La France rapatrie 129 tonnes d’or des États-Unis

Publié le 2 avril 2026 | Temps de lecture : 3 minutes


 
De juillet 2025 à janvier 2026, la Banque de France (BdF) a rapatrié à Paris tout l’or qu’elle entreposait depuis des années dans les voutes new-yorkaises de la Réserve fédérale américaine.

Plutôt qu’expédier par bateau une cargaison qui aurait valu une fortune, on a jugé plus prudent d’effectuer le transfert en deux temps. La BdF a d’abord vendu l’or entreposé à New York. Puis elle a racheté le même poids d’or sur le marché européen.

Ces nouveaux lingots représentent cinq pour cent de l’or de France, soit 19 tonnes sur 2 437. Le tout est dorénavant réuni à 27 mètres sous terre, dans un immense coffre-fort surnommé ‘La Souterraine’, situé dans le premier arrondissement de Paris.

Officiellement, cela avait pour but d’écouler de vieux lingots fondus à des époques où la purification de l’or était moins poussée qu’aujourd’hui. L’objectif de la BdF est de ne posséder que des lingots dont la teneur en or répond aux standards modernes les plus élevés (soit 99,5 % ou plus).

Après la mise à niveau de ces 129 tonnes, il en restera 134 autres, entreposées à Paris, qui ne sont pas encore aux normes de la BdF.

Depuis la saisie des avoirs russes en Occident, les banques centrales de l’Inde et de la Serbie ont rapatrié leurs réserves d’or. De son côté, la Chine a procédé à la vente partielle de ses bons du Trésor américain; ses avoirs ont baissé de 1 040 milliards$ au début de 2022 à 867 milliards$ un an plus tard.

Après la France, d’autres pays songent aussi à rapatrier leur or, dont l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie, et le Venezuela.


 
Autre signe de la dégradation de la confiance envers les États-Unis, les bons du Trésor américain à dix ans trouvaient preneurs en juillet 2020 avec un taux d’intérêt de 0,47 %. De nos jours, la Réserve fédérale américaine doit offrir des taux d’intérêt neuf fois plus élevés pour attirer des créanciers.

Références :
La Banque de France a vidé ses stocks d’or détenus à New York pour les conserver à Paris et a réalisé une juteuse plus-value de 13 milliards d’euros
La France a ramené tout son or des États-Unis
La France a rapatrié son or
La France rapatrie 129 tonnes d’or depuis les coffres américains
La Souterraine
L’or et la Banque centrale du Canada
Rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans
Réserves d’or par pays : le classement 2025

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’or et les indices boursiers

Publié le 25 octobre 2025 | Temps de lecture : 3 minutes

Introduction

En tant que liquidateur, j’ai eu à disposer des biens que ma mère nous avait laissés en héritage, dont plusieurs titres boursiers. L’essentiel de ceux-ci était des actions minières dont elle avait elle-même hérité de mon père.

Ma surprise fut de constater que ces impressionnants certificats — grands comme des napperons de table et richement décorés comme de vieux billets de banque — ne valaient rien. En effet, à l’épuisement de son filon, une mine déclare faillite en ne laissant derrière elle que, justement, des certificats sans valeur.

Le mirage des indices boursiers

Sous le titre ‘Pourquoi l’or n’est pas sans risque’, le quotidien La Presse publiait dimanche dernier un texte plutôt intéressant, mais dont l’extrait suivant m’a fait sursauter :

Selon [les calculs du professeur Jeremy Siegel, professeur émérite d’économie à l’Université de Pennsylvanie] 1 $ investi dans l’or en 1801 valait 127 $ en 2024. Mais 1 $ investi dans les actions américaines en 1801 valait 42 millions en 2024.

Cela est totalement faux; un dollar investi dans des actions américaines en 1801 ne vaudrait pas 42 millions en 2024, mais aurait été une perte totale. Et ce, pour une raison très facile à comprendre; aucune des compagnies qui existaient en 1801 n’est encore en activité 224 ans plus tard.

Le livre Stocks for the long run, écrit par le professeur Siegel, est basé sur la croissance des indices boursiers.

Le plus connu d’entre eux est l’indice Dow Jones. Trente compagnies en font partie.

Depuis sa création en 1896, sa composition a changé 59 fois. Car lorsqu’une compagnie ne ‘performe’ pas suffisamment au gout de ceux qui déterminent qui fait partie de l’indice, on l’expulse.

C’est ainsi que la compagnie Nortel — dont la valeur capitalisée comptait pour environ la moitié de l’indice boursier de Toronto — fut radiée de l’indice torontois avant même sa faillite en 2013.

En réalité, les indices boursiers sont l’opium de l’investisseur niais; ils servent à le rassurer autant que possible.

C’est d’ailleurs pourquoi les indices boursiers grandissent généralement bien au-delà de la croissance de l’économie. Ce qui prouve bien qu’ils ne sont pas le miroir de l’économie mondiale.

Conclusion

Un pays ne peut pas prospérer sans investissement. Voilà pourquoi les marchés financiers sont essentiels.

L’or n’est qu’une valeur refuge. Son prix croît depuis des siècles de manière beaucoup plus stable que les indices boursiers, sujets à l’éclatement de bulles spéculatives.

Actuellement, deux facteurs expliquent la popularité de l’or.

Premièrement, la crainte de l’éclatement d’une Troisième Guerre mondiale. Une crainte entretenue avec succès par certains dirigeants européens pour faire diversion de leurs problèmes internes.

Et surtout, le prix de l’or augmente en raison des achats massifs des banques centrales (sauf celle du Canada, qui s’obstine à ne pas en avoir du tout).

L’utilisation du dollar américain comme arme financière par Washington provoque ainsi une perte de confiance dans la devise américaine comme monnaie de réserve au profit d’autres devises et de l’or.

Références :
Historical components of the Dow Jones Industrial Average
L’or et la Banque centrale du Canada
Pourquoi l’or n’est pas sans risque
Stocks for the Long Run

Paru depuis : ‘The dollar is losing credibility’: why central banks are scrambling for gold (2026-01-16)

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Écrit par Jean-Pierre Martel