Pourquoi Pâques tombe-t-il dimanche prochain ?

Publié le 5 avril 2012 | Temps de lecture : 2 minutes


 
À la fin du mois de mars ou au mois d’avril de chaque année, les Juifs célèbrent la fête de Pessa’h, appelée « Passover » en anglais et « Pâque » — au singulier — en français. Celle-ci dure sept ou huit jours et commémore la sortie des Juifs d’Égypte.

Selon les croyants, c’est durant la Pâque qu’a eu lieu la résurrection de Jésus de Nazareth ; c’est pourquoi ce nom en a été repris (au pluriel) pour désigner la fête chrétienne.

Dans toutes les religions anciennes, l’astronomie occupe une place importante. Dans ce cas-ci, on détermine précisément la date du dimanche de Pâques en fonction du soleil et de la lune, plus précisément selon l’équinoxe du printemps et la pleine lune qui le suit.

Pour ce que est de l’équinoxe du printemps, il s’agit du jour de printemps (dans l’hémisphère Nord) au cours duquel la nuit possède exactement la même durée que le jour, d’où le nom « équinoxe » qui signifie « nuit égale ». Cette année, selon les pays, l’équinoxe tombait le 19 ou le 20 mars dernier.

Mais ce jour-là, on était à deux nuits de la nouvelle lune. Il a donc fallu attendre deux semaines afin d’avoir finalement une pleine lune, c’est-à-dire une nuit au cours de laquelle la lune est la plus illuminée. Celle-ci surviendra au cours de la nuit prochaine. Voilà pourquoi Pâques sera célébré dimanche prochain.

Références :
Pâques
Pessa’h

2 commentaires

| Fait divers, Photos de Montréal, Photos de voyage, Photos du Canada | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Est-il juste que les riches paient autant d’impôt ?

Publié le 4 avril 2012 | Temps de lecture : 3 minutes


 
Dans mon billet d’hier, je signalais que les contribuables qui gagnent plus de 100 000$ par année représentent seulement 4,1% des contribuables québécois, mais assument 37,2% des impôts. Est-ce injuste ?

Pour répondre à cette question, permettez-moi de laisser la parole à quelqu’un d’autre.

Lundi dernier, j’ai vu le documentaire République, un abécédaire populaire du cinéaste Hugo Latulippe. Ce long métrage est une suite de réflexions d’une trentaine d’intellectuels, principalement de gauche.

L’un d’entre eux est Alain Deneault. De toute évidence, cet auteur et philosophe est un redoutable polémiste. Pour ne rien vous cacher, j’ai éprouvé autant de plaisir à l’écouter qu’à suivre les émissions de l’historien Guillemin, il y a quelques décennies.

Écoutons-le répondre implicitement à cette question.

Quand on voit des chefs d’État qui trépignent devant les investisseurs internationaux pour avoir un petit pécule pour leur population, qu’est-ce qu’on comprend ? On comprend que dans l’ordre de la mondialisation, les chefs d’État ne sont plus que des courtiers vantant des avantages juridictionnels à des investisseurs devenus souverains.

Et qu’est-ce qu’ils font ? Ils disent : « Venez, venez, investir ici plutôt que chez mon voisin. Vous aurez quoi ? Vous aurez l’électricité gratuite. On va vous donner l’eau. Vous aurez une main d’œuvre à bon marché, formé, soigné et ainsi de suite, soutenue à tous égards. Vous aurez droit à un accès aux ressources gratuit. On va subventionner vos activités. Puis dans dix ou quinze ans, vous nous laisserez un paysage dévasté et lunaire : on fera semblant d’être surpris.» (…)

Un investisseur qui arrive au Québec, il a besoin des infrastructures pour se développer lui, à titre privé. Et le fisc, au fond, c’est ça, au-delà d’un mécanisme fort perfectible de redistribution de la richesse : (…) c’est la pointe de l’épine dans le gras du riche qui lui rappelle qu’il doit à l’organisation collective le fait de son enrichissement privé.

L’investisseur qui arrive à Montréal, il a à sa disposition deux aéroports, quatre universités, une population formée, un système routier qui fonctionne, un système de justice qui lui garantit le droit illimité à la propriété. Il a un système de police : une armée éventuellement. Il a à ses pieds toute une série d’institutions financées à même les deniers publics pour permettre son enrichissement privé.

Et le moment de l’impôt, ce devrait être le moment d’humilité où quelqu’un comprend que (…) on n’est jamais absolument seul responsable de sa richesse privée. Le même investisseur, mettez-le aujourd’hui à Port-au-Prince (en Haïti), il ne lui reste plus qu’à quémander. Il n’y a pas tous ces infrastructures pour permettre la transformation de ses investissements en ‘plus value’.

Donc, cela a un coût ça. Et si on avait vraiment — même d’un point de vue néolibéral — des économistes ou des gens qui prétendent connaître l’économie à la tête de l’État, ils diraient aux investisseurs : « Venir au Québec, cela a un coût ». Et si on était minimalement fiers, on ferait en sorte que ce coût soit honoré.

Paru depuis : Wealth tax on super-rich could raise £1.5tn globally, campaigners say (2023-08-19)

Détails techniques de la photo : 
Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm — 1/60 sec. — F/3,7 — ISO 100 — 16 mm

Laissez un commentaire »

| Économie | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Qui paie des impôts au Québec ?

Publié le 3 avril 2012 | Temps de lecture : 1 minute

Parmi les citoyens qui ont produit une déclaration de revenu en 2009, 55% (soit 3,4 millions de personnes) n’ont pas payé d’impôt provincial. Dans la très grande majorité des cas, ce sont des gens qui gagnent moins de 30 000$ par année (ex.: étudiants, retraités, chômeurs).

Les autres, soit 2,8 millions de contribuables, ont déboursé 18,55 milliards$ d’impôt des particuliers.

Ceux dont les revenus ont été compris entre 30 000$ et 49 999$ cette année-là représentent 23,1% des contribuables et ont assumé 19,1% des impôts.

Ceux qui ont gagné entre 50 000$ à 99 999$ représentent 18,1% des contribuables et ont assumé 43,7% des impôts.

Quant à ceux qui gagnent plus de 100 000$ par année, ils représentent 4,1% des contribuables et ont assumé 37,2% des impôts.

Référence : Combien ça rapporte, un diplômé?

Parus depuis :
Le ciel ne nous tombera pas sur la tête! (2012-10-04)
Ces riches qui gagnent 29 milliards $ (2012-10-05)
Les riches se sont enrichis au Québec (2013-10-02)

Laissez un commentaire »

| Économie | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Faits divers No 9

Publié le 2 avril 2012 | Temps de lecture : 5 minutes


 
Les plus importants buveurs de café au monde sont les Finlandais (12,9 kg de fèves de café par an), suivis des Américains (6 kg) et les Italiens (4 kg).

Référence : Mataillet D, Le monde d’aujourd’hui. La revue, 2012, 19: 160.


 
C’est par une décision du Président de la République française, rendue publique le 21 février et adressée à ses ministres, que la case « Mademoiselle » disparaitra des formulaires administratifs français après épuisement des stocks existants.

L’obligation discriminatoire pour les femmes de révéler leur état civil lorsque cela n’était pas strictement nécessaire avait été dénoncée publiquement par deux organisations féministes en septembre 2011. Ces organisations se réjouissent maintenant de cette décision et invitent le secteur privé à imiter cet exemple.

Référence : « Mademoiselle » disparait des formulaires administratifs


 
L’allemand et le français occupent la deuxième et troisième place parmi les langues occidentales utilisées pour publier sur l’internet (respectivement 7% et 5% des pages web), loin derrière l’anglais (45%). On présume que les langues d’Extrême-Orient forment une bonne partie du reste.

Référence : Anonyme, La francophonie en bref. La revue, 2012, 19: 78.


 
Le nombre d’exécutions capitales dans le monde a fortement progressé en 2011 selon Amnistie internationale. Dans la liste qui suit, il ne s’agit que des exécutions dans le cadre d’un processus judiciaire; dans le cas de l’Égypte, par exemple, cela ne tient pas compte des exécutions sommaires de milices gouvernementales contre les manifestants au cours des révoltes populaires qui ont secoué ce pays.

Amnistie a recensé au moins 676 exécutions dans 20 pays en 2011, contre 527 l’année précédente dans 23 pays. L’augmentation est due en grande partie à une hausse significative des exécutions judiciaires en Iran, en Irak et en Arabie Saoudite.

Ces données ne tiennent pas compte non plus de la Chine où les données à ce sujet sont confidentielles. Amnistie internationale estime que le nombre de mises à mort y serait annuellement de plusieurs milliers.

Les exécutions capitales dans le monde en 2011 :
   • Iran : au moins 360
   • Arabie Saoudite : au moins 82
   • Irak : au moins 68
   • États-Unis: 43
   • Yémen : au moins 41
   • Corée du Nord : au moins 30
   • Somalie : 10
   • Soudan : au moins 7
   • Bangladesh : au moins 5
   • Vietnam : au moins 5
   • Soudan du Sud : 5
   • Taïwan : 5
   • Bande de Gaza : 3
   • Afghanistan : 2
   • Bélarus : 2
   • Égypte : au moins 1
   • Émirats arabes unis : 1

Référence : Hausse des exécutions capitales dans le monde


 
Les recherches archéologiques les plus récentes suggèrent que le peuplement de la terre par l’homme moderne s’est déroulé en plusieurs étapes.

On croyait jusqu’ici qu’un petit groupe d’Homo sapiens avait quitté l’Afrique il y a 60 000 ans pour peupler le Proche-Orient, puis l’ensemble de la planète, dont l’Europe occidentale à partir de 43 000 ans.

Une étude réalisée auprès des Aborigènes d’Australie conclu qu’une vague antérieure aurait quitté l’Afrique vers 75 000 ans pour atteindre l’Océanie il y a 50 000 ans. En cours de route, ces hommes se seraient mêlés à d’autres hominidés plus archaïques, comme des hommes de Néandertal, puisqu’on trouve des traces de ceux-ci dans leur bagage génétique.

On devra attendre que cette conclusion soit entérinée par d’autres chercheurs avant d’en avoir la certitude.

Référence : Anonyme, Deux sorties d’Afrique, La revue, 2011, 18: 12.


 
On appelle « délocalisation » le déplacement d’une entreprise ou d’une partie de l’entreprise dans un autre lieu. L’inverse est la relocalisation. Aussi étonnant que cela puisse paraitre, ce qui nuit à la relocalisation aux États-Unis, c’est la productivité des salariés américains…

En Chine, la productivité du travail est médiocre, entre autres en raison de la machinerie utilisée. On calcule qu’un ouvrier américain produit douze fois plus que son concurrent chinois. Il faudrait donc huit emplois perdus en Chine pour créer un seul emploi aux États-Unis.

Référence : ‘Reshoring’ jobs from China won’t happen


 
Le plus gros consommateur mondial de pétrole est le Département de la défense américaine.

Référence : Marbot O, Pétrole – L’US army trop dépendante, La revue, 2011, 18: 24.


 
Le Québec est le plus important producteur de sirop d’érable au Monde. Il représente 77% de la production mondiale (et 94 % de la production canadienne). Environ 80% du sirop d’érable québécois est exporté, principalement aux États-Unis, au Japon et en Europe.


 
Pour un milliard$ investi dans une nouvelle centrale au charbon, il se crée moins de 900 emplois. La même somme investie dans l’énergie solaire fournit 1 900 emplois, 3 300 dans l’éolien et 7 000 à 8 000 dans la modernisation des bâtiments.

Référence : Clinton B, Citation tirée de La revue, 2011, 18: 25.


 
L’année 2011 a été celle des catastrophes naturelles. Selon le réassureur Swiss Re (qui assure les compagnies d’assurances), les pertes économiques dues aux catastrophes naturelles ont coûté 350 milliards$ l’an dernier, dont 80% en Asie.

Cela comprend 25 milliards$ pour le tremblement de terre néo-zélandais du 22 février, 210 milliards$ pour le tsunami japonais du 11 mars, et 45 milliards$ pour les inondations thaïlandaises (de juillet à décembre).

Référence : Anonyme, 350 milliards. La revue, 2012, 19: 11.


Liste de tous les faits divers (des plus récents aux plus anciens)

Laissez un commentaire »

| Faits divers | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Des dieux et des hommes

Publié le 31 mars 2012 | Temps de lecture : 1 minute
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Sur les fresques et bas-reliefs égyptiens, plus un personnage est important, plus il est grand par comparaison avec les autres.

Nous vivons à une époque où les Humains adorent leurs propres créations.

Détails techniques de la photo : iPad2B — 1/15 sec. — F/2,4 — ISO 125 — 4,3 mm

Laissez un commentaire »

| Photos de Montréal, Photos de voyage, Photos du Canada | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Vienne — Le Belvédère

Publié le 29 mars 2012 | Temps de lecture : 6 minutes

 
L’assèchement d’un grand territoire marécageux situé près du Louvre (qui était un palais royal avant de devenir un musée) et la mise en valeur de l’ile Saint-Louis (située près de Notre-Dame de Paris) a permis à la noblesse française de bâtir à Paris un grand nombre de résidences aristocratiques agrémentées de jardins.

Une telle chose n’était pas possible à Vienne. À l’époque, cette ville était cintrée de remparts qui en limitaient l’expansion urbaine. À l’intérieur de ces fortifications, il n’y avait pas suffisamment de terrains disponibles pour aménager de grands espaces verts : dans ce que nous appelons aujourd’hui la Vieille ville, seul l’empereur disposait de jardins privés dignes de ce nom.

C’est ainsi qu’à l’extérieur de la ville, les nobles construisirent de somptueux palais au moyen desquels ils étaient libres de faire étalage de leur puissance et de leur richesse.

Mais dans les préparatifs en vue du siège imminent de Vienne par les Ottomans, il fut décidé de raser tous ces palais — il y en avait plus de 400 — qui auraient pu servir de refuges aux assiégeants.

Après la victoire décisive des armées impériales dirigées par le Prince Eugène de Savoie en 1718 à Belgrade, tous les territoires rasés à l’extérieur de Vienne devenaient propices à l’érection de nouveaux palais nobiliaires.

Un des premiers à en profiter fut le grand héros national qu’était devenu Eugène de Savoie. Ses talents de diplomate et ses victoires militaires lui avaient permis d’amasser une immense fortune.

Il acheta un vaste terrain, situé à 450m au Sud-Est des remparts, et décida de confier à l’architecte Johan-Lukas von Hildebrandt le soin d’y construire un premier palais en 1714-1716.

Aujourd’hui, ce domaine s’appelle le Belvédère, ce qui signifie « belle vue ». Et ce premier palais, situé dans la partie la moins élevée du terrain en pente douce, s’appelle pour cette raison le Belvédère inférieur. Celui-ci devait constituer sa résidence d’été.

En 1721-1723, le même architecte réalisa un deuxième palais à l’extrémité opposée — c’est-à-dire sur la partie la plus élevée du domaine — et qu’on appelle Belvédère supérieur.

À la mort du prince Eugène, décédé sans progéniture, ses possessions furent acquises par la famille impériale. Sa dépouille repose aujourd’hui dans la chapelle Tirna de la Cathédrale Saint-Étienne.

Puisqu’il est interdit de photographier à l’intérieur des palais du Belvédère, la vidéo en montre les jardins.

À 0:05, c’est l’entrée principale du domaine. Sa grille en fer forgé a été exécutée par Arnold et Konrad Küffner en 1728.


 
La façade du Belvédère supérieur (de 0:12 à 0:18) est caractérisée par un pavillon central surélevé qui s’avance vers le plan d’eau et qui abrite un vestibule et un escalier qui mènent à la Salle de marbre. On raconte que son fronton en cloche évoquerait la toiture des tentes des dignitaires ottomans dressées lors du siège de Vienne en 1683.

Les ailes en retrait conduisent à deux pavillons octogonaux (un à chaque extrémité), surmontés de coupoles en cuivre, dont on trouve les doubles aux extrémités de la façade du côté cours (0:28).

Dans cet édifice, on présente une collection d’art autrichien, du Moyen-Âge à la Première guerre mondiale. On y trouve plusieurs œuvres de Klimt, dont son très célèbre baiser.

