Batelier au loin

Publié le 12 mai 2011 | Temps de lecture : 1 minute
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Les Chinois ont passé des milliers d’années à façonner leur territoire si bien que leur pays est aujourd’hui très photogénique.

Il s’agit ici d’un batelier au loin sur un affluent de la rivière Li.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm — 1/80 sec. — F/3,7 — ISO 100 — 16 mm

Note : Cliquez ceci pour voir la vidéo de laquelle cette photo est extraite.

Laissez un commentaire »

| Photos de Chine — 中国, Photos de la rivière Li — 漓江, Photos de voyage | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Quand on a de l’argent de trop : l’achat de Skype par Microsoft

Publié le 11 mai 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

Depuis le départ de Bill Gates le 14 janvier 2000, Microsoft est dirigé par Steve Balmer. Ce dernier est un homme très intelligent, colérique, et totalement dépourvu de jugement.

Sa gestion lamentable du conflit avec les responsables européens de la lutte contre les abus de position dominante a déjà coûté plus de deux milliards$ à Microsoft en pénalités.

Voilà aujourd’hui qu’il offre de payer 8,5 milliards$ pour Skype, une compagnie offrant aux 660 millions de personnes inscrites à ses services, la possibilité d’effectuer des appels-vidéos par Internet.

Depuis un quart de siècle, Microsoft a accumulé 43 milliards$ de liquidités. Le sixième de cette somme sera donc utilisé pour acheter Skype, une compagnie non rentable. Jamais Microsoft n’aura dépensé autant pour acquérir un logiciel ou une compagnie.

Autrefois, il aurait suffi à Microsoft de créer un logiciel rival pour qu’il soit adopté instantanément, privant Skype de sa clientèle du jour au lendemain. Mais les temps ont changé.

Les Macintosh ont presque doublé leur part du marché depuis 2006. Windows Vista fut un désastre. Wikipédia est venu à bout de l’encyclopédie Encarta (discontinuée en 2009). La part du marché occupée par les lecteurs multimédia Zune — la version microsoftienne des iPods d’Apple — est insignifiante. Les téléphones basés une version miniature de Windows perdent du terrain. De nos jours, Internet Explorer n’est plus utilisé que par 55,9% des internautes.

Bref, Microsoft est devenue une compagnie de perdants, essuyant des échecs ou les demi-succès sur tous les fronts sauf celui des consoles vidéo.

Alors qu’Apple a créé FaceTime, une version améliorée de Skype, Microsoft sait que s’il tentait de faire pareil, les internautes bouderaient sa copie. Microsoft a donc décidé d’acheter la position dominante de Skype pour une somme faramineuse.

Ce faisant elle se prive de milliards de dollars qu’elle aurait pu utiliser de manière plus judicieuse en créant des produits novateurs et en corrigeant les bogues incalculables qui minent sa crédibilité.

Références :
FaceTime
Le déclin de Windows
Microsoft
Skype
Skype vaut-il 8,5 milliards?
Steve Ballmer

Laissez un commentaire »

| Informatique | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le palmarès des bandits du Québec

Publié le 10 mai 2011 | Temps de lecture : 1 minute
© 2011 — Gouvernement du Québec

En septembre 2005, la Sûreté du Québec sollicitait la collaboration de divers services de police dans le but d’accroitre la visibilité de des criminels et de favoriser leur arrestation.

En juin 2006, le programme « Les 10 criminels les plus recherchés du Québec » a été mis sur pied. Ce programme utilise différents moyens de communication pour transmettre à la population des informations se rapportant aux criminels recherchés.

La Gendarmerie royale du Canada, la Sûreté du Québec, le Service du renseignement criminel du Québec, de même que les Services de police des villes de Montréal, Laval, Québec, Longueuil et de Gatineau ont donc uni leurs forces pour créer un site web où sont présentés ces bandits.

Pour tout détail susceptible de favoriser leur arrestation : 1-800-659-4264 ou cic@surete.qc.ca

Référence : Les dix criminels les plus recherchés du Québec

2 commentaires

| Avis | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Une révolution scolaire dont on pourrait s’inspirer

Publié le 9 mai 2011 | Temps de lecture : 5 minutes

Les Chinois : unis par l’écrit, divisés par l’oral

Le mandarin (la langue chinoise) requiert couramment la connaissance de 3,000 à 5,000 caractères appelés sinogrammes. C’est beaucoup plus que le nombre de touches sur le clavier d’un ordinateur. Alors comment les Chinois font-ils pour écrire leur langue à l’ordinateur ?

Prenons le mot « brochette » (en français) qui s’écrit avec un seul caractère chinois. Ce caractère se prononce « chuan ».

Sur le clavier, on doit taper son équivalent phonétique (en lettres occidentales), soit « chuan ». Malheureusement, cinq autres sinogrammes se prononcent de la même manière mais ont des sens différents. Ce sont des homophones comme, en français, « pain », « pin » et « peint » ou, pour prende un autre exemple, « vin », « 20 », « vain » et « vainc ».

Les homophones sont très nombreux parce que le mandarin ne compte que 404 unités syllabiques ; en d’autres mots, il n’y a que 404 sons uniques pour prononcer les milliers de caractères chinois.

Dans ce cas-ci, à l’écran, les six homophones de « chuan » apparaissent : on choisit le bon et on passe au mot suivant. Et ainsi de suite pour chacun des autres caractères qu’on doit écrire. Vous l’aurez deviné : c’est un peu long.

La reconnaissance vocale — c’est-à-dire dicter son texte à l’ordinateur — ne résout pas ce problème. Au contraire, elle l’empire puisqu’un caractère chinois qui a le même sens partout en Chine peut se prononcer différemment en mandarin (parlé à Beijing), en wu (parlé à Shanghai) et en cantonais (parlé à Hong Kong). C’est comme si le mot « cheval » était représenté par la silhouette de cet animal. Devant cette silhouette, le Francophone dira « cheval », mais l’Anglais dira « horse » et l’Allemand dira « Pferd ».

Imaginez que les langues occidentales s’écrivent avec des symboles comme dans l’exemple du cheval. Cela aurait pour résultat que tous les Occidentaux pourraient lire les mêmes journaux. Toutefois, lus à voix haute, leurs articles donneraient des résultats complètement différents.

C’est ce qui arrive en Chine; les Pékinois, les Shanghaïens et les Cantonnais se comprennent lorsqu’ils s’écrivent mais pas lorsqu’ils se parlent.

Si on veut éviter de taper l’équivalent phonétique (« chuan », dans l’exemple du début), on pourrait recourir à la reconnaissance optique des caractères écrits : c’est-à-dire qu’un Chinois n’aurait qu’à écrire un sinogramme sur une ardoise électronique (par exemple, un iPad) et l’appareil déchiffrerait instantanément ce qu’il a écrit.

Cette solution est beaucoup plus avantageuse pour eux et c’est pourquoi ils y ont consacré beaucoup de ressources.

Une compagnie chinoise, Hanvon (ou Hanwang en mandarin), est le leader mondial à ce sujet depuis une décennie. Fort de sa suprématie, elle a développé toute une série de produits dérivés dont une ardoise électronique appelée hPad.

Sur un hPad, on peut lire n’importe quel des 150 000 livres électroniques offerts par Hanvon. Car cette compagnie est le deuxième plus important libraire électronique au monde, après Amazon.

La révolution scolaire de Shanghai

Hanvon mène présentement un projet pilote dans des écoles de Shanghai qui risque de révolutionner l’édition de manuels scolaires. Dans cette ville, l’école est gratuite (sauf pour les migrants) et est obligatoire. Les pouvoirs publics dépensent annuellement 300 yuans (50$) pour l’achat de manuels pour chaque collégien. Or les études collégiales durent trois ans.

Dans cette expérience, chaque étudiant reçoit plutôt une ardoise électronique équipée d’un logiciel de reconnaissance de caractères chinois écrits à la main.

En début d’année, l’élève télécharge la version électronique de tous les manuels dont il aura besoin. Il fait ses devoirs dans des cahiers d’exercices électroniques que ses professeurs corrigent le lendemain.

Cette expérience ne fait que commencer. Le tout devrait être opérationnel d’ici deux ou trois ans.

Si l’expérience s’avère concluante, 300 millions d’écoliers chinois pourraient bénéficier de cette révolution. En effet, cela entrainerait rien de moins que la disparition des manuels imprimés, des cahiers d’exercice et des bibliothèques dans les écoles.

Si les Chinois prennent une longueur d’avance sur nous, il nous suffirait de sauter l’étape de la reconnaissance des caractères écrits — puisque taper son texte est beaucoup plus simple en français qu’en mandarin — et nous pourrions les rattraper. Si évidemment nous nous grouillons le derrière…

Référence : Barbier M, Le roi du e-Book reader – Maître chez lui, ChinePlus, 2011; 18: 40-3.

Parus depuis :
Tablet PCs speak kids’ language (2015-04-13)
L’enjeu du numérique à l’école (2016-09-24)
De l’école et des écrans (2019-05-04)

Laissez un commentaire »

| Informatique | Mots-clés : , , , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’élimination d’Osama Ben Laden

Publié le 6 mai 2011 | Temps de lecture : 14 minutes

Dès que la Guerre d’Afghanistan fut gagnée, G.W. Bush donne l’ordre aux services de renseignement américains de se tourner prioritairement vers l’Irak, en préparation de la guerre qu’il voulait y mener.

Ceux-ci réduisent donc de manière importante les moyens mis en œuvre pour trouver Osama Ben Laden et ce dernier en profite pour se réfugier au Pakistan, le pays voisin.

Pour le quotidien français Le Monde, la traque qui devait mener ultimement au décès de Ben Laden commence le 1er mars 2003.

Ce jour-là, le cerveau des attentats du 11 Septembre 2001 et numéro 3 d’Al-Qaida, Khaled Cheikh Mohammed, est capturé. Dans la prison américaine de Guantanamo (à Cuba), il est soumis à différentes formes de torture dont 183 séances de noyade simulée.

À l’une de ces occasions, il livre à ses tortionnaires le pseudonyme ou nom de guerre d’un messager de Ben Laden : « al-Kuwaiti », c’est-à-dire « Le Koweitien ».

Cette information est capitale puisque le chef d’Al-Qaida n’utilise pas de téléphone portable ni aucun autre moyen électronique de communication qui permettrait aux Américains de le retracer. Ben Laden doit donc recourir à des messagers pour communiquer ses volontés à ses lieutenants.

La version du quotidien français est en contradiction avec celle du New York Times. Dans un éditorial publié mercredi, ce dernier soutient que le numéro 3 d’Al-Qaida n’a fourni que des informations trompeuses et contradictoires au cours de ses innombrables séances de torture.

Selon le quotidien américain, ce serait plutôt Hassan Ghul, capturé en Irak en 2004, qui aurait fourni non seulement le pseudonyme du messager de Ben Laden mais aussi qui a fait réaliser l’importance stratégique de ce modeste intermédiaire dans l’organisation d’Al-Qaida. Ce prisonnier, qualifié de coopératif, n’a jamais été soumis à des séances de noyade simulée.

Quant à savoir si ses séances d’interrogation ont toutes été conformes au droit international, on ne le saura sans doute jamais, tant il est difficile de percer l’écran opaque des justifications et contre-vérités des officiels de l’administration Bush afin de s’attribuer le mérite de la découverte du repère de Ben Laden.

Mais quoi qu’il en soit, à ce stade-ci on n’est pas très avancé puisqu’on ignore toujours le nom véritable de ce messager. Grâce à ses espions en Afghanistan et au Pakistan, la CIA finit par récupérer le nom de famille du messager. C’est peu : dans cette partie du Monde, des dizaines de milliers de personnes partagent ce nom de famille.

La National Security Agency, spécialisée dans la collecte et l’analyse des communications, entreprend alors d’intercepter tous les appels téléphoniques et courriels des personnes portant ce nom de famille.

En 2007, on finit par connaître le nom complet du messager.

En juillet dernier, des Pakistanais travaillant pour la CIA repèrent une Suzuki blanche circulant dans les rues de Peshawar, une ville située à proximité des régions tribales abritant les Talibans. Ils notent le numéro de plaque du véhicule.

Dans les registres d’immatriculation du Pakistan, le nom du propriétaire de la Suzuki correspond exactement à celui du messager. Pour la première fois, on peut suivre quelqu’un qui a accès directement à Ben Laden.

En août 2010, le messager finit par mener les services de renseignement américains à Abbottabad, un lieu de villégiature prisé par les anciens gradés de l’armée pakistanaise. Cette ville est située à 50 km au nord de la capitale du pays, loin des zones tribales où se cache — croit-on toujours — Ben Laden.

Le messager y habite dans un bunker construit en 2005 et d’apparence assez austère. À l’origine, l’édifice était plutôt isolé au bout d’un chemin poussiéreux. Depuis, d’autres maisons se sont construites dans les alentours. Il est à noter que le bunker bénéficie de la zone d’exclusion de vol aérien décrétée en faveur de la plus importante académie militaire de Pakistan, située à seulement 300 mètres de là.

Remarque : Depuis plusieurs jours, les médias répètent que le complexe serait luxueux et aurait une valeur dépassant le million de dollars. Ceci vise à discréditer Ben Laden aux yeux de ses partisans. Le père du chef d’Al-Qaida est un multimillionnaire saoudien : son fils aurait les moyens d’une résidence d’une telle valeur, mais en réalité ce bunker est tout sauf luxueux.

Il s’agit d’un complexe assez vaste, huit fois plus grand que les autres demeures du quartier. Il occupe un immense terrain et est entouré de murs de 5,5 mètres de haut surmontés de barbelés. Mais c’est une habitation assez moche. Dans une vidéo publiée sur l’Internet, on y voit le bout d’un lit et des rideaux dans la chambre de Ben Laden : c’est d’une pauvreté qui rappelle la décoration intérieure des maisons de paysans chinois.

L’accès est contrôlé par deux portes et les habitants brulaient leurs déchets sur place plutôt que de les laisser au ramassage comme le font leurs voisins.

Le complexe possède l’électricité mais n’est pas relié à un réseau téléphonique, ni à l’internet. De plus, selon les listes d’abonnés, aucun propriétaire de téléphone portable n’y demeure. Les Américains en viennent donc à la conclusion que cette résidence pourrait bien être celle du chef d’Al-Qaida.

Les familles du messager et de son frère vivent dans ce bunker, de même qu’une troisième famille. La composition de cette dernière, et l’âge de ses membres, correspondent aux proches de Ben Laden : conséquemment, en février 2011, les Américains acquièrent la certitude que cette troisième famille est celle du chef d’Al-Qaida.

Après cinq réunions du Conseil national de sécurité auxquelles assiste le Président américain, celui-ci décide, le vendredi le 29 avril 2011 à 8h20, d’autoriser l’opération visant à éliminer Osama Ben Laden. Pourquoi cet assassinat ? Afin d’éviter le risque d’une multiplication des prises en otage d’Occidentaux pour exiger sa libération.

Suivant la recommandation de ses conseillers, le Président ordonne que l’attaque soit menée au sol par un commando, en dépit des risques plus grands que cela représente en comparaison avec l’attaque aérienne par des bombardiers furtifs ou par des drones. Ce choix se justifie par le désir du Président de minimiser les victimes collatérales et la volonté de prendre possession du corps de Ben Laden pour pouvoir l’identifier avec certitude.

L’opération mobilise quatre hélicoptères, de même qu’un chien et de 79 membres des « Navy SEALs » (des troupes d’élite employées notamment pour des missions antiterroristes, de reconnaissance ou de guerre non conventionnelle). Tenue secrète, l’opération s’effectue dimanche après-midi (heure de Washington) sans l’autorisation du Pakistan de survoler son territoire.

En vidéoconférence, le Directeur de la CIA fait le récit des événements qui se déroulent au même moment au Pakistan. Réunie dans la salle de crise de la Maison Blanche, son assistance est composée du Président, de ses conseillers les plus proches, du Vice-président, et de la Secrétaire d’État (Hillary Clinton).

Au Pakistan, on est déjà dans la nuit du dimanche soir au lundi matin. C’est la nouvelle lune ; il fait particulière sombre. Vers 1h du matin, les quatre hélicoptères décollent de la base américaine de Ghazi située à 50km d’Abbottabad. Dans la version officielle, deux hélicoptères doivent prendre part à l’offensive alors que deux autres sont prévus en cas de problème.

Les commandos fonctionnent en vision infrarouge : idéalement, ils doivent priver l’adversaire de toute source lumineuse afin d’être les seuls à voir distinctement ce qui se passe cette nuit-là, ce qui minimise les pertes au cours de l’assaut.

Du toit de sa maison, le seul témoin Pakistanais décrit la scène : « Après minuit, un grand nombre de commandos ont encerclé le complexe. Trois hélicoptères étaient en survol. Tout à coup, des tirs ont éclaté en provenance du sol et en direction des hélicoptères (…). Il y a eu des échanges de tirs intenses et j’ai vu un hélicoptère chuter. »

Le raid dure quarante minutes. Après avoir coupé l’approvisionnement électrique et défoncé le lourd portail métallique orangé du complexe, les Navy SEALs ne rencontrent qu’une faible résistance.

En effet, durant toute l’opération, un seul coup de feu est tiré contre les membres du commando et ce, dès le début de l’assaut. Les tirs entendus par le voisin sont donc principalement ceux des Américains.

Ben Laden n’a pas été tué dans son sommeil. Un hélicoptère, c’est bruyant. Lorsque trois hélicoptères volent à proximité d’une maison, il faut dormir très dur pour ne pas les entendre. De plus, au moment où Ben Laden est abattu, plusieurs coups de feu ont déjà été tirés.

Selon une version officielle, la femme tuée au cours de l’attaque l’aurait été parce que Ben Laden se serait servi d’elle comme bouclier humain, suggérant ainsi que le chef d’Al-Qaida aurait été lâche, faisant face à la mort en se cachant derrière une femme. Cette information a été démentie depuis mais circule toujours.

En réalité, des trois épouses de Ben Laden présentes dans le complexe, une seule est présente dans la chambre du troisième étage où Ben Laden sera assassiné. Soumise aux volontés de son mari, Amal — c’est son nom — n’a pas quitté cette pièce depuis cinq ans.

Lorsque le commando pénètre dans la chambre, elle reçoit aussitôt une balle dans la jambe et perd connaissance. Puis Ben Laden est tué de deux balles — reçues à la tête et dans le dos — sous les yeux horrifiés de sa fille de 12 ou 13 ans, également présente dans la pièce.

L’opération se solde par la mort de cinq personnes :
• Osama Ben Laden
• Khalid Ben Laden (né en 1989, fils d’Osama)
• Abu Ahmed al-Kuwaiti et son frère (les deux messagers du chef d’Al-Qaida).
• Bouchra, l’épouse du frère d’al-Kuwaiti.

Des dix-sept ou dix-huit survivants, seize sont des femmes et des enfants majoritairement originaires d’Arabie saoudite.

Pendant ce temps, le voisin qui est témoin de l’opération — il se nomme Sohaib Athar — ne sait pas ce qui se passe. Dans une série de messages sur Twitter, il se plaint du bruit des hélicoptères qui l’empêchent de dormir.

Il décrit en temps réel le souffle d’une puissante explosion, le crash d’un hélicoptère, et le bouclage du quartier par des militaires qui perquisitionnent chaque maison. Involontairement, ses messages sur l’Internet valident le raid américain.

Après l’annonce de la mort de Ben Laden, il devient une vedette instantanée, des milliers de personnes veulent devenir ses amis (à son grand désespoir, lui qui n’aspire qu’à une vie tranquille… pour l’instant).

Puis, le corps de Ben Laden est transporté par hélicoptère pour identification puis est déposé sur le porte-avions USS Carl-Vinson, qui croise en mer d’Oman. Allongée sur une planche, sa dépouille est basculée dans les flots afin d’éviter qu’une sépulture terrestre ne devienne un lieu de pèlerinage pour ses partisans.

La Maison blanche a prétendu faussement que jeter à la mer la dépouille de Ben Laden serait conforme à l’Islam. En vérité, à moins d’une noyade, cela n’est permis par cette religion que si un navire ne peut accoster rapidement afin que la dépouille soit enterrée en direction de La Mecque dans un délai maximal de 24h après le décès.

Cette méconnaissance profonde de l’Islam a l’avantage politique de contrer cette légende, soigneusement entretenue par les Républicains, à l’effet que le Président américain serait musulman. S’il l’était, comment aurait-il pu autoriser qu’on viole sa religion ?

De plus, on ne rendra pas public les photos démontrant la mort de Ben Laden. Si ces photos étaient publiées, les partisans du complot crieraient à l’imposture et une rumeur de photos truquées se répandraient aussitôt comme une trainée de poudre.

Mon impression est que la Convention de Genève ne permet que les photos qui respectent la dignité de l’ennemi, ce qui n’est pas le cas des photos macabres obtenues par les Américains. De plus, la longue controverse qui s’annonce à ce sujet a le mérite d’être un rappel que c’est le Président Obama qui a réussi à débarrasser l’Amérique de son pire ennemi. C’est une publicité gratuite dont le Président américain bénéficiera lors du renouvellement de son mandat. Il a donc intérêt à ce qu’on en parle longtemps.

Avec la mort de Ben Laden, l’Égyptien Al-Zawahiri, 59 ans, apparait comme son successeur probable. Dans les faits, il serait déjà le chef du réseau terroriste depuis la maladie de Ben Laden en 2004. Toutefois, il manque totalement de charisme et on peut s’attendre à ce que les revenus importants qu’Al-Qaida obtient d’Arabie saoudite chutent à un niveau qui force cette organisation à réduire le nombre de ses projets terroristes.

Dans un texte publié il y a cinq ans sur mon site Web, j’écrivais : « l’occupation militaire (de l’Afghanistan) vise à prévenir le retour au pouvoir des Talibans. (…) Plutôt que de détruire, à l’aide de missile de croisière par exemple, les camps d’entrainement qui pourraient réapparaitre en Afghanistan, les États-Unis ont choisi une solution plus coûteuse qu’est l’occupation perpétuelle de ce pays. Du strict point de vue de l’analyse des coûts-bénéfices, cette occupation est une aberration. »

Le succès du raid « chirurgical » contre Ben Laden et le fiasco de l’occupation militaire de l’Afghanistan nous obligent à nous interroger sur l’opportunité de la participation des militaires canadiens à l’occupation de ce pays.

Références :
Abu Ahmed al-Kuwaiti
Account Tells of One-Sided Battle in Bin Laden Raid
Bin Laden Raid Revives Debate on Value of Torture
CIA spied on bin Laden from safe house
Des armes dans la chambre de Ben Laden, les détails du raid se précisent
La fin de Ben Laden (1/4) : la traque
La fin de Ben Laden (2/4) : l’assaut
La fin de Ben Laden (3/4) : un mort sans cadavre
La fin de Ben Laden (4/4) : l’image manquante
La mission canadienne en Afghanistan ou La perpétuation de coutumes arriérées
Mort de Ben Laden : un journal saoudien évoque une trahison de Zawahiri
Quatre ans de surveillance avant l’opération contre Ben Laden
Senate Intel Chair: Torture Did Not Lead To Bin Laden In Any Way
The Myth of Bin Laden
The Torture Apologists
“UH OH” – L’homme qui a twitté la mort de Ben Laden en direct

Articles parus depuis :
Pakistan petitioned to release Osama bin Laden’s youngest wife (2012-02-14)
La mort de ben Laden en direct (2012-12-07)

Laissez un commentaire »

| Politique internationale | Mots-clés : , , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Mon Dieu ! Déjà 25,000 requêtes ?

Publié le 5 mai 2011 | Temps de lecture : 1 minute

Mon blogue s’est fait connaitre lentement. Six mois après sa création, il recevait environ cinq requêtes par jour. Six mois plus tard, ce nombre était multiplié par 10. À peine cinq mois de plus et on frise maintenant les cent requêtes quotidiennes.

Si bien qu’il s’est écoulé à peine un mois et demi pour passer d’un nombre cumulatif de 20 000 requêtes (au 16 mars 2011) à la 25 000e requête, aujourd’hui.

Pour marquer l’événement — et vous remercier pour l’intérêt que vous portez à ce blogue — j’ai décidé de rendre public le dernier diaporama demeuré inédit de mon premier voyage en Chine.

Des dix-sept diaporamas relatifs à ce voyage, effectué à l’automne 2009, celui-ci a toujours été mon préféré.

Il vous suffit donc de cliquer sur la photo ci-dessus (ou sur ceci) pour regarder ce diaporama, dévoilé en primeur aujourd’hui.

Merci donc à vous tous.

Laissez un commentaire »

| Avis, Photos de Chine — 中国, Photos de voyage, Vidéos | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La fin du harcèlement scolaire sur Facebook en France

Publié le 4 mai 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

En vertu d’un partenariat annoncé hier entre le Ministère de l’éducation nationale de France et Facebook, les élèves coupables d’harcèlement sur ce réseau verront leur compte Facebook fermé.

Il leur sera impossible d’ouvrir un compte sous un autre pseudonyme. S’ils décident d’utiliser le compte d’un ami, c’est cet ami qui risquera également de voir son compte fermé.

Il suffisait d’y penser.

Référence :
Harcèlement scolaire sur Facebook : comptes fermés pour les élèves coupables


Post-scriptum : Prévenu de la publication de ce billet, le Ministère de l’Éducation du Québec m’a fait parvenir la réponse qui suit.

Nous accusons réception de votre courriel, qui nous est parvenu le 4 mai 2011, et vous remercions d’avoir communiqué avec le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.

Nous acheminons votre message au secteur concerné du Ministère afin que toute l’attention voulue y soit apportée.

Nous vous prions d’agréer nos salutations distinguées.

Claudèle Morin
Renseignements généraux
Direction des communications
Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport

Pour écrire à ce Ministère, cliquez sur ceci

Laissez un commentaire »

| Informatique, Sociologie | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Vox populi, vox Dei !

Publié le 3 mai 2011 | Temps de lecture : 5 minutes

Le Parti libéral

Le Parti libéral du Canada a subi hier une des plus importantes défaites de son histoire. Il a récolté ce qu’il a semé. Pendant des années, ce parti a formé une coalition implicite avec le Parti conservateur, réclamant du bout des lèvres des amendements aux projets de loi conservateurs pour finalement voter en leur faveur même lorsque leur texte final contenait toujours les dispositions qu’il jugeait inacceptables la veille.

En raison de sa caisse électorale beaucoup moins garnie que celle du Parti conservateur, le Parti libéral a craint le déclenchement des élections pendant des années. Parce que pour les Libéraux, l’argent est le nerf de la guerre. Conséquemment, il a été le parti de la compromission et de la lâcheté.

Il a paniqué à la perspective de renverser le gouvernement et de former un gouvernement de coalition avec le NPD. Et parce qu’il n’a pas su canaliser les frustrations des Canadiens lésés par les politiques conservatrices, ceux-ci se sont tournés vers d’autres porte-parole.

Le Parti conservateur

La campagne conservatrice a été dominée par le charme : ceux qui, comme moi, ignorions que monsieur Harper pouvait sourire, l’ont vu charmant durant toute la durée de la campagne électorale, se démarquant de l’air naturellement taciturne de son rival M. Ignatieff.

Ce parti a beaucoup appris au cours de ses années au pouvoir. Il s’est assagi partiellement. Il a su faire la différence entre une rhétorique conservatrice payante lors des levées de fonds dans l’Ouest du pays et ses actions concrètes, généralement plus pragmatiques qu’on pense.

Disposant dorénavant d’un pouvoir sans partage, il a le choix entre se radicaliser et préparer sa défaite dans quatre ans, ou gouverner prudemment et être possiblement réélu.

Jusqu’ici, le Parti conservateur a imprimé sa marque dans la ré-allocation des ressources de l’État en coupant les subventions aux uns, en augmentant les subventions aux autres. Par contre, son bilan législatif est très mince puisque de nombreux projets de loi sont morts au feuilleton. Maintenant qu’il est majoritaire, le gouvernement Harper pourra façonner à sa guise le cadre législatif du pays.

Le Nouveau parti démocratique

La surprise de cette élection fut la vague NPD qui a raflée 58 sièges au Québec. Comment cela fut-il possible ?

Ordinairement, il est très difficile pour un tiers parti de se faire entendre. Les médias se concentrent sur ce qui est important : or les décisions d’un parti au pouvoir sont les seules qui comptent pour le pays. C’est pourquoi les journalistes scrutent à la loupe les propos et les gestes des membres du Cabinet fédéral puisqu’ils sont des indices ou des révélateurs de la direction que pourrait prendre l’État.

Lorsqu’un gouvernement est minoritaire, il doit tenir compte aussi de l’opposition officielle. Les médias reflètent donc cet intérêt. Mais lorsqu’on arrive à un parti aussi secondaire que l’était le NPD avant le déclenchement des élections, celui-ci faisait figure de moustique de la politique canadienne.

En temps électoral, Radio-Canada offre des temps d’antenne égaux pour tous les partis officiels. Et puisque le peuple est appelé à procéder à un choix entre divers partis, on assiste à un intérêt pour les candidats en lice et pour leur programme électoral. Les médias reflètent cet intérêt nouveau et font plus de place aux petits partis qui ont alors une occasion unique de se faire valoir.

Le chef du NDP a admirablement saisi l’occasion qui lui était offerte et a gagné la sympathie de nombreux électeurs (dont ma mère, une partisane libérale de longue date).

Mais le NPD répétera-t-il à Ottawa le feu de paille que fut l’Action démocratique au Québec : un petit parti propulsé au statut d’opposition officielle et qui s’y est discrédité aux yeux de nombreux électeurs ? C’est le défi nouveau du NPD : il devra faire taire ses députés néophytes (enclins à gaffer) et les faire travailler dans l’intérêt du pays tout en étant soumis aux railleries et à l’acharnement partisan d’un parlement majoritairement hostile à leur égard.

Le Bloc québécois

Emporté par la vague orange, le Bloc a été décimé, ne récoltant que quatre députés.

Avant le déclenchement des élections, les députés du Bloc étaient parmi les plus compétents de la Chambre des communes. Disciplinés et besogneux, ils ont profité de la vulnérabilité du gouvernement minoritaire pour promouvoir les intérêts du Québec. Rarement notre province n’a été aussi bien représentée dans l’opposition à Ottawa.

Mais les électeurs québécois leur ont préféré les candidats du NPD. Sous un gouvernement majoritaire conservateur, le Bloc québécois aurait prêché dans le désert. L’électorat québécois a fait en sorte que ces hommes et femmes talentueux deviennent disponibles à servir le Québec autrement.

D’ici deux ans, nous aurons une élection provinciale et de nombreuses élections municipales. Les ex-députés du Bloc sont comme des joueurs de hockey au repêchage : ils sont disponibles à remplacer avantageusement les élus municipaux et provinciaux pourris qui nous gouvernent.

Les électeurs québécois — involontairement, peut-être — ont tout mis en place pour que le prochain gouvernement du Québec soit l’un des plus compétents et les plus dynamiques que le Québec puisse avoir. C’est à suivre…

2 commentaires

| Politique canadienne | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le pouvoir du peuple

Publié le 30 avril 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

Depuis quelques mois, des milliers de personnes ont été tuées en Tunisie, en Égypte, en Libye, en Syrie et dans d’autres pays du Moyen-Orient. Ces personnes sont mortes pour réclamer un droit que chacun d’entre nous peut exercer sans risquer sa vie : celui de choisir nos dirigeants politiques.

Depuis des semaines, les candidats de plusieurs formations politiques tentent de nous convaincre de voter pour eux. Personnellement, j’ai suivi cette campagne distraitement puisque pour moi, ce qui compte, ce n’est pas ce que les politiciens disent mais ce qu’ils font. Or avant même le déclenchement de cette campagne, je savais de quel bois ils se chauffaient.

Lundi prochain, c’est le grand jour. Doit-on élire les candidats en fonction de l’intérêt supérieur du pays ? Doit-on les choisir en fonction de nos idées, de nos croyances ou de l’intérêt du groupe qui nous définit ? Doit-on les choisir en fonction du monde merveilleux qu’ils nous laissent entrevoir s’ils sont élus ou réélus ou doit-on les choisir en fonction de leurs actes passés ?

Chacun de ces critères est défendable. Peu importe les raisons qui vous font préférer de voter pour un parti ou un autre, pour le candidat de votre circonscription ou pour le chef d’un parti, rappelez-vous : nous avons le droit extraordinaire de choisir nos dirigeants politiques, de contribuer ainsi à écrire l’histoire de notre pays et de décider de son évolution.

Laissez un commentaire »

| Politique canadienne | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Foires de l’auto : New York ou Shanghai ?

Publié le 29 avril 2011 | Temps de lecture : 1 minute


Dix principaux marchés de l’automobile en 2010
(en millions de voitures neuves) :


 
Le Salon international de l’automobile de New York est le plus important des États-Unis; il attire habituellement plus d’un million de visiteurs. L’événement avait lieu cette année du 22 avril au 1er mai. Toutefois, presque simultanément, celui de Shanghai se tenait du 21 au 28 avril.

En se forçant un peu, n’importe quel dirigeant d’un constructeur automobile aurait pu honorer de sa présence une de ces foires commerciales, puis l’autre quelques jours plus tard.

Mais cela ne fut pas le cas. Le Président-directeur général de General Motors était à New York tandis que ses homologues de Volkswagen, de Toyota et de Renault-Nissan ont préféré visiter celui de Shanghai.

Références :
Chimits X, Le Sud accélère, La Revue, 2011; 9: 57.
Les grands bonzes de l’auto préfèrent Shanghai à New York

Laissez un commentaire »

| Économie | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel