Carnet de voyage à Shanghai — Premier jour

Publié le 7 septembre 2010 | Temps de lecture : 3 minutes
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C’est une journée de 36 heures (avec le décalage horaire). Elle débute à 5h du matin. Mes valises sont prêtes de la veille. Après un petit déjeuner pris calmement, c’est le taxi puis l’autobus jusqu’à l’aéroport. L’avion décolle à 10h pour Toronto. Puis c’est le vol interminable — 14 heures — de Toronto à Shanghai. Je passe le temps à voir quelques films.

Au cours du voyage, tout le personnel m’a parlé en français. Je n’en suis pas revenu. Bravo, Air Canada.

J’arrive à Shanghai à 15h (heure locale). Il fait chaud et humide. Je prends le train à grande vitesse qui relie l’aéroport à la ville (photo ci-dessus). C’est le TGV le plus rapide au monde. À une vitesse de pointe de 431 km/h, on parcourt le trajet d’à peu près 30 km en une dizaine de minutes. Puis c’est le métro et le taxi vers l’hôtel.

Le Howard Johnson Club est situé à l’intersection de deux rues parfois bruyantes (selon les commentaires d’un internaute). À ma demande expresse, on me donne une chambre qui donne à l’arrière, sur un jardin extérieur charmant. Je suis au 26e étage; l’hôtel en compte trente-trois.

Après le repas du soir à l’hôtel, je me promène dans les environs. Cette soirée est chaude et humide. Il doit faire trente degrés Celcius.

J’imagine que je dois avoir l’air stressé puisque deux personnes sur la rue m’ont offert spontanément les services d’une masseuse. De plus, au cours de la soirée, j’ai croisé trois demoiselles qui étaient habillées de manière très, très, très voyantes avec très peu de tissus. On comprend : il fait tellement chaud.

De toutes les villes que j’ai visitées, Shanghai est la plus odorante. Par moment, ça sent le feuillage fraichement broyé. À plusieurs endroits, flotte une odeur de renvoi d’égouts. Au passage près d’une boutique, le nez est envahi par la vanille ou le gingembre.

J’ai repéré un centre commercial consacré presque totalement à l’horlogerie suisse. Puisque je suis passionné de montre, j’y retournerai très certainement.

Il est au-delà de minuit. Alors les amis, à demain.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm — 1/100 sec. — F/3,5 — ISO 100 — 14 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


La lapidation ou la barbarie participative

Publié le 4 septembre 2010 | Temps de lecture : 6 minutes


 
La mort par lapidation est un supplice auquel recourent les pays où la Charia a force de loi : l’Afghanistan, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Iran, le Nigeria, le Pakistan, le Soudan et le Yémen. Des cas de lapidation ont aussi été signalés au Kurdistan irakien et au Népal (commis par la guérilla maoïste). C’est le seul mode d’exécution par torture encore employé au XXIe siècle.

Le Coran ne mentionne la lapidation dans aucun de ses textes. Par contre, la loi islamique — c’est-à-dire la Charia — cite la lapidation comme peine de mort dans les cas d’adultère commis par une personne mariée ayant eu un rapport sexuel hors mariage avec pénétration si et seulement si quatre témoins ont clairement vu la pénétration. À moins d’une orgie, peu fréquente dans les pays musulmans, il est impossible que des rapports sexuels avec pénétration aient été vus par quatre personnes. On s’étonne donc que des personnes soient condamnées à être exécutées de cette manière.

En réalité, les pays qui pratiquent la lapidation sont souvent des pays qui pratiquent aussi la torture : rappelez-vous de la photographe canadienne Zahra Kazemi violée et battue à mort lors de son interrogatoire dans une prison iranienne. Dans le cas d’une personne accusée d’adultère, ses aveux — spontanés ou obtenus sous la torture — suffisent alors à la faire condamner.

De plus, les pays qui pratiquent la lapidation ne sont pas des États de droit. Par exemple, l’Arabie saoudite est une dictature obscurantiste où les tribunaux ne sont pas liés de respecter scrupuleusement les règles de droit écrites. Si les autorités saoudiennes veulent la condamnation de qui que ce soit, cette personne sera condamnée sans qu’elle ait la moindre chance de se prévaloir des dispositions du droit en sa faveur.

Comment se fait la lapidation ?

Lorsque le tout se fait formellement, on creuse d’abord une fosse suffisamment profonde pour que la personne condamnée puisse y être ensablée presque jusqu’au niveau des épaules. Les fossoyeurs se guident sur leur propre taille pour juger s’il ont suffisamment creusé. Puis la personne condamnée revêt un linceul et est ensablée.

La lapidation est publique. Les articles 102 et 104 du Code pénal iranien définissent les conditions de la lapidation : « Les pierres utilisées pour infliger la mort par lapidation ne devront pas être grosses au point que le condamné meure après en avoir reçu une ou deux. Elles ne devront pas non plus être si petites qu’on ne puisse leur donner le nom de pierre. La taille moyenne est choisie généralement afin de faire expier la faute par la souffrance ».

Selon le site Iran-Resist, les lapideurs doivent rester à distance d’une quinzaine de mètres de leur cible et choisir avec soin leurs pierres : les pierres coupantes sont choisies pour leurs arrêtes effilées qui provoquent les saignements les plus spectaculaires. Une pierre coupante doit de préférence être lancée au visage du condamné. Les pierres rondes nécessitent moins de précision car elles sont efficaces partout. Elles sont idéales pour briser les os et provoquer les hémorragies internes fatales.

Si la lapidation était exécutée par des bourreaux professionnels, les règles ci-dessus seraient respectées à la lettre. Toutefois, dans les faits, ce n’est pas le cas. On doit comprendre que la lapidation est une mise à mort à laquelle tous sont invités à participer. Elle ressemble très souvent à ces émeutes où les participants fracassent les vitrines de magasins aux sommets économiques du G20 sauf que dans ce cas-ci, la cible est un être vivant.

Parce qu’elle s’est opposée publiquement à la lapidation de Sakineh Mohammadi Ashtiani, l’épouse du Président de la République française a été l’objet d’une violente campagne de dénigrement de la part de la presse iranienne. Je ne veux pas répéter ici les insultes et les calomnies utilisées par le régime au pouvoir à Téhéran. Toutefois, quand vient le temps d’inciter le public à tuer une condamnée à la lapidation, cette campagne contre Mme Sarkozy donne une idée des moyens de propagande mis en oeuvre et des propos haineux qui sont utilisés afin de susciter la colère populaire.

En effet, il n’y a pas de lapidation sans haine; les autorités doivent s’assurer que les lapideurs haïssent la personne condamnée au point de vouloir contribuer eux-mêmes à sa mise à mort. Après la décision des tribunaux, la campagne de haine est donc un pré-requis à la lapidation.

En 2007, Du’a Khalil Aswad, une adolescente de 17 ans membre d’une tribu de Yézidi, non musulmane, fut lapidée à mort au Kurdistan irakien à la demande de son oncle car celle-ci était tombée amoureuse d’un Musulman. Ce lynchage — qui prouve bien que la lapidation n’est pas exclusive au monde musulman — a été fait en présence de policiers du gouvernement régional du Kurdistan autonome. Toute la scène a été filmée à l’aide de téléphones portables. Particulièrement choquante, la vidéo qui en témoigne est déconseillée aux personnes sensibles (note : ceux qui la regarderont sont priés de le faire sans la trame sonore qui n’est pas originale et qui n’ajoute rien) : Lapidation de Du’a Khalil Aswad.

Références :
Iran-Resist
Wikipédia

Paru depuis : La lapidation d’une femme enceinte force le premier ministre à intervenir (2014-05-30)

Compléments de lecture :
Arabes vs Musulmans
Impopularité d’Al-Qaida chez les Musulmans
Les boucs-émissaires
Nourriture halal : controverses futiles

Photo d’une roche peinte par Hélène Morency en 1980 :

Panasonic GF1, objectif Lumix 20mm F/1,7 — 1/125 sec. — F/1,7 — ISO 100 — 20 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les lecteurs du quotidien Métro aiment M. Charest

Publié le 1 septembre 2010 | Temps de lecture : 2 minutes

Tous les partis politiques essaient de manipuler l’opinion publique en leur faveur. Mais seuls les partis riches peuvent le faire de manière importante et soutenue.

C’est ainsi que la droite américaine dispose de milliers de petits supporteurs zélés qui répètent les mots d’ordre, les rumeurs ou les calomnies sur les lignes ouvertes des postes de radio, les lettres des lecteurs des journaux locaux, sur les forums de discussions et sur les réseaux sociaux jusqu’à ce que la majorité des électeurs, à force de répétition, finissent par les croire. C’est ainsi qu’une bonne partie des Américains ont fini par croire que leur président était de religion musulmane, ce qui est faux.

Mais qu’en est-il chez nous ?

Il y a plusieurs mois, j’avais remarqué que lorsqu’à l’Assemblée nationale du Québec, le Premier ministre Charest utilisait un qualificatif péjoratif à l’encontre de ses adversaires politiques, ce même qualificatif était repris dans une lettre de lecteur publiée dans le quotidien Métro de Montréal dans les jours suivants.

Puis, au fur et à mesure que la popularité du chef de l’État québécois diminuait, la rubrique de ce journal publiait toujours autant de lettres favorables au Parti libéral du Québec. De nos jours, alors qu’à peine 9% des Québécois font confiance à M. Charest, pourquoi est-il tant aimé des lecteurs du Journal Métro ? Est-il possible qu’une bonne partie de ces « lecteurs » soient des relationnistes payés par le Parti libéral ?

Note : Photo de M. Charest par le journal Le Devoir.

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Écrit par Jean-Pierre Martel