus récent d’une série développée et produite au Canada par la General Dynamics.
C’est le principal véhicule d’infanterie mécanisée du Canada. L’armée de terre des États-Unis utilise une version légèrement moins armée et blindée, dérivée du VBL III, portant le nom de Stryker. Le VBL III et le Stryker entrent dans la catégorie des chars d’assaut.
Le concept de la Conviction responsable
Afin d’atténuer la controverse persistante au sujet de ce contrat militaire, le ministre s’est justifié le mois dernier en invoquant une nouvelle doctrine, dite de la Conviction responsable.
Cette doctrine un peu prétentieuse se résume à peu de chose; le Canada croit à l’importance de la Démocratie, mais modérément, sans exagération, et de manière variable pour les autres pays.
Ce pragmatisme accommodant est partagé par de nombreux pays qui ne se donnent pas la peine de présenter cela comme une doctrine.
« Si ce n’est pas nous, ce sera quelqu’un d’autre »
De tous les arguments invoqués par le ministre, c’est à la fois le plus logique… et malheureusement, le plus faible.
Aux yeux du ministre, la nature a horreur du vide; si le Canada refusait de vendre des chars d’assaut à la dictature saoudienne, de nombreux pays seraient heureux de prendre la relève.
En somme, c’est la justification du pusher de drogue.
En mars 2015, la Suède a décidé de ne pas renouveler son accord de coopération militaire signé avec l’Arabie saoudite en raison du bilan peu reluisant de ce pays en matière des droits de l’Homme.
En février 2016, le Parlement européen adoptait une résolution réclamant l’arrêt des ventes d’armes à l’Arabie saoudite.
Jusqu’ici, cette résolution a eu peu d’impact auprès des grands exportateurs européens d’armements.
Toutefois, elle exprime le schisme profond entre la politique extérieure complaisante de nombreux États à l’égard de l’Arabie saoudite et l’hostilité croissant des Occidentaux — des gens comme vous et moi — qui ont réalisé que l’idéologie haineuse propagée par la dictature saoudienne est la cause profonde des attentats terroristes en Occident.
Annuler ce contrat expose le Canada à des pénalités sévères
Le Canada doit respecter ses engagements. L’annulation du contrat entrainerait des amendes importantes pour le Canada, selon le ministre, qui a toutefois refusé de préciser quel serait le montant de cette pénalité financière.
Depuis des mois, le ministre répète que ce n’est pas vraiment de sa faute, qu’il s’agit d’un contrat conclu par l’ancien gouvernement conservateur et qu’on ne peut pas remettre en question la parole de l’État.
Mais on vient d’apprendre que c’est tout dernièrement — plus précisément le 8 avril 2016 — que le ministre Dion a finalement accordé les licences d’exportation concernant 70% du matériel militaire canadien visé par le contrat avec l’Arabie saoudite.
En Angleterre, le puissant quotidien The Guardian s’interroge; le ministre a-t-il menti à la population canadienne ? Comment a-t-il pu prétendre que l’affaire était déjà conclue alors que ce n’était pas le cas ?
The Liberals have refused to cancel the sale since coming to power in November, saying it was a “done deal” that could not be broken off without possibly incurring significant penalties and job losses.
But documents released this week by the justice department in response to a lawsuit seeking to block the deal showed foreign minister Stéphane Dion signed crucial export permits only last Friday.
Tout cela est bien mystérieux.
Selon les experts, le partenaire d’affaires de l’Arabie saoudite n’est pas General Dynamics, mais le gouvernement canadien.
C’est la diplomatie canadienne qui a négocié le contrat et c’est le Fédéral qui assure le financement de l’entente et qui protège General Dynamics d’une rupture unilatérale de contrat par l’Arabie saoudite. Le cas échéant, les contribuables canadiens paieraient les chars d’assaut refusés par l’Arabie saoudite (et qui seraient alors refilés à l’armée canadienne).
Conséquemment, l’autorisation récente du ministre Dion serait simplement une formalité prévue à l’entente.
Toutefois, l’irréversibilité du contrat, alors qu’aucun char n’a été encore produit par la General Dynamics, que personne n’a probablement été embauché à cet effet, ne tient qu’aux pénalités hypothétiques prévues par un contrat demeuré secret.
Mais la question qu’on peut se poser est la suvante : s’il est si facile pour l’Arabie saoudite de s’approvisionner ailleurs, pourquoi aurait-elle exigée des pénalités importantes en cas de rupture de contrat par le Canada ?
Jusqu’ici, les arguments du gouvernement canadien pour justifier ce contrat sont un tissu de mensonges. Quelles sont les clauses de ce contrat ? Prévoit-il des pénalités en cas de rupture par l’Arabie saoudite ou par le Canada ? Si oui, lesquelles ?
Par ailleurs, le début de l’implication militaire du Canada en Syrie coïncide avec la signature de ce contrat. S’agit-il d’une coïncidence ou est-ce là une exigence contractuelle ?
Et puisque l’intervention militaire canadienne est couteuse, doit-on la prendre en considération dans l’analyse des retombées économiques du contrat militaire saoudien ?
Toutes ces questions sont légitimes et rendent souhaitable la divulgation de ce contrat demeuré secret jusqu’ici.
Aux yeux de l’opinion publique, il semble incohérent que l’apôtre de la clarté référendaire soit devenu l’apôtre du secret quand il s’agit d’armer une dictature qualifiée de plaque tournante du finalement du terrorisme international par les dépêches diplomatiques américaines révélées par WikiLeaks.
Si le ministre n’a pas l’intention de rendre public ce contrat, il aurait intérêt à cesser de se justifier en invoquant des clauses secrètes, voire inexistantes, de ce contrat controversé.
En 2013, après avoir essayé plusieurs objectifs µ4/3, le M.Zuiko 60 mm Macro F/2,8 était devenu mon objectif préféré pour la proxiphotographie, c’est-à-dire la photographie rapprochée.
Cet objectif fut même le seul que j’apportais à l’évènement Papillons en liberté du Jardin botanique de Montréal en 2014 et 2015.
Ayant acquis récemment le multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14, j’ai voulu essayer son association avec l’objectif M.Zuiko 40-150 mm F/2,8.
Rappelons qu’un multiplicateur de focale est un dispositif qui augmente la puissance d’un objectif au prix d’une perte de luminosité. Dans ce cas-ci, le M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 devient alors un télézoom 56-210 mm F/4,0.
Dès mes premiers essais, le résultat obtenu fut tel que cette association est devenue immédiatement mon équipement de choix à l’édition 2016 de Papillons en liberté.
L’augmentation de puissance du téléobjectif réduit conséquemment son angle de vision. Il faut donc davantage de recul qu’avec le M.Zuiko 60 mm pour photographier un papillon avec le même grossissement apparent.
où T est la taille réelle de l’objet,
t est la taille de son image sur le capteur,
D est la distance de l’objet
et F est la focale de l’objectif.
Selon l’équation ci-dessus, pour obtenir un papillon qui semble avoir été pris d’aussi près lorsqu’on se trouve à 60 cm de lui avec un objectif de 60 mm, il faut être à 210 cm avec un zoom de 210 mm.
Dans un cas-ci, à la même ouverture de diaphragme (F/5,6), la profondeur de champ est identique, soit 1,6cm. Alors quel est intérêt d’utiliser un téléobjectif ?
C’est que le fondu d’arrière-plan (qu’on appelle bokeh, et qu’on prononce ‘beau quai’) est beaucoup plus plaisant lorsqu’on augmente sensiblement la focale.
Celui du M.Zuiko 60 mm F/2,8 pourrait être qualifié de crémeux. Mais celui du M.Zuiko 40-150 mm pourrait être qualité d’onctueux; pour le passionné de photographie, ce bokeh est presque cochon.
Et puisque l’angle de vision est plus étroit lorsqu’on augmente la focale, le moindre déplacement latéral du photographe modifie substantiellement l’arrière-fond.
En contrepartie, la résolution du M.Zuiko 60 mm F/2,8 est très légèrement supérieure à celle de l’association.
Afin de vous permettre de juger des résultats de cette association, voici quelques photos obtenues avec celle-ci.
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14
1re photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
2e photo : 1/250 sec. — F/7,1 — ISO 1600 — 200 mm
3e photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 400 — 210 mm
4e photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 400 — 210 mm
5e photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 250 — 210 mm
6e photo : 1/320 sec. — F/7,1 — ISO 1250 — 210 mm
7e photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
8e photo : 1/400 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
9e photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 190 mm
10e photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 800 — 210 mm
Publié le 8 avril 2016 | Temps de lecture : 13 minutes
Sans parcourir un circuit précis, ce diaporama comprend cinq parties.
Le long de la Seine
La première partie présente le bord de Seine de l’arrondissement, de l’Institut de France à la place Saint-Michel.
À sa mort, survenue en 1661, le cardinal Mazarin lègue les sommes nécessaires à la construction d’un collège dit des Quatre-Nations, destiné à l’instruction gratuite de soixante gentilshommes des quatre territoires annexés par la France au XVIIe siècle à la suite de deux traités de paix.
Construit de 1662 à 1688 par Louis Le Veau (un des plus grands architectes sous Louis XIV), le bâtiment (à 0:06) abrite de nos jours différentes académies, dont l’Académie française.
Plus à l’ouest se trouve la Monnaie de Paris. Sa vocation est de frapper la monnaie française, d’exposer des réalisations dans son musée, et d’héberger diverses expositions d’art contemporain comme celle en cours au moment de ma visite (de 0:10 à 0:43).
Place Saint-Michel
Cette première partie se termine par la place Saint-Michel.
Celle-ci est née avec le percement du boulevard Saint-Michel en 1855.
Sa fontaine a été conçue par l’architecte Gabriel Davioud en 1860. Encadrée de deux dragons cracheurs d’eau (ce qui plus sécuritaire que le feu), la statue Saint Michel terrassant le Diable est l’œuvre de Francisque-Joseph Duret.
Entre la Seine et le boulevard Saint-Germain
Originellement, l’officine Buly (de 0:55 à 0:58) était celle du parfumeur Jean-Vincent Bully, fondée en 1805. Il servit d’inspiration à Balzac pour le personnage principal du roman César Birotteau.
Fermée depuis la ruine de son propriétaire à la suite de la mise à sac de son entreprise lors de la Révolution de Juillet (en 1830), la marque fut reprise à plusieurs occasions.
L’officine a refait surface en 2014 sous le nom de Buly (avec un seul ‘L’, plus acceptable en anglais), en s’inspirant du catalogue et des formules du parfumeur.
Palais des études de l’École supérieure nationale des Beaux-Arts
L’École supérieure nationale des Beaux-Arts (de 1:00 à 1:24) occupe divers bâtiments, dont l’ancienne église du couvent des Petits-Augustins (dont on peut apercevoir la façade entre les deux bustes de la photo à 1:00).
Le Café de Fore (à 1:30) et Les Deux Magots (à 1:32) sont deux célèbres lieux de rencontre d’artistes et d’intellectuels parisiens depuis la Première Guerre mondiale.
De 1:36 à 2:11, nous visitons l’église Saint-Germain-des-Prés. Pour certains, ce serait la plus vieille église de Paris, un titre contesté par Saint-Julien-le-Pauvre.
L’Église actuelle fut construite de 990 à 1021 mais fut très remaniée depuis.
Après avoir découvert qu’au Moyen-Âge, les murs extérieurs et intérieurs de beaucoup d’églises étaient peints, on décida de décorer la nef de fresques et d’ornements. Hippolyte Flandrin peignit les fresques de 1842 jusqu’à sa mort en 1864 tandis qu’Alexandre Denuelle s’occupa de l’ornementation polychrome des murs. Le style choisi par ces artistes est de leur invention.
À 1:54, il s’agit du cénotaphe de Jean II Casimir Vasa, roi de Pologne, qui a abdiqué en 1608 après vingt ans de règne afin de devenir abbé commendataire de Saint-Germain-des-Prés. Ses restes y reposèrent de son décès en 1672 jusqu’à ce qu’ils soient transférés à Cracovie quatre ans plus tard.
À 1:57, cette plaque de 1923 célèbre le tricentenaire de la naissance de François de Montmorency-Laval. Celui-ci fut ordonné évêque en 1658 dans cette église. Par la suite, il devint le premier évêque de Nouvelle-France, puis déclaré saint par le pape François en 2014.
L’orgue actuel, de syle néoclassique, a été construit au début des années 1970 par le facteur Haerpfer-Erman (à 2:06).
Murale en grès émaillé au square Félix-Desruelles
Dans le square Félix-Desruelles, adjacent à l’église, on trouve cette murale Art nouveau — conçue par l’architecte Charles Risler et le sculpteur Jules Coutan — qui ornait originellement le Pavillon des manufactures françaises à l’exposition universelle de 1900.
À 2:53, il s’agit du restaurant Procope, le plus ancien café de Paris. Il fut fondé en 1686 par un gentilhomme de Palerme nommé Francesco Procopio dei Coltelli. D’illustres personnes — De La Fontaine, Voltaire, Rousseau, Beaumarchais, Balzac, Hugo, Verlaine, Diderot, d’Alembert, Benjamin Franklin, Robespierre et Danton — fréquentèrent cet établissement.
À 2:57, le restaurant Le Clou de Paris est au rez-de-chaussée du premier immeuble parisien en béton armé, construit en 1893 par l’architecte lyonnais Édouard Arnaud.
Aux alentours de Saint-Sulpice
De 3:18 à 3:22, le bâtiment de l’actuelle mairie du 6e arrondissement a été construit de 1847 à 1849 par les architectes Rolland et Leviconte.
À 3:40, la monumentale Fontaine Saint-Sulpice est mieux connue sous le nom de Fontaine des cardinaux. Érigée de 1843 à 1848 par Louis Visconti, elle est ornée des statues de quatre orateurs célèbres sous Louis XIV qui font face (presque parfaitement) aux points cardinaux. Ces évêques n’ont toutefois jamais été nommés cardinaux.
Église Saint-Sulpice
De 3:42 à 4:18, nous visitons l’église Saint-Sulpice. Construite de 1645 à 1780 selon les plans de l’architecte Christophe Gamard, c’est la 2e plus vaste église de Paris, après Notre-Dame. À l’époque, la paroisse comptait 125 000 personnes.
La façade se compose de deux péristyles superposés, le deuxième formant une loggia surmontée aux extrémités de tours latérales qui devaient, au départ, être identiques. De plus, cette façade devait être complétée d’un fronton triangulaire dont la construction fut abandonnée.
Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.
C’est une église en croix latine. La nef se compose d’abord d’un vaisseau central, de deux bas-côtés et de chapelles latérales.
Le transept est peu saillant; il est à peine plus large que le reste de l’église.
Puis suit le chœur, entouré d’un déambulatoire et de chapelles absidiales.
Les fenêtres sont hautes, essentiellement en verre blanc. En conséquence, cette église est assez bien éclairée, sauf pour ce qui est de la chapelle de la Vierge, située au fond de l’église.
Au Moyen-Âge, on estimait que la pénombre créée par les vitraux colorés était propice au recueillement des fidèles. Mais à la Contreréforme, plus précisément depuis le Concile de Trente en 1545, on voulait que les fidèles en prière puissent lire le missel.
Le style des vitraux de Saint-Sulpice — la plus importante collection de vitraux réalisés sous Louis XIV — se caractérise par l’utilisation du verre blanc, décoré d’une guirlande sur le pourtour et d’un médaillon au centre.
On trouve dans cette église plusieurs des chefs-d’œuvre de l’art religieux à Paris.
Sa chapelle axiale a été conçue par l’architecte Charles de Wailly dans les années 1770. L’Assomption de François Lemoyne décore sa coupole (à 3:50).
Le Combat de Jacob avec l’Ange, d’Eugène Delacroix
En entrant à droite, la première des chapelles latérales est la chapelle des Saint-Anges. Celle-ci est décorée de trois œuvres originales d’Eugène Delacroix (de 3:51 à 3:55), soit Le Combat de Jacob avec l’Ange (mur de gauche), Saint Michel terrassant le dragon (au plafond) et Héliodore chassé du Temple (mur de droite). L’artiste a mis six années, de 1855 à 1861, pour les créer.
Au plafond, il s’agit d’une toile marouflée. Toutefois les deux autres peintures ont été réalisées à l’huile et à la cire directement sur le mur. Conséquemment, il est impossible de les détacher de leur support.
De 3:57 à 4:00, il s’agit de la décoration de la chapelle Saint-Jean-Baptiste. Du côté gauche, on peut y voir la statue de Jean-Baptiste, en marbre, par Louis-Simon Boizot. À droite, c’est le monument funéraire du curé Languet de Cergy réalisé de 1756 à 1758 par René-Michel Slodtz.
En 1719, c’est ce curé énergique qui mettra sur pied la loterie qui permettra de relancer la construction de l’église, interrompue depuis presque quarante ans. En 1745, il reste encore la façade à compléter, mais au moins l’église n’est plus ouverte à tous les vents et en proie aux intempéries comme c’était le cas depuis des décennies.
De 4:02 à 4:06, on voit la décoration de la chapelle Saint-Denis. À 4:06, il s’agit de la peinture murale Saint Denis et ses compagnons conduits au supplice créée en 1859 par Félix Jobbé-Duval.
C’est dans la chapelle Saint-Vincent-de-Paul qu’on trouve Saint Vincent de Paul assis tenant des petits enfants (à 4:08), une statue d’Émilien Cabuchet réalisée en 1856.
Chaire de l’église
Plutôt que d’être adossé à une colonne, la chaire néoclassique créée en 1788 par Charles de Wailly semble suspendue dans l’espace. En réalité, elle s’appuie sur ses escaliers. Sa forme triangulaire est une allusion à la Sainte Trinité.
Aux trois coins de ce monument, on trouve la représentation dorée des trois vertus théologales; la Foi (à gauche, sculptée par Louis-François Guesdon), la Charité (sur l’abat-voix, de Jacques-Edme Dumont), et l’Espérence (à droite, de Louis-François Guesdon).
L’orgue de Saint-Sulpice est de renommée internationale. Il fut construit par Cliquot en 1781 et amélioré par Aristide Cavaillé-Coll de 1857 à 1861. Son buffet fut dessiné en 1781 par Jean-François Chalgrin.
À 4:56, on voit Le Centaure, une sculpture de 1985 par l’artiste français modestement appelé César.
Aux alentours du Jardin du Luxembourg
Jardins du Luxembourg
Après une promenade sur le boulevard Saint-Germain, nous apercevons à 5:29 l’entrée du Palais du Luxembourg (où siège le Sénat français).
À sa droite, sur la rue de Vaugirard, on trouve (de 3:30 à 3:33) l’entrée de l’ancienne chapelle du Couvent des filles du Calvaire, construite en 1625.
À 5:36, il s’agit de la Fontaine de Médicis, créée vers 1630 par l’ingénieur florentin Tommaso Francini à la demande de la régente Marie de Médicis (veuve d’Henri IV).
Le centre du monument est décoré d’un groupe de trois personnages mythologiques sculptés par Auguste Ottin en 1866.
Il s’agit de Polyphème surprenant Galatée dans les bras d’Acis. Au centre, en se penchant, le cyclope Polyphème (en bronze) découvre Galatée (dont il est amoureux) dans les bras d’Acis. Les amants sont en marbre blanc. De nuit, cette sculpture est féérique.
De chaque côté, le dieu Pan et la déesse Diane sont témoins de la scène dans leurs niches respectives.
De 5:45 à 6:08, on voit Le Marchand de Masques de Zacharie Astruc, créé en 1883.
Il présente à sa base des effigies de dix artistes français : Jean-Baptiste Camille Corot, Jules Barbey d’Aurevilly, Alexandre Dumas fils, Hector Berlioz, Jean-Batiste Carpeaux, Gabriel Fauré, Eugène Delacroix, et Honoré de Balzac. Au bout du bras gauche, le garçon dresse celui de Victor Hugo. À l’origine, trois autres masques étaient suspendus à son bras droit : Léon Gambetta (un homme politique), Charles Gounod et Théodore de Banville.
À 6:18, il s’agit de la Fontaine des Quatre-Parties-du-Monde, de Gabriel Davioud, construite de 1867 à 1874.
Un peu plus au sud, à la limite des 5e et 6e arrondissements, on trouve (à 6:25) un monument renfermant les cendres de l’explorateur Francis Garnier. Ce monument, orné de son buste, est dû au sculpteur Denys Puech.
En remontant l’avenue de l’Observatoire, on rencontre successivement l’Institut d’Art et d’Archéologie (et sa superbe frise en terre cuite, de 6:26 à 6:29), la Faculté de pharmacie (de 6:30 à 6:33), et l’École nationale d’administration (à 6:35).
En retraversant les Jardins du Luxembourg à l’Est, on arrive au Musée du Luxembourg (à 6:49).
Détail de la façade de l’église Notre-Dame-des-Champs
C’est dans cette partie du 6e qu’on rencontre l’église néoromane Notre-Dame-des-Champs (de 7:35 à 7:54). Œuvre de l’architecte parisien Léon Ginain, elle fut érigée de 1867 à 1878.
La nef se compose d’un vaisseau central flanqué de bas-côtés, sans chapelles latérales.
À 7:38, le tympan du portail central est décoré du bas-relief La Vierge et l’Enfant Jésus de Gabriel-Jules Thomas. La Vierge assise nous présente Jésus pendant que des enfants leur offrent des produits des champs, plus précisément du blé (à gauche) et des raisins (à droite), une allusion aux Saintes Espèces.
À la croisée du transept, un autel de messe a été érigé. Au-dessus de lui, une croix moderne (due au père Jacques Mérienne et exécutée par l’artiste Joël You) est suspendue sur une plaque transparente (à 7:40).
Au fond de l’église, le voute de la chapelle de la Vierge est décorée d’une grande composition de Joseph Aubert intitulée Le Triomphe universel de Marie (à 7:42).
Son chemin de croix est constitué de quatorze grisailles de style limousin sur fond de cuivre émaillé, créées vers 1878 par l’artiste Frédéric de Courcy. Chaque station est encadrée d’ornements gravés dans la pierre et dorés (à 7:44).
Sous les hautes fenêtres claires du vaisseau central, vingt-deux toiles marouflées illustrent la vie de la Vierge (à 7:46). Elles furent peintes entre 1891 et 1907 par Joseph Aubert.
Le peintre s’est efforcé de renouveler le sujet à la suite de ses voyages en Égypte et en Palestine. Contrairement à la Vierge triomphante représentée sur la voute de la chapelle qui lui est consacrée, la Vierge des toiles de la nef la représente comme une femme ordinaire de Galilée, revêtue d’une robe brodée à la poitrine, portant une ceinture en tissus, un voile et un bandeau, caractéristiques des femmes de Bethléem à la fin du XIXe siècle.
Peint par Félix-Henri Giacomotti, Le repos de la Sainte Famille décore la chapelle Saint-Joseph située dans le transept de gauche (à 7:48).
Le repos de la Sainte Famille, de Félix-Henri Giacomotti
Cette œuvre possède la particularité étonnante de montrer saint Joseph langeant l’Enfant Jésus. Père et Fils sont entourés de Marie et de quatre archanges. Ces dernières sont soit émerveillées par la beauté de l’Enfant-Jésus ou admiratives de l’implication de saint Joseph dans le partage des tâches domestiques (selon la lecture plus ou moins moderne qu’on fait de cette œuvre).
Saint Denis élève à la Sainte Vierge son plus ancien autel au lieu qui s’appellera Notre-Dames-des-Champs est le titre bavard d’un des deux vitraux qui décorent la chapelle de la Vierge (à 7:50).
L’orgue de 1877 est de Cavaillé-Coll. Il fut restauré Schwenkedel en 1973 et Fosseart en 2004.
Détails techniques : Le diaporama contient 217 photos et trois clips vidéo. Deux de ces photos sont à l’infrarouge (à l’aide d’un appareil Lumix GH1 doté d’un objectif Lumix 14-45 mm II). Tout le reste a été fait à l’Olympus OM-D e-m5.
En ordre décroissant d’utilisation, les objectifs furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (180 photos), le PanLeica 25 mm F/1,4 (14 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (14 photos), le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (3 photos) et l’hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (2 photos).
Publié le 6 avril 2016 | Temps de lecture : 4 minutes
Minerai de sulfure d’arsenic
Il y a des millions d’années, lorsque le globe terrestre s’est solidifié, sa composition n’était pas homogène. Voilà pourquoi de nos jours on exploite des gisements à des endroits précis et pas ailleurs.
L’Himalaya est une chaine de montagnes qui s’étire sur 2 400 km de long. L’érosion de sa roche libère de l’arsenic qui contamine les nappes phréatiques de certaines régions de l’Inde, de la Chine, du Vietnam et du Cambodge.
C’est ainsi que vingt-millions de personnes au Bangladesh — sur les 164 millions que compte le pays — boivent quotidiennement de l’eau contaminée à des concentrations excessives d’arsenic. Selon l’Organisation mondiale de la santé, c’est le plus grand empoisonnement de masse de l’histoire de l’Humanité.
Les normes internationales exigent des taux d’arsenic inférieurs à dix parties par milliard (un milligramme d’arsenic dans mille litres d’eau). C’est le cas en Occident. Dans beaucoup de pays en développement — dont le Bangladesh — la norme utilisée est cinq fois plus élevée.
Environ 1,4 million de puits (le sixième de tout le pays) dépassent cette norme, déjà moins exigeante. 43 000 citoyens sont atteints de lésions cutanées typiques d’arsenicose. Ces lésions douloureuses s’infectent facilement et peuvent conduire à la gangrène.
En tant que perturbateur endocrinien, l’arsenic favorise l’apparition de cancers de la peau, des poumons, de la vésicule biliaire et des reins. Lorsqu’on décède d’un empoisonnement chronique à l’arsenic, c’est habituellement par le biais du cancer du poumon.
Au Bangladesh, beaucoup de personnes croient à tort que les lésions cutanées de l’arsenicose sont contagieuses. Par conséquent, des parents interdisent à leurs enfants de jouer avec leurs petits amis atteints. Dans ce pays, l’aspect disgracieux de ces lésions, lorsqu’elles atteignent le visage, est un handicap au mariage.
Dans ce pays à 90% musulman, l’âge minimal du mariage est très bas. Conséquemment beaucoup de fillettes sont mariées avant l’apparition des symptômes. Lorsque ceux-ci apparaissent, cela conduit à leur répudiation, les condamnant à la plus grande pauvreté.
Jusque dans les années 1980, la plupart des Bengladais tiraient leur eau potable de cours d’eau et de puits artésiens. Afin d’enrayer le choléra et la dysenterie endémique des villages, l’ONU et des ONG internationales ont encouragé les villageois à creuser des puits plus profonds (à environ 50 m) d’où on pouvait puiser une eau dépourvue de pathogènes.
Malheureusement, le roc qu’on creusait ainsi était souvent riche en arsenic.
C’est une décennie plus tard, à l’apparition des premiers cas d’empoisonnement à l’arsenic, qu’on s’est rendu compte de cette erreur.
D’un côté, on avait corrigé un problème infectieux aigu, responsable de milliers de morts annuellement. Mais de l’autre, on l’avait remplacé par un problème chronique, moins mortel, mais qui affecte des millions de personnes.
Depuis l’UNICEF et diverses ONG travaillent dans la mesure de leurs moyens à améliorer la qualité de vie des villageois.
On s’est rendu compte que dans 80,9% des villages, la contamination affecte moins de 40% des puits. D’où l’idée d’identifier les puits ‘sains’ et de condamner les autres.
Là où cela n’est pas possible, on distribue des filtres commerciaux. Cette mesure efficace a l’inconvénient de créer une dépendance perpétuelle à des produits généralement importés.
Dans un petit nombre de cas, on recueille l’eau de pluie ou on fait passer l’eau au travers d’épaisses couches de sable fin et de matériaux locaux adsorbants.
Publié le 5 avril 2016 | Temps de lecture : 3 minutes
Introduction
Surnommé Mignon minyas, ce magnifique petit papillon habite le Pérou, la Bolivie et l’ouest du Brésil.
Il se caractérise par ses pattes courtes, ses petites antennes et ses ailes noires très arrondies. Une frange de courts poils blancs borde le côté extérieur des ailes.
Sa démarche est lente et il n’ouvre les ailes que pour voler et parfois lorsqu’il mange.
La face dorsale des ailes
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Sur leur face dorsale, les ailes antérieures sont noires, décorées d’un ruissèlement d’écailles azur entre leurs nervures. Ces écailles azur décorent parfois la zone noire au dos de l’abdomen.
Les ailes postérieures sont elles aussi noires. Près de leur bord, elles alignent des taches cyan en forme de trapèze.
La face ventrale des ailes
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Sur leur face ventrale, les ailes antérieures sont essentiellement noires.
Les ailes postérieures sont décorées de deux séries de taches plutôt rondes et, près du bord extérieur de l’aile, alignent une série de triangles étroits de ce même cyan clair.
Les ailes postérieures portent une tache rouge orangé près de l’abdomen qui lui, est noir et brun (ou orangé).
Biologie
Les œufs éclosent en onze jours. La chenille vit 16 jours et sa chrysalide, 19.
Sa chenille se nourrit de plantes de l’ordre des cycadales (Zamia loddigesii, Z. furfuracea, Z. skinnery et Z. loddigesii). Ces plantes ont en commun qu’elles contiennent une phytotoxine appelée cycasine.
Cette substance confère à la chenille un gout très désagréable, ce qui la protège des prédateurs. Ce gout (et cette protection) est transféré au papillon et à ses œufs.
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 60 mm Macro F/2,8 (4e photo), M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14 (les autres photos)
1re photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 1250 — 200 mm
2e photo : 1/250 sec. — F/7,1 — ISO 1600 — 210 mm
3e photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 800 — 210 mm
4e photo : 1/320 sec. — F/7,1 — ISO 1250 — 210 mm
5e photo : 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 600 — 60 mm
Pour consulter les textes de ce blogue consacrés aux papillons, veuillez cliquer sur ceci
Publié le 3 avril 2016 | Temps de lecture : 10 minutes
Préambule
En 1607, Marguerite de Valois, épouse répudiée d’Henri IV, fait débuter à Paris la construction d’un palais auquel une chapelle hexagonale fut ajoutée l’année suivante. Celle-ci était surmontée d’un dôme à lanterne.
Après la destruction de ce palais, survenue quelques années plus tard, il ne subsista que ce lieu de prière, appelé chapelle des Louanges.
En 1617, on l’incorpora à l’église du couvent des Petits-Augustins qu’on construisait de manière contigüe. Si bien que celle-ci devint une chapelle latérale faisant partie de la nouvelle église, dont elle était une structure en saillie.
Abandonnée depuis, l’église de ce couvent fait partie aujourd’hui des bâtiments de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts.
Pour certains, cette chapelle palatiale est le premier lieu de prière surmonté d’un dôme à Paris.
Cela est exact. Mais cela ne fait pas de l’ancienne l’église du couvent des Petits-Augustins, la première église à dôme tel qu’on l’entend aujourd’hui; ce mérite revient à l’église Saint-Joseph-des-Carmes.
Construction de Saint-Joseph-des-Carmes
Dôme à lanterne de l’église, vu de la Tour Montparnasse
Le 7 juillet 1613, le jour de la Saint-Élie, Marie de Médicis — deuxième épouse d’Henri IV et régente du royaume depuis l’assassinat de celui-ci en 1610 — pose la première pierre de l’église Saint-Joseph-des-Carmes. Il s’agissait d’un édifice en forme de croix latine surmontée d’un dôme.
Les Carmes dont il est question sont des religieux dont l’Ordre fut fondé à la fin du XIIe siècle par des ermites sur le mont Carmel, en Palestine. Officiellement, leur patron est le prophète Élie. Mais ils vouent un culte particulier à saint Joseph.
Au XVIe siècle, cet Ordre contemplatif donnera naissance à une communauté encore plus rigoureuse appelée Ordre des Carmes déchaux (ou déchaussés, c’est-à-dire sans chaussettes), dont les membres marchaient donc pieds nus dans leurs sandales.
La première messe de leur nouvelle église fut célébrée en 1620, le jour de la fête de la Saint-Joseph. C’était la première église parisienne qui lui était dédiée, et la seconde en France.
L’obéissance des religieux leur fit accepter le contraste saisissant entre la vie de pauvreté voulue par la règle du Carmel et la magnificence de l’église que la régente leur offrit.
Présentation de l’église
Façade de l’église
La façade de style baroque romain est relativement austère. À l’origine, les murs extérieurs du bâtiment étaient enduits de plusieurs couches de chaux de Senlis. Poli à la brosse, ce revêtement brillant portait le nom de Blanc des Carmes.
Les niches de la façade hébergent quatre statues. Tout en haut, la Vierge et l’enfant. En bas, juste au-dessus de l’entrée, saint Joseph (auquel l’église est consacrée). Entre les deux, à gauche, sainte Thérèse d’Avila (réformatrice de l’Ordre du Carmel) et à droite, un évêque barbu dont de je n’ai pas trouvé l’identité.
Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.
Nef de l’église
La nef est composée d’un vaisseau central dépourvu de bas-côtés. Avant le transept, les murs latéraux de la nef sont percés de quatre grandes ouvertures qui donnent accès à autant de chapelles latérales richement décorées.
Chœur de l’église
La partie inférieure du maitre autel est ornée d’un bas-relief en marbre attribué à Évrard d’Orléans (mort en 1357). Il représente la Cène, en marbre blanc (sauf le calice du Christ, les mains et les visages des personnages, qui sont bruns). Ce bas-relief provient de l’église abbatiale cistercienne de Maubuisson (dans le département de Val-d’Oise).
La porte du tabernacle est décorée d’un agneau couché. Ce tabernacle est surmonté d’un crucifix placé à l’entrée d’un arc de triomphe supportant un dôme à la surface duquel alternent des gerbes de blé et des grappes de raisins (une allusion aux saintes espèces).
Devant l’autel baroque se trouve un autel de messe moderne dessiné par Philippe Kaeppelin.
En 1624, Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII, offrit le tableau La Présentation de Jésus au temple de Quentin Varin (vers 1570-1634) que l’on peut voir au-dessus de l’autel. Ce peintre maniériste fut le maitre de Nicolas Poussin.
Originellement, cette toile était encadrée très simplement. Mais dès la réception de ce don, Pierre Séguier, protecteur des carmes (et qui deviendra chancelier de France l’année suivante) passe une commande au sculpteur Simon Guillain (1581-1658) en vue de la création d’un retable — en forme de frontispice comportant quatre colonnes corinthiennes en marbre noir — destiné à servir d’écrin à la toile de Quentin Varin.
Confisqué à la Révolution, puis récupéré au XIXe siècle, c’est un des rares retables du XVIIe siècle encore à son emplacement d’origine.
Tambour de la coupole et deux pendentifs
Située à la croisée du transept, la coupole a été peinte en 1663 par le Liégois Walthère Damery (1614-1678). Elle représente le monde céleste au moment de l’enlèvement du prophète Élie dans un char de feu. C’est un des premiers exemples de coupole en trompe-l’œil conservée à Paris.
Représenté également en trompe-l’œil sur le tambour qui supporte cette coupole, le monde terrestre observe la scène avec stupéfaction. Élisée, disciple du prophète, attrape au vol le manteau blanc qu’Élie aurait laissé tomber au cours de son ascension. Ce serait à l’exemple du prophète que les carmes portent depuis une cape blanche à capuchon.
Coupole, tambour et les quatre pendentifs
Également de Walthère Damery, les quatre pendentifs que l’on peut voir sur la photo ci-dessus représentent successivement Saint Jean de la Croix (à 1h, fondateur de l’Ordre des Carmes déchaux), Sainte Thérèse touchée par l’Amour Divin (à 4h, il s’agit de la réformatrice de l’Ordre), Saint Simon Stock recevant le scapulaire par la Vierge (à 7h, c’est un des premiers généraux de l’Ordre) et La Vision de sainte Thérèse (à 11h).
Chapelle du bras gauche du transept
Logée dans le bras gauche du transept, la chapelle de la Vierge fut aménagée en 1663. Ses éléments — dont la superbe Vierge et l’Enfant-Jésus en marbre blanc — ont été sculptés par Antonio Raggi (1624-1686), un élève du Bernin, d’après (dit-on) les dessins de son maitre.
Cette photo nous laisse également entrevoir le riche pavement de l’église, refait en marbre polychrome en 1711.
Vitrail du transept de gauche
Le vitrail situé dans le haut du bras gauche du transept date de 1863. Il a été créé par Claudius Vavergne (1815-1887). Il s’intitule La Vierge donnant le Rosaire à saint Dominique.
Chapelle Saint-Jacques
Une des deux chapelles latérales à gauche est la chapelle Saint-Jacques. Elle rend hommage à saint Jacques le Majeur, à saint Louis et à saint Dominique.
Restaurée en 2013, cette chapelle fut commanditée en 1635 par Jacques d’Estampes, seigneur de Valençay, qui la dédia à son saint patron, à celui de sa femme Louise de Joigny et à celui de son fils Dominique.
Quelques années plus tôt, Rubens, aidé d’une multitude de ses élèves, avait créé le vaste Cycle de Marie de Médicis, aujourd’hui au Louvre, mais qui décoraient originellement deux ailes du Palais du Luxembourg.
Ces toiles avaient été peintes en Flandre, dans l’atelier de Rubens.
La décoration ici de la chapelle Saint-Jacques a été créée sur place et constitue donc le plus grand ensemble mural réalisé en France par un Flamand.
Chapelle des Bienheureux-Martyrs-des-Carmes
En face se trouve la chapelle des Bienheureux-Martyrs-des-Carmes.
À l’origine, cette chapelle célébrait le couronnement de la Vierge. De sa décoration baroque initiale, seule la voute subsiste. Elle fut créée vers 1640 par le peintre lorrain Claude Déruet (~1588-1660).
Cette chapelle rend maintenant hommage aux 115 carmes déchaux qui furent massacrés le 2 septembre 1792 dans le jardin adjacent à l’église. Créé au premier tiers du XXe siècle, le reste de la décoration (assez sobre en raison du sujet) est constitué de marbre polychrome et de lambris en bois de couleur taupe, rehaussés de dorure.
La toile au-dessus de l’autel est intitulée La Vierge apparait aux religieux massacrés en septembre 1792, peinte vers 1926-1929 par l’abbé Paul Buffet dans le style pictural nabi.
Orgue
Au-dessus de la sortie, l’orgue repose sur une tribune relativement sobre. L’instrument a été créé en 1902 par le facteur Didier, puis fut profondément modifié en 1971 par la manufacture Beuchet-Debierre. Une deuxième restauration en 1992 fut effectuée par le facteur vosgien Bernard Dargassies.
Cet orgue bloque la lumière qui pénétrait originellement par la façade, orientée vers le sud. Cette orientation était responsable de l’éblouissement de la nef par temps ensoleillé.
Cette clarté intérieure répondait alors à la brillance du revêtement de Blanc des Carmes de la façade, et à la blancheur de la cape des carmes déchaux.
Méconnue de nombreux visiteurs et même de citoyens de Paris, l’église Saint-Joseph-des-Carmes est un lieu de culte de dimension modeste mais qui mérite d’être visité en raison de sa décoration superbe. Au cours de mon voyage à Paris en 2015, j’y ai assisté à la messe en semaine, et cette expérience m’a beaucoup plu.
Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (9e et 10e photos) et objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (2e, 7e et 11e photos), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (3e et 6e photos), PanLeica 25 mm F/1,4 (4e et 5e photos), et M.Zuiko 75 mm F/1,8 (1re et 8e photos)
1re photo : 1/4000 sec. — F/1,8 — ISO 100 — 75 mm
2e photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 7 mm
3e photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 12 mm
4e photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 2000 — 25 mm
5e photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 400 — 25 mm
6e photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 12 mm
7e photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 13 mm
8e photo : 1/400 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
9e photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 1600 — 8 mm
10e photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 800 — 8 mm
11e photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 14 mm