Quand Santé Canada complote dans le dos du peuple

Publié le 24 octobre 2022 | Temps de lecture : 6 minutes

Plus de glyphosate

À la demande de Bayer/Monsanto, Santé Canada annonçait l’an dernier son intention de hausser substantiellement les taux permis de défoliant dans le blé et les légumineuses canadiennes. Ce qui se serait répercuté sur de nombreux produits alimentaires, dont le pain, les pâtes, les pâtisseries, la bière, etc.

Dès le départ, Santé Canada avait fait savoir que sa décision serait basée exclusivement sur ‘la science’.

Puisque vous et moi n’avons pas les moyens de financer une étude au sujet de la toxicité du glyphosate, seules les études (presque toutes secrètes) des fabricants auraient été prises en considération.

Devant le tollé provoqué par cette nouvelle, le gouvernement Trudeau — à quelques semaines des élections fédérales — a obligé Santé Canada à abandonner ce projet.

L’industrie veut qu’on autorise plus d’OGM

Le mois dernier, l’organisme fédéral annonçait son intention de faciliter la commercialisation d’une nouvelle génération d’organismes génétiquement modifiés (OGM).

Avant qu’un projet de réforme législative ou règlementaire soit dévoilé, il n’y a pas de mal, en principe, à ce qu’on consulte l’industrie quant à la faisabilité des changements souhaités par l’État.

À l’opposé, ce qui n’est pas normal, c’est que Santé Canada entreprenne une démarche non seulement à la demande de l’industrie, mais que cette dernière soit autrice du projet de réforme fédéral.

En pareil cas, Santé Canada ne serait qu’une façade utilisée par l’industrie pour dicter les politiques fédérales qu’elle voudrait voir implanter au pays.


 
Ayant obtenu à l’avance le document qui devait être soumis à la consultation publique, le journaliste d’investigation Thomas Gerbet (de Radio-Canada) a découvert que ses métadonnées révèlent que sa co-autrice est une démarcheuse de l’industrie agrochimique.

Ce que nie catégoriquement Santé Canada. Mais en raison de la controverse suscitée par les révélations journalistiques, Santé Canada a décidé de retirer son projet de réforme.

Une complicité honteuse ?

L’organisme Vigilance OGM a profité de la loi fédérale sur l’accès à l’information pour demander une copie des études qui avaient convaincu l’an dernier Santé Canada de vouloir autoriser encore plus de pesticides dans les aliments (ce dont nous avons parlé plus tôt).

En réponse à sa demande, l’organisme a reçu 229 pages blanches.

Selon Santé Canada, les études sur lesquelles elle s’est basée sont des documents qui ne lui appartiennent pas.

Contrairement aux exigences imposées à l’industrie pharmaceutique à la suite du scandale du thalidomide, l’industrie agrochimique n’est pas tenue de révéler toutes les études de toxicité en sa possession. Un producteur de pesticide est libre de maintenir secrètes les études qui ne lui conviennent pas.

Puisque ces études ont été financées par l’industrie, celle-ci estime qu’elle en détient la propriété intellectuelle et interdit à Santé Canada d’en révéler le contenu tout en l’invitant à se baser sur elles pour prendre ses décisions.

Le gouvernement canadien pourrait décider qu’il n’accepte de recevoir que des études sur lesquelles l’ensemble de la communauté scientifique peut s’exprimer. En d’autres mots, dire à l’industrie que ses études secrètes ne l’intéressent pas.

Si l’industrie veut qu’on autorise plus de produits chimiques dans la nourriture de la population canadienne, elle serait forcée de rendre publiques les études qui, à son avis, justifient sa requête.

Bref, pas d’études publiques, pas de changement règlementaire.

Conclusion

Dans tous les ministères fédéraux à vocation économique — y compris ceux qui ont une incidence indirecte à ce sujet comme Santé Canada — leurs mandarins se conçoivent comme les gestionnaires suprêmes du marché intérieur canadien.

En effet, l’idéologie néolibérale a perverti les démocraties parlementaires en faisant en sorte que ceux qui nous dirigent ne sont plus les serviteurs de la souveraineté du peuple, mais des courtiers vantant les avantages juridictionnels du pays à des investisseurs devenus souverains.

Or, en contrepartie des centaines de millions de dollars qu’il compte transférer aux provinces dans le but d’améliorer les soins prodigués dans nos hospices, le gouvernement fédéral veut les assujettir à des normes édictées par Santé Canada.

Les lacunes observées au cours de la pandémie dans les hospices du Québec et de l’Ontario, entre autres, s’expliquent par le sous-financement provincial, un sous-financement qui résulte de la diminution des transferts fédéraux en matière de Santé.

Si le fédéral veut rétablir son financement à ce sujet, c’est une bonne nouvelle. Mais pas si sa volteface se fait en contrepartie d’une ingérence encore plus grande dans un champ de compétence constitutionnel exclusif des provinces, cela n’est pas souhaitable.

La dernière chose dont les Canadiens ont besoin, c’est qu’on soigne nos vieillards selon les directives de Santé Canada (alias Pesticides Canada).

Références :
Est-il juste que les riches paient autant d’impôt ?
OGM : Ottawa présente sa réforme en utilisant les fichiers d’un lobby agrochimique
Normes fédérales en CHSLD — « Nous voulons travailler avec les provinces », affirme Ottawa
Ottawa recule sur la « transparence volontaire » des nouveaux OGM
Santé Canada = Pesticides Canada
Santé Canada envoie 229 pages blanches en réponse à une demande d’accès à l’information

Parus depuis :
Ottawa s’associe au lobby agrochimique en pleine réforme controversée (2023-05-03)
« Tiger Team » : quand fonctionnaires et lobbyistes coopèrent dans l’ombre (2023-09-26)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Guerre russo-ukrainienne : Nissan jette l’éponge

Publié le 23 octobre 2022 | Temps de lecture : 3 minutes

Introduction

Par analogie avec le monde de la boxe, l’expression ‘jeter l’éponge’ veut dire abandonner la partie. Au Québec, on dit plus souvent ‘jeter la serviette’, calque de l’anglais throw the towel.

La déconvenue de Nissan

En juin 2009, le constructeur automobile Nissan inaugurait sa première usine russe. Douze ans plus tard, celle-ci en produisait près de cent-mille (sa capacité maximale).

Mais dès le 14 mars dernier, Nissan interrompait sa production, invoquant des problèmes d’approvisionnement. Le constructeur aurait pu s’approvisionner ailleurs, mais il a préféré suspendre sa production par crainte de sanctions occidentales.

Entretemps, ses deux-mille salariés étaient payés quand même au cas où la production aurait eu à reprendre.

Puisque la guerre russo-ukrainienne se prolongeait, les dirigeants de la compagnie en sont venus à la conclusion qu’il était préférable de fermer l’usine, une décision annoncée le mois dernier.

Toutefois, le 11 octobre, l’usine et le centre de recherche de Nissan à Saint-Pétersbourg étaient achetés pour un euro par l’État russe.

C’est le même prix que pour l’achat de l’usine russe de Renault survenue il y a plusieurs mois. Dans un cas comme dans l’autre, c’est une perte d’environ un milliard de dollars canadiens pour la multinationale.

La production (sous un autre nom) devrait reprendre avec la participation d’un constructeur automobile chinois. Ce qui permettra à l’usine de s’approvisionner indirectement en semi-conducteurs taïwanais puisque la Russie ne peut pas les acheter directement.

Selon la législation russe, les employés licenciés d’une usine doivent continuer de recevoir leur salaire pendant les douze mois qui suivent sa fermeture… une mesure dont nos travailleurs à nous aimeraient sans doute profiter.

Le doute américain s’installe

Les pertes occasionnées par la fermeture de cette usine ne seront pas payées par la Russie; elles se répercuteront sur le prix que paieront les consommateurs ailleurs dans le monde pour les produits du constructeur japonais.

Après avoir appuyé massivement l’adoption de sanctions contre la Russie, les Américains en réalisent les conséquences.

Selon un sondage de la firme Pew réalisé entre le 13 et le 18 septembre dernier, 20 % des Américains estiment maintenant que leur pays s’est trop engagé à soutenir l’Ukraine. Six mois plus tôt, ce pourcentage n’était que de 7 %.

Actuellement, cette proportion atteint même près du tiers de l’électorat républicain.

Pendant ce temps, Donald Trump clame que tout ce gâchis ne serait pas arrivé s’il avait été au pouvoir…

Références :
Guerre russo-ukrainienne et désindustrialisation de l’Europe
McDonald’s et la culture du bannissement
Nissan inaugure sa première usine russe à St-Petersbourg
Nissan quitte le marché russe et vend son usine de Saint-Pétersbourg

Compléments de lecture :
L’engrenage ukrainien
L’épouvantail russe

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Quartier international – 3e partie

Publié le 21 octobre 2022 | Temps de lecture : 4 minutes
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Le dernier volet de cette série donne un aperçu de la partie sud-ouest du Quartier international.

Édifice de l’ancienne Merchant’s Bank (1875)

Victime du confinement pandémique, l’hôtel Le St-James (un des plus luxueux de Montréal) a définitivement fermé ses portes en mai dernier. Il est représenté par le point rouge No 1 sur la carte ci-dessus.

En 2003 et en 2006, lors de leur séjour dans la métropole, les Rolling Stones l’avaient entièrement réservé.

Fontaine d’Amphirite
Fragment du mur de Berlin

Le Centre de commerce mondial de Montréal — le point rouge No 2 — a été aménagé en 1992 après avoir vidé l’intérieur d’une suite d’édifices patrimoniaux contigus. Il occupe presque tout le quadrilatère, à l’exclusion de l’édifice du Merchant’s Bank.

Il est traversé par l’ancienne ruelle des Fortifications qui, recouverte d’un toit de verre, en est devenue l’atrium.

C’est là qu’on trouve une fontaine décorée d’une statue d’Amphirite, épouse du dieu grec Poséidon, sculptée vers le milieu du XVIIIe siècle par Dieudonné-Barthélemy Guibal. Cette fontaine est placée devant un bassin à déversoir de 200 m² en granit noir.

On y trouve également ce fragment du mur de Berlin, don de la capitale allemande à la ville de Montréal pour célébrer son 350e anniversaire.

Fait à noter : le ‘World Trade Center’ de Montréal a dépassé en hauteur celui de New York après le 11 septembre 2001…

Square Victoria

Voici l’extrémité sud du Square Victoria (point rouge No 3). À gauche sur la photo, il s’agit des premiers étages de l’ancienne Tour de la Bourse. Au loin, les deux tours en aluminium du Complexe Maisonneuve.
 


 
Au centre de la place qui porte son nom, on trouve cette statue de la reine Victoria (point rouge No 4). L’œuvre fut créée en 1872 par le sculpteur anglais Marshall Wood alors que la souveraine était cinquantenaire.

S’éloignant des représentations pompeuses de l’époque, l’artiste l’a représentée idéalisée, au début de l’âge adulte.
 


 
Il y a peu d’endroits à Montréal où la dualité culturelle de la métropole est mieux exprimée qu’au Square Victoria où, au sud de la rue Saint-Antoine se dresse la statue dépouillée de la souveraine britannique et, face à elle de l’autre côté de la rue, se trouve cet édicule extravagant, très français, réalisé par Hector Guimard en 1908.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, cette entrée de métro n’est pas une imitation, mais un original dont l’histoire singulière a été racontée dans un texte publié sur ce blogue il y a quatre ans.
 



 
La première des trois photos ci-dessus a été prise à l’intersection de la rue Balmoral et du boulevard Robert-Bourassa (au point rouge No 5).

Plus bas, toujours sur le boulevard Robert-Bourassa, à l’intersection avec la rue Saint-Antoine, la deuxième photo montre l’ancien hôtel Delta-Centre-Ville, converti depuis 2013 en résidence étudiante. On y trouve des logements de dix à vingt mètres carrés.

Quant à la dernière photo, prise à l’endroit représenté par le point rouge no 6, c’est une vue vers le nord du boulevard Robert-Bourassa, vers le Centre-Ville.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectifs M.Zuiko 25 mm F/1,2 (8e photo) ou M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos) + filtre vert jaunâtre B+W 061 + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80C d’Hoya (ou de Calumet, 2e photo) + filtre 81A de B+W (3e photo seulement) ou filtre polarisant PL-CIR d’Hoya (5e photo seulement)
  1re photo : 1/15 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 12 mm
  2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 19 mm
  3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 22 mm
  4e  photo : 1/15 sec. — F/6,3 — ISO 200 — 12 mm
  5e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 16 mm
  6e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 23 mm
  7e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 16 mm
  8e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 25 mm
  9e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 19 mm
10e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
11e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Quartier international – 2e partie

Publié le 20 octobre 2022 | Temps de lecture : 3 minutes
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Le deuxième de cette série consacrée au Quartier international présente les environs de l’extrémité ouest de l’avenue Viger.
 



 
Notre premier arrêt (le point rouge No 1 sur la carte) est à l’hôtel Humaniti. Sa terrasse est décorée du mobile Hanima (2021) de Marc Séguin.

Pourquoi trois photos consacrées à cette sculpture ? Tout simplement parce que je n’arrivais pas à décider quelle choisir.

La Joute (1969), de Jean-Paul Riopelle

Un peu de biais, face à la terrasse de l’hôtel Humaniti, entre le Palais des Congrès et le siège social de la Caisse de dépôt et placement, se trouve la place Jean-Paul-Riopelle (le point rouge No 2).

C’est là qu’on peut voir la sculpture-fontaine Le Joute, donnée au Musée d’Art contemporain de Montréal par un groupe de radiologistes passionnés par l’œuvre du sculpteur Jean-Paul Riopelle.

L’œuvre comporte un anneau de feu qui s’allume à certaines heures de la soirée.

Simple fouet en taïchi (1988), du sculpteur taïwanais Ju Ming

Un peu plus à l’ouest, toujours le long de l’avenue Viger, on rencontre l’extrémité nord du Square Victoria (le point rouge No 3). On y trouve la sculpture ci-dessus.
 


 
Le Complexe Maisonneuve comprend deux tours jumelles dont l’extérieur est en aluminium poli et en verre; à l’ouest, le 700 de La Gauchetière (autrefois connue sous le nom de Tour Bell Canada) et à l’est, la Tour de la Banque Nationale.

Entre les deux, on a aménagé un petit oasis de verdure pour permettre aux employés de se restaurer ou de se prélasser (le point rouge No 4).

Le côté sud de ce minuscule parc offre une vue intéressante des environs, d’où se dresse la Tour de la Banque Royale (construite en 1927).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + filtre vert jaunâtre B+W 061 + filtre bleu KB20 + filtre bleu 80C d’Hoya + filtre polarisant PL-CIR d’Hoya (4e photo seulement)
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 250 — 12 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
4e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 16 mm
5e  photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 27 mm
6e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 16 mm
7e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 24 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Quartier international – 1re partie

Publié le 19 octobre 2022 | Temps de lecture : 3 minutes
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Tout comme celui de Paris, le territoire de la ville de Montréal est divisé en unités administratives que sont les arrondissements. Celles-ci peuvent se subdiviser en quartiers possédant leurs caractéristiques propres.

C’est ainsi que l’arrondissement Ville-Marie comprend plusieurs quartiers, dont le Quartier international.

Celui-ci aurait pu s’appeler le Quartier des affaires. Non seulement parce qu’il est traversé par la rue Saint-Jacques (la rue de la finance montréalaise), mais également parce qu’on y trouve le siège de la plus importante institution financière du Québec (la Caisse de dépôt et placement), le Palais des Congrès, le Centre de commerce mondial de Montréal, le siège de l’Organisation de l’aviation civile internationale, le siège de l’empire médiatique Québecor et, symboliquement, la tour de l’ancienne Bourse de Montréal.

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Le premier volet qui lui est consacré débute à son extrémité nord-est, à l’intersection de l’avenue Viger et de la rue Saint-Urbain (le point rouge No 1 sur la carte).
 



 
Puisque le Palais des congrès enjambe l’avenue Viger, le quartier s’étend un peu vers le nord de manière à l’englober totalement (le point rouge No 2).

À cette sortie du Palais des congrès, la série de photos ci-dessus montre successivement les Habitations du Centre-Ville, le jardin Sakura et la fontaine adjacente à l’église chinoise du Saint-Esprit

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Tout près, à l’intersection de la rue Chenneville et de l’avenue Viger (le point rouge No 3), on peut voir une œuvre de la muraliste Caratoes, née en Belgique et vivant de nos jours à Hong Kong.
 




 
Au rez-de-chaussée du Palais des Congrès (le point rouge No 4), on trouve une installation que Claude Cormier a créée en 2002 et qui est intitulée ‘Nature légère’ (en béton peint).

Tout près, on a installé des balançoires autour d’une table. On y vient manger ou consulter son ordinateur.

Finalement, il s’agit de la façade sud-ouest du Palais des Congrès. Celle au travers de laquelle on peut voir le parc Jean-Paul-Riopelle et derrière lui, l’édifice de la Caisse de dépôt et placement.

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Ce premier volet consacré au Quartier international se termine par une vue de l’intersection de l’avenue Viger et du parc Jean-Paul-Riopelle (le point rouge No 5).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + filtre vert jaunâtre B+W 061 + filtre bleu KB20 + filtre bleu 80C d’Hoya (+ filtre ambre 81A de B+W pour les 1re, 6e, 8e et 9e photos).
  1re photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm
  2e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 250 — 12 mm
  4e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 29 mm
  6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 12 mm
  7e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 35 mm
  8e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 15 mm
  9e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 23 mm
10e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 21 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Infrarouge couleur et temps maussade

Publié le 18 octobre 2022 | Temps de lecture : 1 minute

Before imageAfter image

Il y a quelques jours, j’ai profité d’un début de journée très brumeux pour expérimenter la photo infrarouge en début de journée — moins d’une heure après le lever du soleil — et par temps brumeux.

Ce matin, je suis retourné sur les lieux pour effectuer un comparatif entre le résultat qu’on obtient par temps nuageux et par temps ensoleillé.

À vous d’en juger.

Précisons que le visage des écoliers a été flouté afin qu’aucun d’entre eux ne soit reconnaissable.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + filtre vert jaunâtre B+W 061 + filtre bleu FS KB20 + filtre bleu 80C d’Hoya
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 17 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 19 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Brumes montréalaises

Publié le 15 octobre 2022 | Temps de lecture : 2 minutes

On annonçait du temps ensoleillé pour aujourd’hui. Ce qui fut le cas. Mais en me levant ce matin, la ville était encore recouverte de brume.

Or la semaine dernière, dans un forum spécialisé sur l’internet, une personne avait demandé s’il était utile d’essayer de faire de la photographie infrarouge par temps couvert ou si c’était une perte de temps.

Quelle belle occasion d’en avoir le cœur net, moi qui ai l’habitude de faire de l’infrarouge par temps ensoleillé.

Sans prendre mon petit déjeuner, j’enfourchais mon vélo et prenais quelques dizaines de photos, dont celles-ci.

Elles ont été prises entre 7h35 et 8h36. Le soleil s’était levé à 7h12, mais était caché par un épais brouillard. Conséquemment, tout était un peu sombre. Il faisait environ 5°C.

En somme, c’était à peu près le pire temps pour faire de la photographie infrarouge.

Et pourtant…









 
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + filtre vert jaunâtre B+W 061 + filtre bleu FS KB20 + filtre bleu 80C d’Hoya
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 18 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 40 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 19 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 13 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 23 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 24 mm
7e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 17 mm
8e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 32 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Pakistan et le gaz fossile liquide

Publié le 14 octobre 2022 | Temps de lecture : 3 minutes

Au cours de l’occupation américaine de l’Afghanistan, le Pakistan — situé au sud — servait à la fois de refuge aux ennemis des Américains (dont Oussama ben Laden) et de base militaire à partir de laquelle l’armée d’occupation était ravitaillée.

Le Pakistan a joué ce double jeu pendant vingt ans.

Bien avant les attentats du 11 septembre, les États-Unis s’intéressaient à l’Afghanistan et au Pakistan parce que la Russie prévoyait y faire traverser un oléoduc qui aurait relié des républiques soviétiques situées au nord de ces deux pays, à la mer d’Arabie située au sud.

Les États-Unis ont dépensé des milliards de dollars pour empêcher la réalisation de ce projet.

Maintenant que les États-Unis ont perdu la guerre en Afghanistan, leur ‘allié’ pakistanais ne leur est plus d’aucune utilité.

Ce pays se retrouve donc privé non seulement des droits qu’on lui paierait si un oléoduc traversait son territoire, mais également des hydrocarbures qu’il lui aurait apportés.

Privé de ressources énergétiques, ce pays a donc choisi d’utiliser du gaz fossile liquide (GFL).

Dans un premier temps, le Pakistan a signé un contrat à long terme avec le Qatar. Puis, à son échéance, le pays a trouvé un moyen d’obtenir du GFL de manière encore plus économique; acheter son gaz d’un courtier italien qui était libre d’obtenir le GFL au cout le plus bas possible.

Et pour s’assurer que ce courtier respecterait ses engagements, le contrat prévoyait d’importantes pénalités s’il ne les respectait pas.

Mais voilà qu’avec le déclenchement de la guerre en Ukraine, on se dispute le GFL comme on se disputait les masques chirurgicaux au début de la pandémie.

Mais au lieu qu’une cargaison de masques soit achetée à prix d’or sur le tarmac d’un aéroport chinois et change de destination, ce sont les méthaniers qui sont détournés vers l’Europe.

Quant aux pénalités, elles sont devenues risibles en comparaison avec l’augmentation phénoménale du prix du GFL sur le marché libre.

Strictement parlant, aucun pays occidental n’est coupable de cette piraterie. Le coupable, c’est la ‘main invisible du marché’.

Justement en raison de son invisibilité, beaucoup de ces peuples se demandent pourquoi ils doivent payer le prix de nos chicanes domestiques entre Occidentaux.

D’autant plus que lorsque des conflits armés les affectent eux, ils ne suscitent pas le même élan de solidarité…

Référence : LNG: European thirst for natural gas puts Bangladesh and Pakistan in the dark

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Guerre russo-ukrainienne et désindustrialisation de l’Europe

Publié le 12 octobre 2022 | Temps de lecture : 4 minutes

Depuis des décennies, la mondialisation repose sur un réseau extrêmement complexe d’échanges internationaux régis par des contrats à long terme. Conclus au prix le plus bas, ces contrats assurent à la grande entreprise la stabilité de ses approvisionnements.

La Russie est un important exportateur d’hydrocarbures, de charbon, de blé, d’engrais chimiques, d’acier, d’aluminium, de palladium, de néon, etc.

En décidant, à la demande de Washington, de rompre brutalement leurs relations commerciales avec la Russie, les pays occidentaux ont provoqué la rupture de milliers de chaines d’approvisionnement.

Afin de maintenir leur production, les géants industriels ont dû se tourner vers le marché libre, où les prix sont substantiellement plus élevés. Voilà pourquoi cette remondialisation, opérée en catastrophe, s’avère extrêmement couteuse.


 
Cela se répercute sur les consommateurs par une accélération marquée de l’inflation. Une inflation qui devrait s’aggraver cet hiver.

Avec la destruction des gazoducs Nord Stream I et II, le divorce économique russo-européen est consommé.

Ne pouvant plus compter sur les hydrocarbures bon marché en provenance de Russie, le prix de l’énergie dans l’Union européenne sera plus élevé que dans la plupart des pays concurrents de l’Europe. Et ce, pour quelques années.

On peut donc anticiper que cette remondialisation s’accompagne d’une délocalisation industrielle.

En effet, les unes après les autres, les industries lourdes européennes — grandes consommatrices d’énergie — seront incitées à délocaliser leur production si elles veulent demeurer compétitives.

D’autre part, après deux ans de contraintes sanitaires, les peuples occidentaux ont la mèche courte.

Avant même que cette désindustrialisation soit amorcée, on assiste déjà à une augmentation de l’instabilité sociale en Europe en raison de l’inflation.

Au cours des années qui viennent, cette désindustrialisation accélérée provoquera la perte de millions d’emplois chez des travailleurs syndiqués, c’est-à-dire chez des gens dont la colère organisée peut facilement dégénérer.

Pour préserver la paix sociale, ces pays devront compter sur des gouvernements et des chefs d’État dont l’autorité morale aura été sapée par leur consentement au déclin économique de leur pays et de ce fait, leur trahison à l’intérêt national.

Références :
En Belgique, la colère sociale gronde face à l’explosion des factures énergétiques
La guerre russo-ukrainienne et la vassalisation de l’Europe
Le cout de la dé-Merkellisation de l’Allemagne
The Energy Shock — Germany Plans for a Winter Without Gas from Russia
Au Royaume-Uni, nouvel épisode des grèves de la colère face à l’inflation

Parus depuis :
Le Canada en voie de devenir une puissance de l’électrification automobile (2022-10-17)
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Compléments de lecture :
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L’épouvantail russe

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Guerre en Ukraine : la levée des blocus céréaliers ?

Publié le 8 octobre 2022 | Temps de lecture : 4 minutes


 
Le blocus maritime russe contre l’Ukraine

Dans n’importe quelle guerre, les belligérants tentent de tarir le financement de l’armée ennemie et de nuire à son accès aux ressources dont elle a besoin pour fonctionner.

Il fallait donc s’attendre à ce que la Russie impose à l’Ukraine un blocus maritime en mer Noire de manière à l’empêcher d’écouler sa production agricole puisque les revenus qu’elle en tire servent, entre autres, à soutenir l’économie de guerre.

On estime que 12 % de toutes les calories alimentaires sur Terre — blé, orge, betterave sucrière, pommes de terre, soja, maïs, huile de tournesol, etc.— sont produites à partir des sols fertiles d’Ukraine et de Russie.

Dès le début du conflit, l’Onu a exprimé ses plus vives inquiétudes quant au risque d’effondrement du système alimentaire mondial.

Jusqu’à maintenant, la situation semblait être claire.

D’une part, l’Ukraine était prisonnière d’un blocus maritime russe en mer Noire (par laquelle elle exporte normalement ses denrées).

Par contre, la Russie était libre d’exporter sa propre production agricole en plus de la production ukrainienne confisquée dans les villes conquises puisque les sanctions occidentales évitaient expressément, disait-on, de s’appliquer au secteur agricole.

En somme, si on se retrouvait avec des famines dans le Tiers-Monde, ce serait la faute de la Russie. Cela explique peut-être pourquoi, dans les pays du Tiers-Monde, la majorité de la population est hostile à la rupture des liens économiques avec ce pays.

Le blocus maritime officieux contre la Russie

Fruit de la diplomatie turque, l’accord sur l’exportation des céréales ukrainiennes en mer Noire a été signé par les belligérants le 22 juillet dernier.

Cet accord prévoit que les navires marchands responsables du transport des céréales ukrainiennes seront inspectés à l’aller et au retour à Istanbul par un centre de coordination sur lequel toutes les parties impliquées sont représentées.

Si l’intérêt ukrainien pour cet accord est évident, on se demande pourquoi la Russie y a consenti.

C’est que contrairement à ce que répétait la propagande occidentale, le transport céréalier russe était l’objet d’un blocus économique clandestin.

Officiellement, le système SWIFT — qui facilite les flux financiers — permettait aux banques russes d’encaisser le paiement d’achats de céréales par des pays étrangers et de verser cet argent aux producteurs agricoles.

Toutefois, lorsqu’il s’agissait d’expédier les millions de tonnes de céréales achetées, la marine marchande internationale pouvait difficilement se faire payer. En fait, elle le pouvait, mais hors du système SWIFT.

De plus, par le biais des primes, les compagnies d’assurance occidentales rendaient le transport maritime des céréales russes tellement onéreux qu’il valait mieux que les pays du Tiers-Monde tentent de s’approvisionner ailleurs.

Selon le quotidien Le Monde, l’argument ultime qui a convaincu la Russie de signer est que les États-Unis auraient accepté de lever leur opposition à ce que des bateaux à gros tonnage soient fournis à la Russie pour faciliter l’exportation de ses céréales.

Références :
Democracy Perception Index 2022
L’accord sur les céréales ukrainiennes signé à Istanbul
Le chef de l’ONU met en garde contre « un ouragan de famines » dans le monde
Negative views of Russia mainly limited to western liberal democracies, poll shows
Ports de la mer Noire bloqués : Washington accuse Moscou d’utiliser la faim comme une arme
Quelle récolte pour les fermiers ukrainiens (vidéo)
Sanctions contre la Russie : les impairs d’Ursula von der Leyen

Compléments de lecture :
L’engrenage ukrainien
L’épouvantail russe

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