Coup de théâtre : l’administration Tremblay sous enquête policière

Publié le 14 avril 2011 | Temps de lecture : 2 minutes
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Enfin une bonne nouvelle !

Hier matin, le ministre de la Sécurité publique du Québec annonçait qu’il confiait à l’Unité permanente anticorruption (UPAC) le mandat d’enquêter sur la Ville de Montréal.

Cette nouvelle unité dispose d’un budget de 31 millions de dollars. Son équipe comprend 189 personnes issues d’une demi-douzaine de ministères et organismes luttant contre la corruption. L’enquête sur l’administration Tremblay est le premier mandat que l’unité reçoit du ministre de la Sécurité publique.

Le nouveau commissaire de la lutte anti-corruption, Robert Lafrenière, aura carte blanche pour effectuer cette enquête. Rappelons que ce dernier a été sous-ministre associé à la Direction générale des affaires policières, de la prévention et des services de sécurité du ministère de la Sécurité publique. Il a enseigné les techniques auxiliaires de la justice au Collège de Maisonneuve et il a travaillé 39 ans à la Sûreté du Québec, où il a occupé les postes de directeur des services d’enquêtes criminelles.

Le mandat qui lui a été confié par le Ministre précise qu’il coordonnera les enquêtes relatives aux allégations d’irrégularités dans l’octroi de contrats à Montréal et qu’il sera aussi responsable de faire la lumière sur les moyens utilisés — entre autres, l’espionnage des courriels — par la ville lors de ses enquêtes administratives.

Le commissaire anti-corruption relève directement du ministre de la Sécurité publique du Québec. L’étau se resserre donc contre le maire de Montréal, Gérald Tremblay, qui n’a pas caché sa vive contrariété en apprenant la nouvelle.

Références :
Allégations d’espionnage: Québec fera enquête sur la gestion de Montréal
Dure journée pour le maire Tremblay
Enquête sur Montréal : Tremblay aurait aimé être consulté
Robert Lafrenière à la tête de l’escouade anticorruption

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Chine : troisième destination touristique la plus prisée au monde ?

Publié le 13 avril 2011 | Temps de lecture : 3 minutes
Porte de la Cité interdite, sur la Place Tian’anmen, à Beijing

Les autorités chinoises estiment à 55,66 millions, le nombre de visiteurs ayant séjourné au moins une nuit en Chine en 2010, en augmentation de 9,4% par rapport à l’année précédente. Ce pays serait donc devenu parmi la troisième plus populaire destination touristique, derrière la France (78,95 millions) et les États-Unis (60,88 millions), mais devant l’Espagne (52,2 millions).

Avec sa population de 1,3 milliard d’habitants, la Chine est principalement visitée par ses propres citoyens. Si on tient compte des visiteurs « autochtones », la Chine est déjà le pays le plus visité au monde.

Les données ci-dessus concernent les visiteurs provenant de l’extérieur de la Chine continentale. Dans le présent texte, je les qualifierai de visiteurs « externes ». Cela comprend ceux en provenance d’Hong Kong (une colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997) et de Macao (colonie portugaise également rétrocédée en 1999). Les touristes de ces deux ports sont des Chinois : ils vont principalement à Canton (appelée Guangzhou) en raison de sa proximité.

En effet, malgré sa renommée, Canton n’abonde pas en attraits touristiques majeurs : toutefois elle n’est située qu’à 150 km d’Hong Kong et de Macao. C’est l’équivalent de la distance entre Montréal et Québec. Cette proximité en fait la ville de Chine continentale la plus visitée par les touristes « externes » (7,3 millions), devant Shanghai en deuxième place (6 millions).

Si on exclut Hong Kong, Macao et Taïwan, les statistiques changent radicalement puisque les visiteurs en provenance de ces trois endroits représentent la moitié des visiteurs « externes » en Chine.

Pour l’instant, la Chine est une importante destination régionale, visitée par des touristes de Corée (4,1 millions), du Japon (3,7 millions), de Russie (2,4 millions), de Malaisie (1,2 million), de Singapour (un million), des Philippines et de Mongolie (0,8 million chacun), de même que d’Australie (0,7 million).

Quant aux visiteurs intercontinentaux — ceux qui dépensent le plus — ils proviennent surtout des États-Unis (2 millions) et du Canada (0,6 million). Pour encore quelques années, les visiteurs intercontinentaux préféreront Paris, Barcelone et Prague, pour ne nommer que ces villes.

Mais quand la Chine sera devenue la première puissance économique au monde, l’attrait de Shanghai, Pékin, Hong Kong, et du fleuve Yangzi — entre autres — deviendra irrésistible…

Références :
La Chine devient la troisième destination la plus prisée au monde
La grande migration du nouvel an en Chine

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm — 1/500 sec. — F/20,0 — ISO 640 — 29 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Gérald Tremblay : marionnette ou manipulateur ?

Publié le 12 avril 2011 | Temps de lecture : 6 minutes
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Les acteurs

Jacques Bergeron. C’est le Vérificateur général de la ville. Son rôle est l’équivalent de celui de Mme Sheila Fraser au gouvernement fédéral. En 2009, Jacques Bergeron révélait le scandale des compteurs d’eau. Depuis, le maire de la ville et lui sont en guerre ouverte.

Claude Dauphin. Maire de l’arrondissement de Lachine. Il est également le président du Conseil municipal de Montréal et membre d’Union Montréal, le parti municipal du maire Tremblay.

Louis Roquet. Depuis janvier 2010, Louis Roquet est Directeur général de la ville. Il est au sommet de la pyramide hiérarchique de tous les employés municipaux. Son salaire est deux fois plus élevé que celui du maire Tremblay.

Pierre Reid. C’est le Contrôleur général de la ville de Montréal. Il ne faut pas confondre le poste de Vérificateur général avec celui de Contrôleur général. Dans les faits, le Contrôleur général est un super-espion qui relève directement de Louis Roquet.

Les faits

Il y a deux mois, nous apprenions que Pierre Reid (le super-espion) avait épié les courriels de Jacques Bergeron (l’ennemi du maire) pendant dix mois prétextant une mystérieuse plainte anonyme qui n’a pas été rendue publique et dont personne ne peut prouver l’existence.

Depuis ce temps, le maire Tremblay répète qu’aucun élu — seulement des employés municipaux — n’a été épié par Pierre Reid (le super-espion) et qu’aucun de leurs courriels n’avait été consulté.

Hier, on apprenait que Pierre Reid (le super-espion) avait épié les courriels de Claude Dauphin, le maire de Lachine. Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a soutenu que cet espionnage avait été autorisé par la police provinciale, ce que la SQ nie catégoriquement.

Or un policier doit obtenir l’autorisation d’un juge — sur présentation d’un affidavit détaillé — pour pouvoir espionner légalement des courriels. Dans le cas des courriels du maire de Lachine ces précautions n’ont pas été prises, ce qui rend cet espionnage illégal (ce que devrait savoir Gérald Tremblay qui est avocat de formation).

De plus, le maire Tremblay a également demandé au maire de Lachine de quitter la présidence du Conseil municipal de Montréal compte tenu des faits « troublants » découverts au cours de l’enquête de Pierre Reid (le super-espion). Le dossier à ce sujet aurait été transmis à la SQ en mars 2010. La SQ ne confirme pas que les « preuves » contre le maire de Lachine aient justifié l’ouverture d’une enquête. Il n’est donc pas permis de dire que le maire de Lachine soit sous « enquête policière ».

Hier, Pierre Reid (le super-espion) a été démis de ses fonctions par le maire Tremblay. Je n’ai pas très bien compris s’il a été congédié ou simplement muté ailleurs dans la fonction publique municipale.

À mon avis, les regards devraient maintenant se tourner vers Louis Roquet, le supérieur hiérarchique de Pierre Reid.

On se rappellera qu’alors que Jacques Bergeron (le Vérificateur général de la ville) enquêtait sur les contrats de téléphonie totalisant une somme de 100 millions$ accordés à TELUS, Louis Roquet avait fait couler le rapport confidentiel du Vérificateur en faisant parvenir secrètement une copie de ce rapport à TELUS.

Dans le cas de l’espionnage illégal des courriels de Claude Dauphin, que savait Louis Roquet ? L’ex-espion s’est-il adressé directement à la SQ, sans permission de son supérieur, afin de demander qu’on enquête sur Claude Dauphin ?

De plus, il y a quelques jours, alors que Pierre Reid était encore en fonction, le maire de Montréal déclarait : « Moi, j’ai l’assurance (que Pierre Reid, le super-espion) n’a pas le droit (d’épier les élus). C’est ça qui est important. Et on me dit qu’il ne l’a pas fait. Partant de là, je me fie à ce qu’on me dit et on n’enquêtera pas sur les élus. » C’est qui ça, le « on » de « on me dit » ? Est-ce son plus haut fonctionnaire, Louis Roquet, le supérieur hiérarchique de l’ex-espion ?

Comment se fait-il que le maire Tremblay se contente de demander au directeur général, Louis Roquet, de mettre en place de nouvelles règles de conduite ? Un acte illégal a été commis, son responsable a été congédié, mais est-il le seul responsable ? Comment le saura-t-on si pour le maire, le dossier se ferme avec le congédiement de Pierre Reid ? Pourquoi son attention se porte-il exclusivement contre le maire de Lachine et les faits « troublants » qui l’accableraient ?

Au-dessus de Pierre Reid (l’ex-espion), il n’y avait que deux supérieurs : Louis Roquet et le maire Tremblay. Tant que le scandale s’arrête à Pierre Reid, l’intégrité du maire ne peut être remise en question puisque Louis Roquet lui sert de caution.

Il serait donc utile de savoir qui a transmis le dossier du maire de Lachine à la SQ : est-ce Pierre Reid (l’ex-espion) ou le Directeur général de la ville. Il est certain qu’un dossier d’une telle importance ne peut être transmis verbalement. Il a donc été transmis par écrit. Qui est le signataire de la plainte et peut-on rendre publique la lettre de présentation du dossier ?

Au pire, si c’est le maire Tremblay lui-même, comment a-t-il pu signer une dénonciation aussi grave sans se rendre compte que celle-ci repose sur l’interception illégale de courriels du maire de Lachine ? Signe-t-il aveuglément n’importe quoi ?

Références :
Le désaveu
L’opposition réclame la tête du contrôleur général
Louis Roquet revient à l’Hôtel de Ville
Montréal – La SQ nie avoir suggéré d’espionner Dauphin
Un informaticien a reçu le mandat d’enquêter sur les conseillers municipaux

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les gâteaux de lune

Publié le 11 avril 2011 | Temps de lecture : 2 minutes
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En Chine, les gâteaux de lune sont des pâtisseries rondes (mais parfois rectangulaires) que parents et amis s’offrent à l’occasion de la Fête de la mi-automne, appelée aussi « Fête de la lune » : c’est l’une des quatre plus importantes festivités du calendrier chinois.

Selon la région, leur garniture varie. Celle-ci peut être composée d’une pâte de graines de lotus, d’haricots rouges, de noix ou de fruits confits. Celles que j’ai mangées étaient bonnes et relativement peu sucrées pour un dessert.

L’utilisation de jaunes d’œufs de caille ou de cane confèrent une couleur jaunâtre à la mince croute moulée qui enveloppe la garniture. Celle-ci est toujours décorée de motifs : les plus souvent rencontrés sont la lune, la déesse lunaire de l’immortalité, des fleurs ou des feuilles, et surtout les caractères chinois qui signifient « longévité » et « harmonie ».

Les gâteaux de lune constituent une tradition séculaire des Han (l’ethnie qui forme aujourd’hui 92% de la population chinoise).

Au XIVe siècle, sous la dynastie mongole des Yuan, les révolutionnaires Ming firent courir la rumeur qu’une épidémie de peste menaçait le pays et que la seule manière de s’en protéger était de consommer des gâteaux de lune. Or parmi les pâtisseries qui se mirent à circuler massivement, certaines renfermaient des messages codés. Ces messages avaient pour but de coordonner le soulèvement des révolutionnaires ; celui-ci eut lieu le 15e jour du huitième mois lunaire et provoqua la chute de le dynastie mongole.

De nos jours, afin de séduire le marché chinois, certaines compagnies étrangères fabriquent des desserts qui rappellent la forme de ces pâtisseries.

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Références :
Gâteau de lune
Mooncake

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/250 sec. — F/5,0 — ISO 100 — 14 mm
2e photo  : 1/200 sec. — F/5,6 — ISO 100 — 14 mm
3e photo  : 1/30 sec. — F/3,8 — ISO 400 — 17 mm
4e photo  : 1/25 sec. — F/3,8 — ISO 400 — 17 mm
5e photo  : 1/250 sec. — F/5,0 — ISO 100 — 14 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’ABC des bactéries d’origine intestinale retrouvées dans nos fruits et légumes

Publié le 9 avril 2011 | Temps de lecture : 3 minutes

Le 30 mars dernier, le réseau anglais de Radio-Canada révélait la présence de bactéries intestinales non-pathogènes dans des pousses de luzerne et d’autres légumes crus. Le journaliste de la CBC s’en étonnait.

Il faut savoir ce qu’on veut. Veut-on que les agriculteurs utilisent des engrais chimiques ou des engrais naturels ? Parce que s’ils utilisent des engrais naturels, cela s’appelle du fumier. Et du fumier, ce sont des matières fécales d’animaux. Il est donc normal qu’un légume qui pousse en terre puisse avoir à sa surface des bactéries non-pathogènes d’origine intestinale. Ce qui est moins normal, c’est de trouver de telles bactéries dans des légumes cultivés par hydroponie, comme c’est le cas des pousses de luzerne.

Ce qui n’est pas normal non plus, ce sont les bactéries pathogènes d’origine humaine, comme c’est le cas de ces souches d’Escherichia coli, retrouvées dans des noix écaillées en provenance des Etats-Unis. Comment peut-on expliquer une telle contamination ?

Il est fréquent aux États-Unis d’engager des travailleurs saisonniers étrangers, parfois entrés illégalement dans ce pays. Ceux-ci reçoivent des salaires de famine. On les entasse dans des baraques qui sont les seuls endroits sur la plantation dotés de toilettes.

Quand le travailleur doit déféquer, il le fait sur place dans le champ — les toilettes étant trop éloignées — et il s’essuie avec ce qu’il peut.

Dans des cas exceptionnels, il aura droit à des gels alcoolisés. Ceux-ci sont essentiellement des égalisateurs de crasse dont la réputation antibactérienne est très, très, très surfaite.

Dans le cas des noix écaillées, je serais très surpris qu’on les écaille à la main. Ce sont probablement des machines qui font ce travail. Toutefois, lorsque les noix entières sont contaminées, elles contaminent les machines écailleuses qui contaminent à leur tour les noix.

Il faut savoir également que dans certains pays en voie de développement, des matières fécales humaines sont utilisées comme engrais. Il n’est donc pas étonnant que des bactéries pathogènes se retrouvent dans certains fruits et légumes importés.

Alors que faire ? Lorsque des aliments sont cuits, la cuisson tue ces microbes. Autrement, on peut éplucher ou laver les légumes. Sinon…

Références :
C. difficile et les égalisateurs de crasse
High bacteria levels in bean sprouts: CBC probe
Noix de Grenoble contaminées à l’E. coli : un mort

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Temple Quanfu de Zhouzhuang

Publié le 7 avril 2011 | Temps de lecture : 1 minute
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Le Temple Quanfu est un immense complexe bouddhiste. Il est constitué principalement de quatre grands pavillons en ligne droite traversant un vaste plan d’eau peuplé de poissons rouges.

Le Temple abrite 21 statues dorées de Bouddha ainsi qu’une représentation en bronze haute de cinq mètres (photo ci-dessus).

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/250 sec. — F/7,1 — ISO 100 — 23 mm
2e photo  : Capture d’écran de la vidéo relative à Zhouzhuang
3e photo  : 1/500 sec. — F/7,1 — ISO 100 — 17 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’affaire Cantat : quand trop est assez

Publié le 5 avril 2011 | Temps de lecture : 5 minutes

Préambule

Bertrand Cantat est l’ex-leader de « Noir désir », un groupe rock aujourd’hui dissout. En juillet 2003, à Vilnius, en Europe de l’Est, Cantat a battu à mort sa conjointe — l’actrice Marie Trintignant — au cours d’une violente dispute.

Pendant son incarcération en Lituanie, plus précisément dans la nuit du 10 au 11 septembre 2003, la maison familiale du chanteur à Moustey a été incendiée.

Entre le meurtre de Trintignant et la dissolution du groupe en novembre dernier, les autres membres de Noir désir ont reçu d’innombrables menaces de mort, eux qui pourtant sont totalement étrangers au décès de Mme Trintignant.

En absence du chanteur emprisonné, la famille de Cantat vivait protégée par des agents de sécurité payés par la maison de disque Universal.

Krisztina Rády, son ex-femme et la mère de ses deux enfants, s’est suicidée chez elle à Bordeaux, le 10 janvier 2010. Elle avait soutenu Cantat lors du procès relatif à l’homicide de Marie Trintignant.

Condamné à huit ans d’emprisonnement, Cantat est finalement libéré le 29 juillet 2010.

Le dramaturge Wajdi Mouawad, ami de Cantat, lui a offert de créer live les chœurs du spectacle « Le Cycle des femmes » qui sera créé en juin à Athènes, repris le mois suivant à Avignon, pour enfin prendre l’affiche à Ottawa, et finalement au TNM en mai 2012. Cette annonce ne semble pas avoir créé de vague en Grèce, ni en France, mais a soulevé une violente controverse au Québec.

La controverse

Avant d’aborder cette question, soyons clair ; dans toute cette affaire, il y a plusieurs victimes mais la principale est Marie Trintignant.

Ce qui est moins clair, c’est ce que veulent exactement ceux qui s’indignent de la venue de Bertrand Cantat au Québec. Oui, je sais, ils voudraient que le TNM congédie Cantat de ce spectacle. Mais est-ce suffisant ?

Les protestataires, seraient-ils satisfaits d’apprendre que Cantat a été limogé de cette production du TNM mais pour être embauché dans celle suivante ? Évidemment pas ; ce serait de la provocation si ce n’est pas carrément rire d’eux.

Voudraient-ils voir Cantat être embauché par une autre compagnie théâtrale ? Non, cela ne ferait que déplacer « le problème ». Et si Cantat prenait l’affiche d’une salle de spectacle, serait-ce satisfaisant ? Non, ce serait inacceptable.

Devrait-il changer de métier ? Voilà une bonne idée. Mais imaginez que le livreur de pizza qui sonne à votre porte soit un assassin ? Qui aimerait que ses enfants fréquentent une école où le laveur de plancher a tué une femme ? Etc., etc.

En somme, les justiciers croient que Cantat n’a pas suffisamment payé pour son crime et qu’ils ont le devoir de faire en sorte qu’on lui impose une punition extra-judiciaire pour le meurtre de Mme Trintignant.

Ce n’est pas mon avis, mais je reconnais que c’est un point de vue défendable. En effet, beaucoup de personnes croient que le pouvoir judiciaire est trop sensible aux droits des détenus et pas suffisamment préoccupé par le sort des victimes.

Alors supposons que Cantat s’en est bien tiré et que son crime aurait mérité un châtiment plus sévère. Doit-on faire en sorte que Cantat ne puisse plus jamais gagner sa vie honorablement et — parlons franchement — qu’il soit acculé au suicide ?

Parmi les justiciers, la majorité se sentiraient probablement inconfortables à l’idée d’avoir participé à une campagne haineuse ayant eu pour résultat le suicide du chanteur.

Alors que veut-on exactement ? Un boycott populaire ? Oui, mais pendant combien de temps ? Si on effectuait un sondage parmi les protestataires, on en arriverait probablement à une punition extra-judiciaire dont la durée varierait autant qu’il y aurait de répondants au sondage.

En d’autres mots, chacun a sa petite idée en tête. Si bien que si on devait chercher un consensus, on en arriverait, après d’interminables débats, à la conclusion que le système judicaire, aussi imparfait soit-il, est le reflet de notre propre imperfection et que toute punition supplémentaire imposée à Cantat ne ramènerait pas en vie Marie Trintignant.

Sans vouloir minimiser le drame vécu par la famille Trintignant, a-t-on pensé à ce qu’ont vécu les enfants de Cantat ? Méritaient-ils le suicide de leur mère et l’emprisonnement de leur père pendant presque toute leur enfance ? Aujourd’hui, qui paie pour les nourrir, les habiller, les loger et les instruire ? Est-on bien certain qu’en punissant Cantat, il n’y a pas de victimes collatérales ?

Autrefois, les aventuriers recherchés en Europe pouvaient refaire leur vie à l’autre bout du monde. Avec la mondialisation, il ne reste plus d’endroits secrets où les êtres ostracisés — même à juste titre — ont une dernière chance d’accomplir quelque chose de positif autour d’eux.

Références :
Bègles. Sécurité maximale pour le retour de Bertrand Cantat sur scène
Bertrand Cantat
Bertrand Cantat

Complément de lecture :
Cantat, après coup (2012-05-09)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Palais Zhang à Zhouzhuang

Publié le 4 avril 2011 | Temps de lecture : 1 minute
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Le Palais Zhang, situé dans la vieille ville de Zhouzhuang, a été construit vers 1436—1449. Il compte six cours intérieures, 70 pièces et un plan d’eau où s’ébattaient des canards au moment de ma visite. Le tout occupe une surface de 1,800 m².

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/60 sec. — F/3,5 — ISO 100 — 14 mm
2e photo  : 1/30 sec. — F/3,9 — ISO 125 — 18 mm
3e photo  : 1/15 sec. — F/4,0 — ISO 400 — 18 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Campanola « Grande complication »

Publié le 3 avril 2011 | Temps de lecture : 3 minutes
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Dans la collection Campanola, l’horloger Citizen offre des montres haut-de-gamme fabriquées à la main. Limitée à 999 exemplaires, chaque modèle est destiné exclusivement au marché japonais. Un des ces modèles est la Grande complication laquée rouge.

Elle se décline en deux versions. Exception à la règle, une de ces deux versions est destinée au marché américain. C’est celle avec des chiffres arabes. La version avec des chiffres romains, illustrée ci-dessus, est la plus recherchée par les collectionneurs. On ne peut l’obtenir qu’au Japon (ou de quelqu’un qui vend la montre qu’il a achetée dans ce pays).

Description

À 12 heures, un cadran illustre les phases de la lune. Sur la plupart des montres ordinaires possédant un tel cadran, celui-ci ne fait qu’indiquer — à l’aide d’un soleil ou d’une lune — s’il fait jour ou nuit. Il faut être bien confus pour avoir besoin d’une telle précision…

Sur la Grande complication, il s’agit d’un véritable calendrier lunaire. Une lune couchée à gauche indique un premier croissant. Une lune bien centrée indique la pleine lune. Une lune couché à droite indique le dernier croissant. La nouvelle lune — qui n’est pas éclairée par le soleil — est représentée in absentia par des étoiles dorées.

À 3 heures un cadran à double fonction indique l’heure militaire (c’est-à-dire la journée divisée en 24 heures) et sert de trotteuse (c’est-à-dire qu’elle indique les secondes) : en effet, la grande aiguille qui pointe ici vers le haut sert au chronographe et conséquemment, est normalement immobile.

À 6 heures, le cadran à double fonction indique le nom du mois et l’année bissextile.

À 9 heures, un dernier cadran à double fonction indique le jour de la semaine et la date.

Une finition artisanale

L’intérêt de cette montre vient non seulement de sa complexité mécanique, mais également de sa finition effectuée selon des techniques vieilles de 400 ans.

La laque bourgogne — cette couleur se nomme « kokiake » en japonais — est appliquée par un artisan nommé Tetsuo Gido (photo ci-dessous). Né en 1948, celui-ci possède un atelier dans la ville d’Aizu-Wakamatsu. Il est le seul à créer la finition des Campanola Grande complication « kokiake ».

La laque utilisée est extrêmement allergène : Gido y est maintenant désensibilisé. Il l’applique par de légers tamponnements des doigts. Ce travail s’effectue idéalement lorsque l’humidité ambiante est de 55%. Par temps sec, aucun cadran de Grande complication n’est produit.

La laque sèche ensuite pendant 24 heures dans une pièce en bois dont la température est maintenue à 20 degrés Celsius et dont le taux d’humidité est de 80%.

Finalement la laque est polie avec les doigts. Traditionnellement, ce polissage s’effectuait à l’aide de poudre de bois de cervidés. De nos jours, on utilise de l’oxyde de titane.

Puisque la laque renferme de la poudre d’or — dont le scintillement n’est visible à l’oeil nu que si la montre est éclairée directement par le soleil ou exposée à une source lumineuse intense — le polissage est relativement abrasif. Si bien que Gido n’a plus d’empreintes digitales, le bout de ses doigts étant devenus lisses par l’érosion.

© 2002 — Citizen Watch Corporation

Référence : La collection Campanola

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La déchéance de Dr Quichotte

Publié le 2 avril 2011 | Temps de lecture : 3 minutes

À moins que sa condamnation ne soit cassée en appel (ce qui est très improbable), Pierre Mailloux — surnommé Docteur Mailloux — ne pourra plus exercer la profession de psychiatre pour les deux prochaines années.

Ce personnage m’a toujours fasciné. D’abord pour son franc parler. À la radio, le Doc Mailloux entretenait une relation paternaliste avec ses patients, osant leur dire publiquement ses quatre vérités comme probablement aucun autre « psy » n’oserait le faire.

Habitué de faire face à l’adversité, l’ex-psychiatre Mailloux s’est entêté à pratiquer de manière « déviante » en prescrivant des doses élevées de médicaments, des doses qui ont déjà été à la mode il y a quelques années mais qui sont aujourd’hui jugées imprudentes aux yeux de la majorité de ses collègues, et surtout aux yeux de sa Corporation professionnelle.

J’ai développé pour Pierre Mailloux une profonde antipathie depuis le jour où celui-ci a prétendu, en tant que professionnel, qu’il était prouvé que les Noirs étaient moins intelligents que les Blancs.

Dans une lettre adressée en octobre 2005 à l’animateur Guy-A. Lepage, j’ai eu l’occasion de donner mon opinion à ce sujet. Je profite de la déchéance de M. Mailloux pour répéter mon opinion à ce sujet parce je crois que la lutte contre les préjugés et le racisme est un combat perpétuel.

La théorie selon laquelle l’esclavage aurait sélectionné des Noirs forts mais abrutis est une théorie séduisante mais qui ne repose sur aucun fondement scientifique.

En effet, les « études » prouvant la supériorité aryenne n’ont pas plus de valeur que celles concluant que la taille moyenne plus petite du cerveau des femmes prouve quoi que ce soit.

Les publications tendant à prouver l’infériorité des Noirs et des Indiens, sont propagées par la Droite américaine et servent de justification au racisme larvé toujours présent dans le « Jesus Land » où Blancs, Noirs et Indiens forment généralement des collectivités territorialement séparées.

On a tendance à croire que l’intelligence humaine est héréditaire : cela n’est pas prouvé. D’abord, précisons que les tests de Quotient intellectuel ne mesurent pas l’intelligence mais sont, strictement parlant, des indices de réussite scolaire.

Les études prouvent que, de manière générale, lorsque les deux parents ont des Indices de Réussite Scolaire (IRS) sous la moyenne, leurs enfants sont généralement eux-aussi sous cette moyenne, mais dans une moindre mesure. En d’autres mots, ils se rapprochent de cette moyenne.

À l’opposé, lorsque les deux parents dont les Indices de Réussite Scolaire (IRS) au-dessus de la moyenne, leur progéniture a généralement tendance à être au-dessus de la moyenne, mais dans une moindre mesure. Eux aussi se rapprochent donc de cette moyenne.

Appliqué aux collectivités, cela signifie concrètement qu’après quelques générations, tout déficit sans cause biochimique (c’est-à-dire non basé sur une maladie héréditaire) ou tout avantage aura disparu.

Voilà ce que prouve la science. Le Doc Mailloux s’est entêté à soutenir le contraire. Il recueille aujourd’hui ce qu’il a semé.

Parus depuis :
Le «Doc Mailloux» radié pour cinq ans (2012-10-20)
Pierre Mailloux frappe un mur en Cour supérieure (2013-05-30)

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Écrit par Jean-Pierre Martel