À l’origine, tous les murs et plafonds du palais étaient recouverts de fresques ou drapés de broderies. Les caprices de la mode ont fait que ces fresques ont disparues depuis. Dans environ la moitié des salles, on les a reconstituées de manière convaincante à partir de gravures d’époque.

À 0:21, la statue est inspirée ou a servi d’inspiration aux Chevaux de Marly (exécutés entre 1743 et 1745 par Guillaume Coustou) et dont les copies sont à la Place de la Concorde à Paris (les originaux sont au Louvre).

Les sphinx (0:42) symbolisent ici l’union de la force (avec leur corps de lion) et de l’intelligence (par leur tête de femme).


 
Les jardins (de 0:41 à 2:00) ont été créés par le Bavarois Dominique Girard, élève de Le Nôtre. Ils se divisent en trois parties.

La première partie est un jardin à la française agrémenté de deux bassins circulaires décorés d’une fontaine centrale. Sur les côtés, on passe de la première partie à la deuxième partie des jardins en suivant un chemin rectiligne en pente continue. Ce n’est pas le cas au centre, où la voie est interrompue par une fontaine en cascade.

Le centre de la deuxième partie (de 1:05 à 1:16) est plus bas que ses côtés. On y trouve également deux bassins d’eau carrés décorés de fontaines. La deuxième partie est séparée de la suivante par un talus.

Sur les côtés, on accède à la troisième partie (de 1:19 à 2:00) par deux escaliers ornés de six putti chacun, représentant les mois de l’année. Au centre, une fontaine impressionnante interrompt le parcours des visiteurs.

Les quatre bosquets de cette troisième partie évoqueraient les quatre éléments. Les haies et les arbres y sont plantés en parfaite symétrie. Juste devant le Belvédère inférieur, deux fontaines (2:00) complètent les jardins.


 
Extérieurement le Belvédère inférieur (de 2:02 à 2:09, et 2:18) possède un aspect plus sobre que celui du Belvédère supérieur. Mais l’intérieur est tout aussi spectaculaire, moins baroque et plus rococo.

Au centre, la salle d’apparat est en marbre de différentes teintes. À l’ouest, le cabinet doré — dont les murs et plafond sont couverts de feuilles d’or — est peint de chinoiseries rococo.

L’orangerie (au fond, à 2:21) présente une exposition consacrée à des peintres de style Biedermeier (début du XIXe siècle).

La vidéo se termine par une vue du portail du Belvédère inférieur (2:23), de la sortie gauche des jardins (2:25 à 2:30) et de l’entrée des écuries (2:33).

Dans les écuries, le foin était déposé dans des mangeoires en forme de très gros coquillages comme les bénitiers de certaines églises baroques. Les chevaux logeaient sous des plafonds décorés de stucs rococo.

De nos jours, ce bâtiment sert à une exposition permanente consacrée exclusivement à des statues religieuses en bois polychrome et à des retables, dont certains sont des chefs-d’œuvre de virtuosité.


Voir aussi : Liste des diaporamas de Vienne

7 commentaires

| Photos d'Autriche, Photos de Vienne, Photos de voyage, Vidéos | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Plan nord : redevances basées sur les profits ou sur la valeur brute ?

Publié le 28 mars 2012 | Temps de lecture : 8 minutes

Avant-propos : ce texte a été écrit le 28 mars 2012 mais a été retouché le 18 juin 2012.

 
À la suite de nombreuses critiques, le gouvernement québécois a relevé de 12% à 14% le taux de droits miniers en mars 2010. En janvier 2011, puis en janvier 2012, ce taux a été relevé encore d’un pour cent et atteint donc maintenant 16%.

Ces redevances sont basées sur les profits des compagnies minières. Elles correspondent à environ 2% de la valeur du minerai. Ce taux est un des plus faibles au pays.


Redevances perçues par province (en millions$)

  Production       Production    
  (2002-9) Perçu Taux   (2009-10) Perçu Taux
Nord canadien 13 970 538 3,8%   1 510 90 6.0%
Colombie-Brit. 39 500 1 674 4,2%   5 620 292 5,2%
Saskatchewan 33 380 4 312 12,9%   3 980 86 2,2%
Manitoba 11 800 510 4,3%   1 350 10 0,7%
Ontario 62 400 627 1,0%   6 270 25 0,4%
Québec 37 150 427 1,1%   5 630 114 2,0%
Nouv.-Brunswick 8 760 443 5,1%   1 100 44 4,0%


 
Ces données indiquent que la rentabilité apparente des minières québécoises est très faible. En 2010, la moitié des minières n’ont fait aucun profit. La moyenne de l’ensemble de l’industrie est d’un profit brut de 14%. Faites le calcul : 14% (de droit minier) sur 14% de profit donne 1,96% de redevance à payer.

Cela est incroyable. Dans un contexte de pénurie mondiale des métaux, comment les minières peuvent-elles se contenter de profits bruts de seulement 14% en moyenne, et d’aucun profit dans le cas de 10 des 19 companires minières québécoises ?

L’investissement dans le secteur minier est un investissement hautement spéculatif, soumis aux fluctuations changeantes de la valeur des métaux et qui nécessite une marge de profit importante lorsque la demande des métaux est plus forte que l’offre, comme c’est le cas actuellement sur les marchés mondiaux.

Alors pourquoi les minières québécoises font elles relativement si peu de profits bruts ? C’est que le régime fiscal du Québec incite les compagnies minières internationales à faire en sorte que leurs succursales québécoises soient le moins profitables possible.

Plus précisément, les minières québécoises ont intérêt à vendre leur minerai au prix coûtant à une succursale dont le siège social est situé dans un paradis fiscal afin de lui transférer leurs profits : ainsi, c’est cette succursale qui empoche les profits en revendant le minerai au prix du marché, beaucoup plus élevé. Le minerai lui-même n’a pas besoin de transiter par ce paradis fiscal; le transit de la propriété du minerai suffit. Dans les faits, ce dernier peut être expédié directement du Québec vers son lieu de raffinement.

Pour donner un exemple simple, imaginons qu’un produit se détaille 100$ mais qu’il ne coûte 25$ à produire. Vous pourriez le vendre 100$ et payer de l’impôt sur les 75$ de profit que vous réalisez. Ou bien, vous le vendez à un ami à votre prix coûtant (25$) et ne payer aucun impôt. Si cet ami habite dans un pays sans impôt, il vend le produit à 100$ (sa véritable valeur) et réalise donc, lui, le profit de 75$ exonéré d’impôt. Voilà le truc auquel le régime fiscal québécois incite les compagnies minières internationales à recourir afin d’éviter de payer de l’impôt au Québec.

Dans les faits, la stratégie des minières est beaucoup plus complexe. Si la succursale québécoise vendait son minerai directement à une société installée dans un paradis fiscal, le stratagème serait trop évident. On crée donc un intermédiaire installé dans un pays respectable qui, lui non plus, ne réalise aucun profit et qui sert de paravent à la compagnie qui empoche le gros lot.

Dans un contexte où le gouvernement Charest est accusé de corruption, son refus obstiné de fournir des détails sur les montants collectés auprès des minières, en particulier comment les secteurs de l’or, du fer, du cuivre, et du zinc — dont la profitabilité est inégale — paient de redevances, n’est pas de nature à dissiper les soupçons de connivance avec le stratagème que je viens d’expliquer.

De plus, l’argument à l’effet que si on augmente les droits miniers, on fait fuir l’industrie n’est valable que lorsque la demande de métaux est faible. Lorsqu’elle est forte, si une compagnie ferme ses portes parce qu’elle veut protester contre une augmentation des redevances, une autre compagnie la remplacera, attirée par la perspective de profit en dépit de cette augmentation.

L’État doit donc se comporter à l’égard du capitalisme international exactement comme ce dernier se comporterait à la place de l’État, c’est-à-dire de manière impitoyable.

Le défaut majeur des redevances basées sur les profits, c’est donc qu’il est très facile d’éviter de les payer.

Afin de pallier à la créativité visant à déjouer le fisc, il y a deux solutions : des redevances basées sur la valeur de la ressource ou des redevances-plancher.

Contrairement au Québec, des redevances-plancher s’appliquent en Colombie-Britannique, au Nouveau-Brunswick et à Terre-Neuve. Elles s’appliquent également en Australie, en Chine, en Inde et dans quelques États américains (le Michigan et l’Arizona). Elles n’empêchent pas le tour de passe-passe dont j’ai exposé le mécanisme, mais assurent l’État de redevances minimales.

Les redevances basées sur la valeur de la ressource ont aussi leurs échappatoires. Théoriquement, une compagnie pourrait vendre la ressource à perte. Dans les faits, une compagnie ne peut pas faire cela longtemps puisqu’elle serait acculée rapidement à la faillite.

De plus, le cours des matières premières est connu de tous. Si bien que toute fraude est évidente et sujette à des poursuites.

L’Australie impose une redevance de 8% sur la valeur du minerai extrait. À juste titre, le ministre des Finances du Québec rappelle que la mise en opération d’une mine dans le Nord québécois est plus coûteuse que dans ce pays.

Toutefois le Québec ne doit pas chercher à être l’endroit le moins cher au Monde; lorsque la demande des minerais est très importante — comme c’est le cas actuellement — on ne voit pas l’intérêt de s’aplatir devant les minières. La surenchère des États est à la hausse, et non à la baisse.

Les compagnies en mesure de faire des profits en dépit des redevances que nous jugerons raisonnables, sont les bienvenues. Quant à celles qui ne le sont pas, l’État n’a pas à transférer sur le dos des contribuables leur manque à gagner pour qu’elles le deviennent et favoriser ainsi le développement pour le développement.

De nos jours, le cours des matières premières est élevé principalement à cause de la demande gargantuesque de pays comme la Chine et l’Inde. Or, par rapport à ces pays, le Québec est à l’autre bout du Monde. Les mines nées pour répondre à cette demande ont donc une vulnérabilité que n’ont pas celles qui sont nées pour répondre aux besoins industriels de nos voisins (l’Ontario et les États-Unis); dès qu’une mine concurrente s’ouvrira plus près des marchés asiatiques, les mines québécoises nées pour répondre à leurs besoins cesseront d’être concurrentielles.

Un bon nombre de compagnies minières n’auront à peine quelques années pour rentabiliser leurs investissements. Le Québec n’a donc pas intérêt à attirer chez lui les canards boiteux qui ont besoin, pour être rentables, que les contribuables assument leurs frais d’implantation. Apparemment, le gouvernement actuel n’est pas de cet avis puisque selon le Ministre des finances, le régime actuel des redevances tient compte des coûts engagés par les entreprises, mais aussi de leur « capacité de payer ».

Selon l’économiste Jacques Fortin, en se basant sur le profit, l’État québécois se trouve à « subventionner le risque d’affaires d’entreprises milliardaires ». Au contraire, c’est par des redevances élevées que le Québec se dotera de la marge de manœuvre qu’il lui faudra lorsque les minières réclameront, à juste titre, une baisse de leur charge fiscale alors que les temps leur seront devenus moins favorables.

Dans certains pays, le gouvernement indique aux entreprises qui souhaitent ouvrir une mine qu’il entend conserver 20% de la propriété, et ce, sans avoir à payer. Le gouvernement actuel a préféré créer des sociétés d’État qui investiront de l’argent frais dans le capital action des minières, ce qui l’oblige à hausser le tarif de ses services (les frais de scolarité par exemple) afin de dégager les sommes nécessaires à cet investissement.

Références :
La bataille des redevances minières au Québec
Le Québec toujours au bas de l’échelle
Les redevances minières, un secret bien gardé
Mines: le modèle norvégien rapporterait 25 milliards au Québec
Québec : 304 M$ en redevances minières l’an dernier
Redevances minières – Le budget Bachand n’a pas convaincu les observateurs

Parus depuis :
Un siècle pour restaurer 700 sites miniers (2015-01-26)
Environnement: des centaines d’anciennes mines encore nocives au Québec (2019-05-11)

Sur le même sujet :
Baie-James vs Plan Nord
Le marketing improvisé du Plan nord
Le Plan Nord : l’œuf de Pâques de Monsieur Charest
Redevances et efficacité

Laissez un commentaire »

| Économie, Plan Nord | Mots-clés : , , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


On se la coule douce à la délégation parisienne

Publié le 27 mars 2012 | Temps de lecture : 2 minutes

Historiquement, le Québec a toujours dégagé d’importants surplus dans ses échanges internationaux. Selon le quotidien La Presse, pour la première fois de son histoire en 2004, le Québec s’est retrouvé avec un déficit commercial de 600 millions. Puis, avec un déficit de 6 milliards$ en 2005, 17 milliards$ en 2008, 12 milliards$ en 2009 et 16,4 milliards$ en 2010.

Dans ce dernier cas, cela représente 5% du Produit intérieur brut québécois : proportionnellement, ce déficit commercial est donc pire que le déficit commercial américain, lui-même jugé catastrophique.

De ces temps-ci, l’actualité est tournée vers les déficits gouvernementaux alors qu’à mon avis, ces déficits ne sont préoccupants que dans un contexte de déclin économique, ce qui est toujours le cas en présence de déficit commercial. En effet, un déficit commercial correspond à une saignée de l’économie nationale.

Dans ce contexte, il est donc de la plus haute importance que le gouvernement du Québec se fasse le promoteur des produits et services québécois.

C’est donc avec surprise qu’on apprend aujourd’hui que la Délégation du Québec à Paris ne sert jamais de vin québécois. Au Ministère des Relations internationales, on souligne que le rôle premier des délégations générales est de promouvoir les entreprises du Québec, et non de servir du vin. Apparemment, les producteurs de vin du Québec ne se qualifient pas pour être considérés comme des entrepreneurs québécois…

En tant que touriste à Paris, je préfère définitivement y boire des vins français, souvent extraordinaires et à petit prix. Mais en tant que Délégué du Québec à Paris, devrais-je avoir le choix de servir à mes invités autre chose que du vin québécois ?

Il est probable que d’essayer de vendre des vins québécois à nos amis Français est une cause perdue d’avance. Tout ce que nos représentants doivent espérer, c’est le respect de leurs interlocuteurs… et celui des contribuables qui paient leurs salaires.

Référence : Aucun vin québécois n’est servi à la Délégation du Québec à Paris

Laissez un commentaire »

| 2003-2012 (années Charest), Politique québécoise | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’augmentation des frais de scolarité

Publié le 25 mars 2012 | Temps de lecture : 11 minutes

Plus tôt cette année, le gouvernement du Québec a annoncé son intention de majorer les frais de scolarité universitaire de 325$ par année pour les cinq prochaines années. En supposant une formation universitaire de trente crédits, cela signifie que les frais annuels de scolarité passeront de 2 168$ à 3 793$ dans cinq ans, soit une majoration totale de 75%.

En présumant que cette hausse n’aura pas de conséquence sur le nombre d’étudiants inscrits à l’université, le dégel des frais de scolarité représente pour les étudiants une dépense supplémentaire de 658 millions$ pour les quatre prochaines années : 90 millions$ en 2012-2013, 144 millions$ en 2013-2014, 193 millions$ en 2014-2015, et 231 millions$ en 2015-2016. Par la suite, la hausse des droits rapportera aux universités 265 millions$ par année.

Depuis quarante ans, les frais de scolarité universitaire ont varié par paliers; des augmentations brutales mettant fin à de longues périodes de gel. Si les intentions gouvernementales se matérialisent, les frais dans cinq ans rejoindront ceux qu’ils seraient si on les avait indexés depuis 1968.


 
Invoquant la nécessité de démocratiser l’accessibilité aux études supérieures, les étudiants manifestent depuis leur opposition à ce projet, opposition qui recueille la sympathie de la moitié de la population québécoise.

Aussi importante soit-elle, cette augmentation doit toutefois être replacée dans le contexte global de l’ensemble des dépenses auxquelles doivent faire face les étudiants universitaires d’aujourd’hui.

Le niveau de vie des étudiants

Une dépense supplémentaire de 1 625$ n’a pas le même impact si on est millionnaire que si on est pauvre. D’où l’importance de connaitre le coût de la vie à Montréal (où sont situées la majorité des universités québécoises).

À l’intention des étudiants étrangers, l’Université de Montréal a préparé un document qui fait la liste des déboursés annuels auxquels ceux-ci doivent s’attendre en effectuant leurs études dans la métropole canadienne. De ce budget-type, j’ai retranché les frais médicaux qui sont gratuits pour les citoyens québécois.


Tableau du coût de la vie étudiante à Montréal

Frais d’arrivée et d’installation
     300$ : Arrivée (déplacements, logement temporaire, restaurant)
     600$ : Installation (équipement pour logement, caution du téléphone, etc.)
     600$ : Vêtements d’hiver

Frais de subsistance
  6 000$ : Loyer et charges
  4 200$ : Nourriture
     720$ : Transport
  1 800$ : Divers

Autre
  1 000$ : Livres et fournitures scolaires

Droits de scolarité et couverture médicale
  2 168$ : Frais de scolarité (30 crédits)
     120$ : Assurance pour soins dentaires

17 508$ : Total
 

 
Évidemment, certains étudiants vivent à Montréal dans la maison de leurs parents et n’ont pas à débourser pour se loger, se nourrir, pour s’habiller, etc. Dans ce cas, à l’exception du loyer, leurs parents paient le reste pour eux, ce qui revient au même.

On voit donc que cette majoration de 325$ par an représente une hausse annuelle de 1,86% de leur train de vie, ce qui est insignifiant. Toutefois, en ignorant l’inflation, dans cinq ans, l’augmentation des frais de scolarité de 1 625$ provoquerait ultimement une hausse de 9,3% du coût de la vie étudiante, en supposant que ce mode de vie ne puisse pas souffrir d’aucune compression.

Comparaison avec les autres provinces canadiennes

Toutes les données publiées par le gouvernement du Québec sont basées sur une formation universitaire de trente crédits annuels. Mais puisque j’ignore à combien de crédits les étudiants s’inscrivent réellement, j’ai préféré utiliser les données de Statistiques Canada.


 
En frais de scolarité seulement, il en coûte en moyenne 5 146$ au Canada pour obtenir un baccalauréat universitaire. Comme l’indique de graphique ci-dessus, de toutes les provinces canadiennes, c’est au Québec que ces coûts sont les moindres, soit 2 411$.

Ils sont moindres parce qu’ici, les frais imposés aux étudiants ne représentent que 12,7% (en 2008-2009) du coût réel de leur formation. Le reste est assumé principalement par les contribuables. C’est donc à dire que la société québécoise subventionne plus qu’ailleurs la formation de ses universitaires.

Même en augmentant de 75% les frais imposés aux étudiants, le Québec se trouverait sous la moyenne canadienne. Mais cette majoration a comme conséquence inéluctable d’augmenter le niveau d’endettement des étudiants.

Même en tenant compte des dépenses que le reste de la population ne trouve pas essentielles, il est certain que de manière générale, les étudiants des universités québécoises ne dépensent pas 1 625$ par année de tatouage, de piercing, de rave et de bière, pour ne nommer que cela.

Si les étudiants trouvent inacceptable d’être obligés de s’endetter pour s’instruire, cela signifie qu’au cours des années qui viennent, ils vont continuer à s’instruire en pelletant la majorité du coût de leur formation universitaire sur le dos des contribuables. D’où la question : Pourquoi le Québécois moyen devrait-il s’endetter à leur place?

L’endettement des ménages québécois

En excluant les prêts hypothécaires, l’Institut de statistiques du Québec a calculé que l’endettement par consommateur québécois est de 18 025$. Cela est beaucoup mieux que la moyenne canadienne, qui est de 25 597$. De plus, le taux d’endettement — c’est-à-dire le montant de la dette comparé au revenu disponible — demeure moindre au Québec que dans le Canada en général.

La raison de cela se trouve sans doute dans le fait que certaines des dépenses assumées ailleurs par les familles (frais de garderie et coût des traitements médicamenteux, par exemple) sont assumées chez nous par l’État, ce qui augmente le revenu disponible et réduit le niveau d’endettement.

Quant au niveau d’endettement de l’État québécois, même s’il est inquiétant, il se compare avantageusement à celui des États-Unis, comme nous l’avons vu récemment.

En somme, le Québec pourrait se permettre de continuer d’être aussi généreux à l’égard de ses étudiants. Toutefois, si on souhaite transférer sur le dos des contribuables une bonne partie des frais d’implantation des compagnies minières dans le Nord québécois afin de favoriser à tout prix le développement minier du Québec, il faut couper quelque part.

Puisque le gouvernement a choisi de sabrer dans le financement des études universitaires, cette décision nous amène à remettre en question le « modèle québécois » du financement des études universitaires.

Pourquoi subventionner autant la formation universitaire ?

La société québécoise — c’est-à-dire nous tous — subventionne les études universitaires parce qu’elle croit que des frais de scolarité élevés constituent un obstacle économique qui freine l’accès à la formation dispensée sur nos campus.

Si les étudiants payaient le prix réel de ce que cela coûte pour s’instruire, seuls les fils de riches auraient les moyens d’accéder aux études supérieures. Et s’il en était ainsi, nous serions tous perdants parce que le Québec manquerait alors d’ingénieurs, de professionnels et, de manière générale, d’experts dans tous les domaines.

Une société ne peut atteindre son plein potentiel de développement si elle sacrifie les talents d’une partie de ses citoyens. C’est ainsi que tous les pays où les femmes sont reléguées aux travaux domestiques sont des pays qui se tirent dans le pied.

Mais en contrepartie, les jeunes doivent poursuivre et compléter leurs études; en somme, ils ont une obligation de réussite. Pourquoi devrions-nous travailler et payer des taxes s’ils ne tirent pas profit de la générosité des contribuables ?

D’après les données de Statistique Canada, de 2007 à 2010, le taux de décrochage scolaire est plus élevé au Québec (11,7%) que dans l’ensemble du Canada (8,9%). Selon d’autres données de Statistique Canada citées par La Presse (mais que je n’ai pas réussi à trouver), le taux de décrochage serait plutôt de 20% au Canada et de 22,5% au Québec. Dans tous les cas, ce qu’on doit retenir, c’est qu’en dépit de barrières économiques moindres au Québec, l’abandon des études y est plus élevé.

Et lorsqu’on parle de décrochage scolaire, on ne parle pas seulement des jeunes qui n’ont pas de baccalauréat. Le Québec a autant besoin de techniciens en aéronautique ou de créateurs de jeux multimédia (diplômés d’études techniques) que d’ingénieurs ou d’avocats (diplômés universitaires).

Le décrochage scolaire dont on parle ici concerne ceux qui quittent nos écoles sans diplôme d’études secondaires.

Ces données nous amènent à remettre en question l’à-propos des subventions aux études supérieures : le gouvernement libéral n’est-il pas justifié de dégeler les frais de scolarité quand les jeunes eux-mêmes ne sont pas conscients de l’importance d’acquérir un diplôme ?

Le problème, c’est qu’en dégelant ces frais, on punit les mauvaises personnes; on ne punit pas les décrocheurs, mais ceux qui sont des exemples pour les autres jeunes.

Conclusion

Michel Girard a publié dans La Presse un billet convainquant en faveur du prolongement du gel des frais de scolarité, dans une perspective purement économique. Malgré son plaidoyer, il me reste encore du chemin à faire avant de partager l’hostilité des jeunes au dégel des frais de scolarité.

Je ne vous cacherai pas que je suis très déçu que, malgré la générosité des travailleurs qui subventionnent le coût de leurs études, trop de jeunes préfèrent entrer prématurément sur le marché du travail et être handicapés toute leur vie pour ne pas avoir complété leurs études.

On dit souvent que les jeunes ne sont pas politisés. En réalité, ils jugent que les partis politiques sont tous du pareil au même et que si un gouvernement osait s’attaquer à eux, il leur suffirait d’un peu de désobéissance civile pour que ce gouvernement cède à leurs revendications. L’avenir nous dira s’ils ont raison.

Toutefois, si le gouvernement libéral devait s’avérer intransigeant, les étudiants risquent d’apprendre à leurs dépens que les citoyens de ce pays ont un droit extraordinaire, soit celui de choisir ses dirigeants. Et que la contrepartie de ce droit, c’est le devoir de voter.

Je souhaite donc que les étudiants aient de la mémoire et acquièrent la résolution de s’acquitter de leurs devoirs civiques, dont celui de de voter aux prochaines élections et surtout, de réussir leurs études.

L’avenir du Québec dépend d’eux : on ne bâti pas une nation forte sur des abrutis mais plutôt sur des citoyens qui expriment toute l’étendue de leurs talents.

Références :
Décrochage scolaire: le Canada fait piètre figure
Droits de scolarité: le gel, un bon investissement gouvernemental
L’endettement des ménages québécois
Droits de scolarité selon les provinces
Sondage: la population souhaite un dénouement à l’impasse
Vivre à Montréal — Coût de la vie et budget type

Paru depuis : Une étude donne raison aux carrés rouges (2014-09-02)

Sur le même sujet :
Crise étudiante : le gouvernement doit donner l’exemple
Grèves étudiantes : l’ABC de l’émeute
Grèves étudiantes : l’échéance du Grand Prix de Montréal
Le coût des études pour les étudiants étrangers
Tirs de balles de plastique : attend-on de tuer quelqu’un ?

2 commentaires

| Sociologie | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Paris, capitale européenne du magasinage touristique

Publié le 23 mars 2012 | Temps de lecture : 2 minutes
Place Vendôme, à Paris

Pour 100 euros dépensés à Paris, les touristes en dépensent 85 à Londres et 33 à Milan.

Parmi eux, les 900,000 Chinois qui ont visité la France l’an dernier étaient les plus dépensiers : en effet, en 2011, ils sont à l’origine du quart des demandes de remboursement de la TVA auxquels sont éligibles les visiteurs étrangers. Suivent ensuite les Russes, les Japonais et les États-Uniens.

En moyenne, le Chinois de Hong Kong dépense à Paris 1,500 euros par jour, suivi de près par son compatriote de Chine continentale, avec 1,470 euros. Par comparaison, le Russe en dépense 1,000, le Brésilien 680 et l’Indien 765.

Toutefois, lorsqu’un touriste d’Arabie Saoudite met les pieds dans une bijouterie, il a droit à des égards particuliers. En effet, le Proche-Orient possède une longue tradition culturelle de parer l’épouse, sous son voile pudique, d’une multitude de colliers et de bracelets d’or. Lorsqu’un couple saoudien décide d’acheter des bijoux, il devient alors le plus dépensier de tous : 6,100 euros en moyenne au cours d’une seule séance de magasinage dans la boutique qui aura su séduire le couple. D’où l’intérêt des bijouteries haut-de-gamme de Paris d’avoir du personnel qui parle arabe…

Référence :
Le touriste chinois, roi du shopping à Paris

Détails techniques de la photo : Canon Powershot G6 — 1/1000 sec. — F/4,5 — ISO 100 — 7,1 mm

3 commentaires

| Fait divers | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel