Hommage à Norval Morrisseau

Publié le 29 janvier 2017 | Temps de lecture : 1 minute
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Norval Morrisseau (1932-2007) est le plus connu des peintres aborigènes du Canada.

Inspirée des dessins symboliques gravés sur de la pierre par certains peuples autochtones du pays, sa peinture se caractérise par d’épais contours noirs et des couleurs vives.

Dans une ruelle située derrière le Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein, la peintre montréalaise Melissa del Pinto a créé en 2016 une murale intitulée ‘Hommage à Norval Morrisseau’, inspirée de son style.

À droite, sous la murale, on peut voir la signature utilisée par Morrisseau dans ses œuvres. En lettres cries (sans leur ponctuation), cela signifie Oiseau-Tonnerre de cuivre.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/1250 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Petit guide de la culture des violettes africaines

Publié le 28 janvier 2017 | Temps de lecture : 10 minutes
Violette africaine sauvage

Pots, sols et transplantation

On doit planter les violettes africaines dans des pots où l’eau pourra s’écouler librement. Dans l’eau stagnante d’un pot mal drainé, leurs racines pourriront.

Si vous n’aimez pas l’apparence des pots troués disponibles sur le marché, vous pouvez recourir aux cache-pots.

Est-ce mieux d’utiliser des pots en terre cuite ou en plastique ?

Les pots en terre cuite ont l’avantage de permettre l’aération du sol car ils sont poreux. Mais le terreau y sèche plus rapidement.

À l’opposé, les pots en plastique ne peuvent pas être attaqués par de la moisissure.

Le choix entre ces deux types de contenants est personnel; on obtient de bons résultats avec l’un ou l’autre de ces deux genres de pots.

Les violettes miniatures doivent être cultivées à l’étroit dans de petits pots. Transplantées dans des pots trop grands pour eux, elles perdent partiellement leur caractéristique.

Certains horticulteurs font pousser et livrent leurs violettes africaines dans un sol composé exclusivement de mousse de sphaigne. Ces terreaux se reconnaissent à leur couleur homogène. Associée à un arrosage riche en phosphore et un éclairage optimal, la mousse de sphaigne favorise une croissance très rapide et une floraison spectaculaire au moment de la livraison de la violette chez le fleuriste.

Malheureusement, à la longue, la mousse de sphaigne se décompose et durcit. Si bien que la violette finit par étouffer et mourir.

Dès que la violette aura récupéré des traitements subis afin de favoriser sa mise en marché, sa floraison s’estompera substantiellement. C’est alors le temps idéal pour changer son terreau. Il suffira de disperser la mousse de sphaigne dans de l’eau et d’ensevelir les racines à nu dans un terreau pauvre, léger et poreux, spécialement conçu pour les violettes africaines. Un tel terreau se reconnait à la vermiculite (ressemblant à du mica) et à la perlite (des petites billes blanches) qu’il contient.

Certains des sols offerts au rempotage sont dits ‘stérilisés’, c’est-à-dire dépourvus d’insectes et de microorganismes (bactéries, moisissures, virus, etc.).

Bien entendu, leurs fabricants exagèrent un peu car on y trouve (rarement, il est vrai) des insectes, ce qui est la preuve évidente que leur stérilisation est douteuse.

Si votre pot est destiné à reposer sur une soucoupe (et non sur une grille), n’oubliez pas de mettre du gravier au fond du pot ou entre le pot et le fond de la soucoupe. Ce gravier (de même que le pot, s’il est en terre cuite) doit avoir été préalablement ébouillanté pour éviter qu’il ne s’avère ultérieurement avoir été une source de maladie.

La propagation

On peut propager des violettes africaines par la bouture des feuilles ou à partir de graines. Nous ne parlerons ici que de la multiplication à partir des feuilles, ce qui est très facile.

Aux débutants, je suggère de s’attaquer à une variété de violettes dont le feuillage est foncé.

Prélever une feuille de taille moyenne, avec ou sans la tige. Éviter de prendre des jeunes pousses au centre de la plante ou des grosses feuilles à la périphérie. Choisissez plutôt une feuille intermédiaire, bien en santé.

A) Une feuille et sa tige

Taillez le bout de la tige en biseau à l’aide d’une lame de rasoir très propre. Plus l’inclinaison est grande, mieux c’est. Puis immergez la tige en conservant la feuille hors de l’eau.

Lorsque cette tige aura donné naissance à des racines de plus de 3 cm, enterrez ces racines, de même que le début de cette tige, dans un sol bien trempé. Faites en sorte que la feuille ne repose pas sur le sol.

Autrement, on peut planter la tige (accompagnée de sa feuille) sans lui donner l’occasion de prendre racine au préalable dans de l’eau. Dans ce cas, on taille également la tige en biseau — ce qui la débarrasse des cellules meurtries au moment de l’arrachage de la plante — mais on l’enterre un peu plus profondément que par la méthode précédente.

Dans les deux cas, on conservera le sol très humide jusqu’à l’émergence de boutures hors du sol.

B) Une feuille coupée, sans tige

À l’aide d’une lame de rasoir très propre, coupez horizontalement le tiers inférieur de la feuille. Prenez le reste, le bout pointu vers le haut, et enterrez peu profondément, à 45 degrés, le bord fraichement coupé de la feuille. Le sol doit demeurer bien humide au cours des premiers jours.

Soyez patient et arrosez un peu plus souvent au début, puis comme vous le faites d’habitude pour vos autres violettes. Après un mois ou deux, vous verrez apparaitre des bébés violettes.

Dès que leur taille atteindra entre 1,5 et 3 cm, transplantez-les individuellement.

La technique A donne naissance à beaucoup moins de pousses que par la technique B. En effet, quelques boutures seulement apparaissent au pied d’une tige alors que des dizaines naissent le long du bord d’une feuille.

Séparées au moment approprié dans leur propre pot, les pousses atteindront l’âge adulte dans un an, peut-être moins.

En temps normal, vous noterez sur les plants adultes la présence de ramifications entre les tiges de deux feuilles. C’est comme si une jeune violette y avait été greffée.

Lorsque vous savez qu’il ne s’agit pas d’un bourgeon de fleurs, ne tolérez pas ces rejetons; extirpez-les sans merci. J’utilise une pince à épiler que je glisse latéralement pour enlever ces ramifications. Avec l’expérience, vous les reconnaitrez immédiatement.

Autrement, la plante ainsi ramifiée devient inélégante et fleurit moins souvent, concurrencée par cette progéniture envahissante quant à la captation de la lumière.

D’autre part, il arrive souvent qu’apparaissent au sol des violettes-sœurs collées au tronc de la plante principale.

Dès que celles-ci ont environ 3 cm, séparez-les lorsque le sol est sec (avant un arrosage) en glissant la lame d’un économe (appelé petit couteau à patate, au Québec) entre la violette-sœur et le tronc de la plante principale.

Enterrez chaque violette-sœur dans son propre pot. Vous aurez de cette manière une violette adulte plus rapidement qu’à partir d’une tige, d’une feuille ou d’une graine.

Éclairage et température

Les violettes ont beau venir d’Afrique, elles proviennent plus précisément des plateaux tempérés de Tanzanie. Elles préfèrent donc les températures comprises entre 15 et 20°C.

Sous l’influence des guides américains d’horticulture, on écrit souvent qu’il faut éviter l’éclairage direct. Cela n’est pas tout à fait vrai.

Sous un climat tempéré — au Québec et dans la moitié nord de la France, par exemple — la violette fleurira davantage l’hiver si elle reçoit de l’ensoleillement direct. En fait, plus elle sera au soleil, plus elle fleurira.

Mais l’été, même sous nos climats, les rayons du soleil deviennent trop puissants; on offrira la pleine clarté du soleil à la plante, en évitant donc l’éclairage direct.

Par contre, les lecteurs qui vivent sous des climats tropicaux devront protéger en tout temps leurs violettes des rayons du soleil.

Comme beaucoup de plantes, la violette africaine a tendance à dresser ses feuilles vers la source lumineuse. Pour lui faire conserver sa symétrie, on tournera la plante d’un quart de tour à chaque arrosage.

L’arrosage

La violette africaine déteste les brusques changements de température. Conséquemment, l’eau d’arrosage doit être strictement à la température de la pièce où se trouve la plante. Le moyen le plus simple est donc de toujours conserver à proximité l’eau du prochain arrosage.

Doit-on éviter à tout prix que l’eau d’arrosage touche les feuilles ? En Tanzanie, il arrive qu’il pleuve. Toutefois, lorsque l’eau du robinet se dépose sur une feuille de nos violettes cultivées, il laissera en séchant un cerne calcaire inélégant. De plus, si la violette reçoit du soleil direct, les gouttelettes d’eau agiront comme des loupes qui concentreront les rayons solaires, ce qui brulera la feuille.

Il faut éviter à tout prix la présence d’eau stagnante à la couronne de la violette. Là où apparaissent les nouvelles feuilles, l’eau fera pourrir la couronne, ce qui condamne la violette à une mort lente. Si de l’eau y tombe, on l’enlèvera à l’aide d’un papier absorbant.

Selon l’humidité ambiante, l’arrosage se fera régulièrement une ou deux fois par semaine, à jours fixes. Une heure après l’arrosage, retirez l’eau excédentaire de la soucoupe.

Maladies et soins divers

Les maladies qui peuvent affecter les violettes sont tellement nombreuses qu’elles dépassent le cadre du présent guide.

Vos violettes peuvent être infestées (par des insectes, notamment la cochenille) ou infectées (par des moisissures ou des virus).

Certaines infestations se guérissent facilement en frottant doucement la région atteinte avec un coton-tige imbibé d’alcool puis en rinçant à l’eau tiède. Répété pendant quelques jours consécutifs, ce traitement doux viendra à bout de nombreuses infestations.

Mais parfois, il faudra recourir à un insecticide. Aucun d’eux n’est efficace contre tous les prédateurs possibles. Il sera préférable de demander conseil auprès de votre fleuriste.

Les feuilles mourantes sont la porte d’entrée de certaines maladies. Il faut les enlever.

Avec la perte de feuilles au bas de la plante, le tronc dégarni finit par s’étirer et se courber. On rempotera la violette de temps en temps et ce, après avoir gratté au vif la partie du tronc destinée à être enterrée. D’apparence cruelle, cet écorchage est nécessaire pour que la plante donne naissance à des racines tout le long du tronc. En théorie, ces lésions pourraient être des portes d’entrée pour certaines maladies : dans les faits, cela n’arrive à peu près jamais.

Certaines violettes africaines ont un excès de feuilles qui leur donne la forme d’une pelote d’aiguilles. Cette surabondance nuit à leur floraison. Pour rétablir celle-ci, on enlèvera un anneau de feuille, c’est-à-dire une série de feuilles qui irradient à peu près à la même hauteur. Très visibles au début, les marques de ce prélèvement disparaitront complètement lorsque les feuilles du dessus se seront affaissées et que la plante aura retrouvé sa forme d’origine.

Doit-on parler à ses violettes africaines ou leur faire entendre de la musique classique ? Les violettes aiment l’humidité, la lumière et les sels minéraux dont elles ont besoin. Lorsqu’elles ont déjà cela, n’hésitez pas à leur parler si cela vous fait du bien à vous. Mais n’espérez pas qu’elles fleuriront davantage en réponse à l’amour que vous leur portez.

De plus, pendant des millénaires, les violettes ont proliféré sans l’aide de l’Orchestre symphonique de Tanzanie. Toutefois, elles étaient soumises aux vibrations de la nature et aux sons du chant des oiseaux : la musique classique jouerait-elle le même rôle ?

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14 — 1/100 sec. — F/4,0 — ISO 320 — 56 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La décriminalisation de la violence conjugale en Russie

Publié le 26 janvier 2017 | Temps de lecture : 2 minutes


 
En Russie, environ 36 000 femmes sont battues et plus de 9 000 meurent chaque année de violence conjugale. Dans 60 à 75% des cas, l’agresseur est en ébriété.

Par million d’habitants, on dénombre environ vingt fois plus d’uxoricides — c’est-à-dire de meurtre d’une épouse — en Russie qu’aux États-Unis.

On estime que 40% des crimes violents russes — dont sont victimes surtout des femmes, mais aussi des enfants — se produisent en milieu familial.

Lorsque ces conflits ne sont pas mortels, la police intervient rarement, jugeant cela comme une affaire domestique et reprochant aux plaignantes de vouloir laver leur linge sale en public.

Quand la police intervient, seulement trois pour cent des enquêtes ouvertes débouchent sur une plainte devant les tribunaux.

En raison de la promiscuité des personnes en conflit, il est fréquent que la violence conjugale dégénère. Conséquemment, la plupart des pays traitent ces affrontements en vertu du droit criminel plutôt qu’en vertu du droit civil (comme le sont les conflits entre voisins, par exemple).

En effet, en droit criminel, c’est l’État qui porte plainte, libérant la victime des pressions qui pourraient s’exercer sur elle afin qu’elle retire sa plainte.

Mais l’Église orthodoxe et les autorités politiques russes estiment excessif de criminaliser les parents consciencieux qui ont recours de manière ‘modérée et judicieuse’ à la force physique dans l’éducation de leurs enfants.

Au nom de la préservation des valeurs traditionnelles familiales, les députés russes ont adopté hier, par 385 voix contre deux, de décriminaliser la première condamnation pour violence familiale lorsque l’incident n’a pas entrainé d’hospitalisation.

La première conviction serait alors punie d’une amende de 500$ ou d’un emprisonnement de quinze jours. Toutefois, lorsque l’agression a entrainé des contusions ou des fractures osseuses, ou lorsqu’il s’agit d’une récidive, elle pourrait faire l’objet de poursuites criminelles si les forces de l’ordre le jugent approprié.

Références :
Domestic violence in Russia
La Russie dépénalise les violences domestiques pour éviter la « destruction de la famille »
Russia Moves to Soften Domestic Violence Law

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les repères nutritionnels français

Publié le 25 janvier 2017 | Temps de lecture : 7 minutes

Introduction

Depuis 1942, le gouvernement du Canada élabore une série de recommandations nutritionnelles appelée Guide alimentaire canadien. Sa dernière mise à jour date de 2007.

À l’origine, ce guide était élaboré exclusivement par des experts. La dernière version, née sous le gouvernement Harper, a été élaborée par un comité de douze personnes dont le quart étaient des employés de l’industrie alimentaire.

En France, le guide alimentaire porte le nom de Repères de consommations alimentaires (ou Repères nutritionnels). Ces repères sont spécifiquement adaptés pour chacune des catégories suivantes : les adultes, les enfants, les femmes enceintes, et les personnes âgées.

La plus récente mouture relative à l’alimentation des adultes a été remise aux autorités françaises le 12 décembre dernier et rendue publique hier. Près d’une centaine d’experts ont participé à son élaboration.

Elle tient compte des plus récentes connaissances scientifiques dans le domaine.

À privilégier : les céréales

La consommation de produits céréaliers complets diminue probablement les risques de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et de cancer colorectal.

On encourage donc la consommation de produits céréaliers complets sans fixer de quantité minimale quotidienne. Toutefois, la consommation de féculents raffinés est trop élevée et devrait être diminuée (pp. 29 et 52).

À privilégier : les poissons

La consommation de poissons diminue probablement le risque de maladies cardiovasculaires; un repas hebdomadaire diminuerait leur mortalité de 6% et chaque repas supplémentaire ajouterait un autre 4% de protection.

De plus, un tel aliment protègerait probablement contre la démence sénile.

Par contre, la consommation de poisson cuit à forte température, salé ou fumé, pourrait être associée à une augmentation du risque de cancer de la prostate.

Bref, on suggère la consommation hebdomadaire de deux repas de poissons, dont un de poisson gras (p. 52).

À privilégier : les légumineuses

Les experts jugent que la consommation moyenne actuelle de légumineuses est insuffisante et devrait être considérablement augmentée. Elle devrait être plurihebdomadaire (p. 52).

À privilégier : les fruits et légumes

La consommation de fruits et légumes diminue le risque de maladie cardiovasculaire. Sans être concluantes, les études suggèrent un effet favorable contre l’obésité, le cancer colorectal, le cancer du sein et le diabète de type 2.

Contre les maladies cardiovasculaires, les bénéfices sont observés dès la consommation d’une portion quotidienne (80g). Toute portion supplémentaire diminue le risque d’environ 4%.

On préconise la consommation quotidienne d’au moins 400g de fruits et de légumes, en privilégiant les légumes et les fruits frais (pp. 29 et 52).

À privilégier : les huiles riches en omégas-3

La consommation moyenne actuelle d’huiles végétales et de margarines pauvres en omégas-3 est trop élevée. Elle devrait être diminuée.

Au contraire, la consommation d’huiles végétales riches en omégas-3 — huile de canola (ou colza) et huiles de noix — devrait être considérablement augmentée, ce qui entrainerait une augmentation de la consommation totale d’huiles végétales.

Il est à noter que la ‘diète méditerranéenne’ (basée sur l’huile d’olive) est plutôt riche en omégas-6. Depuis des années, le Dr Richard Béliveau décrit les oméga-6 comme des substances inflammatoires, et les omégas-3 comme antiinflammatoires. Pour cette raison, l’expert canadien recommandait les huiles riches en omégas-3, une suggestion cautionnée par les experts français.

Pas de recommandation : les produits laitiers

La consommation totale de produits laitiers (dont le lait) diminue probablement le risque de diabète de type 2, avec une diminution du risque de l’ordre de cinq à dix pour cent pour chaque augmentation de 400g de produits laitiers par jour.

En ce qui concerne les différents produits laitiers, la relation semble mieux démontrée pour les yogourts, le fromage et les produits laitiers à teneur réduite en matière grasse.

La consommation totale de produits laitiers semble être associée à une diminution du risque de maladies cardiovasculaires mais à une augmentation du risque de cancer de la prostate.

Les experts européens évitent donc de faire des recommandations au sujet des produits laitiers, ce qui contraste avec les recommandations du Guide alimentaire canadien (pp. 30-1 et 53).

À limiter : toutes les viandes sauf la volaille

Sauf la volaille, toutes les viandes augmentent les risques de cancer colorectal. De plus, elles augmentent probablement les risques de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2. On les soupçonne d’augmenter les risques de cancer du sein et de la prostate.

On distingue les viandes transformées de celles qui ne le sont pas puisque les limites de consommation sont différentes.

Viandes transformées

Les viandes transformées sont les viandes qui ont subi une transformation — par le séchage, la salaison, la fermentation ou le fumage — dans le but d’améliorer leur conservation et/ou d’en développer les arômes.

Les viandes transformées comprennent le jambon, les saucisses, le bacon, les charcuteries, les pâtés, le bœuf séché, et les viandes en conserve.

Pour les viandes transformées, les études rapportent une augmentation statistiquement significative des risques au-delà d’une consommation quotidienne de 25g. Cette quantité devient donc la limite maximale recommandée (p. 28).

Viandes non transformées, sauf la volaille

On appelle ‘viande hors volaille’, les viandes rouges (bœuf, mouton, agneau, chèvre, cheval, bison, etc.), le porc et le veau. On suggère de limiter leur consommation à 70g par jour (p. 27).

Il est à noter qu’il est recommandé de limiter la consommation de viandes cuites à haute température (sur le gril, friture, etc.) et de varier les modes de cuisson. De manière générale, plus une viande est cuite à basse température, moins elle est nocive.

À limiter : les boissons sucrées

Les boissons sucrées comprennent les sodas sucrés (non édulcorés artificiellement) et les véritables jus de fruits, en passant par les nectars et les cocktails à base de jus.

Leur consommation augmente le risque d’obésité; chaque verre de boisson sucrée par jour est associé à une prise de poids de l’ordre de 200g par année.

Un verre par jour est associé à une augmentation des risques de maladies cardiovasculaires et de diabète de l’ordre de 20% par rapport à une consommation nulle.

La limite supérieure de consommation des boissons sucrées est fixée à 263 ml pour les hommes et 216 ml pour les femmes (p. 29).

Il s’agit d’une limite fixée sans grande conviction puisqu’il semble que le remplacement de toute boisson sucrée par de l’eau serait préférable.

À limiter : le sel

Les experts jugent insuffisante la baisse des teneurs en sel de certains produits alimentaires, en dépit des recommandations officielles adoptées depuis des années. On suggère l’adoption de mesures règlementaires afin d’obtenir une diminution de sel dans les aliments offerts aux consommateurs (p. 55).

Références :
Actualisation des repères du PNNS : révision de consommations alimentaires
Canada’s Food Guide is broken – and no one wants to fix it
Le Guide alimentaire canadien critiqué
Les guides alimentaires canadiens, de 1942 à 1992
Moins de viande, de sel, de sucre… les recommandations de l’agence sanitaire

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Cataloguer sa vidéothèque

Publié le 23 janvier 2017 | Temps de lecture : 5 minutes
My Videos Pro sur iPad

Est-ce que la taille de votre collection de DVD ou de Blu-Ray est telle qu’il vous arrive d’acheter un film que vous possédez déjà ? Ou d’en louer un déjà vu ?

Si tel est le cas, il vous faut l’application My Movies pour iPad, iPhone et Android. Cette application ne vous permet pas de visionner vos films mais sert seulement à les cataloguer.

Il en existe une version pour ordinateur mais c’est la version plus économique (à 10,99$Can) pour appareil mobile qui fait l’objet du texte que vous lisez.

Au départ, elle se présente comme une étagère vide. Pour ajouter un titre, on appuie sur un gros bouton gris situé dans le coin inférieur gauche de l’interface : deux autres boutons apparaissent alors afin de vous permettre de choisir entre l’ajout par lecture du code zébré ou par inscription manuelle.

Pour ce faire, il vous faudra être connecté à l’internet afin d’accéder à la banque de données colossale de l’éditeur danois. Des centaines de milliers de titres sont reconnus, tout comme plus d’un million de codes zébrés (afin de différencier toutes les versions commercialisées d’un même film).

Pour refléter vos doublons, vous pourrez inscrire la deuxième copie en choisissant une version possédant un code zébré différent même si ce n’est pas le cas.

Détail d’une fiche technique

Une fois le film reconnu, ses détails — image du boitier, nom du réalisateur et des acteurs, résumé du scénario, liste des suppléments, etc.— sont téléchargés automatiquement sur votre appareil et seront dorénavant disponible hors connexion.

Cela vous permettra de consulter la liste de vos vidéos dans la boutique où vous vous apprêtez à acheter ou à louer un film.

L’ajout par lecture du code zébré est extrêmement facile et vous permet d’inscrire un film en quelques secondes.

Ajout manuel

Pour l’ajout manuel, il suffit de taper le titre français ou anglais du film, ou n’importe quel mot qui en fait partie. L’application dressera alors la liste des boitiers qui correspondent à votre clé de recherche. Il vous suffira de choisir dans cette liste.

C’est ainsi que pour ‘Casablanca’, l’application vous offrira, au moment où ces lignes sont écrites, le choix entre neuf versions sur DVD et quatre versions sur Blu-Ray.

L’application reconnait non seulement les grands succès américains, mais également les séries télévisées qui ne sont disponibles qu’en Europe, les téléromans québécois, les opéras, les documentaires, etc.

De manière générale, l’application échouera à reconnaitre environ 2,5% des films. Le taux d’échec est plus élevé pour les films ou les séries télévisées étrangères qui n’ont jamais été distribués à l’international, pour les pièces de la Comédie française, et pour les documentaires ou les catalogues d’exposition qui ne sont disponibles qu’à certains sites touristiques.

L’application a tendance à classer vos films selon leur titre anglais. Cela est bien compréhensible lorsqu’il s’agit du titre original anglais. Mais cela arrive également pour des titres français qui ont connu une carrière internationale.

Lorsqu’on film est classé de manière inattendue, vous pouvez modifier sa fiche technique pour lui ajouter la clé de tri qui vous semble préférable. Le film apparaitra dorénavant là où vous l’attendez.

De plus, cette fiche technique renferme un champ appelé Groupe. Ce champ vous permet d’inscrite les films vus à la télévision ou au cinéma, ceux loués, etc.

L’application peut donc afficher tous les films que vous avez vus ou seulement ceux que vous possédez vraiment.

On passe d’une liste à l’autre par le biais la quatrième icône du coin supérieur droit de l’interface sur un iPad, ou à partir du premier sur un iPhone.

My Videos Pro sur téléphone multifonctionnel

Connectés à l’internet, vos différents appareils mobiles sont synchronisés à partir de la copie disponible sur le serveur de l’éditeur danois.

Par le biais du module de configuration, on peut s’expédier la liste de ses vidéos par courriel (en formats .txt et .csv) afin de l’imprimer à partir de son ordinateur. On peut également demander la création d’un rapport PDF à télécharger du site de l’éditeur afin de le distribuer à des amis.

Pour terminer, My Movies est disponible en version d’essai sous le nom de My Movies Free, limité à cinquante titres.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2
1re photo : 1/100 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 25 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,0 — ISO 640 — 25 mm
3e  photo : 1/640 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 25 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,0 — ISO 250 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La production canadienne de légumineuses

Publié le 20 janvier 2017 | Temps de lecture : 2 minutes

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture a déclaré 2016 l’année internationale des légumineuses.

Les légumineuses sont des plantes dont le fruit est une gousse contenant une ou plusieurs graines. Chacune de ces graines est formée de deux cotylédons hémisphériques ou aplatis.

La famille des légumineuses se divise en deux groupes distincts.

Les plus abondantes sont cultivées pour leur huile; ce sont le soya et l’arachide, considérés comme des oléagineux.

Les autres sont cultivées spécifiquement pour leurs graines. Ces dernières sont appelées légumineuses à grains : ce sont les gourganes, les haricots secs, les lentilles, les pois chiches et les pois secs.

Il se produit 300 millions de tonnes de légumineuses dans le monde, dont 70 millions de tonnes de légumineuses à grains.

Le Canada en est le deuxième producteur mondial, après l’Inde. Mais la production indienne ne suffit pas à satisfaire son marché intérieur. Voilà pourquoi ce pays n’est pas un concurrent du Canada; au contraire, c’est notre principal client.

De manière générale, les trois quarts de la production canadienne sont exportés.

Nous en produisons 5,6 millions de tonnes : 3,4 millions de tonnes de pois secs, 1,8 million de tonnes de lentilles, 278 milles tonnes de haricots et 131 milles tonnes de pois chiches.

La production canadienne se concentre en Saskatchewan (79,3%), suivie de loin par l’Alberta (16,2%), l’Ontario (1,8%) et le Manitoba (1,6%). La part du Québec est insignifiante (0,2%).

Références :
Cotylédon
Fabaceae
L’ONU désigne 2016 année des légumineuses
Pois cultivé
Production de blé canadien en hausse de 35 %

Source de la gravure : Delafosse G. Précis élémentaire d’histoire naturelle. 3e édition. Paris: Hachette, 1836.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La fable des amours du singe et de la biche

Publié le 17 janvier 2017 | Temps de lecture : 2 minutes

 

 
La semaine dernière, la nouvelle de l’accouplement d’un macaque et d’une biche sika a fait le tour du monde.

L’incident est survenu en novembre dernier sur l’ile romantique d’Yakusshima, en pleine saison de reproduction des macaques japonais.

Publiée dans la revue scientifique Primates, l’étude à ce sujet est signée par de sérieux chercheurs de l’université de Strasbourg et de l’université japonaise de Teikyo, témoins de la scène.

Selon les chercheurs, cette liaison d’une dizaine de secondes n’assurera pas de descendance ni à l’un ni à l’autre parce que les anatomies respectives des deux animaux ne permettent pas de pénétration.

Selon Radio-Canada, il s’agirait du quatrième exemple enregistré de relations sexuelles entre deux espèces différentes; dans les années 1990, un éléphant avait été vu tentant de s’accoupler avec un rhinocéros; en 2008, un chimpanzé avec une grenouille; et en 2014, un phoque avec un manchot empereur.

S’il m’est permis de passer sous silence le rôle des poupées gonflables, on me permettra de m’attarder sur le cas des chiots qui ‘zignent’.

Depuis des millénaires, tous les propriétaires de chiens savent qu’à l’adolescence, beaucoup de chiots ‘zignent’; ils se dressent sur leurs pattes d’en arrière pour frotter leurs organes génitaux sur la jambe d’un être humain, par exemple. Cela fait partie de la découverte normale de la sexualité chez les canins.

Cela m’est déjà arrivé lors d’un souper de famille où, malheureusement, aucun chercheur universitaire n’était invité.

Si cela avait été le cas, nos rapports sexuels auraient fait la couverture du Monde et j’en serais peut-être à conseiller les scénaristes d’un film de Walt Disney intitulé Le Bel et la Bête, dont la chanson-thème serait évidemment chantée par Céline Dion…

Références :
Interspecies sexual behaviour between a male Japanese macaque and female sika deer
Quand un singe tente de s’accoupler avec une biche
Un rapport sexuel entre un singe et une biche observé au Japon

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’éclairage urbain à DEL

Publié le 16 janvier 2017 | Temps de lecture : 8 minutes
© NASA — Vue aérienne de l’éclairage au sodium de la région métropolitaine

Introduction

Depuis 1990, les rues de Montréal sont éclairées la nuit par des lampes à sodium. Celles-ci émettent une lumière orangée.

Comme d’autres villes nord-américaines avant elle, Montréal songe à les remplacer par des lampes utilisant des diodes électroluminescentes (DEL).

Ce changement couterait environ 110 millions$ et s’effectuerait sur cinq ans.

Puisqu’il y a 110 000 lampadaires à remplacer, le cout unitaire du replacement serait d’environ mille dollars par lampadaire, ce qui comprend 500$ de main-d’œuvre pour effectuer l’opération.

Cela permettrait de réduire de moitié la facture d’électricité nécessaire à l’éclairage des rues et des trottoirs (estimée à 12,9 millions$ annuellement) en plus de réduire de 55% les frais d’entretien.

Sur vingt ans, cela représenterait des économies de 278 millions$… en supposant qu’une nouvelle technologie irrésistible ne vienne pas remplacer celle-ci dans l’intervalle.

DEL à 4000°K vs DEL à 3000°K

Les lumières à DEL qui se distinguent par la couleur qu’elles émettent. Tout comme un grand nombre de villes nord-américaines, Montréal s’apprête à se doter d’un éclairage urbain à DEL dites ‘blanches’.

Cette blancheur est très relative. La lumière des DEL à 4000°K — celles que se propose d’acheter la ville — est en réalité une lumière à 4075°K : cette température est presque identique à la température de la lumière de la lune (4100°K à 4150°K).

Les DEL à 3000°K — l’alternative proposée par ceux qui s’y opposent — émettent une lumière lugubre semblable à celle des lampes à sodium (2600°K, à gauche sur la photo ci-dessus). 3000°K correspond à la moyenne entre la lumière lunaire et celle des bougies (1850°K).

La nocivité de la lumière bleue

Toute la controverse relative à l’éclairage urbain à DEL repose sur la nocivité de la couleur bleue.

Celle-ci représente 29% de la lumière émise par les DEL à 4000°K et 21% de celle émise par les DEL à 3000°K.

En comparaison, les écrans des ordinateurs utilisés pour la retouche photographique sont calibrés à 6500°K et émettent environ 50% de lumière bleue.

Ceux qui s’opposent à l’achat des DEL blanches invoquent la mise en garde de l’Association médicale américaine (AMA) au sujet des dangers de l’excès de l’exposition à la lumière bleue.

En réalité, l’AMA n’a jamais pris position ni recommandé les DEL à 3000°K, contrairement à ce qu’affirment beaucoup de sites web.

L’imbroglio vient du fait qu’un comité de l’AMA a suggéré que cette association recommande un éclairage urbain à 3000°K ou moins.

Mais l’AMA a décidé de ne pas donner suite à cette suggestion, probablement parce que les preuves cliniques invoquées par ce comité concernaient les écrans d’ordinateur, les tablettes électroniques et l’éclairage domestique (lignes 27 à 29 du rapport) et non l’éclairage urbain à DEL.

Conséquemment, l’AMA a préféré déconseiller la luminosité intense de tout éclairage urbain riche en lumière bleue (high-intensity LED lighting).

Pour l’AMA, il faut éviter l’éblouissement (glare) par de la lumière bleutée. Ce qui tient compte à la fois de l’intensité lumineuse, de sa température et de la distance entre la source lumineuse et le sujet.

Dans les faits, les luminaires urbains provoquent rarement de l’éblouissement sauf lorsqu’ils sont placés trop près des citoyens ou lorsqu’ils sont trop puissants.

Synthèse additive vs synthèse soustractive

Sur une page blanche, si on pointe trois faisceaux lumineux, l’un rouge, l’autre vert et le dernier bleu, leur rencontre sur cette page créera un point lumineux blanc.

Par contre, si on prend trois crayons de couleur, l’un rouge, l’autre vert et le dernier bleu, et qu’on crayonne au même endroit sur cette page, on créera une tache brune.

Il existe donc une différence fondamentale entre la lumière en mode additif (celle des rayons lumineux) et la lumière en mode soustractif (celle des pigments des crayons de couleur).

Lorsque nous parlons d’éclairage urbain, nous devons donc distinguer les sources de lumière — qui sont en mode additif — des objets éclairés qui, eux, sont en mode soustractif.

La nuit, sur la rue, l’immense majorité de la lumière qui parvient à nos yeux est celle, indirecte, qui rebondit des objets éclairés par des luminaires et non, directement, de celle émise par ces derniers.

Spectre lumineux d’un DEL à 4000°K

La nuit, les objets blancs ou gris sont les seuls qui réfléchissent l’ensemble du spectre de la lumière blanche qu’ils reçoivent.

Par contre, un mur de brique sera foncé parce que ses pigments absorbent la lumière. Et il nous apparait rouge parce que la partie de la lumière qu’il réfléchit à nos yeux est essentiellement rouge.

Conséquemment, s’il est vrai que la lumière des DEL à 4000°K contient 29% de lumière bleue et que celle des DEL à 3000°K en contient 21%, cela n’est plus vrai de la lumière une fois réfléchie par les objets qu’ils éclairent.

À l’opposé de la lumière urbaine réfléchie la nuit par les objets, nous regardons directement une source lumineuse située à une courte distance lorsque nous sommes devant l’écran de nos ordinateurs.

En tenant compte de tout cela, la Direction régionale de santé publique concluait : « Étant donné que les citoyens passent une plus grande partie de leur soirée à l’intérieur qu’à l’extérieur de leur résidence, il est évident que l’exposition à la lumière bleue provenant des luminaires de rue DEL à 4000°K est minime.»

Essentiellement, la dangerosité des DEL à 4000°K est une légende urbaine; il n’existe aucune étude scientifique sérieuse qui prouve le danger chez l’humain de l’éclairage urbain par des DEL à 4000°K.

Ceci étant dit, il est raisonnable de présumer que la lumière bleue émise par les DEL affecte le cycle circardien comme le font d’autres sources lumineuses. Toutefois, on doit considérer que dans l’ensemble de notre exposition à la lumière bleue, les lampadaires y contribuent marginalement.

Les dangers de l’observation prolongée des sources lumineuses à DEL

Les luminaires bas (sous le feuillage des arbres, par exemple), représentent un cas particulier.

Là où on peut anticiper que des citoyens pourraient observer directement la source lumineuse pendant une période de temps prolongée (dans des parcs, sous des viaducs, etc.), il faut éviter à tout prix les luminaires omnidirectionnels.

L’ajout d’un rhéostat peut corriger l’éblouissement mais il ne corrige pas l’exposition rétinienne à la lumière bleue puisque la réduction de l’intensité lumineuse sera compensée par l’ouverture de la pupille de l’observateur.

La solution est de recourir à un éclairage indirect à DEL qui soit incapable de provoquer de l’éblouissement.

Dans le cas des parcs, il faut que l’observateur ne voit que la lumière réfléchie par une surface matte dont la couleur pourra être modifiée en fonction du pourcentage de lumière bleue qu’on veut lui faire absorber (Note : cliquez sur l’image ci-contre pour l’agrandir).

Dans le cas d’un viaduc, il suffit également d’un éclairage indirect et de peindre de la couleur appropriée le plafond du passage emprunté par les usagers.

Conclusion

Depuis des dizaines de milliers d’années, les êtres humains sont exposés la nuit à de la lumière réfléchie par la lune dont la température correspond grosso modo à celle émise par les DEL à 4000°K.

De leur côté, DEL à 3000°K émettent une lumière dont la couleur ne correspond à rien parmi les sources lumineuses naturelles.

Ceci étant dit, les quantités de lumière bleue émises par les DEL à 4000°K et à 3000°K sont dans le même ordre de grandeur.

Cette lumière est néfaste lorsqu’on regarde directement et longuement la source lumineuse. Mais cela n’a presque pas d’importance lorsqu’on regarde la lumière réfléchie par des objets usuels dans l’espace public.

En somme, l’important est moins la température de la lumière émise par les lampadaires que l’intensité et la manière dont ces derniers font rayonner cette lumière. Ce qu’il faut minimiser, ce sont les occasions où les citoyens regardent directement la source lumineuse.

Concrètement, pour l’immense majorité de la population, l’exposition à la lumière bleue par le biais des luminaires de nos villes représente moins de 1% de l’exposition par le biais des écrans de nos appareils mobiles.

Références :
AMA Adopts Guidance to Reduce Harm from High Intensity Street Lights
Color temperature
Éclairage de rue aux diodes électroluminescentes (DEL)
La lumière bleue est-elle dangereuse ?
La lumière bleue et notre santé
Lampadaires à DEL: sans danger à Montréal, écartés à Toronto
LED street light
Les ampoules DEL dangereuses pour les yeux?
Projet de mise à niveau de l’éclairage de rue à Montréal
Report of the Council on Science and Public Health

Paru depuis :
Lumière bleue et dégénérescence maculaire (2018-02-05)

Sur le même sujet :
Effets sur la santé humaine et sur l’environnement des LED
L’obsolescence de l’éclairage urbain
Toulouse, les économies d’énergie, et l’éclairage à DEL

Un commentaire

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le PQ et la francisation des immigrants

Publié le 13 janvier 2017 | Temps de lecture : 16 minutes

Introduction

Sur le site du Devoir et de Radio-Canada, on apprenait hier que le Conseil national du Parti Québécois présentera demain une nouvelle politique relative à la francisation des immigrants.

Deux fois par année, un Conseil national réunit deux délégués provenant de chacune des circonscriptions du Québec.

Cet hiver, les propositions présentées à cette réunion feront l’objet de discussions parmi les membres de chaque circonscription. Et s’il y a des amendements, ceux-ci seront soumis à un congrès en septembre 2017.

Les propositions, amendées ou non, deviendront alors la position officielle du Parti québécois.

Francisation des immigrants

Parmi les candidats à l’immigration, le PQ fait la distinction entre les travailleurs qualifiés et les réfugiés.

Les travailleurs qualifiés

Les dirigeants du PQ veulent que 100% des travailleurs qualifiés parlent français avant d’arriver au Québec.

En d’autres mots, avant de recevoir un certificat de sélection, le candidat à l’immigration et son conjoint doivent démontrer une connaissance intermédiaire ou avancée du français. Sinon, leur demande sera rejetée.

Ce faisant, le PQ s’inspire de la Grande-Bretagne. Dans ce pays, l’immigrant ne peut pas mettre le pied sur le sol britannique s’il n’a pas déjà la connaissance de l’anglais. De manière conséquente, un citoyen britannique ne peut pas faire venir son conjoint de l’Étranger si cette personne ne parle pas l’anglais.

Ce qui distingue le Canada de la Grande-Bretagne, c’est que la Cour suprême du Canada a déjà fait savoir — dans son jugement relatif aux écoles passerelles — que la réunification des familles est de la plus haute importance à ses yeux. Conséquemment, il est probable que les tribunaux canadiens invalideront tout refus d’accorder la citoyenneté à un conjoint pour des motifs linguistiques. Alors qu’en Grande-Bretagne, la Cour suprême de ce pays a déjà reconnu la validité du refus de permettre l’immigration du conjoint qui ne parle pas l’anglais.

Tout cela pour dire que le PQ a raison d’étendre l’exigence de la connaissance du français au conjoint du requérant.

En comparaison, la Coalition avenir Québec propose d’obliger tous les membres d’une même famille à suivre un programme de francisation une fois qu’ils sont accueillis au Québec.

L’idée est excellente. Malheureusement, elle est anticonstitutionnelle; la Canadian Constitution de 1982 consacre le droit absolu de tout citoyen canadien de s’assimiler au groupe linguistique de son choix. Or la célèbre cause du niqab nous a appris que même les immigrants reçus ont des droits constitutionnels. En d’autres mots, même si on n’est pas encore citoyen canadien, on est protégé par cette constitution dès qu’on est admis au pays, ce qui invalide la proposition de la CAQ.

Une fois au Canada, l’immigrant ne peut donc pas être forcé à parler français. Alors que, demeuré à l’Étranger, il ne peut invoquer les dispositions de la Canadian Constitution.

Les réfugiés

Il serait cruel d’obliger un requérant en danger de mort dans son pays à demeurer chez lui jusqu’à ce qu’il ait appris le français.

Dans le cas des réfugiés, ceux-ci seraient admis au Québec et rémunérés pendant plusieurs mois pour apprendre le français. Un échec n’entrainerait cependant pas leur expulsion (contrairement à ce que propose la CAQ).

Les propositions extramigratoires

Dans sa tournée des salles de rédaction et des médias, le chef du PQ a également présenté des éléments de la politique linguistique de son parti qui dépassent le cadre strict de la francisation des immigrants.

La francisation des petites entreprises

M. Jean-François Lisée a réitéré l’intention du PQ d’étendre l’obligation d’obtenir un certificat de francisation aux entreprises de 25 à 49 employés. Cette obligation existe déjà pour les entreprises de cinquante employés et plus.

Cette mesure ferait d’une pierre deux coups.

Elle créerait une incitation majeure à apprendre le français puisqu’il deviendrait à peu près impossible pour un immigrant qui ne connait pas le français de décrocher un emploi au Québec.

De plus, elle règle les difficultés des Francophones québécois à être servis dans leur langue au Québec. En effet, la grande majorité des plaintes à l’Office de la langue française relatives à la langue de service concernent des petites entreprises (notamment des restaurants) dont le personnel ne parle pas le français.

Le Parti libéral s’y oppose catégoriquement. Quant à la CAQ, elle préfère émettre le vœu que les entreprises s’y soumettent volontairement alors qu’elles ont déjà toute la liberté de se franciser volontairement.

Pas de diplôme universitaire sans connaissance du français

Selon M. Lisée, vingt pour cent des jeunes angloQuébécois se déclarent unilingues. Plus précisément, le pourcentage d’étudiants anglophones qui connaissent le français diminue progressivement de la fin du secondaire à la fin des études universitaires. Selon le chef du PQ, aux CÉGEPs et aux universités anglophones, les jeunes angloQuébécois désapprendraient le français.

Cet unilinguisme constitue un handicap sur le marché du travail et pousse ces jeunes diplômés à s’exiler à la fin de leurs études. Cela constitue un gaspillage des fonds publics puisque la société québécoise paie la grande majorité du financement de ces maisons d’enseignement et perd alors les fruits de cet investissement.

Au niveau des CÉGEPs anglophones, le PQ exigera que tous les finissants réussissent un examen de français avant de recevoir leur diplôme. Conséquemment, le français devient alors l’équivalent d’une matière obligatoire.

Au niveau universitaire, les choses se compliquent.

Les universités anglophones du Québec accueillent des centaines d’étudiants étrangers (notamment américains) qui viennent recevoir dans une institution comme McGill une formation de très grande qualité à un cout substantiellement inférieur à celui exigé par les universités de leur pays.

Chacun d’eux investit annuellement plus de 17 000$ dans l’économie québécoise sous forme de frais de subsistance, ce qui correspond à un investissement annuel de millions de dollars dans l’économie québécoise pour l’ensemble de ceux-ci.

Selon Radio-Canada, M. Lisée entend dialoguer avec les universités anglophones du Québec afin de les convaincre que tout étudiant d’origine québécoise doit être appelé à démontrer sa capacité de travailler en français dans son domaine pour obtenir son diplôme. Dans le cas des étudiants étrangers, ils se verraient plutôt proposer un cours d’initiation au français.

On peut présumer de l’enthousiasme des universités anglophones à servir de police de la langue pour le compte du gouvernement péquiste et leur motivation crépusculaire à séparer le bon grain québécois de l’ivraie étrangère. Je vois déjà les caricatures postées sur les médias sociaux montrant les étudiants universitaires angloQuébécois décorés d’une fleur de lis jaune brodée à la poitrine pour les distinguer des autres…

Pour ne rien vous cacher, je crois que cette proposition est superflue.

Étendre la Loi 101 à toutes les entreprises d’au moins 25 employés fera en sorte qu’il sera très difficile pour l’étudiant unilingue anglais de trouver un emploi d’été lui permettant de financer ses études. D’où une motivation nouvelle à maintenir ses connaissances du français.

Les stages scolaires dans l’autre langue officielle

Selon Le Devoir, pour contrer l’attrait du CÉGEP anglais chez les étudiants provenant des écoles francophones, les CÉGEPs français seraient appelés à leur fournir un parcours d’anglais enrichi qui pourra comporter une session dans un CÉGEP anglais.

Voilà une idée très intéressante.

De nos jours, la langue anglaise est l’équivalent de ce qu’était la langue romaine au sein du clergé chrétien du Moyen-Âge. La connaissance de l’anglais est un atout incontestable. Conséquemment, la grande majorité des parents québécois souhaitent que leurs enfants puissent comprendre et s’exprimer en anglais.

Pour répondre à cette préoccupation, le Parti libéral a décidé que la sixième année du primaire serait une année d’immersion en anglais pour tous les étudiants du Québec. Cette mesure rencontre d’énormes difficultés d’application.

Dans beaucoup de classes du Québec, un seul professeur est responsable de l’enseignement de toutes les matières en sixième année, sauf la gymnastique et peut-être l’enseignement religieux. Pour l’enseignant, il y a un gouffre entre s’exprimer en anglais et tout enseigner dans cette langue, ce qui signifie la maitrise de tous les termes techniques utilisés en physique et en sciences naturelles, par exemple.

Proposer que les élèves francophones effectuent un ou plusieurs stages dans un CÉCEP anglais — et réciproquement, un ou plusieurs stages des élèves anglophones dans un CÉGEP francophone — serait un moyen efficace de favoriser la cohésion sociale de tous les Québécois, peu importe leur langue d’origine.

Permettre l’école anglaise aux enfants des soldats canadiens

Selon ce que j’apprends de l’éditorialiste Michel David du Devoir, la CAQ aurait fait tout un scandale en 2013 dans la région de Québec (où elle est influente) à propos de la petite Sandra, la fille d’un militaire blessé en Afghanistan. Celle-ci faisait partie d’une poignée d’enfants de soldats francophones auxquels le gouvernement Marois voulait retirer le privilège de fréquenter l’école anglaise.

Pour la CAQ et ses partisans, les sacrifices consentis sur les champs de bataille justifiaient le privilège de se soustraire à une règle applicable à tous les autres francophones du Québec.

Dans un pays étranger, les envahisseurs se donnent tous les droits. Mais pas à leur retour dans leur pays d’origine.

Le principe fondamental de la Loi 101, c’est que seule l’école publique française est gratuite. Comme l’école publique italienne est la seule gratuite en Italie. Ou l’école publique allemande en Allemagne. Font exception à cette règle, les angloQuébécois qui ont le droit acquis et constitutionnel d’accéder à l’école publique anglaise.

Tous les autres parents — qu’ils soient francophones ou allophones — peuvent, s’ils le désirent, faire instruire leurs enfants en anglais à la condition que ce soit à leurs frais, c’est-à-dire en les envoyant à l’école privée anglaise. Mais il n’ont pas droit à l’école publique anglaise, réservée aux seuls angloQuébécois.

Le principe est simple; le peuple francoQuébécois refuse de financer sa propre extinction en payant l’école publique anglaise aux enfants des néoQuébécois.

Toutefois, en 1982, les provinces anglophones ont adopté la Canadian Constitution à l’issue d’une ultime séance de négociation à laquelle le Québec n’a pas été invité.

Depuis ce temps, tous les moyens sont bons pour tenter d’invalider des pans entiers de la Loi 101. Multiplier les cas d’exception — comme c’est le cas au sujet de ces militaires francophones — ne fait que donner des arguments à ceux qui soutiennent que la Loi 101 est une législation discriminatoire et injuste.

Le désir de M. Lisée de supprimer les irritants qui divisent les Québécois est légitime surtout, dit-il, lorsque cela ne concerne que très peu de personnes. C’est là une attitude pragmatique.

Toutefois, on doit réaliser qu’il existe une distinction fondamentale entre favoriser l’apprentissage d’une langue seconde par les étudiants francophones et autoriser la transformation d’un jeune québécois en citoyen anglophone. Je ne vois aucune raison de faciliter la tâche aux familles francophones qui veulent s’assimiler à l’anglais.

Qu’il s’agisse de trois enfants ou d’un demi-million de personnes, le PQ ne peut favoriser l’anglicisation du Québec. Cela est une hérésie idéologique.

Afin de favoriser l’élection du PQ, on peut transformer la Loi 101 en fromage gruyère parce que les sondages montrent que beaucoup de Québécois le souhaitent. C’est la stratégie adoptée lors de cette élection basée sur la Charte de la laïcité. Avec le résultat qu’on sait.

Une règle d’or en politique est de ne jamais saper sa base électorale. Or celle du PQ est composée de farouches défenseurs de la Loi 101. Il est donc préférable, même si le temps presse, d’entreprendre une campagne qui vise à transformer l’opinion publique en espérant recueillir les fruits de ce labeur aux prochaines élections.

Défendre ou promouvoir le français ?

Aux prochaines élections, les Québécois qui voudront chasser le Parti libéral du pouvoir auront le choix entre la CAQ et le PQ. Pour simplifier ce choix, le PQ devra se distinguer de cette formation politique.

Or la CAQ a pris un virage qui se veut nationaliste, dans le but évident de gruger la clientèle des Indépendantistes ‘mous’, tout en butinant les fédéralistes déçus du PLQ. Cette stratégie est brillante et sera gagnante si le PQ tarde à se décaquiser.

Le PQ a accompli un pas important dans cette voie en abandonnant sa charte de la laïcité.

Sur le plan linguistique, les mesures préconisées par la CAQ reposent sur la promotion de français sans l’assortir de mesures coercitives.

Nos amis angloCanadiens n’ont pas eu la naïveté de miser sur la séduction irrésistible de la langue de Shakespeare. L’anglais a été imposé aux Métis et aux minorités francophones du Canada par l’abolition des écoles françaises et la punition des écoliers qui parlaient français entre eux dans les cours de récréation. Quant aux peuples qui parlaient une langue autochtone, c’est le kidnappage de leurs enfants dans des pensionnats anglophones qui les a anglicisés.

Ceux qui veulent qu’on entreprenne une campagne de promotion du français oublient que des milliers de scénaristes, de cinéastes, de dramaturges, de comédiens, de paroliers, de chanteurs, de romanciers et de poètes s’affairent déjà depuis plus d’un siècle à faire aimer notre langue.

Si on tient compte des émissions de télévision et de radio, des films, des pièces de théâtre, des chansons, des romans, des bandes dessinées et des livres de poésie, le cout des moyens utilisés pour rendre notre langue attrayante peut être évalué à plusieurs centaines de millions de dollars annuellement.

Peut-on faire mieux ? Il serait tentant de répondre cette lapalissade selon laquelle on peut toujours faire mieux. Mais en réalité, nos créateurs sont déjà acclamés partout à travers le monde. Il nous faut donc reconnaitre qu’on pourrait difficilement faire mieux.

Pour une nation de huit-millions de personnes, cet effort promotionnel en faveur du français est herculéen.

Et pourtant, de 2006 à 2011 (date du dernier recensement publié), la proportion de Francophones a reculé de 1% sur l’ile de Montréal et presque autant dans ses banlieues.

Une telle diminution, en aussi peu de temps, est extrêmement préoccupante.

On juge un arbre à ses fruits. Le laisser-faire libéral mène directement à l’extinction du peuple francoQuébécois. Et les moyens incitatifs de la CAQ aboutiront au même résultat.

C’est cela qu’il faut démontrer aux Québécois et non occulter les menaces qui planent sur notre avenir par un discours jovialiste et faussement rassembleur.

Conclusion

À l’exception de l’anglicisation des enfants des militaires canadiens (un détail auquel je suis farouchement opposé), je partage les principales mesures proposées par la nouvelle direction du PQ.

Plus précisément, l’assujettissement de toutes les entreprises de 25 employés ou plus à la Loi 101 et l’adoption de la solution britannique en matière d’immigration sont deux mesures d’une redoutable efficacité pour stopper l’anglicisation de Montréal.

Justement pour cette raison, le PQ ne pourra pas échapper à la controverse. Toutefois, plus la CAQ criera au scandale, plus elle révèlera la superficialité de son virage nationaliste. Quant au PQ, il lui sera facile de rallier une bonne partie des Québécois francophones (notamment dans la région de Montréal) à l’importance de défendre le français.

Compte tenu du morcèlement des allégeances politiques, de nos jours, il n’en faut pas plus pour prendre le pouvoir.

Ceci étant dit, on doit se rappeler qu’une politique de francisation des immigrants n’est pas destinée à couvrir tous les aspects d’une politique linguistique.

La langue de travail, la langue de service et l’affichage commercial sont d’autres volets d’une telle politique. Or ils ne sont pas abordés ici ou ils le sont indirectement.

Si on passe sous silence certaines propositions extramigratoires controversées, la nouvelle politique de francisation des immigrants est la plus sérieuse et la plus efficace jamais proposée au sein de cette formation politique.

Références :
Cap sur la « francisation 100% » pour le Parti québécois
Données linguistiques de Montréal selon le recensement de 2011
Franciser sans diviser
Immigrants’ spouses must speak English before entering UK
La CAQ veut rendre la francisation obligatoire pour les immigrants
La Charte de la laïcité : un mauvais départ
L’augmentation des frais de scolarité
Le français en péril — Deuxième de trois volets
Le souvenir de Sandra

Parus depuis :
Laval s’anglicise (2018-01-16)
Un immigrant belge dénonce le recrutement à l’étranger du Nouveau-Brunswick (2018-04-25)
Quand il faut parler anglais pour travailler à Montréal (2021-03-10)
Augmentation des résidents non permanents dans les écoles anglaises (2021-03-19)
Une vision pour demain (2021-03-20)
La maîtrise du français, nouvel enjeu de management (2021-10-25)
Immigration Canada recrute des agents uniquement anglophones au Québec (2021-11-04)
La francisation des immigrants suffit-elle pour assurer la pérennité du français au Québec ? (2022-03-01)
Rejet des étudiants francophones : le ministre du Travail du Québec interpellé (2022-03-31)
Des élèves qui peinent à parler français malgré les classes d’accueil (2023-02-02)
Italian government seeks to penalize the use of English words (2023-04-01)

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à l’anglicisation du Québec, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La dette de l’État québécois

Publié le 11 janvier 2017 | Temps de lecture : 6 minutes


Avant-propos : À part sa conclusion, le texte qui suit s’inspire principalement d’un dossier publié dans l’édition de janvier 2016 du mensuel l’Action Nationale. Ce dossier fut écrit par l’économiste Louis Gill, professeur retraité de l’UQÀM.

 
Introduction

Selon une évaluation de l’économiste Pierre Fortin — professeur émérite en sciences économiques de l’UQÀM — le Québec serait un des États qui mènent les politiques d’austérité les plus sévères parmi les pays industrialisés.

Pour en arriver à cette conclusion, l’économiste s’est servi d’un indice obscur appelé ‘degré d’austérité’. Selon cet indice — dont on trouvera la définition technique à la fin du texte — seuls le Japon et l’Australie ont des politiques budgétaires plus austères que celles du Québec.

Il faut savoir que M. Fortin est un des experts qui furent consultés par le gouvernement Charest lors de la mise sur pied de la cure d’austérité infligée aux finances québécoises depuis le budget 2010-2011.

Indépendamment de la sévérité du remède, qu’en est-il du diagnostic ? En d’autres mots, le Québec est-il trop endetté ?

Dette selon différents critères

Également signataire d’un manifeste qui avait créé la controverse il y a une décennie (le Manifeste des Lucides), M. Fortin reconnait candidement aujourd’hui : « Je me suis rendu compte après ça que la dette de la province de Québec comptait pour 61% du PIB en 1995, mais qu’en 2009 elle était de 50%. On était un peu perdu avec les chiffres. Les méthodes comptables changent tout le temps, il faut dire. Mais ce sont ceux-là les vrais chiffres.»

Effectivement, une des raisons qui expliquent le caractère rébarbatif des discussions entre économistes, c’est qu’ils ne s’entendent pas.

Le but du présent texte est de présenter différentes évaluations à ce sujet et de déterminer si l’endettement du Québec est excessif.

Dette du gouvernement proprement dit

La dette brute du gouvernement est la somme des emprunts déjà contractés, des engagements courants (régime des retraites) et des comptes à payer. Si on lui soustrait les avoirs immobiliers de l’État, on obtient la dette nette, soit 186 milliards$ ou 50% du Produit intérieur brut (PIB).

La dette nette du Québec diminue. Depuis l’atteinte de l’équilibre budgétaire par le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard, cette dette est passée de 59% en 1997-1998 à 50% de nos jours, et ce en dépit des déficits encourus par l’État depuis la Grande récession de 2007-2008.

Dette du secteur public

Si on ajoute la dette d’Hydro-Québec, des écoles, des hôpitaux, des municipalités, et des universités, la dette totale du secteur public québécois passe à 271 milliards$ en 2015 (ou 73% du PIB). Cinq ans plus tôt, cette dette était de 222 milliards$ (70% du PIB). Depuis quelques années, cette dette s’accroit donc.

Dette comparative du Québec

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) regroupe 34 pays industrialisés. Elle possède sa propre manière de calculer l’endettement des États. Cette méthode commune permet de comparer les États entre eux.

Selon celle-ci, l’endettement du Québec est de 63% du PIB en 2015. Toutefois, cela ne tient pas compte de la part du Québec dans la dette canadienne. Or la dette nette du gouvernement canadien est de 687 milliards$ ou 36% du PIB du Canada.

Puisque l’économie du Québec représente 20% de l’économie canadienne, si on lui attribue vingt pour cent de la dette canadienne, la dette d’un Québec indépendant serait alors de 99,5% du PIB québécois de 2015, soit en dessous de l’endettement moyen des gouvernements centraux des pays membres de l’OCDE qui était de 114%.

Toutefois, on doit garder à l’esprit qu’on compare ainsi des pommes à des oranges. En effet, cela ne tient pas compte de la dette des länders, des provinces et des autres gouvernements régionaux de ces pays étrangers.

Si on tient compte de cela, la dette du Québec, même majorée de sa part de la dette canadienne, se compare avantageusement à l’endettement des pays membres de l’OCDE.

Conclusion

La dette nette du secteur public québécois est de 271 milliards$.

Imaginons que le Québec refuserait de respecter ses engagements et que ses créanciers saisissent ses biens; interdiction de circuler sur nos routes, fermeture des hôpitaux, des écoles et des universités, interruption du fonctionnement des centrales hydroélectriques et des usines de traitement des eaux potables, interruption du service de collecte des ordures ménagères, etc.

Combien serions-nous prêts à payer pour ravoir tout cela ? Si on nous demandait 271 milliards$, est-ce que notre réponse serait : « 271 milliards pour du vieux stock ? Non merci, on aime mieux tout refaire à neuf.»

La construction des nouveaux hôpitaux universitaires montréalais coutera sept-milliards$. Les nouveaux trains Azur du métro couteront 1,2 milliard$. Bref, refaire à neuf coute cher.

Les pays anéantis par la guerre en savent quelque chose. Là où tout est à refaire, les pays mettent des décennies à s’en remettre.

Alors que le Québec possède la maitrise des finances publiques et affiche des déficits modestes, il n’y a pas lieu de s’inquiéter de sa dette accumulée dans la mesure où elle est moindre que la moyenne de celle de nos partenaires commerciaux.


*— Degré d’austérité : Variation, d’une année à l’autre, du rapport entre la partie du solde budgétaire qui est sous contrôle gouvernemental et le niveau ‘normal’ du PIB.

Références :
Endettement et austérité au Québec
Hôpitaux universitaires montréalais: un prix réel de 7 milliards
Le Québec, un champion mondial de l’austérité
Les dix ans des Lucides — Un manifeste à réviser

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Écrit par Jean-Pierre Martel