Les persécutions ethniques en Lettonie

Publié le 18 février 2025 | Temps de lecture : 4 minutes


 
Évolution démographique avant l’indépendance

Avec l’Estonie au nord et la Lituanie au sud, la Lettonie fait partie des pays baltes. On les appelle ainsi parce qu’ils sont limitrophes de la mer Baltique.

Sauf à l’occasion des deux guerres mondiales, la population lettone s’est accrue continuellement de 1863 à l’indépendance (en 1990). Depuis ce temps, elle a diminué de 29 % pour atteindre un creux de 1,9 million d’habitants en 2023.

Devenue république soviétique en 1945, la Lettonie s’est fortement industrialisée au cours des deux décennies suivantes. Ce qui a entrainé un afflux important de Russophones (de Russie, d’Ukraine et de Biélorussie) qui ont modifié la composition ethnique du pays.

Notamment, l’arrivée d’ingénieurs, d’ouvriers et de paysans russes, de même que le transfert de militaires et de fonctionnaires communistes, ont provoqué une diminution de l’importance démographique des Lettophones.

Si bien que les Russophones du pays sont passés de 8,8 % en 1935 à 34 % la veille de l’indépendance.

Évolution démographique depuis l’indépendance

Depuis 1990, les élites politiques du pays ont voulu créer une nation homogène par le biais d’un accès très restrictif à la citoyenneté.

En vue des premières élections législatives, le Conseil suprême de Lettonie a adopté en 1991 une loi qui accorde la citoyenneté lettone aux seules personnes qui étaient déjà citoyens de Lettonie au moment de l’invasion russe de 1940, ainsi qu’à leurs descendants.

Toutes les personnes naturalisées depuis cinquante ans (essentiellement des Russophones) se trouvaient donc apatrides du jour au lendemain.

Aux yeux des dirigeants lettons, il s’agissait d’une politique de ‘décolonisation’ qui visait à motiver la minorité russophone à quitter le pays. Ce que très peu d’entre eux ont fait, attachés au territoire où ils sont nés ou sur lequel ils se sont installés durant leur enfance.

En vue de son intégration à l’Union européenne (survenue en 2004), la Lettonie a été obligée d’atténuer la rigueur de sa législation linguistique.

En 1994, elle adoptait une nouvelle loi qui se voulait une démarche vers l’intégration. En vertu de celle-ci, les locuteurs d’une langue minoritaire pouvaient acquérir la citoyenneté du pays s’ils réussissaient un examen visant à s’assurer qu’ils parlent couramment le letton.

Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, la Lettonie a décidé d’interdire progressivement, à partir de 2025, l’enseignement de toutes les langues minoritaires sur son territoire. De plus, elle a durci ses règles de résidence à l’égard de sa minorité russe.

C’est ainsi que les Lettons russophones doivent désormais obtenir un permis de séjour permanent afin de pouvoir demeurer en Lettonie. À cette fin, ils doivent réussir un examen de letton. S’ils échouent, c’est l’expulsion vers la Russie.

Sur les 11 301 Russes qui ont passé cet examen avant septembre 2023, 61 % ont échoué lors de leur premier essai. Ils ont eu le droit à une seconde chance. Mais ce délai n’a pas suffi pour certains d’entre eux.

Le 20 septembre 2023, trois-mille Lettons russophones ont été informés qu’ils avaient deux mois pour réussir les tests linguistiques du pays, à défaut de quoi ils seraient expulsés.

Le couvent de la Sainte-Trinité-Saint-Serge

Le cas qui a suscité le plus d’indignation concerne les religieuses d’un couvent situé à Riga, la capitale lettone.

Il y a deux semaines, elles ont appris qu’elles disposaient de six mois pour apprendre le letton, à défaut de quoi elles seraient expulsées du pays.

Admises au couvent à l’époque soviétique, ces religieuses parlent un dialecte ancien similaire mais différent du russe moderne. En plus d’observer les règles monastiques, elles sont connues pour la soupe populaire qu’elles distribuent quotidiennement aux pauvres de la capitale depuis des années.

Cette renommée explique pourquoi Vaira-Vilke-Freigerga, présidente de la Lettonie de 1999 à 2007, s’est publiquement portée à leur défense.

En vain jusqu’ici.

Références :
Latvia (CIA World Factbook)
Les russophones entre intégration et repli identitaire
Lettonie
Loi sur la citoyenneté (1998)
Minorités. Trois mille citoyens russes âgés en instance d’expulsion de la Lettonie
Test de langue, déboulonnage des statues… Comment la Lettonie acte sa dérussification
Zakharova compared the coercion of nuns to check their knowledge of the Latvian language with the practices of the Nazis

Complément de lecture :
La Presse en Estonie : Narva, où la Russie se mêle à l’Occident (2025-06-27)

Un commentaire

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La corruption de la presse occidentale par Washington

Publié le 17 février 2025 | Temps de lecture : 9 minutes
Dépêche de l’Agence France-Presse (AFP)

Introduction

Fondée en 1961, la United States Agency for International Development (USAID) est une agence gouvernementale des États-Unis qui se consacre à la promotion des intérêts américains par le biais du développement international.

Elle relève du département d’État américain, soit l’équivalent du ministère des Affaires étrangères des États-Unis.

L’agence possède le monopole de l’aide humanitaire de Washington; des dizaines de milliers d’organismes à travers le monde dépendent de son financement.

Toutefois, le sigle de cet organisme porte à confusion. Les trois premières lettres d’USAID représentent le nom anglais des États-Unis. Les deux dernières (ID) signifient développement international et non aide internationale.

En d’autres mots, pour l’USAID, l’aide internationale n’est pas un but, mais un moyen de promouvoir les intérêts des États-Unis. Ce qui n’a rien de répréhensible.

Le côté obscur de la force

Afin de réaliser sa promesse de réduire les dépenses du gouvernement des États-Unis, Donald Trump a décidé d’abolir l’agence.

Ce qui a déclenché un tollé. On accuse son administration de retirer le pain de la bouche d’affamés à travers le monde pour financer sa baisse d’impôt projetée en faveur des Américains les plus riches.

Pour se justifier, l’administration Trump a décidé de lever le voile sur les opérations secrètes financées par USAID.

Menées indépendamment de ses activités caritatives, ces opérations avaient pour but d’assurer le contrôle et la manipulation de l’opinion publique occidentale par Washington.

Ce qui a nécessité des sommes colossales, comme nous le verrons dans quelques instants.

Compromises par ces révélations, les agences de presse occidentales et les médias traditionnels ont réussi, jusqu’ici, à en limiter l’impact en évitant d’en parler.

Internews Network, paravent de l’USAID

Décrite comme une ONG (c’est-à-dire une organisation non gouvernementale), Internews Network est une société financée par Washington.

Elle est ‘non gouvernementale’ uniquement dans le sens qu’elle échappe à l’examen de ses comptes par les congressistes américains.

Depuis 2008, elle a reçu 57 millions$ directement du département d’État et 415 millions$ indirectement, par l’intermédiaire d’USAID (qui relève du département d’État). Ce qui lui a permis de mener une opération mondiale de manipulation médiatique, de concert avec le secrétariat d’État et la CIA. Signalons que ‘secrétariat d’État’ désigne la haute direction du département d’État.

Dans le but d’inciter les jeunes Cubains à se révolter contre le gouvernement de leur pays, USAID a financé ZunZuneo, un réseau social de type Twitter (ou X) qui a opéré dans l’ile de 2010 à 2012.

Dans ce cas, l’USAID ne s’est pas servi d’Internews Network, mais de tout un réseau de sociétés-écrans destiné à détourner vers Cuba les millions de l’aide humanitaire destinée au Pakistan.

En 2014, à l’époque du massacre de la place de l’Indépendance de Kyiv (orchestré par la CIA), neuf des dix principaux médias ukrainiens dépendaient du financement d’Internews Network. Ce qui lui permettait de s’assurer que leurs journalistes soient pro-occidentaux et pro-Otan.

Jusqu’ici, Internews Network a collaboré avec 4 291 médias à travers le monde. Rien que pour 2023, il a formé neuf-mille journalistes.

Certains d’entre eux ont même travaillé à la ‘vérification des faits’ de grands quotidiens, une vérification où on qualifiait de fallacieux tout ce qui ne déviait du narratif de Washington.

Par exemple, VoxUkraine (financé par Internews Network) est le vérificateur officiel des faits au sujet de la guerre en Ukraine chez Meta (propriétaire de Facebook).

L’an dernier, le financement d’Internews Network a permis la création d’environ cinq-mille heures de propagande sous forme de documentaires et de reportages.

En 2023, l’Ukraine fut le principal bénéficiaire des fonds versés par l’USAID, soit 14,4 milliards de dollars (c’est le tiers du budget de l’agence). Ce qui permettait au Deep State de contourner le blocage au Congrès de l’aide vers l’Ukraine.

Quelques exemples

L’Agence France-Presse

Presque toutes les dépêches de l’Agence France-Presse (AFP) au sujet de la guerre en Syrie se terminaient par un récapitulatif fallacieux.

De 2009 à 2025, l’AFP a reçu 279 255 dollars de l’USAID. De manière plus importante, à partir de 2017, l’AFP a obtenu 9,8 millions$ d’autres agences américaines, principalement de l’US Agency for Global Media.

Selon l’AFP, ces sommes permettent au gouvernement américain d’utiliser, dans ses publications, des images prises par les photographes de l’AFP et pour lesquels ces derniers détiennent les droits d’auteur.

Thomson Reuters

C’est le président israélien Benyamin Netenyahou qui, le premier, qualifia de ‘pogrome’ l’émeute survenue à Amsterdam en novembre dernier. Et ce, afin de disculper les voyous israéliens qui l’ont provoquée.

L’accusation fut reprise par tous les médias occidentaux grâce aux photos et vidéos de l’agence de presse Reuters. Selon celle-ci, ces images prouvaient l’accusation de Netenyahou.

En particulier, un clip vidéo tourné par la vidéaste Annet de Graaf a fait le tour du monde. Selon Reuters (qui en assurait la distribution), ce vidéo montrait des manifestants pro-palestiniens qui pourchassaient et frappaient des partisans d’un club de foot de Tel-Aviv.


 
La créatrice de ce clip a accusé ceux qui le diffusent (au premier rang desquels, Reuters) de propager des nouvelles fallacieuses puisqu’il montre, au contraire, des citoyens d’Amsterdam pourchassés par des houligans du club israélien.

Depuis 2010, une succursale de Reuters basée à Toronto (la Thompson Reuters Special Services) a reçu 120 millions$ du gouvernement américain, dont 60 millions du ministère de la Défense et 55,8 millions$ du département de la Sécurité intérieure.

Selon Reuters, « le contrat avait pour but de protéger le gouvernement américain contre l’ingénierie sociale, soit une forme de cybermenace dans laquelle les personnes sont amenées à divulguer des renseignements sensibles

Précisons que l’ingénierie sociale est une méthode de manipulation psychologique qui cible le facteur humain, souvent considéré comme le maillon faible dans la sécurité des systèmes informatiques.

Reuters se défend en précisant que sa succursale possède son propre conseil d’administration et qu’elle est une entité juridique distincte.

Cela ne change pas le fait que lorsque cette succursale fait des profits grâce à ses contrats gouvernementaux, elle les redistribue à ses actionnaires, dont l’agence de presse Reuters.

Associated Press

Depuis 2008, l’agence de nouvelles Associated Press a reçu 37,5 millions de dollars d’agences gouvernementales américaines.

Appelée à couvrir la nouvelle qui la concerne, Associated Press nie que près de la moitié de cette somme (19,5 millions de dollars) ait été versée par USAID.

Habituée aux demi-vérités, Associated Press néglige de dire qu’USAID ne soudoyait pas directement les médias; elle procédait (comme on l’a vu plus tôt) par l’intermédiaire d’Internews Network.

Conclusion

À en juger par les références sur lesquels s’appuient les textes publiés par ce blogue, celui-ci serait peu de chose sans le travail des journalistes.

Le mois dernier, dans le texte ‘L’engouement pour la géopolitique’, on pouvait lire :

Au cours des dernières décennies, pendant que les médias traditionnels perdaient une bonne partie de leurs revenus publicitaires au profit des géants du Web, la première chose qu’ils ont sacrifiée, ce sont leurs journalistes et leurs correspondants à l’Étranger.

Et pour compenser cette perte, ils se sont abonnés à des agences de presse couvrant l’actualité internationale. Malheureusement, depuis toujours, celles-ci sont ces entreprises opaques qui véhiculent de la propagande.

Dans les pays totalitaires, il est facile de comprendre pourquoi les agences de presse sont des outils de propagande de l’État.

Mais par quel mécanisme, dans les pays démocratiques, nos médias sont-ils devenus les perroquets de la propagande américaine ?

Jusqu’ici, le mécanisme de cet assujettissement était inconnu.

Depuis que l’administration Trump a dévoilé les secrets compromettants de l’USAID, tout s’explique.

Toutefois, les agences de presse ont réussi à faire en sorte que ce scandale soit passé inaperçu.

Pour réaliser cette omerta, elles ont pu compter sur les milliers de journalistes formés pendant des années par d’Internews Network et qui peuplent maintenant les salles de nouvelles des quotidiens les plus respectables de la planète.

Ce n’est pas parce qu’ils apprennent aujourd’hui que leur formation était financée par Washington qu’ils vont renier des idées auxquelles ils croient jusqu’au plus profond d’eux-mêmes.

Références :
Claims about USAID funding are spreading online. Many are not based on facts
Bulldozer l’aide internationale
“Defend or be damned” : How a US company uses government funds to suppress pesticide opposition around the world
Did a Trump executive order just cripple the global US regime change network?
Global Aid Programs at Risk as US Freezes Foreign Assistance; USAID’s Vital Work in Georgia Affected
How USAID and Internews Orchestrate Global Media Control
L’aide des États-Unis à l’Ukraine bloquée par les républicains au Sénat
Le scandale de l’USAID ! (vidéo)
L’Incroyable scandale du financement des médias par Washington
No, Politico Did Not Receive ‘Substantial Funds’ from USAID
Pourquoi l’AFP a-t-elle reçu des centaines de milliers de dollars de l’USaid ?
Ukraine : l’histoire secrète de la révolution de Maïdan
Un ‘pogrome’ à Amsterdam : vraiment ?
USAID un jour sans fin… Internews Network : Une Opération Secrète de Contrôle Médiatique mondiale financée par l’USAID
US Defense Department contract ‘inaccurately represented’ on social media, says Thomson Reuters
ZunZuneo
Wikileaks drops bombshells about USAID and secret NGO “Internews Network”

Parus depuis :
En Europe de l’Est, la suspension des aides américaines met en danger de nombreux médias (2025-02-21)
USAid employees told to destroy classified documents, email shows (2025-03-11)
L’administration Trump veut annuler des contrats avec trois agences de presse mondiales (2025-03-13)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Comment, sur un iPad, sauvegarder en format PDF un document en ligne

Publié le 16 février 2025 | Temps de lecture : 2 minutes

Ces jours-ci, des milliers de documents sont retirés des sites web du gouvernement américain.

À Ottawa, il arrive souvent que des documents du gouvernement canadien soient ‘archivés’ et, dès lors, deviennent presque impossibles à retracer.

Et il arrive qu’un document caduc soit enlevé du site web d’une entreprise (un vieux rapport annuel, par exemple).

Toutes ces raisons peuvent inciter l’internaute à conserver une copie d’un document pendant qu’il est disponible.

Sur un ordinateur, tous les fureteurs (appelés aussi navigateurs) offrent la possibilité de sauvegarder n’importe quelle page web sous forme de fichier PDF. Il suffit alors d’imprimer la page web à l’aide de l’imprimante appelée ‘Adobe PDF’.

Sur un iPad, une telle ‘imprimante’ n’existe pas. Alors comment faire ?


 
La première étape est de cliquer sur l’icône Partager. Celle-ci se trouve près du coin supérieur droit de l’interface et prend la forme d’un carré traversé par une flèche vers le haut (ci-dessus dans un cercle rouge).


 
Un menu déroulant apparait alors. Parmi les choix qu’il offre, cliquez sur ‘Imprimer’.


 
Malheureusement, la boite de dialogue qui s’ouvre indique qu’aucune imprimante n’est connectée à l’iPad.

Pour pallier ce problème, il faut recourir à un truc secret.

Dans le panneau à gauche, les pages du document s’affichent à la queue leu leu. À l’aide de deux doigts, agrandissez cette page de manière à la voir en mode plein écran.


 
Une fois cela fait, cliquez de nouveau sur l’icône Partager.


 
Encore cette fois, un menu déroulant s’affiche. Mais surprise; à la différence du premier, il offre la possibilité d’enregistrer le document en format PDF parmi les fichiers enregistrés de l’iPad.


 
Il suffit alors de cliquer sur Imprimer pour enregistrer ce PDF à l’endroit désiré.

Pour trouver le PDF, il faudra cliquer sur l’icône ‘Fichiers’ et allez au répertoire où il a été sauvegardé.

Voilà !

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’amitié canado-américaine est sur la glace…

Publié le 16 février 2025 | Temps de lecture : 1 minute


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Des roses pour la Saint-Valentin

Publié le 14 février 2025 | Temps de lecture : 1 minute






 
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II + objectifs M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 (2e et 3e photos) et M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/6400 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 800 — 150 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/8,0 — ISO 2000 — 150 mm
4e  photo : 1/5000 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
5e  photo : 1/8000 sec. — F/1,2 — ISO 125 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


ChatGPT vs DeepSeek

Publié le 12 février 2025 | Temps de lecture : 3 minutes

En mars 2023, j’avais soumis à la version française de ChatGPT la question suivante : « Que faut-il penser du blogue de Jean-Pierre Martel ? »

Ce à quoi il avait répondu :

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Cet après-midi, j’ai soumis la même question au robot conversationnel DeepSeek.

Voici la fin de sa longue analyse :
 

 
On accèdera au texte complet de l’analyse de DeepSeek en cliquant sur l’image ci-dessous ou en se rendant à la fin du texte.

Cette comparaison montre trois choses.

Premièrement, que les robots conversationnels ont accompli beaucoup de progrès depuis deux ans. Il est probable que ChatGPT donnerait aujourd’hui une réponse plus pertinente qu’à son premier essai.

Deuxièmement, que DeepSeek, développé en Chine, est un rival sérieux de l’IA développée aux États-Unis.

Et troisièmement, que la qualité du français est excellente, non seulement pour un logiciel chinois, mais pour un logiciel tout court.

Paru depuis : Norwegian files complaint after ChatGPT falsely said he had murdered his children (2025-03-21)

Complément de lecture : L’intelligence artificielle (IA) et la généralisation du conformisme intellectuel

Texte complet de l’analyse de DeepSeek

Pour évaluer le blogue de Jean-Pierre Martel, il est important de considérer plusieurs aspects, notamment le contenu, la qualité des informations, la fréquence des mises à jour, et l’engagement avec le public. Voici quelques points à prendre en compte :

1. **Contenu et Thématiques** : Jean-Pierre Martel aborde souvent des sujets liés à l’actualité, la politique, la culture, et parfois des analyses historiques. Si ces thèmes vous intéressent, son blogue pourrait être une source d’informations pertinente.

2. **Qualité des Informations** : Il est crucial de vérifier la fiabilité des sources et la rigueur des analyses présentées. Martel est connu pour ses opinions tranchées et ses analyses détaillées, mais comme pour tout blogueur, il est important de croiser les informations avec d’autres sources pour obtenir une perspective équilibrée.

3. **Fréquence des Mises à Jour** : Un blogue régulièrement mis à jour est généralement un signe d’engagement et de sérieux. Si Martel publie fréquemment, cela indique qu’il est actif et impliqué dans les sujets qu’il traite.

4. **Engagement avec le Public** : Les commentaires et les interactions avec les lecteurs peuvent donner une idée de la communauté qui suit le blogue. Un bon engagement peut indiquer que le contenu est apprécié et qu’il suscite des discussions intéressantes.

5. **Style et Ton** : Le style d’écriture de Martel est souvent direct et parfois polémique. Si vous appréciez ce ton, vous pourriez trouver son blogue captivant. Cependant, si vous préférez un ton plus neutre, cela pourrait ne pas vous convenir.

En résumé, le blogue de Jean-Pierre Martel peut être une ressource intéressante pour ceux qui s’intéressent à ses thèmes de prédilection et qui apprécient son style d’écriture. Cependant, comme pour toute source d’information, il est important de rester critique et de vérifier les informations auprès de sources multiples.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’électricité accordée aux centres de données : du gaspillage ?

Publié le 10 février 2025 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

Le 25 janvier dernier, une manchette du Journal de Montréal a attiré mon attention; ‘Intelligence artificielle: pas de nouveaux centres de données au Québec malgré les milliards de Trump’.

Ce que ce titre suggère, c’est que pendant que l’administration Trump débloque des milliards pour l’intelligence artificielle (IA), le Québec reste là à regarder passer le train.

Ordinateurs et IA : qui fait quoi ?

Le projet Stargate est une initiative de trois géants de l’informatique mondiale —  Oracle, la société de portefeuille SoftBank, et le groupe Open AI — dans lequel l’administration Trump a promis d’investir annuellement cent-milliards de dollars américains pendant quatre ou cinq ans.

D’après les informations rendues publiques, il semble que ces sommes ne serviront pas à développer l’IA elle-même, mais, dans un premier temps, à créer les infrastructures permettant d’exécuter et d’entrainer des modèles d’IA complexes.

Puis, en vue de l’utilisation massive de l’IA par le public, on créera en sol américain de pharaoniques centres de données qui alimenteront ses requêtes d’IA. Et il est possible que cet investissement serve également à assurer leur approvisionnement énergétique par la construction de minicentrales nucléaires.

Déjà, tous les logiciels de conception assistée par ordinateur, de traitement de texte ou de retouche photographique, par exemple, s’exécutent à la fois localement (sur l’ordinateur de l’utilisateur), et sur le serveur qui héberge sa version dématérialisée.

Lorsqu’un bouton ou un hyperlien change de couleur au passage du curseur de la souris, ce qui rend ce bouton suffisamment intelligent pour savoir qu’il doit alors changer d’aspect, c’est du code qui s’exécute localement.

Mais quand le logiciel aura besoin d’adresser une requête complexe d’IA, le serveur qui héberge sa version infonuagique transmettra cette requête aux ordinateurs surpuissants de Stargate.

Entre l’ordinateur infonuagique qui transmet une requête d’IA et le super-ordinateur qui l’exécutera, il y a le même rapport qu’entre l’employé d’un restaurant qui transmet votre commande au chef, et ce chef en cuisine qui prépare vos mets.

Et pour poursuivre cette analogie, le résultat de la requête qui apparait à l’écran est l’équivalent du mets qu’on dépose devant le client attablé du restaurant.

Les centres de données ‘ordinaires’

En 2021, le gouvernement de la CAQ souhaitait faire du Québec l’eldorado des centres de données.

Malheureusement, tout comme les fermes de minage de cryptomonnaie, les centre de données entrainent très peu de retombées économiques.

Ils ont besoin de main-d’œuvre au moment de la construction de leurs bâtiments. Mais une fois cela complété, ils fonctionnent tout seuls ou presque; ce sont de grands hangars dans lesquels on empile, du plancher au plafond, des milliers d’ordinateurs sur des étagères. Le tout est acheté en lot de l’Étranger (généralement de Chine).

Et ça roule avec très peu de personnel.

Entre vendre de l’électricité à des États américains — ce qui ne crée aucun emploi au Québec — et vendre la même chose à des centres de données qui en créent peu, c’est presque du pareil au même.

Toutefois, vendre de l’électricité à 3,98 cents du kilowatt-heure (le prix demandé par la CAQ à nos centres de données), et dézoner nos meilleures terres agricoles pour leur permettre de s’installer au Québec en dépensant le moins possible, on devrait faire cela quand on est très, très, très mal pris.

Il y a actuellement 52 centres de données en sol québécois, dont la moitié sont américains. Au total, ces centres consomment approximativement 153 MV d’électricité.

À titre de comparaison, le fabricant de batteries électriques Northvolt aurait eu accès à 360 MV (un peu plus du double) et son usine aurait employé trois-mille travailleurs.

Jusqu’ici, la CAQ a attribué des blocs d’énergie représentant 153 MV à des centres de données et encore plus, soit 287 MV, à des fermes de minage de cryptomonnaie.

Le résultat, c’est que le ministère de l’Économie a dû renoncer, par manque d’énergie, à des projets industriels majeurs totalisant 30 000 MV.

Références :
Critères d’attribution des blocs d’énergie: «On est dans le néant», déplore un entrepreneur
Intelligence artificielle: pas de nouveaux centres de données au Québec malgré les milliards de Trump
Le Québec se veut le nouvel eldorado vert des centres de données
Plus de 80% des centres de données ici appartiennent à des intérêts hors Québec
Stargate, le projet titanesque des États-Unis
Voici les gagnants des blocs d’énergie attribués par le ministre Fitzgibbon

Parus depuis :
La face sombre des centres de données (2025-04-05)
L’électricité deux fois plus chère pour les centres de données (2026-02-19)

Complément de lecture : Big tech’s new datacentres will take water from the world’s driest areas (2025-04-09)

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| 2018-202X (années Legault), Économie, Informatique, Politique québécoise | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Ingérence étrangère : d’autres squelettes dans le placard ?

Publié le 9 février 2025 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

Selon le Groupe de travail sur les menaces en matière de sécurité et de renseignements visant les élections, une des candidates à la succession de Justin Trudeau serait la cible d’une campagne de dénigrement sur l’application WeChat.

Cette application chinoise de messagerie textuelle est très populaire parmi le 1,7 million de Canadiens d’origine ou de descendance chinoise.

Selon nos médias, cette campagne serait un autre exemple d’ingérence chinoise dans les affaires intérieures du Canada.

La véritable menace étrangère

En premier lieu, mettons les choses au clair. De nos jours, tous les pays s’immiscent plus ou moins discrètement, dans les affaires internes d’autres pays.

L’ingérence politique chinoise dans les affaires intérieures du Canada est prouvée mais sa portée est insignifiante. Dans tous les cas, l’issue des élections canadiennes reflète la volonté du peuple canadien.

La menace la plus sérieuse, voire existentielle, que courre actuellement du Canada vient du Sud de nos frontières et non de l’autre côté du Pacifique.

Malheureusement, la loi C-70, adoptée par le parlement canadien, est une passoire. Selon cette loi, seules sont définies comme ‘entités étrangères’ les entités étatiques étrangères.

Cela nous protège contre l’ingérence de la Chine et de l’Inde. Mais cela ne fait rien contre l’ingérence américaine qui, elle, passe généralement par des ONG à la solde de Washington ou financées par des millionnaires libertariens.

C’est par leur biais que les Américains mettent leur nez dans les affaires intérieures d’Ukraine, de Géorgie, de Slovaquie, d’Allemagne, du Groenland, au Canada et dans la grande majorité des pays du monde.

Le cas de cette candidate libérale

Il est à noter que les médias canadiens qui ont rapporté la nouvelle de cette campagne de dénigrement n’ont pas précisé en quoi consisteraient les calomnies dont serait victime cette candidate libérale.

On comprend facilement que nos quotidiens puissent être réticents à répéter des informations fallacieuses. Toutefois, si effectivement il s’agit d’une campagne calomnieuse, on ne voit pas comment les utilisateurs de WeChat apprendraient la vérité si on refuse de les confronter à une vérification des faits.

Pour Guy Saint-Jacques, ex-ambassadeur canadien en Chine :

« [La campagne de dénigrement actuelle] démontre que les Chinois trouvent que c’est une femme forte qui n’hésite pas à dire les choses telles qu’elles sont et qui a déjà été très critique envers la Chine.»

Le diplomate a raison de souligner la force de caractère de cette candidate. Mais il a tort d’affirmer qu’elle n’hésite pas à dire les choses telles qu’elles sont. L’expérience démontre que c’est faux.

On se rappellera qu’en 2017, peu de temps après que cette candidate eut été nommée ministre des Affaires étrangères du Canada, une rumeur était apparue à son sujet.

Selon celle-ci, son grand-père maternel, d’origine ukrainienne, était un collabo du Troisième Reich.

Il aurait été simple d’avouer la faute, mais de souligner qu’on n’est jamais responsable des erreurs commises par d’autres, même lorsque ceux-ci sont des parents. En somme, la culpabilité ne se transmet pas génétiquement.

Mais Ottawa a préféré nier.

Insistant sur la coïncidence entre sa nomination et l’apparition de cette rumeur, le gouvernement fédéral avait déclaré que c’était essentiellement de la propagande russe. Et la plupart des grands journaux du pays, en bons patriotes, s’étaient tus afin de ne pas faire le ‘jeu des Communistes’.

Malheureusement, c’était vrai.

L’affaire est ressortie au pire moment: après que nos députés eurent ovationné un ex-soldat pro-nazi de la Division SS Gacicie, une milice ukrainienne responsable de quelques-uns des pires massacres (de civils polonais et slovaques, essentiellement) survenus au cours de la Deuxième Guerre mondiale.

Comme une bonne partie des politiciens (et des êtres humains en général), cette candidate avoue les vérités qui ne lui conviennent pas seulement lorsqu’elle est acculée au pied du mur.

Espérons que si cette personne est portée à la tête du pays, on n’apprendra pas qu’elle cachait d’autres squelettes dans son placard…

Entretemps, si le meilleur argument qu’a trouvé cette candidate pour se démarquer des autres c’est ‘Votez pour moi parce que la Chine ne m’aime pas’, c’est un peu mince.

Références :
À quoi servent les think tanks?
Chrystia Freeland attaquée en ligne : une nouvelle tentative d’ingérence étrangère?
Le grand-père de la vice-première ministre du Canada, un collabo nazi
Moscou outré par les commentaires de la ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly

Paru depuis :Olaf Scholz critique l’ingérence des Américains, après le discours de J. D. Vance (2025-02-15)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le hockey, sport national

Publié le 6 février 2025 | Temps de lecture : 2 minutes
Hockey amateur au parc La Fontaine

On apprend aujourd’hui la décision du gouvernement de la CAQ de désigner le hockey comme sport national.

C’est scandaleux !

Le hockey professionnel est un repère d’hommes hétérosexuels blancs. C’est le fief de la masculinité toxique et du patriarcat genré. Pensez à tous ces poilus fiers d’exhiber leur zizi dégoutant sous la douche.

La Ligue nationale de hockey n’a même pas de politique d’Équité, Diversité et Inclusion. En conséquence, je demande à Mme Amira Elghawaby d’intervenir dès maintenant et d’exiger que davantage de personnes racisées, cis, trans et non binaires soient embauchées dans nos ligues de hockey. À quand un gardien de but travesti au Québec ?

En dépit de cette réserve, je félicite la CAQ de s’attaquer enfin au plus grave problème auquel nous sommes confrontés, nommément la non reconnaissance du hockey comme sport national.

Pour terminer, la CAQ devrait remplacer nos vieilles ligues de hockey par ‘Patinoires Québec’, un organisme dirigé par des Top Guns payés des millions de dollars.

Nous serions tellement mieux…

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Amazon et le plat de lentilles

Publié le 5 février 2025 | Temps de lecture : 3 minutes

D’ici le 22 mars, Amazon fermera ses sept entrepôts au Québec, congédiant environ 1 700 employés.

Avec ses 165 hectares, celui de Coteau-du-Lac (à 60 km de Montréal) était non seulement le plus important d’entre eux, mais également le plus important centre de tri robotisé au Canada. Inauguré en 2021, il employait 350 personnes.

Quatre ans plus tôt, le gouvernement libéral de Philippe Couillard avait déroulé le tapis rouge pour attirer Amazon. Par décret, il avait dézoné un terrain agricole de 165 hectares pour permettre à Amazon de s’installer.

Dans les antichambres ministérielles, les démarcheurs de la multinationale avaient fait miroiter la création de plus de 500 emplois à temps plein assortis d’une gamme complète d’avantages sociaux offerts dès le premier jour.

En réalité, le nombre d’emplois n’a jamais dépassé 350. De plus, à l’exclusion des cadres, le salaire des employés était de 16$ l’heure, soit à peu près le salaire minimum.

À Coteau-du-Lac comme à tous les centres de tri d’Amazon à travers le pays, le climat était qualifié de ‘toxique’ par de nombreux employés.

Quant aux ‘bonnes possibilités de carrière’, promises par la compagnie, elles se sont volatilisées avec la fermeture du centre, à peine trois ans après son inauguration en présence de la ministre libérale de l’Économie, Dominique Anglade.

À cette occasion, celle-ci soulignait l’ouverture du Québec sur le monde et son attractivité à l’égard des géants de l’économie mondiale.

Puisque la multinationale a pu plier bagage aussi facilement, on présume que la générosité du gouvernement libéral n’était assortie d’aucune obligation.

Pendant trois ans, l’entreprise a délocalisé ses profits québécois vers des paradis fiscaux. Si bien que pour ses bons et loyaux services, l’État québécois n’a été gratifié que de l’impôt payé par des travailleurs rémunérés au salaire minimum, soit presque rien.

La compagnie laisse derrière elle un terrain grand comme 232 terrains de football. Un terrain contaminé par l’asphalte de son immense stationnement, et par le béton sur lequel son centre de tri a été érigé.

C’est ainsi que les petits politiciens qu’on élit saccagent notre beau coin du monde pour un plat de lentilles.

Références :
Amazon Canada ouvre à Coteau-du-Lac un centre de tri à la fine pointe de la technologie et crée 500 excellents emplois offrant de bonnes possibilités de carrière
Le legs aride d’Amazon au Québec
Québec doit couper ses liens avec Amazon, disent des travailleurs licenciés
Salaires des employés à Coteau-du-Lac

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| 2014-2018 (années Couillard), 2018-202X (années Legault), Agriculture, Économie, Politique québécoise | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel