Voyage à La Havane — Troisième jour

Publié le 1 novembre 2012 | Temps de lecture : 6 minutes

Lever du jour au chant du coq d’un voisin à 6h45. Ah les joies simples de l’hébergement chez l’habitant…

M’étant couché plus tôt que d’habitude, cette nuit fut bien meilleure que la précédente.

Je profite de ce lever précoce pour écrire le compte-rendu de ma deuxième journée à La Havane. Ce texte est illustré de quinze photos (un record sur ce blogue). Je mets le tout sur une clé USB.

Après le repas du matin (trois miches de pain et un verre de jus), je pars pour le service internet de l’hôtel du Parc central. À mon arrivée, le préposé m’explique que le système de connexion sans fil, disponible aux chambres, avait été en panne hier. D’où l’affluence ce jour-là.

Mais aujourd’hui tout va bien. Conséquemment, j’accède immédiatement au salon internet du premier étage. En moins de trente minutes, mon texte et ses photos sont publiés.

Pour ma première semaine à La Havane, j’ai décidé de voir toutes les rues du quartier de la Vieille ville, en commençant par la rue Lamparillo, celle sur laquelle j’habite, et qui traverse horizontalement ce quartier dans sa partie centrale.

La rue Lamparilla (rue de la Petite lampe)

La capitale cubaine ayant été fondée en 1519, on y trouve une grande variété de styles architecturaux, comme c’est le cas de toutes les villes dont le développement s’est étalé sur plusieurs siècles.

Le long de cette rue, je photographie des portes et des balcons, et je rencontre beaucoup de petits commerces, tous situés au rez-de-chaussée : boucheries, salon de coiffure ou de manucure, dépanneurs (appelés supérettes en France), etc.

Dans le cas d’une des deux boucheries, je vois une cliente toucher à main nue les pièces de viande laissées à l’air libre sur des plateaux disposés sur le comptoir.

Certaines de ces modestes entreprises sont situées à l’entrée du logis de l’entrepreneur. C’est ainsi qu’on amortira le coût d’acquisition d’une machine à expresso en offrant aux passants du café à un peso la tasse au travers les barreaux de la grille métallique qui protège l’entrée du logis.


 
Vers l’extrémité Est de la rue, se trouve une clinique de maternité qui serait, selon mes hôtes, l’hôpital le plus près.

J’y avais été hier afin de leur donner mes modestes offrandes au peuple de La Havane : une centaine de seringues, une centaine de pansements, des carrés de gaze et une bouteille de savon antiseptique utilisé par les chirurgiens.

Mais la pharmacie était fermée au moment de mon arrivée hier, vers 16h15. Aujourd’hui j’y arrive vers 11h30. On me fait monter au quatrième étage — l’édifice ne semble pas avoir d’ascenseur qui fonctionne — afin de rencontrer quelqu’un dont j’ignore le tire et qui recevra le tout d’un air désabusé.

Arrivé au bout de la rue, je prends le repas du midi au Café El Mercurio. Mon choix : carpaccio de bœuf et de saumon, et potage aux légumes. Le service est lent; quinze minutes d’attente avant de recevoir et après avoir terminé le premier plat.

La rue Amargura (rue de l’Amertume)

Afin d’interdire la circulation automobile sur cette rue, les autorités ont choisi un moyen très écologique, en recyclant de vieux canons.


 
Je visite le Musée du chocolat. En réalité, il s’agit d’un café où on ne sert que des produits à base de chocolat. Toutefois, on peut y voir des étagères qui exposent différents objets servant à la fabrication, au moulage ou à la dégustation de cet aliment. J’y prends une tasse de chocolat (délicieuse, au coût d’un demi-peso convertible), ce qui complète le repas pris plus tôt au café El Mercurio.

Puis c’est la visite de l’intéressant Musée de la céramique. On y présente des créations réalisées depuis les années 1940 par différents artisans cubains. Parmi les pièces exposées, cette femme nue, les yeux clos, dont l’abdomen entr’ouvert laisse voir un fœtus. Ou ces deux hommes, dressés comme les Bourgeois de Calais (de Rodin), dont une épingle à linge ferme les lèvres de l’un tandis qu’une masse étire la langue de l’autre et les empêchent ainsi de parler : je vous laisse libre d’imaginer le sens de cette œuvre hardie.

Plus loin, c’est l’exposition d’affiches et d’œuvres contemporaines sous le thème de Cuidad en movimiento (Cité en mouvement).


 
Je visite ensuite l’hôtel Raquel, un édifice Art nouveau spectaculaire, puis nouvelle église St-François d’Assise.


 
Construite en 1633 sous le nom d’église St-Augustin, elle prit son nom actuel en 1842 lorsque l’ancienne église St-François d’Assise (celle qu’on peut voir sur la place du même nom) fut confisquée par le gouverneur de l’île.

Il s’agit d’un lieu charmant avec ses stucs un peu poussiéreux et ses huit autels latéraux très bien exécutés.

La rue Brasil


 
J’y rencontre le Musée de la pharmacie, le plus grand et le plus beau que j’ai vu jusqu’ici.

Sur la Vieille place, la plus ancienne de La Havane, je vois le spectacle Cámara oscura, un peu faible à mon goût. Sur un cercle concave, on projette live des vues panoramiques commentées en anglais, de la capitale cubaine.

En elle-même, la Vieille place est plutôt décevante. Toutefois, elle est bordée de nombreuses attractions touristiques qui sont fermées à cette heure-ci. J’y reviendrai donc demain.

Près de l’extrémité Est de la rue Brasil, se trouve le petit Musée de la parfumerie (appelé Maison cubaine du parfum). Des étagères présentent des flacons de parfum, des épices et des fleurs séchées utilisées en parfumerie. L’intérêt principal de ce musée est que le visiteur peut y faire fabriquer un parfum, une eau de Cologne ou une lotion après le rasage selon ses spécifications.

Je prends le repas du soir au Jardin del Oriente où pour 4,3 pesos (équivalent à 4,3$ ou 3,5€) j’aurai droit à une soupe au poulet, un filet de poisson nappé de fromage et un copieux pudding aux fruits.

Je rentre à la maison et me couche vers 19h30.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35mm F/2,8
1re photo : 1/800 sec. — F/9,0 — ISO 200 — 12 mm
2e  photo : 1/160 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 23 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/6,3 — ISO 200 — 19 mm
4e  photo : 1/250 sec. — F/11,0 — ISO 200 — 35 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 12 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à La Havane — Deuxième jour

Publié le 31 octobre 2012 | Temps de lecture : 5 minutes

Puisque là où j’habite, l’immeuble n’est séparé de la rue que par un trottoir de 50 cm, et puisque ma chambre n’est pas insonorisée, je ne me rappelle pas d’avoir aussi mal dormi depuis longtemps. Je me suis probablement endormi vers 2h du matin.

Dès 8h, c’est la criée des vendeurs ambulants de pain, de fruits et d’autres aliments frais. De la rue, des passants interpellent les habitants des logis.

En fait, l’étroite rue Lamparilla — ce qui signifie Petite lampe — est grouillante d’activité. D’une certaine manière, du haut de ma petite porte-fenêtre, je fais un bain de foule sans avoir à m’y mêler.

Après trois petits pains à hamburger et un verre de jus de fruit offerts gratuitement par la maison, je monte à ma chambre pour écrire le compte-rendu d’hier, en vue d’une publication dès ce matin.

Je sauvegarde le texte et ses quatre images sur une clé USB et je me dirige vers l’hôtel Florida où l’accès internet serait parmi les moins chers en ville (pour trente minutes, trois pesos convertibles, soit environ trois dollars ou 2,5 euros). L’hôtel est situé sur la rue Obispo (ce qui signifie rue de l’Évêque), une rue piétonne encore extrêmement achalandée, bordée de boutiques très intéressantes.

À l’hôtel, le seul ordinateur public est occupé. Il me faudra attendre une heure pour que mon tour arrive. Finalement, après avoir essayé pendant trente minutes de téléverser mon texte en vain, je décide d’aller ailleurs.

Mais avant, je prends le repas du midi au Café Europa, lui aussi sur la rue Obispo. Le repas sera constitué d’une soupe crevettes et nouilles, d’un plat principal de crevettes et de riz, puis d’une glace aux fraises. Un orchestre de cinq musiciens joue de la musique latine tandis qu’un couple de danseurs tourbillonnent entre les tables. Le tout pour 9,5 pesos convertibles.

Sur la rue Obispo, plusieurs restaurants divertissent aussi leur clientèle (souvent clairsemée ce mardi après-midi) avec de la musique latine jouée sur place par un groupe de musiciens.

À l’hôtel d’Angleterre, il ne leur reste plus de cartes prépayées qui donnent accès à l’internet. À l’hôtel du Parc central, c’est cinq pesos convertibles pour trente minutes, mais ils ont plusieurs postes et je n’aurai qu’une vingtaine de minutes à attendre mon tour.

La connexion internet est aussi lente qu’en Chine. Puisque Internet Explorer manque de patience lorsque l’attente est trop longue, il sera impossible d’accéder à mon blogue avec ce fureteur.

Avec Firefox, il me faudra plusieurs longues tentatives pour finalement accéder à mon blogue en tant qu’auteur. En fait, j’allais abandonner. J’étais convaincu que soit le régime cubain empêchait les gens de publier sous WordPress ou qu’au contraire, WordPress obéissait à l’embargo américain (ce qui me semble improbable puisqu’on priverait ainsi les dissidents d’un moyen d’expression). Puis soudain, je réussis à accéder au blogue et publier mon texte. Ouf !

Au total, cela m’aura pris environ trois heures pour y parvenir.

Un festival international de ballet a lieu présentement au Grand théâtre de La Havane. Puisque le Ballet Nacional de Cuba est de renommée internationale, j’aurais aimé acheter des billets à l’avance alors que j’étais encore au Canada. Ce qui est impossible hors Cuba. Même sur place, il faut attendre en ligne le jour de la représentation. Puisqu’on ne distribue pas de programme imprimé, j’espère me rappeler que le 2 novembre prochain, on présentera les ballets Coppélia et Giselle.

De retour là où je séjourne, j’obtiens la permission de déménager dans une chambre qui donne à l’arrière. Seul le coq matinal d’un proche voisin devrait perturber mon sommeil au lever du jour.

Je vais prendre le repas du soir au Jardin del Oriente, situé sur la rue Amargura (c’est-à-dire rue de l’Amertume), à quinze minutes de marche. Pour 7 pesos convertibles, j’aurai droit à une petite soupe, à un filet de poisson sauté (accompagné d’une salade sommaire) et à une bonne portion d’un gâteau délicieux.

Le soir, la rue Amargura est silencieuse. Comme quoi il ne faut pas croire que tout le quartier est bruyant.

Je rentre à ma chambre et je vais me coucher vers 22h30.

Ci-dessous, quinze parmi les photos prises aujourd’hui (Note : cliquez sur une photo pour l’agrandir).
















 
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12mm F/2,0
 1re photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 12 mm
 2e  photo : 1/320 sec. — F/4,5 — ISO 200 — 12 mm
 3e  photo : 1/500 sec. — F/5,0 — ISO 200 — 12 mm
 4e  photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
 5e  photo : 1/60 sec. — F/2,0 — ISO 320 — 12 mm
 6e  photo : 1/320 sec. — F/4,5 — ISO 200 — 12 mm
 7e  photo : 1/60 sec. — F/2,0 — ISO 320 — 12 mm
 8e  photo : 1/800 sec. — F/6,3 — ISO 200 — 12 mm
 9e  photo : 1/200 sec. — F/3,5 — ISO 200 — 12 mm
10e photo : 1/500 sec. — F/5,0 — ISO 200 — 12 mm
11e photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 12 mm
12e photo : 1/200 sec. — F/3,5 — ISO 200 — 12 mm
13e photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 12 mm
14e photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 12 mm
15e photo : 1/400 sec. — F/5,0 — ISO 200 — 12 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à La Havane — Premier jour

Publié le 30 octobre 2012 | Temps de lecture : 3 minutes

Après un détour par Toronto, l’avion d’Air Canada atterri finalement à La Havane à 20h40. Le vol Toronto-La Havane s’est fait sur un petit avion de quatre sièges de large.

À bord, les messages enregistrés sont trilingues (anglais, français et espagnol) : toutefois l’agent de bord qui assure le service aux passagers dans la partie de l’avion où je me trouve ne parle qu’anglais.

Pour le repas, les passagers doivent payer chaque item. Le menu est celui d’une cantine. Il offre de nombreux choix mais dans les faits, il ne reste plus que deux mets; une petite salade de pâtes et un sandwich roulé (« wrap ») au poulet. Je décide de ne rien manger.

Nous arrivons à l’aéroport international José Martí situé à environ quinze km au sud de la capitale cubaine. À la descente de l’avion, nous sommes accueillis par des gardiens dont les redoutables limiers ne sont que de mignons petits épagneuls.


 
L’intérieur de l’aéroport est vieillot mais propre. Les douanes, décrites comme lentes dans mes guides de voyage, s’avéreront plus rapides qu’à Montréal.

La monnaie destinée exclusivement aux touristes s’appelle le Peso convertible. Elle n’est disponible qu’une fois arrivée à Cuba et n’a plus de valeur une fois sortie du pays.

Au Bureau de change de l’aéroport, j’en fais provision puisque je dois payer ma chambre dès mon arrivée chez les gens chez qui j’habiterai pendant trois semaines.


 
De nuit, le trajet vers ma destination ressemble à celui qu’on fait à partir de l’aéroport de Fort Lauderdale, en Floride; le long de la route, des palmiers au début, puis des bâtiments industriels suivis de résidences privées.

Les rues sont peu éclairées et plutôt mal entretenues. Le taxi arrive par la vieille ville.

De nuit, tout semble gris. Typique, ma rue fait 5 mètres de large.

Après le mot de bienvenue de mes hôtes (Carmen et William), j’offre quelques présents utilitaires (quatre ampoules électriques et un tube de pâte dentifrice), puis je montre à l’étage dans ma chambre pour y défaire mes valises et me coucher.

Ma chambre donne sur la rue. Elle est assez grande (environ 2,5 x 3 mètres), est dépourvue de fenestration proprement dite : elle n’est séparée de la rue que par une petite porte-fenêtre à deux volets qui partent du sol et qui font environ 1,7 m.

La chambre n’est pas insonorisée, ce qui fait qu’on y entend tous les bruits de la rue (klaxons de vélo, engueulades, animaux de bassecour, etc.).


 
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35mm F/2,8
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 12 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 12 mm
3e  photo : 1/100 sec. — F/3,2 — ISO 200 — 12 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 12 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Faits divers No 12

Publié le 28 octobre 2012 | Temps de lecture : 5 minutes

Près d’un demi-milliard$, provenant de l’étranger, sont investis annuellement dans la région de Montréal. En 2008, c’était 630,7 millions$, puis 576 millions$ en 2010. Les trois premières places sont occupées par le secteur des technologies de l’information et des communications (286,6 millions$), suivi des technologies environnementales (98,9 millions$), et finalement l’aérospatiale (56,9 millions$).

Référence : Les pays émergents font de l’ombre à Montréal


 
Il serait logique de croire que la gomme arabique provient… d’Arabie. En réalité, cet épaississant alimentaire est produit essentiellement en Afrique noire. Les deux principaux pays producteurs sont le Soudan (30 000 tonnes) et le Tchad (20 000 tonnes).

Référence : Mataillet D. Le monde d’aujourd’hui. La Revue 2012; 21: 135.


 
En 2010, 29 400 étudiants étrangers qui sont venus au Québec faire des études postsecondaires, surtout leur baccalauréat, pour la plupart en génie et en administration. C’est le double d’il y a cinq ans.

Il y a plus d’une décennie, j’avais lu qu’à l’époque, ces étudiants dépensaient annuellement au Québec environ 16 000$ par personne : en se basant sur ce montant — très certainement inférieur à leurs dépenses actuelles — cela représente un investissement de 470 millions$ annuellement dans l’économie québécoise.

En plus, ces étudiants apprennent des techniques et se familiarisent avec des produits québécois dont ils deviennent les promoteurs, une fois revenus dans leur pays d’origine.

Référence : Portes ouvertes aux étudiants étrangers


 
L’année 2011 a été bonne pour l’aéronautique française. L’an dernier, ce secteur d’activité a généré un excédent commercial de 17,7 milliards d’euros, soit le double des vins et spiritueux (8,6 milliards d’euros), de même que des parfums et cosmétiques (8,3 milliards d’euros).

Référence : Mataillet D. Le monde d’aujourd’hui. La Revue 2012; 21: 135.


 
Dans la cadre du Salon de l’aéronautique de Farnborough, près de Londres, on a révélé le nom des compagnies aériennes primées lors d’un concours annuel organisé par Skytrax. Les résultats découlent d’un sondage mesurant la satisfaction de plus de 18 millions de passagers.

Air Canada s’est mérité cette année le titre de la Meilleure compagnie aérienne d’Amérique du Nord pour les vols internationaux, tout en passant du 21e au 19e rang des meilleurs compagnies aériennes au Monde.

Air Transat obtenait le prix de la Meilleure compagnie aérienne spécialisée en voyages touristiques.

Parmi les aéroports par lesquels j’ai eu le plaisir de transiter, deux apparaissent dans la liste des dix meilleurs au Monde : celui d’Amsterdam (en 4e place) et celui de Zurich (en 7e place).

Référence : A-Z of Winners : 2012 World Airline Awards


 
De ces temps-ci, l’industrie nucléaire n’a pas très bonne presse. Pourtant, 63 réacteurs nucléaires sont présentement en construction, dont 26 en Chine et 6 en Inde.

Référence : Mataillet D. Le monde d’aujourd’hui. La Revue 2012; 21: 135.


 
En Europe, il y a eu 7 817 cas de rougeole en 2008 et 7 175 cas en 2009. Et voilà que ce nombre a grimpé soudainement à 30 567 cas en 2010 et à 30 264 cas l’an dernier.

En 2011, les plus grands nombres de cas ont été rapportés en France (15 206 cas), en l’Italie (5 181 cas), en Roumanie (4 015 cas); en Espagne (1986 cas), en l’Allemagne (1 609 cas) et au Royaume-Uni (1 083 cas).

Cette année-là, il y en a en eu 776 cas au Québec, dont 69,3% (538 cas) en Mauricie et au Centre du Québec.

Références :
Cabiddo H. Alerte sur la rougeole. La Revue 2012; 21: 95.
Bilan final de l’épidémie provinciale de rougeole survenue en 2011


 
D’où viennent les cerises de France ? De France. Évidemment.

Eh bien non. En 2010, le principal producteur mondial de cerise était la Turquie (400 000 tonnes), suive ex aequo des grands amis que sont l’Iran et les États-Unis (200 000 tonnes chacun).

Référence : Mataillet D. Le monde d’aujourd’hui. La Revue 2012; 21: 135.


 
Apple vend l’iPhone5 aux prix de 699$ (16Go), 799$ (32Go) et 899$ (64Go). Pour fabriquer son téléphone multifonctionnel, la compagnie dépense entre 207$ et 238$ selon les versions (16, 32 et 64 Go) pour les composants et l’assemblage.

À titre d’exemple, le modèle de base (le 16Go) coûte 199$ en composants et seulement 8$ pour l’assemblage. Apple pourrait donc doubler les coûts de sa main-d’œuvre chinoise (en améliorant les conditions de travail) sans que cela affecte beaucoup ses marges bénéficiaires énormes.

Références :
Apple face au choc des réalités
L’iPhone 5 coûte entre 207 et 238 dollars à fabriquer


 
On prévoit que les Chinois achèteront cette année 30 millions de vélos électriques, soit 92% de la production mondiale.

Référence : Anonyme. 92%. La Revue 2012; 22: 17.


Liste de tous les faits divers (des plus récents aux plus anciens)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Course à la chefferie : pourquoi tant d’argent ?

Publié le 22 octobre 2012 | Temps de lecture : 4 minutes


 
Les militants du Parti libéral ont récemment précisé les règles du financement de la course à la chefferie de ce parti : il faut effectuer un dépôt sécurisé de 50 000$ (38 500 €) et respecter une limite de dépenses de 600 000$ (462 000 €).

S’il s’agissait du Parti Québécois ou de la CAQ, ces montants seraient différents mais dans le même ordre de grandeur. D’où la question : pourquoi les partis politiques fixent-ils des critères hors de portée du commun des mortels ?

Le dépôt sert à s’assurer du sérieux de chaque candidat et diminuer le risque de discrédit que comporterait une course dans laquelle un candidat présenterait un programme électoral extravagant. Ce dépôt se veut donc dissuasif.

Quant à la limite des dépenses, il s’agit d’une somme maximale. Théoriquement, on pourrait devenir chef en ne dépensant rien. Dans les faits, toute course à la chefferie est d’abord une course à l’argent. Cela ne veut pas dire que celui qui en possède le plus sera nécessairement le gagnant, mais il est absolument certain que celui qui n’en a pas du tout sera parmi les perdants.

Pour réussir, il faut embaucher des gens qui motiveront des bénévoles à vendre des cartes de membres du parti, noyauter les assemblées régionales afin que les délégués soient acquis à votre candidature, payer l’hébergement, le transport et la belle vie aux délégués qui vous sont favorables, payer les macarons, banderoles, affiches tape-à-l’œil qui donneront l’impression que vos supporteurs sur le parquet du congrès sont beaucoup plus nombreux qu’ils ne le sont en réalité (afin d’attirer les opportunistes qui seraient tentés de se ranger du bord du gagnant), etc.

Toute cette machine coûte cher.

Ajoutez-y les conseils de faiseurs d’image, quelques slogans accrocheurs, une stratégie de marketing qui vous permet de faire les manchettes sans avoir à vous prononcer sur quoi que ce soit et voilà, vous avez la recette gagnante, surtout si vous êtes photogénique et de ce fait, avez gratuitement accès à la couverture des magazines « people ».

Finalement, contraindre les journalistes à analyser sociologiquement l’engouement pour votre candidature plutôt que de parler de votre programme électoral anémique, et voilà votre réussite assurée.

Mais qu’arriverait-il si toute dépense importante (ex.: le transport et l’hébergement des délégués, la tenue des débats contradictoires) étaient à la charge du parti ? Si la limite maximale était dérisoire (quelques milliers de dollars) et si tout financement illégal entrainait la disqualification du candidat, que perdrait-on ? Essentiellement, le « glamour » de la campagne à la chefferie et, dans une certaine mesure, l’intérêt pour l’événement.

En contrepartie, qu’y gagnerait-on ? On éviterait qu’avant même leur accession à la tête d’un parti, les candidats sont déjà redevables au pouvoir occulte de l’argent.

Si on regarde attentivement les travaux de la Commission Charbonneau, ce qui est étonnant, c’est que les sommes impliquées qui bénéficient aux politiciens eux-mêmes sont dérisoires : un bouquet de roses et quelques billets de concerts. Personne ne se laisse corrompre pour si peu.

En réalité, quand le candidat doit se soucier du financement de sa campagne, quand chaque ministre doit rapporter au parti 100 000$ par année au cours d’événements de levée de fonds organisés en son nom, cela l’oblige à servir de façade aux collecteurs de fonds.

Or ceux-ci sont d’autant plus efficaces qu’ils donneront l’impression aux donateurs que leur contribution s’accompagnera éventuellement de marques de reconnaissance de la part du bénéficiaire. Leur efficacité sera même maximale si ce parti possède la réputation d’être loyal et généreux à l’égard de ses financiers.

Bref, on touche à la cause de la corruption gouvernementale.

Références :
100 000 $ par ministre
Course à la direction du PLQ : les règles sont fixées

Paru depuis : Parti libéral du Québec – Où est le renouveau? (2012-10-16)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Château Dufresne

Publié le 21 octobre 2012 | Temps de lecture : 4 minutes


 
Historique

À l’époque de la construction du Château Dufresne (de 1915 à 1918), cette partie de l’île de Montréal constituait une municipalité indépendante connue sous le nom d’Hochelaga (de 1875 à 1883), puis de Maisonneuve (de 1883 à 1918).

Équivalent de ce qu’on appelle un hôtel particulier à Paris, cet édifice abrite deux logis jumelés et symétriques, séparés par un mur mitoyen, soit ceux de Marius et d’Oscar Dufresne. Ceux-ci étaient fils de l’entrepreneur Thomas Dufresne, qui avait fait fortune dans la fabrication de chaussures.

Marius Dufresne était architecte et un industriel bien connu. En tant qu’architecte, on lui doit notamment le Marché Maisonneuve, le bain Morgan (dont la façade est inspirée de la Central Station de New York) et la caserne Letourneux (inspirée du style de Frank Lloyd Wright). Avec l’Hôtel de ville (devenu bibliothèque de quartier depuis), ces réalisations visaient à faire de Maisonneuve une cité modèle.

Après la construction ruineuse de ces édifices emblématiques et après l’abolition complète de taxe offerte aux industries qui voudraient bien s’installer chez elle — ce qui rappelle les ambitions du Plan Nord québécois — la municipalité de Maisonneuve se retrouva au bord de la faillite et se résigna à l’annexion à Montréal en 1918.

Oscar Dufresne était l’ainé de la famille et à ce titre, succéda à son père à la tête de Dufresne & Locke, un fabricant de chaussures établi depuis 1900 dans Maisonneuve. En 1909, la production annuelle de la compagnie était estimée à plus d’un demi-million de paires de souliers. Oscar Dufresne fut également trésorier de la municipalité de Maisonneuve et participa à la création du journal Le Devoir.

Avec Marius, il fonde la Dufresne Construction Company puis, en 1938, la Dufresne Engineering Company. Celle-ci construisit le pont Pie-IX et le pont Viau (appelé aussi pont Ahuntsic) qui relient Laval à Montréal. Cette compagnie participa également à la construction du Pont Jacques-Cartier.

Un insolent manifeste architectural

Conçu par Marius Dufresne en collaboration avec l’architecte lorrain Jules Renard, le Château Dufresne est une double résidence construite en pleine guerre mondiale alors que l’effort de guerre mettait en péril l’approvisionnement en matériaux.

L’édifice est en béton revêtu de pierre calcaire lisse importée d’Indiana (aux États-Unis). Inspirée du Petit Trianon de Versailles, sa façade est ornée de huit colonnes ioniques ainsi qu’une balustrade sur le toit.

Au total, le château a coûté un million de dollars, soit une somme colossale pour l’époque. On ne peut pas imaginer l’impact de ce nouvel édifice, typiquement français, dans le paysage urbain de Montréal, dominé jusque-là par les grandes demeures bourgeoises de l’Ouest de la ville. En comparaison, ces vieilles maisons victoriennes semblaient dater soudainement d’une époque révolue.

La décoration intérieure

L’intérieur est somptueux. Habité par Marius, le coté oriental de l’édifice est garni du mobilier d’origine ayant appartenu à l’architecte. Le côté occidental, habité par son frère et l’épouse de celui-ci, est présentement dépourvu de meuble. Toutefois c’est dans cette partie qu’on trouve les plus belles fresques de la maison, dues au maitre italo-canadien Guido Nincheri.

Les pièces de séjour sont traitées chacune dans un style différent : salon d’inspiration Louis-XV ou Louis-XVI, salle à manger de style Renaissance italienne, bibliothèque néo-gothique ou Tudor, fumoir au décor arabisant.

Le plafond à caissons du salon (que l’on peut voir de 1:55 à 2:04 dans la vidéo) a reçu quatorze toiles illustrant les amours d’Orphée et d’Eurydice. Les six espaces triangulaires du plafond d’une des bibliothèques (de 2:05 à 2:10) sont décorés d’allégories du Savoir. Quant au petit boudoir (de 2:15 à 2:51), il est orné de douze panneaux étroits qui, avec le plafond, sont placés sous le thème du Temps qui fuit.

La maison comprenait alors toutes les commodités du jour : électricité, eau chaude, chauffage central, aspirateur central, monte-plats et garage.

Références :
Château Dufresne
Hochelaga-Maisonneuve
Musée du Château Dufresne
Résidence Dufresne

Détails techniques de la vidéo : Appareil photo Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35mm F/2,8.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Préoccupations chinoises

Publié le 17 octobre 2012 | Temps de lecture : 4 minutes


 
Le Pew Research Center (PRC) est un organisme américain sans but lucratif créé en 1948 par le fondateur de la Sun Oil Company, Joseph-N. Pew, et son épouse Mary Anderson-Pew.

Cet organisme jouit d’une réputation internationale flatteuse qui fait en sorte que même le gouvernement chinois lui permet d’effectuer des sondages parmi sa population. Sous Mao Zedong, les sondeurs auraient immédiatement été arrêtés et condamnés pour espionnage.

Mais les temps ont changé. Les dirigeants actuels du pays voient dans ces sondages un moyen commode et gratuit de savoir exactement ce que pense la population du pays. Les sondeurs du PRC sont donc devenus de « bons espions », au bénéfice — je ne dis pas au service — des autorités chinoises.

Entre le 18 mars et le 15 avril dernier, le PRC a effectué un sondage auprès de 3 117 Chinois.

La principale préoccupation des Chinois est l’inflation : six personnes sur dix jugent qu’il s’agit d’un problème important. Je soupçonne que les taux d’intérêts sur les comptes bancaires chinois offrent des taux d’intérêts inférieurs à l’inflation, ce qui diminue la valeur réelle de leurs économies. Il est à noter que cette préoccupation est en déclin, passant de 72% à 60% en quatre ans.

En second lieu, 50% des Chinois jugent maintenant la corruption des politiciens préoccupante, alors que cette proportion n’était que de 30% en 2008. Quant à la préoccupation face à la corruption des entrepreneurs, elle est passée de 21% à 32%.

L’an dernier, 9% des Chinois croyaient que leur pays était devenu la première puissance économique mondiale (« Leading economic power ») : cette proportion a sautée à 29% cette année. Il est à noter que 41% des Américains sont également de cet avis. Toutefois, 48% des Chinois estiment que la première place est occupée par les États-Unis, une opinion que ne partagent, étonnamment, que 40% des Américains.

Face à la croissance économique de leur pays, les Chinois sont ambivalents. La grande majorité d’entre eux, soit 70%, s’estiment plus riches qu’il y a cinq ans. De plus, presque tous les sondés (92%) croient même mener une vie plus agréable que leurs parents à leur âge. Globalement, 74% des Chinois estiment positives les réformes économiques qu’a subi leur pays depuis 40 ans.

Sans que ceci soit jugé préoccupant, 81% des Chinois considèrent que les riches s’enrichissent alors que les pauvres s’appauvrissent. Par contre, ceux qui jugent cela préoccupant sont passés de 41% en 2008 à 48% en 2012.

Interrogés quant à savoir s’ils estiment que la réussite récompense l’effort, 62% des Chinois riches croient que la plupart des personnes peuvent réussir s’ils travaillent suffisamment fort alors que cette opinion est partagée par 45% des Chinois de la classe moyenne en par 44% de ceux qui gagnent moins que la moyenne.

De plus, 57% des personnes interrogées s’inquiètent de la disparition du mode de vie traditionnel chinois et 71% des gens estiment qu’on devrait le protéger de l’influence étrangère.

Mais la montée la plus rapide dans l’opinion publique est l’inquiétude face aux aliments. Depuis quelques années de nombreux scandales ont éclaté relativement à la sécurité des aliments, du maïs transgénique raticide, aux laits maternisés contaminés à la mélamine. Cette préoccupation est passée de 12% en 2008 à 41% en 2012.

La sécurité des médicaments, souvent falsifiés en Chine, est jugée préoccupante par 28% des gens (comparativement à 9% en 2008), soit à-peu-près la même opinion relativement à la sécurité de l’ensemble des biens manufacturés (33% de préoccupation en 2012 vs 13% en 2008).

La pollution atmosphérique inquiète 36% des Chinois et la pollution de l’eau, 33%.

Référence : Growing Concerns in China about Inequality, Corruption

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’exposition « Venise : de souveraine des mers à capitale de la culture »

Publié le 15 octobre 2012 | Temps de lecture : 2 minutes


 
Jusqu’au 28 octobre prochain, une exposition temporaire au Château Dufresne présente sommairement l’histoire de Venise, de ses débuts jusqu’à son unification à l’Italie en 1866. À cela s’ajoute une deuxième section, consacrée aux arts à Venise (particulièrement le verre du Murano) ainsi qu’à ses fêtes populaires (dont le célèbre carnaval).

Les objets présentés sont des toiles, des imprimés (authentiques ou des fac-similés), des costumes, des masques, de l’argenterie, des verres et des bijoux.

Puisque cette ville fut déjà la capitale européenne de l’imprimerie, l’exposition fait une large place à des livres de la Renaissance italienne.

Les amateurs montréalais de typographie sont donc gâtés ces temps-ci puisque l’exposition au Château Dufresne complète celle — toujours en cours jusqu’au 27 janvier 2013 à la Grande bibliothèque — relativement aux imprimés européens de la Renaissance.

Pour le bénéfice des lecteurs qui seraient dans l’impossibilité de visiter l’exposition au Château Dufresne, la brève vidéo ci-dessus en donne un aperçu.

Une des pièces les plus extraordinaires exposées est une carte de l’Amérique du Nord dessinée par le vénitien Vincenzo-Maria Coronelli (1650–1718). Cette carte complète celle de Terre-Neuve publiée la semaine dernière sur ce blogue.

Carte de l’Amérique du Nord, réalisée en 1689 (© — Musée Stewart)

Pour télécharger une version à haute résolution (4544 x 3276 pixels) de la carte ci-dessus, veuillez cliquer sur ceci

Complément de lecture : La naissance des italiques

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Holt Renfrew : de la boutique spécialisée aux magasins à rayons haut-de-gamme

Publié le 14 octobre 2012 | Temps de lecture : 4 minutes
Holt Renfrew, sur la rue Sherbrooke, en 1937

La maison Holt Renfrew célèbre cette année son 175e anniversaire.

Au printemps de 1834, un jeune entrepreneur du nom de William-Samuel Henderson débarque à Québec avec une cargaison de chapeaux, en provenance de Derry (aujourd’hui en Irlande du Nord).

Trois ans plus tard, après diverses démarches, il ouvre finalement sa chapellerie dans la Basse-Ville, au coin de la rue Buade (appelée ainsi en l’honneur de Frontenac, dont le nom complet était Louis de Buade de Frontenac) et l’étroite rue du Trésor (célèbre depuis que des peintres y vendent leurs aquarelles aux passants).

À l’époque, il aurait été impensable qu’une femme sorte de chez elle la tête nue. À la cathédrale Notre-Dame, située en face du magasin, seules les femmes nécessiteuses s’y présentaient la tête recouverte d’un foulard.

De tout temps, le magasin Renfrew offrira des couvre-chefs pour tous les budgets. De la calotte de feutre — retenue à la chevelure par une longue épingle décorative, et duquel on abaissait un filet qui voilait partiellement le visage — au chapeau d’apparat garni de fleurs, de plumes et d’oiseaux, en passant par le canotier ou le haut-de-forme de monsieur, Renfrew avait de tout.

Pour assortir ses couvre-chefs, la maison Renfrew commença à vendre des étoles et différents articles de fourrure dès 1849. La réputation d’excellence de l’entreprise grandit à un point tel qu’elle devint en 1886 — et ce, pendant un demi-siècle — un des fourreurs officiels de la couronne britannique.

Plus tôt, plus précisément en 1884, le distributeur Timothy Eaton avait révolutionné le commerce de détail canadien en publiant son premier catalogue par la poste. Cela permettait d’atteindre des milliers de petites villes et de communautés rurales, et offrir un éventail d’articles inégalé par le magasin général du village.

Cet exemple fut très tôt suivi par le magasin Renfrew dont on peut voir ci-contre la couverture du catalogue de 1890. À la lueur du foyer, des centaines de Québécoises imaginaient leur fière allure avec le chapeau de leur rêve.

Si le magasin de la ville de Québec est aujourd’hui situé aux Galeries Sainte-Foy (avec une petite succursale au Château Frontenac), il occupa différents locaux sur la rue Buade jusqu’en 1990. Durant cette période, l’entreprise se transforma de boutique spécialisée à magasin à rayons haut-de-gamme.

Après l’ouverture de quelques succursales ailleurs au Canada, l’entreprise prit le nom définitif de Holt Renfrew en 1908.

En 1937, pour célébrer son centième anniversaire, l’entreprise déménagea sa succursale montréalaise sur la rue Sherbrooke, dans un luxueux édifice Art Déco commandé aux architectes Ross & Macdonald (photo ci-dessus).

Cette firme montréalaise d’architectes a également dessiné à Québec l’édifice Price (en 1922, dans lequel est située une des résidences officielles du chef d’État québécois) et à Montréal, plusieurs immeubles dont : les Cours Mont-Royal (en 1922), le magasin Eaton (1925-27, devenu depuis Les Ailes de la mode), l’édifice Dominion Square (1928-30) et l’édifice Montreal Star II (1929-30).

Afin de tenir compte de la croissance de l’entreprise, la succursale montréalaise a considérablement été agrandie depuis, occupant de nos jours tout le long de ce quadrilatère sur la rue Sherbrooke. Au sous-sol, le menu de son casse-croute offre des mets basés entre autres sur les produits du terroir québécois : les tartines y sont faites à partir de pain Poilâne, importé quotidiennement de Paris.

Aujourd’hui, la chaine comporte près d’une dizaine de points de vente à travers le Canada. Seulement au Québec, l’entreprise emploie 300 personnes (dont 70 au magasin de Sainte-Foy).

Avec la maison Ogilvy (qui appartient au même groupe financier), Holt Renfrew demeure le grand magasin à rayons haut-de-gamme de Montréal, 175 ans après l’ouverture de son comptoir de chapeaux de la Basse-Ville de Québec.

Références :
Holt Renfrew
Holt Renfrew: 175 ans à s’afficher pour plaire
Holt Renfrew: je me souviens
Louis de Buade
Ross and Macdonald
Timothy Eaton

Note : Les photos qui accompagnent cet article ont été gracieusement fournies par Holt Renfrew.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Tourner la page sur le conflit étudiant

Publié le 12 octobre 2012 | Temps de lecture : 4 minutes


 
À la lecture d’un article paru ce matin dans La Presse, j’apprends que le nouveau ministre québécois de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, évalue la demande d’une enquête publique relativement au travail policier au cours du conflit étudiant.

Une Commission d’enquête représente une dépense de plusieurs dizaines de millions$. J’inviterais le ministre à nous éviter une telle dépense pour les raisons suivantes.

Contrairement à la corruption (qui se fait toujours derrière des portes closes), la répression policière lors du Printemps érable s’est faite sur la place publique. Elle a été bien documentée par les média québécois et conséquemment, il est douteux qu’une Commission d’enquête nous apprenne quoi que ce soit d’important.

Ce serait donc un gaspillage de l’argent des contribuables que de créer une enquête publique simplement pour satisfaire ceux qui jugent que les choses auraient dû se dérouler autrement ou pour faciliter l’obtention de la preuve dans le cas de ceux qui ont intenté des poursuites contre les forces de l’ordre.

Fondamentalement, il faut comprendre que n’importe quel conflit social qu’on laisse pourrir pendant des mois finit par dégénérer et ultimement, laisser des séquelles.

Lorsqu’une protestation tourne à l’émeute, la rue devient alors une école de comportements asociaux et un lieu de transmission de la rage contre les pouvoirs établis. Et les policiers à qui on demande de demeurer stoïques en dépit des injures, sentent monter en eux une colère qui trouve son aboutissement lorsque vient l’ordre de disperser la foule. Tout cela laisse une animosité semi-permanente dont la pire conséquence est qu’elle a anéanti des années d’efforts pour rapprocher les policiers des citoyens.

Le Printemps érable a créé de profondes divisions au sein de la population québécoise. Une Commission d’enquête nous fera tous revivre des émotions qui, autrement, s’estomperaient avec le temps. Et les députés libéraux — si prompt à faire flèche de tout bois, ces temps-ci — accuseront le gouvernement Marois de diviser le Québec et de créer de la chicane (eux qui s’y connaissent si bien dans ce domaine).

Au contraire, on peut faire comme à peu près tous les peuples épuisés par une guerre civile : abandonner l’esprit de vengeance et décider de passer l’éponge pour ne sévir que contre ceux qui continueraient de se comporter comme à l’époque des grands conflits. Mais passer l’éponge ne veut pas dire oublier.

On doit comprendre que les policiers ne sont que des exécutants : ils maintiennent ou rétablissent l’ordre à la demande des pouvoirs civils. Avec l’armée et les tribunaux, les policiers font partie des pouvoirs répressifs de l’État. Concrètement, la répression policière lors du conflit étudiant n’était que l’expression de la volonté politique du gouvernement Charest.

D’autre part, la création d’une enquête publique serait interprétée par les policiers comme un désaveu. Or ces derniers n’ont fait que ce qu’on leur demandait. Ils se rappellent encore du temps où ils recevaient des pierres, des bouteilles, des insultes et des crachats. Je crainds une réaction très vive de leur part si on devait leur faire un procès public.

Si le gouvernement Marois demeure en place suffisamment longtemps, il pourrait faire face à d’autres conflits sociaux. Désavoués, les policiers se souviendront qu’on leur demande maintenant d’y aller doucement face à des foules en colère. Et si des fiers-à-bras réussissent à pénétrer dans une assemblée où sont présents des ministres péquistes, il sera trop tard pour blâmer les policiers pour leur manque de zèle.

J’inviterais donc ceux qui demandent une enquête publique, de se rappeler longtemps de ce qui est arrivé au cours du Printemps érable et de voter en conséquence. Ce sera plus économique et beaucoup plus efficace.

Sur le même sujet : Tirs de balles de plastique : attend-on de tuer quelqu’un ?

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Écrit par Jean-Pierre Martel