Déjà dix-millions de requêtes…

Publié le 2 juin 2021 | Temps de lecture : 2 minutes

Six mois après la création du blogue, celui-ci recevait une moyenne quotidienne de six demandes de consultation pour des articles ou des photos qui s’y trouvaient.

Au fil des années, l’intérêt pour le blogue s’est accru au point que depuis le 1er janvier de l’an dernier, la moyenne a été de 13 566 requêtes par jour. Au lieu de six requêtes par jour, il s’agit maintenant de six requêtes en moins de vingt secondes.

De jour comme de nuit, les serveurs qui hébergent mon blogue sont comme des ruches affairées, entre autres, à répondre à vos demandes.

Pour vous remercier de l’intérêt que vous portez à ce qu’on y trouve, j’ai décidé de vous offrir quelques-uns de mes fonds d’écran préférés. Ils sont offerts pour votre usage personnel, sans but lucratif.

La résolution de ces images est celle de mon MacBook Pro, soit 2880 x 1800 pixels.

Pour en télécharger une copie, cliquez d’abord sur l’imagette ci-dessous. Sa version en haute résolution apparaitra. Cliquez droit pour copier. Puis choisissez l’option Enregistrez sous… pour copier le fichier dans le répertoire approprié de votre ordinateur.

Cliquez sur une des imagettes ci-dessous pour l’agrandir

Autour d’un papillon Isabella et d’une hémérocalle ‘Gala Greetings’, les quatre villes représentées sont : un banc public à Lisbonne, une vue du Duoro (le fleuve qui sépare Porto de sa ville jumelle Gaia), l’édifice du Parlement finlandais, et l’oratoire Saint-Joseph de Montréal.

Donc, merci.

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (2e photo), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re, 5e et 6e photos), et M.Zuiko 40-150 mm + multiplicateur de focale MC-14 (3e et 4e photos)
1re photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
2e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 7 mm
3e  photo : 1/250 sec. — F/5,5 — ISO 800 — 210 mm
4e  photo : 1/500 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
5e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 12 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Quand Desjardins protégeait ses escrocs

Publié le 2 juin 2021 | Temps de lecture : 4 minutes
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Préambule

En 2013, par courrier recommandé, j’avais signalé à la direction du Mouvement Desjardins une fraude qui avait cours à sa filiale Desjardins Sécurité financière.

Je suggérais alors le congédiement des responsables, une suggestion à laquelle Desjardins ne devait donner suite qu’après que les fraudeurs changèrent de cible pour s’attaquer, non plus aux clients de Desjardins, mais à l’institution financière elle-même.

Ce qui était prévisible.

Entretemps, Desjardins fut condamné à payer plus d’un million de dollars de pénalités pour une fraude à l’assurance prêt étudiant et à payer 450 000$ pour une autre fraude, celle-ci à l’assurance vie épargne.

L’affaire du vol des données

Après avoir décelé des transactions suspectes et lui-même porté plainte à la police à la fin de 2018, Desjardins annonçait en juin 2019 avoir été victime d’un vol de données concernant huit-millions de ses clients.

Cette fraude, réalisée par des escrocs à son emploi, a occasionné des déboursés de cent-huit-millions de dollars par l’institution financière en frais juridiques, en services de surveillance et en protection contre le vol d’identité.

À ce sujet, le quotidien La Presse nous apprend aujourd’hui que si certains dirigeants de Desjardins avaient à cœur l’honnêteté de l’institution — notamment ceux qui ont porté plainte auprès de la police — d’autres se sont évertués à protéger les escrocs.

En 2018, les allégations contenues dans la plainte de Desjardins étaient suffisamment sérieuses pour que la police propose à Desjardins l’embauche d’une taupe.

Ce que la haute direction de Desjardins accepta, prévenue néanmoins de l’importance de conserver secrète l’opération policière et de protéger cette taupe de tout congédiement par un supérieur hiérarchique.

Mais entre la plainte à la police en 2018 et l’annonce publique du vol massif de données quelques mois plus tard, le policier-enquêteur avait suscité la méfiance des fraudeurs; c’était un senteux, quelqu’un qui ne se mêlait pas de ses affaires.

Dans les semaines qui ont précédé l’annonce publique, Desjardins avait effectué sa propre enquête interne. À cette occasion, les escrocs se sont empressés unanimement de faire porter le blâme à la taupe et d’insister pour son congédiement afin de s’en débarrasser.

Effectivement, afin de gagner leur confiance, la taupe avait elle aussi participé à la vente des données de Desjardins, une technique policière nécessaire afin d’infiltrer un groupe criminel opaque.

Même si la haute direction du Mouvement Desjardins savait que tout congédiement de la taupe risquait de compromettre l’enquête policière en cours, elle laissa ses supérieurs hiérarchiques le mettre à la porte.

Dans le cadre de ce congédiement, ceux-ci s’étaient adressés aux tribunaux afin de faire saisir du matériel que la taupe possédait chez elle.

Ces documents constituaient les preuves incriminantes qu’elle avait accumulées au cours de son infiltration.

Quand les policiers-enquêteurs voulurent avoir accès à cette preuve, le Mouvement Desjardins s’y opposa, invoquant le caractère ‘privilégié’ de ces informations. Ce qui retarda le travail des policiers.

Références :
Diagnostic — Les leçons du vol de données chez Desjardins
Gros train de vie pour des suspects liés à la fuite
Une culture de fraude bien ancrée chez Desjardins
VISA Desjardins et les pourrisseurs d’entreprise

Paru depuis : «Fraude du président»: poursuite de 1,5 million$ pour négligence contre Desjardins (2023-01-25)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35mm F/2,8 — 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 13 mm

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| Économie, Justice | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : évolution en quatorze mois

Publié le 1 juin 2021 | Temps de lecture : 2 minutes

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.

Dans ce tableau, l’évolution en 2020 est montrée tous les quatre mois (numérotés) alors que pour 2021, l’évolution est représentée mensuellement.

Tableau comparatif des pays les plus atteints au premier jour de certains mois, en nombre de morts par million d’habitants

Pays 04 08 12 Jan. Fév. Mars Avr. Mai Juin
Hongrie 2 62 516 1002 1304 1561 2177 2874 3088
Bosnie-Herzég. 1 100 833 1249 1445 1552 2044 2620 2842
Rép. Tchèque 4 36 63 1093 1529 1909 2479 2733 2808
Macédoine du N. 6 237 860 1205 1376 1509 1829 2348 2603
Bulgarie 1 56 583 1099 1322 1491 1927 2382 2569
Slovaquie 0 5 158 412 863 1331 1793 2148 2262
Brésil 1 440 815 916 1055 1198 1523 1901 2175
Belgique 73 849 863 1681 1815 1899 1979 2083 2145
Slovénie 2 60 717 1312 1694 1854 1950 2048 2105
Italie 206 581 933 1235 1471 1622 1819 2004 2090
Pérou 2 588 1087 1136 1239 1403 1561 1843 2077
Croatie 1 35 455 968 1236 1354 1460 1746 1968
Pologne 1 46 465 766 984 1158 1419 1796 1953
Royaume-Uni 35 680 868 1089 1565 1805 1860 1870 1873
États-Unis 12 477 831 1074 1367 1586 1704 1776 1834
Colombie 0 203 723 850 1060 1168 1240 1446 1738
Argentine 1 79 854 954 1062 1145 1229 1407 1728
Mexique 0 362 818 971 1222 1430 1567 1668 1717
Espagne 194 608 973 1087 1263 1488 1615 1672 1710
France 53 464 819 991 1171 1328 1468 1601 1677
Portugal 18 170 449 685 1253 1607 1657 1669 1674
Lithuanie 3 30 192 588 1046 1199 1330 1463 1591
Roumanie 5 124 601 826 960 1065 1237 1474 1588
Chili 1 498 804 868 965 1075 1213 1374 1523
Moldavie 1 195 576 746 855 987 1242 1447 1519
Arménie 1 253 739 953 1040 1077 1191 1391 1497
Panama 7 335 709 935 1216 1341 1402 1426 1456
Suède 24 568 671 861 1144 1265 1330 1384 1419
Québec 4 669 834 958 1157 1214 1246 1276 1311
Paraguay 0 7 245 315 380 445 590 899 1274
Lettonie 0 17 111 343 641 866 1023 1145 1274
Uruguay 1 10 22 55 127 175 288 766 1246
Suisse 54 229 568 882 1087 1148 1189 1221 1243
Bolivie 1 255 763 780 882 989 1041 1099 1229
Géorgie 0 4 327 634 802 884 950 1037 1206
Autriche 16 80 368 693 861 948 1036 1131 1172
Grèce 5 20 242 469 561 629 786 1007 1168
Ukraine 1 39 288 428 522 598 764 1021 1166
Équateur 6 325 760 790 837 888 946 1048 1153
Liban 2 10 167 240 462 697 924 1074 1138
Tunisie 1 5 275 398 572 674 742 907 1066
Allemagne 10 110 207 410 696 845 920 996 1063
Pays-Bas 68 359 550 672 817 908 965 1000 1027
Irlande 15 357 417 453 667 868 945 984 991
Estonie 4 48 93 180 324 451 684 878 948
Iran 37 202 576 655 686 710 740 849 945
Afrique du Sud 0 137 363 484 743 836 884 908 943
Jordanie 1 1 273 376 422 460 675 862 920
Albanie 5 56 286 411 484 631 779 833 853
Russie 0 96 277 394 504 592 680 757 835
Costa Rica 0 30 339 427 514 546 577 629 793
Serbie 3 67 189 373 463 512 614 733 789
Israël 3 57 313 365 524 626 676 692 688
Palestine 0 16 144 273 354 396 510 625 672
Honduras 1 135 293 315 361 415 459 526 632
Bahreïn 2 86 198 201 214 257 297 368 575
Eswatini 0 37 104 185 492 558 571 573 575
Turquie 3 67 164 248 307 337 374 476 560
RoC* 3 113 175 256 354 401 426 461 495
                   
Japon 0,4 8,0 16,9 27,4 45,3 62,5 72,7 81,1 103,6
Corée du Sud 3,2 5,8 10,2 17,9 27,8 31,3 33,8 35,7 38,3
Hong Kong 0,5 4,5 14,5 19,7 24,3 26,7 27,3 27,8 27,8
Singapour 0,5 4,5 4,9 4,9 4,9 4,9 5,1 5,3 6,0
Taïwan 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 0,4 0,4 0,5 5,7
Chine 2,4 3,3 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2 3,2
Vietnam 0,0 0,0 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,5

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.

En mai, les augmentations les plus importantes ont été rapportées en Amérique du Sud, particulièrement dans trois pays : en Uruguay (+480), au Paraguay (+375) et en Argentine (+321)

La contagion s’accélère lentement au Japon alors qu’elle diminue légèrement en Inde. Dans ce dernier pays, le nombre (sous-estimé) de morts par million d’habitants est passé de 0,3 à 155 en avril, et s’est accru de 86 morts supplémentaires par million d’habitants en mai.

Références :
Covid-19 : le nombre de cas en temps réel
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Données COVID-19 au Québec

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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| Covid-19, Santé | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Histoire d’un fiasco – 4e partie : la lutte québécoise contre le Covid-19 en mai 2020

Publié le 31 mai 2021 | Temps de lecture : 5 minutes

Décrété le 13 mars, le premier confinement du Québec porta ses fruits en mai 2020.

Entre le début et la fin de ce mois, le nombre de cas actifs passa de 5 956 à 1 861 par semaine (une diminution de 68,8 %) alors que le nombre hebdomadaire de morts chutait de 685 à 210 (soit 69,3 % de moins).

Cette tendance devait se poursuivre jusqu’à la levée presque complète du confinement, le 25 juin suivant.

Cela n’est pas surprenant; il est impossible d’attraper une infection contagieuse à laquelle on n’est pas exposé.

En premier lieu, le mérite de ce succès revenait au gouvernement caquiste qui avait un peu forcé la main à la Santé publique pour que ce confinement soit ordonné. Et deuxièmement, il revenait à la population québécoise puisque celle-ci était, en Amérique du Nord, celle qui avait le plus fidèlement respecté les directives sanitaires.

Mais un confinement est un exercice futile si on ne prépare pas le déconfinement.

Comme un feu de broussaille, dès que les flammes ont disparu, il faut éteindre les derniers tisons, c’est-à-dire les foyers résiduels d’infection.

Sinon, le feu reprendra dès qu’on aura tourné le dos.

Ce qui veut dire qu’il est essentiel de se préparer à tester toute la population, mettre en quarantaine les derniers cas décelés et, à partir d’eux, procéder à une recherche de contacts.

Malheureusement, la Santé publique ne s’est préparée à rien de cela.

Les pays d’Extrême-Orient ou d’Océanie qui ont réussi leur lutte sanitaire sont tous des pays qui, à l’aide de moyens rudimentaires — des scanneurs thermiques à défaut de tests qui n’étaient pas encore inventés — ont mis sur pied la ‘chasse’ permanente et systématique des personnes symptomatiques.

En Chine, en Corée du Sud, au Japon et au Vietnam, il était impossible de sortir de son domicile sans être scanné à tous les coins de rue par un préposé sanitaire. Et d’être intercepté si on était fiévreux.

Au Québec, les autorités sanitaires entrevoyaient le déconfinement comme un état où elles se contenteraient d’émettre passivement des directives et des recommandations censées encadrer le retour de la vie à la normale.

Le mois de mai est celui où le manque d’effectifs de la Santé publique (et la désorganisation qui en découle) fut le plus évident.

On en avait eu un indice en début mai quand Radio-Canada avait révélé qu’à l’occasion d’une éclosion dans une garderie de Mascouche — ouverte aux enfants de travailleurs essentiels — 12 enfants sur 27 avaient été contaminés, de même que 4 membres du personnel.

Ce qui est révélateur, c’est que le directeur de la Santé publique de Lanaudière lui-même était incapable de savoir précisément quand le premier cas avait été testé et après combien de jours on s’était rendu compte qu’il était positif.

Tout cela sentait l’amateurisme à plein nez.

Lors de ses conférences de presse, la ministre de la Santé, Danielle McCann, affirmait catégoriquement que les personnes testées obtenaient leur résultat en moins de 24 à 48 heures, ce que contredisaient à répétition les journalistes.

À l’époque, la Santé publique souffrait encore de la centralisation excessive des tests de laboratoire découlant de la réforme Barrette.

Ce que la Santé publique disait à la ministre — et que celle-ci répétait convaincue qu’il s’agissait de la vérité — c’est que le laboratoire provincial de la Santé publique effectuait les tests en 24 à 48 heures.

Mais cela était de la réception du prélèvement à la fin du test.

Cela ne tenait pas compte du temps d’acheminement de l’échantillon (variable selon les régions) ni du temps pour communiquer les résultats à l’infirmière ou au médecin ni le temps pour que le patient en soit informé.

Dans des cas extrêmes, les personnes testées pouvaient attendre presque deux semaines avant d’obtenir les résultats de leur test.

Selon les journalistes, la moyenne, très variable, tournait aux alentours de cinq jours.

Or, entre le moment de la contamination et le moment de l’apparition des symptômes, il s’est déjà écoulé préalablement quatre à cinq autres journées.

Ce qui signifie que lors de la recherche de contacts, les personnes interrogées devaient se souvenir des gens rencontrés il y a une dizaine de jours.

Ces retards rendaient impossible la recherche de contacts.

Dans toute l’histoire de cette pandémie, la Santé publique du Québec n’a jamais cherché à savoir quels étaient les délais d’attente de la population pour obtenir les résultats de leur test.

En conséquence, les autorités sanitaires ne se sont pas préparées au déconfinement qui allait suivre au cours du mois suivant.

Ce qu’on qualifiait pompeusement de dépistage ‘massif’, c’était tester 0,16 % de la population québécoise par jour. Moins du cinquième d’un pour cent. Une farce.

Quant à la recherche de contacts, les préposées s’arrachaient les cheveux à essayer de faire leur travail.

Bref, la lutte sanitaire du Québec contre la pandémie, c’était comme vouloir repousser des chars d’assaut ennemis avec de l’eau bénite et des tire-pois (appelés sarbacanes en France).

(À suivre)

Références :
Covid-19 : les bonnes nouvelles de l’université Colgate
Covid-19 : le test de la réalité
Éclosion de COVID-19 dans une garderie de Lanaudière
Données COVID-19 au Québec
Le dépistage ‘massif’ du Covid-19 au Québec : une plaisanterie

Pour consulter tous les textes de la série sur l’histoire de la lutte québécoise contre le Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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| Covid-19, Histoire d’un fiasco, Santé | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le dynamisme de la publication électronique

Publié le 30 mai 2021 | Temps de lecture : 2 minutes

Entre autres choses, l’internet est un mode de communication.

On avait déjà l’écrit, l’imprimé, la radio et la télévision. Et maintenant s’ajoute l’internet.

Sa principale différence est qu’il s’agit d’un mode de communication dynamique.

On ne peut pas reprendre une parole malheureuse : on peut simplement s’en excuser.

De la même manière, il est impossible de modifier le titre d’un livre déjà imprimé. Toutefois, on peut le faire à l’occasion d’une réédition.

Beaucoup de grands romans du XIXe siècle ont paru originellement sous forme d’un feuilleton publié dans un quotidien.

Entre le feuilleton et le livre imprimé, l’auteur en profitait pour corriger, ici des coquilles typographiques, là un paragraphe écrit à la hâte qui s’avérait en deçà de ce qu’il aurait dû être.

Et aucun d’eux ne sentait le besoin de publier un avertissement prévenant les lecteurs des changements apportés depuis le feuilleton.

Si les changements étaient substantiels (comme l’ajout d’un ou de plusieurs chapitres), les lecteurs se réjouissaient de voir que le roman était encore plus intéressant que le souvenir qu’ils en avaient conservé.

Sur l’internet, tout cela se fait plus facilement.

C’est ainsi que ‘Les infrarouges couleur’, publié il y a quatre jours, est devenu depuis ‘L’infrarouge pamplemousse rose’, un titre plus précis, accompagné d’un texte amélioré.

À mon avis, il serait condamnable de modifier un texte pour lui faire dire à postériori le contraire de ce qu’il disait à l’origine.

Mais retoucher superficiellement un texte, voire y ajouter un argument auquel on n’avait pas pensé, c’est assumer le caractère dynamique de la publication électronique.

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| Informatique, Prose | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La botanique au Daguerréotype

Publié le 29 mai 2021 | Temps de lecture : 2 minutes
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Pivoine herbacée hybride ‘Golden Angel’
Mélèze laricin
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Le Daguerréotype Achromat 64mm F/2,9 Art Lens (quel nom !) est la version moderne d’un objectif mis au point en 1839 par l’opticien Charles Chevalier pour le compte de l’inventeur Louis-Jacques-Mandé Daguerre.

Tout comme l’original, cet objectif manque de netteté.

Mais ce défaut est une qualité qui est recherchée par ceux qui apprécient le halo romantique qui redonne de la splendeur aux vedettes d’antan dont les charmes se sont évanouis sous les assauts du temps.

Iris des marais

En photographie, l’équivalent de l’iris occulaire s’appelle le diaphragme. Le daguerréotype en est dépourvu.

Pour réduire la quantité de lumière qui atteint le capteur de l’appareil photographique, on glisse une plaque trouée dans une fente située sur le dessus de l’objectif.

L’ouverture de cette plaque peut être circulaire ou emprunter une forme de fantaisie.

Dans le cas de toutes les photos publiées aujourd’hui, cette ouverture était en forme d’étoile.

Le résultat est que les taches de lumière en arrière-plan empruntent la forme de cette étoile, comme on peut le voir nettement dans cette dernière photo, prise devant un plan d’eau scintillant au soleil.

Compléments de lecture :
Le Daguerreotype Achromat 64mm F/2,9 Art Lens
L’histoire de la Fleur de Lys

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif Daguerréotype Achromat 64mm F/2,9 Art Lens
1re photo : 1/640 sec. — F/4,5 — ISO 200 — ? mm
2e  photo : 1/3200 sec. — F/4,5 — ISO 200 — ? mm
3e  photo : 1/500 sec. — F/4,5 — ISO 200 — ? mm
4e  photo : 1/640 sec. — F/4,5 — ISO 200 — ? mm
5e  photo : 1/2000 sec. — F/4,5 — ISO 200 — ? mm

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| Botanique, Fleurs | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Des pensées pour mon père

Publié le 28 mai 2021 | Temps de lecture : 1 minute
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Les pensées étaient les fleurs préférées de mon papa.

Peut-être par esprit de contradiction, elles ne m’ont jamais vraiment intéressé… jusqu’à ce que je les regarde d’un peu plus près.

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150 mm F/2,8
1re photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
2e  photo : 1/5000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
3e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 150 mm
4e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
5e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
6e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 100 mm
7e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 150 mm

Un commentaire

| Botanique, Fleurs, Nature | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Cet après-midi au Jardin alpin

Publié le 27 mai 2021 | Temps de lecture : 1 minute
Rosier de Nootka
Iris versicolore
Variété inconnue d’iris
Ancolie bleue à fleurs précoces
Aster des Alpes ‘Dunkle Schöne’

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150 mm F/2,8
1re photo : 1/500 sec. — F/5,0 — ISO 200 — 150 mm
2e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 100 mm
3e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 100 mm
4e  photo : 1/8000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
5e  photo : 1/5000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’infrarouge pamplemousse rose

Publié le 26 mai 2021 | Temps de lecture : 2 minutes

Je me suis récemment acheté un appareil photo infrarouge.

Je ne me rappelle plus très bien quand le précédent avait rendu l’âme; les dernières photos de lui ont été publiées sur ce blogue en octobre 2017.

Ce matin, j’ai reçu par la poste un des filtres qui me manquaient pour partir à l’aventure. Or justement, avec une température extérieure de plus de 30°C, quoi de mieux que de profiter de la fraicheur du Jardin botanique de Montréal.
 


 
Mes appareils infrarouges précédents captaient exclusivement le rayonnement infrarouge. À spectre complet, mon nouvel appareil capte l’ultraviolet, la lumière visible et l’infrarouge.

Il suffit de visser un filtre à l’objectif pour photographier l’un, l’autre ou les deux.

Dans ce cas-ci, le filtre utilisé est un filtre bleu 80A.

En photographie argentique, ce filtre était populaire corriger la couleur jaunâtre des scènes éclairées par des ampoules électriques au tungstène.

Sur un appareil infrarouge à spectre complet, son utilisation donne des résultats étonnants qui ne semblent pas avoir été documentés jusqu’ici.

Sous un ciel nuageux, la végétation adopte des teintes brunâtres. Mais par journée radieuse, l’infrarouge pamplemousse rose révèle tout son intérêt.

(Note: on cliquera sur une image pour l’agrandir)
 




 
Détails techniques : Panasonic GX1 infrarouge à spectre complet, objectif Lumix 14-45mm + filtre bleu 80A d’Omega
1re photo : 1/60 sec. — F/8,0 — ISO 200 — 14 mm
2e  photo : 1/800 sec. — F/3,5 — ISO 160 — 14 mm
3e  photo : 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 160 — 45 mm
4e  photo : 1/160 sec. — F/8,0 — ISO 160 — 14 mm
5e  photo : 1/125 sec. — F/8,0 — ISO 160 — 14 mm
6e  photo : 1/640 sec. — F/3,5 — ISO 160 — 14 mm

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à l’infrarouge couleur, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Anglicisation du Québec : l’omelette de la loi 96

Publié le 25 mai 2021 | Temps de lecture : 16 minutes

Introduction

On l’attendait depuis des mois.

Le ministre responsable de la Langue française dévoilait la semaine dernière son projet de loi destiné à renforcer l’usage du français du Québec.

Voyons-en les principaux aspects.

La langue de travail

En vertu de son article 29, les offres d’emploi doivent être publiées en français sans qu’il soit obligatoire qu’ils le soient exclusivement en français.

À l’heure actuelle, l’obligation d’obtenir un certificat de francisation s’applique aux entreprises québécoises de cinquante employés ou plus.

La section II de la loi 96 étendra cette obligation aux entreprises de 25 personnes ou plus. C’est là l’unique mesure ambitieuse de la loi 96.

Aussi souhaitable que soit cette mesure, on ne doit pas perdre de vue qu’essentiellement, la loi 96 repose sur une défense technocratique du français au Québec.

Tout cela dépendra de la volonté politique du parti au pouvoir; s’il distribue les certificats de francisation comme des bonbons, on n’est pas plus avancé.

À titre d’exemple, au moment de l’adoption de la Loi 101, beaucoup d’espoirs reposaient sur les épaules de l’Office québécois de la langue française, un organisme créé en 1961, mais dont les responsabilités ont été accrues considérablement par la Loi 101.

Mais pendant quinze ans, plus précisément sous les gouvernements libéraux de Jean Charest et de Philippe Couillard, l’Office n’a pas donné suite à 98 % des plaintes qu’elle recevait et ce, malgré la confirmation de leur bien-fondé par ses enquêteurs.

Pourquoi est-il pertinent de s’en rappeler ?

C’est qu’il existe deux Partis libéraux. Le premier (que j’aime beaucoup) est le Parti libéral dans l’opposition.

Mais comme Dr Jerkyll & Mr Hyde, il y a aussi le Parti libéral au pouvoir, celui totalement voué à la colonisation anglaise du Québec.

Or ce dernier, un jour, reviendra au pouvoir.

Dans la mesure où la loi 96 donne à l’État le monopole de la défense du français, elle soumet la pérennité du français aux caprices de la politique partisane.

L’urgence d’agir exige au contraire que la défense du français, notamment au moyen de pouvoirs répressifs, soit partagée entre l’État et le peuple. De manière à ce que ce dernier puisse compenser quand le gouvernement au pouvoir manque à ses devoirs.

La langue de l’immigration

L’article 15 modifie la Loi 101 afin de permettre à l’État québécois de communiquer dans une autre langue que le français avec les personnes immigrantes durant les six premiers mois de leur arrivée au Québec. C’est ce qui se fait déjà depuis toujours. Et cela n’est pas normal.

Depuis des années, je soutiens qu’il devrait être obligatoire pour chacun candidats à l’immigration à titre de travailleur qualifié de parler français avant d’arriver au Québec.

En d’autres mots, avant de recevoir un certificat de sélection, le candidat à l’immigration et son conjoint doivent démontrer une connaissance intermédiaire ou avancée du français. Sinon, leur demande sera rejetée.

Ce faisant, le Québec s’inspirerait de la Grande-Bretagne. Dans ce pays, l’immigrant ne peut pas mettre le pied sur le sol britannique s’il n’a pas déjà la connaissance de l’anglais. De manière conséquente, un citoyen britannique ne peut pas faire venir son conjoint de l’Étranger si cette personne ne parle pas l’anglais.

Au lieu de cela, la CAQ veut perpétuer la politique migratoire du Parti libéral, une politique qui échoue depuis des années à assurer la pérennité du français. Pourquoi ?

La raison est simple.

Le Québec n’accepte que les candidats à l’immigration qui s’engagent par écrit à apprendre le français.

Les cours de français qu’on leur offre gratuitement connaissent beaucoup de succès. D’autant plus que les immigrants sont payés pour y assister. En arrivant au Québec, c’est souvent leur seule source de revenus.

Mais il y a un hic; depuis toujours, ces cours n’ont pas d’obligation de réussite.

Dans une faible majorité des cas, ceux qui y assistent réussissent à apprendre notre langue. C’est bien. Mais les autres aimeraient aussi apprendre le français s’il suffisait de claquer les doigts pour ce faire; ils n’ont pas la motivation suffisante de l’apprendre parce qu’ils savent qu’ils se débrouilleront très bien au Québec en anglais.

Conséquemment, la loi 96 ne change rien d’important dans la politique migratoire du Québec.

La langue d’enseignement

Dans tous les pays du monde, la seule langue enseignée à l’école publique est la langue nationale. Ce qui ne veut pas dire qu’une langue seconde ne puisse pas y être accessoirement enseignée.

Au Québec, si un parent exige que l’enseignement offert à ses enfants se fasse dans n’importe quelle autre langue, c’est son droit, mais à ses frais. En d’autres mots, ses enfants doivent aller à l’école privée.

Sauf évidemment pour les angloQuébécois. Ceux-ci ont le droit constitutionnel à l’enseignement de leur progéniture en anglais au primaire et au secondaire. Ce que personne ne conteste.

L’article 56 de la loi 96 autorise l’enseignement en anglais aux enfants d’un ressortissant étranger qui séjourne au Québec de façon temporaire, c’est-à-dire pendant moins de trois ans.

On peut comprendre le cas de parents américains qui viennent étudier à l’université McGill. Mais je ne vois pas pourquoi le contribuable québécois devrait payer l’école publique anglaise à un riche PDG qui a les moyens d’envoyer ses enfants à l’école privée anglaise.

Quant aux travailleurs temporaires et aux réfugiés, que font-ils en Allemagne ? Ils vont à l’école publique allemande. Et en Italie ? À l’école publique italienne. Et ainsi de suite.

Si l’école française est obligatoire pour tous les néoQuébécois, pourquoi faire exception alors qu’ils sont à l’étape de leur installation au pays à titre de réfugiés ?

Pour ce qui est de l’enseignement collégial, l’article 58 (qui s’applique à lui) est, de loin, la plus opaque de la loi 96.

C’est un spaghetti de références croisées à d’autres lois. En quelques mots, ce qu’il dit, c’est que les lycées anglais peuvent accueillir un maximum de 17,5 % d’étudiants francophones. Ce qui est déjà le cas.

La loi 96 enfonce donc des portes ouvertes et contribue à perpétuer une anglicisation qu’elle est censée combattre.

L’article 58 précise qu’aucun diplôme collégial ne peut être émis par le ministère de l’Enseignement à quelqu’un qui échoue à l’examen de français auquel sont astreints tous les collégiens du Québec, peu importe leur langue maternelle.

En somme, les lycées anglais peuvent continuer à angliciser le Québec, mais pas au point de faire oublier le français aux étudiants francophones qu’ils admettent. C’est rassurant…

La langue de la consommation

L’étiquetage et le mode d’emploi

L’article 41 exige que l’entreprise qui offre au consommateur des biens ou des services respecte son droit d’être informé et servi en français. Ceci très bien.

Dans les années 1960, la loi permettait aux citoyens qui avaient acheté un produit dont l’étiquette était unilingue anglaise de s’adresser à la Cour des petites créances pour y poursuivre le marchand. Précisons qu’à ce tribunal, on n’a pas besoin d’être représenté par un avocat.

En preuve, il suffisait de soumettre la facture du marchand et l’étiquette du produit. Le montant de la condamnation était versé intégralement au plaignant.

En moins de deux ans, il était devenu impossible de trouver un seul produit étiqueté uniquement en anglais au Québec.

Voilà ce à quoi je faisais allusion plus tôt au sujet de la nécessité de confier une partie des pouvoirs répressifs de l’État aux citoyens quant à la défense du français.

Les transactions immobilières

L’article 45 permet que les contrats de vente des bâtisses soient rédigés exclusivement dans une autre langue que le français si telle est la volonté expresse des parties.

Normalement, un droit fondamental est inaliénable. Dans un contexte de déséquilibre profond entre les vendeurs et les acheteurs de biens immobiliers, n’importe quel acheteur francophone renoncera à un contrat de vente en français si le vendeur l’exige.

Il serait préférable que toute vente survenue exclusivement en anglais devienne un don de propriété, même lorsque cette vente intervient entre deux angloQuébécois.

En d’autres mots, la maison serait alors gratuite. Vous verriez qu’en peu de temps, plus aucun contrat de vente ne serait rédigé exclusivement en anglais.

La langue d’affichage

La loi 96 prescrit la prédominance du français dans la langue d’affichage.

Il y eut une époque où la loi exigeait la francisation des marques de commerce. Il en est resté des entreprises comme Bureau en gros et Pharmaprix.

Ces entreprises sont si bien connues de nos jours que l’immense majorité des Québécois seraient incapables de dire quel était leur nom d’origine.

Pour ce qui est de la prédominance du français, c’est déjà mieux que ce que font d’autres pays francophones. Mais le ministre aurait pu faire preuve de plus d’audace.

La langue de la justice

La langue des tribunaux

Le troisième paragraphe de l’article 4 prescrit que toute personne ait droit à une justice et à une législation en français.

Ce droit à la justice en français est flou. Comme c’est le cas actuellement, est-ce qu’un juge peut rendre un jugement en anglais dans une cause où l’accusé est unilingue français et où toutes les preuves ont été soumises en français ?

Oui si l’État québécois a la corvée de traduire en français les décisions prises par certains des juges nommés par Ottawa. L’article 10 oblige donc l’État québécois à compenser la carence linguistique de ces juges. On se demande pourquoi.

La loi 96 était une occasion en or pour obliger les juges incapables de rendre justice en français de se récuser dans les causes où l’accusé est unilingue français (ce qui est le cas de la moitié des Québécois).

D’autre part, la loi 96 donne le droit aux angloQuébécois d’être jugés dans leur langue. Il est dommage que cette loi n’étende pas ce droit aux peuples autochtones du Québec.

D’ici à ce qu’il y ait au moins un juge pour chacun des onze peuples autochtones du Québec — onze juges pour tout le Québec, ce n’est pas la mer à boire — l’État québécois devrait se doter de la capacité de traduire les jugements rendus dans des causes où l’accusé est autochtone et ne parle aucune des deux langues officielles du Canada.

Puisque le racisme systémique n’existe pas au Québec, dit-on, agissons en conséquence…

La langue du législateur

Qu’ils soient francoQuébécois ou angloQuébécois, tous les citoyens doivent être capables de lire les lois qui les concernent.

Voilà pourquoi la Canadian Constitution rend obligatoire la publication bilingue des lois québécoises et des règlements qui en découlent.

Mais il est écrit nulle part que les projets de loi doivent être bilingues lorsqu’ils sont soumis à l’Assemblée nationale ou à n’importe à quelle étape de leur adoption.

On le fait en raison d’un jugement de la Cour suprême du Canada à l’époque où celle-ci était dirigée par le juge Michel Bastarache.

Comme un prestidigitateur, celui-ci avait sorti de sa manche, la notion d’obligation constitutionnelle ‘implicite’. Depuis son départ, la Cour suprême est revenue à une doctrine d’interprétation constitutionnelle beaucoup plus rigoureuse.

Tout comme la Cour suprême des États-Unis pourrait bientôt changer d’attitude au sujet de l’avortement, il est étonnant que le gouvernement du Québec veuille enchâsser la jurisprudence ‘molle’ du juge Bastarache dans une loi supralégislative comme la loi 96 alors que cette jurisprudence pourrait un jour être renversée par le plus haut tribunal du pays.

Les lois de l’Assemblée nationale doivent être publiées dans les deux langues. C’est ce que dit le texte de la constitution. Ça suffit.

Rappelons-nous qu’il y a plus de trente ans, la Cour suprême a ordonné au gouvernement fédéral de traduire en français toutes les dispositions du British North America Act qui ont encore force de loi. Ce que le fédéral tarde à faire depuis.

Le ministère de la langue française

L’autre mesure phare de la loi 96, c’est la création d’un ministère de la Langue française.

Peu importe son importance théorique, un ministère n’a que l’influence qu’on veut bien lui accorder.

Rappelons-nous les doléances de la ministre responsable des Ainés et des Proches aidants, Mme Marguerite Blais, quant à son peu d’influence au sein du Conseil des ministres.

Le fait qu’elle soit toujours en poste en dépit de son aveu d’impuissance prouve bien le peu de cas que ses collègues font de ce qu’elle dit.

En conséquence, il n’est pas exclu de penser que le ministre de la Langue française, tout comme ses collègues à l’Environnement et à l’Agriculture, fasse un jour partie des grands oubliés de l’Histoire…

La loi 96 crée également le poste de commissaire à la langue française et un poste de commissaire adjoint.

Donc en plus du poste de président de l’Office de la langue française (un poste qui existe déjà), le gouvernement crée le poste de ministre de la Langue française, de même que ceux de commissaire et de commissaire adjoint à la langue française.

Ce qui prouve bien que le premier ministre était sérieux lorsqu’il a promis de créer des emplois payants…

Hydro-Québec

La partie 2 de la loi fédérale C-69 exige que tout projet de développement hydroélectrique soit soumis à l’approbation du Canadian Energy Regulator, un tribunal administratif basé à Calgary.

Ottawa justifie son intervention par la nécessité de protéger la population canadienne. Comme si la production et le transport de l’électricité étaient aussi dangereux que le transport d’hydrocarbures.

Pour hâter la décision des juges albertains, si Hydro-Québec soumet ses devis techniques en anglais, cela a pour effet d’angliciser le fonctionnement interne de cette société d’État.

La loi 96 doit interdire cela. Si les juges albertains sont unilingues anglais (ce qui est probable), le Québec doit résister à la solution de facilité qui consiste à parler la langue de l’État colonial canadien.

Et si le tribunal albertain se traine les pieds pour forcer Hydro-Québec à fonctionner en anglais, la solution est de fixer un délai maximal pour l’autorisation fédérale à défaut de quoi le Québec procèdera sans la bénédiction symbolique d’Ottawa.

Si le fédéral est incapable d’empêcher des gens contaminés d’entrer au pays en temps de pandémie, comment pourrait-il compter les électrons qui sortent du Canada par des câbles électriques ?

Conclusion

La loi 96 consiste essentiellement à soumettre toutes les moyennes entreprises aux dispositions de la Loi 101.

Aussi souhaitable que soit cette mesure, ce n’est qu’un volet dans une véritable politique linguistique.

Celle-ci doit comprendre une politique migratoire sérieuse, une politique de la langue d’enseignement et de la langue du travail et, accessoirement, une politique de l’affichage commercial.

Or ces autres volets sont très insuffisants.

En somme, cette loi est un pas dans la bonne direction. Mais compte tenu des attentes élevées qu’avait suscitées le ministre Jolin-Barrette, on s’attendait à un soufflé et on a eu droit à une omelette.

Références :
Être condamné dans une langue qu’on ne comprend pas
La francisation des immigrants suffit-elle pour assurer la pérennité du français au Québec ?
La vision dépassée de François Legault
Le critère du français pourrait être abaissé pour certains immigrants au Québec
Le doux sommeil de l’Office de la langue française
Le PQ et la francisation des immigrants
Ottawa veut mettre Hydro-Québec sous tutelle
Projet de loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français
Quatre-millions de Québécois victimes de discrimination à l’embauche

Parus depuis :
Le français, langue de la discorde à la CAQ (2021-12-14)
« Nous courons vers l’assimilation », disent des profs en faveur de la loi 101 au cégep (2022-04-09)
Nombre record de plaintes pour la langue française (2022-04-26)
Des employés des Francos se plaignent de devoir utiliser l’anglais au travail (2022-06-17)
Ottawa a versé des milliards pour l’anglais au Québec (2023-11-27)
En français, please (2024-10-10)

Complément de lecture :
La maîtrise du français, nouvel enjeu de management (2021-10-25)

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