Jeux forcés en Chine

Publié le 26 mai 2011 | Temps de lecture : 2 minutes
© 2004 — Blizzard Entertainment

Les « travaux forcés » sont une peine de détention assortie de travail obligatoire. Dans l’échelle des condamnations en France, c’était la plus lourde condamnation infligée par les tribunaux après la peine de mort : elle fut supprimée dans ce pays en 1960.

Elle se pratique encore en Chine. C’est ainsi, par exemple, que les bagnards doivent y creuser des galeries minières, tailler des baguettes de bois (dont on se sert pour manger), ou travailler sur les chaines de montage automobile. La rémunération de ces prisonniers est confisquée par les autorités et sert à financer partiellement le système carcéral.

Mais le travail forcé n’empêche pas le prisonnier de songer aux moyens de s’évader, ni d’envisager d’autres méfaits à commettre.

Pour occuper les esprits rebelles, les autorités du bagne de Jixi (dans l’extrême Nord-Est de la Chine) ont créé la notion de « jeux forcés » : au lieu de travailler dans les mines de charbon particulièrement dangereuses de la région, les prisonniers doivent occuper leur temps à des jeux vidéo en ligne comme World of WarCraft : ils y sont forcés douze heures par jour (en réalité, jusqu’à épuisement).

Les crédits accumulés par les prisonniers sont vendus sur l’Internet puisque cet argent virtuel est souvent l’unique moyen de progresser dans ces jeux.

Selon un ex détenu dont les propos étaient rapportés hier par le journal britannique The Guardian, le jeu forcé rapporterait plusieurs centaines de dollars quotidiennement à la prison, soit davantage que les travaux forcés conventionnels qui eux, sont assez mal rémunérés.

Référence :
China used prisoners in lucrative internet gaming work
Jixi
Travaux forcés
World of Warcraft

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Écrit par Jean-Pierre Martel


WKS vs DSK

Publié le 25 mai 2011 | Temps de lecture : 6 minutes

Préambule

Les juges siégeant aux tribunaux américains de première instance sont des avocats choisis au suffrage universel. Ils sont élus à la suite de campagnes électorales dans les journaux et à la télévision.

La seule chose qui les distingue des politiciens, c’est que leurs messages électoraux sont régis par les règles d’éthique de leur corporation professionnelle. Donc pas de campagne calomnieuse envers les autres candidats.

Le système judiciaire américain remonte à l’époque coloniale. Les colons y pratiquaient une justice expéditive et sommaire ; par exemple, un Noir accusé d’avoir volé une montre appartenant à un Blanc était pendu sans procès.

Lorsqu’on a voulu constituer un état de droit aux États-Unis, les citoyens s’opposaient à l’idée de céder cette justice populaire au profit d’un gouvernement local ou fédéral. En effet, la méfiance des citoyens à l’égard de l’État est profondément ancrée dans les valeurs américaines. Le compromis fut donc que les citoyens éliraient leurs juges locaux. Cela est encore vrai aujourd’hui.

L’affaire Kennedy-Smith

Je prenais mes vacances annuelles en Floride en 1991 alors qu’une affaire de mœurs y passionna l’opinion publique.

Un lundi matin, une jeune secrétaire de 29 ans et mère monoparentale d’une fillette de deux ans, se présente au travail l’air abattu. Ses camarades s’informent de son état. La jeune femme est au bord des larmes mais refuse de révéler les raisons de son état.

Après beaucoup d’insistance, elle fini par avouer avoir été victime d’un viol durant la fin de semaine, à la luxueuse résidence du sénateur Edward Kennedy à Palm Beach, en Floride.

Ses collègues sont scandalisés et l’invitent à passer outre ses réticences à porter plainte contre un membre de l’influente et riche famille Kennedy. Elle finit donc par accuser William Kennedy-Smith, un neveu de 31 ans du sénateur Kennedy, lui-même frère de l’ex Président des Etats-Unis, John-F. Kennedy.

Ils s’étaient rencontrés le vendredi après-midi précédant dans un bar de Palm Beach. Ils s’étaient plus. Le jeune homme l’avait invitée à une soirée donnée le lendemain soir chez son oncle.

Comme d’habitude, la soirée de sénateur avait été très « spéciale ». Selon la rumeur, le sénateur y était apparu ivre, en sous-vêtements, devant ses invités.

William et sa compagne avaient décidé de se promener le long de la mer. Dans la pénombre de la nuit, ils s’étaient embrassés, allongés sur la plage. Mais lorsque le jeune homme était devenu trop entreprenant, la jeune fille avait refusé ses avances. Mais le jeune homme avait passé outre le refus de sa compagne et, emporté par sa libido, l’aurait violée.

Toute la Floride était révoltée contre le sans-gêne des Kennedy, ces Papistes — c’est ainsi que les Protestants surnomment les Catholiques — qui se croient tout permis. Lorsque le procès débute, les lignes ouvertes des radios, les lettres des lecteurs aux quotidiens et l’ensemble de la presse, sont hostiles à l’égard du mode de vie décadent de la famille Kennedy.

Celle-ci avait recouru aux services d’un important cabinet d’avocats et avaient décidé d’assumer les coûts juridiques de la défense de William (qui n’en avait pas les moyens).

Après plusieurs jours de battage médiatique, le jeune Kennedy était finalement apparu en public afin de répondre aux questions des journalistes. Revêtu sobrement d’un complet « bas de gamme », d’une chemise blanche et d’une cravate très ordinaire, il avait répondu timidement et avec candeur aux questions agressives des journalistes.

Puis les journalistes avaient interrogé ceux qui l’avaient connu à l’université et qui, unanimement, louaient sa gentillesse et la douceur de son caractère. Puis on apprenait qu’il appartenait à une branche pauvre de la famille. Bref, l’accusé était un garçon besogneux, honnête et sympathique.

D’autre part, la rumeur voulant que la victime soit une secrétaire respectable et une bonne mère de famille s’avéra non fondée. Les témoignages entendus lors du procès révélèrent que la jeune femme était une cocaïnomane qui négligeait son enfant. De plus, on apprit qu’avant même la soirée chez les Kennedy, la jeune femme avait confié à sa meilleure amie qu’elle avait une occasion en or de se faire de l’argent et qu’elle ne manquerait pas l’occasion de s’enrichir aux dépends de ses hôtes.

Bref, lorsque le juge rendit sa sentence, il était clair pour tout le monde que William Kennedy-Smith avait été victime d’une tentative d’escroquerie. Le jugement du magistrat alla dans le sens de l’opinion publique.

L’affaire Dominique Strauss-Kahn

D’après la jurisprudence américaine, il n’y a pas de relation sexuelle sans pénétration. C’est ce qui avait permis à l’ex Président Bill Clinton d’affirmer publiquement qu’il n’avait pas eu de relation sexuelle avec Monica Lewinsky. Or peut-il y avoir viol sans relation sexuelle ?

Toutefois, si l’accusation en est une de tentative de viol, cela est différent.

La plaignante — une jeune mère analphabète de religion musulmane — est sans aucun doute l’objet de nombreux tiraillements. Il faut savoir que les femmes musulmanes sont soumises à un code d’honneur particulièrement exigeant. Dans le cas d’une tentative de viol, on l’estime la victime « souillée », ce qui lui vaut l’ostracisme d’une partie de sa communauté. Donc avant même l’ouverture du procès, elle est punie d’avoir portée plainte. De plus, l’honneur de la famille est entaché.

À cette étape-ci de l’affaire, je suis enclin à croire la plaignante. Mais on peut imaginer les pressions qui s’exerceront sur elle, en particulier de la part de ses proches.

Je m’attends donc à plein de rebondissements puisque c’est devant l’opinion publique locale — celle qui pourrait avoir à réélire le juge — que tout se jouera. Il s’agira donc autant d’un procès que d’une campagne de relation publique. C’est dans ce sens que l’Affaire DSK pourrait bien ressembler à l’affaire WKS.

Références :
Claim of Rape at Kennedy Home Draws Media Swarm
Rape Charge Urged Against Kennedy Kin

À lire absolument sur le sujet :
DSK/Sinclair: une leçon d’amour

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Pisciculture sur le rivière Li

Publié le 24 mai 2011 | Temps de lecture : 1 minute
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Sous des cabanes — maintenues à flot grâce à des flotteurs métalliques ressemblant à d’anciens barils de pétrole — certains riverains de la rivière Li pratiquent la pisciculture.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/200 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 42 mm
2e photo  : 1/40 sec. — F/5,6 — ISO 400 — 39 mm

Note : Cliquez ceci pour voir le diaporama duquel ces photos sont extraites.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Récolte d’algues sur la rivière Li

Publié le 20 mai 2011 | Temps de lecture : 1 minute
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Les algues font partie de l’alimentation courante des Chinois. Puisque pour l’instant, les Chinois mangent peu de viande, leur alimentation essentiellement végétarienne doit être variée. Les algues contribuent à cette variété.

Celles que j’ai mangées étaient filiformes, vert foncé, lustrées, et avaient une consistance un peu caoutchouteuse.

La pureté exceptionnelle des eaux de la rivière Li se prête bien à la culture d’algues comestibles.

Détails techniques de la photo : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm — 1/200 sec. — F/7,1 — ISO 100 — 35 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La lessive sur la rivière Li

Publié le 19 mai 2011 | Temps de lecture : 1 minute
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Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/40 sec. — F/5,6 — ISO 400 — 45 mm
2e photo  : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 45 mm
3e photo  : 1/160 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 29 mm

Note : Cliquez ceci pour voir la vidéo de laquelle ces photos sont extraites.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Verdir les toits de Montréal

Publié le 18 mai 2011 | Temps de lecture : 3 minutes
© 2011 — DigitalGlobe et Google

Montréal a ceci de particulier : la grande majorité des maisons y ont des toits plats. C’est tout le contraire d’une ville comme Amsterdam où les toits sont pentus.

Les toits plats permettent de profiter des propriétés isolantes de la neige qui s’y accumule durant l’hiver. Toutefois le revêtement de goudron qui imperméabilise ces toits accumule de la chaleur l’été et contribue à augmenter les frais de climatisation. Une solution est de verdir les toits, ce qui signifie y ajouter une membrane imperméable et une couche de terre, puis de laisser des plantes y pousser avec ou sans arrosage.

Comme travail de maîtrise à l’École de technologie supérieure, l’ingénieur Sébastien Jacquet a étudié l’effet du verdissement du toit d’un duplex centenaire typique de Montréal, situé sur la rue Jeanne-Mance. Cette transformation a coûté 80 000$, dont la moitié pour renforcer la structure.

En été, l’entrée de chaleur par le toit a été réduite de 99% dans le cas du couvert végétal irrigué, et de 91% dans le cas du toit non irrigué. L’installation d’un climatiseur dans ces conditions devient presque inutile. En hiver, inversement, les pertes de chaleur par le toit ont diminué respectivement de 38% et 27%.

Il est à noter que d’autres études, effectuées à Ottawa, à Toronto et à Vancouver, ne démontrent pas que la végétalisation des toits réduit les coûts de chauffage l’hiver.

Dans le cas des maisons neuves, le Centre d’écologie urbaine de Montréal (CEUM) estime qu’il en coûterait très peu de plus pour construire un édifice au toit plus robuste, capable d’accueillir éventuellement un couvert végétal et, par le fait même, d’abondantes neiges en hiver. C’est pourquoi cet organisme presse la Ville d’exiger, pour les constructions neuves, des toits aptes à supporter cette charge supplémentaire.

Dans le cas des maisons existantes, dont les propriétaires hésiteraient à assumer les coûts de verdissement des toits, ou dans les cas où l’analyse des coûts-bénéfices ne justifient pas une telle transformation, le CEUM propose des formes plus abordables de verdissement, comme par exemple, le recours à la vigne, une plante rampante qui permet de verdir les murs extérieurs de manière économique.

Référence : Toit vert: bye-bye clim!

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Naviguer sur la rivière Li

Publié le 17 mai 2011 | Temps de lecture : 1 minute
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La rivière Li est peu profonde : on y navigue donc sur des bateaux à fond plat.

Ceux empruntés par les touristes sont plus colorés et plus lourds que ceux utilisés par les riverains. Ceux-ci ont des embarcations plus modestes, généralement non motorisés, qui sont construits dans des matériaux d’origine végétale.

La dernière photo de cette série montre un radeau qui fait exception à cette règle. Il est motorisé et construit majoritairement en tubes de plastique sur le modèle des radeaux traditionnels.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/200 sec. — F/4,5 — ISO 100 — 16 mm
2e photo  : 1/100 sec. — F/3,5 — ISO 100 — 14 mm
3e photo  : 1/80 sec. — F/5,2 — ISO 800 — 29 mm
4e photo  : 1/250 sec. — F/7,1 — ISO 100 — 25 mm

Note : Cliquez ceci pour voir la vidéo de laquelle ces photos sont extraites.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


The City Limits

Publié le 15 mai 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

 

Cette vidéo en accéléré montre principalement des vues nocturnes de Montréal, Québec, Toronto, New York et Chicago. Réalisée par Dominique Boudreault, de la ville de Québec, elle a été visionnée plus d’un million de fois.

On y voit notamment la Fontaine de Tourny devant le parlement du Québec, un concert du festival d’été de la Vieille capitale, le Millenium Park de Chicago, le pont Jacques-Cartier de Montréal, celui de Brooklyn à New York et une vieille goélette échouée près à Baie-Saint-Paul (dans Charlevoix).

Dans ses temps libres, Dominique Boudreault a mis près d’un an à créer cette vidéo. Chaque point de vue a été filmé en accéléré pendant environ une demi-heure.

Le créateur écrit :

J’ai tourné ces images entre la fin de 2010 et le début de 2011. Mon but était de montrer la dualité entre les grandes villes et la nature.

Les lieux de tournage principaux sont :
• Montréal, Québec, Canada
• Québec, Québec, Canada
• Toronto, Ontario, Canada
• Manhattan, New York, USA
• Chicago, Illinois, USA

Pour me contacter directement : cliquez sur ceci.

Musique : « Time » de Hans Zimmer

Et n’oubliez pas de monter le volume avant d’écouter la vidéo et d’activer le HD !

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Plan Nord : l’œuf de Pâques de Monsieur Charest

Publié le 14 mai 2011 | Temps de lecture : 6 minutes

Après une première annonce en 2008 (accueillie dans l’indifférence et sombrée dans l’oubli depuis), le Plan Nord était annoncé de nouveau lundi dernier par le Premier ministre du Québec.

Comme ces histoires de pèche qui deviennent de plus en plus extraordinaires d’une fois à l’autre, on a jouté des zéros aux montants et le texte s’est garni de quelques superlatifs.

On sait qu’il ne peut y avoir de développement d’un territoire occupé par un des peuples du Québec sans le consentement de celui-ci. Le mérite du Plan Nord, c’est d’avoir recueilli l’assentiment d’une bonne partie des peuples autochtones en faveur d’un cadre vague de développement industriel.

Vague parce que, à y regarder de près, ce Plan Nord a tout sauf de la substance.

Il part de prémices simples. Le territoire au nord du 49e parallèle représente 72% de la superficie du Québec. Or il est inexploité. Évidemment, les autochtones y pratiquent la chasse et la pêche depuis longtemps mais il est inexploité au sens qu’il ne bénéficie pas des lumières civilisatrices de l’industrie minière.

Ce territoire dispose d’une des plus importantes réserves d’eau douce au monde (3% des réserves mondiales) composée de près de 500 000 lacs et de milliers de rivières que nous, Blancs du sud, n’avons pas encore pollués.

Cet immense territoire comprend plus de 200 000 km² de forêts commerciales, ce qui représente plus de 53 % des forêts exploitables de la province. Après avoir dévasté les forêts publiques du Québec — comme le documentaire « L’erreur boréale » en fait la démonstration éloquente — l’industrie forestière pourrait ainsi transformer en papier les tonnes de lichen qui recouvre la toundra québécoise et y faire disparaitre les derniers chicots d’arbres qui défigurent le paysage désertique du Nouveau-Québec.

Le document du gouvernement québécois déclare : « Il renferme des ressources fauniques exceptionnelles et constitue un des derniers potentiels de conservation de vastes territoires naturels intacts au monde. » Mais, entre nous, si ces vastes territoires naturels sont encore intacts, c’est précisément parce que le Plan Nord n’a pas été adopté plus tôt, n’est-ce pas ?

Jusqu’à maintenant, lorsqu’une compagnie voulait exploiter une nouvelle mine, elle devait assumer totalement le coût de la création des routes destinées à relier cette mine au reste du réseau routier québécois.

Or plus on s’éloigne des grands centres, plus on augmente le coût de construction des routes. De plus, le réchauffement climatique occasionne la fonte du pergélisol, ce qui crée des défis nouveaux aux ingénieurs des compagnies minières. Bref, on réduit d’autant la rentabilité des investissements des compagnies.

Le Plan Nord précise : « Le nouveau modèle d’affaires développé pour les projets du Plan Nord vient changer à coup sûr la façon dont le Québec financera les infrastructures et les services publics. À partir d’aujourd’hui, les coûts d’implantation et d’entretien des infrastructures seront partagés, tout au long de leur vie utile, par les entreprises, les communautés concernées, le gouvernement du Québec et les autres utilisateurs. »

En d’autres mots, on transférera aux contribuables le coût des routes, en retour de quoi l’État bénéficiera de redevances parmi les plus faibles au monde. Il n’en fallait pas plus pour susciter l’intérêt des investisseurs pour ce projet.

Or cela tombe bien pour eux. La croissance industrielle de la Chine et son appétit pour les matières premières fait en sorte que leur prix augmente, ce qui rend rentable des projets qui ne l’étaient pas autrefois. Le Québec pourrait donc profiter de cette manne.

Le problème, c’est que le Plan Nord s’étend sur 25 ans. Or le Premier ministre prédit 80 milliards d’investissements (privés ? publics ?) répartis sur un quart de siècle alors que sa boule de cristal ne lui révèle pas ce que tout le monde sait, c’est-à-dire qu’il ne sera plus à la tête de l’État québécois dans deux ans.

La seule certitude absolue que nous ayons, c’est que le coût du pétrole augmentera à l’avenir alors que rien ne permet d’affirmer que le coût des matières premières augmentera ou même se maintiendra aux niveaux élevés actuels.

Au contraire, ce n’est qu’une question de temps pour qu’on découvre la même chose en Sibérie ou dans les pays voisins de la Chine. Entre-temps, le coût du transport de minerai québécois vers l’Asie (même en empruntant l’Arctique plutôt que le canal de Panama) deviendra de plus en plus onéreux. On peut donc prédire avec certitude qu’une bonne partie des mines nées du Plan Nord deviendront non rentables peu d’années après leur mise en opération et fermeront leurs portes, victimes de la concurrence asiatique.

Dans ces villes minières, lorsque le principal employeur cessera ses opérations, la ville toute entière deviendra une ville-fantôme. Payés par nos taxes, les routes, les écoles, les hôpitaux, les systèmes de collecte des ordures, et les égouts deviendront inutiles. Or la courte durabilité des investissements publics ne semble pas avoir été prise en considération dans le document gouvernemental.

En somme, le Plan Nord est comme un œuf de Pâques russe dont la coquille, richement décorée, cache le vide qu’il contient. Il révèle l’avenir que le Parti libéral nous réserve : un peuple de mineurs dont les salaires devront être compétitifs avec ceux versés aux mineurs chinois. Wow !

Référence : Plan Nord

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’augmentation du prix du pétrole : inévitable et nécessaire

Publié le 13 mai 2011 | Temps de lecture : 3 minutes

Imbibée de l’idéologie néo-libérale, l’administration Bush soutenait que l’État n’avait pas à intervenir pour favoriser l’économie d’énergie : au fur et à mesure, disait-elle, que le pétrole deviendra rare, son prix augmentera : automatiquement, cela incitera le public à en consommer moins.

Derrière ce laisser-faire officiel — illustré par le refus de ratifier tout engagement international à ce sujet — se cachait une politique agressive destinée à maintenir bas le prix de pétrole afin d’éviter la restructuration industrielle qu’aurait nécessité un accroissement substantiel du prix des énergies fossiles.

Les États-Unis ont d’abord tenté de déstabiliser le gouvernement d’Hugo Chávez du Venezuela (troisième producteur de pétrole au monde en 2001, devenu le onzième en 2010). Sans succès.

Alors que les réserves pétrolières de l’Irak — les 2e ou 3e plus importantes au Monde — étaient sous-utilisées en raison de l’embargo international de l’ONU contre le régime de Saddam Hussein, l’administration Bush déclencha la guerre contre ce pays (sous de faux prétextes) afin de rendre disponibles ces réserves et inonder le marché mondial. Nouvel échec : en 2008, la production irakienne a retrouvé son niveau du temps de l’embargo, avec 2,4 millions de barils/jour, et à peine plus (2,9 millions prévus) à la fin de cette année.

Les États-Unis sont confrontés à une dure réalité : leur économie est saignée à blanc par un gigantesque déficit commercial dont le tiers est représenté par l’importation de carburant fossile.

Déficit commercial des États-Unis :
• 2004 : 56 milliards $US
• 2005 : 726 milliards $US
• 2006 : 759 milliards $US
• 2007 : 815 milliards $US
• 2008 : 696 milliards $US
• 2009 : 381 milliards $US
• 2010 : 498 milliards $US

En plus de subventionner l’achat d’automobiles par les Américains — les véhicules utilitaires énergivores, plus chers, étant l’objet d’une plus importante subvention — le gouvernement des États-Unis verse annuellement une subvention de deux milliards aux pétrolières. Sans cette subvention, le prix de l’essence augmenterait, ce qui diminuerait la consommation.

C’est en Norvège (pourtant pays producteur de pétrole) qu’on trouve l’essence la plus chère d’Europe. Conséquemment, l’automobile électrique y fait fureur.

Si on veut modifier profondément les habitudes des consommateurs, il faut que cela fasse mal. Malheureusement, la croissance des prix du pétrole depuis une décennie a été insuffisante à empêcher la mode des tanks familiaux que sont les véhicules utilitaires.

Cela doit changer. Le sort de l’humanité dépend de notre respect pour la fragile planète que nous habitons. Conséquemment, on ne se mettra pas à s’apitoyer parce que le litre de pétrole transporté par bateau du Moyen-Orient et raffiné au pays est devenu un peu plus cher que le litre d’eau extraite et embouteillée ici même.

Bref, le prix du pétrole augmentera à l’avenir et c’est une excellente chose.

Références :
Économie des États-Unis
Hugo Chávez
Les pétrolières défendent leurs avantages fiscaux à Washington
Prix de l’essence: quand on regarde leur gazole, on se console
Saddam Hussein
USA: le déficit commercial se creuse
Venezuela

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Écrit par Jean-Pierre Martel