L’hôtel Nacional de La Havane

Publié le 6 septembre 2013 | Temps de lecture : 1 minute

 
Tournant le dos au détroit de Floride, l’hôtel Nacional a été construit à La Havane en 1930, dans la partie nord-est du quartier de Vedado, plus précisément sur un pic rocailleux situé près du Malecón, cette route qui longe la mer.

Pendant longtemps, ce fut l’hôtel le plus prestigieux de la capitale cubaine. Ses attraits comprennent une luxueuse salle de banquet, deux bons restaurants au sous-sol et un jardin, à l’arrière, qui offre une vue magnifique du détroit de Floride.

Le diaporama s’ouvre par une vue arrière de l’hôtel, tel que vu du Malecón. À 0:05, c’est l’allée qui mène à l’entrée de l’établissement, du côté opposé.

Les jeudis et samedis soirs, des membres du Buena Vista Social Club se produisent au Salón 1930 (à 0:08). De 0:10 à 0:15, il s’agit de ce jardin qui surplombe la mer.

Le reste du diaporama donne un aperçu du spectacle de cabaret qui y est présenté tous les soirs de 22h à minuit.


Voir aussi :
Liste des diaporamas du premier voyage à La Havane
Liste des diaporamas du second voyage à La Havane

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Évolution du chômage au Québec depuis une décennie

Publié le 5 septembre 2013 | Temps de lecture : 5 minutes

Le taux de chômage

L’Institut de la statistique du Québec est un organisme gouvernemental qui a pour mission de fournir des informations statistiques sur la situation économique du Québec. Il y a deux jours, cet organisme rendait public une étude de l’évolution du chômage au Québec de 1997 à 2011.

Les données présentées sont celles qui ont été colligées par Statistique Canada dans le cadre de son Enquête sur la population active : elles excluent les travailleurs autonomes et les étudiants. La population visée correspond à environ 75% de celle de l’ensemble de l’emploi.

Selon cette étude, le taux de chômage au Québec a diminué du cinquième, passant de 10,3% à 8,1% au cours de cette période. Cette diminution n’a pas été constante puisque ce taux était encore plus faible en 2007-8 (soit juste avant les répercussions de la crise financière sur le marché de l’emploi, en 2009).

À l’exception donc des années 2007 et 2008, il faut remonter en 1976 pour trouver un taux de chômage plus faible. Cette évolution à la baisse du taux de chômage s’observe dans toutes les régions du Québec.

Dans les régions périphériques, dont l’économie est principalement basée sur l’exploitation des ressources naturelles (forêts et mines), le taux de chômage moyen a diminué du tiers, passant de 14,0% à 9,2%. C’est le cas de la région la plus durement touchée à la fin des années 1990, soit la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, dont le taux de chômage a décliné de 22,1% à 14,3%.

La diminution du chômage a été analogue dans presque toutes les autres régions. Deux exceptions : Québec et Montréal.

Dans la vieille capitale, le déclin du chômage a été plus net, passant de 10,1% à 5,4%. À Montréal, ce fut le contraire; la diminution du taux de chômage y a été très faible, passant de 11,2 à 10,2%. Cela fait que la région montréalaise connaît présentement le deuxième taux de chômage le plus élevé du Québec.

Le taux d’emploi

Cette diminution généralisée du chômage s’est accomplie en dépit du fait qu’une proportion plus élevée de la population adulte participe au marché de l’emploi. En effet, le sixième de la population québécoise (principalement des femmes) a envahi le marché du travail au cours de cette période.

Le taux d’emploi est passé de 58,5% à 68,9% dans le cas des femmes, et de 70,8% à 73,0% dans le cas des hommes (pour une moyenne de 71,0%). De tous les pays de l’OCDE, seul le reste du Canada et l’Allemagne ont un taux d’emploi plus élevé que le Québec. À titre de comparaison, le taux d’emploi moyen des pays de l’OCDE pour les personnes en âge de travailler s’élevait à 64,8 % en 2011.

Dans presque toutes les régions du Québec, il existe une relation inverse entre le taux de chômage et le taux d’emploi des femmes et des hommes. Lorsque le taux de chômage s’élève au dessus de la moyenne québécoise, le taux de participation des femmes et des hommes au marché du travail diminue.

La scolarité

Depuis le début du siècle, on assiste à une chute draconienne de la proportion de Québécois de 25 à 64 ans qui n’ont pas réussi leurs études secondaires. En effet, de 1997 à 2011, cette proportion est passée de 26,5% à 15,1%.

Toutefois, cela est en partie le résultat du fait que beaucoup de personnes sans diplôme en 1997 ont dépassé aujourd’hui l’âge de 64 ans et conséquemment, ont disparu des statistiques.

Compte tenu du renouvellement de la population, les Québécois sont plus instruits de nos jours. La proportion des Québécois âgé de 25 à 64 ans qui possèdent un certificat de formation professionnelle ou un diplôme universitaire, est passée de 50,7% à 63,9%. La proportion de bacheliers a presque augmenté de moitié.

Le taux de chômage parmi ceux qui n’ont pas réussi leur secondaire est beaucoup plus élevé que celui dans la population en générale; ceux-ci forment 15,1% de la population de 25 à 64 ans mais n’occupent que 10,8% des emplois. Leur taux de chômage est donc 30% plus élevé que la moyenne québécoise.

Au contraire, les détenteurs d’un Certificat de formation professionnelle ou un diplôme universitaire représentent 63,9% de la population de 25 à 64 ans mais accaparent 69,4% des emplois disponibles. Leur taux de chômage est donc en dessous de la moyenne québécoise.

Le salaire horaire moyen

Depuis 1997, les salaires ont progressé davantage que l’inflation, telle que mesurée par l’indice des prix à la consommation. En dollars constants, les salaires horaires moyens ont augmenté de 8,6 % depuis 1997.

Puisque l’étude ne tient pas compte du nombre d’heures travaillées par semaine, on ne sait pas s’il y a eu augmentation des revenus, donc du pouvoir d’achat.

Références :
Marché du travail et qualité de l’emploi : un regard inédit sur la situation dans les régions du Québec (document PDF)
Un portrait rose derrière les fermetures d’usine

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Quatre participants aux Mosaïcultures Internationales Montréal 2013

Publié le 4 septembre 2013 | Temps de lecture : 1 minute
« À la queue leu leu » (Madagascar)
« Disparaitre dans la nature » (Yémen)
« Les ambassadeurs des Mosaïcultures Internationals »
(Arrondissement montréalais de Saint-Léonard)
Détail de « Haut les mains ! » (Malaisie Orientale)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 45 mm (la première photo) et objectif Lumix 12-35 mm F/2,8 (les trois autres photos)
1re photo : 1/100 sec. — F/18,0 — ISO 250 — 45 mm
2e  photo : 1/500 sec. — F/5,0 — ISO 200 — 21 mm
3e  photo : 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 19 mm
4e  photo : 1/800 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 21 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les invasions militaires anglaises

Publié le 3 septembre 2013 | Temps de lecture : 1 minute

L’Angleterre conquérante
 
Invasions
 
Si on ajoute le Vatican et le Kosovo aux 192 États membres des Nations-Unies, 89% des pays ont été l’objet d’une invasion partielle ou d’une conquête totale de la part de troupes britanniques au cours de leur histoire.

Certains de ces pays — par exemple le Costa Rica, l’Équateur and le San Salvador — n’ont été l’objet que de raids de pirates soutenus par la couronne britannique. D’autres, comme Cuba, ont été conquis pendant quelques mois à peine.

En raison de sa proximité et de sa richesse, le pays le plus souvent envahi par les Anglais fut évidemment la France.

L’Angleterre conquise

Pour la dernière fois de son histoire, l’Angleterre fut conquise en 1066 par Guillaume le Conquérant, duc de Normandie.

Toutefois, le sol britannique fut partiellement occupé 73 fois depuis ce temps, la dernière étant l’occupation des îles Anglo-Normandes par les Nazis au cours de la Deuxième guerre mondiale.

Références :
British have invaded nine out of ten countries – so look out Luxembourg
Enemies at the gates: the 73 ‘invasions’ of Britain since 1066

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Trois participants aux Mosaïcultures Internationales Montréal 2013

Publié le 2 septembre 2013 | Temps de lecture : 1 minute
« Petit poisson-clown et anémone » (Ville d’Okinawa, Japon)
« Un bain de soleil » (Thaïlande)
« Le chant du cygne » (Ville d’Helsinki, Finlande)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 45 mm F/1,8 (la première photo) et objectif Lumix 12-35 mm F/2,8 (les deux autres photos)
1re photo : 1/4000 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 45 mm
2e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 19 mm
3e  photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les amphibiens aux Mosaïcultures Internationales Montréal 2013

Publié le 1 septembre 2013 | Temps de lecture : 3 minutes

Introduction

On dit d’une chose qu’elle est amphibie lorsqu’elle peut vivre ou se déplacer sur terre et dans l’eau.

Les amphibiens — appelés autrefois batraciens — sont des animaux qui débutent généralement leur vie sous la forme d’une larve aquatique dotée de branchies (tout comme les poissons), mais qui se métamorphose plus tard en une forme adulte habituellement dotée de poumons et respirant à l’air libre.

Sur terre, les amphibiens préfèrent les habitats humides, car ils doivent éviter l’assèchement de leur peau, qui leur sert de surface respiratoire secondaire : certaines espèces sont même dépourvues de poumons et respirent exclusivement par la peau.

Leurs exigences élevées en matière de reproduction en font des animaux extrêmement vulnérables aux changements de leur habitat : ils sont donc de très bons indicateurs écologiques. Dans les dernières décennies, il y a eu un déclin spectaculaire de leur nombre à travers le monde, du fait de la pollution.

Atlanta

Détail de « Fragiles grenouilles » (Ville d’Atlanta, États-Unis)

Afin de contribuer à sauvegarder une de ces espèces (la grenouille Gopher), le Jardin botanique d’Atlanta a mis sur pied un programme de réinsertion de cet animal dans une aire protégée.

En vertu de ce programme, deux milles de ces grenouilles ont été relâchées dans la nature depuis six ans.

Sherbrooke

« Un petit pont pour l’homme, un grand pas pour la biodiversité ! »
(Ville de Sherbrooke, Canada)

Situé à proximité de Sherbrooke, le lac Brompton est peuplé de milliers de grenouilles. À chaque printemps, au cours d’une nuit brumeuse, ces grenouilles migrent vers un marais à proximité qui leur sert d’aire de reproduction.

Malheureusement, la route 220 sépare le marais du lac et se trouve donc dans le corridor de migration emprunté par les amphibiens. À chaque printemps, un grand nombre de grenouilles étaient écrasées en traversant cette route.

Les autorités ont donc décidé de construire une traverse sous cette route; ainsi des tunnels ont été aménagés pour permettre aux amphibiens de se rendre en toute sécurité au marais. Cette mesure — une première au Canada — a permis de protéger tout l’écosystème marécageux, riche en leurs prédateurs, les couleuvres.

Barcelone

« La salamandre selon Gaudí » (Ville de Barcelone, Espagne)
La salamandre du Park Güell, à Barcelone

De manière générale, les 7 000 espèces d’amphibiens sont à 90% des grenouilles et des crapauds : le reste est constitué principalement de salamandres.

Ce sont ces dernières que la ville de Barcelone a choisi de mettre en vedette en créant une mosaïculture inspirée de celle qui sert de fontaine au Park Güell.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 et objectif Lumix 12-35 mm F/2,8 (les trois premières photos), Canon Powershot G6 (dernière photo)
1re photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 20 mm
2e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 35 mm
3e  photo : 1/160 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 27 mm
4e  photo : 1/1250 sec. — F/2,2 — ISO 50 — 7,2 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les réfugiés du métro

Publié le 30 août 2013 | Temps de lecture : 2 minutes

Evacuation1

Evacuation2

Evacuation3

Evacuation4
 
Mercredi dernier vers 15h45, un incident a provoqué une interruption de service sur la ligne verte du métro.

Avant même que le train ne s’immobilise, l’alimentation électrique a été prise en charge par les piles, ce qui a provoqué une baisse subite de l’intensité lumineuse dans les wagons. La ventilation s’est arrêtée. En moins d’une minute, la température ambiante s’est élevée d’un cran.

Des gens se sont levés pour prendre connaissance des consignes en cas d’évacuation.

D’une voix un peu plus forte que les autres, une dame manifestait son anxiété en se plaignant de son asthme. Une autre femme lui a prêté sa pompe de Ventolin. La plaignante en a vaporisé deux jets dans la bouche, sans les inhaler. Et alors qu’il était impossible que le médicament ait pu faire effet, celle-ci a paru soulagée, instantanément.

De nombreuses échelles jaunes sont disponibles le long des parois des tunnels du métro. Des préposés de la Société de transports ont ouvert une porte et placé une de ces échelles à chaque wagon afin de permettre aux passagers d’en sortir.

Telle une foule de réfugiés marchant silencieusement vers une terre d’accueil, les centaines de passagers se sont déplacés vers la station suivante d’où ils sont sortis pour terminer leur périple à pied, ou en s’ajoutant aux longues files d’attente pour l’autobus suivant.

Le tout s’est déroulé sans incident.

Puisque le meilleur appareil photo est toujours celui qu’on a à sa disposition, voilà ci-dessus les photos prises avec mon téléphone multifonctionnel.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Charte de la laïcité : un mauvais départ

Publié le 28 août 2013 | Temps de lecture : 9 minutes

Introduction

Conformément à sa promesse électorale du 14 août 2012, le gouvernement Marois présentera le mois prochain un projet de Charte de la laïcité québécoise.

Grâce à une fuite rapportée par le Journal de Québec le 20 août dernier, et grâce à une confirmation de la bouche de la Première ministre 5 jours plus tard, on sait que le projet péquiste consistera, entre autres, à bannir le port de signes religieux ostentatoires chez tous les employés de l’État, y compris dans les hôpitaux, les écoles et les garderies.

Ici, le qualificatif « ostentatoire » est extrêmement important. Il concerne l’étalage jugé excessif d’une appartenance religieuse. Concrètement, cela permet de cibler le voile islamique sans interdire les pendentifs et broches en forme de crucifix, plus discrets.

Religion et tenue vestimentaire

Le Christianisme, tel qu’il se pratique de nos jours, ne comporte aucune exigence vestimentaire sauf pour les membres du clergé. Ce n’est pas le cas pour d’autres religions.

L’Islam, notamment, exige la modestie vestimentaire de ses croyants. La très grande variabilité de ce qui est considéré comme modeste fait en sorte que certaines Musulmanes s’habillent comme n’importe quelle autre femme occidentale alors que d’autres peuvent se distinguer facilement à leur tenue vestimentaire. Ces dernières sont donc visées par l’interdiction des signes ostentatoires d’appartenance religieuse.

L’intégration des minorités

Certains organismes publics ont accompli des efforts remarquables pour que leur personnel reflète la diversité culturelle du Québec (par exemple, la Société de transports de Montréal).

Ce n’est pas le cas de la fonction publique québécoise, qui est encore très blanche, très francophone et très « Québécois-pure-laine ». Plusieurs facteurs expliquent cela, dont l’éloignement de la Vieille capitale des minorités culturelles (qui habitent surtout Montréal).

Ce n’est pas en érigeant de nouveaux obstacles qu’on va améliorer l’intégration de ces minorités. Refuser l’embauche des femmes portant le voile islamique ne fait que contribuer à les confiner à la sphère domestique. Et les obliger à choisir entre ce qu’elles croient être la Volonté de Dieu et celle des hommes, s’apparente à de la persécution religieuse.

La neutralité religieuse de l’État assurée par ses serviteurs

Selon le projet de Charte préparé par le gouvernement actuel, le principe de la laïcité de l’État exigerait qu’on ne puisse pas deviner l’appartenance religieuse de ses représentants. Toutefois, on ne toucherait pas aux signes religieux qui décorent les immeubles publics puisqu’ils auraient, parait-il, une valeur patrimoniale.

La Coalition Avenir Québec, quant à elle, considère même que la prière récitée au début des assemblées municipales fait partie du « patrimoine oral » (comme les vieilles légendes de nos ancêtres, j’imagine).

En somme, la neutralité religieuse de l’État serait assurée par l’interdiction des signes religieux ostentatoires chez ses employés même si les murs et les babillards de nos écoles et de nos hôpitaux devaient être placardés de crucifix et d’images « patrimoniales » du Sacré-Cœur et de la Sainte Vierge.

À mon avis, cela est aussi absurde que de vouloir établir la neutralité raciale de l’État en exigeant que tous les employés Noirs se départissent de la pigmentation jugée ostentatoire de leur peau, tout en laissant sur les murs de vieilles images (donc patrimoniales) du Ku Klux Klan.

Pour les lecteurs susceptibles, précisons immédiatement que cette comparaison ne vise pas à faire un rapprochement entre les religions et les mouvements d’extrême droite, mais plutôt à souligner l’absurdité de la démarche gouvernementale.

La neutralité religieuse de l’État assurée par lui-même

La neutralité de l’État peut s’affirmer d’une autre manière, soit en laissant la liberté de chacun de vivre sa religion comme il l’entend, du moment que cela ne porte pas atteinte aux droits des autres de vivre selon leurs principes à eux. C’est donc une autre forme de neutralité : en n’intervenant pas.

En d’autres mots, cette neutralité, c’est l’indifférence totale des institutions publiques face aux croyances religieuses du citoyen. Ce dernier n’aurait donc pas à renier sa foi (ni aux manifestations extérieures de celle-ci) avant de donner ou de recevoir un service public.

Le principe qui doit nous guider, c’est « vivre et laisser vivre ». Si quelqu’un est coiffé d’un turban ou d’une calotte juive, cela ne me regarde pas. Tant que cette personne n’exige pas que moi aussi, je porte sa coiffure, je ne vois pas où est le problème.

Cela signifie donc que les employés de l’État reflèteraient la diversité de la Nation; plusieurs pigmentations de la peau, des sexes différents, des croyances religieuses diverses, des tenues vestimentaires variées, des colorations capillaires semblables à ce qu’on voit dans la rue, et des accents linguistiques qui reflètent mon pays. Voilà comment l’État peut être neutre sans imposer par la force de la loi une homogénéité artificielle.

Une Charte de la neutralité religieuse de l’État

J’inviterais le gouvernement à présenter non pas une Charte de la laïcité de l’État, mais plutôt une Charte de la neutralité religieuse de l’État, ce qui est complètement différent.

Cette charte serait une réponse aux préoccupations actuelles de la population et un guide pour tous ceux qui ont à répondre aux demandes d’accommodements en faveur de ceux dont l’exercice religieux comporte des exigences particulières.

Elle serait basée sur deux principes fondamentaux; la neutralité religieuse de l’État et le respect de la liberté de religion du citoyen.

Cette charte aurait deux domaines d’application : l’administration publique (le gouvernement québécois et les municipalités) et les services publics (hôpitaux, écoles et garderies).

L’administration publique

Tout signe religieux amovible devra disparaitre des immeubles appartenant au gouvernement provincial, aux sociétés d’État et aux municipalités. Toutefois, le gouvernement se doterait d’un pouvoir discrétionnaire quant à la mise en œuvre de ce principe dans certains cas particuliers.

De l’inauguration de l’édifice du Parlement en 1886 jusqu’en 1936, les parlementaires se sont succédés pendant un demi-siècle sans qu’il y ait de crucifix à l’Assemblée nationale du Québec. À mon avis, respecter la volonté originelle des bâtisseurs de l’édifice du Parlement m’apparait plus « patrimonial » que de perpétuer une manœuvre électoraliste du Premier ministre Maurice Duplessis en 1936.

Même si, à ma grande surprise, la Cour suprême du Canada devait confirmer la décision rendue par la Cour supérieure du Québec (déclarant légale la prière à l’ouverture des séances des Conseils municipaux), je pense que ces rituels sacrilèges au cours desquels on invoque Dieu avant de piller le trésor public et de s’en mettre plein les poches, ont assez duré.

Les établissements de santé

Dans la mesure où cela est compatible avec l’hygiène, les malades hospitalisés peuvent ajouter à la décoration de leur chambre, tous les symboles religieux qu’ils souhaitent au cours de leur séjour. Ces symboles doivent disparaitre à leur départ. De plus, ces patients devront payer des frais lorsque l’enlèvement de ces symboles occasionne des déboursés pour l’établissement.

Il sera interdit au personnel hospitalier d’ajouter des symboles religieux à l’uniforme qui leur est fourni par leur employeur. Toutefois, si leurs convictions exigent qu’ils portent une coiffe ou un voile, cela devrait leur être permis dans la mesure où cela est compatible avec les règles d’hygiène ou d’asepsie.

Les écoles et les garderies

À moins d’avoir obtenu un statut confessionnel, tout signe religieux amovible devra disparaitre des lieux où se trouvent des écoles et des garderies.

Toutefois, le personnel et les élèves sont libres d’afficher leur foi, s’ils le désirent, sans toutefois chercher à endoctriner les autres.

Conclusion

Tous les jugements finaux prononcés à ce jour par les tribunaux canadiens vont dans la même direction : celle de permettre, dans la mesure du possible et du raisonnable, de faire exception aux règles habituelles lorsque cela permet aux citoyens de répondre à leurs exigences religieuses. C’est ce qu’on appelle les accommodements raisonnables.

Pour un gouvernement, avoir du leadership, c’est de préparer son peuple à faire face à l’avenir. Le gouvernement Marois rendrait un mauvais service à tous ceux qui se fient sur lui, s’il devait suggérer une voie contraire à la jurisprudence actuelle en matière de droits religieux.

Voilà pourquoi sa Charte de la laïcité — quel que soit le nom qu’on lui donnera — devra plutôt être une Charte de la neutralité religieuse de l’État respectant le droit de religion de ses citoyens.

Références :
Interdiction des signes religieux: Québec fonce malgré les critiques
La CAQ propose une charte de la laïcité
La campagne électorale au Québec : le mardi 14 août 2012
La laïcité inclusive est une valeur québécoise
La future charte des « valeurs québécoises » attendue de pied ferme
L’automne des grandes chicanes
Le crucifix de l’Assemblée nationale
Lettre – Les droits de chacun
Lettre – Un ballon qui ne mérite pas de décoller
L’interdiction des symboles religieux serait une erreur, selon Charles Taylor
Pauline Marois prédit que la charte des valeurs fera consensus au Québec

Parus depuis :
Il faut refuser l’instrumentalisation de la laïcité (2013-08-30)
Charte des valeurs québécoises – Un mauvais projet pour le Québec (2013-09-10)
«C’est une Charte contre les femmes» (2013-09-11)
Charte des valeurs – Quel impact sur les femmes? (2013-09-15)
Charte: l’AQESSS ne veut pas y être assujettie (2013-10-01)
Jean Dorion, l’anti-Djemila Benhabib (2013-10-02)
Consignes de vote anti-charte: le Conseil musulman de Montréal est-il allé trop loin? (2014-03-15)
Ramener Dieu à bon port (2015-01-10)
VLB, le béret, le voile et la thèse de Sandel (2015-05-16)
Les mystères des crucifix de l’Assemblée nationale (2018-10-22)

Complément de lecture :
Les incidents haineux au Canada

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La laïcisation au Québec : un sujet contemporain et non un projet de société inachevé

Publié le 27 août 2013 | Temps de lecture : 4 minutes

Dans les années 1960, au cours de ce qu’on a appellé la Révolution tranquille, l’État québécois a étatisé, entre autres, la presque totalité des écoles et des hôpitaux et ce, sans compensation monétaire pour les communautés religieuses auxquelles ces institutions appartenaient.

Jamais cette étatisation n’a eu pour but de chasser la religion de la sphère publique.

Dans le cas des écoles, les communautés religieuses avaient accompli un travail admirable pour lutter contre l’analphabétisme. Toutefois, l’enseignement prodigué n’était pas de niveau suffisant à préparer le Québec aux défis technologiques qui l’attendaient.

Dans le cas des hôpitaux, les communautés religieuses ne disposaient pas des ressources financières qui étaient nécessaires à la modernisation du réseau.

Donc, pour des raisons exclusivement pragmatiques, les communautés religieuses ont accepté de transférer la propriété de leurs établissements à l’État.

Quelques décennies plus tard, lorsque les commissions scolaires sont passées de confessionnelles à linguistiques, cela était dicté par la nécessité et non par un quelconque anticléricalisme.

La résultante de tout cela est que la religion s’est faite plus discrète au Québec. D’autant plus qu’au cours de cette période, les communautés religieuses ont adopté des uniformes moins distinctifs; l’abandon de la capuche par les religieuses et de la robe par les religieux.

Il n’en fallait pas plus pour que certains s’imaginent que le Québec s’était engagé volontairement dans un processus de laïcisation. En réalité, jamais la nation québécoise n’a adopté un projet de société visant à reléguer la foi à la clandestinité et ce, en dépit du fait que les lieux du culte se soient vidés.

Et quand ces nouveaux citoyens ont demandé des accommodements visant à tenir compte de leurs habitudes religieuses, des controverses ont surgit relativement à la place de la religion au Québec.

Il y a à peine cinq ans, le remplacement à l’école des cours de religion par un programme d’éthique et de culture religieuse était l’objet de vives protestations de la part des parents, généralement favorables à l’enseignement religieux. Même si la majorité des Québécois ont fini par accepter cette décision quelques années plus tard, on ne doit pas oublier que ce changement découle originellement d’une décision ministérielle et non d’un choix de société.

En somme, la laïcité est l’objet d’un débat contemporain et non le fruit d’un projet de société acquis depuis des décennies ou en voie de réalisation.

Le projet de Charte de la laïcité que prépare le gouvernement du Québec se veut une réponse aux préoccupations actuelles de la population et un guide pour tous ceux qui ont à répondre aux demandes d’accommodements en faveur de ceux dont l’exercice religieux comporte des exigences particulières.

À plusieurs reprises sur ce blogue, je me suis prononcé en faveur du Vivre et laisser vivre. D’après des fuites récentes, il ne semble pas que la charte que prépare le gouvernement actuel aille dans cette direction.

Nous verrons demain dans quelle mesure tout processus de laïcisation qui viserait à confiner le religieux à la sphère privée est anticonstitutionnel et voué à l’échec au Québec.

Sur le même sujet :
De la commission Bastarache à la prière au Conseil municipal de Saguenay (2013-05-31)
Les droits et la liberté (2013-01-24)
Quand les universitaires parlent chiffon (sans le dire) (2012-12-22)
La campagne électorale au Québec : le mardi 14 août 2012 (2012-08-15)
La prière publique aux assemblées municipales (2011-02-22)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Turquie aux Mosaïcultures Internationales Montréal 2013

Publié le 26 août 2013 | Temps de lecture : 2 minutes
La mosaïque « La gitane de Zeugma »
La mosaïculture « La gitane de Zeugma »

La cité antique de Zeugma est située au sud de la Turquie, près de la frontière syrienne. Elle fut fondée vers 300 avant notre ère et fut abandonnée quatorze siècles plus tard.

En 1995, à l’occasion de fouilles archéologiques préparatoires à la construction d’un barrage, on a découvert de grandes maisons romaines décorées de peintures murales et de planchers recouverts de mosaïques.

Parmi ces trésors, on compte l’œuvre appelée « La gitane de Zeugma », aujourd’hui conservée au musée archéologique de Gaziantep (à 37 km de Zeugma).

Aux Mosaïcultures Internationales, la Turquie a choisie d’être représentée par une composition colorée créée à partir de 16 000 plantes qui reproduisent cette œuvre. Le Jardin botanique de Montréal a construit une passerelle surélevée afin d’en faciliter l’observation.

À mon avis, c’est la plus remarquable mosaïculture bidimensionnelle présentée cette année à Montréal.

Détails techniques de la photo du bas : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35mm F/2,8 — 1/200 sec. — F/5,0 — ISO 200 — 19 mm


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