Denis Coderre a-t-il du cœur ?

Publié le 28 avril 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

Comme dans bien d’autres villes, on trouve à Montréal des vagabonds qui squattent des habitations abandonnées ou qui dorment sous les ponts, sur des bouches d’aération qui évacuent l’air chaud du métro, le long des trottoirs du centre-ville, et çà et là sur des terrains vagues.

Depuis 2010, l’été venu, certains itinérants campent sur des terrains inoccupés le long de la rue Notre-Dame.

En ce début de printemps, leur nombre est encore restreint. Il devrait augmenter avec la saison chaude en raison de la crise du logement et de la difficulté de recueillir des aumônes dans un centre-ville déserté, en raison de la pandémie, par ceux qui normalement y travaillent.

L’ex-maire Denis Coderre a décidé de faire un retour sur la scène municipale dans l’espoir de remplacer celle qui lui a succédé, soit Valérie Plante.

Mais c’est mal parti.

Plus tôt cette semaine, l’ex-maire a annoncé son intention d’interdire le campement de la rue Notre-Dame. Sa solution ? Acheter des maisons de chambres (ou les louer à long terme) afin d’y loger les campeurs de la rue Notre-Dame.

Cette relocalisation serait associée à des mesures d’accompagnement destinées à les aider ‘à s’en sortir’.

Mais est-ce bien ce que ces gens veulent ?

Il existe déjà des refuges pour sans-abris. L’hiver, ceux-ci s’y réfugient afin d’être épargnés des rigueurs du climat.

L’été, une minuscule proportion des six-mille itinérants de Montréal — ceux qui ont les moyens d’avoir une tente — campent le long de la rue Notre-Dame. C’est la manière de vivre qu’ils ont choisie.


 
Ceux-ci se débrouillent par leurs propres moyens, sans dépendre des contribuables si ce n’est de l’occupation d’un terrain public.


 
Un bon samaritain (Guylain Levasseur) s’occupe de recueillir pour eux des dons et des aliments fournis par des épiceries du quartier.

Au grand air, leur risque d’attraper le Covid-19 est presque inexistant, contrairement à celui auquel ils seraient exposés dans les ghettos dans lesquels M. Coderre veut les contraindre.

La solution de M. Coderre consiste donc à imposer sa conception bourgeoise de la vie en société. Une conception où la pauvreté des autres doit être cachée parce que jugée offensante aux yeux d’une élite bienpensante.

Références :
Campements de fortune : Denis Coderre accuse Valérie Plante d’« inaction »
Coderre prône l’implantation de maisons de chambres
Les itinérants-campeurs de la rue Notre-Dame

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Pourquoi pas un projet d’égouts aériens pour Montréal ?

Publié le 24 février 2021 | Temps de lecture : 3 minutes

Le prolongement du Réseau express métropolitain (REM) dans l’est et le nord de Montréal représentera l’ajout de trente-deux kilomètres de voies, principalement en mode aérien.

À partir de la Gare Centrale, le REM s’élancerait vers l’est au milieu du boulevard René-Lévesque, supporté par une structure de béton de cinq mètres de hauteur.

Deux cabinets d’architectes qui collaboraient à ce projet ont renoncé à y participer, conscients que ce tronçon aérien en plein centre-ville entachera leur réputation et enlaidira le cœur de Montréal pendant des décennies (sinon des siècles).

Tout en regrettant le départ des architectes, les responsables du projet font valoir que le sous-sol du centre-ville est déjà encombré d’infrastructures : lignes de métro, aqueducs, réseau d’égouts, câbles électriques, etc. Les contourner entrainera des couts importants.

Dans la capitale catalane, le TGV entre Paris et Barcelone a été construit en mode souterrain. De plus, le Réseau express régional de Paris est lui aussi en mode souterrain malgré l’encombrement du sous-sol de la capitale française.

Selon le grand responsable du REM à Montréal, construire celui-ci en mode souterrain mettrait à risque d’effondrement les édifices à proximité, dont quelques-uns des gratte-ciels de Montréal.

Au lieu de prolonger le REM vers l’est, imaginons que nos dirigeants politiques aient donné priorité à la construction d’un système d’égouts de plus grande capacité afin de remplacer l’actuel qui serait devenu insuffisant en raison de l’augmentation de la population.

Les mêmes arguments pourraient être invoqués.

Quelle serait notre réaction si on tentait de nous convaincre qu’un réseau souterrain d’égouts mettrait en danger la vie de milliers d’employés dans les tours à bureau fragilisées du centre-ville…

On en rirait, sans doute.

Le centre-ville de Montréal est déjà très bien desservi par le métro. Quel est le problème qu’on pourrait y corriger en ajoutant des stations de REM ?

En d’autres mots, se peut-il que le passage du REM suspendu au centre du boulevard René-Lévesque soit une solution couteuse à un problème qui n’existe pas ?

À mon avis, il serait préférable de transformer en gare intermodale une des stations actuelles du métro vers l’est — la station Frontenac, par exemple — et d’y raccorder le REM.

On économiserait de l’argent et on éviterait d’avilir le centre-ville de Montréal pour des siècles.

Références :
Deux firmes d’architectes tournent le dos au REM
Enfouir le REM serait « une catastrophe »
Voici à quoi ressemblera le REM dans l’est et le nord de Montréal

Paru depuis :
Le REM de l’Est inquiète des ministères (2021-08-13)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Mon vélo

Publié le 23 octobre 2020 | Temps de lecture : 2 minutes

Jugeant insuffisantes les mesures prises par la Société des transports de Montréal pour protéger sa clientèle du Covid-19, je me suis procuré cet été un vélo d’occasion sur Kijiji (pour 260$).

Cela augmente considérablement mon autonomie puisque la distance que je peux parcourir à vélo sans m’épuiser est le triple de celle que je peux marcher.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Il s’agit d’un Raleigh Colt pour fille, probablement construit dans les années 1960.

J’ai ajouté à l’arrière une boite à lait (environ 9$) qui me sert de panier. Sur un vélo de gars, je passerais mon temps à m’accrocher la jambe sur ce panier chaque fois que je descendrais de vélo. D’où l’idée d’avoir un vélo de fille.

Sur le côté droit du guidon, j’ai mis une clochette sans laquelle un vélo rétro ne serait pas réellement ‘vintage’.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Sur le côté gauche du guidon, un autre accessoire : un miroir concave Hafny HF-MR080 (28$) qui remplace l’ancien (qui sonnait la tôle).

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Et sous le siège, confort ultime, j’ai ajouté une suspension Cane Creek Thudbuster LT, achetée d’occasion. Depuis, je pédale sur un nuage…

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25 mm F/1,2 (1re photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/5000 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
2e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 38 mm
3e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les itinérants-campeurs de la rue Notre-Dame

Publié le 13 octobre 2020 | Temps de lecture : 3 minutes

À l’origine, le long de la rue Notre-Dame, l’autoroute Ville-Marie devait raccorder l’autoroute Décarie au pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine.

Alors qu’on avait déjà détruit presque tous les bâtiments sur près de quatre kilomètres à l’est de l’avenue De Lorimier, le projet fut suspendu en 1976 à la suite des protestations de citoyens et de commerçants.

Au fil des décennies qui suivirent, on aménagea un parc linéaire le long de la rue Notre-Dame, traversé d’une piste cyclable. De nos jours, l’endroit est charmant.

Vue du parc Adhémar-Raynault

Une portion de ce parc porte un nom qui lui est propre; c’est le parc Adhémar-Raynault. Il s’étend sur 20 705 m².

C’est là que depuis les premiers jours de juillet, une cinquantaine d’itinérants ont élu domicile.
 




 
Qui sont-ils ?

Quelques-uns d’entre eux, atteints de problèmes de santé mentale, ont été expulsés de leur chambrette à l’occasion d’une crise et n’ont pu se reloger ailleurs.

D’autres sont simplement des locataires à revenus modestes qui, après avoir été évincés, n’ont pu se trouver d’endroit pour habiter en raison de la pénurie chronique de logements sociaux à Montréal.

Et il y a ces mendiants qui, selon les saisons, parcourent le pays de Vancouver à Montréal et qui se sont retrouvés là parce qu’il leur était impossible de mendier dans le Centre-Ville, désert en raison de la pandémie.

L’endroit précis où ils ont dressé leurs tentes est à la jonction entre le parc Adhémar-Raynault et le square Dézery (où ils trouvent des abreuvoirs et des toilettes chimiques).
 

 
C’est là également que Guylain Levasseur (de Dehors Novembre) leur offre gratuitement les vivres qu’il collecte un peu partout en ville.

Lors de ma visite, un épicier lui apportait une caisse pleine de bananes parfaitement mures (mais qui le seront trop dans un jour ou deux).

Références :
Démantèlement du campement de la rue Notre-Dame: «J’ai peur que ça vire mal»
Rue Notre-Dame (Montréal)
Sociofinancement
Statu quo au campement de la rue Notre-Dame

Parus depuis :
Démantèlement d’un autre campement de fortune sur la rue Notre-Dame (2021-07-14)
« Il est mort tout seul dans le froid » (2024-10-10)
Débordé, un centre pour sans-abri suspend les nouvelles admissions (2024-12-07)
Un homme retrouvé mort à Hochelaga, le SPVM soupçonne l’hypothermie (2024-12-15)
Itinérance : « Tout le monde dans le milieu est inquiet » face à l’hiver (2024-12-18)
L’OCPM recommande de cesser de démanteler les campements d’itinérants (2025-07-10)

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 mark II et objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 32 mm
2e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 29 mm
3e  photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
4e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 34 mm
5e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 21 mm
6e  photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : les prix citron à Ottawa et à la STM

Publié le 14 mars 2020 | Temps de lecture : 6 minutes

Introduction

Au moment où ces lignes sont écrites, la prévalence de l’infection au Covid-19 est extrêmement faible au sein de la population québécoise.

Dans quelques semaines, la situation sera très différente.

Les excellentes mesures préventives annoncées cette semaine par le gouvernement Legault — conformes aux recommandations des experts en santé publique — devraient atténuer la montée de l’épidémie chez nous.

Ces mesures attestent du sérieux du gouvernement québécois.

Ce qui jure avec le laxisme d’Ottawa.

Le prix citron d’Ottawa

À l’heure actuelle, les différences interprovinciales observées quant au nombre de personnes atteintes ne sont pas proportionnelles à la taille de leur population, mais à la fréquentation de leurs aéroports internationaux.


Relation entre la fréquentation des aéroports et le nombre actuel de cas de Covid-19 par province

Aéroport Millions de voyageurs/an Personnes atteintes
Toronto 49,5 59
Vancouver 25,9 46
Montréal 19,4 17
Calgary 17,3 19

Ce qui suggère que les aéroports canadiens sont présentement les portes d’entrée du Covid-19 au pays.

C’est pourtant logique; puisque le Covid-19 n’est pas né au Canada et qu’il commence à ce répandre au pays, c’est nécessairement parce qu’une partie des voyageurs internationaux sont des foyers de propagation de l’épidémie. Comment peut-il en être autrement ?

Face à cette évidence, on peut se demander quelles sont les mesures adoptées par Ottawa afin de protéger la population canadienne ?

Alors que de nombreux pays (dont la Chine) utilisent des scanneurs thermiques pour déceler aux aéroports les personnes qui pourraient être atteintes du Covid-19, les préposés aux aéroports canadiens se contentent d’aviser les arrivants de se mettre volontairement en quarantaine s’ils devaient développer les symptômes de l’infection.

En d’autres mots, depuis l’épidémie de SRAS qui a durement affecté Toronto en 2003, Ottawa n’a pris aucune mesure sérieuse pour éviter que cela se répète.

On a dépensé des centaines de millions$ pour implanter un excellent système de déclaration automatique aux douanes.

Mais pas un centime n’a été dépensé pour protéger le public canadien.

Imaginez : le fédéral n’a même pas institué un suivi des voyageurs (symptomatiques ou non) qui entrent au pays. On s’en fout.

La machine de l’État canadien est entièrement vouée à la création d’un grand marché intérieur canadien dépourvu d’obstacles à la maximisation des profits par le grand capital international.

Si le fédéral était réellement au service du peuple, il ne diminuerait pas depuis des années ses transferts en santé, obligeant les provinces à couper dans leurs services (comme l’a fait impitoyablement l’ex-ministre québécois Gaétan Barrette).

Voilà pourquoi les principales mesures fédérales contre le Covid-19 ont été annoncées cette semaine par le ministre des Finances d’Ottawa et non par la ministre fédérale de la Santé.

Essentiellement, les milliards$ serviront à aider les investisseurs. Ces milliards$ seront puisés dans les poches de la classe moyenne, comme pour le sauvetage des banques en 2007-2008.

Mais on n’a pas prévu débourser les sommes nécessaires à l’achat de scanneurs dont on ne voit pas l’utilité puisque les grands investisseurs voyagent en jets privés, à l’abri de la toux de la plèbe.

Le prix citron de la STM

Vitesse maximale de la ventilation du métro

Dans les nouveaux trains du métro de Montréal (contrairement aux anciens), la ventilation est très mal répartie, atteignant des pics de 9,6 km/h à de nombreux endroits, notamment dans les passages ouverts d’un wagon à l’autre.

À cette vitesse, les particules virales parcourent 2,6 mètres par seconde. Ce qui signifie qu’en une seule seconde, les virus se dispersent au-delà de la distanciation sociale recommandée de deux mètres. Après deux secondes, les gouttelettes ont été soufflées à 5,2 mètres. Et ainsi de suite jusqu’à toucher le sol.

À l’heure actuelle, la contamination ‘locale’ (d’un Québécois à l’autre) n’est pas encore un problème. Mais elle le deviendra bientôt.

Porte palière à Shanghai

Au cours des huit dernières années, j’ai publié plusieurs textes réclamant l’installation de portes palières dans le métro de Montréal afin de prévenir les arrêts prolongés de service. À chaque fois, j’ai avisé la STM de la publication du texte. En vain.

Dans le cas de la ventilation du métro, j’espère que la direction incompétente de la STM (nommément Philippe Schnnobb) se grouillera le derrière. Ça urge.

Références :
COVID-19: sept provinces maintenant touchées au pays
Les avions ont joué un rôle crucial dans la propagation rapide et mondiale du coronavirus
Liste des aéroports les plus fréquentés au Canada
Métro : les statistiques ne doivent pas nous aveugler
Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza
Temperature screening to cover all flights
Voyageurs internationaux au Canada d’octobre 2019 à février 2020

Parus depuis :
COVID-19 : « Comme si de rien n’était » à bord des avions, dénoncent des agents de bord (2020-03-16)
Why aren’t airport customs agents taking people’s temperatures? (2020-03-17)
L’insoutenable légèreté de l’être occidental (2020-03-21)
Vols de rapatriement d’Espagne: «Ils n’ont fait aucun contrôle sanitaire» (2020-03-26)
Des rapports sur les risques de pandémie au Canada produits dès janvier (2020-04-10)
Covid-19 : contamination en chaîne dans un restaurant chinois climatisé (2020-04-20)
Loi sur la mise en quarantaine : les peines les plus sévères restent inutilisées (2020-04-23)
Un quart des voyageurs malades de la COVID-19 au Québec venaient des États-Unis (2020-05-04)
Comment s’est propagée la COVID-19 au Canada? (2020-05-06)
Virus et frontières, l’exemple de Hong Kong (2020-05-15)
COVID-19 : un tiers des Américains mentent sur leurs symptômes, selon une étude (2020-08-24)
247 voyageurs ont introduit la COVID-19 au Québec (2020-09-22)
4 mois avant de relever toutes les données sur les voyageurs exemptés de quarantaine (2020-11-18)
Aucune sanction pour les voyageurs refusant la quarantaine à Montréal et Calgary (2021-05-04)
German Covid super-spreader event driven by poor ventilation, study finds (2021-09-08)
Des « lacunes importantes » dans le contrôle des voyageurs entrant au Canada (2021-12-09)
Propagation de la COVID-19 : la fermeture complète des frontières a ralenti la transmission (2023-03-08)

Post-Scriptum : Trois jours après la publication de ce texte, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé la fermeture des frontières canadiennes.

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Requiem des trottinettes en libre-partage

Publié le 19 février 2020 | Temps de lecture : 5 minutes
Le plaisir de rouler sans casque protecteur

Introduction

Depuis ce matin, Montréal est la première ville au monde à bannir les trottinettes électriques en libre-partage après les avoir autorisées.

Pour m’être opposé vigoureusement à leur déploiement l’été dernier, je salue la décision d’aujourd’hui et tiens à féliciter les dirigeants municipaux; il faut beaucoup de courage et de noblesse pour admettre publiquement ses erreurs et les corriger.

Sur les médias sociaux, les trottinettes électriques sont présentées comme bonnes pour l’environnement. La nouvelle d’aujourd’hui est une occasion de se demander d’où vient cette réputation.

Le cas californien

L’été dernier, j’ai passé deux semaines dans le sud de la Californie, plus précisément dans la ville de Palm Desert.

Comme beaucoup de villes américaines, celle-ci est conçue pour l’automobile.

Si on exclut les petites rues résidentielles enclavées dans des quadrilatères comme des vers dans une pomme, les rues qui traversent la ville sont des boulevards à quatre ou six voies sur lesquels les voitures circulent à 80,5 km/h.

Ces autoroutes urbaines se croisent à 90 degrés, formant d’immenses quadrilatères de plus de 1,5 km de côté.

Dans cette ville, les rares commerces de proximité sont quelques stations-service.

Le transport en commun y est rudimentaire. Résultat : pour chaque piéton sur les trottoirs de la ville, on compte plus de quatre-cents véhicules en mouvement.

L’adolescent qui désire visiter sa petite amie ou aller fêter avec les copains, doit emprunter la voiture de ses parents ou compter sur eux pour le transporter à l’aller et, possiblement, pour le transport au retour.

Grâce à un vélo électrique ou à une trottinette électrique, cet adolescent devient libre de ses déplacements. Chacun de ses trajets évite le recours plus polluant à une voiture.

Même si l’électricité californienne est principalement produite à partir du charbon, les vélos et trottinettes électriques sont plus écologiques (ou moins polluantes) que les lourdes voitures électriques (qui carburent au même combustible).

Dans toutes les villes comme Palm Desert, les modes passifs de transport individuel sont une solution américaine à un problème américain; celui de la mobilité des piétons dans des villes conçues pour l’automobile et où le transport collectif est presque inexistant.

Dans la majorité des autres régions du monde

Contrairement au cas californien, dans des villes anciennes comme Montréal ou Paris, ce sont les piétons et les cyclistes (et non les automobilistes) qui constituent principalement le marché cible des trottinettes électriques.

Selon le Boston Consulting Group, la durabilité des trottinettes électriques est d’environ trois mois.

Si les trottinettes électriques sont à ce point éphémères, c’est en raison de la piètre qualité de leurs matériaux. Ce qui les rend sujettes au vandalisme et aux bris lors d’un accident ou à la suite d’impacts répétés contre une chaussée en mauvais état.

Ce sont des produits de consommation de masse qui ne sont pas faits pour résister à un usage intensif; on les utilise quelques centaines de fois et on les jette. Elles sont donc l’exemple parfait de cette consommation de masse polluante et ce gaspillage des ressources typiques du XXe siècle.

Le Québec est un des très rares endroits où l’électricité est une énergie renouvelable.

Dans la majorité des pays du monde, l’électricité est produite à l’aide de combustibles fossiles. C’est ainsi qu’en Allemagne, en Finlande, et dans certaines provinces canadiennes, elle est générée par la combustion du charbon. Lorsqu’on y recharge la pile de son véhicule électrique, on carbure indirectement au charbon.

On peut donc produire des gaz à effet de serre même lorsqu’on utilise un véhicule électrique. Tout dépend de la région du monde où ce véhicule est utilisé.

En Ontario et en France, l’électricité est principalement produite par ces centrales nucléaires. Chaque fois qu’on effectue un trajet en véhicule électrique, on crée des déchets radioactifs qui dureront des milliers d’années dans des sites d’enfouissement.

Les trottinettes électriques sont donc une aberration environnementale. Elles ne sont justifiées que dans le cas très particulier de ces villes conçues pour l’automobile, incapables de s’adapter, et qui sont condamnées à devenir des villes-fantômes à la fin de l’âge thermo-industriel.

Merci aux dirigeants de Montréal de l’avoir finalement compris.

Référence : La fin des trottinettes en libre-service à Montréal

Parus depuis :
E-scooter rider dies in Paris days before city decides on a ban (2022-11-17)
Batteries lithium-ion : les incendies en forte hausse dans les grandes villes (2023-05-27)
Comparison of Injuries Associated With Electric Scooters, Motorbikes, and Bicycles in France, 2019-2022 (2023-06-30)

Sur le même sujet :
La petite fille aux trottinettes
Les trottinettes Lime : le bonnet d’âne de Projet Montréal
Sécurité publique et modes collectifs de transport individuel

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/8000 sec. — F/1,2 — ISO 100 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’obsolescence de l’éclairage urbain

Publié le 24 janvier 2020 | Temps de lecture : 4 minutes

À partir de 1667, du 1er novembre au 1er mars, les rues de Paris furent éclairées par des lanternes à chandelles.

Un siècle plus tard, les premiers réverbères à l’huile — inventés en 1744 par Bourgeois de Chateaublanc — remplacèrent les lanternes à chandelles.

On les appelait réverbères — du latin reverberare qui signifie ‘réfléchir des rayons’ — parce que leur intérieur était tapissé de miroirs réfléchissants destinés à diriger la lumière vers la chaussée.

C’est en 1813, sur le pont de Westminster de Londres, que furent installés les premiers réverbères au gaz. Comme leurs prédécesseurs, il fallait les allumer manuellement chaque soir.

À partir de 1816, on commença lentement à en installer à Paris.

Prenant de vitesse Paris et Londres, Bruxelles fut la première ville d’Europe réellement éclairée au gaz.

En 1879, indépendamment l’un de l’autre, Joseph Swan (en Angleterre) et Thomas Edison (aux États-Unis) inventèrent la première ampoule électrique.

Celle d’Edison possédait un filament en fil de coton traité chimiquement. Elle durait 45 heures et avait couté 45 000$ en recherche et développement.

En 1906, la première ampoule à filament de tungstène fut mise au point.

Pourquoi en tungstène ? Parce que ce métal est celui qui possède le plus haut point de fusion (3422°C)

En peu de temps, l’ampoule électrique vissée sous un disque de métal ondulé éclaira toutes les rues de la planète.

Son règne dura plusieurs décennies.

Nées simultanément au début des années 1930, les lampes au mercure et celles au sodium durent attendre la fin de la Deuxième Guerre mondiale pour se généraliser.

En finançant la reconstruction de l’Europe (par le Plan Marshall), les États-Unis favorisèrent l’adoption de ces deux technologies américaines.

Ailleurs à travers le monde, on incita les villes à abandonner leurs lampadaires au tungstène en faisant valoir que ces vieilleries n’étaient pas très puissantes et que des rues mal éclairées favorisent la criminalité.

Afin de mieux protéger leurs citoyens, les villes adoptèrent l’éclairage urbain au mercure ou au sodium. Et ce, d’autant plus facilement que ces lampes étaient beaucoup plus durables.

Dans les années 1960, les luminaires au mercure, avec leur intense lumière blanche, décoraient les nouveaux quartiers résidentiels de Montréal

Mais les fabricants des lampes au sodium soulignèrent bientôt les lampes au mercure représentaient une importante source de pollution.

À Montréal, on opta donc pour l’éclairage au sodium à partir des années 1990.

Arrivent les DEL une décennie plus tard.

Ceux-ci consomment beaucoup moins d’électricité. Cette économie fait en sorte qu’après huit ans, ces luminaires n’ont rien couté.

Les villes commencent donc à s’équiper de DEL à 4000°K, un peu moins dispendieuses que les DEL à 3000°K.

Alors que l’administration Coderre s’apprêtait à doter la ville de Montréal de 110 000 lampadaires au coût de 110 millions$, celle-ci changea d’idée à la suite d’une série de reportages à Radio-Canada au sujet de la dangerosité de la lumière bleue émise par les DEL.

On préféra alors payer un million$ de plus pour acheter des DEL à 3000°K (qui émettent un peu moins de lumière bleue).

Le déploiement de ces nouveaux lampadaires n’est pas encore terminé que déjà d’autres voix s’élèvent pour qu’on utilise plutôt des DEL à 1800°K, pauvres en lumière bleue.

Pendant ce temps, les fabricants s’activent à mettre au point des DEL incapables d’émettre la moindre lumière bleue.

Au lieu de créer de la lumière en mélangeant des diodes bleues et jaunes, on choisira deux autres couleurs complémentaires comme le magenta et le vert.

À coups d’améliorations technologiques successives (dont le rythme s’accélère), on incite les élus municipaux — sous la pression de l’opinion publique — à constamment renouveler leur mobilier urbain, annulant ainsi des économies qui ne devaient se matérialiser que si les luminaires étaient utilisés au-delà de huit ans.

Références :
Les inventions
Réverbère

Compléments de lecture :
L’éclairage urbain à DEL
Lumière bleue et dégénérescence maculaire

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Montréal est une ville hostile aux vieux piétons

Publié le 4 janvier 2020 | Temps de lecture : 4 minutes

Montréal est une ville hostile aux vieux piétons

L’année 2019 se solde par un 24e piéton tué par un véhicule. C’est cinq de plus qu’au moment du décès du 19e mort, survenu aussi récemment qu’à la mi-novembre denier.


Nombre annuel de piétons tués par accident automobile


 
Depuis dix ans, le nombre de piétons tués par une voiture a varié de onze à vingt par année, avec un creux durant les années Coderre et un rebond sous l’administration actuelle, sans qu’on sache pourquoi.

On peut émettre l’hypothèse que les vieux piétons — les plus souvent frappés à mort — ont des comportements imprudents qui doivent être réprimés, mais qui ne l’ont pas été assez sévèrement ces toutes dernières années.

Nombre annuel de constats d’infraction émis contre des piétons

Année N. de contraventions
2010 15 545
2011 16 024
2012 18 962
2013 24 012
2014 22 708
2015 20 462
2016 22 304
2017 23 861
2018 22 826


Depuis 2010, le nombre de contraventions contre des piétons a augmenté de près de moitié.

À l’époque où la mortalité routière envers les piétons semblait diminuer, on pouvait croire que cette répression policière portait fruit.

Mais puisque cette mortalité revient en force en dépit d’une répression importante, on doit envisager d’autres explications.

On doit notamment se demander si les règles de circulation, conçues au siècle dernier, alors que l’auto était roi, ne devraient pas être repensées à une époque caractérisée par le vieillissement de la population.

En d’autres mots, est-il possible qu’il soit difficile pour une partie des piétons, notamment ceux âgés, de se déplacer à Montréal sans risquer leur vie et sans enfreindre des règles de circulation qui ne sont pas conçues pour eux ?

En deux mots, est-il possible que Montréal soit une ville hostile aux vieux piétons ?

À l’heure actuelle, le temps laissé aux piétons pour franchir les rues de Montréal est basé sur une vitesse de traversée de 1,1 mètre par seconde.

Depuis des années, on sait qu’un vieux se déplace plutôt à la vitesse moyenne de 0,8 mètre par seconde.

Conséquemment, même à 0,8 mètre, une partie d’entre eux — notamment ceux qui se déplacent à l’aide d’une canne — n’en sont pas capables. Tout comme certains handicapés et les enfants.

Avec la norme actuelle de 1,1 mètre par seconde, entre 30 et 50 % des personnes âgées n’y parviennent pas.

L’administration Plante se propose d’abaisser la norme actuelle à 0,9 mètre par seconde (ce qu’on sait d’avance être insuffisant). Et ce seulement à proximité des écoles, des CHSLD, des hôpitaux et des centres communautaires.

De plus, on mettra huit ans à reprogrammer les feux en conséquence. Huit ans, c’est long.

Avec l’augmentation du parc automobile consécutif à la dégradation du transport en commun (mille pannes par année dans le métro, bordel aux trains de banlieue) et en raison du vieillissement de la population, cette crise va en s’aggravant.

Non seulement 2019 est une année exceptionnelle, mais durant ses six dernières semaines, il est mort autant de piétons dans les rues de Montréal que dans la moitié de toute l’année 2015.

En ne prenant pas au sérieux cette crise, l’administration Plante fait preuve d’irresponsabilité.

Références :
La crise des piétons tués durera huit ans
Le 19e mort

Parus depuis :
How Helsinki and Oslo cut pedestrian deaths to zero (2020-03-16)
Piétons happés à mort : « On a effacé dix années de gains » (2022-03-05)
Chute importante des contraventions liées à la sécurité routière (2022-12-15)
Piétons happés à Montréal : l’automne meurtrier (2023-02-15)

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à la sécurité des piétons, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Sécurité publique et modes collectifs de transport individuel

Publié le 2 décembre 2019 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

On oppose généralement ce qui est collectif avec ce qui est individuel.

Pourtant, les vélos en libre-partage sont considérés à la fois comme un mode de transport individuel (parce qu’une seule personne à la fois peut s’en servir) et un mode collectif de transport (parce qu’il est offert à tous).

En somme, c’est un mode collectif de transport individuel. Comme le sont habituellement les services d’autopartage.

Ce mode s’oppose à la marche, à l’automobile personnelle, au fauteuil roulant, de même qu’au vélo et à la trottinette de propriété privée qui sont des modes exclusifs de transport individuel.

On doit donc distinguer le mode de transport du transport lui-même.

Dans le texte qui suit, on me permettra d’éviter d’utiliser des expressions à la mode comme la ‘micromobilité durable’ et d’autres concepts vides de sens.

Les transports collectifs

À l’intérieur des grandes villes québécoises, le transport collectif est public. Ce sont l’autobus et, dans le cas de Montréal, le métro.

Les déficits d’opération de ces services de transports sont épongés par les administrations publiques parce qu’il leur en couterait davantage en infrastructures routières si le transport collectif n’existait pas.

Un réseau de transport collectif abordable favorise également la mobilité de la main-d’œuvre sur l’ensemble du territoire; on aggraverait considérablement les difficultés de recrutement des entreprises si les piétons n’acceptaient que des emplois à distance de marche de leur domicile.

Dernier avantage : dans la mesure où les constructeurs automobiles sont situés hors du Québec, toute politique qui réduit l’utilité de posséder sa propre voiture est bonne pour la balance commerciale du Québec.

Les transports individuels

L’apparition des vélos en libre-partage (ex.: Bixi) marque l’acte de naissance des modes collectifs du transport individuel.

Depuis se sont ajoutés des modes passifs de transport individuel que sont la trottinette et le vélo électriques.

Dans le budget dévoilé la semaine dernière, la ville annonce l’acquisition de 2 200 vélos Bixi électriques (une nouveauté) d’ici 2022, dont mille dès l’an prochain.

Or qu’ils soient de propriété publique (comme Bixi) ou de propriété privée, ces modes collectifs de transport individuel posent un problème de sécurité publique.

La capitulation de Montréal

À l’heure actuelle, la règlementation municipale oblige le port du casque protecteur à tout cycliste ou conducteur de trottinette.

Or cette règlementation n’est respectée que par les citoyens qui possèdent leur propre vélo.

Bien plus. Durant la saison estivale, celui qui possède sa propre trottinette électrique (donc, de marque concurrente à Lime) recevra une contravention même s’il porte un casque protecteur. Mais pas s’il conduit une trottinette Lime sans casque. Sous le prétexte que cela n’est pas permis par le projet-pilote de la ville, dont seul Lime bénéficie.

La ville accorde une impunité de fait à ceux qui louent des vélos Uber et trottinettes Lime. En effet, tous (ou presque) violent la règlementation municipale à ce sujet.

Cette violation est inévitable et parfaitement compréhensible.

Prenons un exemple. Imaginez le touriste qui décide d’essayer une trottinette Lime ou un Bixi qu’il voit là, en sortant de son hôtel.

Qui peut croire qu’avant de louer cette trottinette ou ce vélo, il fera un détour dans une boutique de sport afin d’y acheter un casque protecteur ?

Tant et aussi longtemps que la ville n’obligera pas la location combinée d’un vélo (ou d’une trottinette) et d’un casque protecteur, personne ne respectera sa règlementation.

Puisque la société qui opère les Bixi est une corporation municipale, il serait temps que les autorités de la ville incitent Bixi à modifier son modèle d’affaires de manière à louer à la fois un vélo et le casque qui doit aller avec, quitte à éponger le déficit que cela causera, comme elle le fait déjà pour tous les modes de transport collectif.

Plutôt que d’obliger de grandes compagnies internationales à respecter une règlementfation qui vise à protéger la population montréalaise de blessures graves, la ville a préféré capituler.

Évidemment, leur résister aurait obligé ces compagnies à modifier leur modèle d’affaires ou, à défaut, à renoncer à opérer à Montréal.

La mairesse a préféré sacrifier la sécurité de ses citoyens à la cupidité d’entreprises étrangères.

Les trottinettes et les vélos électriques offerts en libre-partage sont une solution américaine à un problème américain; celui de mobilité des piétons dans des villes conçues pour l’automobile et où le transport collectif est presque inexistant.

Dans ces villes, la seule manière pour un adolescent de se déplacer sur de longues distances sans avoir à emprunter l’auto de ses parents, c’est le vélo ou la trottinette électriques.

D’où leur immense popularité.

En contrepartie, tous les modes passifs de transport individuel contribuent à l’épidémie d’obésité chez les jeunes Américains.

Dans une ville comme Montréal, bien pourvue en transport collectif, cet inconvénient est minime puisque les utilisateurs de trottinettes électriques ne s’en servent en moyenne que pour de courts trajets, de l’ordre d’une dizaine de minutes.

Références :
BIXI (Montréal)
2200 vélos électriques s’ajouteront chez BIXI d’ici 2022
Les vélos BIXI électriques arrivent à Montréal
Montréal s’oppose au port du casque obligatoire

Paru depuis :
110 constats en deux semaines pour les trottinettes et vélos en libre-service (2019-12-03)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les feux de circulation du XXIe siècle

Publié le 20 novembre 2019 | Temps de lecture : 3 minutes

Les feux de circulation qu’on utilise partout dans le monde ont été conçus au siècle dernier.

Ils datent de l’époque où les lumières n’avaient que deux états : un état allumé et un état éteint.

Voilà pourquoi, tous les feux de circulation ont trois lumières, généralement superposées — rouge en haut, jaune au milieu et verte en bas — qui s’allument successivement de manière cyclique.

Et quand on juge approprié d’avoir des feux pour piétons, ce sont deux autres lumières superposées qu’on ajoute à côté de celles existantes : au-dessus, le pictogramme d’un piéton et en dessous, un décompte lumineux.

Et dans le cas du feu pour les piétons, sa couleur n’est que rouge ou verte puisque le décompte fait office de feu jaune; il n’apparait que dans la dernière partie du temps alloué pour franchir la rue.

Cette signalisation complexe est incohérente.

De nos jours, les lumières à DEL peuvent être allumées ou éteintes. Mais en plus, elles peuvent adopter la couleur qu’on veut.

Voilà pourquoi il est temps de simplifier la signalisation et de repenser complètement notre manière de communiquer avec ceux qui utilisent les divers moyens de se déplacer sur la voie publique.

Au total, au lieu d’un décompte et de quatre lumières (trois pour les automobilistes et une pour les piétons), pourquoi ne pas simplifier tout cela à deux lumières et un décompte ?

Rond, le feu du dessus serait destinée aux automobilistes et aux camionneurs. On y verrait le pictogramme d’une voiture.

Idéalement, ce serait une voiture blanche sur fond vert qui se changerait en voiture noire clignotante sur fond jaune, puis en voiture noire sur fond rouge.

Carré, le feu du milieu représenterait le pictogramme d’un piéton. Il s’adresserait évidemment aux piétons.

Ce feu adopterait les mêmes couleurs de celui destiné aux automobilistes : piéton blanc en marche sur fond vert, piéton noir marchant et clignotant sur fond jaune, puis piéton noir immobile sur fond rouge.

Quant au décompte, également carré, il s’agirait d’un décompte universel, affichant en rouge le temps à patienter au coin de la rue, ou en vert le temps restant pour traverser l’intersection.

Si, comme je le crois, ce type de signalisation n’existe pas encore, n’importe quel lecteur de ce blogue pourrait devenir immensément riche en se hâtant de déposer un brevet sur cette idée…

Bonne chance !

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Écrit par Jean-Pierre Martel