L’élimination d’Osama Ben Laden

Publié le 6 mai 2011 | Temps de lecture : 14 minutes

Dès que la Guerre d’Afghanistan fut gagnée, G.W. Bush donne l’ordre aux services de renseignement américains de se tourner prioritairement vers l’Irak, en préparation de la guerre qu’il voulait y mener.

Ceux-ci réduisent donc de manière importante les moyens mis en œuvre pour trouver Osama Ben Laden et ce dernier en profite pour se réfugier au Pakistan, le pays voisin.

Pour le quotidien français Le Monde, la traque qui devait mener ultimement au décès de Ben Laden commence le 1er mars 2003.

Ce jour-là, le cerveau des attentats du 11 Septembre 2001 et numéro 3 d’Al-Qaida, Khaled Cheikh Mohammed, est capturé. Dans la prison américaine de Guantanamo (à Cuba), il est soumis à différentes formes de torture dont 183 séances de noyade simulée.

À l’une de ces occasions, il livre à ses tortionnaires le pseudonyme ou nom de guerre d’un messager de Ben Laden : « al-Kuwaiti », c’est-à-dire « Le Koweitien ».

Cette information est capitale puisque le chef d’Al-Qaida n’utilise pas de téléphone portable ni aucun autre moyen électronique de communication qui permettrait aux Américains de le retracer. Ben Laden doit donc recourir à des messagers pour communiquer ses volontés à ses lieutenants.

La version du quotidien français est en contradiction avec celle du New York Times. Dans un éditorial publié mercredi, ce dernier soutient que le numéro 3 d’Al-Qaida n’a fourni que des informations trompeuses et contradictoires au cours de ses innombrables séances de torture.

Selon le quotidien américain, ce serait plutôt Hassan Ghul, capturé en Irak en 2004, qui aurait fourni non seulement le pseudonyme du messager de Ben Laden mais aussi qui a fait réaliser l’importance stratégique de ce modeste intermédiaire dans l’organisation d’Al-Qaida. Ce prisonnier, qualifié de coopératif, n’a jamais été soumis à des séances de noyade simulée.

Quant à savoir si ses séances d’interrogation ont toutes été conformes au droit international, on ne le saura sans doute jamais, tant il est difficile de percer l’écran opaque des justifications et contre-vérités des officiels de l’administration Bush afin de s’attribuer le mérite de la découverte du repère de Ben Laden.

Mais quoi qu’il en soit, à ce stade-ci on n’est pas très avancé puisqu’on ignore toujours le nom véritable de ce messager. Grâce à ses espions en Afghanistan et au Pakistan, la CIA finit par récupérer le nom de famille du messager. C’est peu : dans cette partie du Monde, des dizaines de milliers de personnes partagent ce nom de famille.

La National Security Agency, spécialisée dans la collecte et l’analyse des communications, entreprend alors d’intercepter tous les appels téléphoniques et courriels des personnes portant ce nom de famille.

En 2007, on finit par connaître le nom complet du messager.

En juillet dernier, des Pakistanais travaillant pour la CIA repèrent une Suzuki blanche circulant dans les rues de Peshawar, une ville située à proximité des régions tribales abritant les Talibans. Ils notent le numéro de plaque du véhicule.

Dans les registres d’immatriculation du Pakistan, le nom du propriétaire de la Suzuki correspond exactement à celui du messager. Pour la première fois, on peut suivre quelqu’un qui a accès directement à Ben Laden.

En août 2010, le messager finit par mener les services de renseignement américains à Abbottabad, un lieu de villégiature prisé par les anciens gradés de l’armée pakistanaise. Cette ville est située à 50 km au nord de la capitale du pays, loin des zones tribales où se cache — croit-on toujours — Ben Laden.

Le messager y habite dans un bunker construit en 2005 et d’apparence assez austère. À l’origine, l’édifice était plutôt isolé au bout d’un chemin poussiéreux. Depuis, d’autres maisons se sont construites dans les alentours. Il est à noter que le bunker bénéficie de la zone d’exclusion de vol aérien décrétée en faveur de la plus importante académie militaire de Pakistan, située à seulement 300 mètres de là.

Remarque : Depuis plusieurs jours, les médias répètent que le complexe serait luxueux et aurait une valeur dépassant le million de dollars. Ceci vise à discréditer Ben Laden aux yeux de ses partisans. Le père du chef d’Al-Qaida est un multimillionnaire saoudien : son fils aurait les moyens d’une résidence d’une telle valeur, mais en réalité ce bunker est tout sauf luxueux.

Il s’agit d’un complexe assez vaste, huit fois plus grand que les autres demeures du quartier. Il occupe un immense terrain et est entouré de murs de 5,5 mètres de haut surmontés de barbelés. Mais c’est une habitation assez moche. Dans une vidéo publiée sur l’Internet, on y voit le bout d’un lit et des rideaux dans la chambre de Ben Laden : c’est d’une pauvreté qui rappelle la décoration intérieure des maisons de paysans chinois.

L’accès est contrôlé par deux portes et les habitants brulaient leurs déchets sur place plutôt que de les laisser au ramassage comme le font leurs voisins.

Le complexe possède l’électricité mais n’est pas relié à un réseau téléphonique, ni à l’internet. De plus, selon les listes d’abonnés, aucun propriétaire de téléphone portable n’y demeure. Les Américains en viennent donc à la conclusion que cette résidence pourrait bien être celle du chef d’Al-Qaida.

Les familles du messager et de son frère vivent dans ce bunker, de même qu’une troisième famille. La composition de cette dernière, et l’âge de ses membres, correspondent aux proches de Ben Laden : conséquemment, en février 2011, les Américains acquièrent la certitude que cette troisième famille est celle du chef d’Al-Qaida.

Après cinq réunions du Conseil national de sécurité auxquelles assiste le Président américain, celui-ci décide, le vendredi le 29 avril 2011 à 8h20, d’autoriser l’opération visant à éliminer Osama Ben Laden. Pourquoi cet assassinat ? Afin d’éviter le risque d’une multiplication des prises en otage d’Occidentaux pour exiger sa libération.

Suivant la recommandation de ses conseillers, le Président ordonne que l’attaque soit menée au sol par un commando, en dépit des risques plus grands que cela représente en comparaison avec l’attaque aérienne par des bombardiers furtifs ou par des drones. Ce choix se justifie par le désir du Président de minimiser les victimes collatérales et la volonté de prendre possession du corps de Ben Laden pour pouvoir l’identifier avec certitude.

L’opération mobilise quatre hélicoptères, de même qu’un chien et de 79 membres des « Navy SEALs » (des troupes d’élite employées notamment pour des missions antiterroristes, de reconnaissance ou de guerre non conventionnelle). Tenue secrète, l’opération s’effectue dimanche après-midi (heure de Washington) sans l’autorisation du Pakistan de survoler son territoire.

En vidéoconférence, le Directeur de la CIA fait le récit des événements qui se déroulent au même moment au Pakistan. Réunie dans la salle de crise de la Maison Blanche, son assistance est composée du Président, de ses conseillers les plus proches, du Vice-président, et de la Secrétaire d’État (Hillary Clinton).

Au Pakistan, on est déjà dans la nuit du dimanche soir au lundi matin. C’est la nouvelle lune ; il fait particulière sombre. Vers 1h du matin, les quatre hélicoptères décollent de la base américaine de Ghazi située à 50km d’Abbottabad. Dans la version officielle, deux hélicoptères doivent prendre part à l’offensive alors que deux autres sont prévus en cas de problème.

Les commandos fonctionnent en vision infrarouge : idéalement, ils doivent priver l’adversaire de toute source lumineuse afin d’être les seuls à voir distinctement ce qui se passe cette nuit-là, ce qui minimise les pertes au cours de l’assaut.

Du toit de sa maison, le seul témoin Pakistanais décrit la scène : « Après minuit, un grand nombre de commandos ont encerclé le complexe. Trois hélicoptères étaient en survol. Tout à coup, des tirs ont éclaté en provenance du sol et en direction des hélicoptères (…). Il y a eu des échanges de tirs intenses et j’ai vu un hélicoptère chuter. »

Le raid dure quarante minutes. Après avoir coupé l’approvisionnement électrique et défoncé le lourd portail métallique orangé du complexe, les Navy SEALs ne rencontrent qu’une faible résistance.

En effet, durant toute l’opération, un seul coup de feu est tiré contre les membres du commando et ce, dès le début de l’assaut. Les tirs entendus par le voisin sont donc principalement ceux des Américains.

Ben Laden n’a pas été tué dans son sommeil. Un hélicoptère, c’est bruyant. Lorsque trois hélicoptères volent à proximité d’une maison, il faut dormir très dur pour ne pas les entendre. De plus, au moment où Ben Laden est abattu, plusieurs coups de feu ont déjà été tirés.

Selon une version officielle, la femme tuée au cours de l’attaque l’aurait été parce que Ben Laden se serait servi d’elle comme bouclier humain, suggérant ainsi que le chef d’Al-Qaida aurait été lâche, faisant face à la mort en se cachant derrière une femme. Cette information a été démentie depuis mais circule toujours.

En réalité, des trois épouses de Ben Laden présentes dans le complexe, une seule est présente dans la chambre du troisième étage où Ben Laden sera assassiné. Soumise aux volontés de son mari, Amal — c’est son nom — n’a pas quitté cette pièce depuis cinq ans.

Lorsque le commando pénètre dans la chambre, elle reçoit aussitôt une balle dans la jambe et perd connaissance. Puis Ben Laden est tué de deux balles — reçues à la tête et dans le dos — sous les yeux horrifiés de sa fille de 12 ou 13 ans, également présente dans la pièce.

L’opération se solde par la mort de cinq personnes :
• Osama Ben Laden
• Khalid Ben Laden (né en 1989, fils d’Osama)
• Abu Ahmed al-Kuwaiti et son frère (les deux messagers du chef d’Al-Qaida).
• Bouchra, l’épouse du frère d’al-Kuwaiti.

Des dix-sept ou dix-huit survivants, seize sont des femmes et des enfants majoritairement originaires d’Arabie saoudite.

Pendant ce temps, le voisin qui est témoin de l’opération — il se nomme Sohaib Athar — ne sait pas ce qui se passe. Dans une série de messages sur Twitter, il se plaint du bruit des hélicoptères qui l’empêchent de dormir.

Il décrit en temps réel le souffle d’une puissante explosion, le crash d’un hélicoptère, et le bouclage du quartier par des militaires qui perquisitionnent chaque maison. Involontairement, ses messages sur l’Internet valident le raid américain.

Après l’annonce de la mort de Ben Laden, il devient une vedette instantanée, des milliers de personnes veulent devenir ses amis (à son grand désespoir, lui qui n’aspire qu’à une vie tranquille… pour l’instant).

Puis, le corps de Ben Laden est transporté par hélicoptère pour identification puis est déposé sur le porte-avions USS Carl-Vinson, qui croise en mer d’Oman. Allongée sur une planche, sa dépouille est basculée dans les flots afin d’éviter qu’une sépulture terrestre ne devienne un lieu de pèlerinage pour ses partisans.

La Maison blanche a prétendu faussement que jeter à la mer la dépouille de Ben Laden serait conforme à l’Islam. En vérité, à moins d’une noyade, cela n’est permis par cette religion que si un navire ne peut accoster rapidement afin que la dépouille soit enterrée en direction de La Mecque dans un délai maximal de 24h après le décès.

Cette méconnaissance profonde de l’Islam a l’avantage politique de contrer cette légende, soigneusement entretenue par les Républicains, à l’effet que le Président américain serait musulman. S’il l’était, comment aurait-il pu autoriser qu’on viole sa religion ?

De plus, on ne rendra pas public les photos démontrant la mort de Ben Laden. Si ces photos étaient publiées, les partisans du complot crieraient à l’imposture et une rumeur de photos truquées se répandraient aussitôt comme une trainée de poudre.

Mon impression est que la Convention de Genève ne permet que les photos qui respectent la dignité de l’ennemi, ce qui n’est pas le cas des photos macabres obtenues par les Américains. De plus, la longue controverse qui s’annonce à ce sujet a le mérite d’être un rappel que c’est le Président Obama qui a réussi à débarrasser l’Amérique de son pire ennemi. C’est une publicité gratuite dont le Président américain bénéficiera lors du renouvellement de son mandat. Il a donc intérêt à ce qu’on en parle longtemps.

Avec la mort de Ben Laden, l’Égyptien Al-Zawahiri, 59 ans, apparait comme son successeur probable. Dans les faits, il serait déjà le chef du réseau terroriste depuis la maladie de Ben Laden en 2004. Toutefois, il manque totalement de charisme et on peut s’attendre à ce que les revenus importants qu’Al-Qaida obtient d’Arabie saoudite chutent à un niveau qui force cette organisation à réduire le nombre de ses projets terroristes.

Dans un texte publié il y a cinq ans sur mon site Web, j’écrivais : « l’occupation militaire (de l’Afghanistan) vise à prévenir le retour au pouvoir des Talibans. (…) Plutôt que de détruire, à l’aide de missile de croisière par exemple, les camps d’entrainement qui pourraient réapparaitre en Afghanistan, les États-Unis ont choisi une solution plus coûteuse qu’est l’occupation perpétuelle de ce pays. Du strict point de vue de l’analyse des coûts-bénéfices, cette occupation est une aberration. »

Le succès du raid « chirurgical » contre Ben Laden et le fiasco de l’occupation militaire de l’Afghanistan nous obligent à nous interroger sur l’opportunité de la participation des militaires canadiens à l’occupation de ce pays.

Références :
Abu Ahmed al-Kuwaiti
Account Tells of One-Sided Battle in Bin Laden Raid
Bin Laden Raid Revives Debate on Value of Torture
CIA spied on bin Laden from safe house
Des armes dans la chambre de Ben Laden, les détails du raid se précisent
La fin de Ben Laden (1/4) : la traque
La fin de Ben Laden (2/4) : l’assaut
La fin de Ben Laden (3/4) : un mort sans cadavre
La fin de Ben Laden (4/4) : l’image manquante
La mission canadienne en Afghanistan ou La perpétuation de coutumes arriérées
Mort de Ben Laden : un journal saoudien évoque une trahison de Zawahiri
Quatre ans de surveillance avant l’opération contre Ben Laden
Senate Intel Chair: Torture Did Not Lead To Bin Laden In Any Way
The Myth of Bin Laden
The Torture Apologists
“UH OH” – L’homme qui a twitté la mort de Ben Laden en direct

Articles parus depuis :
Pakistan petitioned to release Osama bin Laden’s youngest wife (2012-02-14)
La mort de ben Laden en direct (2012-12-07)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Mon Dieu ! Déjà 25,000 requêtes ?

Publié le 5 mai 2011 | Temps de lecture : 1 minute

Mon blogue s’est fait connaitre lentement. Six mois après sa création, il recevait environ cinq requêtes par jour. Six mois plus tard, ce nombre était multiplié par 10. À peine cinq mois de plus et on frise maintenant les cent requêtes quotidiennes.

Si bien qu’il s’est écoulé à peine un mois et demi pour passer d’un nombre cumulatif de 20 000 requêtes (au 16 mars 2011) à la 25 000e requête, aujourd’hui.

Pour marquer l’événement — et vous remercier pour l’intérêt que vous portez à ce blogue — j’ai décidé de rendre public le dernier diaporama demeuré inédit de mon premier voyage en Chine.

Des dix-sept diaporamas relatifs à ce voyage, effectué à l’automne 2009, celui-ci a toujours été mon préféré.

Il vous suffit donc de cliquer sur la photo ci-dessus (ou sur ceci) pour regarder ce diaporama, dévoilé en primeur aujourd’hui.

Merci donc à vous tous.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La fin du harcèlement scolaire sur Facebook en France

Publié le 4 mai 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

En vertu d’un partenariat annoncé hier entre le Ministère de l’éducation nationale de France et Facebook, les élèves coupables d’harcèlement sur ce réseau verront leur compte Facebook fermé.

Il leur sera impossible d’ouvrir un compte sous un autre pseudonyme. S’ils décident d’utiliser le compte d’un ami, c’est cet ami qui risquera également de voir son compte fermé.

Il suffisait d’y penser.

Référence :
Harcèlement scolaire sur Facebook : comptes fermés pour les élèves coupables


Post-scriptum : Prévenu de la publication de ce billet, le Ministère de l’Éducation du Québec m’a fait parvenir la réponse qui suit.

Nous accusons réception de votre courriel, qui nous est parvenu le 4 mai 2011, et vous remercions d’avoir communiqué avec le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.

Nous acheminons votre message au secteur concerné du Ministère afin que toute l’attention voulue y soit apportée.

Nous vous prions d’agréer nos salutations distinguées.

Claudèle Morin
Renseignements généraux
Direction des communications
Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport

Pour écrire à ce Ministère, cliquez sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Vox populi, vox Dei !

Publié le 3 mai 2011 | Temps de lecture : 5 minutes

Le Parti libéral

Le Parti libéral du Canada a subi hier une des plus importantes défaites de son histoire. Il a récolté ce qu’il a semé. Pendant des années, ce parti a formé une coalition implicite avec le Parti conservateur, réclamant du bout des lèvres des amendements aux projets de loi conservateurs pour finalement voter en leur faveur même lorsque leur texte final contenait toujours les dispositions qu’il jugeait inacceptables la veille.

En raison de sa caisse électorale beaucoup moins garnie que celle du Parti conservateur, le Parti libéral a craint le déclenchement des élections pendant des années. Parce que pour les Libéraux, l’argent est le nerf de la guerre. Conséquemment, il a été le parti de la compromission et de la lâcheté.

Il a paniqué à la perspective de renverser le gouvernement et de former un gouvernement de coalition avec le NPD. Et parce qu’il n’a pas su canaliser les frustrations des Canadiens lésés par les politiques conservatrices, ceux-ci se sont tournés vers d’autres porte-parole.

Le Parti conservateur

La campagne conservatrice a été dominée par le charme : ceux qui, comme moi, ignorions que monsieur Harper pouvait sourire, l’ont vu charmant durant toute la durée de la campagne électorale, se démarquant de l’air naturellement taciturne de son rival M. Ignatieff.

Ce parti a beaucoup appris au cours de ses années au pouvoir. Il s’est assagi partiellement. Il a su faire la différence entre une rhétorique conservatrice payante lors des levées de fonds dans l’Ouest du pays et ses actions concrètes, généralement plus pragmatiques qu’on pense.

Disposant dorénavant d’un pouvoir sans partage, il a le choix entre se radicaliser et préparer sa défaite dans quatre ans, ou gouverner prudemment et être possiblement réélu.

Jusqu’ici, le Parti conservateur a imprimé sa marque dans la ré-allocation des ressources de l’État en coupant les subventions aux uns, en augmentant les subventions aux autres. Par contre, son bilan législatif est très mince puisque de nombreux projets de loi sont morts au feuilleton. Maintenant qu’il est majoritaire, le gouvernement Harper pourra façonner à sa guise le cadre législatif du pays.

Le Nouveau parti démocratique

La surprise de cette élection fut la vague NPD qui a raflée 58 sièges au Québec. Comment cela fut-il possible ?

Ordinairement, il est très difficile pour un tiers parti de se faire entendre. Les médias se concentrent sur ce qui est important : or les décisions d’un parti au pouvoir sont les seules qui comptent pour le pays. C’est pourquoi les journalistes scrutent à la loupe les propos et les gestes des membres du Cabinet fédéral puisqu’ils sont des indices ou des révélateurs de la direction que pourrait prendre l’État.

Lorsqu’un gouvernement est minoritaire, il doit tenir compte aussi de l’opposition officielle. Les médias reflètent donc cet intérêt. Mais lorsqu’on arrive à un parti aussi secondaire que l’était le NPD avant le déclenchement des élections, celui-ci faisait figure de moustique de la politique canadienne.

En temps électoral, Radio-Canada offre des temps d’antenne égaux pour tous les partis officiels. Et puisque le peuple est appelé à procéder à un choix entre divers partis, on assiste à un intérêt pour les candidats en lice et pour leur programme électoral. Les médias reflètent cet intérêt nouveau et font plus de place aux petits partis qui ont alors une occasion unique de se faire valoir.

Le chef du NDP a admirablement saisi l’occasion qui lui était offerte et a gagné la sympathie de nombreux électeurs (dont ma mère, une partisane libérale de longue date).

Mais le NPD répétera-t-il à Ottawa le feu de paille que fut l’Action démocratique au Québec : un petit parti propulsé au statut d’opposition officielle et qui s’y est discrédité aux yeux de nombreux électeurs ? C’est le défi nouveau du NPD : il devra faire taire ses députés néophytes (enclins à gaffer) et les faire travailler dans l’intérêt du pays tout en étant soumis aux railleries et à l’acharnement partisan d’un parlement majoritairement hostile à leur égard.

Le Bloc québécois

Emporté par la vague orange, le Bloc a été décimé, ne récoltant que quatre députés.

Avant le déclenchement des élections, les députés du Bloc étaient parmi les plus compétents de la Chambre des communes. Disciplinés et besogneux, ils ont profité de la vulnérabilité du gouvernement minoritaire pour promouvoir les intérêts du Québec. Rarement notre province n’a été aussi bien représentée dans l’opposition à Ottawa.

Mais les électeurs québécois leur ont préféré les candidats du NPD. Sous un gouvernement majoritaire conservateur, le Bloc québécois aurait prêché dans le désert. L’électorat québécois a fait en sorte que ces hommes et femmes talentueux deviennent disponibles à servir le Québec autrement.

D’ici deux ans, nous aurons une élection provinciale et de nombreuses élections municipales. Les ex-députés du Bloc sont comme des joueurs de hockey au repêchage : ils sont disponibles à remplacer avantageusement les élus municipaux et provinciaux pourris qui nous gouvernent.

Les électeurs québécois — involontairement, peut-être — ont tout mis en place pour que le prochain gouvernement du Québec soit l’un des plus compétents et les plus dynamiques que le Québec puisse avoir. C’est à suivre…

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le pouvoir du peuple

Publié le 30 avril 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

Depuis quelques mois, des milliers de personnes ont été tuées en Tunisie, en Égypte, en Libye, en Syrie et dans d’autres pays du Moyen-Orient. Ces personnes sont mortes pour réclamer un droit que chacun d’entre nous peut exercer sans risquer sa vie : celui de choisir nos dirigeants politiques.

Depuis des semaines, les candidats de plusieurs formations politiques tentent de nous convaincre de voter pour eux. Personnellement, j’ai suivi cette campagne distraitement puisque pour moi, ce qui compte, ce n’est pas ce que les politiciens disent mais ce qu’ils font. Or avant même le déclenchement de cette campagne, je savais de quel bois ils se chauffaient.

Lundi prochain, c’est le grand jour. Doit-on élire les candidats en fonction de l’intérêt supérieur du pays ? Doit-on les choisir en fonction de nos idées, de nos croyances ou de l’intérêt du groupe qui nous définit ? Doit-on les choisir en fonction du monde merveilleux qu’ils nous laissent entrevoir s’ils sont élus ou réélus ou doit-on les choisir en fonction de leurs actes passés ?

Chacun de ces critères est défendable. Peu importe les raisons qui vous font préférer de voter pour un parti ou un autre, pour le candidat de votre circonscription ou pour le chef d’un parti, rappelez-vous : nous avons le droit extraordinaire de choisir nos dirigeants politiques, de contribuer ainsi à écrire l’histoire de notre pays et de décider de son évolution.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Foires de l’auto : New York ou Shanghai ?

Publié le 29 avril 2011 | Temps de lecture : 1 minute


Dix principaux marchés de l’automobile en 2010
(en millions de voitures neuves) :


 
Le Salon international de l’automobile de New York est le plus important des États-Unis; il attire habituellement plus d’un million de visiteurs. L’événement avait lieu cette année du 22 avril au 1er mai. Toutefois, presque simultanément, celui de Shanghai se tenait du 21 au 28 avril.

En se forçant un peu, n’importe quel dirigeant d’un constructeur automobile aurait pu honorer de sa présence une de ces foires commerciales, puis l’autre quelques jours plus tard.

Mais cela ne fut pas le cas. Le Président-directeur général de General Motors était à New York tandis que ses homologues de Volkswagen, de Toyota et de Renault-Nissan ont préféré visiter celui de Shanghai.

Références :
Chimits X, Le Sud accélère, La Revue, 2011; 9: 57.
Les grands bonzes de l’auto préfèrent Shanghai à New York

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Faits divers No 3

Publié le 28 avril 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

Après le déclin de Windows, celui d’Internet Explorer se poursuit. Ce fureteur, toujours dominant, n’est plus utilisé que dans 55,9% des cas, alors que Firefox occupe la deuxième place avec 21,8%, suivi de Chrome (11,6%) et Safari (6,6%).

Référence : Apple veut limiter la publicité ciblée sur Safari


 
Au Québec, le chocolat est la deuxième exportation agroalimentaire en importance, après le porc.

Référence :
Prix du cacao : les chocolatiers doivent s’adapter


 
Le Québec compte 2 751 lieux de culte (en opération ou fermés). C’est l’État en Amérique du Nord qui, de loin, a fait le plus d’efforts pour son patrimoine religieux : 240 millions$ depuis une quinzaine d’années.

Référence : Patrimoine religieux – Trop de lieux de culte?


 
Le Produit intérieur brut (c’est-à-dire la richesse) par habitant en Corée du Nord correspond à 5% de celui en Corée du Sud (qui est d’environ 23,000$, soit moins que celui de la moyenne des pays de l’Union européenne qui est de 28,165$).

Référence : Morillot J, Inéluctable réunification ?, La Revue, 2011; 9: 48-9.


 
Environ 60% des terres arables non cultivées du globe se trouvent en Afrique.

Référence : Airault P, Et pourtant elle arrive…, La Revue, 2011; 9: 55.


 
En 2008, Le plus fort taux d’obésité se rencontre aux États-Unis (34%) et le plus faible en Inde et en Indonésie (1%).

Référence : Boudraa J, Tous obèse ?, La Revue, 2011; 9: 63.


 
Pour la deuxième année consécutive, le Noma a été consacré meilleur restaurant du Monde par des chefs, critiques gastronomiques et restaurateurs réunis dans le cadre du prix San Pellegrino. Ouvert depuis 2003, ce restaurant est situé dans un entrepôt maritime rénové du port de Copenhague, au Danemark. Son chef et co-propriétaire s’appelle René Redzepi (né en 1977).

Référence : Le restaurant danois « Noma » classé meilleure table de la planète


Liste de tous les faits divers (des plus récents aux plus anciens)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les Montréalais sont-ils casaniers ?

Publié le 27 avril 2011 | Temps de lecture : 3 minutes

Sous la manchette « Montréal casanier », le quotidien Métro dévoilait ce matin le résultat d’un sondage effectué sur l’Internet auprès de 15,000 personnes âgées de 18 à 49 ans dans trente villes du monde, dont 500 personnes à Montréal.

Ce sondage révélerait que les jeunes Montréalais visitent peu leurs institutions culturelles, comparativement aux citoyens d’autres grandes villes.

Par exemple, la proportion des jeunes qui visitent un musée, une galerie d’Art ou un théâtre au moins une fois par mois est de :
   • Stockholm : 9%
   • Copenhague : 11%
   • Montréal : 12%
   • Londres : 29%
   • Mexico : 30%
   • Santiago : 30%
   • Beijing : 32%
   • São Paulo : 33%

Ce qui a attiré mon attention, c’est que ce sondage en ligne a été effectué entre le 15 janvier et le 15 février 2011.

Si on s’informe de la fréquence de mes sorties culturelles, ma réponse sera influencée par le temps de l’année où la question m’est posée. L’été, en pleine saison des festivals, j’aurai tendance à surévaluer cette fréquence et à oublier un peu les rigueurs du climat qui modéraient mes envies de sortie six mois plus tôt.

Effectivement, lorsqu’on analyse les résultats, on voit que les citoyens les plus casaniers habitent des villes nordiques (Stockholm, Copenhague et Montréal) alors que ceux qui vivent sous des climats plus chauds, sortent d’avantage. Une exception est Beijing qui possède un climat tempéré.

Si on effectue un sondage sur l’Internet dans un pays où les domiciles sont moins reliés à l’Internet, on risque que les répondants soient plus fréquemment des gens qui répondent à partir d’un lieu public. On sur-représente donc ceux qui sortent davantage que la moyenne. C’est comme effectuer ce sondage sous la marquise de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, auprès de ceux qui viennent justement d’assister à un spectacle.

On doit donc regarder avec beaucoup de circonspection les résultats de ce sondage puisque le journaliste n’a pas cru bon préciser le texte exact des questions et que les données y sont présentées de manière très sommaire.

Il s’agit donc de données possiblement intéressantes, mais analysées de manière superficielle. Jamais l’explication du climat — pourtant évidente — ne semble avoir traversé l’esprit de l’auteur. On lit le texte avec l’impression que les jeunes Montréalais sont des incultes comparés aux autres jeunes autour du globe.

Le journaliste y aurait pensé qu’il aurait eu honte de publier une lapalissade à l’effet que plus il fait froid, moins les gens ont le goût de sortir. Car on ne fait pas les manchettes avec des lieux communs.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Mouawad et la guerre civile libanaise

Publié le 26 avril 2011 | Temps de lecture : 6 minutes

Le dramaturge Wajdi Mouawad

Wajdi Mouawad est né au Liban le 16 octobre 1968. Il quitte son pays natal en 1976, émigre d’abord en France (où il demeurera sept ans) puis s’installe définitivement au Québec en 1983.

À 23 ans, il reçoit son diplôme de l’École nationale de théâtre du Canada. Lauréat du Prix littéraire du Gouverneur général du Canada dans la catégorie théâtre en 2000, il est récipiendaire en 2009 du Grand prix du théâtre de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre dramatique.

La guerre civile libanaise

La guerre civile libanaise déchira ce pays de 1975 à 1990. Elle fit entre 130,000 et 250,000 victimes civiles. Elle débute par une tentative d’assassinat à Beyrouth, la ville natale de Wajdi.

Le matin du 13 avril 1975, Pierre Gemayel (un ministre libanais) se rend à l’inauguration d’une église catholique dans la banlieue ouest de Beyrouth. Des miliciens pro-syriens échouent dans leur tentative de le tuer mais atteignent mortellement son garde du corps.

Quelques heures plus tard, en représailles, les miliciens de Pierre Gemayel arrêtent un autobus transportant 27 travailleurs palestiniens, l’aspergent d’essence, y mettent le feu et mitraillent tous ceux qui tentent de s’en échapper.

Je me rappelle vaguement d’une entrevue télévisée au cours de laquelle — si ma mémoire est bonne — Wajdi aurait déclaré avoir été témoin de ce massacre. Il avait six ans.

Cette journée du 13 avril 1975 marque le début officiel de la guerre civile libanaise. La tuerie survenue ce jour-là provoque une série d’actes de violence entre Musulmans et Chrétiens, chaque groupe enterrant ses martyrs et jurant de venger ses morts.

Au cours d’un samedi de décembre 1975, près de la capitale libanaise, les milices chrétiennes tuent 600 Musulmans pour venger la découverte, plus tôt cette journée-là, de quatre Chrétiens trouvés tués à coups de hache.

Le 18 janvier 1976, les milices chrétiennes tuent environ 1,500 Musulmans dans un quartier de Beyrouth-Est. Deux jours plus tard, les Palestiniens répliquent en attaquant la ville de Damour, située à 20 km au sud de Beyrouth, et y massacrent entre 300 et 1,500 Chrétiens.

Alors que s’accélère la violence inter-religieuse, la famille Mouawad quitte le Liban en 1976. Il est probable qu’à l’étranger, la famille de Wajdi a suivi les événements qui se déroulaient au Liban.

De tous les massacres qui ont jalonné cette guerre civile, le plus connu est celui de Sabra et de Chatila, du nom de deux camps palestiniens situés à la périphérie de Beyrouth.

Le massacre de Sabra et de Chatila

Le 6 juin 1982, l’armée israélienne envahit le Liban et s’arrête aux portes de la capitale libanaise. Le 20 août suivant, les États-Unis obtiennent un accord de cessez-le-feu en vertu duquel les soldats de l’Organisation de libération de la Palestine quittent Beyrouth tandis que l’armée israélienne accepte de ne pas avancer davantage dans la ville.

Le 23 août 1982, Bachir Gemayel (le fils de Pierre Gemayel, dont il a été question plus haut) est élu président du Liban.

Le 14 septembre 1982, il meurt assassiné par un militant pro-syrien.

Le 15 septembre, l’armée israélienne répond à l’assassinat de leur allié en investissant Beyrouth-Ouest, contrairement à l’accord de cessez-le-feu signé un mois plus tôt. Israël justifie ce redéploiement par la nécessité de maintenir l’ordre et de détruire l’infrastructure laissée par les terroristes.

Les 16 et 17 septembre, alors que les camps de Sabra et Chatila sont encerclés par l’armée israélienne et que la population y est désarmée, l’armée israélienne laisse entrer les milices chrétiennes qui y tueront hommes, femmes et enfants pendant ces deux jours et ce, afin de venger la mort de Bachir Gemayel. Le massacre fit entre 800 et 3,500 victimes.

Dès les premières heures de la tuerie, de sa chambre de l’hôtel Hilton, l’ambassadeur américain en avait été choqué et en avait informé aussitôt Washington : l’administration Reagan était intervenue promptement auprès du gouvernement israélien mais s’était fait répondre sèchement que les opérations cesseraient lorsqu’elles seraient terminées.

L’implication indirecte de l’armée israélienne dans ce massacre avait fait scandale au sein même de la population israélienne ; sur la principale place de Tel-Aviv, des dizaines de milliers de Juifs manifestaient leur indignation contre ces massacres.

Le gouvernement de ce pays avait dû créer une commission d’enquête dont le rapport blâma mollement le ministre de la Défense d’Israël de l’époque, Ariel Sharon.

Toutefois, l’enquête avait révélé que les milices chrétiennes du Liban étaient financées par Israël et que le chef de la milice qui procéda au massacre, Elie Hobeika, recevait ses ordres directement d’Ariel Sharon.

En 2001, Elie Hobeika déclarait que si un tribunal international était institué pour juger Ariel Sharon — devenu Premier ministre d’Israël — pour crime de guerre, il serait prêt à témoigner contre lui. Quelques semaines plus tard, Hobeika décédait dans un attentat à la voiture piégée.

La guerre dans l’œuvre de de Wajdi Mouawad

Je n’ai vu que deux œuvres de Wajdi Mouawad.

D’abord le film « Littoral », qui raconte les complications que connait une famille libanaise désirant enterrer la dépouille d’un des leurs et qui découvre horrifiés que les soldats syriens (occupant le Liban) profanent les cercueils libanais afin d’y voler les bijoux et arracher l’or des obturations dentaires des cadavres.

J’ai assisté également à la pièce de théâtre « Ciels » qui décrit le fonctionnement d’une équipe d’experts chargés d’intercepter et de décrypter des messages afin de prévenir des attentats terroristes.

À partir de cet aperçu de l’œuvre de Wajdi, il m’apparait évident que l’auteur dramatique québécois a été profondément marqué par les événements tragiques de son pays d’origine et par le cycle de représailles et de vengeances qui y ont alimenté la guerre civile.

Dans sa réponse à l’affaire Cantat, Wajdi Mouawad écrivait dans Le Devoir : « je tiens la justice comme l’espace pacificateur auquel je me dois de me rallier coûte que coûte, si je veux faire barrage à la barbarie de la vengeance que j’exècre plus que tout tant elle a déchiré le pays qui m’a vu naître

Références
Aimée, ma petite chérie
Elie Hobeika
Guerre du Liban
Karantina massacre
Massacre de Damour
Massacre de Sabra et Chatila
Wajdi Mouawad

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Lacunes sanitaires de restaurants et d’épiceries de Montréal (en février et mars 2011)

Publié le 24 avril 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

On trouvera ci-dessous la liste alphabétique des établissements condamnés en février et mars 2011 pour avoir enfreint les règles d’hygiène de la ville de Montréal. Pour ces deux mois, les amendes totalisent $ 43,750.

   • Achtaroute (Produit Pita —) / 1575 Rue Antonio-Barbeau / $ 4,700
   • Alma (Boulangerie et pâtisserie —) / 4600 boul. des Grandes-Prairies / voir Farhat (Pita —)
   • Club Sanswiches (Resto-bar Les —) / 1570 est, rue Sainte-Catherine / $ 2,000
   • Bellechasse (Boulangerie et pizzeria —) / 1315 rue de Bellechasse / $ 1,200
   • Callia (Restaurant —) / 78 ouest, rue De La Gauchetière / $ 900
   • Farhat (Pita —) / 4600 Boul. des Grandes-Prairies / $ 5,100
   • Jardin du riz (Restaurant —) / 3257 est, rue Beaubien / $ 1,800
   • La Providencia (Pâtisserie —) / 7807 boul. Saint-Laurent /$ 1,250
   • La Saveur (Pâtisserie —) / 6033 est, boul. Henri-Bourassa / $ 1,500
   • Leopoldo (Fruiterie — ) / 182 Place du Marché-du-Nord / $ 500
   • Lim Phat – Jarry (Les Aliments —) / 3733 rue Jarry Est / $ 5,000
   • Magalie (La Boucherie de —) / 176 est, rue Jean-Talon / $ 1,500
   • Maison Chung Mei (Restaurant La —) / 5055 chemin Queen-Mary / $ 1,200
   • Mon Shing (Restaurant —) / 90 ouest, rue De La Gauchetière Ouest / $ 1,000
   • Monsieur Patates frites / 12680 ouest, boul. Gouin / $ 1,500
   • O.-C.-N. Import / 181 ouest, rue Jean-Talon / $ 700
   • Pho Vietnam (Restaurant —) / 970 boul. Saint-Laurent / $ 1,500
   • Picadelly (Boulangerie pâtisserie —) / 542 av. Ogilvy / $ 250
   • Pizza Pita / 6415 boul. Décarie / $ 1,000
   • Sorgho rouge / 1862 ouest, boul. De Maisonneuve / $ 900
   • Tandoor Plus (Restaurant —) / 1720 rue Oxford / $ 900
   • Thai Express / 977 ouest, rue Sainte-Catherine / $ 1,500
   • Tiki-Ming / 4124 est, rue Jean-Talon / $ 250
   • 7 Jours Hong (Dépanneur —) / 1300 rue Villeray / $ 800
   • Shich Poulet Royal / 270a ouest, rue Chabanel / $ 900
   • Veggierama (Cultures —) / 7999 boul. des Galeries-d’Anjou / $ 2,000
   • Wawaa (Super marché —) / 9048 boul. Saint-Michel / $ 700
   • Wing Phat (Restaurant —) / 4201 est, rue Jarry / $ 2,000
   • Xing Hui (Dépanneur —) / 1546 est, rue Jarry / $ 1,200


Pour consulter la liste de tous les articles publiés sur ce blogue relativement aux établissements condamnés pour avoir enfreint les règles sanitaires de la ville, veuillez cliquer sur ceci.

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