« HA ha !… » au TNM

Publié le 25 novembre 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

Jusqu’au 10 décembre prochain, le Théâtre du Nouveau-Monde présente la pièce « HA ha !… » de Réjean Ducharme.

J’ai vu cette œuvre pour la première fois mardi dernier, et j’hésitais à vous en parler parce qu’il ne s’agit pas d’une pièce grand public.

Toutefois si vous êtes amateur de théâtre, si vous aimez les performances d’acteurs ou si vous êtes de nature audacieuse et curieuse, cette pièce vous plaira pour plusieurs raisons.

D’abord l’écriture de Réjean Ducharme — que je ne connaissais que de nom — ne ressemble à rien d’autre. On n’a aucune difficulté à imaginer à quel point cette pièce a pu paraitre originale et neuve au moment de sa création en 1978 puisqu’elle fait cette même impression trente ans plus tard.

Clairement, l’auteur ne recherchait pas le réalisme psychologique. Les quatre personnages, typés à la limite de la caricature, sont complètement déjantés. Leur délire nous séduit très tôt, plus précisément dès qu’apparait l’humour cynique et très spécial de l’auteur. Parce qu’il s’agit d’une pièce drôle en dépit de son propos tragique et désespéré.

Tous les comédiens y sont excellents. Ceci étant dit, permettez-moi d’être injuste : j’avoue avoir été complètement ébloui par la performance de Sophie Cadieux. Par son langage corporel qui trahit son refus des contacts physiques et sa manière d’étirer son texte d’une voix braillarde, elle compose un personnage de sainte-nitouche innocente et sexy qui lui va comme un gant et qui contraste avec le personnage exalté d’Anne-Marie Cadieux.

En fin de compte, l’auteur et le metteur en scène signent ici une œuvre parfaitement cohérente qui — par son audace, son climat de révolte réjouissante et son anticonformisme rappelant la fin des années’60 — fait écho dans la sphère privée à la décadence et à faillite morale des institutions d’aujourd’hui.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Peut-on se fier au métro de Montréal ?

Publié le 24 novembre 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

Hier, à l’heure de pointe — plus pécisément à 16h37 — un premier message : « Un incident nous oblige à ralentir le service sur la ligne orange en direction Montmorency. »

Trois minutes plus tard, un deuxième message : « Une porte coincée nous oblige à relentir le service sur la ligne verte en direction Honoré-Beaugrand. »

J’imagine que des ralentissements surviennent dans tous les métros du monde et qu’en se forçant un peu, on peut donc trouver quelque part un endroit où la situation est pire qu’à Montréal.

Toutefois, sauf à Bruxelles en 2006 (où je ne suis resté qu’une semaine), j’ai eu l’occasion de passer trois semaines et d’emprunter quotidiennement le métro à Paris en 2003, encore à Paris en 2004, à Berlin en 2005, à Barcelone en 2007, à Prague en 2008, à Shanghai en 2010 et à Vienne en 2011.

Or je n’ai été soumis à aucune panne, ni aucun ralentissement de service, dans aucune de ces villes alors qu’il ne se passe pas une semaine sans que cela arrive à Montréal.

Au lieu de dépenser une fortune à refaire une beauté à la station Berri-UQAM, au lieu de payer des employés pour leur faire retirer les corbeilles et poubelles du métro — et éventuellement les remettre quand les Montréalais auront pris l’habitude de jeter leurs déchets n’importe où — les responsables devraient peut-être songer à améliorer la fiabilité et la ponctualité du métro de Montréal : il en a grandement besoin.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


De Montréal à Vienne

Publié le 23 novembre 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

 
Cette brève vidéo résume la première journée de mes vacances à Vienne, le 20 septembre 2011.

Puisque je voyage par KLM, nous faisons escale à Amsterdam.

Depuis ma première visite de l’aéroport de cette ville, en 2007, sa galerie marchande a été complètement refaite. C’est l’aéroport le plus plaisant que j’ai vu jusqu’ici.

En plus des boutiques, des restaurants et des aires de repos, on y trouve une bibliothèque, un petit musée et une présentation de la fabrication du gin (une boisson alcoolisée parfumée aux baies de genévrier).

Puis c’est le vol, toujours par KLM, vers Vienne dont l’aéroport est plutôt conventionnel.

Tout comme à Amsterdam, les fumeurs doivent y assouvir leur dépendance debout, à la vue de tous, dans une cage transparente étroite, percée de trous, sous pression négative afin de ne pas contaminer l’air de l’aéroport (à 2:34 dans la vidéo).

Dans le train qui m’amène à la ville, la signalisation unilingue allemande est si peu conviviale que je mettrai trois heures à effectuer le trajet vers le centre-ville alors que cela devrait prendre 30 minutes.

Puis je prends possession de ma chambre, située au 7e et avant-dernier étage de l’hôtel Prinz Eugen (qu’on prononce « oye gaine »). Celle-ci donne sur une cour intérieure. La chambre à coucher proprement dite est séparée du couloir par deux portes, ce qui la rend parfaitement insonorisée.

La vidéo se termine par un aperçu des petits déjeuners offerts à l’hôtel.


Voir aussi : Liste des diaporamas de Vienne

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La signalisation du métro de Shanghai

Publié le 22 novembre 2011 | Temps de lecture : 3 minutes
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Dans le métro de Shanghai, toutes les surfaces (sauf le plafond) sont utilisées à des fins de signalisation (Note : Dans la photo ci-dessus, on voit les cloisons transparentes destinées à prévenir les suicides et les chutes accidentelles sur les rails).

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Au-dessus des parois transparentes qui séparent le quai des rails, on peut voir un schéma de la ligne de métro qu’on s’apprête à emprunter. En bleu, les stations vers lesquelles le train se dirigera et en gris, celles qu’il aura déjà traversées. Des « capsules » de couleur représentent les stations où s’effectuent les correspondances.

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Au-dessus de chaque porte qui donne accès au train, on voit au centre le nom de station dans laquelle nous sommes, en couleur le nom de la prochaine station, et en gris le nom de la station précédente.

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Dans les couloirs où circulent les passagers, l’information relative aux lignes de correspondance se trouve au niveau des yeux sur les colonnes, au-dessus des têtes sur des enseignes suspendues, et au sol pour le bénéfice de ceux qui marchent en consultant leur téléphone portable.

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Sur le mur des couloirs de circulation qui mènent vers les sorties, on affiche le plan de la station et le numéro des sorties…

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…alors qu’au-dessus des têtes, ce numéro est repris comme un leitmotiv sur des enseignes suspendues.

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La sortie proprement dite est également signalée sur les murs et au-dessus des têtes.

Idéalement, les lignes de métro devraient être numérotées alors que les sorties devraient se distinguer par des lettres, mais ce n’est pas le cas à Shanghai.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/40 sec. — F/3,7 — ISO 160 — 16 mm
2e photo  : 1/125 sec. — F/4,5 — ISO 160 — 16 mm
3e photo  : 1/50 sec. — F/5,6 — ISO 160 — 38 mm
4e photo  : 1/30 sec. — F/3,5 — ISO 500 — 14 mm
5e photo  : 1/30 sec. — F/4,8 — ISO 400 — 24 mm
6e photo  : 1/30 sec. — F/4,6 — ISO 160 — 22 mm
7e photo  : 1/30 sec. — F/4,8 — ISO 160 — 24 mm

Note : Cliquez ceci pour voir le diaporama duquel ces photos sont extraites.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La démocratie américaine à la sauce széchuan

Publié le 21 novembre 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

Imaginez la scène. Des moines tibétains ont érigé des campements sur le campus de l’université du Tibet, à Lhassa. Alertée par les autorités de l’université, la police chinoise investit les lieux. Pendant que les policiers démantèlent les abris de fortune, une partie des moines décident de s’assoir et de former un cordon silencieux et pacifique.

Afin de les déloger, les policiers les aspergent aussitôt d’un gaz irritant. Dans le cas des protestataires qui ont réussi à s’en protéger en baissant la tête et en retenant leur respiration, les policiers leur redresse la tête, leur ouvre la bouche et leur vaporise leur gaz irritant directement dans les yeux et dans la bouche.

On peut imaginer les vives protestations des États-Unis contre cette violation des droits de l’Homme et la condamnation internationale qui en suivrait…

…Malheureusement ce récit est inspiré de ce qui s’est passé récemment aux États-Unis.

Dans la mouvance d’Occupy Wall Street, des jeunes avaient décidé de créer un campement sur le campus Davis de l’Université de la Californie. Ce campus est situé à 130 km à l’est de San Francisco.

La direction de l’université a demandé l’aide des policiers. Ceux-ci ont rapidement détruit les installations de fortune érigées par les protestataires. Toutefois, une douzaine d’étudiants se sont assis par terre afin de former une courte chaine humaine.

Afin de les déloger, les policiers les ont copieusement aspergés de poivre de cayenne.

Des témoins déclarent que des policiers ont ouvert les yeux et la bouche de certains manifestants afin d’asperger le gaz irritant directement sur leurs muqueuses : l’un d’eux a été vu 45 minutes plus tard, crachant du sang. Plusieurs manifestants ont été conduits à l’hôpital.

La décision d’employer le poivre de cayenne a été prise par les policiers. Selon ces derniers, ils se sentaient pris au piège par les manifestants et ont craint pour leur propre sécurité.

Jugez-en par vous-même en regardant la vidéo ci-dessous :

Référence : Délogement musclé en Californie

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le môme à l’iPad

Publié le 18 novembre 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

Lorsque la mère a pénétré dans le wagon du métro, j’étais assis à gauche de l’entrée.

Ce qui avait attiré mon attention, c’est cet iPad, tenu par deux mains de bébé, qui sortait de ce carrosse que je voyais par derrière, de biais.

L’enfant — que je ne pouvais pas voir — regardait une courte vidéo familiale (son père, je présume, en gros plan).

À la fin du visionnement, son index surgissait du carrosse pour pointer sur l’icône qui donnait accès aux imagettes de toutes les vidéos disponibles. Il en choisissait une autre et appuyait sur le bouton de mise en marche. J’étais sidéré.

J’allais sortir à la station suivante quand je me suis dit que je ne pouvais pas quitter les lieux sans savoir l’âge de l’enfant.

Je me suis retourné vers la mère au moment où les portes du wagon se refermaient.

Me rapprochant lentement d’elle, je lui ai demandé dans sa langue (après avoir réalisé qu’elle était anglophone) :
— Je suis impressionné. Quel âge a votre enfant ?
— Deux ans.
— Il aura deux ans bientôt ou…
— Non, il vient d’avoir deux ans ce mois-ci.

Après les remerciements, nous étions déjà à la station d’après.

Sur le quai, je regardais le train s’éloigner en prenant la résolution de vous en parler.

C’est fait.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’achat illégal de mises à niveau de logiciels par l’État québécois

Publié le 17 novembre 2011 | Temps de lecture : 5 minutes


 
Le Centre de services partagés (CSPQ) est un magasin virtuel gouvernemental. Il a pour mission de fournir ou de rendre accessibles les biens et les services administratifs dont les organismes publics ont besoin dans l’exercice de leurs fonctions.

Plus tôt ce mois-ci, le Conseil des ministres du Québec adoptait un décret demeuré secret autorisant le CSPQ à acheter illégalement — c’est-à-dire sans appel d’offre — des mises à jour de logiciels connus (essentiellement, des mises à niveau de Windows, de la suite bureautique de Microsoft, des anti-virus et des pare-feu). Cela représente une somme estimée à 800 millions de dollars sur sept ans (Note : voir le commentaire ci-dessous).

Ne cherchez pas le texte de ce décret sur l’internet : il a été adopté en catimini et a circulé confidentiellement dans le cercle des fournisseurs informatiques du gouvernement. Toutefois, le quotidien Le Devoir en a eu vent, ce qui nous permet d’en parler.

L’an dernier, plus précisément le 3 juin 2010, la Cour supérieure du Québec condamnait la Régie des rentes du Québec pour avoir fait l’acquisition en 2008 de logiciels de Microsoft sans procéder à des appels d’offre.

Devant le tribunal, le fournisseur de la Régie, le fameux CSP, s’était défendu en invoquant qu’il ne s’agissait-là que de mises à niveau et non d’achats de versions complètes.

Cet argument n’avait pas impressionné le Tribunal : celui-ci avait estimé que la Régie aurait dû publier les critères recherchés et permettre aux fournisseurs de logiciels libres (comme Open Office) de soumettre des devis.

Par ce nouveau décret, le gouvernement invite le CSP à commettre des gestes déjà reconnus illégaux par les tribunaux du pays.

À mon avis, le gouvernement a tort. Mais j’avoue que les logiciels sont une marchandise très spéciale.

Lorsqu’une entreprise décide de changer de logiciel, le coût de la formation de la main-d’œuvre est considérablement plus élevé que le prix d’acquisition des mises à niveau de logiciels commerciaux comme Windows, Word ou Excel.

De plus, la perte temporaire d’efficacité du personnel — habitué à ses touches de raccourcis, ses macros et les dizaines de trucs appris au fil des années d’utilisation de logiciels archi-connus — doit également être prise en considération.

D’autre part, les logiciels d’une suite bureautique comme Open Office, ne sont pas très différents de la suite bureautique de Microsoft. Pour la très grande majorité du personnel — c’est-à-dire pour tous ceux qui utilisent moins de 10% des capacités d’un logiciel comme Word — le passage à un traitement de texte puissant et gratuit se fait sans trop de douleur.

Mais pour les responsables de la comptabilité ou de la tenue de livre qui sont également de véritables petits sorciers d’Excel, le passage à un chiffrier gratuit peut être vécu comme une catastrophe et effectivement s’accompagner d’une importante perte de productivité s’étendant sur plusieurs mois.

De plus, les logiciels d’appoint, faits sur mesure par des firmes informatiques spécialisées, payés à prix d’or et qui servent à automatiser des tâches complexes sous Windows — par exemple produire un rapport mensuel en appuyant sur une touche — ne sont généralement pas transposables à d’autres suites bureautiques puisque leur prise en charge automatique par programmation, est extrêmement rudimentaire.

Un pays comme l’Allemagne a décidé voilà quelques années de passer aux logiciels sous Unix, à la fois pour des raisons sécuritaires et budgétaires. En effet, les bogues et les failles de sécurité sous Windows sont innombrables et constituent une plaie depuis presque vingt ans. L’Allemagne a décidé que c’en était assez. Mais son exemple a été peu suivi.

En adoptant son décret, le Conseil des ministres réduit de beaucoup le pouvoir de marchandage de ses acheteurs auprès de Microsoft puisque cette compagnie connaît déjà les réticences du gouvernement à acheter la suite rivale gratuite.

Ce qu’on ignore, c’est si ce décret est valable seulement pour les achats effectués directement auprès des compagnies comme Microsoft ou s’il permet aussi les achats auprès des distributeurs nationaux ou régionaux de ces compagnies.

L’État ne peut pas obtenir de meilleurs prix qu’en négociant directement avec Microsoft. Toutefois, si le décret permet l’achat sans appel d’offre auprès d’intermédiaires, cela est complètement illogique. On pourrait alors penser que le Conseil des ministres veut simplement les transformer en contributeurs à la caisse électorale du Parti libéral, après les entrepreneurs en construction, les firmes d’ingénieurs-conseils, les propriétaires de garderies, les avocats candidats à la magistrature, etc. Bref, ce serait alors une autre occasion de s’en mettre plein les poches, à nos frais.

À mon avis, le gouvernement aurait été mieux avisé d’encourager ses différents ministères à recourir aux logiciels gratuits chaque fois que leur adoption ne cause pas trop de problème, de faire l’inventaire des besoins résiduels en logiciels brevetés et d’amender la loi pour permettre l’achat de logiciels commerciaux dont les noms se trouveraient sur une courte liste pré-établie.

Si, au Conseil des ministres, le ministre de la Justice était autre chose qu’un pantin, il aurait défendu le respect de la loi. Soit qu’il ne l’a pas fait ou qu’il n’a pas été écouté. Dans un cas comme dans l’autre, c’est dommage.

Références :
Informatique – Québec choisit les logiciels sous licence, sans appel d’offres
Le logiciel libre remporte une manche
Québec blâmé d’avoir fait affaire avec Microsoft sans appel d’offres

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Programme nucléaire iranien : ça joue dur

Publié le 16 novembre 2011 | Temps de lecture : 3 minutes

Shahriar est une ville iranienne d’environ 200 000 habitants située à 45 km à l’ouest de Téhéran. En périphérie se trouve deux bases militaires appartenant aux Gardiens de la Révolution islamique. L’une d’elles sert d’entrepôt à des missiles balistiques Shahab-3, dont la portée maximale peut atteindre 2 000 kilomètres, soit une autonomie suffisante pour frapper Israël.

Vendredi dernier, cette base a été le théâtre d’une importante explosion alors qu’on procédait à un retrait de missiles de l’arsenal sous la supervision du major général Hassan Moghaddam. Celui-ci a été tué, de même que seize gardiens de la Révolution. L’explosion a été d’une telle violence qu’elle a été entendue jusqu’à la capitale iranienne.

Ingénieur de formation, le général Moghaddam a étudié les sciences balistiques en Chine et en Corée du Nord. C’était l’architecte en chef du programme iranien de missiles sol-sol. Parmi les dignitaires présents lors de ses funérailles d’État se trouvait le Chef suprême du pays, l’ayatollah Ali Khamenei, ce qui témoigne de l’importance du disparu.

L’an dernier, le 12 octobre 2010, une explosion similaire avait fait au moins dix-huit morts au dépôt de munitions de Khorramabad, situé à 375 km au sud-ouest de Téhéran, où des missiles Shahab-3 étaient également entreposés.

Au cours des deux dernières années, trois scientifiques impliqués dans le programme nucléaire iranien ont été assassinés dans les rue de la capitale. (Note : Un quatrième assassinat s’est ajouté à cette liste, le 11 janvier 2012, soit après la publication de ce billet). De plus, un des principaux responsables de ce programme, Fereydoun Abbasi-Davani, a échappé de peu à une tentative d’assassinat le 29 novembre 2010 alors qu’il était au volant de sa voiture, en plein Téhéran.

L’an dernier, le virus informatique Stuxnet a infecté trente mille ordinateurs iraniens, soit environ 60% de tous les ordinateurs touchés par ce virus à travers le monde. Ce ver informatique dérègle les systèmes utilisés pour le contrôle de procédés industriels. Il est responsable des dommages logiciels survenus à l’usine iranienne d’enrichissement d’uranium de Nataz, ce qui a entrainé la fermeture temporaire de cette usine en novembre 2010.

Références :
Blast at pro-Iranian militia base weapons depot rocks Baghdad
Duqu
Escarmouches informatiques
Fereydoon Abbasi
Iranian missile architect dies in blast. But was explosion a Mossad mission?
Iran missile development commander killed in explosion
Iran wrestles Duqu malware infestation
Shahab-3

Depuis la parution de ce billet :
(2012-01-11) La guerre feutrée du Mossad en Iran
(2012-01-11) Un scientifique nucléaire tué dans un attentat à Téhéran
(2012-06-01) Obama derrière l’augmentation des cyberattaques contre l’Iran
Le virus Flame est une création des États-Unis et Israël (2012-06-20)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La situation du français au Québec : l’étude Paillé

Publié le 15 novembre 2011 | Temps de lecture : 5 minutes

Le premier septembre dernier, je publiais un billet très critique sur la manière avec laquelle l’Office s’acquitte de son mandat.

Entre autres, je reprochais à l’Office ses cachoteries en retardant la publication de toute étude susceptible de troubler la paix linguistique au Québec.

Huit jours plus tard, sous la direction de sa nouvelle présidente, l’Office dévoilait une série d’études démographiques sur la situation linguistique du français au Québec. On doit donc féliciter l’Office pour sa plus grande transparence.

Je m’étais promis de ne pas me contenter de lire les communiqués émis par cet organisme mais plutôt de déchiffrer ces études afin d’essayer de comprendre pourquoi ce que j’entends autour de moi est en contradiction avec les conclusions rassurantes de l’Office au sujet de la place du français sur l’île de Montréal.

Depuis quelques jours, je me suis donc attelé à la lecture des 128 pages de la première des cinq études disponibles sur le site Web de l’Office, soit celle Michel Paillé.

Voici donc ce que j’en ai retenu.

Mais avant d’aller plus loin, permettez-moi de faire une digression pour me vider le cœur. En parcourant les documents sur le site de l’Office, j’ai découvert que c’était cet organisme qui avait fait la campagne « Merci de me servir en français ».

Cette campagne anonyme — anonyme dans le sens que les affiches ne précisaient pas le nom du ministère ou de l’organisme gouvernemental qui les finançait — visait apparemment à nous convaincre d’être reconnaissants lorsqu’on nous sert en français.

Être servi dans ma langue n’importe où au Québec est mon droit et non un privilège. Comme c’est le droit de n’importe quel Anglophone d’être servi dans la sienne partout au pays, y compris au Québec. Donc je ne comprends pas comment l’Office peut s’imaginer que je devrais me sentir chanceux qu’on me serve dans ma langue. Cela donne un aperçu inquiétant de la mentalité des gens que le Parti libéral a placé à la tête de cet organisme.

Voilà, c’est fait. Abordons maintenant le vif du sujet.

Tout d’abord il faut préciser que cette étude est principalement une analyse des données obtenues lors des recensements effectués par Statistiques Canada en 1996, 2001 et 2006.

Dans le texte qui suit, le mot Francophone définira non pas la personne dont la langue maternelle ou la première langue apprise est le français mais plutôt quiconque parle principalement cette langue à la maison.

Pour moi, une personne qui habite le Québec, née de parents francophones, mais qui lit principalement des textes en anglais, qui voit des films en version anglaise, qui écoute de la musique anglaise et surtout, qui parle anglais à la maison, n’est plus un Francophone.

Les Francophones sont passés de 53,8% à 52,6% de la population de l’île de Montréal entre 1996 et 2006. Les Anglophones sont passés de 24,1% à 23,9% au cours de cette période et les Allophones, de 22,1% à 23,5% (page 24).

Dans la couronne de Montréal, il est à noter que les Francophones sont passés de 85,2% à 83,7% entre 1996 et 2006, ce qui contredit l’Office. Celui-ci expliquait le déclin démographique des Francophones sur l’île par une migration de ces derniers vers les banlieues de Montréal. S’il y avait réellement eu un exode des Francophones vers les banlieues, leur proportion aurait augmenté plutôt que diminué légèrement (page 25).

L’étude révèle également que le taux de fécondité des Francophones et des Anglophones sont presque identiques alors que celui des Allophones est plus élevé (page 66).

À leur arrivée au pays en 2009, 64,1% des immigrants connaissaient déjà le français et 55,7% (en 2008) connaissaient déjà l’anglais. Leur total fait plus de 100% car 40,6% étaient déjà bilingues français-anglais (page 84).

Toutefois cela ne nous dit pas si, une fois devenus citoyens canadiens, les néoQuébécois choisissent de s’assimiler au français ou à l’anglais. Des informations précieuses à ce sujet sont fournies par ce que l’étude appelle les « substitutions linguistiques », un euphémisme pour dire la même chose.

Pour l’ensemble du Québec, en 2006, 54 655 ex-Anglophones et 162 945 ex-Allophones — pour un total de 217 600 personnes — étaient devenus Francophones. À l’opposé, 62 760 ex-Francophones et 157 480 ex-Allophones — pour un total de 220 240 personnes (soit légèrement plus) — étaient devenus Anglophones (page 102).

En 2006, les substitutions linguistiques contribuaient pour 2,4% des effectifs francophones alors qu’elles étaient beaucoup plus importante pour la communauté anglophone du Québec puisque cela représentait 22% de ses effectifs (page 101).

Le 26 août 1977, le parlement québécois adoptait la Charte de la langue française, communément appelée Loi 101. Avant 1976, 75,5% des substitution linguistiques des immigrants habitant l’île de Montréal se faisaient au profit de l’anglais, le reste (soit 24,5%) au profit du français. Cette substitution au profit de l’anglais avait chuté à 40,6% dans les années qui suivirent l’adoption de la Loi 101, pour s’établir en 2006 à 28,2%, soit un peu plus que la proportion d’Anglophones sur l’île, soit 23,9% (page 109).

Si l’importance démographique des Anglophones de l’île ne s’est pas accrue entre 1996 et 2006, c’est que la communauté anglophone est saignée par un solde migratoire négatif de 57 320 personnes, annulant tous les effets bénéfiques de l’assimilation des néoQuébécois (page 71).

Donc, après la lecture minutieuse de cette étude, je ne suis pas plus avancé : à écouter ce qu’on entend sur la rue et dans les transports publics, il est très évident qu’il y a beaucoup plus que 23,9% des Montréalais qui parlent anglais. Il me reste donc à lire les quatre autres études disponibles sur le site de l’Office pour essayer de comprendre pourquoi.

C’est à suivre…

Référence : Étude Paillé

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’âge des révoltes

Publié le 14 novembre 2011 | Temps de lecture : 2 minutes


Avant-propos : On trouvera ci-dessous l’opinion que j’ai émise dans le cadre d’une courte discussion relative au texte Analyse sur la zone euro – Les marchés sont-ils responsables de la chute des gouvernements?, paru dans l’édition de fin de semaine du quotidien Le Devoir.


Extrait du texte : «Si on veut soustraire les États au pouvoir des marchés, il faut arrêter de s’endetter. Ce pouvoir, on leur a donné en s’endettant massivement.»

Il faudrait savoir ce qu’on veut. On ne peut pas demander aux États d’investir des centaines de milliards afin de sauver le système financier, de sauver de la faillite des géants industriels comme GM, stimuler l’économie et, dès que cela est fait, reprocher aux États de s’endetter.

Une partie non-négligeable de la dette actuelle des gouvernements occidentaux — plus du tiers dans le cas de La France — provient des plans de relance économique réclamés à grands cris par les investisseurs qui craignaient un autre crash boursier comme celui de 1929.

Conclusion : Oui au filet de sécurité étatique pour les investisseurs : non au filet de sécurité étatique pour le peuple. Réduisons les impôts aux riches et coupons dans les mesures sociales.

Un tel discours a fait son temps. Nous sommes entrés dans l’âge des révoltes. Les économies occidentales sont en déclin (déficit commerciaux colossaux), les gouvernements sont forcés d’adopter des mesures d’austérité qui appauvrissent leur propre population, alors que les spéculateurs s’en donnent à cœur joie en sapant l’économie mondiale.

Parus depuis :
Émeutes de 2011 en Angleterre (2011)
Printemps arabe (2011)
Tirs de balles de plastique : attend-on de tuer quelqu’un ? (2012-05-08)
Gilets jaunes: sous les radars (2019-01-25)
The ‘risk to democracy’ in Chile isn’t from protesters. It’s from Piñera and the 1% (2019-10-24)
Les manifestations au Liban sont « un moment de vérité pour le Hezbollah » (2019-10-25)
Analyse — Le monde entier descend dans la rue (2019-10-25)
Protests rage around the world – but what comes next? (2019-10-25)
Les racines de la révolte au Liban et ses perspectives (2019-10-29)
Une exigence planétaire : reconquérir la démocratie (2019-11-08)
L’homme qui a vu venir notre crise de l’information (2020-11-02)

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Écrit par Jean-Pierre Martel