L’entomophagie humaine et animale

Publié le 3 mai 2017 | Temps de lecture : 7 minutes
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Introduction

L’entomophagie est la consommation d’insectes.

En 2013, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture publiait un rapport-choc favorable à l’élevage des insectes afin de favoriser la sécurité alimentaire.

À moins d’une guerre mondiale d’ici là, il y aura neuf-milliards d’humains en 2050. Pour les nourrir, la production alimentaire devra doubler.

Présentement, l’élevage mondial du bétail mobilise 70% (!!!) des terres agricoles. Les océans sont déjà surexploités.

Toute majoration importante de l’élevage des animaux de boucherie et des surfaces cultivées accentuera la déforestation et mettra en péril les réserves d’eau douce.

Selon l’ONU, répondre à cette demande accrue nécessitera des solutions innovantes.

L’entomophagie est déjà une réalité

Les insectes constituent l’alimentation naturelle de nombreux poissons et de nombreux oiseaux.

Un grand nombre de peuples consomment des insectes par choix, en raison de leur goût et de leur place dans leur gastronomie. C’est ainsi que les insectes font partie des repas traditionnels d’au moins deux-milliards de personnes.

Parmi les 1,4 million d’espèces animales décrites sur Terre, les deux tiers sont des insectes. On croit qu’il en existe des millions d’autres, inconnues.

Du nombre connu, seulement 5 000 sont considérées comme dangereuses pour les cultures, le bétail et les humains, et seuls 1 900 sont mentionnées comme aliments humains.
 

 
En ordre décroissant, les insectes les plus consommés sont :
• 31% — les coléoptères (scarabées)
• 18% — les lépidoptères (chenilles)
• 14% — les hyménoptères (abeilles, guêpes et fourmis)
• 13% — les orthoptères (sauterelles, criquets et grillons)
• 10% — les hémiptères (cigales, cicadelles, cochenilles et punaises)
•  3% — les isoptères (termites)
•  3% — les odonates (libellules)
•  2% — les diptères (mouches)
•  5% — divers.

Avantages et inconvénients

Les insectes sont nutritifs. La teneur en oméga-3 du ver de farine est comparable à celle du poisson et bien supérieure à celles du bétail. Ses teneurs en protéines, vitamines et minéraux sont comparables à celles du poisson et de la viande.

Les avantages de l’élevage des insectes pour l’alimentation humaine et animale reposent sur son efficacité.

Contrairement aux animaux à sang chaud qui doivent utiliser une partie de leur alimentation afin de maintenir leur température corporelle, les insectes sont à sang froid. Pour cette raison, ils convertissent très efficacement leurs aliments en masse corporelle.

Les grillons n’ont besoin que de 1,7 kilogramme d’aliments pour accroitre leur poids d’un kilogramme.

Pour produire la même quantité de protéines, les grillons ont besoin de douze fois moins d’aliments que les bovins, quatre fois moins que les ovins, et la moitié de ce qui est requis par les porcs et les poulets.

Plus de 80% du grillon est comestible et digeste, à comparer avec 55% du poulet et du porc, et 40% du bœuf.

L’élevage des insectes ne requiert pas de défrichement de nouvelles terres.

L’élevage du bétail est responsable de 18% des émissions de gaz à effet de serre, soit davantage que le secteur des transports. Par contre, les insectes estimés propices à la consommation humaine en Occident émettent cent fois moins de GES.

L’agriculture consomme environ 70% de l’eau douce mondiale. On a estimé que la production d’un kg de protéines animales demandait 5 à 20 fois plus d’eau que la production d’un kg de protéines végétales.

Toutefois, si on tient compte de l’eau requise pour la production de fourrage ou de protéines végétales utilisées à nourrir les animaux de boucherie, la production d’un kg de poulet demande 2 300 litres d’eau, un kg de porc demande 3 500 litres et un kg de bœuf demande entre 22 000 litres et 43 000 litres.

En comparaison, le volume d’eau requis pour produire un kilogramme d’insectes est infiniment moindre.

À l’exception des insectes piqueurs qui, de toute manière, ne servent jamais à la culture intensive, on ne connait aucune pandémie humaine susceptible d’être provoquée par l’élevage intensif des insectes.

Les microorganismes de la flore intestinale des insectes vivants sont distincts des pathogènes des vertébrés. Dans presque tous les cas, ils peuvent être considérés comme inoffensifs pour les humains. Voilà pourquoi beaucoup d’insectes, comme les petits poissons, sont consommés en entier.

Ceci étant dit, aux Pays-Bas, trois espèces d’insectes (le ver de farine, le petit ver de farine et le criquet migrateur) peuvent être achetées à des fins de consommation humaine. Avant leur mise à mort, un jour de jeûne leur est imposé pour s’assurer que leur système digestif soit vide.

En contrepartie, les allergies induites par l’ingestion d’insectes sont rares, mais elles existent. Quelques cas de réactions allergiques aux arthropodes ont été signalés.

Les défis

Le principal défi de la production d’insectes à des fins d’entomophagie humaine en Occident est lié à son acceptabilité sociale et notamment au dégout qu’ils provoquent.

À des fins d’entomophagie animale, c’est plutôt les couts de production qui est le principal frein à leur utilisation puisque l’automatisation et de la mécanisation des procédés ne sont pas optimales. Si bien que les produits issus des insectes sont actuellement substantiellement plus chers que les produits carnés habituels.

C’est ainsi que les vers de farine coutent approximativement trois fois plus cher que le porc et environ cinq fois plus que le poulet.

L’engouement soudain pour le grillon domestique

La plus grande ferme de grillons en Amérique du Nord est située à Norwood, en Ontario.

Après seulement trois ans d’exploitation, la surface des bâtiments de la ferme est passée de 450 mètres² à 5 500 mètres². Selon Jarrod Goldin, président d’Entomo Farms, pour répondre à la demande, il lui faudrait 3 500 mètres² d’espace additionnel.

Ce qui contribue à la popularité du grillon domestique pour l’alimentation humaine, c’est qu’il est riche en vitamine B12 (5,4μg par 100g chez les adultes, soit plus que le bœuf, le porc et le poulet). Cette vitamine est totalement absente des végétaux.

Cet insecte contient plus de calcium que le lait et autant d’oméga-3 que le poisson.

Chez Entomo Farms, on produit 400kg d’insectes par jour à partir des 900 millions de grillons qu’on y élève par année.

Ils y vivent à 32°C sous une atmosphère saturée d’humidité. Aux mêmes conditions, l’odeur d’une ferme d’élevage d’animaux de boucherie serait toxique à respirer, ce qui n’est pas le cas des grillons.

Leurs œufs éclosent en dix jours et les insectes atteignent leur taille adulte en six semaines.
 

 
À l’intérieur des bâtiments, les grillons vivent ‘librement’ dans de simples séparateurs de boites de carton. Des grains de maïs et de soya en poudre sont placés sur des plateaux à proximité; les insectes y vont manger à leur guise.

En plus, les insectes n’ont besoin que de quelques gouttes d’eau par jour.

À Montréal, uKa Protéine propose des grillons rôtis et des barres tendres à partir de farine d’insectes.

Virebibittes et La Ferme d’insectes en Estrie, de même que Tarzan Nutrition à Sherbrooke, se sont ajoutés à la liste des producteurs québécois d’aliments à base d’insectes.

Organisé de 1993 à 2005 par l’Insectarium de Montréal, l’évènement Croque-insectes a connu un grand retentissement. Cette initiative bien en avance sur son temps a marqué l’imaginaire de milliers de Montréalais.

Aux intéressés et aux curieux, précisons que cette dégustation est de retour à l’Insectarium du 15 juin au 4 septembre 2017.

Références :
Adieu veau, vache, cochon, voici venu le grillon
Insectes comestibles — Perspectives pour la sécurité alimentaire et l’alimentation animale
Une petite révolution en alimentation

Détails techniques de la photo : Panasonic GH1, objectif Sigma 24mm Macro f/2,8 — 1/30 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 24 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Rater la perfection

Publié le 1 mai 2017 | Temps de lecture : 5 minutes
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Au secondaire, dès qu’on m’enseigna la chimie, ce fut le coup de foudre.

Dans les vitrines de Noël de Beaudry Sports, parmi les lumières scintillantes et les couleurs criardes des objets en vitrine, rien n’avait autant attiré mon attention que ce nécessaire de chimie Kay, importé d’Angleterre.

Le manuel d’instruction donnait la recette de 162 expériences permettant de découvrir quelques-uns des plus extraordinaires secrets de la composition de l’univers.

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Pouvais-je imaginer qu’un an ou deux plus tard, mes parents m’offriraient le triptyque métallique Chemistry Lab No. 510. Avec un nom pareil, il ne pouvait s’agir que d’un produit américain. Plus moderne et plus complet, cet outil fit reculer davantage les frontières de l’inconnu.

Adolescent, j’adorais la chimie. C’était simple, logique et parfaitement prévisible. Bref, le contraire des filles. Au cours d’une démonstration, combien de fois ai-je vu des professeurs de physique perdre la face ? Jamais ceux de chimie.

Dans la cuisine abandonnée du premier étage de la maison familiale, le comptoir émaillé faisait office de table de laboratoire. Son lavabo servait à faire disparaitre discrètement les traces des innombrables échecs de mes premières expériences.

Que de liquides nauséabonds, que d’écumes dangereusement envahissantes ont disparu dans les profondeurs des égouts de la ville…

En pré-universitaire, j’étudiais au collège Roussin. À l’époque, le ministère de l’Éducation n’attachait aucune importance aux notes attribuées par cette institution privée en cours d’année; seul son examen à lui, en fin d’année, comptait.

Nous étions tous réunis dans l’aréna du collège, transformé pour l’occasion en grande salle d’examen.

Chacun d’entre nous était attablé derrière son pupitre. Celui-ci était parfaitement aligné au sein d’une des six rangées qui s’étendaient jusqu’au fond de l’ancienne patinoire.

Dans les estrades, des surveillants marchaient de long en large, prêts à débusquer les tricheurs.

Au départ de l’examen, un messager apportait au surveillant principal une mystérieuse enveloppe scellée renfermant les questionnaires ministériels. Ceux-ci étaient immédiatement distribués.

Il s’agissait de cinquante questions à deux points.

Les deux heures de ce sprint se déroulèrent au son feutré du papier labouré par des crayons à mine ou frotté nerveusement par des effaces. Parfois, un crayon échappé sur le ciment faisait résonner au loin la voute métallique de l’aréna.

Après les quelques semaines nécessaires à la compilation des résultats, je pris connaissance de ma note; 99,8%.

99,8% ? Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Comment peut-on avoir un tel score à l’issue d’un examen de cinquante questions à deux points ? Ce peut être 98% ou 100% mais rien entre les deux.

Ma première hypothèse fut que la moyenne québécoise avait été trop basse et qu’on aurait majoré tous les résultats par un certain pourcentage. Une chose impensable de nos jours…

Ou – seconde hypothèse – que les fonctionnaires du ministère ont réalisé que certaines questions avaient été mal rédigées et conséquemment mal comprises : on aurait donc compilé les notes en ne tenant compte que des ‘bonnes’ questions et reporté le tout en pourcentage.

Cela donnerait 99,8%. Bon.

Si cela peut être frustrant d’ignorer la note qu’on méritait vraiment, on se console très vite avec 99,8%.

Mais imaginons une troisième hypothèse.

Supposons que le ministère de l’Éducation n’ait pas prévu que quelqu’un puisse obtenir une note parfaite. Incapable d’accorder 100%, on aurait mis le maximum prévu soit 99,8%.

Alors là, ce n’est plus pareil.

Imaginez. Obtenir 60%, cela n’est pas trop forçant.

En étudiant quelques heures de plus, on peut atteindre 70%.

Pour avoir 80%, c’est déjà plus difficile.

Mais passer à 90% et même à chaque pourcentage supplémentaire, la somme de travail devient exponentielle.

Voilà pourquoi, par exemple, passer de 98% à 100%, cela exige un travail colossal.

Évidemment, je n’ai pas passé mes nuits à préparer cet examen. Mais si le hasard a fait que j’ai bien répondu à toutes les questions, cette chance inouïe ne s’était jamais produite avant et ne s’est jamais reproduite depuis.

C’est comme la différence entre avoir tous les chiffres à la loterie ou en manquer un. Qu’est-ce qui est préférable ? Gagner cinquante-millions$ ou une belle participation gratuite ?

Le plus triste dans cette histoire, c’est que même sur mon lit de mort, il y aura toujours un doute dans mon esprit; ai-je bénéficié de la majoration d’une note insignifiante ou avais-je, pour une fois dans ma vie, touché à la perfection…

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 17 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 17 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Faits divers No 31

Publié le 27 avril 2017 | Temps de lecture : 5 minutes

Avec plus de 250 traductions, Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry est le livre le plus traduit après La Bible.

La traduction anglaise, parue aux États-Unis en 1943, a même précédé la publication de la version originale en France en 1946.

À l’opposé, la version originale de la Bible a paru avant ses traductions. C’est rassurant.

Référence : Mataillet D. Le Petit Prince, encore et toujours. La Revue 2016; no 61-2: 15.


 
Le 21 juillet 2016, on a enregistré une température record de 54° Celsius (129,2° Fahrenheit) dans la ville koweïtienne de Mitribah.

C’est la température la plus élevée jamais enregistrée hors de la Vallée de la mort, en Californie. Dans celle-ci, la température peut s’élever jusqu’à 56,7° Celsius (134,1° Fahrenheit).

Référence : All-Time Temperature Records for the Eastern Hemisphere in Kuwait and Iraq


 
C’est en recevant par la poste un colis contenant les cendres de son fils que la mère de Martin Pinkus a appris son décès en prison, huit mois avant la libération conditionnelle à laquelle il avait droit.

La famille n’ayant pas été consultée, il semble que la crémation soit une décision des Services correctionnels canadiens. Ceux-ci n’ont pas cru bon préciser les circonstances de sa mort si ce n’est qu’il s’agirait d’un suicide.

Référence :
Suicide d’un détenu : il apprend la mort de son frère en recevant ses cendres par la poste


 
Durant sa vie, le bœuf d’élevage aura bu 24 000 litres d’eau en plus des 7 000 litres d’eau nécessaires à son entretien. De plus, il aura mangé en moyenne 1 300 kg de grains (blé, maïs, soja, avoine) et 7 200 kg d’herbes (pâturage, foin sec, ensilage et autres fourrages). Au total, son bilan en eau atteint trois millions de litres.

Pour produire un kilo de viande, il faut 15 000 litres d’eau pour le bœuf, 4 800 litres pour le porc et 3 900 litres pour le poulet.

Référence : 40 litres d’eau dans votre tranche de pain


 
Les comtés de McDowell (en Virginie-Occidentale) et de Fairfax (en Virginie) sont à six heures de voiture l’un de l’autre. Le premier est une des régions les plus pauvres des États-Unis tandis que l’autre, parmi les plus riches.

Dans le premier, l’espérance de vie est de 85 ans pour les femmes et de 82 ans pour les hommes, soit à peu près comme en Suède.

Dans l’autre, l’espérance de vie est de 73 ans pour les femmes et de 64 ans pour les hommes, soit à peu près comme en Irak.

Référence : Income Gap, Meet the Longevity Gap


 
Il y a 28 000 fermes au Québec. Il y a vingt ans, il y en avait 40 000.

L’agriculture et l’industrie agroalimentaire représentent 5,2% des emplois et 7,9% du PIB québécois.

En 2013, les subventions gouvernementales à l’agriculture représentaient 6,6% de la valeur de la production, comparativement à 7,0% aux États-Unis, 11,3% pour la moyenne des pays de l’OCDE et 35,2% en Norvège.

Près de 70% de la production agricole du Québec est transformée ici, contrairement aux autres provinces canadiennes où ce pourcentage n’est que de 27%.

Cette valeur ajoutée avant exportation contribue au solde commercial positif de l’industrie agroalimentaire; le Québec exporte plus d’aliments qu’il en importe.

Référence : Ross CF. Les conditions gagnantes pour une agriculture prospère. L’Action Nationale 2016; vol 56 no 2: 15-27.


 
En dépit de la main-d’œuvre qu’il nécessite, le transport du pétrole par navires-citernes est plus économique sur de longues distances que par pipeline.

Confiné à l’intérieur d’un tuyau, le pétrole ne circule qu’à 5km/h alors qu’il en parcourt 28 par pétrolier.

Référence : Rémillard F et coll. Énergie-Est — Projet inacceptable en raison de ses nombreux facteurs de risque pour le Québec. L’Action Nationale 2016; vol 56 nos 5-6: 110-144.


 
Parce qu’il inclut les Grands Lacs, le bassin de drainage du fleuve Saint-Laurent représente le quart des réserves mondiales d’eau douce.

Au rang des plus longs fleuves du monde, le Saint-Laurent occupe la 27e place. C’est aussi un des plus dangereux. Les deux tiers des accidents maritimes au Canada s’y produisent.

Références :
Fleuve Saint-Laurent
Liste des plus longs cours d’eau
Rémillard F et coll. Énergie-Est — Projet inacceptable en raison de ses nombreux facteurs de risque pour le Québec. L’Action Nationale 2016; vol 56 nos 5-6: 110-144.


 
Depuis 1848, il s’est tenu près de 600 référendums en Suisse. Les référendums dans ce pays représentent près de la moitié des scrutins de ce type sur Terre.

Référence : Mataillet D. Au pays des votations. La Revue 2016; no 63-4: 53.


Liste de tous les faits divers (des plus récents aux plus anciens)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les petites fleurs bleues du 2663 de l’avenue Jeanne-d’Arc

Publié le 26 avril 2017 | Temps de lecture : 1 minute
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Plus tôt cet après-midi, en passant sur ma rue, je prends en photo ces mignonnes petites fleurs bleues déjà écloses en ce début de printemps.

Sachant d’avance qu’elles allaient se retrouver sur mon blogue, je sonne à la porte de la propriétaire pour savoir de quelle plante il s’agit.

On m’informe que ce sont des vivaces inconnues, plantées ou semées là par un propriétaire antérieur, et qui fleurissent d’elles-mêmes chaque printemps.

Alors voilà : doit-on tout savoir des choses pour être en mesure de les apprécier ?

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14 — 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 160 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Treizième arrondissement de Paris

Publié le 25 avril 2017 | Temps de lecture : 10 minutes

 
Introduction

En descendant la Seine vers Paris, le premier arrondissement que l’on rencontre à bâbord (à gauche), c’est le treizième.

Sur une superficie de 7,15 km² y vivent 183 260 habitants. Contrairement aux arrondissements centraux de Paris qui se dépeuplent pour faire place à des ministères, des musées ou des entreprises, la population du 13e arrondissement s’est accrue continuellement de 1861 à 2006.

On y trouve peu de sites touristiques.

Le diaporama présente 124 photos en trois parties;
• au nord des boulevards Auguste-Blanqui et Vincent-Auriol,
• le sud-ouest de l’arrondissement et
• le quartier de la Gare.

Au nord des boulevards Auguste-Blanqui et Vincent-Auriol

De 0:09 à 0:11, il s’agit de la Chapelle de la congrégation des Augustines du Saint Cœur de Marie, construite entre 1836 et 1840 par l’architecte Antoine-Casimir Chaland.

Cette chapelle fait maintenant partie d’une maison de retraite privée à but non lucratif.

De 0:32 à 1:08, nous visitons la Manufacture des Gobelins.

En 1447, Jehan Gobelin installe un atelier de teinture sur les bords de la Bièvre, un affluent de la Seine aujourd’hui recouvert. Bientôt reconnu comme le meilleur teinturier d’Europe — notamment en raison des rouges à l’écarlate – il attire la venue de tapissiers flamands.

Deux siècles plus tard, Colbert a l’idée de regrouper sous un même toit les plus grands artisans du luxe français (tisserands, menuisiers, doreurs, etc.), chargés notamment de meubler les demeures royales.

De nos jours, les visiteurs peuvent voir à l’œuvre certains artisans de l’entreprise.

De plus, on y présente des expositions temporaires dont celle consacrée au luxe impérial des campagnes napoléoniennes (0:43 à 0:55).

De 1:17 à 1:21, il s’agit de l’Église Saint-Marcel, inaugurée en 1966 et dédiée au neuvième évêque de Paris. C’est l’œuvre de l’architecte Daniel Michelin. Le vitrail de sa façade est du maitre verrier Henri Guérin.

À partir de 1:23, notre attention se porte sur l’hôpital de la Salpêtrière dont nous ne visiterons que l’église Saint-Louis, par respect pour les patients hospitalisés.

Le mot hôpital vient du nom latin hospitalis qui signifie lieu d’accueil (d’où découle également le mot hospitalité). L’hôpital dont Louis XIV ordonna la création en 1654 servait à accueillir — pour ne pas dire enfermer — les mendiants, les marginaux, les prostituées et les vagabonds qui perturbaient l’ordre public.

Pendant plus d’un siècle, ce fut à la fois une crèche, un asile, un hospice, une prison et une maison de redressement. Cela en fit un lieu complet de répression et de détention.

Et comme il fut construit sur le site d’une ancienne fabrique de poudre à canon, l’hôpital porta le nom de ‘Salpêtrière’ puisque le salpêtre sert à fabriquer des explosifs.

Au moment de la Révolution, c’était le plus grand hospice du monde; près de huit-mille personnes s’y entassaient dont un grand nombre de malades mentaux (jugés incurables à l’époque).

En 1795, le Dr Philippe Pinel y est nommé médecin-chef et commence à traiter certains détenus comme des malades et non des criminels. Il fait de La Salpêtrière un centre de recherche sur la folie.

Les pionniers de la psychiatrie et de la neurologie y ont œuvré; par exemple, en octobre 1885, un étudiant en médecine d’origine autrichienne, Sigmund Freud, y fut élève.

De nos jours, c’est un hôpital universitaire à vocation généraliste. C’est ainsi qu’en 1968, on y fit la première transplantation cardiaque d’Europe.

L’institution occupe à elle seule près de cinq pour cent du territoire de l’arrondissement.

Œuvre de l’architecte Libéral Bruant — à qui Louis XIV confia ensuite la construction des Invalides — l’église Saint-Louis fut achevée en 1677.

Il a la forme d’une croix grecque entre les bras de laquelle viennent se fixer quatre chapelles rayonnantes reliées à une chapelle centrale sous un dôme octogonal.

Au total neuf chapelles permettaient de séparer les fous, les débauchés, les contagieux et différentes catégories de malades. Son intérieur est presque nu.

Le sud-ouest de l’arrondissement

Cette partie du 13e arrondissement est le quartier administratif de la Maison-Blanche. Sa partie la plus élevée est surnommée Butte-aux-Cailles (de 1:44 à 2:32).

À l’origine, c’était une colline surplombant la Bièvre. Elle doit son nom à Pierre Caille qui en fit l’acquisition en 1543.

En raison de ses 62 mètres de dénivelé, cette colline venteuse était l’emplacement de choix à la fois de moulins à eau (le long de la Bièvre) et de moulins à vent.

Au XVIIe siècle, ce fut un des sites extraction du calcaire coquiller utilisé comme revêtement des maisons parisiennes.

Ce territoire fut annexé à la capitale en 1860.

En raison de l’exploitation minière passée — qui y a fragilisé le sol — cette colline n’est pas propice à la construction en hauteur. Ce qui fait que l’urbanisme s’y est développé indépendamment du reste de Paris.

De nos jours, elle a l’allure d’un village paisible et charmant.

À 1:46, il s’agit d’un aperçu de la Petite Alsace, un ensemble de quarante maisons de ville à colombage organisées autour d’une cour centrale rectangulaire de 500 m².

Cette mini-cité-jardin a été conçue par l’architecte Jean Walter en 1912 pour loger les familles ouvrières de la raffinerie de sucre Say et de l’usine automobile Panhard.

Toujours dans la Butte-aux-Cailles, on trouve l’église Sainte-Anne de la Butte-aux-Cailles (de 1:56 à 2:17).

Construite 1894 à 1912 selon les plans de l’architecte Prosper Bobin, elle repose sur 71 pilotis puisqu’elle est bâtie sur le remblai de couverture de la Bièvre.

Au cours de la Première Guerre mondiale, plus précisément le mercredi 20 octobre 1915, une usine de grenades située à deux-cents mètres explose, soufflant les vitraux de l’église.

Au modeste verre transparent utilisé à la suite de l’explosion suivront les superbes vitraux créés dans la seconde moitié des années 1930 par Mauméjean, également responsable de la mosaïque qui décore les autels.

À 2:24, il s’agit de la piscine de la Butte-aux-Cailles. Elle est alimentée par un puits artésien dont l’eau jaillit spontanément à 28°C.

De 2:34 à 2:41, nous voici au nord-est du quartier de la Maison-Blanche, dans le centre commercial Italie Deux, regroupant 120 boutiques.

Le quartier de la Gare

À l’ouest de l’avenue de Choisy et au sud du boulevard Vincent-Auriol, cette partie du 13e arrondissement s’appelle le quartier de la Gare.

Il doit son nom à une gare batelière aménagée le long de la Seine, immédiatement en amont de la Salpêtrière. Commandé par Louis XV, l’aménagement de cette gare fluviale s’avéra être un gouffre financier : on la laissa inachevée à la Révolution.

Sujet aux inondations, ce territoire marécageux fut longtemps laissé en pâturage. Il ne s’urbanisa qu’à la fin du XVIIIe siècle alors que plusieurs établissements industriels s’installent sur ces terrains qu’on pouvait acquérir pour une bouchée de pain.

De style néoroman, l’église Notre-Dame de la gare (de 2:46 à 3:02) fut construite de 1855 à 1864 par l’architecte Claude Naissant.

La voute étoilée du chœur est l’œuvre du peintre Félix Jobbé-Duval, assisté d’Alexandre Denuelle.

À la partie basse de l’abside, sous les arcs romans qui entourent l’autel (à 2:56, Les Noces de Cana), les toiles marouflées ont été peintes à la fin des années 1950 par Anders Osterlind.

Le grand orgue construit en 1864 par Aristide Cavaillé-Coll (à 3:00).

Le quartier de la Gare est le 50e des 80 quartiers administratifs de Paris. Il renferme un certain nombre de ‘quartiers’ au sens commun du terme. Trois d’entre eux sont le quartier des Olympiades, le quartier asiatique (ou quartier chinois) et le quartier de la Bibliothèque nationale de France.

À la fin des années 1950, certaines parties du quartier de la Gare sont parmi les endroits les plus insalubres de la capitale. On décide donc d’y faire table rase et de créer une nouvelle trame urbaine.

Conçu par l’architecte en chef Michel Holley, le quartier des Olympiades (à 3:11) est un ensemble de tours résidentielles construites de 1969 à 1977.

Inspiré des principes de Le Corbusier, il tire son nom de l’intention originelle de ses promoteurs de doter l’ensemble d’un complexe voué à la pratique d’une vingtaine de disciplines sportives. En réalité, ce complexe ne fut jamais construit.

De 3:14 à 3:32, nous voilà dans le quartier chinois. Il occupe principalement un triangle entre les avenues Choisy, d’Ivry, et le boulevard Masséna.

Contrairement aux apparences, il n’est pas habité majoritairement par des Asiatiques, mais leur sert de lieu de rendez-vous.

De 3:24 à 3:30, il s’agit de l’église Saint-Hippolyte, construite de 1909 à 1924 par l’architecte Jules-Godefroy Astruc.

De 3:34 à 4:08, nous quittons le quartier chinois pour la bibliothèque François-Mitterrand, inaugurée en 1996.

Quatre tours semblables à des livres ouverts sont placés aux quatre coins d’une vaste esplanade. À son centre, celle-ci est percée d’un jardin rectangulaire qui sert de puits de lumière aux étages sous-jacents.

En plus des salles de consultation, l’édifice abrite des expositions temporaires, une librairie, et deux globes de Coronelli — un globe terrestre et un globe céleste (à 3:52) — offerts par le cardinal d’Estrées à Louis XIV.

De 2,3 tonnes chacune, ils ont un diamètre de quatre mètres. Avec ses 1 880 étoiles, ses 72 constellations et ses planètes, le globe céleste représente le ciel le jour de la naissance du Roi-Soleil, le 5 septembre 1638.

À eux deux, ces globes résument l’état des connaissances scientifiques dans les domaines de la géographie et de l’astronomie au XVIIe siècle.

À l’extérieur, on trouve une salle de cinéma (à laquelle on peut accéder de l’intérieur de la bibliothèque) et des cantines mobiles.

La passerelle Simone-de-Beauvoir (à 3:36) permet d’atteindre l’autre rive de la Seine. Sur une longueur totale de 270 mètres, elle possède une portée libre de 180m, ce qui constitue une prouesse technique.

Construite en Alsace, on lui fit descendre le Rhin, emprunter la mer du Nord et la Manche, pour finalement remonter la Seine jusqu’à Paris où elle fut montée et installée en une nuit.

Au passage, on peut voir la piscine flottante Joséphine-Backer. Celle-ci dispose d’un toit amovible permettant de se baigner au grand air l’été.


Détails techniques : Le diaporama contient 124 photos prises à l’aide d’un appareil OM-D e-m5.


En ordre décroissant d’utilisation, les objectifs furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (95 photos), le PanLeica 25 mm F/1,4 (19 photos), le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (6 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (3 photos) et l’hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (1 photo).


Voir aussi : Liste des diaporamas de Paris

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Chagall et la musique — Daphnis et Chloé

Publié le 22 avril 2017 | Temps de lecture : 2 minutes
Aperçu des costumes

Au départ, Daphnis et Chloé est un roman du IIe siècle est attribué au poète grec Longus.

En 1952, à la demande de l’éditeur d’art appelé Tériade (en réalité, Stratis Eleftheriadis), Chagall crée les lithographies d’une édition de ce conte pastoral.

Ce qui donne l’idée à Serge Lifar, maitre de ballet à l’Opéra de Paris, de demander à Chagall de réaliser les décors et costumes d’une nouvelle production du ballet Daphnis et Chloé en 1956. L’œuvre chorégraphique avait été créée à Paris en 1912.

Il est en un acte et trois tableaux. L’argument est du chorégraphe Michel Fokine (d’après Longus), tandis que la musique est de Maurice Ravel.

À cette fin, Chagall réalise une soixantaine de maquettes préparatoires pour les costumes et les toiles de fond, les costumes, un rideau de scène et quatre toiles brossées en fond de décor.

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Maquette de la Danseuse-Soleil (1958)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (1re photo) et objectif M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 1000 — 8 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 250 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
6e  photo : 1/100 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’attentat du 15 avril 2017 à Rachidine, en Syrie

Publié le 21 avril 2017 | Temps de lecture : 3 minutes

Il y a une semaine, on apprenait qu’un attentat avait fait une centaine de morts au sein d’un convoi de Syriens délocalisés.

Voici le fond de l’histoire.

Au cours d’une partie de chasse au faucon dans le sud de l’Irak en décembre 2015, vingt-six membres de la famille royale qatarie sont tombés dans une embuscade et sont faits prisonniers par un groupe d’une centaine de rebelles chiites supportés par l’Iran.

Depuis seize mois, leur libération est négociée par le Qatar et l’Iran. À cela se sont ajoutés les négociateurs de quatre groupes de rebelles : le Hezbollah et deux milices chiites du côté iranien, et une milice d’Al Qaida du côté qatari.

L’entente intervenue prévoit la libération des otages qataris en contrepartie d’un important échange de population dans le cadre de l’épuration ethnique qui prévaut en Syrie.

L’entente prévoit également le versement d’une colossale rançon aux rebelles. Non seulement à ceux qui détiennent les otages royaux, mais également aux différentes milices rebelles et gouvernementales rencontrées sur le trajet de plus de 300km que doivent effectuer les convois de 30 000 à 50 000 Syriens relocalisés.

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D’une part, cette épuration concerne les Musulmans sunnites de deux villages situés près de la capitale (dans le sud-ouest du pays). Ils doivent retrouver les leurs dans deux villages sunnites situés dans le nord-ouest du pays.

En contrepartie, les Musulmans chiites des deux villages dont on vient de parler doivent être transférés dans les deux villages situés près de la capitale.

Le 14 avril, le premier groupe de Chiites (cinq-mille personnes) fut placé à bord de 45 à 75 autobus. En raison du caprice du réseau routier et des droits de passage négociés vers leur destination finale, le début du trajet prévoit un détour par Rachidine, une localité tenue par les rebelles près d’Alep.

Et c’est dans cette ville qu’eut lieu l’attentat. Un véhicule qui distribuait des sachets de croustilles aux enfants a explosé à proximité des autobus transportant les évacués.

L’attentat fit 126 morts et 300 blessés, mettant en péril l’accord intervenu entre l’Iran et le Qatar.

Depuis samedi dernier à Bagdad (lieu choisi pour l’arrivée de la rançon), un jet privé qatari est immobilisé sur le tarmac de l’aéroport en attente de prendre possession des otages royaux qui doivent être libérés.

Puisque l’attentat a tué non seulement des civils loyalistes au régime de Bachar el-Assad mais également une trentaine de combattants rebelles, on présume que ce serait l’œuvre d’une autre milice exclue de l’entente et qui aurait voulu une part du butin.

En raison de l’importance de la rançon, les évacuations ont repris quelques heures plus tard et se poursuivent depuis.

Références :
Attentat de Rachidine
Attentat en Syrie: les auteurs déguisés en humanitaires
Qatari jet sits on tarmac in Baghdad as royal hostages await release

Parus depuis :
Qatari royals released from captivity as part of Syria population swap deal (2017-04-21)
En Syrie, le grand marchandage de Doha (2017-04-24)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Québec et la légalisation du cannabis

Publié le 20 avril 2017 | Temps de lecture : 3 minutes

Depuis que le gouvernement fédéral a annoncé que la légalisation de la marijuana, certains observateurs s’inquiètent des risques de cette décision.

Au départ, précision que effets néfastes de cette drogue sur la santé sont moindres que ceux de l’alcool. Si tous les alcooliques abandonnaient l’alcool pour le cannabis, on verrait l’apparition de nouveaux problèmes mais la disparition complète des nouveaux cas de cirrhoses du foie, incurables même à l’arrêt de l’éthylisme.

Dans les États où on a légalisé le pot — notamment au Colorado et dans l’État de Washington — on a constaté une augmentation importante à la fois du nombre d’accidents de la route causés par des conducteurs sous l’effet du cannabis et du nombre d’hospitalisations résultant d’une surdose.

Sans nier la possibilité que cela puisse être observé au Québec, ce phénomène ne devrait pas être significatif.

En effet, les États-Unis ont mené pendant des décennies une ruineuse et inefficace lutte contre la drogue caractérisée par la sévérité des sanctions imposées aux contrevenants.

Au contraire, au Québec, la simple possession de cannabis est tolérée depuis des années. Ici, la consommation est entrée dans les mœurs et la très grande majorité de ses utilisateurs ont appris à en faire une consommation ‘responsable’.

De 2002 à 2012, le pourcentage de personnes ayant déjà consommé de la marijuana a diminué chez les 15 à 17 ans et les 18 à 24 ans. Cette consommation est toutefois demeurée stable chez les 25 à 44 ans et a augmenté dans les groupes d’âge plus avancé.

On croit que l’augmentation chez le groupe des 45 à 64 ans pourrait être le reflet du vieillissement de la cohorte de ceux qui se situaient dans le groupe des 25 à 44 ans en 2002.

En somme, chez les jeunes, le cannabis n’a plus l’attrait du fruit défendu.

La décision canadienne de ne pas autoriser les aliments à base de cannabis — permis dans les deux États américains mentionnés — devrait éviter les hospitalisations pour surdose (extrêmement rares chez les fumeurs).

On s’inquiète du fait que les policiers ne seraient pas équipés d’instruments permettant de mesurer l’intoxication au cannabis. Cela est également vrai des psychotropes.

Pourtant, ils font passer des tests simples — toucher le bout de son nez, marcher en ligne droite — qui leur permettent d’appréhender le conducteur intoxiqué par des médicaments. Ce sera pareil avec le cannabis.

Au-delà de la curiosité que susciteront au départ les commerces de cannabis et l’impact touristique de sa légalisation, il est à prévoir que les changements législatifs ne bouleverseront que sa distribution puisque dans les faits, sa consommation est déjà décriminalisée au Québec depuis plus d’une décennie.

Compléments de lecture :
Le cannabis récréatif
Portugal’s radical drugs policy is working. Why hasn’t the world copied it?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’apport économique des étudiants étrangers

Publié le 19 avril 2017 | Temps de lecture : 3 minutes
Université Humboldt, à Berlin

En Allemagne, les lycées — les équivalents des GÉGEPs au Québec — sont gratuits non seulement pour les étudiants allemands, mais également pour les étudiants étrangers.

Tout au plus, faut-il payer 200$ par année comme frais d’inscription.

Voilà pourquoi environ 4 500 étudiants américains y étudient.

Pourquoi n’y en a-t-il pas davantage ? Parce qu’on doit parler allemand.

Quelles sont les raisons qui poussent les contribuables allemands à subventionner chez eux la formation d’étudiants étrangers ? À cause des retombées économiques.

Pour assurer sa subsistance — logement, nourriture, transport, forfait téléphonique, etc.— chaque étudiant étranger dépense près de 20 000$ par année.

Pour ces seuls étudiants américains, cela représente un investissement de 9 millions$ dans l’économie allemande.

De manière générale, en dépit de la réputation d’excellence des maisons d’enseignement américaines et britanniques, c’est l’Australie qui est la championne mondiale de la formation académique d’étudiants étrangers.

Ils y comptent pour la moitié des inscriptions à ses Business and Management courses et le quart de tous les inscrits aux études supérieures.

Après les mines, c’est le deuxième poste d’exportation dans ce pays, rapportant annuellement quinze-milliards de dollars US.

Les États-Unis occupent le deuxième rang mondial avec un million d’étudiants étrangers, suivis de loin par la Grande-Bretagne et le Canada (avec 300 000 chacun).

Il est à prévoir que les politiques migratoires de Donald Trump diminueront la position avantageuse de son pays à ce sujet.

Grand amphithéâtre de la Sorbonne, à Paris

En France, sur les 260 000 étudiants étrangers, un peu plus de 110 000 (42%) sont Africains. Ils y dépensent annuellement 1,5 milliard d’euros.

Références :
Ben Yahmed B. Ils façonnent notre avenir. La Revue 2016; no 61-2: 3-4.
Sanders B. Our Revolution: A Future to Believe In. New York: Thomas Dunne Books, 2016.

Parus depuis :
La charge de la brigade légère (2019-11-06)
La révolte des recteurs (2019-11-07)
Le reste du monde s’arrache les étudiants étrangers (2019-11-08)
Le Québec perd la course aux étudiants étrangers (2020-03-02)
Refus massif d’étudiants africains francophones : Ottawa accusé de « discrimination » (2021-11-28)
Rejet des étudiants francophones : le ministre du Travail du Québec interpellé (2022-03-31)
Financement universitaire : Les étudiants internationaux transforment les universités (2022-04-19)
Les étudiants internationaux, manne économique pour la France (2022-11-28)
Permis d’études pour étudiants étrangers : la moitié des demandes pour le Québec refusées par Ottawa (2023-05-18)
Une poignée de collèges accueillent près du tiers de tous les étudiants étrangers (2024-02-27)
Can the US afford to lose its 1.1 million international students? (2025-06-05)

Détails techniques : Canon Powershot G6 (1re photo) et Olympus OM-D e-m5 + hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (2e photo)
1re photo : 1/1250 sec. — F/2,5 — ISO 50 — 12,7 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 800 — 8 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Chagall et la musique — Les sculptures

Publié le 17 avril 2017 | Temps de lecture : 2 minutes
Aperçu de la neuvième salle

À partir des années 1950 et jusque dans les années 1970, Chagall a créé une centaine de sculptures : neuf de celles-ci sont présentées à l’exposition montréalaise.

La Bête fantastique (bronze, 1952)
Maternité ou Vierge à l’enfant (bronze, 1952)

S’inspirant des figurines préhistoriques et des thèmes qui lui sont chers, Chagall explore différentes techniques (taille en haut et en bas-relief, ronde-bosse, fonte à la cire perdue) et utilise divers matériaux (marbre, galets, os, calcaire, pierre de Rognes, pierre de Jérusalem).

Nu mauve (1967)
Détail de Nu mauve (1967)
Profil au coq (1970)

Consacrée aux sculptures de Chagall, la neuvième salle de l’exposition est complétée de quelques œuvres de maturité du peintre.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8 mm F/1,8 (1re photo) et objectif M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/1,8 — ISO 1250 — 8 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 320 — 25 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 400 — 25 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel