Des pensées

Publié le 10 mai 2021 | Temps de lecture : 1 minute






 
Les pensées possèdent cinq pétales dont deux pétales supérieures souvent recourbées vers l’arrière. À cela s’ajoutent trois pétales inférieures (ici décorées de stries centrales en forme de moustaches) : celle du bas est la plus grande.

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-20
1re photo : 1/640 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 190 mm
2e  photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 300 mm
3e  photo : 1/400 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 300 mm
4e  photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 300 mm
5e  photo : 1/1000 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 180 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Covid-19 à l’école

Publié le 7 mai 2021 | Temps de lecture : 2 minutes


 
Sur les 8 892 personnes actuellement atteintes par le Covid-19 au Québec, 38,4 % sont des écoliers ou du personnel scolaire. Presque autant (34,0 %) sont des travailleurs exerçant ailleurs que dans réseau scolaire, et 27,5 % de la contagion est ailleurs.

On peut supposer qu’une partie des travailleurs ont été infectés à la maison par leurs enfants d’âge scolaire, et/ou vice versa.


 
En milieu scolaire, l’immense majorité des cas sont des écoliers. Leurs professeurs et le personnel de soutien comptent pour environ 18 % des personnes atteintes.

Il y a un peu plus de 3 200 établissements d’enseignement au Québec (publics ou privés). Le tiers d’entre eux ont officiellement des cas de Covid-19 parmi leurs écoliers ou leur personnel.

Sur les 1 126 écoles atteintes, 460 sont complètement ou partiellement fermées, soit une école sur sept.

Théoriquement, au fur et à mesure qu’on vaccine la population adulte, les jeunes devraient représenter une proportion croissante des cas actifs dans l’ensemble de la population.

Dans les faits, en nombres absolus, la contagion en milieu scolaire poursuit une courbe légèrement ascendante.

Références :
Compte Twitter de Patrick Déry
Contagion dans les écoles
Contagion des écoliers

Compléments de lecture :
Covid-19 : la vaccination des enseignants
Covid-19 : une rentrée scolaire idéale
Covid-19 à l’école : le CO₂ et la senteur des pieds

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : résultats des quatre premiers mois de la vaccination en Israël

Publié le 6 mai 2021 | Temps de lecture : 4 minutes

L’hebdomadaire médical The Lancet publiait hier les résultats de la plus ambitieuse campagne de vaccination réalisée contre le Covid-19, celle en Israël.

Du 24 janvier au 3 avril 2021, on y a administré les deux doses du vaccin de Pfizer/BioNTech à 72,1 % des citoyens israéliens âgés de 16 ans ou plus, ce qui correspond à 61 % de l’ensemble de la population du pays.

Au cours de cette période, c’est le variant ‘britannique’ (le B.1.1.7) qui devint la forme prévalente du virus en Israël.

L’étude n’est pas un résumé de quatre mois d’observation à la suite de la vaccination complète; elle porte sur les évènements qui sont survenus tout au cours de la campagne de vaccination chez ceux en attente d’être vaccinés, chez ceux qui n’avaient reçu qu’une seule dose et finalement chez ceux complètement immunisés (sept jours ou plus après leur deuxième dose).

Cette campagne de vaccination débuta le 20 décembre. Les toutes premières personnes à recevoir leur deuxième dose de vaccin l’eurent trois semaines plus tard, soit le 10 janvier. Et encore deux semaines plus tard, soit le 24 janvier, on commença la période d’observation.

La vaccination chevaucha en bonne partie un confinement national qui fut imposé du 27 décembre au 7 mars.

Au cours de la période d’observation, 232 268 personnes ont attrapé le Covid-19. Ce qui a nécessité l’hospitalisation de 7 694 d’entre eux (dont 4 481 gravement) et a entrainé 1 113 décès.

S’il est vrai que le confinement diminua la contagion dans l’ensemble de la population, cette diminution fut beaucoup plus importante chez les vaccinés.

Chez ces derniers, on observa une diminution de 91,5 % des infections asymptomatiques, de 97,0 % des infections symptomatiques, de 97,2 % des hospitalisations (dont 97,5 % des hospitalisations sévères) et de 96,7 % des décès.

L’effet protecteur du vaccin s’est étendu de manière semblable dans toutes les tranches d’âge.

Puisqu’une partie des infections sont survenues quand même chez des gens complètement vaccinés, doit-on présumer que ceux-ci peuvent transmettre le virus à d’autres ?

La majorité des personnes vaccinées qui ont attrapé le Covid-19 quand même l’ont eu sans le savoir, c’est-à-dire sans en éprouver de symptômes.

Or d’autres études ont démontré qu’en cas d’échec vaccinal, les personnes asymptomatiques ont une charge virale relativement faible dans leurs voies respiratoires supérieures, comparativement aux asymptomatiques qui n’étaient pas vaccinées.

En d’autres mots, chez l’ensemble des personnes contagieuses mais asymptomatiques, les vaccinés transmettent probablement plus difficilement l’infection à d’autres.

Dans une table à part, l’étude présente les effets protecteurs de la première dose.

Celle-ci entraina une diminution de 52,0 % des infections asymptomatiques, de 62,5 % des infections symptomatiques, de 75,7 % des hospitalisations (dont 75,6 % des hospitalisations sévères) et de 77,0 % des décès.

Toutefois, on doit préciser qu’il s’agit de la protection observée en Israël au cours de la brève période entre les deux doses.

On prendra soin de ne pas extrapoler ces résultats à la situation québécoise puisque si on allonge le délai entre les deux doses à trois ou quatre mois (comme au Québec), on augmente les occasions d’attraper le Covid-19, autant chez les personnes partiellement vaccinées que chez celles en attente d’un vaccin, sans savoir dans quelle mesure chez les uns et chez les autres.

Références :
Impact and effectiveness of mRNA BNT162b2 vaccine against SARS-CoV-2 infections and COVID-19 cases, hospitalisations, and deaths following a nationwide vaccination campaign in Israel
La plus grande étude en vie réelle confirme l’efficacité de deux doses de Pfizer
Supplementary appendix

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : choisir son vaccin

Publié le 5 mai 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

En Serbie, 51,8 % de la population a reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19.

Dans les centres de vaccination de ce pays, il y a plusieurs cubicules. Chacun d’entre eux porte le nom d’un vaccin ou d’un fabricant de vaccins (selon ce qui est le plus connu) : AstraZeneca, Moderna, Pfizer, Sputnik, etc.

Lorsqu’ils arrivent à l’un de ces centres, les gens sont libres d’aller vers le cubicule qui offre le vaccin de leur choix.

Depuis peu, aux États-Unis, l’offre de vaccins dépasse la demande.

Washington a créé un site web (vaccines.gov) qui permet aux citoyens américains de savoir quel centre de vaccination offre le vaccin qu’ils préfèrent.

Il suffit de préciser son code postal pour que le site indique là où prendre rendez-vous.

Ayant commandé à l’avance et reçu de grandes quantités de vaccins d’AstraZeneca (qui tardent à être autorisés dans ce pays), les États-Unis ont décidé de les expédier au Canada.

Très, très, très rarement, ce vaccin peut causer des accidents vasculaires.

Pour les écouler, on nous explique que recevoir ce vaccin est plus sécuritaire que de courir le risque d’attraper le Covid-19, que de prendre la pilule contraceptive, que d’être enceinte, etc.

On peut bien affirmer qu’il est moins dangereux de recevoir ce vaccin que de traverser la rue. Mais dans la vraie vie, qui a le choix entre se faire vacciner ou se faire écraser par une voiture ?

Le véritable choix est entre les vaccins entre eux.

À tort ou à raison, certaines personnes hésitent actuellement à recevoir le vaccin d’AstraZeneca. Heureusement, ce n’est pas le seul vaccin très efficace contre la pandémie.

Une fois que ces personnes se sont fait dire qu’elles ont tort de craindre ce vaccin, pourquoi s’acharner quand bien d’autres personnes seraient heureuses de le recevoir ?

Bref, la solution à la crainte vaccinale, ce n’est pas de forcer la main à ceux qui hésitent. C’est de comprendre leurs craintes et de voir comment atteindre l’immunité grégaire en dépit de leurs réticences.

S’il suffit simplement de leur donner un autre vaccin, cessons d’en faire un drame et respectons leur volonté.

Référence : Cumulative COVID-19 vaccinations per 100 people

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La nuit américaine

Publié le 3 mai 2021 | Temps de lecture : 1 minute
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Il y a près de cinquante ans, François Truffaut réalisait le film intitulé ‘La Nuit américaine’.

Ce titre fait référence à une technique cinématographie qui permet de tourner en plein jour des scènes censées se passer la nuit.

Il m’arrive souvent de prendre une photo qui me semble intéressante — sans être pleinement aboutie — et d’essayer d’en tirer tout le potentiel.

C’est ce que j’ai tenté de faire hier soir.

Ci-dessus, on peut voir le résultat final, caractérisé par son atmosphère mystérieuse. Mais comment était la version d’origine ?

Pour le savoir, on cliquera sur ceci.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 20 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : évolution en treize mois

Publié le 1 mai 2021 | Temps de lecture : 2 minutes

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.

Dans ce tableau, l’évolution en 2020 est montrée tous les quatre mois alors que pour 2021, l’évolution est représentée mensuellement.


Tableau comparatif des pays les plus atteints au premier jour de certains mois, en nombre de morts par million d’habitants

Pays Avr. Aout Déc. Jan. Fév. Mars Avr. Mai
Hongrie 2 62 516 1002 1304 1561 2177 2874
Rép. Tchèque 4 36 63 1093 1529 1909 2479 2733
Bosnie-Herzég. 1 100 833 1249 1445 1552 2044 2620
Bulgarie 1 56 583 1099 1322 1491 1927 2382
Macédoine du N. 6 237 860 1205 1376 1509 1829 2348
Slovaquie 0 5 158 412 863 1331 1793 2148
Belgique 73 849 863 1681 1815 1899 1979 2083
Slovénie 2 60 717 1312 1694 1854 1950 2048
Italie 206 581 933 1235 1471 1622 1819 2004
Brésil 1 440 815 916 1055 1198 1523 1901
Royaume-Uni 35 680 868 1089 1565 1805 1860 1870
Pérou 2 588 1087 1136 1239 1403 1561 1843
Pologne 1 46 465 766 984 1158 1419 1796
États-Unis 12 477 831 1074 1367 1586 1704 1776
Croatie 1 35 455 968 1236 1354 1460 1746
Espagne 194 608 973 1087 1263 1488 1615 1672
Portugal 18 170 449 685 1253 1607 1657 1669
Mexique 0 362 818 971 1222 1430 1567 1668
France 53 464 819 991 1171 1328 1468 1601
Roumanie 5 124 601 826 960 1065 1237 1474
Lithuanie 3 30 192 588 1046 1199 1330 1463
Moldavie 1 195 576 746 855 987 1242 1447
Colombie 0 203 723 850 1060 1168 1240 1446
Panama 7 335 709 935 1216 1341 1402 1426
Argentine 1 79 854 954 1062 1145 1229 1407
Arménie 1 253 739 953 1040 1077 1191 1391
Suède 24 568 671 861 1144 1265 1330 1384
Chili 1 498 804 868 965 1075 1213 1374
Québec 4 669 834 958 1157 1214 1246 1276
Suisse 54 229 568 882 1087 1148 1189 1221
Lettonie 0 17 111 343 641 866 1023 1145
Autriche 16 80 368 693 861 948 1036 1131
Bolivie 1 255 763 780 882 989 1041 1099
Liban 2 10 167 240 462 697 924 1074
Équateur 6 325 760 790 837 888 946 1048
Géorgie 0 4 327 634 802 884 950 1037
Ukraine 1 39 288 428 522 598 764 1021
Grèce 5 20 242 469 561 629 786 1007
Pays-Bas 68 359 550 672 817 908 965 1000
Allemagne 10 110 207 410 696 845 920 996
Irlande 15 357 417 453 667 868 945 984
Afrique du Sud 0 137 363 484 743 836 884 908
Tunisie 1 5 275 398 572 674 742 907
Paraguay 0 7 245 315 380 445 590 899
Estonie 4 48 93 180 324 451 684 878
Jordanie 1 1 273 376 422 460 675 862
Iran 37 202 576 655 686 710 740 849
Albanie 5 56 286 411 484 631 779 833
Uruguay 1 10 22 55 127 175 288 766
Russie 0 96 277 394 504 592 680 757
Serbie 3 67 189 373 463 512 614 733
Israël 3 57 313 365 524 626 676 692
Costa Rica 0 30 339 427 514 546 577 629
Palestine 0 16 144 273 354 396 510 625
Eswatini 0 37 104 185 492 558 571 573
Honduras 1 135 293 315 361 415 459 526
Turquie 3 67 164 248 307 337 374 476
RoC* 3 113 175 256 354 401 426 461
                 
Japon 0,4 8,0 16,9 27,4 45,3 62,5 72,7 81,1
Corée du Sud 3,2 5,8 10,2 17,9 27,8 31,3 33,8 35,7
Hong Kong 0,5 4,5 14,5 19,7 24,3 26,7 27,3 27,8
Singapour 0,5 4,5 4,9 4,9 4,9 4,9 5,1 5,3
Chine 2,4 3,3 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2
Taïwan 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 0,4 0,4 0,5
Vietnam 0,0 0,0 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.

En avril, les augmentations les plus importantes ont été rapportées en Europe Centrale et dans les Balkans (où le variant britannique continue de faire des ravages), de même qu’en Amérique du Sud : en Hongrie (+697), en Bosnie-Herzégovine (+576), en Macédoine du Nord (+519), en Uruguay (+478), en Bulgarie (+455), au Brésil (+378), en Pologne (+377), en Slovaquie (+355), et au Paraguay (+309).

L’Inde n’apparait pas dans ce tableau. En avril, le nombre (sous-estimé) de morts par million d’habitants est passé de 0,3 à 155.

Références :
Covid-19 : le nombre de cas en temps réel
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Données COVID-19 au Québec

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Histoire d’un fiasco – 3e partie : la lutte québécoise contre le Covid-19 en avril 2020

Publié le 30 avril 2021 | Temps de lecture : 5 minutes

Dans tous les pays occidentaux, les premiers cas de Covid-19 apparurent dans la deuxième moitié de février 2020. Officiellement, le premier cas québécois fut déclaré le 27 février 2020.

Le mois suivant fut celui des premières pertes de vie. Ce fut aussi celui de la commercialisation des premiers tests de dépistage.

Au 1er avril, le Québec comptait déjà trente-et-un décès causés par la pandémie. Cinq jours plus tard, il y en avait trois fois plus. Encore cinq jours de plus et le nombre triplait encore.

Si bien qu’entre le 1er avril et le 1er mai, le nombre cumulatif de morts était passé de 31 à 2 022 au Québec, soit une hausse de 6 522 % en un mois.

Le sommet de la première vague fut atteint au Québec au cours de la semaine du 26 avril.

Pendant ce temps, la Nouvelle-Zélande profitait de son confinement pour se lancer dans une recherche à grande échelle des foyers résiduels d’infection. Ce qui lui permit, en avril, d’éradiquer (ou presque) le Covid-19 de son territoire.

Mais ce ne fut pas le cas au Québec.

Les études ont démontré qu’au cours de la première vague, la population québécoise était celle qui, en Amérique du Nord, avait le mieux respecté les consignes sanitaires.

L’ampleur meurtrière de cette première vague est à la fois d’origine structurelle (résultant d’un sous-financement chronique de notre système de Santé) et causée par les choix des autorités sanitaires du Québec.

Voyons comment.

En raison de l’omerta instaurée par la réforme Barrette dans les établissements de Santé du Québec, l’hécatombe — qui frappait à plus de 80 % les pensionnaires de nos hospices — fut rendue publique lorsqu’il était déjà trop tard.

Les causes de cette hécatombe sont à la fois multiples et causées par le refus des responsables de la lutte sanitaire au Québec d’appliquer le principe de précaution :
• la négligence de se procurer de l’équipement de protection lorsque cela fut possible,
• l’interdiction de porter un masque pour certaines catégories d’employés,
• l’obstination à croire que seules les personnes symptomatiques sont contagieuses,
• l’obligation pour le personnel de travailler quand même dans l’attente des résultats d’un test de dépistage à la suite de l’apparition des premiers symptômes,
• les délais excessifs à obtenir les résultats d’un test,
• la difficulté d’effectuer une recherche de contacts lorsque ces délais s’allongent,
• le va et viens entre les zones très contaminées et celles qui ne l’étaient pas dans les établissements de Santé,
• le recours à des agences privés qui ont propagé la pandémie d’un établissement de Santé à l’autre.

Dès la mi-avril, la Santé publique avait perdu le contrôle, de même que l’espoir de maitriser la situation.

Voilà pourquoi les responsables de la lutte sanitaire annonçaient leur intention de laisser se développer l’immunité ‘naturelle’ au sein de la population québécoise.

En clair, cela signifie laisser les gens l’attraper. On a même poussé le zèle jusqu’à déconseiller l’adoption de mesures permettant réellement à la population de se protéger, notamment par le port du masque.

Aux yeux des autorités sanitaires, favoriser la contagion était devenu un mal nécessaire permettant de hâter le retour à la vie normale.

On s’y était résigné après un premier mois de confinement qui s’est avéré déprimant.

En effet, depuis le 13 mars, la population québécoise vivait confinée. En principe, rien n’est plus efficace qu’un confinement pour maitriser une pandémie.

Pourtant, de la semaine du 15 mars à la semaine du 12 avril, le nombre de personnes ayant attrapé le Covid-19 explosait de 558 à 19 528. Et le nombre de morts de 5 à 1 275. En quatre semaines…

Pressés d’expliquer cela, les autorités pouvait dire que la situation serait bien pire sans le confinement. Ce qui est évident.

Mais tout aussi évidente était l’insuffisance des mesures employées.

Convaincus que se battre contre cette pandémie, c’était comme vouloir arrêter le vent, les autorités sanitaires sont arrivés à la conclusion qu’il ‘faillait faire avec’.

Quand les gens qui sont payés pour nous protéger y renoncent, on a un sérieux problème.

Relayé par les experts médicaux qui œuvraient dans les médias, ‘laisser se développer l’immunité naturelle’ est aussitôt devenu une doctrine sanitaire alors qu’il s’agissait plutôt d’une capitulation.

(À suivre)

Références :
À la grâce de Dieu
Covid-19 : évaluation actuelle de l’importance des porteurs asymptomatiques
Covid-19 : Évolution en cinq jours
Covid-19 : la cigale québécoise
Covid-19 : l’art d’éviter 250 000 morts au Canada
Le cauchemar, revisité
Covid-19 : Les pays les plus touchés au 1er avril
Données COVID-19 au Québec
Legault mise sur l’«immunité naturelle» des Québécois

Parus depuis :
Réorganiser les soins de longue durée à la lumière de la pandémie (2021-04-30)
Les Québécois ont largement suivi les règles, révèle une étude (2022-02-10)
COVID longue : Des milliers de travailleurs de la santé atteints (2023-09-21)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : l’Inde et la démocratie

Publié le 29 avril 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

Ce sont les voyageurs internationaux qui ont répandu le Covid-19 en début de pandémie.

Et parce que l’immense majorité des gens qui vivent dans des pays pauvres n’ont pas les moyens de voyager à l’Étranger, ces pays avaient dès le départ beaucoup moins de foyers d’infection.

Aussi récemment que le premier de ce mois-ci, l’Inde comptait officiellement quinze fois moins de morts par million d’habitants que les États-Unis.

Les analystes se succédaient à la télé pour expliquer le ‘miracle indien’.

Essentiellement, il tenait à trois choses, disait-on.

Premièrement, ce pays possède une population plus jeune. Donc moins susceptible d’en mourir; l’âge médian y est de 28 ans.

Deuxièmement, ne pouvant s’offrir le luxe de la climatisation, des millions de personnes vivent dans des habitations bien aérées, où portes et fenêtres sont grandes ouvertes le jour. Ce qui empêche l’accumulation de particules virales en suspension dans l’air. D’autres travaillent aux champs ou dans des marchés publics.

Et dernièrement, l’Inde fait partie des pays où, très souvent, les habitations sont multigénérationnelles. Ce qui diminue les risques associés à la concentration de retraités dans un même lieu.

Mais voilà qu’un mois plus tard, on assiste à une augmentation fulgurante du nombre des décès.

Si bien que le ‘miracle indien’ fait place à un bien triste spectacle; des hôpitaux submergés, ces gens qui meurent à l’extérieur en attendant leur tour, des patients admis mais incapables de recevoir les soins appropriés, etc.

Qu’est-ce qui explique ce renversement de situation ?

Des élections municipales ont eu lieu tout le mois d’avril, attirant des foules impressionnantes formées de partisans enthousiastes.

De plus, les célébrations de la fête des couleurs (ou Holi), les 28 et 29 mars derniers, ont provoqué une exubérance qui n’était pas propice au respect des mesures sanitaires.


 
Même si le nombre de morts par million d’habitants est encore bien moindre qu’en Occident, ce ne sera plus le cas bientôt en raison de l’augmentation exponentielle du nombre des décès.

Il est difficile de ne pas faire de comparaison entre les deux pays les plus peuplés du monde; l’Inde et la Chine.

Je suis de ceux qui croient que le communisme, lorsqu’il entretient la solidarité, est plus apte à protéger la population de certains pays contre de grands périls.

Surtout quand on se rappelle que jusqu’à tout récemment, la plus puissante démocratie au mode était dirigée par une personne inapte à la fonction de chef d’État.

Référence :
‘We are not special’: how triumphalism led India to Covid-19 disaster

Paru depuis :
Le Covid-19 a fait entre 3,2 et 3,7 millions de morts en Inde, loin des chiffres officiels (2022-02-18)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Denis Coderre a-t-il du cœur ?

Publié le 28 avril 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

Comme dans bien d’autres villes, on trouve à Montréal des vagabonds qui squattent des habitations abandonnées ou qui dorment sous les ponts, sur des bouches d’aération qui évacuent l’air chaud du métro, le long des trottoirs du centre-ville, et çà et là sur des terrains vagues.

Depuis 2010, l’été venu, certains itinérants campent sur des terrains inoccupés le long de la rue Notre-Dame.

En ce début de printemps, leur nombre est encore restreint. Il devrait augmenter avec la saison chaude en raison de la crise du logement et de la difficulté de recueillir des aumônes dans un centre-ville déserté, en raison de la pandémie, par ceux qui normalement y travaillent.

L’ex-maire Denis Coderre a décidé de faire un retour sur la scène municipale dans l’espoir de remplacer celle qui lui a succédé, soit Valérie Plante.

Mais c’est mal parti.

Plus tôt cette semaine, l’ex-maire a annoncé son intention d’interdire le campement de la rue Notre-Dame. Sa solution ? Acheter des maisons de chambres (ou les louer à long terme) afin d’y loger les campeurs de la rue Notre-Dame.

Cette relocalisation serait associée à des mesures d’accompagnement destinées à les aider ‘à s’en sortir’.

Mais est-ce bien ce que ces gens veulent ?

Il existe déjà des refuges pour sans-abris. L’hiver, ceux-ci s’y réfugient afin d’être épargnés des rigueurs du climat.

L’été, une minuscule proportion des six-mille itinérants de Montréal — ceux qui ont les moyens d’avoir une tente — campent le long de la rue Notre-Dame. C’est la manière de vivre qu’ils ont choisie.


 
Ceux-ci se débrouillent par leurs propres moyens, sans dépendre des contribuables si ce n’est de l’occupation d’un terrain public.


 
Un bon samaritain (Guylain Levasseur) s’occupe de recueillir pour eux des dons et des aliments fournis par des épiceries du quartier.

Au grand air, leur risque d’attraper le Covid-19 est presque inexistant, contrairement à celui auquel ils seraient exposés dans les ghettos dans lesquels M. Coderre veut les contraindre.

La solution de M. Coderre consiste donc à imposer sa conception bourgeoise de la vie en société. Une conception où la pauvreté des autres doit être cachée parce que jugée offensante aux yeux d’une élite bienpensante.

Références :
Campements de fortune : Denis Coderre accuse Valérie Plante d’« inaction »
Coderre prône l’implantation de maisons de chambres
Les itinérants-campeurs de la rue Notre-Dame

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : la vaccination des enseignants

Publié le 27 avril 2021 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

À l’Assemblée nationale, il y a deux types de questions qui se distinguent par leur longueur.

Les questions principales peuvent durer jusqu’à 90 secondes. Chacune d’elles peut être suivie d’un maximum de deux questions complémentaires portant sur le même sujet : leur durée est limitée à 45 secondes.

L’extrait ci-dessous, survenu le 20 avril dernier, est à la fois instructif et caractéristique du dialogue de sourds qu’on peut souvent observer entre les parlementaires.

Cliquez sur l’image pour démarrer

La question principale

À sa question principale, le porte-parole de Québec Solidaire en matière de Santé expose les difficultés rencontrées par les enseignants à se faire vacciner.

Comme tous les travailleurs à plein temps, ils peinent à trouver un rendez-vous. D’où l’idée de sa formation politique d’offrir une pause-vaccin à tous les travailleurs (dont les professeurs) afin de leur permettre de se faire vacciner durant leurs heures de travail.

À juste titre, le ministre de la Santé lui répond que des pauses-vaccin ne règleraient pas le problème des professeurs puisque la pénurie d’enseignants est telle qu’ils seraient incapables de trouver un remplaçant.

Voilà pourquoi il est heureux d’annoncer que bientôt plus de plages horaires seront offertes le soir et les fins de semaine, permettant ainsi aux enseignants de trouver le temps de se faire vacciner.

La première question complémentaire

Le député profite alors du temps alloué pour sa première question complémentaire pour reprocher au gouvernement de prétexter une pénurie qu’il n’a pas su corriger pour ne pas vacciner les enseignants le plus tôt possible.

Visé par le reproche du député, le ministre de l’Éducation lui répond qu’une pénurie comme celle qui frappe depuis des années le milieu de l’éducation du Québec, cela ne se corrige pas du jour au lendemain.

La deuxième question complémentaire

C’est alors que le député de Québec Solidaire sort de sa manche un argument-choc; pourquoi le gouvernement accepte que des grandes entreprises privées vaccinent leurs employés au travail alors qu’il est incapable, en tant qu’employeur, d’offrir le même service à ses propres employés, notamment ses enseignants ?

Pris de court, le ministre de la Santé lui offre une réponse technocratique; le Comité d’immunisation du Québec (CIQ) a fixé des priorités. Les professeurs sont dans la catégorie 9. On les vaccinera lorsqu’on sera rendu là.

Commentaire

Si le ministre avait eu plus de temps pour y penser, il aurait pu répondre que si on envoyait des infirmières faire le tour des écoles, chaque infirmière pourrait vacciner tous les enseignants et le personnel de soutien en quelques heures.

Toutefois, sa productivité serait moindre puisqu’une partie de son temps serait occupée à se déplacer d’une école à l’autre. Alors que lorsqu’elle travaille dans un centre de vaccination, elle vaccine à répétition du matin au soir.

En d’autres mots, la suggestion de Québec Solidaire, excellent au premier coup d’œil, correspondrait à un ralentissement de la vaccination pour l’ensemble de la population.

Mais si le ministre avait répondu cela, on pourrait lui faire remarquer que si son ministère avait fait adopter un règlement de délégation d’actes qui autorise de simples préposés — formés rapidement mais adéquatement — à procéder à la vaccination, on n’aurait pas ce dilemme entre décider d’avoir une infirmière au centre de vaccination ou décider de l’avoir sur les lieux de travail.

On pourrait même déployer des équipes de vaccination sur l’ensemble du territoire plutôt que de les réserver aux grands centres urbains.

Je sais que le gouvernement déteste les ‘on-aurait-donc-dû’. Sauf qu’il s’agit ici d’une suggestion émise sur ce blogue voilà des mois, qui lui a été transmise, dont il a accusé réception, et qu’il a choisi d’ignorer.

Références :
Covid-19 : un plan d’éradication du virus
Covid-19 : une rentrée scolaire idéale

Complément de lecture :
Hommage aux professeurs d’école primaire

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel